S'accepter "pour de vrai" - 11042016

mavo.
Marraine

Hello ! Un peu de prose sur l'acceptation de soi... J'ai hésité sur le lieu où venir poser tout ce bazar, mais finalement, je repars d'une page blanche.. Nouveau fil !

Je me suis pesée ce matin. Poids stable depuis des mois, qui avoisine le poids que je faisais quand j'ai débuté LC, il ya plusieurs années de cela. Voilà, ce n'est pas nouveau mais pour la première fois ce matin, je me suis autorisée à formuler cette pensée, à ne pas la repousser, à l'observer en conscience : les quelques kilos que j'ai perdu à un moment, je les ai repris très discrètement, à coup de 500g par-ci, d'un kilo par-là.

Je me refusais à "verbaliser" ceci car je le vis, dans un premier temps, comme un échec terrible. Tellement terrible que je ne veux même pas y penser, en fait. Donc je n'y pense pas.

 

Ce matin je me suis arrêtée, enfin, pour accepter d'y penser (merci la méditation).

Et regarder ce qui se passe si j'y pense.

Eh bien tenez-vous bien : il ne se passe rien ! smiley Pas de tremblement de terre, pas d'attaque cardiaque, même pas une petite larme, à peine de l'émotion. 

 

Car au delà du chiffre sur la balance, force m'est de constater que, si ce fameux chiffre n'a pas bougé, tout le reste a changé.

Je me sens bien. Je me trouve belle, souvent. Je me regarde dans la glace et ça va. Je fais beaucoup de sport. Je mange de tout. Il m'arrive régulièrement des moments de franche écoute de mes sensations alimentaires : sauter un repas n'est plus impossible. Il m'arrive d'arrêter de picorer des M&M's parce que je me rends compte que mon palet me crie "stooooop".

J'arrive à observer les comportements de mes copines "régulées" avec une bienveillante curiosité.

J'arrive (un peu) à parler de mon poids, je ne le vis plus comme une tare honteuse.

Je ne crains plus de continuer de grossir jusqu'à une obésité morbide.

 

Pourtant, quand je vois ce fameux chiffre (87 kg pour 1,65m, pour tout vous dire), mon cœur chavire toujours, mes pensées s'affolent au point de ne plus fonctionner, et toute l'acceptation sur laquelle je pense avoir progressé fiche le camp. Ce n'est qu'au prix de tout un processus de réflexion que je parviens à me dire "arrête de flipper, en fait tu vas bien".

Je suis plus que jamais convaincue que seule l'acceptation "réelle" (= non feinte) est pour moi la clé du comportement alimentaire réellement pacifié, celui dans lequel les moments d'écoute évoqués plus haut ne seront plus sporadiques, mais réguliers.

Mais en pensant de cette façon, c'est bien qu'il y a toujours derrière ma tête une idée de l'ordre de la perte de poids... soit le contraire de l'acceptation ! Pour accepter réellement, il me faut faire le deuil de la perte de poids.

 

Sur le papier, rationnellement, c'est fait : je suis OK avec mon physique d'aujourd'hui, je sais que les kilos ne changent pas mon bonheur, qu'ils ne m'empêchent de rien faire, qu'ils ne sont qu'un chiffre sur une fichue balance.

Mais quand je monte sur la fichue balance, le discours interne automatique est toujours "ah bah bravo, tu en es toujours au même point, ma pauvre fille".

 

Qu'il est long, le chemin, qu'il est long !!!!! 

Commentaires

Amritaa.
Abonné

Merci beaucoup pour ton témoignage Mavo

 

Pour le moment je ne sais trop quoi te répondre, j'ai juste l'image de cette balance de roberval avec ces deux plateaux et toi qui passe d'un plateau à l'autre

 

Il y a certainement quelque chose de profondément enfui en toi au sujet de ces kilos qui restent posés là malgré tout. Génétique ? protection ? 

 

Mais cette acceptation pourrait tout changer. 

 

Je ne sais pas ce que peut en penser un coach et je suppose que tu as posé la question

FRED73
Marraine

Ce que tu écris,  comme très souvent,  me 

correspond tout à fait. Je pense m'accepter comme je suis et quand on me dit que j'ai retrouvé ma ligne après ma grossesse je réponds que je ne sais pas, que je ne pèse plus et que mon poids ne m'intéresse pas. Mais, je crois que moi aussi j'ai le secret espoir de maigrir encore parce que soyons honnête j'ai seulement 3 kg de moins que lors de mon inscription. Donc, comme toi je ne suis plus focalisée sur mon poids et mon comportement alimentaire mais j'aimerais quand même bien perdre encore un peu... Merci d'avoir lancé ce fil.
Amritaa.
Abonné

C'est tout à fait exact Fred et on peut se poser la question : qui en moi a envie de perdre encore du poids ? 

 

Moi si je suis vraiment honnête, je veux perdre du poids pour l'image que je vais renvoyer devant le miroir donc pour moi d'abord mais aussi pour plaire au plus grand nombre et comme une ado me sentir dans le clan des ....... 

 

Si je suis vraiment honnête et si je vais vraiment sonder au plus profond, je souffre de ce surpoids, je souffre d'être moins sexy avec ces kilos en trop, je souffre en me disant que si j'étais un homme je choisirais quelqu'un d'autre et je pense que ma prise de moi a tellement nuit à mon estime de moi qu'elle a également nuit à ma relation à mon mari. Donc ça va loin tout ça

 

Alors j'ai beau me servir un discours apaisant à la bisounours sur les ah ah je rigole dictat de la mode, n'empêche que oui parfois j'aimerai bien me faire traiter de dictat

 

donc en résumé, pour de vrai.......... je ne m'accepte pas 

 

izabelle
Animatrice forum

tu as vu ton joli lapsus  ?   "prise de moi"    au lieu de prise de poids

 

bravo pour ces témoignages

c'est sûr qu'un chiffre appelle des pensées automatiques, encore toujours..

parce que c'est un chiffre qui veut dire qqchse pour notre tête, donc elle se met à penser, automatiquement

et parfois à juger

 

de mon côté  je n'accepte pas non plus  toujours mes kilos en trop

mon corps je l'accepte, oui bien sûr

d'ailleurs si il pouvait retrouver la pleine santé

en parenthèse quand j'étais au plus mal, j'ai atteint le poids le plus bas des dernières années,  et bien je peux vous dire que ça me faisait une belle jambe !!!  je m'en fichais totalement

 

bref mon corps je l'accepte totalement et entièrement

ce que je n'accepte toujours pas, c'est les quelques kilos de graisses superflus qui s'accrochent par dessus

juste le sur-superflu, car je n'ai jamais eu l'ambition d'être super mince, j'aime bien une petite couche de graisse

en fait aujourd'hui j'aimerai bien simplement retrouver mon poids qui, il y a 10-15 ans  me semblait un problème, à moi comme à tous mes proches et mon médecin

 

 

je pense que ce fil est intéressant

quand on parle  de "vraiment",  pour l'acceptation,   il me semble  que c'est nécessairemnt   en pleine conscience

c'est à dire en ressentant dans le corps

à partir de ce moment là  on s'affranchit des règles des normes des diktats des images   pour ressentir vraiment de l'intérieur

et aussi en lien avec ces valeurs

pour ma part, je ressens que l'acceptation de mon corps   mais la non-acceptation de 5-7 kilos en sur-surplus  est lié non plus au fait de vouloir plaire, etre dans la norme, etc...  mais correspond à mes valeurs  santé  (qui a pris tellement d'importance ces derniers temps)  et esthétique dans le sens  équilibre-harmonie

cette valeur est indéboulonnable pour moi, mais il est sûr que du coup c'est important de travailler l'esthétique-harmonie même avec ces encore quelques kilos en trop

d'ailleurs à noter que la plupart de mes proches,  qui avant me reprochait mon surpoids  (alors que j'en pesais 8- 10 de moins)  me disent maintenant qu'en fait je n'ai pas besoin de perdre du poids, que je suis bien comme ça

 

comme quoi tout est extreêêmement relatif.....

et que les chiffres ne sont des indicateurs que très très partiels......

Amritaa.
Abonné

et non je n'avais pas vu ce lapsus, et comme je relis toujours, j'ai vraiment dû l'intégrer tel que......... prise de moi.......... oh que oui, je me prends bien la tête c'est certain ou quelqu'un ou plutôt une situation plutôt à pris possession de moi, c'est ainsi que je le relis

 

POur de vrai je crois ne pas accepter mon poids sinon je ne lutterai pas contre , je ne serai pas là à chercher à perdre des kilos

 

De mon côté aussi, 5 kilos "superflus" perdus serait déjà une vraie victoire, je ne cherche plus non plus à peser ce que je pesais avant, ça me paraitrait démentiel de vouloir revenir en arrière, mon corps, mes cellules, mes muscles ne sont plus et ne seront plus jamais comme ça

 

mavo.
Marraine

Merci de votre lecture et de vos réponses.

Amritaa, joli lapsus en effet, très évocateur... smiley J'adore quand mon insconscient se charge de me faire passer des messages, par lapsus ou rêves interposés.

J'aime beaucoup aussi ton expression de sur-surpoids, Iza. C'est exactement ça. Nullle ambition pour moi de rentrer dans du 38, mais juste perdre les quelques kilos qui sont "psychologiquement" de trop.

Beaucoup de choses sont en jeu. Et notamment le fait de se sentir "arrivée". Si je les perdais, ce sujet serait réglé, et ça fait si longtemps que je vis avec... Des peurs irrationnelles aussi (j'ai divorcé après avoir perdu du poids, par exemple). Des tas de mécanismes de l'enfance...

Autant de raisons, une fois de plus, de baisser les armes. Je ne suis pas malheureuse comme je suis, je suis même souvent contente. Toute la mouvance size-plus, toute la communication autour des mannequins grande taille m'a beaucoup aidée aussi. Au début, je n'arrivais pas à les trouver jolies. Et puis à force de lire, de regarder, j'ai fini par changer mon regard sur elles, et donc sur moi.

Donc voilà, il serait juste temps de me dire que je suis effectivement "arrivée". Mais ce chiffre reste comme un échec. L'envie de perdre du poids reste comme un fantasme. C'est drôle, ce double discours intérieur !

 

Fred, Iza, Amritaa, vous questionnez sur qui a encore envie de perdre du poids. Question intéressante. Qu'est-ce que ça changerait, aujourd'hui, de voir 80 au lieu de 87 sur la balance ?

- m'habiller plus facilement est la réponse qui me vient en premier

- me plaire plus sur les photos, aussi

Santé : avec le sport que je fais, ce n'est pas trop une préoccupation pour le moment. Séduire : je n'ai pas vraiment de fragilité là-dessus, je sais que je peux plaire.

Dans le fond, il y a aussi une notion de "ne pas être en échec". Ne pas me dire que j'ai bossé et réfléchi pendant tant et tant d'années sur ce foutu sujet pour ne pas avoir progressé d'un seul gramme. C'est faux, évidemment, puisque j'ai progressé sur des milliards de sujets autres que le chiffre de la balance. Mais ce qui reste dur, c'est ce sentiment de "tout ça pour ça".

Donc si je résume : me plaire plus (youhou, narcisse !!!) / être fière de moi (narcisse orgueilleuse !!!). Faudrait vraiment que je travaille sur cette histoire de valeurs parce que là, ça ne vas pas du tout !!! cheeky

Orange Cadmium.
Inscrit

Super fil. Bravo les filles pour vos questionnements.

Petronilles.
Abonné

Moi non plus je ne m'accepte pas.

Mais c'est parce que ma prise de poids a été trop soudaine. Je n'ai plus d'habits qui me vont bien, je me sens oppressée, je n'ai pas l'habitude de me voir comme ça. J'ai l'impression que c'est temporaire. Mais le problème c'est que ça fait plus de 6 mois que c'est temporaire maintenant.

Comment faire pour vraiment s'accepter et surtout pour arrêter de paniquer et d'avoir l'impression que le poids ne s'arrêtera jamais de monter ???

Amritaa.
Abonné

Quand un changement s'opère en nous Pétronilles, il est parfois difficile de l'accepter, c'est un peu mon chemin et comme toi j'ai l'impression que ça ne s'arrêtera jamais. C'est vrai

 

Mais voilà qui dit ça ? Moi ? ou mes convictions qui se basent sur je ne sais quelle hypothèse scientifique ? Mon corps, ton corps nous prévient de quelque chose. Alors avant d'agir, avant de rejeter, apprenons à écouter peut être. 

 

Je ne sais pas quel âge tu as, ni les raisons qui vont que ça change, tu pourrais nous en dire plus ?

izabelle
Animatrice forum

[quote=mavo]

Dans le fond, il y a aussi une notion de "ne pas être en échec". Ne pas me dire que j'ai bossé et réfléchi pendant tant et tant d'années sur ce foutu sujet pour ne pas avoir progressé d'un seul gramme. C'est faux, évidemment, puisque j'ai progressé sur des milliards de sujets autres que le chiffre de la balance.

[/quote]

je crois que tu as bien cerné le sujet, et aussi pourquoi ça peut être aussi  "bloquant"

 

pour ne pas....  être en échec

en ACT therapy,  on dit qu'au moment de se placer des objectifs, il faut que ces objectifs  ne soient pas plus facilement réalisables par une personne morte que vivante

donc....  tous les   "ne pas"  (ressentir, souffrir, être en échec, etc..)  ne sont pas de bonnes idées  car cela se réalise automatiquement quand on meurt  (on ne souffre plus, on n'est plus en échec, etc...)

 

le travail sur les valeurs s'amorce là,   et là  tu pourras te libérer de cette dictature du chiffre qui arrive à te gacher tous tes progrès dont tu as pourtant parfaitement conscience

 

ce qui serait mieux c'est d'accrocher ton travail LC à tes valeurs positives, mais les vraies, celles qu'il faut trouver

pour ma part je dis l'harmonie, car en fait je n'ai pas besoin de plaire, ni de plaire à la société, de plus je ne vis plus à Paris et ici je serai plutôt dans les plus minces

simplement chaque fois que le miroir me renvoie l'image d'une  "amphore"  (épaules fines, chevilles fines, mais au milieu.... bien plus épanoui)  eh bien cela contrarie mon sens de l'harmonie tout simplement

or il se trouve que c'est une valeur fondamentale pour moi

 

je trouve que baser sa perte de poids sur ses valeurs permet de ne pas partir en mode  "contrôle"  (genre   je dois absolument)  mais simplement avoir conscience de ses motivations profondes

 

il me semble que tant que l'on cherche à perdre du poids comme moyen de contrôle  (éviter d'être rejeté, éviter la peur surtout d'être rejeté, etc, etc...)   on l'aborde nécesssaire plus sous l'angle du contrôle

 

 

bon c'est une réflexion qui est loin d'être aboutie......

Amritaa.
Abonné

Tu dis une chose importante à mes yeux c'est le mot "perdre" du poids. Il y a aussi je crois cette notion négative de perte qui est à proscrire de ses pensées. 

 

Nous incarnons nos pensées donc i faudrait éviter d'avoir des pensées négatives tout comme des pensées au conditionnel. il faut penser positif et au présent

Petronilles.
Abonné

J'ai 36 ans Amrita, et ça change parce que l'été dernier j'ai voulu restreindre un peu plus que ce que j'havais l'habitude de faire depuis des années. J'ai essayé de manger encore plus "clean", et en réduisant de force mes portions...et j'ai perdu un peu, mais psychologiquement ça a déclenché une raffale de compulsions que je n'avais plus connu depuis plus de 15 ans (j'étais boulimique à l'époque mais je me considère "abstinente").

J'ai donc tenté autre chose : ne plus restreindre les portions mais manger exclusivement "clean". Je suis tombée du coup dans l'orthorexie : la peur phobique qu'un aliment "malsain" ne soit ne serait-ce qu'en contact avec ce que je vais mettre dans ma bouche. Je pensais à la nourriture et à ce que j'avais le droit et pas le droit de manger jour et nuit. Une vraie obsessions. Et comme je ne contrôlais plus les portions, eh bien je me suis mis à manger 3 fois les quantités que mange mon mari...ça lui a même fait peur.

J'étais persuadée qu'en mangeant des aliments sains, riches en nutriments, je faisais du bien à mon corps et que mon appétit allait finir par se réguler. J'ai décidé de ne pas me peser pendant 30 jours pour ne pas fausser ce "process d'adaptation". Et quand je suis enfin remontée sur la balance : KABOUM !!! +6 kilos

Panique totale, mon corps m'avait trahie, il m'avait envoyé des signaux faussés, je n'avais plus aucune confiance en rien.

Maintenant je ne supporte plus l'idée de restreindre quoi que ce soit, je me sens une angoisse monter en moi dès que je pense à éliminer un aliment ou à sauter un repas.

J'ai donc tenté LC mais toujours avec cette idée que pour être en bonne santé et avoir de bonnes performances sportives il faut manger "clean". Donc je suis en combat perpétuel avec moi-même entre le "je veux me donner une autorisation inconditionnelle de pouvoir manger de TOUT", et le "c'est pas nourrissant ce que je mange, je me cause de l'inflammation, je ralentis mon métabolisme, je vais avoir des règles plus douloureuses, etc. etc. etc.".

Ce combat quotidien m'épuise, et je n'avance pas, car je ne me donne pas la permission de m'écouter "pour de vrai", je ne m'accepter absolument pas "pour de vrai", et je ne lâche pas prise du tout.

izabelle
Animatrice forum

eh bien + 6 kilos en un mois,  ce devait être des aliments riches en nutriments et aussi en calories !!!

les amandes m'ont fait le même coup pendant mon allaitement....   sad    après mon accouchement j'avais perdu du poids, mais avec l'allaitement où l'on m'avait dit de manger des amandes, cela m'a fait prendre du poids très vite...

 

je vois que ces règles mentales sont très contraignantes pour toi

il te faut te laisser le temps pour les assouplir

il faut vraiment que tu intègres que tout aliment mangé raisonnablement te nourrit et ne t'empoisonne pas

sinon impossible de faire la paix  et la restriction amène une sur-consommation  qui produit plus d'effets néfastes

 

en fait je pense qu'il s'agit de sortir du tout ou rien

de mon côté j'ai les intestins sensibles  et si je prends du gluten  2-3 fois par jour, j'ai effectivement les intestins inflammés, en revanche si j'en prends de temps en temps, à l'occasion, quand je suis invitée, et sinon à la maison au moins une fois ou deux par semaine,  eh bien cela ne pose aucun problème

donc même en cas réel de sensibilité, ce qui est loin d'être le cas de tout le monde, il faut bien intégrer que pour tout, il y a un seuil  (à moins d'allergie bien sûr), et que les petites quantités sont nos amies

par contre il ne s'agit pas d'atteindre ces petites quantités par la restriction,  mais plutôt par la dégustation

 

actuellement tes peurs de santé sont certainement très fortes

de mon côté  venant de passer un sale quart d'heure de ce côté là, je peux te dire que j'ai mis de l'eau dans mon vin, et bien que n'ayant jamais été orthorexique,  je pense que c'est vraiment bien de pouvoir EXPERIMENTER  que les aliments de tout ordre pris en petite quantité  sont absolument inoffensifs

 

donc ce n'est pas l'aliment en lui-même qui pose problème ou non, c'est la façon dont on le consomme

si on le juge sévèrement, si on se restreint,   on risque des compulsions sur de grandes quantités, et là oui, cela peut être douloureux car notre corps  nous dit aussi quand ça ne va pas,  ne serait-ce que par un estomac balloné

mais si tout aliment est bon et que l'on écoute son corps, on s'aperçoit qu'à moins d'allergies particulières, on peut tout tolérer dans des quantités différentes selon les corps  (d'où l'intérêt d'écouter son corps)

 

mais je pense vraiment que les règles mentales ne s'assouplissent que lorsque l'on expérimente dans son corps les choses

 

il me semble donc que l'urgence est de ressentir dans le corps, encore et encore

Patience
Marraine

Ah oui, "l'urgence est de ressentir dans le corps, encore et encore"...

Je suis de retour sur le site après de longs mois de silence, plein de mouvements (je trouve toujours la vie particulièrement mouvementée ! :-) ).

Et je rebondis sur ce fil, que j'ai lu parfois attentivement, parfois en diagonale ; et qui réveille en moi quelque chose.

Je peux affirmer qu'à un moment donné, je me suis acceptée comme je suis. Comment ? En m'attachant d'abord à nourrir mes valeurs. Plus je nourrissais mon "âme", moins je nourrissais mon corps. Et je maigrissais doucement, au rythme de mon corps, c'est-à-dire tout doucement, car je l'avais déjà bien trop maltraité...

Et puis en début d'année, un rendez-vous médical. Et un verdict lapidaire : "Tant que vous ne maigrirez pas, Madame, nous ne démarrerons pas les FIV. Donc ça ne dépend que de vous".
Quand j'ai précisé au médecin que j'étais en train de maigrir et que j'avais perdu 5 kg en 1 an, il m'a ri au nez. "Ah oui, vous vous la coulez douce, en gros !".
Je vous passe les tentatives d'explication de ma part, face à un médecin qui m'a calé un rendez-vous avec la diététicienne du service, suivi obligatoire dans mon cas. Et depuis, je suis au régime...

Et depuis, vous savez quoi ? Je grossis. Je me fais engueuler par la diététicienne. Je culpabilise. Je ne diabolise plus aucun aliment. Mais je dois suivre un tel carcan alimentaire qu'aujourd'hui, je ne m'accepte plus comme je suis... ou en tout cas, je peine à le faire...

S'accepter, c'est fragile. C'est une bienveillance de tous les instants. C'est aussi la capacité à être congruent, peu importe devant qui, que ce "qui" porte une blouse blanche grâce à 10 ans d'études ou pas.

Il y a deux jours, j'ai téléphoné à la diététicienne et je lui ai dit que j'arrêtais. Le médecin m'a appelé et m'a dit qu'il arrêtait donc de me suivre. Je suis un dossier clos, sans doute déjà rangé dans un tiroir.

Mais je retrouve mon "âme"... J'ai expérimenté la perte de l'acceptation de soi ; c'est trop terrible !

Bref. J'écris ce qui me vient ; du coup, pas sûr qu'il y ait encore un lien avec ce fil de discussion !! :-)

Tout ça pour dire que oui, l'acceptation passe par le corps et ses messages.

Amritaa.
Abonné

Bonjour Patience

 

Je suis très émue en lisant ton message et ça ne fait que confirmer ce que je pense de nos médecins occidentaux, ces gens qui se croient au dessus du lot parce qu'ils ont fait "médecine" tout est dit, qui n'ont de l'humain en résumé qu'une connaissance très très limitée, il serait bon qu'ils lèvent un peu les yeux de leur pile d'ordonnance et regarde qui ils ont en face d'eux. Ate lire, là, maintenant , je les vomis, ils me dégoutent, leur ignorance fait d'eux des êtres d'une arrogance sans limite

 

J'ai beaucoup d'admiration pour toi , pour le chemin que tu as choisi pour toi, et ne doute pas que même s'il n'est pas confortable, il finira par te ressembler de plus en plus

 

Ton âme et en elle je crois fermement est la seule qui veut et peut ton bien, alors oui écoute là et elle te guidera vers les bonnes personnes

Amritaa.
Abonné

Comme pour Patience tant qu'on pense avec sa tête on fonce dans le mur (notre âme en sait bien plus, on pet l'appeler notre intellignece profonce ,c'est bien aussi ) et c'est dommage qu'à l'école on ne nous ai appris que ça n'est ce pas ? Dès l'enfance on nous a coupé de nous mêmes, les adultes sachant tout !! ah ah je me marre !!! et maintenant que le travail de sappe a été fait, on doit s'occuper de nous et tout défaire mais c'est pas facile car le bourrage de crâne continue comme à travers les choses qui sont bonnes puor notre corps et celles qui ne le sont pas ! 

mavo.
Marraine

Bonjour à toutes

Absente à nouveau pendant quelques semaines, regrettant à nouveau de ne pas venir plus souvent... bref !

Patience, je suis heureuse de te retrouver, mais pas très heureuse de lire ton récit qui fait mal au coeur. Qu'on en soit encore là dans le corps médical, c'est tellement navrant... J'espère que tu vas retrouver ta paix intérieure, ton acceptation et reprendre ton chemin qui était manifestement celui qui te convenait.

De te lire, de vous lire toutes, me fait préciser un point (à moi-même, d'abord !). Quand je dis que je m'accepte plutôt bien, c'est vrai assez souvent. Mais il y a aussi des jours où je ne me supporte plus ! Dans ces cas-là, j'ai besoin de me cacher le matin sous un grand T-shirt informe, et mon humeur s'en ressent bien vite. Tu as bien raison de le souligner, c'est très fragile, l'amitié envers soi-même...

Iza, peux-tu me dire deux mots de plus sur les objectifs qui ne devraient pas être plus simples pour une personne morte ou une personne vivante ? Je tourne la phrase mais je ne veux pas bien d'application pratique... ou bien est-ce seulement pour exprimer le fait qu'un objectif doit être actif, et non passif ?

izabelle
Animatrice forum

oui c'est ça, actif dans le sens engagé au nom d'une valeur

contrairement à des objectifs d'éradication de la souffrance, qui sont des objectifs d'évitement

si l'objectif est  : ne pas ressentir la souffrance, c'est lié à l'évitement

et ne pas ressentir de souffrance est plus facile pour un mort que pour un vivant, donc c'est une façon assez simple de pouvoir avoir des objectifs centrés sur ses valeurs plutôt que sur ses évitements

le but en ACT thérapie est toujours de "s'approcher" de ses valeurs  et de moins en moins passer d'énergie à "éviter" la souffrance

 

par exemple si on veut maigrir pour :

- ne pas se sentir nulle

l'objectif a peu de chance d'aboutir

 

par contre si on veut (réellement) maigrir pour :

- faire de la danse parce qu'on adore ça

cela n'a rien à voir

 

même en termes de santé, les objectifs peuvent être liés à l'évitement, ils sont beaucoup moins motivants sur le long terme que des objectifs réellement actif

par exemple : être en bonne santé, c'est plus ou moins  "ne pas souffrir"

ce dont je me suis rendue compte récemment

 

alors que par exemple la motivation  "plaisir gustatif"  peut être une vraie motivation hyper efficace

 

j'espère que c'est un peu plus clair, sinon j'irai farfouiller dans mes bouquins pour te citer des choses plus claires

Loli2pop.
Abonné

Bonjour les filles,

Merci pour tous vos supers témoignages.

Je crois que ce fil manquait alors merci d'avoir pris le temps (si rare, on dirait) de le créer, Mavo !

Je retiens 2 trucs fondamentaux pour avancer (et pour ma part, hein, chacune ses problématiques ou pistes de progrès :)) : l'idée de l'acceptation pour de vrai ... soit effectivement, en conscience, comme tu le soulignes Izabelle, soit (et peut-être que ça revient au même ... mais dans l'immédiat, je n'arrive pas à relier le tout) soit de manière inconditionnelle et donc sans crainte qu'un jour la honte d'etre soi te rappelle à ton bon souvenir. C'est vrai que la vie est tellement plys grande, belle, intense quand tu existes totalement .. et bim, d'un seule coup, un caillou vient se loger dans notre chaussure (pour certaines la balance qui contredit le poids qu'on s'imaginait, une remarque d'un inconnu qui nous ébranle, un vêtement qui nous engonce, ...) et toute notre belle assurance s'éparpille sur le sol. Alors, moi de l'inconditionnel j'en veux .. ou du moins, que les coups de mou (qui peuvent continuer à arriver) ne soient pas mis d'emblée sur le compte d'un soi-disant surpoids. Bien souvent, ce que je me dis ... qd je doute (moi ce qui me met le doute en ce moment c'est qd je passe la soirée avec l'ex-femme de mon compagnon, qui au demeurant est très sympa) et là, je me vois grosse et je la vois, elle mince ... du coup, pour rester fréquentable pour la soirée, je me dis qu'elle aussi a pas mal de défauts, ou alors, j'parle du passé qui n'est plus et que maintenant c'est moi que mon compagnon aime, blablbala ... mais bon, même si je sais que je suis pas si mal, c'est fou comme illico, à la moindre fragilité de mon égo, c'est le poids qui est incriminé,

l'autre truc, c'est l'idée de trouver sa motivation en se rapprochant de valeurs actives, engagées ... c'est un réel déclic de lire cela.

Patience, je suis confiante pour toi ... nul doute que tu as fait le bon choix que de prendre le chemin de la bienveillance envers toi-même. Quant à tes projets FIV, il ya des équipes médicales de toutes "cultures" et tu trouveras la manière d'avancer sans être en contradiction avec ce en quoi tu crois ... qd même, là où on entend partout que pour donner la vie, il faut lâcher prise, faire confiance, être ouvert ... et tout et tout, ce ne serait probablement pas mettre toutes les chances de ton côté en vivant en lutte, en contrôle. Bonne pause parmi nous et des solutions se présenteront à toi. Bon moment pour toi en tous cas.

Bisàtoutes

mavo.
Marraine

Merci de vos apports, et désolée de répondre seulement aujourd'hui... Oui Loli, en effet, le temps est trop rare ! smiley

Iza c'e'st plus clair. C'est intéressant, parce que ça enclenche une réflexion sur : au fond, je veux maigrir pourquoi ? Bien sûr, j'ai eu cette question déjà très souvent, mais finalement, je n'ai pas une réponse immédiate qui me vienne à l'esprit. La santé, oui, un peu... M'habiller plus facilement, aussi. Me plaire en photo. Ne plus me définir comme "une grosse" (dans ma tête, il y a cette idée que si les gens parlent de moi, c'est sous la forme "tu sais, la fille un peu grosse, là..." HAHAHA laugh je relis le titre de ce fil : s'accepter pour de vrai !.............).

Et en fait, quand je lis ces raisons, elles sonnent creux, pas consistantes, pas très importantes finalement. Et effectivement, pas en phase avec mes valeurs... A creuser !

Oui, l'égo est une petite plante bien fragile, qu'il faut très soigneusement entretenir et que peu de choses peuvent fragiliser. Un peu comme toi, Loli, je mets beaucoup de sujets sur le compte du poids... Ils ont bon dos, les kilos !

Loli2pop.
Abonné

Coucou à toutes,

Alors, pour apporter le petit caillou du jour à l'édifice de l'acceptation pour de vrai : j'ai accompagné ce matin ma soeurette à la gare à pieds, elle qui ne connaît encore pas trop sa nouvelle ville. On est parties assez précipitamment en réalisant que pour cause de grève son premier train était supprimé. Du coup, j'ai enfilé ma jupette d'hier soir dans laquelle je me sens bien (assez courte et droite, mais qui, je trouve, me va bien ... et qui reçoit les compliments de mon entourage) et suis sortie sans maquillage, chose ultra-over-rarissime ... car ayant la peau super réactive j'ai beaucoup de rougeurs et de zones déssechées, bref, pour moi c'est un méga-complexe ma peau.

Du coup, 2 enseignements étonnements de retour chez moi après avoir été pas mal "suivie des yeux" et reçu des remarques approbatrices (mais sans rentrer dans le débat du harcèlement/drague .. pour lequel j'n'ai pas finalisé mon avis en fait) :

- 1) je peux peut-être lâcher un peu prise avec mon défaut de peau que je croyais être la monstruosité absolue ... visiblement, l'absolu est relatif :),

- 2) j'ai eu un premier réflexe de me dire "ah mais si les mecs/gens ne font pas attention à la monstruosité de ma peau c'est grâce à ma tenue ... Bien sur, que j'n'saurai jamais s'il y a une règle en la matière mais ce que je note et qui m'étonne, c'est que mon premier réflexe a été de penser que ma silhouette avait compensé ma peau... ahahahahaha, je repense maintenant à toutes les fois où j'ai eu un petit coup au coeur en écoutant des gens bien intentionnés pourtant me dire "tu es belle et en plus tu as un beau visage" hhih et en étant dépitée de ça, me disant que forcément ce qu'ils taisaient alors, c'est que j'étais grosse. Enfin, peut-être était-ce ce qu'ils pensaient ... mais chouette de découvrir que pour une fois ce matin, j'ai plutôt considéré mon corps comme un atout compensant ma tête.

Y a pas à dire, le changement au cours de la vie, c'est une réalité.

mavo.
Marraine

C'est chouette, Loli, ce moment d'acceptation !

Loli2pop.
Abonné

Merci Mavo. Et de ton côté, de nouveaux apprentissages sur le chemin du "s'accepter pour de vrai" ?

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