Ne pas manger : un deuil? - 09062013

Pénélope.
Abonné

Bonsoir,

Le titre est exagéré j'en suis consciente mais je me suis rendue compte aujourd'hui (journée de grands craquages à cause des EME et grande cylpabilité qui s'ensuit) que ne pas manger à l'heure d'un repas était presque comme un renoncement pour moi.

La même impression que s'il y avait une super fête à côté et que j'étais obligée d'en écouter le son mais que je n'avais pas le droit d'y aller. C'est curieux.

Je suis d'un côté contente d'observer ça, ce ressenti car j'ai du mal à comprendre les émotions me faisant manger, mais d'un autre côté je ne sais pas comment faire pour passer outre. Les jours de grande force émotionnelle j'arrive à me raisonner en me disant que le frigo ne se videra pas d'ici à ce que j'ai faim de nouveau (pourtant je n'ai pas l'impression d'avoir peur de manquer), mais la plupart du temps je mange, je me remplie, je suis mal.

Ce soir c'est bad mood comme vous pouvez le voir...

Est-ce que certaines personnes ressentent ça? Si oui, avez-vous des moyens de passer outre?

 

Merci d'avance pour vos réponses :)

Commentaires

Simiche.
Abonné

Merci pour ta réponse, Maggy.

Si, si c'est rassurant ce que tu dis. smileyEn effet, même si à la fin du programme je n'atteins pas la perfection en terme de comportement alimentaire et que je mange parfois pour le plaisir (mais pas sans raison comment je le faisais), ce sera déjà un net progrès. Merci de me l'avoir rappelé ! J'espère (et j'ai l'impression) qu'au moins je ne mangerais plus jamais avec autant d'... inconscience.

Et puis après tout, c'est vrai que je n'en suis qu'au début... Je me dis ce soir que je dois laisser venir et que j'aviserais en temps utile...

Je me sens mieux ! Heureusement, qu'il y a le forum pour se sentir moins seule. Parce que j'ai parlé du programme à mon mari et ma soeur et ils me trouvent très courageuse. Bizarrement, ça ne me rassure pas : ça me donne l'impression de faire quelque chose d' "anormal".

maggy.
Abonné

:)

ben oui, la normalité, ce serait de se mettre au régime, bien restrictif, bien frustrant... mais non!! on sait que la solution est ailleurs!

Solidor.
Ancien abonné
En fait et a la réflexion, je trouve que LC aussi c'est frustrant ;-((((
maggy.
Abonné

Solidor, c'est un peu le sujet de ce post, la frustration générée par LC;

La différence, par rapport à un régime restrictif, c'est que tu as tous les outils pour gérer ta frustration (bienveillance, RPC, EME-zen..etc)...

et que personne ne va te dire que c'est maaaaal lorsque tu as une EME. On a le droit de se comporter comme on veut, pas de jugement.

Ensuite, pour ce qui est de la frustration de manger moins, une fois qu'on arrive à déguster, pour de vrai, en prenant tout son temps, on se rend compte qu'on n'a pas besoin de manger autant qu'avant pour être réconfortée => pas frustrée.

Hier soir, j'ai expérimenté ça. Après mon dîner, je n'avais plus faim. Mais envie encore de quelque chose. Il y a un paquet de M&Ms qui traine dans la cuisine. J'en prends 3 que j'engloutis. 5sec après, je réalise que je n'ai même pas senti le gout des M&Ms. Alors j'en reprends 1 que je déguste. Après celui là, je n'avais plus envie d'en prendre.

Cette expérience est pour moi la preuve que si je n'avais pas pris les 3 premiers, j'aurais été tout à fait aussi satisfaite.. 1 seul dégusté m'aurait apporté le même réconfort.

Voilà... mais pour en arriver à ce constat, il m'a fallu 9 mois. J'espère un jour pouvoir déguster sans réfléchir et sans avoir mangé auparavant 3 M&Ms!!!!! (bref : oui, c'est frustrant, mais avec le temps, ça passe......)

 

courage à toi! Fais-toi confiance.

Simiche.
Abonné

En fait, Maggy je rectifie, pour mon mari et ma soeur la normalité c'est de se laisser vivre ! Ils trouvent courageux que j'essaie de ne pas manger quand je n'ai pas faim... Eh oui, je suis entourée de gens qui ne voient pas d'un bon oeil le contrôle. Verre à moitié plein : ils ne me jugent pas, ils sont admiratifs. Verre à moitié vide : ils ne comprennent que je cherche à me restreindre de quelque façon que ce soit. A moi de leur montrer que je ne me restreins pas forcément.

Je me suis rendue compte que dans certains cas, manger ne m'apportait pas de réconfort. Quand une EME se présente j'essaie maintenant de demander : "Est-ce que manger va me soulager ?" J'ai assez d'expérience en compulsions, fringales et compagnie pour pouvoir répondre à la question avant de manger. Ces EME-là, je suis bien contente d'apprendre à les gérer autrement et je ne vais pas les regretter.

maggy.
Abonné

Bon, alors tu es bien entourée, car tu as des personnes bienveillantes autour de toi. C'est quand même plus facile. Bonne chance :)

Meta
Marraine

super Maggy pour ton experience de M&Ms

Apres avoir réalisé que l'on peut manger bien moins que l'on croyait, il est aussi important de s'autoriser à se réconforter parfois 

MAIS en pleine conscience avec une petite portion de notre aliment préféré .

De prendre le temps , de s'en faire un cérémonial exquis qui évitera une EME craquage ou de remplissage.

Plus besoin de quantité mais de qualité (qui correspond vraiment à mon envie, d'ailleurs ais je vraiment envie de manger ou ce serait  autre chose ?) 

Et je déculpabilise car le repas suivant sera réajusté.

D'ailleurs,je me suis faite une petite réserve d'aliments "encas d'urgence " et une liste d'autres plaisirs qui peuvent aussi accomplir cette tâche de me réconforter. 

 

 

Lotus Flower.
Abonné

Oooooh j'adore ce fil! Merci de l'avoir lancé, Pénélope (en plus mon bb de 10 mois s'appelle Pénélope!!) Et maintenant que j'ai un peu plus de temps je parcours les tchats et le forum et comme certaines l'ont dit ici en découvre avec grande surprise toute la richesse. C'est comme si vous eclairiez les outils, que vous leur donniez du sens, leur sens plein, leur application en direct, et a force de lire et relire les memes choses, ben ca rentre lin-ddans!! C'est fou parce que ca me rassure, je ne suis pas la seule a etre sensible, la seule a nepas y arriver, mais aussi pas seule a y arrivee un tout pt peu, tout doucement, letement mais surement, et a voir les resultats non pas sur la balance mais dans ma tete, dans mon comportement, avecmoi-meme mais aussi et srtt avec ma famille (et aussi un peu sur la balance). Mais en particulier en ce moment, je comprends ce deuil dont je suis la victime aussi, que je ressns si souvent, donc je vous comprends et je comprends aussi vos conseils. Eme en fin de repas, comment y parer - la PCS encore et tjs, et srtt le COURAGE de s'arreter et se poser les bonnes questioins ET ne PAS juger les reponses. Et oui, se poser avec ce dont on a vrimanet envie, un M&S, ou 3 :-) , et ne pas se culpabiliser. Et continuer a esayer. Et se dire juste par ex 'Auj, j'essiae juste une fois. Je vais manger une demi-tranche de pain au pt dej au lieu de ma tranche habituelle, et voila c tout, c mon but unique de le journee'. Et comme qqn d'qutre l'q dit, si jarrive a ne serait-ce que cetteseule chose, c mieux que rien, et dc je gagne! Il m'a fallu je ne sais combien d'annees pour comprendre mais srtt ACCEPTER que meme une demi-tranche de pain en moins FAIT UNE DIFFERENCE. Pendant lgtps je me disais 'Ppffff ca ne sert a rien, il faudrait que j'elimine un repas entier pour faire unedifference' mais maintenant je vois, comprends et accepte enfin que c tout petit a tout petit qu'on qrrivera a faire des changements, et cd surtous les plans. Alors courage a toutes, et souvenons-nous quecomme on ditici en angleterre, 'Every little helps'!

visionquest.
Abonné
merci Penelope de ce temoignage que je retrouve au hasard de me recherches..... cela me renvoie a un sentiment d exclusion que je ressens souvent et dont je n avais pas identifie le lien avec la nourriture. je n ai pas de reponse qur la tactique a suivre pour s en debarasser, seulement esperer que puisque nous l avons identifie, il va se dissoudre tout seul !
AFP.
Abonné

Oui, ce fil est très intéressant!

Mes techniques à moi:

- quand je n'ai pas faim pour un repas avec mon amoureux et mes enfants, je me mets à table quand même avec une tisane bien chaude (au dîner) ou un bon thé (au déjeuner)

- quand je n'ai plus faim en cours de repas avec mon amoureux et mes enfants, je sors de table pour débarasser la table, mettre la vaisselle sale dans le lave-vaisselle, apporter la suite, ...

- quand je n'ai plus faim en fin de repas avec mon amoureux et mes enfants, je fais comme Izabelle: je bois un café à la toute fin, après avoir tout rangé, nettoyé, etc... Pour bien déguster cette fin de repas et bien commencer ce début d'après-midi ou ce début de soirée.

- quand je n'ai pas faim ou plus faim ou bien moins faim que ce qui m'attend au menu pendant un repas convivial-familial-amical, je me sers des mini-assiettées que je déguste et je m'arrête de manger pour discuter et écouter pour ne pas contrarier la dégustation et aussi parce que le but c'est l'échange avec les autres convives

- quand je suis toute seule, je n'ai pas trop de souci, sauf que j'ai du mal à ne pas finir mon assiette/mon bol/mon pot. Je triche en prenant des petits contenants, mais j'ai vraiment un mal de chien à ne pas terminer ce qui est devant moi. Je peux me passer d'un plat entier plus facilement que de m'arrêter au milieu. Ou alors, je remets au frigo mon reste pour le re-manger plus tard. Je SAIS que c'est un souci de peur de la séparation, mais j'appréhende l'étape où je devrai JETER (mon dieu, quelle horreur! ;-) ). Je suis sûre que ça me fera un bien fou mais plutôt genre s'enlever une épine du pied que se faire faire un massage du pied ;-)

Merci d'avoir remonté ce fil, j'ai hâte de connaitre vos trucs à vous pour vous les piquer! ;-)

Bises, AF

lideseyne.
Abonné

Je me retrouve tout à fait dans ce que tu as écrit, AFP. Et moi, je viens d'arriver justement à l'étape où il faut jeter, je ne l'ai pas encore commencée et j'appréhende beaucoup de devoir le faire... je ne suis pas sûre d'arriver à le faire du premier coup.

Ce que je voulais dire aussi en venant sur ce forum c'est que justement, il y a plusieurs semaines que je le vois passer en titre, et que je refuse d'aller voir de plus près ce qui s'y écrit.... je ne comprenais pas le titre, mais je n'avais pas envie de savoir ce qu'il y avait dedans non plus. Seulement, voilà quelques jours que j'ai fait l'étape sur la satiété et j'ai découvert que j'étais "petit mangeur", ce dont je me doutais bien sûr vu les quantités que je mange maintenant et qui n'ont plus rien à voir avec ce que je mangeais avant de commencer LC! Mais ce n'est pas la même chose "se douter" et en "avoir la confirmation"!!!!!! Résultat, un matin, en faisant le ménage, tout d'un coup flash! ne pas manger est un deuil... elles ont raison! J'ai quand même mis du temps à venir sur ce forum, je ne sais pas pourquoi, mais je peux vous dire à toutes ou presque toutes que je me suis reconnue dans beaucoup de vos écrits. Et oui! il va falloir que je fasse le deuil de cela aussi, accepter que je suis petit mangeur et que je n'ai pas besoin de beaucoup manger mais savoir quand même que je peux tout à fait me faire plaisir de temps en temps et en pleine conscience. Les nouveaux automatismes arrivent petit à petit, ils s'installent à leur rythme, le tout c'est d'arriver à virer les anciens!

Bonne continuation à toutes et bon courage, on ne lâche rien, ou plutôt on lâche juste ce qu'il faut et on continue sur la route de LC....

Meta
Marraine
Lideseyne tu as bien raison et tu as franchie une belle étape ! La prise de conscience est un réveil de nos automatismes . Pour moi c est le deuil de prendre du plaisir facile qui au final n'est pas du plaisir mais son fantôme !! Et comme tout deuil il y a une phase douloureuse a dépasser mais qui permet de s'en libérer ensuite . La magie de ces forums et de LC évidement c est de réveiller nos consciences !!
rougefoncé.
Abonné

En fait pour ne pas ressentir trop de frustrations en arrêtant de manger lorsque je sais que je n'ai plus faim, deux choses m'aident, que je n'ai pas lues ici je crois.

La première peut parler à tous ceux qui cuisinent, c'est le fait qu'en me servant peu et/ou en laissant dans l'assiette, je pourrai m'épargner la confection d'un nouveau plat pour le lendemain, il suffira au besoin de soigner la présentation. (Par ailleurs j'aime bien cuisiner l'hiver, pour au moins 2 repas, des plats un peu mijotés qui peuvent se réchauffer).

La deuxième est une bonne idée pour les personnes qui ont un bout de jardin, c'est d'avoir 1 ou 2 poules. Les poules sont omnivores. Elles se régalent tellement de tous nos restes que je pense à elles quand je suis à table et ça m'aide à jeter.

Sinon, moi aussi avec LC, mon opinion qui était "j'ai tout le temps faim" (donc je mange et grossis) a changé. Je me dis maintenant "je mange trop car je ne suis pas une grosse mangeuse" (mais une gourmande qui deviendra ...une gourmette wink )

capuccino
Marraine

Manger peu = un deuil ? Surement quand on investit encore beaucoup la nourriture.

Moins manger = un deuil ? C'est surement moins vrai quand la nourriture a repris sa vraie place, quand on prend le maximum de plaisir à choisir, à acheter  et déguster des aliments qui nous font envie.

Il est souvent difficile d'imaginer qu'on puisse aboutir à un tel état d'esprit maisc'est vraiment possible. On découvre vite à quel point on se détache de la nourriture quand elle nous apporte ce qu'on était vraiment venu chercher : rassasiement, plaisir, apaisement et réconfort. 

mavo.
Marraine
Pour info, il y a en ce moment dans le blog des experts un article en lien avec ce fil (et en lien avec pas mal d'autres fils !) : de la peur à l'envie de manger émotionnelle. Intéressant !
Anairë.
Abonné

C'est exactement ce que j'étais en train de me dire...

Alors qu'avant je craignais d'avoir faim, désormais j'attends avec impatience la faim pour avoir le plaisir de manger....parce que quand je n'ai pas faim je peux sauter un repas .

Mais j'ai alors l'impression de rater quelque chose....pour peu que je n'aie rien fait de ma journée j'ai l'impression d'augmenter encore cette impression de journée perdue....

C'est encore quelque chose à travailler....

sorci.
Abonné

la première fois que j'ai participé au chat, c'était pour faire ce constat : j'avais l'impression de faire le deuil de ma gourmandise parce que je ne prenais plus de dessert... Ca va un peu mieux maintenant,  et je me fais plus confiance. Avant de prendre un dessert, quand j'ai encore de la place, je me demande vraiment de quoi j'ai envie, alors qu'avant je serais allée automatiquement vers le dessert le plus gourmand du frigo (ou du congel, chez moi les glaces c'est toute l'année !) ; il m'est même arrivé d'avoir un chocolat dans la bouche, de le trouver bof bof, et du coup d'aller le cracher ! inutile d'avaler des calories inutilement si ça ne me procure même pas de plaisir.  

Au début aussi, je n'arrivais pas à démarrer mes activités tant que je n'avais pas mangé, mais comme la faim ne survient que vers 9h30, imaginez le temps que je passais à tourner en rond dans la cuisine, sans me décider à démarrer mes activités de la journée !  ça j'ai encore un peu de mal certains jours, mais ça va mieux, si j'ai faim je remonte de mon atelier pour prendre un petit en cas, genre kiri, et ça me calme jusqu'à l'heure du repas de midi.

On est comme des petits enfants qui agissent par instinct : c'est difficile de renoncer ! et pourtant, quand on comprend pourquoi on le fait, et qu'on discerne les avantages, on en sort grandi, et on avance !

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