Chat du 7 mars 2012 avec Gérard Apfeldorfer

07/03/2012 (18:30) G. Apfeldorfer Bonsoir à toutes et tous! Mesdames et messieurs (pas mesdemoiselles). Nous sommes partis pour 1 heure de questions, et sans doute aussi, de réponses. J'attends vos interrogations de pied ferme!
07/03/2012 (18:31) Berthie Pour la première fois de ma vie, j'ai eu l'idée de me remercier en faisant les premiers exercices de RPC.Belle surprise aussi que vos conseils d'adopter une posture "digne",d'accueillir "avec curiosité", "bienveillance" ce qui peut se présenter. Je prends conscience, combien, en étant centrée sur mes kilos, je m'étais délaissée, mésestimée. Merci Berthie, pour ce retour de votre part. je suis heureux de constater que vous avez pu prendre conscience de votre désamour pour vous-même, et des conséquences que cela peut avoir. L'amour propre, ou plutôt, dirais-je, l'acceptation de soi, sont des éléments essentiels à la santé mentale, et physique, bien entendu. Un beau pas en avant.
07/03/2012 (18:35) eileen Bonjour Docteur. Voilà, j'ai une petite question : comment se fait-il qu'il y a plus de problèmes de surpoids à notre époque qu'à celles ultérieures. Enfin, c'est l'impression que j'ai. Ah eileen, c'est une bonne question, et c'est fou le nombre de réponses différentes que vous pouvez entendre sur ce sujet ! Ce qui est généralement incriminé, c'est l'offre surabondante et d'une grande densité calorique. Plus la sédentarité. Ce n'est sans doute pas totalement faux. Mais peut-être ne faut-il pas oublier la déstructuration des prises alimentaires dans le monde moderne, où on mange vite, peu attentivement. Sur le modèle américain, on fait « le plein à la pompe ». À la française, on mange pour le plaisir, et sur un mode convivial. Du coup, les Français sont ceux qui, en Europe et dans les pays industrialisés, ont le moins de problèmes pondéraux (excepté le Japon). Mais, malheureusement, nous copions de plus en plus le modèle américain... Parlons aussi du stress, de la pression de performance dans la société moderne, du fait que les réactions émotionnelles ne sont plus tolérées aujourd'hui. Il faut contrôler son comportement. Reste la nourriture comme échappatoire.
07/03/2012 (18:41) tamar Bonsoir docteur. D'abord, merci infiniment pour ce site, qui allie à la compétence une gentillesse et une empathie peu communes. Vous êtes dans ce "business" depuis de nombreuses années, et vous avez probablement beaucoup de recul. J'aimerais vous demander ce qui, à votre avis, détermine la réussite ou l'échec à long terme de votre méthode. En effet, si l'on voit sur le site des quantités de témoignages encourageants, on y rencontre aussi un nombre non-négligeable de témoignages de fragilité ou de semi-échec, même après des périodes parfois très longues. Quel est donc le secret ultime qui fait que certains réussissent à très long terme et pas d'autres ? Ah, quelle question difficile, vraiment difficile, sur laquelle tant de chercheurs et de cliniciens se sont cassé les dents ! Je dirais les choses ainsi : Les personnes qui ont le plus de chances de réussir sont d?abord celles qui sont prêtes à jouer le jeu, c'est-à-dire à faire les efforts nécessaires. Car, oui, il est nécessaire de faire de gros efforts, un travail sur soi-même. Il convient de ne pas se montrer trop « malin », et de penser qu?il suffit de comprendre en quoi consiste un problème pour qu?il disparaisse de lui-même. Cela nécessite de la modestie, de la persévérance, de l?endurance. En définitive, prendre conscience des limites de son intelligence est pour moi une grande preuve d?intelligence. Sortir d?un système « tout ou rien » est essentiel. Les progrès se font pas à pas. Rien n?est jamais définitif, ni gagné, ni perdu. L?attention à porter à son comportement alimentaire, et à soi-même, à ses pensées et ses émotions, est un mode de vie. Un mode de vie en pleine conscience. Rien n?est insurmontable. Des problèmes émotionnels ? Travaillons-les ! Les sensations alimentaires ont disparu ? Retrouvons-les ! Pas d?amour pour soi ? Visons l?acceptation de soi, d?un soi imparfait ! Mais selon les problèmes, cela prendra plus ou moins de temps? Un de mes maîtres en psychiatrie disait : il n?existe pas de personne « équilibrée » ; il n?y a que des équilibristes. Allez, je résume : modestie, persévérance, acceptation de soi, engagement dans l?action.
07/03/2012 (18:43) Berthie Merci Docteur pour votre réponse. Je suis étonnée, surtout depuis que j'ai essayé la RPC, que se présente la sasiété qui était la mienne quand j'étais plus jeune. Il ne me venait pas à l'idée de grignoter ou de manger trop. Pourquoi est-ce que cela me revient maintenant?? Cela vous revient, sans doute parce que vous mangez moins enfoncions de vos émotions, et davantage en fonction de vos sensations alimentaires. La bienveillance envers soi-même a des effets puissants!
07/03/2012 (18:46) MANYUKA Bonsoir, après un début de parcourt relativement facile du programme, je vois des crises resurgir...hyperphagie au déjeuner . Je vois très bien que cela est déclenchée par le stress des journée de travail avec un rythme beaucoup trop rapide et un emploi du temps qui ne laisse pas de possibilité de contempler sans oublier le perfectionnisme.Je n ai pas de crise le soir comme auparavant. Je voudrais savoir si il est possible de trouver une parade à ces crises. Pourquoi le stress me conduit à ces crises au moment du dejeuner? pourquoi l alimentation est un moyen de calmer un exces de tension et de repondre au stress...pourquoi je vais facilement vers la nourriture et pas vers la pratique de la rpc à ce moment là alors que je la pratique facilement le matin et le soir???merci Bonsoir manyuka, Vous traversez semble-t-il une période difficile. Beaucoup d'activité professionnelle. Et comme vous êtes perfectionniste, comment ne pas être stressée ? Et comme vous êtes stressée, comment ne pas recourir à votre technique préférée, manger en excès ? Pourquoi n'allez-vous pas plutôt vers un exercice de pleine conscience, demandez-vous. Tout simplement parce que la pleine conscience n'est pas un processus spontané, naturel. C'est tout le contraire : la pleine conscience nous conduit à développer une attitude inhabituelle. L'habituel, c'est d'aller au plus facile, c'est-à-dire l'évitement, ou bien la confrontation. « Fly or fight » disent les anglo-saxons. L'évitement des émotions et des pensées pénibles s'obtient par un comportement générant des sensations intenses : manger dans la violence, par exemple. La confrontation, c'est discuter sans fin avec soi-même, pour se convaincre de ceci ou cela, de ne pas voir les choses telles que nous les voyons. Il faut donc du courage pour développer cette nouvelle attitude de pleine conscience, d'ouverture, d'coute des pensées et émotions qui nous visitent. On constate alors que, dès lors que les pensées et émotions sont acceptées, sans jugement, les choses s'apaisent d'elles-mêmes. Bon, je bavarde : concrètement, je vous conseille de : 1. Poursuivre les exercices de pleine conscience et en pratiquer un de quelques minutes toutes les deux heures ; 2. Faire un exercice plus long avant de quitter le travail ou en rentrant chez soi, en tant qu?espace de transition ; 3. faire appel à la technique de l'EME-zen chaque fois que nécessaire.
07/03/2012 (18:48) venda Bonsoir, je me suis abonnée il y a quelques jours seulement. Suite à un petit régime j'ai sombré dans les troubles alimentaires très sévère qui ont complétement bouleversé mavie et m'ont fair reprendre plus de poids. J'essaye d'écouter mon corps, mais la satiété est très difficile à reconnaitre pour moi. De plus quand je rentre chez moi le soir, l'approche du repas et le repas en lui même m'angoisse beaucoup, ce qui me fait basculer dans mes compulsions alimentaires en cours de repas. Je suis dans un cercle vicieux, et je me sens vidée , incapable de changer cette situation. J'ai l'impression de n'avoir aucune volonté et le sentiment de culpabilité ne me quitte plus. Pourriez vous m'aider à bien démarrer ce programme, car je sais que je suis en train de me faire du mal. Bonsoir venda et bienvenue sur notre site ! Quand je lis votre message, je me dis que, voilà, vous êtes pile poil au bon endroit ! Vos problèmes sont typiquement ceux rencontrés par la grande majorité des personnes en difficulté avec leur poids et leur comportement alimentaire. Et c'est bien pour cela que nous avons construit ce site ! Les régimes vous ont conduit à ne plus savoir reconnaître vos sensations alimentaires, vous mangez en fonction de vos émotions, et la peur de craquer est là, en permanence. Pas d'affolement : en début de programme, nous vous demandons de ne pas bouleverser vos habitudes, de faire les exercices pas à pas, du mieux que vous pouvez. Soyez assidue, patiente, tranquille.
07/03/2012 (18:49) bambou Bonjour M. Apleldorfer et merci encore pour le travail que vous effectuez avec beaucoup de bienveillance, c'est aussi très nourrissant et accessoirement sans calorie. Ma question repose sur ce qui ressort de mes exercices de RPC, il y a toujours beaucoup d'impatience. Ne pas oublier ci-çà. Il faut que je note, que j'appelle, que je planifie, que je réfléchisse, toujours cette impatience qui revient, même mes jambes ont envie de partir. En lisant "le pouvoir du moment présent" je me suis rendue compte qu?alors que je me pensais vraiment ancrée dans le présent à profiter de chaque instant de vie, j'étais quand même pas mal tournée vers le futur avec toute l'anxiété que cela peut engendrer. Consciente de cette impatience récurrente : dois-je en faire quelquechose, ou juste l'accepter?...pour pouvoir aller plus loin? Je me disais déjà d'eventuellement me faire des listes des choses à faire pour ne plus y penser, mais du coup pendant la RPC je pense à ce que je vais y noter........Merci d'avance pour vos lumières ! Bonsoir bambou, Lorsque vous faites un exercice de pleine conscience, attentive à votre respiration ou à un autre focus, des pensées peuvent venir vous visiter et vous pouvez ressentir des émotions. Supposons que vous ressentiez de l'impatience : cette impatience se traduit par des sensations physiques dans la gorge, la poitrine, le ventre, le reste du cors, modifie la respiration et le rythme cardiaque. C'est cela qu'il convient d'observer, avec curiosité et bienveillance. Vous pouvez vous dire alors : "c'est de l'impatience que je ressens". Supposons que se présentent des pensées comme "je dois faire ceci, cela", ou "je ne pense pas à la bonne chose", ou "là, je suis en train de penser au passé, ou au futur". C'est cela qu?il convient d'observer, avec curiosité et bienveillance. Car c'est ainsi que votre esprit fonctionne. Le mien aussi, d'ailleurs. Celui de tout le monde. Si des idées vraiment importantes pour vous se présentent, vous pouvez les mémoriser dans un coin de votre tête, et revenir dans le moment présent.
07/03/2012 (18:54) REMLYMPH Bonsoir , j'ai du mal avec la RPC, je trouve ça long je m'ennuie et ça me stresse, que faire? Bonsoir REMLYMPH (??) Je viens de répondre à Bambou sur ce thème: ce qui est alors à observer, c'est la pensée "je m'ennuie", la pensée "ça me stresse". Ou plutôt, les pensées qui stressent et que vous tentez de bloquer (le plus souvent par des comportements alimentaires). Et il s'agit d'accepter les émotions en rapport, bien entendu.
07/03/2012 (18:54) ladybird Bonjour. Tout d'abord merci pour votre engagement professionnel et votre courage pour oser cette méthode novatrice à contre courant des valeurs de la société moderne. Je sens que c'est la méthode qui peut me convenir et pourtant je suis inscrite depuis 9 mois et je ne réussis pas à inscrire ces nouvelles habitudes dans ma vie. Même si j'ai pris conscience de mon rapport à la nourriture, je n'arrive pas à m'engager pleinement et à respecter mes sensations alimentaires. J'ai lu sur le site que maigrir n'était pas une question de volonté et pourtant je me pose la question de qu'est-ce qui pourrait déclencher en moi le changement tant espéré. En fait j'ai bien compris ce qu'il fallait faire mais je ne le fais pas... Avez-vous d'autres personnes dans mon cas sur le site ? Que me conseillez-vous ? Maigrir n'est par une question de volonté, de contrôle, je persiste et signe. Mais se mettre à l'écoute de ses sensations alimentaires, les respecter, travailler sur ses émotions et son dialogue intérieur, tout cela nécessite bien des efforts. Comprendre ne permet pas que les choses se mettent à changer d'elles-mêmes ! Rien ne se fait pas tout seul ! Voilà donc mon conseil : soyez moins intelligente. Appliquez bêtement les consignes des exercices. Ne cherchez pas midi à quatorze heures.
07/03/2012 (18:57) Silvia Bonsoir Docteur, la remarque de Berthie m'interpelle et me rend "envieuse" car, pour ma part, je suis bloquée depuis fin janvier. Je n'arrive plus à avancer dans le programme depuis que je dois faire la gestion des fins de journée. J'ai déjà posé une question à ce sujet et j'ai été encouragée par la réponse mais ma motivation n'a duré que deux jours puis plus rien. Je ne me mets jamais dans la journée en situation de pleine conscience, je n'y arrive plus. Je suis bien convaincu que c'est la clé mais je ne m'en sers pas pour ouvrir la porte !! Entre temps, je n'ai repris qu'un petit kilos mais je sais que je mange trop et sans faim (ni fin!). Bonne soirée Les fins de journée sont le moment où on vous présente l?addition pour la façon dont vous avez passé votre journée. Comme on fait son lit, on se couche. Vous êtes-vous oubliée ? Avez-vous laissé les émotions et les pensées pénibles s?accumuler ? Les voilà qui sont là, toutes ensemble. Nous avons donc prévu une étape spéciale pour cela. Il convient de revoir la façon dont on vit ses journées, prendre davantage soin de soi durant tout ce temps. Mais c?est vrai, ce n?est pas facile ! Cela se construit peu à peu.
07/03/2012 (18:58) venda bonsoir, nouvelle venue sur le site, pourriez vous m'expliquer le concept d'EME Une envie de manger émotionnelle consiste en un puissant désir de manger, afin d?éviter que des pensées et des émotions pénibles ne deviennent conscientes, ou pour tenter de se réconforter. On mange alors sur un mode impulsif, c'est-à-dire non réfléchi, automatique. On parle de « compulsion alimentaire », ou de « boulimie ». On mange sans avoir faim, ou alors que la faim a disparu, on n'a pas la possibilité de manger en dégustant. On sélectionne des aliments qui procurent des sensations intenses et qui atténuent les émotions : ce sont en règle générale des aliments sucrés et gras, à forte densité énergétique. On mange vite et beaucoup, sans possibilité de s'arrêter avant d'avoir l'estomac (trop) plein. On se sent ensuite souvent coupable, ce qui conduit à poursuivre les excès.
07/03/2012 (19:02) Silvia Là, je crois que j'ai ma réponse ... en vous lisant docteur, suite à la question de Tamar Très bien! Merci.
07/03/2012 (19:03) Paquito Bonsoir docteur, j'ai une question concernant la RPC que, je le confesse, je pratique très occasionnellement. Je me demandais si elle donnait les mêmes résultats selon qu'on la pratique en la casant entre deux activités, lorsqu'on a le temps, ou alors en prenant en quelque sorte rendez-vous avec elle, à des moments prévus à l'avance ? Mieux vaut prendre un RV avec soi-même. Sérieusement, pas à temps perdu. Avec soi-même, perd-on son temps? N'est-on pas assez bien pour soi?
07/03/2012 (19:05) LinouN Bonsoir. Je ne suis pas souvent sur les chats mais j'ai cette occasion ce soir. Alors bien sur merci pour votre disponibilité pour vos réponses et votre humour. Je tenais à rebondir sur mon parcours. J'ai l'impression que le fait d'avoir laché du lest par rapport à la méthode, et à une certaine pression que je me mettais, je parviens mieux à ecouter mes sensations. Le chemin est long, mais je crois que doucement, je parviens à mécouter. Par contre, j'ai la sensation parfois que la limite entre une semi-diète( on mange de tout mais PEU) et l'écoute des sensations (j'attends d'avoir bien faim pour manger) est parfois difficile à gérer. En effet, plus jeune, j'ai commencé une longue période d'anorexie en commençant par diminuer mes portions... D'ou, pendant plusieurs mois au début ma rétiscence à appliquer la méthode.... et probablement ne pas accepter la faim et les petites portions qui me renvoient dans cette periode douloureuse de ma vie. Mais au fil des mois, le chemin se fait. Et je peux déjà vous remercier pour ce début de chemin ! Oui, linouN, ancienne anorexique, vous avez tendance à vous restreindre avec un peu trop de succès. Merci pour ce retour et bonne route!
07/03/2012 (19:06) Berthie ,Je suis bien d'accord avec vous Docteur, ce dont j'ai conscience en commençant ce parcours LC, c'est que c'est un vrai travail, que cela nous mobilise un certain temps dans la journée. Au début, je craignais que cela soit trop. En lisant les forums, vos réponses et celles des participants, j'ai compris qu'il ne fallait pas être trop ambitieux au départ. Je ne pensais pas que les forums m'aideraient autant. La parole libérée d'autres personnes qui se risquent à employer des mots comme "gros", ou bien partagent leurs difficultés d'aller essayer un vêtement pa ex, oui cela me dit que je n'ai pas à me renfermer dans la honte Merci Berthie.
07/03/2012 (19:06) petite marie bonjour,j e suis à la deuxième étape du programme, et je trouve que votre site est un merveilleux outil! je dois donc observer mes EME.Lors d'une EME assez intense, dont je n'identifiais pas la cause, j'ai utilisé l'outil "EME-ZEN" et j'ai alors ressenti une émotion intense, désagréable, d'abandon, de besoin de tendresse, d'amour, qui m'a propulsée dans ma tendre enfance ... qui ne fut en fait pas tendre du tout....Est ce possible? en y réfléchissant je me suis dit que je me suis fait un film, mais c'est venu de façon si inattendue et naturelle....merci de m'éclairer... Bonsoir petite marie, c'est drôlement intéressant, ce que vous nous racontez là ! La pratique d'un exercice de pleine conscience à un moment difficile (en l'occurrence l'espace de respiration) vous a conduit à prendre conscience de vos émotions de ce moment présent. Un sentiment d'abandon, qui a entraîné un rappel de mémoire, un retour sur votre enfance. Oui, c'est ainsi que notre esprit fonctionne : lorsqu'on laisse la porte ouverte, des pensées et des émotions se présentent d'elles-mêmes. Certaines émotions conduisent à des souvenirs. Certaines pensées conduisent à des émotions. C'est très courageux d'ouvrir la porte. Voilà : manger excessivement consiste à fermer cette porte parce qu?on a trop peur de ce qui pourrait émerger. Faire de la pleine conscience consiste à laisser la porte ouverte en acceptant ce qui vient nous visiter. Bravo !
07/03/2012 (19:09) iloredo Bonjour Docteur! J'ai fait à l'ouverture du site une première session de 6 mois, petit à petit je suis devenue de moins en moins appliquée à observer mes sensations et j'ai arrêté d'y penser; mais la graine a quand même germé! voici quelques jours que je me suis réinscrite et je refais le programme depuis le début avec beaucoup plus de sérénité. Je trouve cependant que les aliments ont moins de goût qu'avant, quand j'étais en période de restriction; c'est un peu comme un désenchantement alimentaire que je vis! Est ce normal? suis-je sur la bonne voie? Bravo iloredo. Je dirais que l fait que la nourriture vous excite moins est très bon signe! C'est un peu comme pour le sexe: depuis qu'on a le droit de tout faire, depuis qu'on voit des corps nus partout, le désir s'est émoussé quelque peu. Le désir est en fait revenu à son niveau naturel!
07/03/2012 (19:09) bambou Bonjour M. Apleldorfer et merci encore pour le travail que vous effectuez avec beaucoup de bienveillance, c'est aussi très nourrissant et accessoirement sans calorie. Ma question repose sur ce qui ressort de mes exercices de RPC, il y a toujours beaucoup d'impatience. Ne pas oublier ci-çà. Il faut que je note, que j'appelle, que je planifie, que je réfléchisse, toujours cette impatience qui revient, même mes jambes ont envie de partir. En lisant "le pouvoir du moment présent" je me suis rendue compte qu?alors que je me pensais vraiment ancrée dans le présent à profiter de chaque instant de vie, j'étais quand même pas mal tournée vers le futur avec toute l'anxiété que cela peut engendrer. Consciente de cette impatience récurrente : dois-je en faire quelquechose, ou juste l'accepter?...pour pouvoir aller plus loin? Merci de vos lumières. Ah, quelle question difficile, vraiment difficile, sur laquelle tant de chercheurs et de cliniciens se sont cassé les dents ! Je dirais les choses ainsi : Les personnes qui ont le plus de chances de réussir sont d'abord celles qui sont prêtes à jouer le jeu, c'est-à-dire à faire les efforts nécessaires. Car, oui, il est nécessaire de faire de gros efforts, un travail sur soi-même. Il convient de ne pas se montrer trop « malin », et de penser qu'il suffit de comprendre en quoi consiste un problème pour qu'il disparaisse de lui-même. Cela nécessite de la modestie, de la persévérance, de l'endurance. En définitive, prendre conscience des limites de son intelligence est pour moi une grande preuve d'intelligence. Sortir d'un système « tout ou rien » est essentiel. Les progrès se font pas à pas. Rien n'est jamais définitif, ni gagné, ni perdu. L'attention à porter à son comportement alimentaire, et à soi-même, à ses pensées et ses émotions, est un mode de vie. Un mode de vie en pleine conscience. Rien n'est insurmontable. Des problèmes émotionnels ? Travaillons-les ! Les sensations alimentaires ont disparu ? Retrouvons-les ! Pas d'amour pour soi ? Visons l'acceptation de soi, d'un soi imparfait ! Mais selon les problèmes, cela prendra plus ou moins de temps? Un de mes maîtres en psychiatrie disait : il n'existe pas de personne « équilibrée » ; il n'y a que des équilibristes. Allez, je résume : modestie, persévérance, acceptation de soi, engagement dans l'action.
07/03/2012 (19:12) Tyene Bonjour docteur,j'ai une question sur la rpc. j'ai tendance a bloquer toute pensee qui pourrait arriver car je veux me concentrer sur la respiration mais je ne suis pas sure que ca soit une bonne chose. J'ai egalement essaye de me laisser aller, mes pensees afluent et je peux les arreter tout de suite ou au bout d'une minute ou de deux etc. pour me reconcentrer sur ma respiration. En bref, j'arrive a faire toute sorte d'experiences mais je ne sais pas laquelle est la bonne pour l'exercice : faut il se concentrer uniquement sur lq respiration, avoir un peu de pensees, beaucoup, pour de tres courts moments, pour longtemps ? Je suppose qu'il faut decouvrir soi meme ce qui nous convient le mieux, mais j'aurais vraiment besoin pour le debut d'etre guidee et qu'on me dise quelle est la meilleure attitude a adopter quitte a la modifier seule plus tard lorsque je maitriserai mieux le principe. Merci d'avance! La pleine conscience consiste à accueillir les pensées et émotions qui se présentent, sans jugement. Vous ne pouvez donc pas dc ider si vous allez avoir beaucoup ou peu de pensées, de telle ou telle sorte. Imaginez que vous êtes entrée dans une salle de cinéma au hasard, sans savoir quel film se jouait. Voilà vous êtes assise, et vous regardez. Vous contemplez les pensées sans les suivre, en revenant sur votre respiration à chaque fois, encore et encore.
07/03/2012 (19:13) REMLYMPH REMLYMPH c'est juste parceque je sors d'un Lymphome, vivante...mais encore avec des kilos; je crois que je n'ai jamais repecté ni mon corps ni mes envies...alors j'ai décidé de m'inscrire sur votre site, mais c'est dur dur de s'écouter... Bienvenue chez le vivants, remlymph. je suis heureux de vous avoir avec nous.
07/03/2012 (19:13) Pougnette Bonsoir, j'ai une deuxieme question: Je suis maintenant a l'etape ou j'essaie de savoir pourquoi je mange trop. Avant j'avais mes fameuses regles dietetiques, et j'avais aussi peur d'avoir faim. Aujourd'hui ce n'est plus le cas du tout. Apres seulement trois jours dans cette etape, je m'apercois que ce qui revient souvent c'est la tentation. Je vais souvent manger quelque chose par tentation, ou manger du fromage ou un dessert a la fin du repas par tentation. Je ne percois pas tres bien ma sasiete, mais je m'ameliore et je me rend compte au final quand il y a du surplus. Je ne prend plus de grandes quantites comme avant, ce qui est deja un pas avant, mais j'ai conscience de toujours trop manger, je n'arrive pas a resister, et au final je culpabilise car je sais que si j'avais attendu la faim, j'aurais pu manger cet aliment sans complexe. Hors des repas je sais que je peux faire une seance de RPC, mais a la fin du repas ou j'ai tres souvent envie de fromage ou de sucre, comment faire? A ce moment la je suis encore a table avec les autres, je suis bien obligee de me confronter a cette situation. Merci encore pour l'empathie et le soutien que vous nous donnez sur ce site. Bon, vous avez encore du chemin à faire, n'est-ce pas, pougnette. Peut-être pourriez-vous garder une place pour le fromage? C'est-à-dire ne pas finir votre plat principal? Mais peut-être n'en êtes-vous pas encore là. Bah, ça va venir.
07/03/2012 (19:18) isabellej Bonsoir Dr., lors des mes pauses de pleine conscience en cours de journée, j'ai souvent des émotions ou peut-être plutôt des ressentis qui ne sont pas liés en apparence avec des sensations physiques, tel le sentiment de rejet, contrairement à d'autres qui sont très "physiques" comme la peur, la colère, le stress.... du coup j'ai plutôt du mal à m'apercevoir que j'ai une émotion et que je cherche à l'éviter, parfois je ne m'en aperçois que parce que j'ai une EME, alors en cherchant bien je trouve mais c'est un peu tard... il y a t'il d'autres moyens que les sensations physiques pour se centrer sur ce types d'émotions (sans doute plus liées à des pensées caduques, mais bien dur à discerner)? Bonsoir isabellej, toujours aussi perspicace, n'est-ce pas? Les émotions primaires comme la peur, la colère, l'angoisse, induisent des sensations physiques, ou plutôt consistent en des sensations physiques, bien perceptibles. Les sentiments comme le "rejet", la culpabilité, sont un mélange d'émotions et de cognitions, et correspondent à des sensations physiques moins nettes. Il n'y a pas d'autre moyen que de se mettre à l'écoute de soi, de laisser venir les sensations physiques et les pensées. Les pensées automatiques sont aussi un moyen de repérage intéressant: il s'agit de pensées récurrentes qu'on peut apprendre à reconnaître et qui doivent faire "tilt".
07/03/2012 (19:18) Todgi Je suis obsédée par la nourriture et tout est prétexte à manger... Je n'en suis qu'au début du programme, certes, mais j'ai des doutes quant à mes capacités à réussir à me "maîtriser"... J'ai des doutes sur le choix que j'ai fait de m'inscrire ici, parce que je n'est pas beaucoup le temps de me poster devant mon ordi, si ce n'est le mercredi... J'ai téléchargé les séances de RPC sur mon téléphone mobile pour pouvoir m'y consacrer pendant le temps où je suis dans les transports en commun. Comment lutter contre les EME si je me rue sur la nourriture et que rien d'autre n'a d'importance à ce moment là... comment réussir à me freiner et à me "poser" un instant alors que tout va trop vite dans ma tête... pour l'instant je trouve cela vraiment difficile. Mon cas est-il unique? Je suis boulimique hyperphage et c'est une maladie. Est ce que je suis au bon endroit pour résoudre ce problème? Ne faut-il pas associer cette méthode à un suivi psy par ailleurs? Merci beaucoup de votre réponse. Vous avez des doutes quant à votre capacité à vous maîtriser : ça tombe bien, notre approche n'est nullement fondée sur la « volonté ». Alors, oui, il me semble que vous êtes au bon endroit. Mais cet « endroit » est, je pense, très différent de bien d'autres « endroits ». D'un certain point de vue, il en est l'envers. Pas de volonté, de contrôle de soi, de dureté, de dressage, mais de l'écoute et de la bienveillance. Prenons ce que vous dites : pas le temps? Pas le temps pour vous, faut-il comprendre. Du temps pour le travail, le monde extérieur, le monde, et zéro temps pour le monde intérieur. Est-ce un hasard ? La faute à pas de chance ? La faute à un monde qui nous dévore ? Ou bien avez-vous organisé les choses ainsi afin de mieux étouffer votre vie intérieure ? La maladie dont vous parlez n'est-elle pas là? Alors, donc, première chose à faire, développer cette écoute : de ses sensations alimentaires, de ses émotions, de ses pensées. Sans jugement, sans crainte, car il ne s'agit de rien d'autre que d'événements mentaux. Un psy supplémentaire. C'est parfois nécessaire, et parfois non. Mais ne soyez pas boulimique de méthodes empilées les unes sur les autres. Appliquez-vous à bien faire une seule chose à la fois.
07/03/2012 (19:19) eileen Bonjour, comment se fait-il qu'en mangeant plusieurs petits repas par jour (avec faim bien entendu) on maigrit ? Est-ce un phénomène biologique ? J'ai pour image les pasiatiques qui sont loin d'être gros et pourtant font plus de repas que nous. On maigrit quand on mange globalement moins. Quand on fait de petits repas fréquents, il est plus facile de réguler que lorsqu'on fait un seul gros repas par jour.
07/03/2012 (19:19) Tyene Merci docteur, je mettre vos conseils en pratique lors de ma prochaine rpc! Très bien. Bonnes séances!
07/03/2012 (19:20) Berthie Ce que dit Petite Marie m'éclaire sur ce que j'ai voulu exprimer tout à l'heure. En fait, ces moments qui me sont revenus à l'esprit où je n'avais pas de pb avec la nourriture ont été une période difficile de l'adolescence où j'ai dû "porter" m'occuper de mon jeune frère, ma mère étant malade. , Ah, ça avance. Vous me faites plaisir.
07/03/2012 (19:22) Neam J'ai une autre question concernant la motivation. J'ai envie de maigrir mais au fond, je pense que j'ai une peur terrible de maigrir. Ceci explique-t-il que je retombe systématiquement dans les EME, que je me trouve des excuses pour justifier ma procrastination? Maigrir n'est pas une question de volonté, d'accord, mais vous avez dit que cela nécessitait quand même des efforts. Est-ce que mes motivations sont "mauvaises et si oui, comment vaincre cette peur de maigrir? Merci! La peur de maigrir est courante. Elle peut être liée à la sexualité, ou au fait qu'on imagine qu'on sera au pied du mur, par exemple. Il y a à creuser de ce côté là: quelles sont vos peurs?
07/03/2012 (19:22) FANNY13 dans votre programme, existe-t-il des exercices pour renforcer la confiance en soi, l'estime de soi, et prendre du temps pour soi sans se sentir coupable ? Oui, bien vu, fanny13 ! Ils vous seront proposés en tant qu'outils, à certains moments de votre parcours. Patience !
07/03/2012 (19:22) Pougnette Bonjour. J'ai une petite interrogation concernant quelque chose qui m'est arrive samedi. J'en etais a l'etape "decouvrir sa faim", je devais donc sauter le petit dejeuner, ce qui n'a pas ete un probleme. Arrivee vers midi, j'ai eu vraiment tres faim, la vraie faim, la bonne faim! J'allais arriver au centre commercial ou il y a un grand choix de nourriture, je jubilais presque. Arrivee devant tout ces fast food, ou d'habitude j'ai envie de tout manger, je suis restee bloquee. J'ai tourne en rond un bon quart d'heure pour arriver a me decider, je n'ai finalement rien prit. J'avais faim, mais je n'avais rien envie de manger, c'est bien la premiere fois que ca m'arrive. J'ai finalement attendue jusqu'a 15h, ou mon ami a absolument voulu que je mange, car je commencais a me sentir fatiguee de n'avoir rien dans le ventre depuis la veille. J'ai commande un petit hot dog, un smoothie et un cookie. Une fois dans la bouche, cette nourriture etait delicieuse. Ce jour la, j'etais tres deprimee a cause de 3 kilos reprit. Je me trouvais grosse et diforme. Le fait d'avoir faim mais de n'avoir pas envie de manger peut-il avoir un rapport avec une deprime, sans parler de grosse depression? L'envie de manger peut être due à la faim ou aux émotions. Je pense que ce qui vous a bloqué, ce sont vos interdits, votre désir de contrôle, très probablement. Et, oui, le fait d'être déprimé peut couper la faim (c'est la réaction physiopathologique)... ou l'augmenter si on cherche ainsi à combattre sa dépression.
07/03/2012 (19:24) Neam Bonsoir Docteur et encore merci pour l'aventure passionnante que nous vivons avec linecoaching. J'ai fini la période de 6 mois le week-end dernier et depuis, c'est la catastrophe. J'étais stressée à l'idée de ne pas avoir fini le programme au bout des 6 mois (je n'en suis qu'à 88%) et surtout à l'idée de ce que j'allais ressentir quand je serais "lâchée dans la nature", sans le soutien moral que je reçois sur le site. Tout cela a fait que j'ai commencé à lâcher le programme il y a environ une semaine. Depuis, je n'arrive pas du tout à faire mes exercices sur le fractionnement des repas, j'ai envie de m'autodétruire par la nourriture et bien sûr, j'accumule les EME. Je n'avais perdu que très peu de poids, mais j'avais quand même fait des progrès. Là, c'est la catastrophe. En plus, je vis mal le fait que la fin des 6 mois se soit passée sans que je reçoive aucun message du coach, sans qu'on fasse aucun bilan. J'ai seulement reçu un avis de prélèvement car je n'ai pas résilié l'abonnement. Mais maintenant, je me sens illégitime sur le site. Le fin du programme a réveillé en moi des peurs d'abandon très fortes et l'envie de me saboter. Que puis-faire pour arrêter cette spirale infernale? (En plus, bizzarement, je suis tombée malade dès le lendemain!). Merci d'avance pour votre réponse et merci aussi pour votre bienveillance. Neam Mais non, neam, vous n'êtes pas illégitime. Cette période de 6 mois est parfaitement arbitraire et bien des personnes ont besoin de plus longtemps. Chacun progresse à son rythme. Vous avez toujours votre place! Pas de panique!
07/03/2012 (19:26) LinouN Finalement ce qui est délicat, c'est aussi de se rendre compte qu'on a des plus petits besoins que les gens qui nous entourent, et de plus petits besoins que nos habitudes .. j'entends par là l'habitude d'avoir un type de portion dans l'assiette. Je le vis comme un changement à accepter avec douceur. MAis le fait d'être à l'écoute et de se faire plaisir permet d'avancer sur cette acceptation... Est-ce le bon chemin ? Bravo linouN. Oui, il y a de gros mangeurs et de petits mangeurs. Petit, c'est très bien. Le plaisir à manger n'a frein à voir avec la quantité qu'on ingère.
07/03/2012 (19:26) Berthie au revoir à tous et merci pour les questions des participants et vos conseils Docteur qui vont m'aider A bientôt Berthie
07/03/2012 (19:26) zeze48 J'ai commencé le programme depuis presque une semaine. Je suis privée de goût et d'odorat depuis quetre ans celà ne va t-il pas me causer des difficultés dans la phase de dégustation ? Vous êtes donc anosmique. Le sens de l'odorat joue un rôle important dans ce qu'on appelle de « goût ». Le fait d'être anosmique prive d'une bonne partie du plaisir à manger. Mais tout comme les aveugles apprennent à développer leur ouïe, leur sens du toucher, et compensent ainsi leur handicap, vous devriez pouvoir faire de même. Il vous faudra vous centrer davantage sur les textures, sur le goût proprement dit (sucré, salé, amer, acide, umami, gras) et faire davantage confiance à vos conditionnements. Je vous conseille d'éviter une trop grande variété, de vous en tenir à des aliments que vous connaissez bien, de même provenance, préparation culinaire ou marque, pour ne pas vous perdre !
07/03/2012 (19:29) Lia Peut on imaginer pour que ces "efforts" se fassent sur des années et que malgré tout il n'y ai pas de résultat en terme de perte de poids? j'estime être engagée depuis longtemps, persévérante, m'accepter de mieux en mieux. Mais plus le temps passe (8 ans sans régime) plus je me dis que je resterai sans doute à ce poids. Rien n'est joué, lia. Peut-être avez-vous raison et êtes-vous à votre poids d'équilibre. Peut-être pas. Mangez selon vos sensations alimentaires, ni plus ni moins, et nous verrons bien. On ne se choisit pas, on s'accepte. n'est-ce pas cela, la sagesse?
07/03/2012 (19:30) G. Apfeldorfer Plus de question? Tant mieux parce que c'est l'heure! That's all, folks!
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