Défusion.... - 24012013

izabelle
Animatrice forum

 

A la demande de quelques unes, voici une petite info sur ce qu’on appelle la ‘défusion’, un processus thérapeutique issu de la thérapie ACT, laquelle est proche de la pleine conscience (puisque d’ailleurs elle l’utilise également).

Cela est très utile pour les personnes (comme moi) dont les EME sont principalement liées au fait qu’elles se déconnectent d’elles-mêmes pour être totalement absorbées par leur pensée, qu’elle soit verbale ou non (non-verbale pour moi).

 

Avec la défusion, il s’agit d’aborder ses pensées d’une façon différente, en réduisant leur influence sur nous.   Il ne s’agit donc pas de les faire « disparaître », bien que la tentation soit grande, au début, tant que l’on n’a pas intégré l’acceptation, c'est-à-dire l'abandon de la lutte intérieure contre ce qu’on ressent, lutte stérile et fatigante.

Si quelques pensées douloureuses peuvent s’évanouir, parfois, lorsque l’on pratique ces techniques, la tentation est grande de s’en servir alors systématiquement pour faire disparaitre ces pensées qui nous gênent...  

mais c’est une très mauvaise idée, car d’une part cela nous incitera à persévérer dans la bataille intérieure contre nos ressentis (bonjour les EME) et par ailleurs cela ne fonctionnera pas, de tout façon, pour les pensées et les schémas douloureux récurrents, forts, de notre vie, nous ne passerons pas à travers les mailles du filet, il nous faudra les regarder en face, les assumer, les vivre, en un mot : les accepter.

La défusion ne sert qu’à ACCEPTER ses pensées, tout simplement parce qu’on ne les considère plus que comme des mots, pas comme une réalité, les mots ne sont plus « fusionnés » avec ce qu’ils représentent, ce sont « juste » des mots…    ils perdent alors beaucoup de leur influence sur nous…..

En état de « fusion », les pensées semblent être la vérité absolue et d’une importance capitale, elles nous font de la peine, elles nous font peur, parfois...

En état de « défusion », nous pouvons reconnaitre qu’il s’agit juste de sons, de mots, d’histoires, qu’elles ne sont pas forcément vraies, et qu’elles ne sont pas forcément  importantes, on est nullement obligé de leur obéir, et qu’elles ne constituent pas une menace, car elles ne peuvent rien « FAIRE » concrètement….

Du coup, on perd le besoin de faire « disparaitre impérativement » ces pensées désagréables à pénibles…..

Et quand on n’a plus besoin de faire disparaitre, eh bien, on n’a plus d’EME   (et croyez-moi, ça fait du bien !)

 

Comme vous le voyez donc, et j’insiste là-dessus au risque de radoter sérieusement,  il ne faut pas louper une étape, ce n’est PAS :  

défusion => disparition des pensées gênantes => je me sens « un peu plus confortable » => je suis toujours en lutte et déconnecté de moi-même

Mais bien plutôt   :   

défusion=>acceptation des pensées gênantes => je suis « moi »   => pas forcément ‘confort’, mais sentiment de connexion, de plénitude même (parfois), the war is over (if you want it, comme dirait John Lennon)

Alors bien sûr, il faut renoncer à « être bien tout le temps », car la vie est faite de hauts et de bas et cette idée que l’on pourrait toujours être zen, positif, en forme, bien dans ses baskets en permanence est un leurre auquel j’ai longtemps adhéré d’ailleurs  (bien inconsciemment, je l’avoue)

on ne sera pas toujours 'confortable', mais on sera beaucoup plus heureux, et puis surtout on n'aura plus besoin d'avoir recours à la nourriture pour 'se sentir mieux',   ce qui est quand même le cas de pas mal de personnes ici

vous pourrez dire aussi adieu au sentiment de vide intérieur...

 

Cet immense préambule étant fait, voici maintenant quelques techniques qui m’ont beaucoup aidée pour pouvoir accueillir mes ressentis-pensées…..    et qui m’ont permis de passer d’une dizaine d’EME par jour à …..  trois-quatre par semaine à tout casser.

A n’utiliser qu’avec les précautions ci-dessus, donc…. Sinon le service après-vente ne répondra plus de rien ;-)

1/ Je suis en train de penser…

 Se dire : je suis en train de penser que….suivi de la pensée désagréable..

Par exemple, la pensée « je n’intéresse personne » se pointe….    On se dit dans sa tête  « je suis en train de penser que je n’intéresse personne »,   et puis   « je remarque que je suis en train de penser que je n’intéresse personne »

2/ Sur un air connu

Chantez intérieurement la pensée sur un air connu  (bon anniversaire, la 5ème de Beethoven ou n’importe quoi d’autre)

3/ Donner un titre à l’histoire que nous raconte notre esprit.

Ex : l’histoire du looser, l’abandonnée, la non-intéressante, l’inadapté, l’incapable, l’incompétent…   Une fois que vous avez reconnu l’histoire en question, laissez-la simplement exister, sans lui accorder beaucoup d’attention, vous pouvez également imaginer une affiche de film de l’histoire en question, en en rajoutant dans le « pathos », en imaginant le rôle repris par les plus grands acteurs….   pour ma part j'aime rajouter un titre secondaire un peu excessif, ça fait genre

"LA MAL-AIMEE...    rejetée par tous elle sombre dans l'anonymat le plus complet....  en ce moment sur vos écrans..."

4/ Remerciez son esprit…  

genre : « merci ma tête, tu m’as encore servi l’histoire de l’incompétente notoire, tu es toujours au taquet… »

5/ Silly voices

 Imaginez la pensée (ou la litanie) dite par une voix ridicule ou particulière, genre donald, scharzy, stallone, Shrek, ou the Monty Python  (pour moi)

 

 

Pour ma part j’ai une grosse préférence pour  « donner un titre » parce que ça fonctionne tellement bien pour moi, qui ne pense pas tant en mots qu'en "ressentis", qu'en "impression" , ça me fait sourire et cela me permet vraiment de me reconnecter à moi-même en dédramatisant ce ressenti....

et parfois, je rajoute les voix ridicules, par exemple Terry Jones des Monty Python singeant une voix de femme, enchainant plusieurs à la suite, parfois j’imagine même que ce sont des acteurs qui doublent les dessins animés qui font la voix tout en voyant les images du film…..

Commentaires

maggy.
Abonné

[quote=nouvomoi]

Maggy, il faut aussi te dire que les pensées négatives ne surviennent jamais comme ça, sans raison. Peut-être que tu as une bonne raison d'en vouloir à quelqu'un, et quelque fois, ça se déplace et c'est le mari ou les enfants qui prennent à la place de quelqu'un d'autre, mais on ne sait des fois même pas qui et pourquoi.

C'est vrai que culpabiliser ou se dire que ce n'est pas bien n'arrange rien, bien au contraire. Sur d'autres rubriques, il y a plein de messages qui parlent de la bienveillance avec soi même.

[/quote]

j'ai les idées assez claires sur le fait que j'en veux énoooormément à mes parents, et à l'éducation qu'ils m'ont donnée. J'ai fait un bout de thérapie, qui m'a bien montrée que je devais me libérer de tout ça. Ca va venir, comme le reste, mais tu as probablement raison en disant que je suis dans un état de colère que je reporte sur d'autres.. ce serait plus simple, en théorie, de me confronter à mes parents pour leur dire toute cette colère. Malheureusement, je n'en suis pas encore capable ;) il va me falloir un peu plus de confiance en moi, et pour cela, certainement me regarder avec plus de bienveillance! :)

tu touches juste à tous les coups! bravo!

 

et aussi bravo à toi, d'arriver à te libérer de ce qui coinçait. Je te souhaite de continuer sur cette lancée.

Courtepatte.
Abonné

[quote=nouvomoi]

Maggy, il faut aussi te dire que les pensées négatives ne surviennent jamais comme ça, sans raison. Peut-être que tu as une bonne raison d'en vouloir à quelqu'un, et quelque fois, ça se déplace et c'est le mari ou les enfants qui prennent à la place de quelqu'un d'autre, mais on ne sait des fois même pas qui et pourquoi.

[/quote]

Et bien moi je ne suis plus si sûre que les pensées négatives ne surviennent jamais sans raison. Ou en tout cas, je commence à me dire que les raisons pour lesquelles une partie de mes pensées négatives surviennent est absolument sans intérêt et que je vais donc perdre mon temps si je m'attarde à les analyser.

Dans le bouquin de Harris, il répète souvent qu'une des questions à se poser est: "Est-ce que cette pensée est utile?" Exemple: vous vous découvrez une boule au sein, votre esprit s'affole et vous pousse à courir chez un médecin. Ca, ça me semble utile, car soit cette grosseur est bénine, et vous pourrez cesser d'y penser, soit elle est dangereuse, et plus vite le traitement démarre, plus on a de chances de guérison. Mais admettons que le verdict soit en effet inquiétant et qu'on se lance dans un traitement anti-cancer. L'esprit risque sûrement de continuer à s'affoler: "Je ne m'en sortirai pas, mourir si jeune, c'est injuste, je vais mal réagir au traitement, etc, etc". Est-ce que ces pensées là sont utiles? Non. Car de nouveau, soit le traitement sera efficace, et il est inutile de gaspiller de l'énergie à angoisser, soit les choses tournent effectivement mal, et mieux vaut utiliser tout le temps et l'énergie qui restent pour ce qui compte vraiment pour nous dans le vie: profiter de nos proches, de la nature, ou n'importe quoi d'autre.

Je dois dire que pour ma part, cette notion de "utile" ou "pas utile" est une notion qui m'aide. Mon mari a tout à fait spontanément cette attitude face à la vie, et est un bon exemple vivant à observer.

Et je me souviens d'une excellente leçon donnée par une copine il y a des années: mon mari avait eu un accident avec son auto, et je lui avais prêté la mienne car il m'était plus facile qu'à lui d'aller travailler en bus. Mais depuis une demi-heure, je râlais au bureau: "Dire que c'est lui qui a fait l'accident, et que c'est moi qui dois prendre le bus, c'est tout de même incroyable, et tout ça en plus pour aucune reconnaissance, il considère ça comme normal, il s'en fout que j'aie attendu une demi-heure sous la pluie ce matin..." et brusquement, ma copine a abattu son poing tout près de moi sur le bureau, me faisant sursauter: "Courtepatte! a-t-elle dit; ou tu décides que ton mari ne mérite pas la voiture et tu vas la lui reprendre; ou tu décides que c'est la décision la plus rationnelle, et tu la lui laisses; mais dans tous les cas, TU TE TAIS; je ne veux plus entendre un mot sur cette bêtise". Au moment même, j'étais très fâchée, mais je me suis tue, et surtout, j'ai beaucoup médité la leçon par la suite.

Alors avec toutes mes "ruminations", j'essaie parfois de faire pareil, et de dire: "Merci, j'ai bien pris note de ces commentaires, mais comme ils ne servent à rien, la paix maintenant!"

maggy.
Abonné

oh merci merci Courtepatte! Encore une analyse qui fait mouche!

Une des choses qui me désolent avec toutes mes pensées négatives, c'est l'énergie et le temps que j'y perds. Au lieu de penser à mes grosses fesses, à mes rides et à mon incompétence professionnelle, je pourrais me consacrer à tellement de jolies choses... Je vais essayer d'observer les choses du point de l'utilité. Ca devrait aider à relativiser.

Cela dit, il y a des colères utiles.. pour se réveiller et prendre conscience de sa situation!

J'adore ce fil de discussion.. il m'aide énormément!

nouvomoi.
Abonné

Merci Izabelle pour ta réponse qui me parle énormément.

Je suis actuellement en conflit larvé avec une personne de ma famille, ça me prend la tête, ça me rend dingue.

Si je reprend le fil logique, j'accepte le schéma : "j'ai peur quand il y a un conflit". C'est un fait, qui dure depuis des années, et pour x ou y raisons après tout, ça n'a pas d'importance.

Inconsciemment, cette angoisse fait que je ne dis pas clairement ce que je veux, alors là "je ne vais plus lutter contre cette angoisse, je lui fais coucou "tiens voilà celle qui a peur quand il ya des conflits !" et bon, je fais un choix conscient de comportement : je vais dire ma vérité"

Si je dis ma vérité, je ne vais plus être en colère et donc je ne serai plus agressive, du coup !!

Du coup, ça me permet d'entendre la vérité de l'autre et faire des compromis si c'est possible.

Bon là, c'est tout nouveau quand même !!!

puiffff quelle histoire !!! enlightened

bonne soirée à tout le monde et encore merci ... smiley

izabelle
Animatrice forum

oui mais c'est pas facile de dire sa vérité, car il y a la peur fondamentale d'être rejeté par l'autre si on n'est pas d'accord avec lui

ce qui est bien, c'est qu'en ayant conscience de cette peur et en acceptant de la vivre,  tu es capable de faire des choix conscients, ce n'est plus ta peur qui choisit, elle est là, ok, elle te noue le ventre ok, mais tu agis en fonction de ce que tu penses le plus juste, pour l'orientation que tu souhaites donner à ta vie

mais bien sûr quand tu t'affirmeras, tu auras sans doute la peur au ventre, mais en sachant qui est cette peur, en sachant que tu es capable de la vivre,  elle ne t'empêche plus d'agir

 

ensuite c'est une question d'habitude et puis on est souvent surpris de voir comment les autres acceptent tout à fait qu'on ait des opinions différentes des leurs, ne nous rejettent pas du tout, au contraire nous respectent plus

izabelle
Animatrice forum

[quote=maggy]

Une des choses qui me désolent avec toutes mes pensées négatives, c'est l'énergie et le temps que j'y perds. Au lieu de penser à mes grosses fesses, à mes rides et à mon incompétence professionnelle, je pourrais me consacrer à tellement de jolies choses... Je vais essayer d'observer les choses du point de l'utilité. Ca devrait aider à relativiser.

[/quote]

tout à fait,  quand tu as des pensées négatives, demande-toi si elle est utile  pour servir tes objectifs

par exemple est-ce que le fait de fustiger son physique nous aide à maigrir?  ben non pas vraiment...

donc inutile, on laisse couler

donner des petits noms à ses pensées récurrentes permet d'arrêter de lutter sans cesse contre elles, de les dédramatiser et de les voir pour ce qu'elles sont

 

pour moi, classiquement, ce sont des pensées concernant mon boulot, tel patient, sa problèmatique, ce qu'il faut faire avec lui, etc, etc....   dès que je m'aperçois que je suis en train de ruminer,  je  mets une sorte d'étiquette virtuelle sur tout ça   "worrying about my job" (inquiétudes à propos de mon travail en français dans le texte),  je respire et puis je passe à autre chose

quand je m'aperçois que ces pensées s'accrochent, je sais par expérience que je suis en train de "lutter contre"...  par exemple les inquiétudes sur le boulot reviennent, je sais que j'ai une peur de ne pas y arriver, d'être jugée mauvaise, d'être nulle ou je ne sais quoi encore.....   et que c'est cette peur qui m'incite à ruminer mes pensées, pour régler le soit-disant  "problème"

donc j'étiquette ....    soucis de travail.... peur de ne pas y arriver

et je passe à autre chose

si vraiment ça s'accroche, je prends des techniques de défusion, pas très souvent maintenant.....

et là, j'arrive à arrêter de lutter.....      et passer à autre chose

nouvomoi.
Abonné

Merci Izabelle pour tes enlightenedenlightened ! Cest yes !!

J'ai réussi à copier coller sur un fichier pour l'imprimer, pour pouvoir le relire et y réfléchir tranquillement !! Mais là, je crois que ça va me changer la vie !!!smiley J'ai aussi lu avec beaucoup d'intéret la réponse suivante, qui me parle aussi beaucoup. Parce que ces histoire de ce conflit me tourne dans la tête non stop, je deviens dingue. je vais prendre ton idée des petites étiquettes.

Bonne soirée et merci smiley

nouvomoi.
Abonné

Tout ça fait son chemin ...yes

Quand mes pensées tournent dans ma tête sans fin, et que ça me rend dingue, je visualise un manège de chevaux de bois, un de ces beaux manèges anciens ... Du coup, j'arrête de penser et je pense à autre chose !!!

merci Izabellesmiley

izabelle
Animatrice forum

yes

maggy.
Abonné

grace à ce merveilleux fil de discussion, j'ai tué dans l'oeuf une pensée bien négative, ce matin, sur mon petit bourrelet dans le dos. Je lui ai dit qu'elle ne servait à rien et qu'elle pouvait aller voir ailleurs. En d'autres temps, cette pensée inutile m'aurait ruiné la journée et m'aurait fait changer de tenue 10 fois!

:)

nouvomoi.
Abonné

Oui bonne idée !! Vilaine pensée, va voir ailleurs les bourrelets des gens qui sont au régime par exemple !!wink

Bonne journéesmiley

pointvirgule.
Abonné

je veins de relire tout ce post car je suis ds les pensées de cette matinée, une d e plus ou j'enrage au boulot que les gens ne fassent pas comme j'ai décidé, et veulent me contraindre a faire des trucs que je ne veux pas faire, et au lieu d'expliquer calmement je me mets en colère (et après je suis super mal de m'étre énervée)en général... ce matin j'ai réussi a ne rien faire, rien faire, rien dire, ne pas réagir ... deja rester silencieuse est pr moi une grand progrès (défusion?) et/ou régir à l'inverse de ce que mon impulsivité me fait faire cad péter un cable...je suis trop réactive implusive et je deteste ca

.... j'aimerais m'aider de la défusion mais jje ne suis pas sure de bien tt comprendre....et vous ?

izabelle
Animatrice forum

hello pointvirgule

pour t'aider dans cette situation à prendre de la distance avec le scenario qui te fait enrager,  je te conseille de lui donner simplement un nom

je retiens "j'enrage au boulot que les gens ne fassent pas comme j'ai décidé, et veulent me contraindre a faire des trucs que je ne veux pas faire"

en fait, il faudrait surtout savoir pourquoi ça te fait enrager, parce que ça peut être simplement  de perdre la maitrise de la situation, le fait de sentir incompris, ou transparent,  ou pas assez écoutée

dans cette situation, il n'y a que toi qui puisses savoir ce qui te rend vraiment chèvre, mais moi, si c'était mon cas, je mettrais le titre suivant  :  "elle détient la vérité mais personne ne la comprend car elle parle une langue trop évoluée pour le commun des mortels...."   en version affiche de film....

c'est ma façon préférée de faire de la défusion : exagérer le ressenti qui nous pose problème, afin de le dédramatiser, simplement

y'a aussi la variante  "la super-héroine a perdu ses pouvoirs"  ou bien ma préférée, celle que j'utilise souvent quand j'ai l'impression de dire des choses importantes mais que ça tombe dans le vide :   "la sauveuse du monde est au chomage technique...."

ça aide à savoir vraiment ce qu'on ressent, en le dédramatisant ce qui permet de bien mieux tolérer la chose

cilou_cile.
Abonné

Merci Izabelle pour ce fil.

Je crois que c'est le fil le plus utile que j'ai découvert jusqu'ici. La RPC et la défusion (et tout ce qui va avec) sont les outils les plus utiles que j'ai acquis ces dernières années. Grâce à vous toutes qui avez participé à la discussion et à votre retour sur vos expériences, je m'en inspire et je pratique depuis quelques jours la défusion et ça marche plutot bien.

Donc depuis ces quelques jours, j'ai souvent des moments où je rigole toute seule face à ce moi à qui il arrive tous les maheurs du monde....wink alors que dans la réalité, ça m'a l'air quand même beaucoup moins mélodramatique que ça!

Et autre conséquence, chaque jour, presque à chaque minute, j'ai vraiment l'impression d'être moins freinée par mes peurs et de faire ce que j'ai réellement envie au fond de moi (notamment parler aux autres plus librement) et de vivre le moment présent. Je ressens aussi moins de culpabilité vis à vis de mon comportement ou de mes pensées, et je me sens du coup plus libre, plus légère, moins anxieuse.

Encore un grand merci.

izabelle
Animatrice forum

bravo c'est génial !!!!  excellent!

mamicloclo.
Abonné

Je viens de découvrir ce post et je vais y revenir pour le lire plus en profondeur. Depuis que j'ai commencé LC, je n'arrive pas vraiment à m'y mettre - en plus j'ai eu des pbs informatiques pendant 15 jours plus accès à internet - je crois que je fais de la résistance, je n'arrive plus à lâcher prise, les fêtes de Noël sont toujours un moment difficile pour moi avec plein d'EME négatives liées à des moments difficiles vécus pendant ces périodes (un mariage raté, une séparation très douloureuse, des conflits familiaux ...) et je les vois arriver avec angoisse, du coup je mange trop n'importe quand et je ne dors plus ! L'impression de perdre complètement pied et de ne plus arriver à redresser la barre. Peut-être que la défusion va m'aider à ne pas me laisser envahir par toutes ces pensées sombres et négatives qui m'envahissent chaque jour un peu plus, l'impression de me noyer ... en plus depuis dimanche je suis très en colère contre une personne très proche qui par une susceptibilité exacerbée a saboté un très beau moment, je ne sais pas quoi faire de toute cette colère qui est en moi, je me sens très lasse ... envie de baisser les bras, de dire stop j'en peux plus !

capuccino
Marraine

Ce n'est pas facile quand on perd pied, quand on est là à essayer de s'accrocher aux parois trop lisses de la prison dans laquelle on est enfermé. Si tu glisses, sans trouver à quoi t'accrocher, dans un premier temps, respire, respire, encore et encore. Observe ta respiration, et observe ce qui se passe en toi, avec ta colère, avec ta lassitude. Observe ces pensées sombres qui t'envahissent et respire avec elles. Bien sur ces pensées réveillent des émotions douloureuses, et si les yeux piquent, que les larmes coulent que la gorge se serre, ce qui est important c'est d'en prendre conscience et de respirer encore et encore.

La pleine conscience est un outil formidable et de prendre connaissance de ces pensées sombres qui t'envahissent, de cette colère immense qui t'habite ne t'entraînera pas plus loin dans la détresse. Tu en prendras juste connaissance et tu verras que tes pensées ne sont que des pensées et qu'elles ne sont pas toi, que tes émotions finiront par partir.

Fais une place à tes émotions, ne cherche pas à les repousser.

La pleine conscience est surement ce qui m'a le plus aidée lorsqu'envahie de colère, je la sentais malgré tout enfler encore et encore au point d'en avoir peur, au point d'avoir peur de voir cette violence sortir de moi et se faire destructrice.

N'hésite pas à faire appel à ta coach pour avoir d'autres conseils.

N'hésite pas non plus à venir ici, crier ta colère , exprimer ta lassitude, tes doutes.

Lâcher prise est surement une des choses la plus difficle à faire lorsqu'on a été en mode lutte trop longtemps. Cela ne se décrête pas, ça se vit et parfois au moment où on y croit plus.

La communauté LC est là prête à t'aider, à te soutenir, il y a tellement de personnes formidables et bienveillantes sur ce site !!! Elles sont là pour toi, n'hésite pas.

surmonchemin.
Abonné

Capuccino, je vais prendre tes conseils de respiration à la lettre, parce qu'en fait, moi je n'arrive pas du tout à défusionner !!!

Je suis encore dans une période de surmenage, avec toutes sortes de pensées du coup qui remontent (ras-le-bol d'être exploitée). Hier soir grosse insomnie, alors j'ai essayé la défusion avec un personnage de La Victime qui devenait tout petit petit à force de se plaindre, mais ça a plutôt empiré les choses en fait.

Parce que j'avais l'impression de nier mon ressenti, de me nier moi. Un peu comme quand on raconte ses malheurs et que la personne en face de vous se moque, ou bien vous dit juste que c'est pas bien grave.

Je n'ai pas eu l'impression d'être bienveillante avec moi-même.

Bref, y'a sûrement un truc que j'ai pas compris...

mamicloclo.
Abonné

Ce soir, j'ai laissé libre court à mon besoin de me remplir de nourriture parce que j'en avais besoin d'une manière viscérale et vitale. La grande différence, et ça je pense que je le dois à LC et à vous toutes, je ne me culpabilise pas, j'accepte ce "dérapage" pour ce qu'il est, un accident de parcours. Demain sera un autre jour.

Respire, Capuccino, tu me dis "respire" oui je sais mais je n'y arrive pas, je suis totalement repliée sur ma souffrance, ma colère et mon chagrin dont je ne sais que faire, qui me font peur par leur violence, j'ai l'impression d'étouffer, l'impression que si je respire, si je les laisse s'exprimer, je vais exploser et me faire du mal. Alors je retiens mon souffle et j'attends... quoi je n'en sais rien, que ça passe sans doute, j'attends des larmes qui ne coulent plus depuis très longtemps, la pleine conscience est bien loin de moi, je ne sais pas comment accueillir ces pensées sombres sans me laisser envahir et submerger par mes émotions.

Merci de ta sollicitude, te lire m'a fait du bien.

izabelle
Animatrice forum

[quote=surmonchemin]

 j'ai essayé la défusion avec un personnage de La Victime qui devenait tout petit petit à force de se plaindre, mais ça a plutôt empiré les choses en fait.

Parce que j'avais l'impression de nier mon ressenti, de me nier moi. Un peu comme quand on raconte ses malheurs et que la personne en face de vous se moque, ou bien vous dit juste que c'est pas bien grave.

[/quote]

eh oui, tu m'étonnes que ça ait empiré !!!

 

la défusion ne doit surtout par être utilisée pour faire "disparaitre" le ressenti en question

et surtout ne contenir aucun jugement négatif sur soi-même, sinon c'est encore pire

 

tu vois, ce que tu ressentais, c'était d'être exploitée

alors que là, tu parles de "victime"   et dans cette notion de victime, c'est surtout un jugement négatif sur toi.....

 

l'histoire que tu vis, ce n'est pas la victime, mais bien l'exploitée.... 

le but, en prenant conscience que c'est  "une histoire", ce n'est pas de le nier ou de le minimiser, mais bien d'en avoir simplement conscience

avoir simplement conscience que tu es en train de revivre, en ce moment, l'histoire de  "l'exploitée"

sans jugement, sans chercher à ne plus ressentir ça......

par contre tu peux dédramatiser, mais bien autrement,   en t'imaginant simplement l'héroine d'un film que tout le monde exploite, avec un grand titre,  ou  entendant dans ta tête ces pensées-là avec toutes sortes de voix comiques ou étranges

garde à l'esprit que le but de la défusion n'est pas de faire "disparaitre" ce ressenti d'exploitation....  mais bien au contraire de l'accepter

 

mais de l'accepter pour ce qu'il est :   une histoire simplement, une histoire qui revient peut-être régulièrement, une histoire familière

le but c'est donc de pouvoir avoir cette histoire réactivée en toi, mais de continuer à te connecter  la réalité, au moment présent, à vivre ta vie selon tes valeurs

et la présence de l'histoire de l'exploitée, pour aussi inconfortable qu'elle soit, ne t'empêchera plus de poser des actes en adéquation avec tes valeurs profondes

 

par exemple faire bien ton boulot de la façon dont TU l'entends, si c'est important pour toi,  et ce malgré tous les "thénardiers" du monde

ou autre chose bien sûr

izabelle
Animatrice forum

[quote=mamicloclo]

les fêtes de Noël sont toujours un moment difficile pour moi avec plein d'EME négatives liées à des moments difficiles vécus pendant ces périodes (un mariage raté, une séparation très douloureuse, des conflits familiaux ...) et je les vois arriver avec angoisse, du coup je mange trop n'importe quand et je ne dors plus ! L'impression de perdre complètement pied et de ne plus arriver à redresser la barre. Peut-être que la défusion va m'aider à ne pas me laisser envahir par toutes ces pensées sombres et négatives qui m'envahissent chaque jour un peu plus, l'impression de me noyer ...

[/quote]

il est possible qu'elles t'envahissent d'autant plus que tu es en train de lutter comme une malade contre elles....

j'en ai l'indice numéro un :   les EME...      elles nous indiquent comme personne d'autres quand nous sommes en lutte

 

les fêtes sont pour toi l'occasion de réveiller un ressenti intérieur,  une "histoire"  qui est particulièrement inconfortable

cela a beau être dans le passé,  cela se réveille, par association, à cette période de l'année

ces ressentis-là,   je ne sais pas vraiment ce que c'est, car ce qui est important c'est ce que TU ressens qui t'es douloureux,  qui se réveille actuellement

abandon?  rejet?  échec?

qu'est-ce qui est le plus difficile dans cette histoire?

 

si par exemple c'est le sentiment d'échec,  eh bien tu sais que l'histoire qui se rejoue en toi, à chaque Noel, est (par exemple)  :   "l'échoueuse"

et ça c'est pénible

moi je la connais bien cette histoire, mais avant elle était tellement inconsciente qu'elle me plombait + me faisait manger....

 

là ça m'arrive encore, par exemple hier, aujourd'hui....   mais j'ai plus conscience que c'est une histoire, du coup ça reste désagréable, c'est sûr, mais ça ne m'êmpeche plus de faire ce que j'ai envie de faire  (manger avec faim, continuer à travailler, approfondir mes connaissances)

alors que lorsque cette histoire envahissait tout mon champ mental  ET que je luttais désespérement contre elle,   je lui donnais toute mon énergie, quitte à ne plus travailler, manger sans faim, se sentir encore plus mal du coup......

 

essaie de "cerner"  ce que tu ressens et qui te fait mal

et ensuite arrête de lutter contre ce ressenti,  laisse-le être...

et essaie de te connecter le plus possible sur le moment présent

soit avec la respiration,  soit avec autre chose : musique, sensation.......

 

et à chaque fois que l'histoire de "l'échoueuse"  ou "l'abandonnée"  ou encore  "la nulle"  vient s'inviter dans ta tête,  reconnais-là,  mets-lui un badge...  laisse-là simplement, ne lutte plus contre elle, mais   re-centre toi sur le présent, et sur tes envies du présent

 

bon courage à toi!

surmonchemin.
Abonné

Merci izabelle, oui je comprends mieux.

En fait, quand j'étais petite, spontanéent je faisais un truc qui ressemble à çà : j'imaginais souvent que j'étais dans un film ou un roman, avec une voix off qui racontait et commentait mon histoire à la 3ème personne, un peu comme dans Amélie Poulain avant l'heure. J'ai l'impression que ce que je ressentais quand je faisais çà ressemble assez à ce que tu décris.

Et puis, quand c'était sur des trucs chouettes, j'avais l'impression de les vivre plus intensément aussi.

Et puis plus grande, j'ai arrêté parce que, quand on est raisonnable, on ne vit pas dans la fiction. Les enfants sont peut-être vachement plus "raisonnables" que nous, finalement ! :)

Sosoto.
Abonné
Bonjour J'ai tout lu avec avidité Il va falloir que je me pose un peu pour apprivoiser toutes ces infos...il est 5h38 donc j'ai une bonne excuse Je me suis laissée embarquer par les fêtes et par les ferrero qui ont été mangés sans faim évidemment. J'ai du mal à me concentrer sur mes émotions mais par contre je n'ai pas de mal à reconnaître mes pensées souvent négatives. Le truc qu’il me manquait était la défusion... Enfin je crois. J'ai tellement de mal à me débarrasser de l'hyperphagie, est ce que la défusion va m'aider?
izabelle
Animatrice forum

je pense que oui, ça peut t'aider,   si  la lutte contre tes pensées négatives (ou ressentis)   est la base de tes envies de manger émotionnelles

avec la défusion, on dédramatise le négatif pour le laisser faire partie de notre vie

il n'est plus menaçant, plus "l'ennemi à abattre",   juste qqchse de passager

 

du coup, plus besoin de lutter

du coup, plus besoin de manger.....

 

c'est surtout essentiel pour les pensées, les histoires, les souvenirs.....

 

pour les émotions plus "émotionnelles" (peur, tristesse,etc),   il faut plutôt pratiquer l'espace de respiration, où on s'élargit, où on fait de la place à l'intérieur pour l'émotion

 

mais pour ma part,  pour une vraie émotion dans la semaine,  je peux avoir des dizaines de ressentis-pensées-histoires   au quotidien.......    

dans mon cas, la défusion a été incroyablement efficace sur mon comportement alimentaire

Sosoto.
Abonné
Oui c'est ça je cerne mieux les pensées que l'émotion qui est liée à ces pensées... Je m'explique ( car même pour moi ce n'est pas clair lol) Quand je fais des crises, je n'arrive pas à pratiquer l'EME -ZEN. C'est violent. Je n'ai pas de recul. Je me dis dans ma petite cervelle, qu'en pratiquant la défusion régulièrement et jusqu'à ce que ça en devienne presque "banal", j'arriverai à enfin prendre du recul et faire cet EME-ZEN Non?
Noelle
Marraine

Il me semble, Sosoto, que c'est plutot en pratiquant la RPC regulièrement que tu peux arriver a prendre du recul par rapport a tes emotions, en pratiquant les  outils de RPC qui te permettent d'augmenter ta tolerance émotionnelle

 

je comprends la defusion plutot comme une façon de prendre de la distance avec mes pensées automatiques " je suis nulle, je suis moche, je n'y arriverais jamais etc..."

 

bon courage !

izabelle
Animatrice forum

eh bien dis-nous en plus Sosoto

pour ma part, oui,   je n'ai jamais réussi à pratiquer l'EME-Zen, réellement, bien, dans les règles de l'art  (c'est à dire sans volonté de controle émotionnel),  avant de faire de la défusion avec mes "histoires" 

tout simplement parce que dans mon cas, les EME étaient liés à des ressentis assez éloignés de l'émotion, mais plus proches de la pensée : incompétence, échec, rejet, nullité  (un beau programme non?)

du coup, la RPC ne m'aidait pas vraiment avec ces trucs -là....

en revanche elle m'a aidé à en prendre conscience.....   et en ce sens je comprends Noelle qui te parle de RPC,  car la RPC nous aide à avoir conscience de nos états intérieurs

et ensuite c'est la défusion qui m'a aidé à les dédramatiser suffisamment pour ne plus avoir besoin de les faire disparaitre à "tout prix"

mais a priori, moi, quand je pratique la défusion,  je n'ai pas d'EME du tout  (donc pas besoin d'EME-Zen, tu vois....)

puisque l'EME "nait"  quand on lutte contre ces pensées-histoires-ressentis   désagréables

 

en fait, il faudrait que tu donnes des exemples de ces ressentis-là si tu veux une réponse plus précise

mais attention!!  je me répète, mais la défusion ne doit pas être utilisée comme outil pour faire "disparaitre" les ressentis en question,  sinon on court droit à l'échec  (enfin c'est à dire à des EME carabinées de chez carabinées....)

je dis ça, parce que c'est qqchse que je ressens dans ton message... (mais bon, sous toute réserve)

quand c'est "violent", comme tu dis, c'est que le contrôle émotionnel est très fort,  donc la RPC est vraiment utile

est-ce que tu en fais régulièrement?

à +

FRED73
Marraine
Je pense que la RPC est utile pour prendre conscience de ses ressentis mais également pour les accepter. Pour moi, la defusion est très liée à la RPC et est un outil supplémentaire pour dédramatiser mis ressentis et nos pensées, pour se rendre compte qu'ils ne sont pas les dangeureux monstres que l'on croyais.
Sosoto.
Abonné
Merci pour vos réponses Je reviens tout à l'heure pour vous répondre...
elfemere.
Abonné

Bonjour,

La défusion telle que tu la présentes me parait très intéressante en ce qui me concerne en tout cas. Je note et je vais tester ceci rapidement. 

Merci !

Loli2pop.
Abonné

Personnellement c'est grâce au fil sur les inconforts du moment que j'ai mis le doigt sur mes pensées automatiques ... par cet auto-questionnement quotidien : j'ai pu déceler les premières pistes.

Et puis, un peu en amont : la RPC m'a permis peu à peu à accéder aux émotions ressenties.

Mais j'ai encore un beau chemin à parcourir ... le nuancier des émotions est encore assez restreint, quant à la défusion ... j'ai encore du mal, enfin c aussi bien normal ... j'ai tellement de projets dans la tête, qu'à être sur tous les fronts je picore du tout et progresse comme une fourmi. Enfin, j'avance toujours un peu alors c motivant.

bonne journée tout l'monde,

Loli

Maudl.
Abonné
Salut Izabelle ! Je me retrouve ici sur les conseils de Marieal qui a répondu a mon poste dans la rubrique on papote, on papote sur mes conflits intérieur. Je vais bien lire tout ce fil de discussion et mettre en pratique ce que tu expliques parceque comme je disais c est assez épuisant de se bagarrer avec nos petites voix ! En tout cas, je tiens a te remercier pour ton activisme ici, j adore te lire, tu m' apprends beaucoup. Je note aussi dans un petit coin les bouquins que tu conseille pour creuser plus certains sujets. Enfin, j ai du pain sur la planche ! Allez, c est parti pour defuser ! Bonne soirée ;)
izabelle
Animatrice forum

Super Maudl

oui cette lutte ne sert à rien

moi ça m'a changé la vie de comprendre qu'il n'y avait pas besoin de lutter contre touts nos histoires intérieures, qu'il suffisait de les laisser causer et de ne leur porter que peu de crédit et d'attention

on finit par s'apercevoir que sont les mêmes qui reviennent souvent

et aussi qu'elles ont leur role, elles nous protègent contre ce qu'elles estiment le plus dangereux :  être rejeté par les autres

tout ceci à du sens puisque l'être humain n'est pas fait pour vivre seul

mais toutes ces histoires qui partent  "au quart de tour",    nul besoin de les combattre ou de faire en sorte de les exterminer, car c'est comme lutter contre la nature, vouloir arrêter une vague, épuisant, inutile et.... impossible

autant apprendre à "surfer"

elisource.
Abonné

Merci pour ce post...et pour le tuyau

Pour ma part, fervente de cinéma, c'est les Quatre Cavaliers de l'Apocalypse de Vicente Minelli. Alors j'ai identifié quatre grand sujets qui provoquent des EME ....puis les idées négatives qui s'y rattachent et qui deviennent les Quatre Poneys de l'Apocalypse.....et cela me fait rire, et prendre de la distance.

Sinon c''est aussi La Citadelle Assiégée......en identifiant les assiégeant que je regarde du haut des remparts et vu de loin ils sont si petits qu'ils en  deviennent inoffensifs

et ça marche.....avec aussi l'interrogation "est ce bien utile et nécessaire de partir dans ces réflexions".

 

cheeky

izabelle
Animatrice forum

j'adore "les 4 poneys de l'apocalypse"    !!!!!laugh

Pattie.
Ancien abonné

J'ai tenté la défusion, aujourd'hui.

 

La première émotion négative que j'ai pu voir en face, c'est la frustration, il y a quelques jours. Depuis, je n'en ai plus peur, je la reconnais presque tout le temps et assez rapidement. Je n'irai pas jusqu'à dire que je l'accepte, mais en tous cas, en ce moment, je ne mange plus pour la recouvrir. Je mange pour me réconforter, parfois, mais plus pour recouvrir la frustration. Vu de loin, ça semble revenir au même, sauf qu'en terme de réconfort effectif et de quantité de nourriture, ça n'a rien à voir ! Un carré de chocolat suffit à me réconforter, alors que pour recouvrir ma frustration, j'avais besoin d'une bonne EME de fin de repas avec dessert ET chocolat, par exemple, et que ça ne me réconfortait pas, il fallait que je me recentre sur ma respiration, puis sur mes sensations, pour choisir consciemment de me laisser guider par ma non-faim. Accepter la frustration est beaucoup plus simple et beaucoup moins... frustrant ! Du moins, en ce moment, peut-être parce que c'est tout frais, donc j'y suis attentive. En tous cas, clairement, ça consomme moins d'énergie nerveuse !

 

La deuxième émotion, (c'est cet après-midi que tout d'un coup, j'ai pu mettre un mot dessus) c'est le sentiment d'injustice. Depuis quelques jours, ma faim est toute petite, encore plus qu'avant. J'ai l'impression d'être revenue à il y a quelques mois, quand j'ai découvert que j'avais un petit appétit. J'ai dû faire le deuil de mon gros appétit imaginaire. Depuis une semaine, il est encore plus petit. Bon, donc je me sers des outils de Linecoaching pour déguster les aliments, repérer le rassasiement spécifique, et déclencher ma faim aux heures des repas.

 

Mais... ça m'éneeeeeeerve ! Et je ne savais pas pourquoi. Ce n'était pas la frustration, je commence à la connaître un peu. Je pense maintenant que c'est le sentiment d'injustice.

 

Mais autant la rencontre avec ma frustration m'avait étonnée et amusée (j'avais l'impression d'une expérience mystique, d'une rencontre du troisième type !), et depuis, je la vois avec bienveillance, autant la découverte de mon sentiment d'injustice ne m'a pas amusée du tout. Parce que, hein, c'est pas juste ! Pourquoi moi ???

 

Alors du coup, j'ai défusionné (j'ai relu le fil il y a peu, c'était encore frais dans ma tête. J'ai identifié l'émotion, je l'ai étiquetée « Sentiment d'injustice », et j'ai exprimé tout ce que ça me déclenchait et que je laissais inexprimé : c'est vraiment trop injuste que je fractionne autant, alors que d'autres mangent avec faim des quantités bien supérieures, c'est vraiment trop injuste que je doive galérer autant pour identifier mes émotions alors que d'autres les reconnaissent les doigts dans le nez, c'est vraiment trop injuste que mon appétit prévisionnel soit moins facile que la semaine dernière, c'est vraiment trop injuste que peut-être je vais être un « tout petit appétit » qui aura besoin de compléments alimentaires pour ne pas être en carence... Ensuite, j'ai surnommé l'état qu'elle génère chez moi (l'énervement, la bouderie) « La complainte de Caliméro » (j'aimais beaucoup Caliméro), et ça m'a détendue.

 

Pour le moment, ça a marché : j'ai moins peur de mon sentiment d'injustice, et ça m'a amusée, donc rendue disponible pour une autre rencontre avec Caliméro. Je ne sais pas encore si ça va m'aider à mieux vivre le moment où ça reviendra mais c'est la première fois que j'ai un outil pour traverser ça. Le sentiment d'injustice, maintenant que je l'ai identifié, je me souviens l'avoir ressenti (comme un énervement nébuleux sans cible précise) pendant des régimes ou des arrêts de régimes ou dans plein d'autres situations non liée à l'alimentation. Mais jamais je ne l'avais exprimé clairement à fond, jamais nommé, et jamais je n'avais pensé qu'il y avait un outil pour m'aider.

 

Je me rends compte qu'il y a peut-être beaucoup d'autres « énervement nébuleux » qui sont en réalité des émotions, et que je peux m'autoriser à ressentir au lieu de les laisser dans leur nébulosité.

 

Mais parfois, j'ai l'impression de ne pas savoir mettre des mots dessus. Soit je ne sais pas, soit j'ai tellement pris l'habitude de ne pas les prendre en compte que j'ai atrophié cette capacité. Parce que là, quand même, j'ai l'impression d'avoir découvert une mine d'or alors que j'ai juste identifié le sentiment d'injustice. Maintenant, ça ne me semble pas si compliqué. Mais avant d'avoir mis un nom dessus, ça l'était ! C'était un énervement insurmontable et sans fin, qui me faisait hésiter à manger parce que je ne savais plus si j'avais faim ou pas (vive le Dr Zermati qui a dit que si on n'était pas sûr, ça n'était pas de la faim ! Ca a été mon phare, ces derniers jours !) Maintenant que ça a un nom, ça semble tout banal. Peut-être qu'en fait, je sais les nommer, mes émotions, mais que le mot me semble tout petit par rapport à l'effet gigantesque que ça a sur moi. Alors que peut-être, l'effet gigantesque, ça n'est pas celui des émotions, c'est surtout celui de les rejeter.

 

Je me rends compte maintenant pour de vrai, dans mon expérience, pas seulement parce que j'ai été convaincue après l'avoir lu, que le parcours du poids repose sur le parcours du comportement alimentaire qui lui-même repose sur le parcours de l'acceptation des émotions, qui lui-même repose sur le parcours de l'identification des émotions. C'est des poupées russes ! (C'est vraiment trop injuste d'être obligée de décortiquer des poupées russes au lieu d'être d'emblée une mangeuse régulée ! Bon, après, si j'étais une mangeuse régulée, je ne découvrirais pas tout ça, et quand même, c'est passionnant !)

Noelle
Marraine

Très interessant, ce que tu écris Pattie, et notamment Les Poupées Russes!!

Pour ma part, ce que je ressens, c'est que l'acceptation des émotions est comme une porte qui me permet d'accéder à l'identification de mes émotions, mais que je peux   ...de temps en temps, faut pas exagerer, quand même.. bref, que je peux  parfois accepter des emotions nebuleuses, des ressentis,  sans les identifier , et que soudain, quand je les identifie, ça  "éclaire"  le paysage

merci de ta description, elle éclaire mon lundi matin

izabelle
Animatrice forum

bravo pour cette introspection, et tu vas voir, tu vas te familiariser avec   "c'est injuste" et "frustration"

ce sont typiquement des ressentis qui viennent de l'enfance je trouve,  et on nous a appris à les mettre sous cloche, genre  "c'est pas bien"

du coup c'est assez enfoui c'est normal

moi à ma fille je lui dis  "je comprends que tu sois frustrée, je compatis, mais on ne peut pas faire autrement",  au moins   elle peut garder ce sentiment en conscience  et ne pas avoir à l'enterrer au "fin fond",   ce n'est pas mal, c'est normal, mais il faut qu'elle en fasse l'expérience

 

l'identification des émotions, des ressentis  n'est pas aisée pour la seule raison qu'on était tellement en lutte "contre"  que le fait d'en prendre conscience était vécu comme dangereux

d'où ce système de lutte avec la nourriture, notamment

c'est donc surtout l'acceptation qui permet l'identification

d'ailleurs pour ma part ça m'arrive encore souvent de sentir  "un truc qui cloche"  sans savoir ce que c'est

donc j'accueille simplement  le "truc qui cloche",   et si j'arrive à le faire de façon suffisamment détendu,  du style  "quoi que ce soit, je peux le vivre",   eh bien peu à peu la nébuleuse se disloque et du coup j'identifie parfaitement bien de quoi il s'agit

tiens récemment, samedi,  c'était à nouveau un sentiment d'échec-incompétence-impuissance-nullité

et pourtant j'étais simplement "pompée",       mais au bout d'un moment  EME, mon chien de garde pour me dire  :  ok t'es en lutte, là.....

accueil  et badaamm......    comme un brouillard qui se dissipe,  c'est ce quator de choc......  qui apparait sous mes yeux

 

par contre avec le temps ça va de plus en plus vite, pour moi, de me rendre compte que je suis en lutte  (les EME sont un excellent indicateur, avec les ruminations mentales),  et dès que j'ai identifié, il ne me faut que peu de temps pour accepter et donc identifier

 

merci pour tous ces partages

Pattie.
Ancien abonné

D'accord, oui, je comprends. En fait, j'ai accepté de ressentir l'émotion, quelle qu'elle soit, et ça n'est qu'après avoir accepté de la ressentir que j'ai pu l'identifier.

Du coup, ça me semble moins difficile, parce qu'identifier une émotion, c'est pas de la tarte ! Ca me semblait un travail purement intellectuel. Alors que l'acceptation, ça n'est pas aussi compliqué. Enfin, si, c'est compliqué (sinon, on ne serait pas là à tourner autour !). Mais une fois qu'on est prêt à essayer, c'est nettement moins compliqué que de "se raisonner" ou de temporiser pour ne pas manger lors d'une EME. L'EME-zen me semble plus logique, vu comme ça, et plus faisable. Mais c'est vraiment un outil compliqué. Il sert à se laisser le temps d'accepter l'émotion pour l'identifier au lieu de penser qu'elle est si puissante qu'on ne peut pas ne pas manger. J'ai eu de la chance de commencer ce parcours en toute confiance. J'ai utilisé l'EME-zen comme j'ai pu, comme un outil de temporisation, pour "me raisonner" purement intellectuellement, et c'est le fait de l'utiliser qui a permis que je me laisse du temps pour voir ce qui se passait à l'intérieur au lieu de le recouvrir par de la nourriture, et qui fait que maintenant, je comprends à quoi il sert et que je ne m'en servais pas trop bien. Si je n'avais pas eu confiance dans ce parcours, je l'aurais laissé de côté et je serais passée à côté de tout ça, qui est quand même une clef importante pour une mangeuse émotionnelle.

Je suppose que c'est une question de temps, de moment ? En ce moment, je suis dispo pour ce travail sur moi, mais d'ici quelque temps, je ne le serais plus (boulot, soucis divers). Je profite de cette "fenêtre de disponibilité", où j'ai beaucoup de temps pour moi, pour bien ressentir tout le bien que ça apporte, cette espèce de libération, comme un poids qui s'en va, et quand il revient (la frustration, par exemple), je le reconnais, il ne m'emprisonne plus parce que je ne l'emprisonne plus. Si ce bien-être me devient familier, je le rechercherai peut-être plus facilement quand je serai dans la tourmente, au lieu d'entasser mes ressentis comme un tas de bouquins à lire quand j'aurai le temps.

En tous cas, merci pour ce fil, et pour les autres, Izabelle. Merci aussi de partager ce que tu fais avec ta fille. Ca met des mots simples sur des notions complexes, ça traduit en actes des idées, ça donne des exemples concrets de comment on peut faire avec nous-mêmes et l'enfant en nous.

Pattie.
Ancien abonné

Une expression que j'ai lu dans le chat de mercredi avec le docteur A : "la princesse au petit pois". C'est tout à fait ce que j'ai eu le sentiment de traverser dernièrement (et je n'en suis pas encore tout à fait sortie). Mon Caliméro proteste que ok, ce n'est qu'un petit pois, mais c'est vraiment trop injuste d'avoir un petit pois sous son matelas. Mais au fond, ça va : ce n'est QUE un petit pois. Tout ce remue-ménage intérieur pour un petit pois que je ne veux pas regarder en face !

Soleluna.
Ancien abonné

Salut Pattie,

Suite à ton message j'ai été lire le tchat et trouver la fameuse Princesse, parce que oui, ça ma parle à moi aussi :)
Moi aussi je me dis que je fais une montagne de rien et y'avait un arrière goût de culpabilité, ne nous le cachons pas.

En lisant l'échange, je l'ai pris autrement. Non pas que nous sommes à la base des Princesses au petit pois, mais qu'à force d'éviter les émotions, nous le devenons, parce que plus habituées à faire face aux émotions. Que c'est l'évitement qui peut produire cela. Je traficote peut-être le propos (je crois pas sincèrement), mais cette lecture me semble plus juste. :)
En tout cas, cette question de l'évitement et des émotions me parle beaucoup en ce moment. J'aimerais trouver la paix quand même, ca me fatigue tout cela. (oui séquence découragement ce matin)
 

Pattie.
Ancien abonné

Ca m'a parlé parce que j'avais lu un article sur l'addiction au cannabis, il y a quelques années. On y disait que le problème pour les ados (outre les risques neurotrucs), c'était qu'ils étaient en train de vivre des bouleversements émotionnels, et donc de se construire les outils qui leur permettraient, maintenant et dans l'avenir, de répondre de manière adéquate aux émotions, au stress indissociables de la vie. Et que s'ils s'habituaient à y répondre par le cannabis, ils ne construisaient pas ces outils, donc ils prendraient les aléas de la vie pour des agressions contre lesquelles ils seraient démunis.

Le coup de la princesse aux petits pois, ça me parle dans ce cadre-là : je n'ai pas construit complètement les "réponses" aux émotions et au stress, je les recouvrais déjà par de la nourriture. J'apprends maintenant. Je ne ressens pas un sentiment de culpabilité. C'est plutôt un sentiment d'étrangeté, de nouveauté : je découvre que les autres (mettons les mangeurs régulés) vivent la même chose que moi, sans y répondre de la même manière. Et que je peux moi aussi apprendre. Je me suis toujours vue comme différente des autres, à cause de mon poids, et l'inégalité me faisait rager. Là, je découvre qu'en fait, c'est tout pareil. Tout le monde a des petits pois sous son matelas. on est égaux devant les petits pois !

LC dit "La vie, c'est maintenant". Je m'étais rendue compte quelques années avant que c'était vrai. Maintenant, LC m'apprend que "Les autres, c'est pareil". J'avais bien remarqué que les minces avaient aussi leurs problèmes. Je ne me rendais pas compte que les gros avaient aussi leurs compétences : les mêmes, la capacité à vivre une émotion, la capacité à éprouver des sensations alimentaires.

lorraine
Marraine

Je me joins à vos échanges Pattie et solulena, échanges bien intéressants avec lesquels je suis entièrement en phase.

 je me dis que si on était dans l'évitement  c'est aussi que enfant peu voire pas de place a été laissée aux émotions...Me concernant, il fallait que je sois discrète, d'autres prenaient trop de place au sein de la cellule familiale, ou alors malade et alors là j'étais entendue....Je ne m'autorisais probablement pas non plus le droit d'exprimer avec des mots ce qui n'allait pas. Maman était déjà bien submergée comme ça que je me disais....Moi j'étais tellement angoissée que je passais  mon temps à penser aux catastrophes qui pouvaient arriver, à ruminer dessus. Les ressassements ont enveloppé et etouffétoutes les émotions ressenties. Et aussi la nourriture était une réponse apportée par ma mère; elle achètait énormément de douceurs que, ado,  je mangeais compulsivment sans même me cacher. Mais toujours pas de mots....

Avec LC aussi j'ai réalisé que pour les autres c'est pareil. J'étais d'ailleurs assez admirative de copines (régulées) qui vivaient des choses compliquées sans manger pour autant, sans non plus en faire un drame ...Ca renforçait mon côté "pas capable"  Je crois que c'est aussi parce qu'elles ne fusionnent pas avec leurs pensées, elles n'ont pas de pensées automatiques   incessantes empruntes de culpabilité ou se sentir nulles et aussi parce que le registre des émotions leur est plus familier et plus acceptable. La peur, la culpabilité, la honte, la colère etc...ont eu droit de cité dans leur enfance et leur sont naturelles à l'âge adulte.

Maintenant, je suis plus à l'aise avec ces petits pois de rien du tout, grâce à la rpc, et je dis que j'ai appris à surfer sur les vagues, c'est à dire sur les -petits- bas de la vie.....Je m'estime mieux aussi et je sais que la perfection n'est pas de ce monde. Cela participe aussi, je trouve, à mieux supporter les inconforts de la vie. Oui, pour nous tous on peut y arriver, question d'apprentissage.

marieal.
Inscrit

pattie et soleluna, je n'arrive pas à retrouver le chat sur la princesse aux petits pois, c'est dans quel groupe et à quelle date??

Pattie.
Ancien abonné

C'était mercredi 23/04, dans le chat du mercredi, ouvert à tous les groupes. //www.linecoaching.com/chat-histo/chat-du-23-avril-2014-avec-gerard-apfeldorfer

Pattie.
Ancien abonné

Défusions quotidiennes au débotté, pour moi, en ce moment. Mon déménagement (jeudi) ne va pas être parfait. Je risque de ne pas être couronnée "Meilleure Déménageuse de Toute La Famille" : je n'ai pas eu le temps d'encartonner mes vêtements pour le moment, ni les provisions, ni le reste de vaisselle. Je vais être le maillon faible !

J'ai envie d'épater ma famille, style quand on déménage les gros meubles, la cafetière est déjà installée, avec les tasses et le sucre, et si tu préfères du thé, pas de problème, du noir, du vert, du déthéiné, un rooibos ? Au final, pour le moment, c'est plus proche de "Ben non, on n'a pas encore de mitigeur sur l'évier, mais le robinet de dehors marche... Lui ? C'est le peintre, il n'a pas encore fini, mais il pense que la semaine prochaine, ça sera bon. Et sinon, euh... quelqu'un sait installer une douche ?"

Enfin, y a espoir que la situation s'améliore demain. C'est juste que depuis quelques semaines, je me mets un peu la pression, style "si j'arrive à faire ça bien, ça veut dire que ça y est, je suis grande !" Alors que bon, je SUIS grande, et le vrai but du déménagement, c'est pas de montrer que je peux être super forte, c'est de déménager !

Dans la rubrique "challenges du déménagement", il y a aussi le moment de solitude que j'ai vécu dans un magasin de matériaux, à discuter sur la quantité de sable nécessaire pour la chape du cellier, avec un ton un peu sec, parce que j'ai trouvé le ton du vendeur un peu sec (et que faut pas me gonfler en ce moment : non seulement je suis stressée, mais en plus j'apprends à ne pas enterrer mes émotions, à les exprimer !), donc je me la suis jouée genre je sais de quoi je parle, mon p'tit monsieur, je fais 15 chapes avant le p'tit-déj', moi ! Pour ensuite demander "Et sinon, vous vendez des pelles ?" Je n'ai pas fait avancer la cause du féminisme, ce jour-là. Bon, c'est sûr, c'était pas le but. Le but, c'était d'avoir du sable. Et des pelles pour le sortir de la remorque.

"Meilleure Déménageuse", "Chapiste Féministe de l'Année", "Fée du logis" (regardez comme en un tournemain je fais briller le carrelage... ah ben non...), "As du volant" (Attends, je recule la voiture... ah zut, non, y a la remorque !), "Bricoleuse Hors Pair" ('tain, mais c'est quoi, ce dessin ??? Une vis ou un téton ???), "Hôtesse de rêve" (au cuisiniste : "Vous voulez de la lumière ? Lui : "Euh, non, j'ai les mains dans l'électricité, vaut mieux qu'on laisse le compteur éteint"), "Décoratrice émérite" (quand on choisit de peindre les encadrements façon Dragibus, un rouge, un orange, un vert, un rose et un bleu, et que le bleu précède le rouge, juste séparés par un pan de mur blanc, même cassé, ça donne au salon un côté patriote assez saisissant et totalement involontaire. C'est pas donné à tout le monde, la logique et la vision du plan dans l'espace ! Ni de voir le problème avant que les deux encadrements soient entièrement et parfaitement peints par le peintre)

Heureusement que les retours au moment présent m'aident à retrouver l'objectif premier de mes actions et à sortir du sentiment de nullité, de faiblesse, de ne pas être à la hauteur. En fait, c'est pas grave d'ignorer jusqu'à l'existence des scies à cloche.

Minoque.
Ancien abonné

T'es la plus drôle ça c'est certain, la Reine de l'auto dérision et de la défusion réunies ;-)  Bon courage pour tout jeudi ! Un gros et grand déméngement me fait bien rêver.... envie de départ, envie de neuf, envie d'ailleurs avec mon vieux compagnon :-)

Et j'ai pas de sketch en stock sur les déménagements... mais tu l'as déja un peu écrit là non ? :-)

Soleluna.
Ancien abonné

Hihi, beaucoup ri moi aussi Pattie ! :) C'est intéressant en plus ce que tu écris, souvent on détourne les objectifs premiers en transformant les enjeux initiaux. T'as raison, ce qui compte c'est de déménager, pas d'être la meilleure déménageuse de la famille :)) Bon courage !!

marieal.
Inscrit

ben avec toutes ces qualités, si un jour tu sais pas quoi faire, tu pourras peut être envisager une carrière de déménageuse professionelle! j'ai bien ri en tous les cas, courage pour ce deménagement, et ma foi, si on regarde d'un peu loin, tu as l'air de vivre un déménagement "normal": c'est le bordel, il faut penser à tout, on pense qu'on sera jamais prêt, on est jamais prêt, et finalement tout rentre dans le camion....

Lavienrose.
Abonné
Bienvenue au club des déménageurs et des apprentis artisans ou apprentis chef de chantier Lol! Mais côté déménagement je suis passée dans la catégorie PRO: 20 déménagements depuis ma naissance!!! Pour les vêtements: si tu as l'occasion de les remettre en penderies tout de suite... Tu les laisses sur cintres tu écris en gros vêtements sur cintres sur le carton et ... Roule ma poule.. Bravo pour les 15 chapes ;-))) L
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