Bypass : quel suivi qualitatif proposer après l'opération

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Par Claire de Line…
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En matière de chirurgie bariatrique, le bilan concernant la prise en charge du suivi post-opératoire n'est pas des plus optimistes. Selon un article parue dans "Sciences et Avenir" (1) pour être efficace il faudrait que ce suivi se poursuive sur le long terme, voire à vie, ce qui n'est pas encore le cas sauf dans une poignée de centres spécialisés.

Chirurgie bariatrique : De la "théorie" à la"pratique"

Selon les recommandations (2) de l'H.A.S (Haute Autorité de Santé) de 2009, la prise en charge de ces interventions est rigoureusement analysée. Ce sont plus de 50 % des opérés de bypass qui vont reprendre les kilos perdus dans les mois ou les années qui suivent le pontage gastrique.

Dans les faits, même si un suivi post-opératoire existe, force est de constater que, d'une part il n'est pas bien respecté par le patient, et d'autre part, que le chirurgien n'assure pas de suivi sur du long terme. Mais est-ce bien à lui que revient cette tâche?

Au sein des établissements qui se sont spécialisés dans le suivi post-opératoire du bypass, de l'anneau gastrique, de la sleeve, ce sont des équipes pluridisciplinaires qui prennent en charge les patients durant "le temps nécessaire". Pourquoi ne pas en faire de même en "médecine de ville" ? Ce sont autant d'interrogations que se posent les sujets obèses concernant la chirurgie bariatrique.

Opération bariatrique : Et après ?

Les personnes obèses qui ont un IMC supérieur à 35 ou 40 avec des pathologies associées sont fortement motivées à l'idée de perdre du poids rapidement, et même plusieurs dizaines de kilos. Les interventions chirurgicales ont progressé de plus de 60 % ces dernières années, ce qui revient à dire que les patients sont de plus en plus informés sur la procédure à tenir avant l'intervention.

Le bât blesse au niveau du suivi post-opératoire. Le sujet opéré est livré à lui même, face à ses mauvaises habitudes alimentaires, cognitives et comportementales, acquises. Ainsi, il va minimiser les complications qui peuvent advenir quelques semaines ou années après l'acte de chirurgie, telles qu'une occlusion intestinale ou encore une hernie hiatale.

On assiste aussi parfois après les repas à des diarrhées ou des vomissements, à des troubles neurologiques, à des carences nutritionnelles, sans parler de la reprise de poids. L'importance des conseils prodigués au futur opéré ne sont pas toujours compris par celui-ci. De plus son comportement et son mode de pensées ne se sont pas modifiés avec l'acte de chirurgie. D'où la nécessité de "reformater le disque dur" de l'ex-obèse.

L'apport des Thérapies Cognitives et Comportementales (TCC)

Les TCC permettent de comprendre les tenants et les aboutissants qui commandent les comportements, les processus de pensées et les émotions de toute personne, de proposer des hypothèses de fonctionnement et de changement, puis de tester leur validité et leur efficacité dans le cadre d’une démarche scientifique.

On est progressivement passé de la thérapie comportementale, centrée exclusivement sur la modification du comportement, aux thérapies cognitivo-comportementales, avec en particulier les apports de Aron Beck et Jeffrey Young, dans lesquelles on s’intéresse aux pensées dysfonctionnelles et aux schémas cognitifs, en pratiquant des thérapies de restructuration des distorsions cognitives.

Enfin, depuis une dizaine d’années surtout, est apparue la 3ème vague des thérapies cognitivo-comportementales, ou thérapies cognitivo-émotionnelles, dans lesquelles on cherche à agir directement sur les émotions. On est souvent amené à aborder par exemple des « pensées automatiques » comme "je suis nul", "je ne vaux rien", "je ne suis qu'un gros" etc. Des pensées qui conduisent le plus souvent à manger sur un mode compulsif pour tenter de calmer ses émotions. Ce n'est pas parce qu'un anneau gastrique a été posé ou qu'une sleeve a été pratiquée que le comportement du patient et l'image qu'il a de lui-même seront modifiés.

La chirurgie bariatrique ne produit pas de tels changements. Le plus souvent, après ce qu’on appelle une « lune de miel » durant laquelle la personne maigrit de façon importante, les problèmes psychologiques et émotionnels sont de retour, parfois aggravés par la difficulté qu’il y a à assumer son nouveau poids. De plus, paradoxalement, ce qui est conseillé aux opérés sur le plan alimentaire, c’est de respecter strictement les règles de la diététique sans y déroger, c'est-à-dire de se mettre… au régime.

Un régime qui n’a pas fonctionné par le passé. Après la lune de miel, les désirs alimentaires refont brutalement surface, tandis que la personne n’a pas appris à manger sur un mode intuitif. Ainsi, c'est l'aspect psychologique et ses failles, qui sont depuis peu mis en exergue par les spécialistes.

Cet axe est bien plus important qu'il n'y paraît dans la guerre déclarée avec ses propres kilos, et c'est en ce sens, au travers d'apprentissages successifs issus des Thérapies Comportementales et Cognitives, de la mise en place de comportements alimentaires satisfaisants, de l'intégration de nouveaux comportements et de pensées, de moyens de calmer ses émotions sans comportements alimentaires excessifs, que Linecoaching peut vous aider.

(1) http://m.sciencesetavenir.fr/article/20150312.OBS4440/chirurgie-de-l-obesite-quel-suivi-apres-l-operation.html#null

(2) http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2011-12/recommandation_obesite_-_prise_en_charge_chirurgicale_chez_ladulte.pdf

ARTICLES COMPLEMENTAIRES

Si vous voulez en apprendre plus sur les TTC, vous pouvez lire notre article sur les Théraies Comportementales et Cognitives pour maigrir.

Si vous voulez en savoir plus sur la chirurgie de l'obésité, vous pouvez consulter notre article sur la chirurgie de l'obésité et l'alcool. 

AU SUJET DE L'AUTEUR DE L'ARTICLE

Coach Sportif et Cognitif à domicile, Sylvie VOULLEMIER témoigne d'une expertise relative à l'activité physique, aux habitudes de vie, et aux Thérapies Cognitives et Comportementales . Elle exerce depuis plus de 30 ans à Marseille.
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