Chat du 16 Janvier 2018 avec Gérard Apfeldorfer

16/01/2018 (18:14) Manik j'ai un peu de mal, avec le carnet repère et le répertoire alimentaire( faut il un carnet papier?) Bonsoir Manik, Dans le programme, il vous est plusieurs fois demandé de mener à bien des observations de vous-même. Une observation importante consiste à observer sa façon de manger. Pas tellement ce qu'on mange, mais comment on mange. D'autres carnets concernent l'observation des émotions et leurs éventuelles conséquences dans le déclenchement de compulsions. Là, j'avoue que je ne sais pas de quel carnet vous parlez. Quoi qu'il en soit, l'idée est que vous vous observiez du mieux que vous pouvez. Vous pouvez faire cette observation en ligne, ou bine sur un carnet papier, ce qui est le plus pratique pour vous.
16/01/2018 (18:22) France Bonsoir docteur, à la fin des repas j'ai souvent envie de quelque chose de sucré, maintenant j'y reponds systematiquement et sans culpabilité.Cette petite envie peut-elle se considerer une EME? Bonsoir France. Oui, moi aussi, souvent j'ai envie d'un dessert. Où donc est le problème? Peut-être est-ce pour me réconforter, peut-être est-ce parce que j'ai encore faim. Ou peut-être les deux. L'important est de consommer ce dessert avec attention (et plaisir) et de s'arrêter si on est suffisamment satisfait. Peut-être un demi-dessert suffit-il. Moi en tout cas, cela m'arrive souvent. Et si on finit tout quand même, pas de souci.On attend que la faim revienne pour manger à nouveau, ou bien on est attentif à son rassasiement au repas suivant et on s'arrête de manger dès qu'on est rassasié.
16/01/2018 (18:09) Linotte Comment distinguer la gourmandise, d'une EME, d'une compulsion, ou d'une habitude ? Bonsoir Linotte, C'est une bonne question, qui mérite une réponse détaillée. La gourmandise, c'est-à-dire l'appétit pour les bonnes choses, est une grande qualité. Elle consiste à se débrouiller pour avoir le maximum de plaisir avec ce que l'on mange, en tenant compte du fait que le plaisir diminue au fur et à mesure qu'on se nourrit, pour finir par s'annuler (sensation de rassasiement). Le vrai gourmand sait que son plaisir est limité, non pas par la disponibilité des aliments, mais par sa capacité à prendre du plaisir. Pour que ce plaisir soit présent, certaines conditions doivent être réunies: - il faut avoir suffisamment faim, mais pas trop. Pas assez faim, pas de plaisir ; trop faim, état d'urgence ne laissant pas de place au plaisir ; - Il faut être dans de bonnes conditions matérielles, de préférence en bonne compagnie ; - Il faut être dans de bonnes conditions psychologiques, détendu et disponible. Le gourmand sait anticiper son plaisir, en veillant à ne pas gâcher le plaisir qu'il prendra lorsque sa faim sera revenue en mangeant avec assez peu de plaisir un aliment, même de qualité, alors que la faim n'est pas encore au rendez-vous. Le gourmand sait aussi ne pas manger au-delà de son appétit, car alors il aurait peu de plaisir gustatif et empiéterait sur le plaisir qu'il aurait pu avoir un peu plus tard lorsque la faim aurait été un peu plus importante. En somme, avec Linecoaching nous vous poussons à la gourmandise ! L'envie de manger émotionnelle consiste quant à elle à chercher à calmer des émotions en mangeant. On peut dans ce but manger attentivement et avec gourmandise, et alors il n'y a rien à y redire. mais le plus souvent, on mange compulsivement, essentiellement parce qu'on culpabilise de manger des aliments diététiquement incorrects. Là commencent les problèmes. Sur Linecoaching, nous encourageons le fait de manger avec gourmandise pour calmer ses émotions (voir technique de l'EME-zen dans le programme), mais nous encourageons aussi à mieux vivre ses émotions, sans avoir besoin de chercher à tout prix à les calmer au plus vite (abord par exemple des pensées automatiques et pratique de la pleine conscience). Une compulsion: cela consiste à manger frénétiquement sans pouvoir s'arrêter. Cela est souvent dû à un cercle vicieux: on veut calmer des émotions, mais manger génère de nouvelles émotions comme la culpabilité. Enfin, une habitude: c'est bien triste de fonctionner par habitude, sans faire attention à ce qu'on fait, qu'il s'agisse de manger, de faire l'amour ou toute autre activité. Nous encourageons plutôt à vivre autant que faire se peut en pleine conscience, afin de profiter de sa vie. Ce qu'on fait sans conscience, on le fait mal. Et bien sûr, c'est valable pour l'acte de se nourrir.
16/01/2018 (18:23) Linotte Conseilleriez-vous de suivre ce programme en ayant en parallèle un suivi thérapeutique ? Je ne sais pas de quel suivi thérapeutique vous parlez. Une psychothérapie? Pour certaines personnes, oui, une psychothérapie en parallèle peut être nécessaire parce que des problèmes psychologiques sont présents, en relation ou non avec les problèmes alimentaires et pondéraux. Pour d'autres personnes, les problèmes psychologiques peuvent s'améliorer grâce au suivi du programme. Le travail à base de pleine conscience, la thérapie cognitive (travail en particulier sur les pensées automatiques) inclus dans le programme, le fait de se prendre en main et de progresser, ce qui améliore notablement l'estime de soi, tout cela peut s'avérer suffisant.
16/01/2018 (18:27) Linotte Pensez-vous qu'une personne très active et cartésienne puisse parvenir à la pleine conscience, à la méditation ? Je ne vois vraiment pas pourquoi une personne active et cartésienne ne pourrait pas pratiquer la pleine conscience. Les techniques de mindfulness (c'est le terme anglais) ne sont pas des méthodes ésotériques ou religieuses. On ne vous demande pas de croire à quoi que ce soit ou d'adhérer à je ne sais quelle théorie. On vous demande de pratiquer différents exercices en vue de développer votre attention à vous-même, votre curiosité, votre bienveillance vis-à-vis de vous-même, de vous intéresser à ce qui se passe dans votre corps et dans votre esprit. A l'arrivée, on se connaît mieux, on accepte davantage son fonctionnement mental (et là, on a souvent des surprises car notre esprit ne fonctionne pas forcément comme nous le pensons ou comme nous le voulons), on apprivoise ses émotions et ses sentiments. En fait, pour bien pratiquer la pleine conscience, il est nécessaire de développer une attitude active, et d'avoir un esprit cartésien, logique. Ou d'acquérir ces qualités justement par sa pratique.
16/01/2018 (18:35) Linotte Conseillez-vous de consulter un nutritionniste membre du G.R.O.S. en parallèle de ce programme ? Normalement, le programme se suffit à lui-même, et vous avez la possibilité, avec Linecoaching, de vous entretenir avec des psychologues cliniciennes formées à nos méthodes. Si vous avez besoin d'une aide psychologique plus approfondie, ou bien si vous ressentez le besoin de vous adresser à une personne en chair et en os, vous pouvez consulter un médecin nutritionniste membre du GROS en parallèle. Mais cette possibilité n'est pas donnée à tout le monde: cela dépend de l'endroit où vous résidez.
16/01/2018 (18:42) TasseAThe Bonjour ! Je suis une débutante du programme :-) L'an dernier j'ai fait 1 semaine de "jeûn yoga randonnées" pour me reconnecter avec mes sensations alimentaires, une expérience très enrichissante pour moi. Depuis, 1 à 3 lundi par mois, je jeûne le lundi. Je ne fais pas ça pour "maigrir en ne mangeant pas", mais plutôt pour mettre à l'épreuve mes sensations de faim, je trouve également que mon cours du yoga du lundi soir est plus bénéfique l'estomac vide. De plus dans mes lectures "zen" on parle du jeûn comme d'un bienfait pour la santé. J'avoue que parfois je craque en rentrant chez moi à 18h, mais ce n'est pas à chaque jeûn. Pensez-vous que je puisse continuer cette pratique, ou au contraire que je devrais arrêter car cela va à l'encontre du principe "manger quand on a faim" ? (ce soir je ne pourrai pas me connecter à 18h mais je pourrai lire votre réponse plus tard, je vous remercie pour votre aide) Bonsoir TasseAThe, Le jeûne est pratiqué depuis des temps immémoriaux avec différentes motivations. Pour la santé, pour se purifier, pour se punir, pour mettre son corps à l'épreuve, et bien d'autres raisons. Les effets psychologiques du jeûne sont un éclaircissement de l'esprit, un (relatif) oubli des choses du corps. En ce sens, on peut considérer que des jeûnes courts et pas trop nombreux sont favorables à la concentration et la méditation. Sur le plan physique, les jeûnes courts (une journée) peuvent aussi stimuler les défenses immunitaires et être bénéfiques. Henry de Monfred, lui aussi, pratiquait le jeûne à raison d'un jour par semaine (le lundi) et il a vécu jusqu'à un âge respectable. Vous avez raison aussi de dire que cela peut vous permettre de mieux ressentir ensuite vos sensations alimentaires. Il en va très différemment des jeûnes longs (plusieurs jours, voire une ou deux semaines) ou des journées de jeûne trop répétées, qui affaiblissent l'organisme, provoquent une déperdition de muscles et de tissu maigre, qu'on a ensuite bien du mal à récupérer. Les dernières études ont montré que le jeûne n'était pas, comme certains l'ont dit, un moyen de lutter contre les cancers, mais au contraire affaiblissait les défenses de l'organisme. Donc, oui, vous pouvez continuer à jouer avec votre faim et jouer avec la nourriture. Il n'y a pas de mal à jouer, à se provoquer des sensations nouvelles, pour voir, pour mieux se connaître. Mais il ne faudrait pas exagérer et aller trop loin dans le jeu!
16/01/2018 (18:00) G. Apfeldorfer Bonsoir tout le monde. Nous avons une heure pour parler de choses et d'autres. N'hésitez pas à poser toutes les questions qui vous tracassent et je ferai de mon mieux pour vous répondre.
16/01/2018 (18:14) Manik carnet repère et répertoire alimentaire, quelle est la différence? doit on le faire sur un carnet à part? Les carnets préconisés dans le programme sont à remplir pour mieux connaître votre propre fonctionnement. Le répertoire alimentaire est le total des aliments que vous mangez habituellement et dont vous connaissez le goût. Vous pouvez ainsi désirer des aliments faisant partie de votre répertoire alimentaire, mais vous ne pouvez pas avoir envie d'aliments que vous n'avez pas mangé précédemment et dont vous ne connaissez pas le goût. Il est souhaitable d'avoir un répertoire alimentaire suffisamment étoffé, pour pouvoir avoir une variété alimentaire suffisante (c'est bon pour la santé), mais il faut éviter de devenir ce que j'appelle un zappeur alimentaire qui mange sans cesse des aliments différents et qui donc ne mémorise pas les goûts des aliments, et ne sait plus, à force, ce qu'il mange ni ce dont son corps a envie.
16/01/2018 (18:45) Maiouchky Bonjour, je viens de commencer le programme! Je suis un peu perdue avec la satiété et le point de satiété, j'ai eu l'habitude de manger jusqu'à avoir l'estomac plein. Or je lis aussi que c'est important de ressentir cette sensation. Mais j'imagine que tout ça viendra avec le temps Bonsoir Maiouchky, Nous allons vous apprendre à manger par faim et vous arrêter de manger lorsque vous arrivez au rassasiement. Le rassasiement gustatif consiste en ce moment où on cesse d'apprécier gustativement l'aliment qu'on est en train de manger (ce RG est perceptible surtout avec les aliments à haute densité calorique). Le plaisir gustatif est terminé et c'est donc le bon moment pour s'arrêter. On change alors d'aliment (c'est ce que l'on fait au cours d'un repas) et on retrouve alors du plaisir gustatif. Puis, en fin de repas, on sent qu'on a suffisamment mangé. C'est une sensation globale qu'on appelle le rassasiement global. Et donc le repas se termine. On est à satiété. Comme vous voyez, rien de tout cela ne correspond à de la plénitude gastrique. En effet, lorsqu'on mange varié, le volume du repas est un piètre indicateur et n'informe pas sur le côté nourrissant de son repas. Et donc, parfois, surtout lorsque vous mangez des aliments caloriques, nourrissants, vous sortirez de table rassasiée, mais sans que l'estomac soit plein. Nous avons des exercices qui vous apprendront tout cela. Pas de souci!
16/01/2018 (18:46) Callina Bonsoir Dr Apfeldorfer! Mes meilleurs voeux pour la nouvelle année! PS: Je ne vois pas la fin de la faim. Je ne vois pas la fin de mes TCA, je ne vois pas la fin du travail sur mes conduites alimentaires... En gros, je suis découragée et tous ces efforts m'épuisent. Est-ce normal? Je rêve d'être normale, aimable et désirable. Est-ce un voeu pieux? Je ne suis stable dans aucun domaine de ma vie. Et moi qui rêve de maternité et de conjugalité... Je rêve... Bonsoir Callina, Bonne année à vous aussi et désolé pour le tchat avorté d'hier, dû à un problème technique. Moi aussi je fais un voeu: celui que, en 2018, vous sortiez de la plainte dans laquelle vous vous êtes enfermée depuis si longtemps, et que vous passiez à l'action. De petits efforts, sans prétention. Du pas à pas. Une minuscule victoire est une victoire. Dont on peut être fier.
16/01/2018 (18:49) France bonsoir docteur,dans une chat précédente le dr Zermati m'a précisé que le sommeil était un regulateur naturel des émotions...Or quand on manque de sommeil, comme moi à cause des reveils nocturnes de mes enfants,comment faire...J'arrive assez bien maintenant à reguler mes repas de façon naturelle selon les besoins de mon corps, le soir c'est cependant parfois très difficile de diner avec eux soit parce que je mange encore sans faim (et après la faim vient mais je ne mange plus)soit parce que je dois les faire manger et quand ma faim coincide avec la leur mon repas est alors sans cesse interrompu et très peu dégusté... Oui France, c'est vrai, le sommeil est un régulateur émotionnel, et lorsqu'on en manque, l'humeur s'en ressent. Les nerfs des jeunes mères sont rudement mis à l'épreuve dans les premières années. Il n'y a pas vraiment de solution, si ce n'est partager avec son conjoint, si cela est possible. C'est pour cela qu'il est essentiel de se protéger émotionnellement, c'est-à-dire de prendre ses émotions au sérieux, de les identifier et de leur faire de la place à l'intérieur de soi. On acquiert ainsi ce recul si nécessaire. Et dans la même optique, cela signifie qu'il vaut mieux éviter de manger en même temps que ses jeunes enfants. Car alors on sacrifie son repas, son plaisir, et on perd cette valeur de régulateur émotionnel qu'a normalement la nourriture, elle aussi. Donc voilà mon conseil: faites manger vos enfants en premier, et faites patienter votre faim jusqu'à ce que vous puissiez manger dans de bonnes conditions. Cela complique un peu la vie, mais il est indispensable de savoir prendre soin de soi-même, ne serait-ce que pour être en mesure d'être attentif et bienveillant pour les autres, pour ses enfants.
16/01/2018 (18:53) Linotte J'ai l'impression que le fait d'être très active m'empêche d'être attentive à mes émotions, j'ai beaucoup de mal à nommer mes émotions. J'ai hâte de découvrir la pleine conscience. Je remercie un de vos coachs qui m'a conseillé d'acheter le livre de Laurence BIBAS "Manuel de Mindfulness, Pratiques et méditations de pleine conscience". Ce livre semble adapté à une personne débutante comme moi. Si je comprends bien, vous n'êtes pas active, vous êtes suractive, frénétiquement active. La suractivité est souvent un moyen d'éviter ses émotions. On se suroccupe pour ne pas penser, pour ne pas ressentir. Puis ensuite, on s'écroule, d'un seul coup, ou bien on passe à la compulsion alimentaire, autre moyen de tenir ses pensées et émotions à distance. Alors oui, si vous vous reconnaissez, l'apprentissage de la pleine conscience devrait vous apporter beaucoup, vous permettre de prendre le temps de vous mettre à l'écoute de vos pensées, de vos sensations. De les observer sans chercher à en "faire" quelque chose. Ce sera sûrement difficile, de laisser vos sentiments s'épanouir en vous, de les observer comme vous observeriez un paysage qui défile par la vitre du train. Et pareil pour les pensées, qui traversent votre esprit: les identifier sans en faire une histoire, un raisonnement. Mais qu'avez-vous à perdre à essayer? Le livre de Laurence Bibas est très bien. Et bien entendu, vous avez les exercices de pleine conscience du programme Linecoaching.
16/01/2018 (18:57) Callina Je vous remercie pour votre voeu! J'ai rempli un carnet alimentaire pendant deux semaines... N'est-ce pas cela un grand pas? Ce qui me décourage, c'est le fait que vos confrères ne voit en moi que des troubles de la personnalité, des troubles psychiatriques... Ce qui est décourageant. Mais si je me compare aux jeunes femmes de ma communauté, je suis on ne peut plus normale. Quand on vous éduque pour être mineure à vie, la nourriture reste le sul domaine où vous restez libre ( de vous alimentez ou pas.) Et puis, la complainte est à la mode en occident, quand bien des migrants envient notre sort. Vous avez raison, je devrais arrêter de me plaindre. Ah, bravo Callina! Voilà la bonne direction. Vous avez raison, la plainte, qu'est-ce que les gens aiment ça.
16/01/2018 (18:55) G. Apfeldorfer Et voilà! J'ai répondu à vos questions. Enfin, j'ai laissé tomber les questions répétées par impatience. Ah, l'impatience! Linotte, vous avez du travail!
16/01/2018 (18:59) G. Apfeldorfer Nous y voilà: le tchat est terminé et c'est bientôt l'heure de manger. Alors bon appétit. J'espère que vous avez faim, sinon pourquoi manger? Et j'espère que vous serez attentif à vos sensations, votre plaisir, et que vous saurez vous arrêter lorsque vous serez parvenu au bout de ce plaisir. A la revoyure!
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