Ma suite - le 21/06/2015

Pattie
Abonné

Première fois depuis plusieurs mois que je reviens sur LC.

J'ai presque arrêté l'ordi quand mes amis sont revenus de leur voyage d'adoption avec leur trois enfants. L'après-midi de leur retour, on est allés leur souhaiter la bienvenue, avec l'autorisation des parents. Et le soir, je n'ai pas allumé l'ordi, et j'ai mis du temps à le faire. J'ai arrêté les jeux en ligne, style bâtissez votre ferme ou votre empire, j'ai arrêté de regarder mes mails de boulot, j'ai arrêté le surf sur les blogs d'instits. Mais du coup, j'ai arrêté aussi le forum LC, et ça, c'était moins facile.

Ca m'a fait un choc émotionnel, de voir mes amis, vannés, et leurs trois grands rêves, enfin matérialisés, en train d'habiter les lieux si longtemps projetés pour eux. Et puis toutes les semaines de guet sur le net, pour avoir des nouvelles pendant leur absence. Après ce trop-plein de projection, j'ai eu besoin de vide. Je l'ai rempli avec de la lecture (des années que je n'avais pas lu juste pour moi).

J'ai donc été projetée dans un monde sans béquille LC. Oua, difficile ! Pas trop au début. J'étais toujours dans les portions de mon petit appétit. J'avais déjà irrégularisé et raréfié mes séances formelles de RPC, parce que j'avais eu une période de vertiges et que je ne tenais pas plus que ça à les vivre en pleine conscience (même si, quand j'y parvenais, ça rendait les choses plus faciles, vu que le plus dur est toujours la lutte).

Et puis petit à petit, j'ai mangé des portions normales. J'ai gardé le réflexe de sauter le repas suivant si je n'avais pas faim.

Puis j'ai perdu ce réflexe. (Boah, on verra demain).

Et j'ai découvert en moi un vrai acquis LC : mon corps a protesté, il a manifesté une vraie lassitude devant la nourriture. Et une vraie faim dévorante d'avoir faim. De ressentir dans mon ventre le vide, et la morsure de la faim. Du coup, j'ai sauté un repas. Et la faim est revenue, ma vieille amie négligée, pas rancunière.

Et puis à nouveau, j'ai ignoré mon corps, mais à chaque fois, cette lassitude de la nourriture s'est manifestée. Je ne sais pas combien de poids j'ai pris. Cinq kilos aux fêtes de fin d'année (j'ai vu ça sur la balance de ma gynéco, mais c'était aussi le jour de l'attentat contre Charlie Hebdo, alors ça n'a pas pris d'importance). Et puis j'en ai perdu, et là, je pense que j'en ai repris. Je saurai ça début juillet, en revoyant ma gynéco. (Parce que l'arrêt de la balancite aiguë, par contre, il est toujours extrêmement vivace depuis mes tous débuts sur LC).

En ce moment, je suis dans une phase où j'écoute davantage mon corps (davantage, ça reste pas beaucoup, mais ça fait quand même un petit peu !). Pour la fête des mères, mon frère avait porté une forêt noire, le gâteau préféré de ma mère, et le soir, j'avais mal au ventre (ce qui était très fréquent avant LC et ne l'est plus du tout. Ca a dû se produire trois ou quatre fois depuis LC, probablement moins). Pour la fête des pères, il a porté un Saint-Honoré, le gâteau préféré de mon père. Et ce soir, ben pas mal au ventre du tout. Pas faim, mais pas mal au ventre. Et repas sauté pour le moment.

J'ai l'impression que je ne vais pas forcément perdre du poids (puisque ça va dépendre de ma capacité à reprendre régulièrement la PC, RPC formelle ou improvisée ou simplement PC sur un moment - très difficile pour moi maintenant, la PC, alors que c'était en passe de devenir un réflexe avant ma pause LC). Mais même si je ne reprends jamais la PC, j'ai l'impression que je ne pourrai plus grossir autant qu'avant de connaître LC. Il y a 10 kilos que j'ai perdus et pas repris, même en yoyotant. Mon corps proteste, et maintenant, je l'entends. Je ne suis pas sûre d'avoir raison de penser ça, donc je continue à avoir, en fond sonore, la pensée que je vais tout reprendre et encore davantage (et je commence à en avoir marre de refaire ma garde-robe). Mais si ça se trouve, ça n'est qu'une pensée. C'est la première fois que mon corps m'empêche de grossir. Ou du moins la première fois que je l'entends protester, que je décode sa lassitude et que je l'écoute, même un peu, même pas longtemps.

Maintenant, après la faim d'avoir faim, je sens la faim de PC. Marre de vivre une partie seulement de ce que je vis. Marre de sentir mes antennes désormais repliées. Marre d'absorber à nouveau, en bonne hyperempathique, les émotions des autres (mais là, j'ai fait d'énormes progrès, j'étiquette les émotions : "moi" / "pas moi"). Marre de ne pas pouvoir me centrer sur ma respiration plus d'une ou deux secondes. Marre des pensées qui tournent à vide dans ma tête. Et encore, ça, ça va. J'arrive à percevoir qu'elles dansent leur sarabande et que ce n'est rien de plus que ça, et à m'en détacher. Mais je n'arrive plus à accepter le vide qu'elles laissent, alors je mets de la musique, la télé, la radio.

Bref, mon éloignement de LC m'a apporté énormément de positif : la découverte de mes acquis. Cette découverte du corps qui se lasse, c'est une belle surprise ! Ma nouvelle capacité à travailler plus vite, sans me perdre dans les méandres de mes pensées négatives, c'est un bel atout aussi. Mon nouveau réflexe de prendre du recul sur les émotions des autres quand elles s'installent en moi comme si elles y étaient chez elles, ça fait du bien aussi. Pas encore assez de recul, mais au moins l'identification que ça, c'est pas à moi.

Dans les changements induits à retardement dans ma vie par LC, il y a plein d'autres choses. Le maquillage, par exemple. Je ne me maquillais quasiment jamais. Maintenant, je me maquille tous les jours (sauf, la plupart du temps, quand je ne sors pas de chez moi). Je suis même en passe de terminer, pour la première fois de ma vie, un rose à joues que j'ai acheté l'année dernière ! En principe, ils se périment au fin fond d'un tiroir. Faut dire que ma tête, quand j'avais mes vertiges, au début de l'année scolaire, ça faisait un peu peur. Avec le fond de teint et tout et tout, ça allait. Mais du coup, quand les vertiges se sont estompés, j'ai arrêté le maquillage. Et bon, certes, je me trouvais une meilleure mine, mais sans relief. Donc j'ai recommencé. Je suis à deux doigts de m'assumer en tant que fille :-)

Je reviens sur LC pour tenter de reprendre contact avec la PC. C'est LE point important de la méthode, pour moi, le seul qui me permette de ne pas finir un repas surchargée de nourriture ou frustrée, et le plus souvent les deux à la fois.

Aujourd'hui, par exemple, c'était bien agréable. Après l'apéro et le foie gras, j'ai fait une petite balade avec ma filleule, autour de la maison. Et puis on a mangé le reste, j'ai pris une portion adaptée à mon petit appétit pour la première fois depuis longtemps, et je me suis régalée. J'ai mangé un peu trop de fromage (une portion normale). Et une portion normale de gâteau. Et puis j'ai oublié la nourriture. J'ai fait de la balançoire avec ma filleule pendant que ses parents couchaient sa petite soeur, et puis on a regardé les papillons sur la lavande, mais on ne s'est pas trop approchées, parce qu'il y avait aussi une abeille, et quand elle est allée se coucher à son tour, j'ai papoté avec la famille. J'ai ressenti la même chose, ce bien-être du pas trop-plein, le jour du voyage scolaire. J'avais laissé mes grands avec des mamans accompagnatrices et j'étais détachée sur un mini-groupe de tout-petits.

Je pense que ça me fait énormément de bien de voir le monde à travers les yeux des tout-petits. Ils sont à fond dans ce qu'ils vivent à l'instant présent. Moi, plus du tout. Pour que la rencontre entre eux et moi fonctionne, il faut que je vive davantage à leur manière. Et du coup, je frôle la pleine conscience (c'est pas tout à fait la PC. C'est une projection dans ce qu'ils vivent eux, avec moi, dans l'instant présent).

En tous cas, j'ai vraiment envie de retrouver ça, ce contact avec moi-même, au fond, sous la chape, qui irradiait dans tout ce que je percevais.

Mais pfff. Quelle énergie ça demande, tout ça !

M'enfin, c'est pas grave. J'ai découvert tout ça en deux ans. J'ai bien saisi le concept de la longueur de vrai temps du vrai changement. Rien à voir avec le temps internet, ni même avec le temps qu'on accorde généralement à vivre notre vie, du bout de la conscience. Je reconnais le temps de l'apprentissage, celui que j'essaie d'imposer à mes élèves. Pour parodier Coluche dans son sketch sur le prof : "la nana, elle essaie de nous vendre la nécessaire longueur du temps d'apprentissage, et elle en a même pas un échantillon sur elle !"

Allez, courage, maturons !

Un très grand merci à Linecoaching et aux participant(e)s du forum. Vous m'avez tant apporté... Et vous allez encore tant m'apporter !

Commentaires

izabelle
Animatrice forum

eh bien je suis bien contente de te relire !!!

super tous ces acquis ce sont les plus importants

je pense que tu as tout à fait raison de t'orienter vers la pleine conscience, elle est fondamentale pour apprendre à vivre dans le présent  et donc  : VIVRE  en se prenant moins la tête

ce qui ne nous changera pas de personnalité, mais nous permet d'enrichir notre vie dans le sens de nos valeurs

à très vite !

Tinea.
Ancien abonné

Ton témoignange est très intéressant, et encourageant, merci!

caro_canta.
Abonné
Juste merci pour ce magnifique texte, j'ai adoré te lire, tes paroles m'ont fait du bien.
delphdelph.
Abonné

 

Merci Pattie pour ce texte tellement beau et intéressant !

Et re-bienvenue à toi, pour ce retour sur LC smiley

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