et l'oralité dans tout ça??? - 02042014

marieal.
Inscrit

Une question me tarabuste depuis deux jours, à la lecture du post de billie sur la souplesse de la méthode: celle de savoir à quel point je peux rendre la méthode LC naturelle dans ma vie, sachant que je suis bloquée au stade oral.

Du plus loin dont je me souvienne, l'oralité a toujours été une source de plaisir et d'apaisement:  j'ai toujours aimé porter des choses à ma bouche: des bonbons, rapidement des cigarettes à l'adolescence, puis des ricorettes et des bonbons à la réglisse quand j'ai arrêté de fumer... L'oralité est un moyen utilisé depuis ma tendre enfance pour répondre à mes besoins, mes émotions, et le site LC m'a bien aidé à comprendre jusqu'où se cachaient les EME...

Mais du coup, j'ai un problème avec ça: dès que je ne fais plus attention, j'ai envie de porter quelque chose à ma bouche..Par exemple, .j'ai des envies de grignoter le soir en regardant la télé: dès qu'une émotion ( peur, joie, malaise)  est présente, je me lève du canapé, je vais chercher un truc à la cuisine sans même m'en rendre compte pour soulager cette émotion. J'ai pris conscience de ça avec LC, je les gére bien mieux depuis que je le sais, mais n'empêche que je les "gére"....faire de la pleine conscience c'est bien mais ça serait tellement plus simple de ne pas avoir ce besoin, non?

Du coup, j'ai l'impression que je suis condamnée à me surveiller toute ma vie, que c'est impossible de me défaire de ce "reflexe", de ce "moi" qui a envie de succer quelque chose...je me rends compte que je ne suis pas du tout faite comme mon conjoint par exemple, son envie de fumer à lui répond à une dépendance à la nicotine, et le fait de porter une vaporette à sa bouche n'y change rien. Il mange peu, n'a jamais envie de bonbons, bref son envie de tabac n'a rien à voir avec ce qu'était la mienne...vous lui donnez une dose de nicotine en aérosols ou en injection, je suis sure que il pourrait arrêter de fumer si il en avait envie.

Honnêtement, je crois avoir bien avancé sur LC: j'ai corrigé la restriction, je n'ai plus d'aliments tabous, je n'ai plus de stresseur poids, je mange à satieté et quand j'ai faim. Mais j'ai l'impression que je ne serai jamais une mangeuse régulée tant que je n'aurai pas réglé ce problème d'oralité, ce besoin irrepressible d'avaler quelque chose.

peut-on dépasser les stades de développement personnel? je n'y connais rien en psychologie et en mode de développement personnel et je me pose vraiment cette question:, y'a t'il moyen d'apprendre et de s'approprier à 46 ans un nouveau mode de fonctionnement, de dépasser ce stade oral? si oui, quels sont ces moyens? LC est- il suffisant ou faut-il y associer d'autres techniques de développement psychologiques? lesquels?

ou suis je condamnée au contrôle permanent de mes sensations alimentaires ?

 

Commentaires

vanille67.
Abonné

Bonjour Marieal,

Votre message m'a fait réfléchir par rapport à ma propre attitude. Je suis inscrite depuis quelques semaines, j'ai 48 ans et j'ai déjà un relâchement par rapport au programme car j'ai l'impression de faire un régime. Pourtant, je sais qu'un jour, peut-être dans très longtemps, j'y arriverai...et je l'espère. Moi par contre, je fume toujours. Il y a quelques mois j'ai essayé la cigarette électronique, mais le geste de la vrai cigarette me manquait et j'ai laissé tombé. Je fume beaucoup et je pense que ça doit réduire mes EME, ou plutôt la cigarette remplace la nourriture. D'ailleurs j'ai espoir qu'un jour je ferai avec la cigarette comme avec la nourriture.. Mais il me reste beaucoup de chemin à faire avant.

En ce qui concerne votre question sur la psychologie, même si je n'y connais rien,  je crois que qelquesoit l'âge on peut apprendre des choses sur soi-même et changer des choses... Notre vie évolue avec ses différentes étapes..

Je ne crois pas que vous soyiez condammée au contrôle permanent des sensations alimentaires.

Courage!

Vanille67

marieal.
Inscrit

ce post a disparu de la lsite, je comprends pas pourquoi, je remets un mot pour le faire remonter!

Lavienrose.
Abonné
Tu en as pris conscience !! L'étape d'après c'est de t'en rendre compte régulièrement , après à chaque fois, ensuite avant de mettre à la bouche,après de faire une respiration pour retarder le moment , le faire à chaque fois ( la respiration avant) après faire de la respiration pour accueillir les ressentis sans mettre quoique ce soit à la bouche... Jusqu'à ce que tu n'ai plus besoin de rien ... Car tu te sentiras bien Bon c'est ce que je pense pour mes Eme, mes Émotions, la cigarette!!
marieal.
Inscrit

LC serait donc une thérapie "suffisante" pour changer un comportement vieux de 46 ans?

y'a des fois, j'ai des doutes, et puis y'a des fois quand je vois le changement déjà fait ( mais avec l'aide d'une psu du GROS) je me dis que oui....

mavo.
Marraine
Intéressante question, que je partage volontiers... Cette idée d'avoir besoin d'un truc dans la bouche m'a souvent traversé l'esprit. Je pense que Lavienrose voit juste : il faut repérer l'envie, l'automatisme, essayer de retarder, pas toujours, et tout doucement trouver de la ressource en soi pour rester avec la situation inconfortable sans mettre quoique ce soit dans sa bouche, constater que c'est faisable, que tu peux y survivre...
marieal.
Inscrit

oui mais ce besoin ne répond ni à de la faim ni à la satieté, ce n'est pas une EME mais une envie d'avoir qqchose en bouche qui.se transforme de fait en acte de manger ...j'ai vraiment du mal à intégrer cette donnée dans le programme!

Mais  peut être qu'un bon vieux baton de réglisse pourrait faire l'affaire...

Pattie.
Ancien abonné

Au début, je pense que oui.  Ensuite, ça pourrait être d'essayer de voir ce qui se passe quand on arrive à attraper au vol l'envie de se mettre quelque chose dans la bouche et qu'on ne le fait pas. Ce qu'on ressent, ce qu'on pense. Ce que ça déclenche si ça se transforme en EME et qu'on attend encore un peu. Et puis encore un peu.

Et puis voir ce qui se passe quand on met un truc dans sa bouche, si ça nous avait manqué ou pas, si on le sent de trop ou pas.

En gros : sortir cette envie de l'obscurité, la mettre dans la lumière, l'observer. Sortir de l'inconscient (un peu, une minute, deux, un quart d'heure) et être dans la pleine conscience sur ce point précis pendant un moment précis, quelques fois. Juste pour voir, expérimenter. Pas pour conclure.

Je ne sais pas ce qu'il en est de cette notion d'oralité et de blocage à un stade pour les professionnels de psy du 21e siècle. Mais quand je vois ce qu'il en est d'années de recherche en diététique et nutrition pour en aboutir à l'élaboration de régimes, je me dis que peut-être, y a des choses à expérimenter, pour voir si par hasard, l'histoire du blocage (ou de son coté irrémédiable) ne serait pas un bon gros fourrage de doigt dans l'oeil jusqu'au coude.

marieal.
Inscrit

lol pour le gros fourage jusqu'au coudecheeky

Pattie.
Ancien abonné

Il y a des éléments sur ce sujet dans le chat du mercredi 30 avril, avec Gérard Apfeldorfer :

"Il vous faut tout le temps quelque chose dans la bouche, n'est-ce pas? La question est de savoir pourquoi, à quoi cela vous sert. Pas à combler votre faim, car vous n'avez pas faim à ce point là. Alors quoi? De l'anxiété? De la tristesse, de la colère? Posez-vous cette question: quand je ne fais rien, que j'ai la bouche vide, quelles sont les pensées qui viennent alors à moi? Oui, notre programme est bel et bien fait pour vous. Nous allons vous apprendre à augmenter votre tolérance émotionnelle, de telle sorte qu'avoir quelque chose en bouche en permanence ne soit plus nécessaire. Intéressez-vous aux exercices de pleine conscience, lorsqu'ils vous seront proposés. Vous les trouverez certainement difficiles à pratiquer. C'est le signe que nous sommes en plein au coeur de votre problème."

et

"J'espère que votre entraînement à la pleine conscience va vous aider à vivre une bouche vide. Lorsque vous serez assez avancée en PCS, vous pourrez faire cet exercice: je respire avec ma bouche vide, j'examine ce qui se passe dans ma bouche lorsqu'elle est vide, quelles sont les pensées qui me visitent à ce moment-là."

marieal.
Inscrit

merci pattie;-)

Pattie.
Ancien abonné

Ben merci à toi ! Ton post m'a permis de me poser aussi des questions ! J'ai du boulot aussi autour de la bouche vide !

sandro.
Abonné

biensur que l'on peut changer à tout âge, j'ai 45 ans et rien n'est facile biensur, mais comme tout apprentissage, quel qu'il soit d'ailleurs ! il est tout à fait normal d'avoir des moments de doute, de remise en question, mais je suis d'accord avec les filles la respiration aide vraiment , il faut la pratiquer de façon régulière, ce qui n'a pas toujours été mon cas mais ça fonctionne, puis chacun avance à son rythme . je pense qu'on aura toujours des EME, c'est en nous, desfois, je me compare à une droguée en thérapie, qui est prête à rechuter à la première occasion ... mais ici, on a vraiment de l'aide, de l'écoute et ce forum qui nous aide à clarifier nos interrogations, tout le monde n'en a pas autant !!

courage !!!

sandro.
Abonné

je comprends le manque de la gestuelle car, pour moi, ça reste difficile, ce fameux geste si réconfortant de mettre une douceur dans la bouche et l'avaler d'une traite sans savoir le gout qu'elle a au final ! ici, on nous apprend à avoir le choix, soit de "craquer" modérément " en savourant l'aliment, sa texture, son odeur .... soit de faire une RPC, et d'attendre pour voir si l'envie persiste quelques mns plus tard. Avant LC, avions nous le choix ? en ce qui me concerne, ce mot n'existait pas, il "fallait" que je mange, c'était obligatoire, viscéral et maintenant, je réfléchie .

Merci LC.

Koulele.
Abonné
Oui LC peut faire changer des choses qui sont la depuis....des années... Pourquoi? Voilà ce que je pense: On grossi... On nous dit (et on SE dit) " t'es nulle...t'as pas de volonté...tu te laissés aller...tu bouffes trop.." Alors on se sent nul On se force à moins manger...on craque...on se sent encore plus nul... Notre salut se trouve dans la souffrance! Se faire du mal...s'affaler...ne jamais craquer...se faire violence! Et si on ne le fait pas , on est "la grosse" Et voilà. L'oralitė? Boire,fumer,se ronger les ongles,manger....on est tous plus ou moins dedans. Ok On devient pas forcément gros. La question c'est " pourquoi on est devenu gros?" LC m'a aidė à me poser cette question. Et je pense qu'on a tous un peu peur de se poser cette question... Ça peut remettre beaucoup de choses en cause.
Chléa.
Abonné

Ben moi ça me parle l'oralité : d'aussi loin que je me souvienne il a toujours fallu que je me mette  un truc dans la bouche

Mon pouce

Mes ongles , des que j'ai eu des ongles et des dents et que j'ai compris ce que je pouvais en faire ; pb : ils ne repoussaient pas assez vite, j'étais rapidement à cours de munitions ...

Les bonbons, bien sur..j'allais  même les piquer dans le placard familial

Le " biberon " ..si si , à 18 ans, et oui.....je trouvais ça cool car ça me permettait de " faire durer  longtemps "; dans le même registre, je buvais - à 18 ans toujours- mon lait à la paille ...Oui, je sais, j'étais pas " terminée" !!

Les chewings gum ( pratique, ça ! )..pour avoir LONGTEMPS un truc dans la bouche, sans les kgs qui vont avec..

La cigarette, ensuite : ha, découverte majeure ....sauf que j'aimais pas ni le gout ni l'odeur ...Ca ne m'a pas empéchée de fumer pendant de longues années, histoire de mettre un truc dans ma bouche ET PAS FORCEMENT DANS MON CORPS.Donc chewing gum Et cigarette en même temps, c'était pratique : le chewing gum me faisait supporter le gout de la cigarette que je n'aimais pas.

Il y aura bientôt 2 ans, au cours des vacances d'été, j'ai recommencé à fumer( après un arret de l'ordre de 12 ans) ; j'aimais toujours pas ça, mais je m'ennuyais, et du coup, chouette,  j'avais un truc dans la bouche ...En plus ça me coupait l'appétit : génial !! Bien sur, à la base, c'était " que pour les vacances " ...Vous connaissez la suite ...

4 mois plus tard, plein mois de décembre, froid de canard, en nuisette dans mon patio, en train de fumer ( oui, parce qu'en plus de ne pas aimer le gout,  je ne supporte pas l'odeur, ni sur moi, ni chez moi, ni sur mes vêtements...) mais POURQWAAAAAA je fume ???? Et là , je comprends : parce que j'ai besoin d'avoir un truc dans la bouche ...hum

J'en parle à une amie, qui me dit en riant " va falloir que t'apprennes à mettre autre chose dans ta bouche "...mouais, très drôle...grrrr

J'ai réglé l'affaire en Janvier 2012  en  passant à la cigarette électronique : le gout me va bien, et pas d'odeur. Mais  je l'ai très / trop souvent dans le bec, plus que quand je fumais ( pas de contraintes ) 

Le problème n'est pas réglé pour autant : j'ai toujours un comportement oral, comme les bb...Faudrait que je reprenne quand j'ai arrété de grandir...sauf qu'à priori, si j'en suis encore au stade oral , c'est que j'ai du arreté de grandir  tôt...

Moi je dis qu'à 51 ans, i' va pas etre facile à traiter mon dossier  ...:))

fuencisla.
Abonné

Ouh la là! Y'a pire! à 72 ans , j'en suis au même point! Tout ce que vous dites fait terriblement écho!

Mais je ne désespère pas

delphdelph.
Abonné

Intéressante, cette conversation ! ça me parle à moi aussi !

J'ai toujours trouvé de l'apaisement à avoir quelque chose en bouche, moi aussi, depuis l'enfance.

Les doigts, la nourriture (que je fais durer longtemps en mangeant lentement même en cas d'EME), la cigarette (que j'ai arrêtée et remplacée depuis 1 an et demi par une e-cigarette sans nicotine) ... et depuis de nombreuses années, une manie automatique liée à l'anxiété : je tête mes joues ! blush

Quand ce réflexe survient, ça m'énerve, mais je ne peux pas l'empêcher.

Plus ça dure, plus je me sens barbouillée, dégoûtée... je finis par avoir l'impression d'avoir faim, ou en tout cas je ressens l'urgence de manger vraiment quelque chose pour me calmer... et ça se transforme souvent en EME.frown

Je n'ai jamais essayé la pleine conscience pour "examiner" cette bouche qui tête dans le vide.

Je sais d'où vient ce comportement, sur le plan psychologique, mais il ne suffit pas de comprendre les causes d'un manque affectif de l'enfance, pour se débarrasser des manies qui viennent nous rappeler qu'on est fragiles, jour après jour...

Alors merci pour vos idées, je vais tenter l'approche de ce problème en pleine conscience, pour voir... !

Delphine

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