Je sens mieux ma faim depuis que j'ai osé dire "J'ai faim." - le 16/06/2011

Valy
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C'était comme un principe : je trouvais indécent de dire que j'avais faim. Au même titre que manger un aliment diabolisé (genre  cornet de glace, gâteau, sandwich, etc.) en pleine rue en dehors des heures conventionnelles de repas et à la vue de tous (ça reste quelque chose que je ne fais pas ou alors je ne vous raconte pas le regard honteux que je me traîne avec). Pour moi, c'était normal qu'une personne maigre ou mince ait faim... mais une personne comme moi avec tant de kilos en trop, comment pouvais-je encore affirmer un "j'ai faim". Comment dire ce 'j'ai faim" donc "j'ai besoin de nourriture" alors qu'avec mes kilos en trop, j'ai des réserves pour 10 ans ? J'avais peur qu'on me prenne pour une menteuse.

Bien sûr, j'ai aussi souvent manger sans faim (d'où les fameux kilos en trop). Et pourtant ça m'arrivait aussi d'avoir faim. Je n'assumais pas d'avoir faim. Je me conformais à une fausse image sur ce qu'est réellement le surpoids et l'obésité. Cette croyance erronée était que les gros n'avaient pas faim.

Puis, je suis tombée sur le site du GROS. J'y ai lu l'importance de sentir et respecter la faim. J'avais envie de répondre : "Mais mon brave monsieur, je suis grosse donc je n'ai pas faim, je ne peux pas avoir faim, ce n'est pas possible voyons !". Et pourtant c'était vrai, ça m'arrivait vraiment d'avoir faim, oui, à moi aussi toute bonne grosse que j'étais.

Après avoir découvert que je pouvais avoir faim, j'ai découvert que ça restait comme un tabou pour moi et que je ne disais jamais que j'avais faim. J'ai observé comment mes collègues arrivaientà dire  tout simplement qu'ils avaient faim quand nous nous rassemblions avant de partir manger ensemble. Et puis, un jour, je me suis lancée. Moi aussi, je l'ai dit ce fameux : "j'ai faim". Finalement, c'est très naturel de dire : " Tu as faim ? Moi aussi j'ai faim et... ça tombe bien nous avons un repas à partager." Depuis, je n'ai plus de honte à dire que j'ai faim. Bien sûr, je ne le crie pas sur les toits ni ne le dis à chaque fois (j'ai remarqué que les autres faisaient ainsi). Le but n'est pas de réussir à caser sa petite phrase à chaque fois mais seulement de partager un ressenti. Enfin, je ne sais pas trop expliquer là. Ce que je sais, c'est qu'avoir osé dire "j'ai faim" m'a permis d'accueillir et ensuite de me familiariser avec cette sensation que je tenais à l'écart de ma vie.

Je ne sais pas si je suis la seule à avoir l'idée tordue que les personnes avec des kilos en trop ne pouvaient pas avoir faim.

Commentaires

Christelle.
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Ben je trouve que ton idée n'est pas tordue du tout. 

fitzie.
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Comme quoi la culpabilité est vraiment lourde à porter :-(

Franchement, moi, comme j'ai l'habitude de raler tout le temps, je ne me suis jamais génée d'exprimer à voix haute que j'avais faim (mes collègues entendent mon"j'ai la dalle, moi !" journalier, tous les matins vers 10h !) en revanche, manger (par faim !) en public en dehors des repas, c'est vrai que ça me posait/pose problème ...

katy1308
Abonné

Coucou Valy

Bravo d avoir ose, comme on dit le premier pas et toujours le plus dur.

Moi aussi, j avais beaucoup honte a dire que j avais faim et surtout manger en public, nous ne sommes surement pas les seules....

Maintenant il va falloir aussi savoir dire "non merci je n ai pas faim"  lol

Bon courage

Katy

katy1308
Abonné

Coucou Valy

Bravo d avoir ose, comme on dit le premier pas et toujours le plus dur.

Moi aussi, j avais beaucoup honte a dire que j avais faim et surtout manger en public, nous ne sommes surement pas les seules....

Maintenant il va falloir aussi savoir dire "non merci je n ai pas faim"  lol

Bon courage

Katy

Sciuc.
Abonné

Bonjour,

Moi je n'en suis pas encore là, je n'ai JAMAIS faim. Du moins, je ne ressens pas.

Je vois assez bien quand je n'ai plus faim (puis-je dire cela?), en fait quand le corps dit "stop" (ce qui ne m'empêche pas parfois de continuer de manger), mais pas quand j'ai faim. 

J'y travaille en ce moment car l'esprit y est, mais...

mia
Abonné

Bonjour et bravo Valy ,

 

ton commentaire m'interroge et je me rends compte que je n'ose pas moi aussi  toujours dire que j'ai faim. C'est vrai aussi que certains se sentent autorisé à avoir des paroles ou des regards culpabilisants quand une personne en surpoids parle de manger... Le travail est là aussi  : s'assumer et ne pas autoriser les autres à investir sa vie personnelle.

Je comprends ton "idée tordue"  qui n'en est pas une.

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