Impression d'un estomac sans limites - le 13/08/2016

MissyChocolat.
Abonné

Bonjour à vous,

Je viens poster ici car je ne sais trop vers qui me tourner et j'espère de tout coeur que vous saurez apporter des réponses à ces questions qui me taraudent...

Il paraît que les gens ne ressentant pas la satiété mangent souvent jusqu'à avoir l'estomac plein à craquer, ce qui est apparemment le signe du "trop". Mais je n'ai pratiquement jamais cette sensation, et ce même lorsque je mange énormément.

Avant d'avoir des problèmes avec la nourriture, il m'arrivait souvent de m'empiffrer lors des apéritifs et donc de ne plus avoir faim et de ne pas manger lors du véritable repas ; aujourd'hui même lorsque je mange beaucoup pendant les apéros j'ai toujours assez de place et envie de manger au repas, après lequel je ne me sens la plupart du temps toujours pas trop pleine.

Alors d'où peut venir le problème selon vous ?

Je sais bien entendu que ma vision du "trop" doit être faussée, mais parfois je me dis qu'elle ne peut pas l'être à ce point... Il arrive même que certaines personnes soient scotchées par tout ce que je suis capable d'avaler... !

Il m'est aussi déjà arrivé de manger beaucoup à l'apéritif, beaucoup pendant le repas, et d'avoir à la fin l'impression d'avoir carrément le ventre vide et envie de manger, encore et encore...

Pensez-vous que mon estomac peut se dilater pendant le repas ? Et si oui n'aurai-je pas une sensation de trop plein une fois le repas terminé ?

Sinon se peut-il que ce dernier se soit agrandi suite aux compulsions que j'ai eu après l'anorexie ?

Ou tout simplement, se peut-il que mes besoins alimentaires aient augmentés ? Je reconnais avoir du mal à croire à cette option tant la différence me paraît énorme...

Et est-il possible que mon estomac n'ait pas de limites ?

Je vous remercie par avance pour votre réponse, qui je l'espère m'aidera à voir plus clair dans toute cette confusion.

Sur ce, je vous souhaite de passer une excellente journée.

Cordialement,

MissyChocolat

Commentaires

Clara1975.
Abonné
Après avoir travaillé sur la dégustation, j'ai l'impression que même si ma faim apparaît dans le ventre, elle disparaît un peu plus dans la bouche. Après avoir travaillé sur les émotions, j'ai l'impression que si l'envie de manger apparaît dans le ventre, on peut prendre le temps de la percevoir dans tout le corps. Autrefois tellement figée aux sensations du ventre. ...remplir le ventre. Toujours à chercher le pourquoi du comment, des causes dans le passé et des fonctionnements physiologiques différents qui expliqueraient que ceci- cela, des obligations familiales ou professionnelles qui empêcheraient de s'écouter soi-même etc. On est tous logé à la même enseigne ici: on a bloqué la nutrition dans notre intellect plutôt que de profiter de la richesse de nos sensations physiques. L'apprentissage est long et mérite mille répétition. La deprogrammation est difficile et nécessite une attention toute specifique. Je n'oserais pas en dire plus car j'aurais l'impression de vouloir t'apprendre quelque chose que je ne sais pas moi-même, et pour lequel je doute encore terriblement. Sur ce site, les coachs sont très disponibles pour te soutenir, n'hésite pas à les solliciter.
izabelle
Animatrice forum

coucou missychocolat

c'est vrai que cela n'est pas facile, on essaie de trouver des repères, de trouver des limites

clairement tu aimerais que ton estomac t'indique la limite, mais pour une raison ou une autre, il ne le fait pas

 

je vais te dire : ne t'en fais pas trop, car cette limite là, tu n'en as pas besoin!!!!

 

la sensation de "trop-plein"  est une sensation physique qui ne nous aide pas spécialement dans la recherche de la vraie satiété qui elle, est en rapport avec la qualité de ce qu'on a mangé, pas la quantité

alors ce n'est pas grave si tu n'as pas cette limite, vu que cette limite-là te sera tout à fait inutile

 

ici tu vas apprendre à fonctionner avec la faim et la non-faim, le rassasiement qui est un truc un peu spécial à apprendre, mais qui de toute façon en général se situe en amont du fameux "estomac plein à craquer"

 

ce n'est pas la quantité qui transite par l'estomac qui compte dans le rassasiement, mais la qualité des apports en énergie et en nutriments

 

puisque tu débutes, ne te concentre pas forcément sur ça au début, sache simplement que ça va venir

 

le premier pas, the first step, c'est déjà de s'observer avec bienveillance, mais aussi de trouver la "bonne faim", le bon appétit qui va être une excellente base pour démarrer nos repas

sur la fin de repas, ne cherche pas, ne te prends pas la tête,  arrête de manger quand tu "sens" que c'est bon, à peu près

 

par contre concentre-toi pour l'instant sur la faim, la bonne faim, quand ton corps est plein d'appétit

MissyChocolat.
Abonné

Oui vous avez raison, je sais que la satiété n'a aucun rapport avec la sensation de trop-plein que l'on peut ressentir au niveau du ventre après un repas un peu trop copieux, mais j'aimerai pouvoir la ressentir parfois pour pouvoir savoir si j'ai vraiment trop mangé ou si c'est juste ma tête qui me dit ça... Parce que du coup je ne sais pas si le problème vient de là ou de mon estomac qui dysfonctionne réellement.

Quoi qu'il en soit en ce moment j'essaie de ne pas me prendre la tête et de manger ce que j'ai envie de manger pendant les repas, puis ensuite j'attends d'avoir faim pour manger à nouveau ; de cette façon-là, pas de problèmes ;) !

G.Apfeldorfer
Votre coach

Bonjour MissyChocolat,

J’aime beaucoup la réponse que Clara vous a faite, habilement complétée par Izabelle. Si bien que je n’ai pas grand chose à rajouter.

Si ce n’est que votre façon de faire actuelle, vous fier à votre faim et ne manger que quand la faim revient, est une bonne première méthode, en tout cas dans un premier temps. Ainsi, on mange selon ses besoins. Mais l’inconvénient est que du coup, vous n’avez plus de possibilité de choisir vos horaires de consommation, ce qui est gênant à la fois du point de vue de l’organisation, et surtout, de la possibilité de manger avec les autres, convivialement.

C’est un peu comme si, dans une voiture, vous n’aviez que l’accélérateur, et pas de frein. On peut conduire comme ça, en anticipant les obstacles et en relâchant l’accélérateur quand on veut s’arrêter. Mais vous serez d’accord pour dire que c’est pour le moins acrobatique !

Donc, découvrir le rassasiement devrait vous permettre de manger dans de bien meilleures conditions de confort et de sécurité.

Il existe en fait 2 types de rassasiement.

Le premier, le rassasiement gustatif, ou rassasiement sensoriel spécifique, consiste en un fléchissement du plaisir gustatif. Ce qu’on est en train de manger nous plaît moins, et si on poursuivait la consommation, on en viendrait au dégoût (dé-goût). Mais attention : pour percevoir le RSS, il convient de manger attentivement, en examinant bouchée après bouchée le plaisir que cela nous apporte. Manger en pleine conscience, en quelque sorte, donc. Comme un véritable gourmet. Ou comme un Français, car pour nous autres, du pays de Rabelais, le plaisir à manger est essentiel. Demandez donc à un Français de vous raconter ses vacances : la première chose dont il vous parlera, c’est de ce qu’il a mangé !

Le RSS se passe donc dans la bouche et pas dans le ventre. Il nous signale qu’on n’a plus envie de l’aliment qu’on est en train de consommer, ce qui ne signifie pas qu’on soit parvenu au bout de sa faim, et on peut donc avoir envie de consommer alors un nouvel aliment. Ce qu’on fait dans un repas classique. Le RSS fonctionne essentiellement avec les aliments nourrissants, à haute ou au moins moyenne densité énergétique (produits gras et sucrés, viandes, céréales), et pas avec les aliments à faible densité énergétique (légumes à l’eau, salades…). Mais c’est bien pour les premiers que les quantités consommées ont de l’importance.

Le rassasiement global, qui signale la fin de la faim, l’entrée dans la satiété, est une sensation plus diffuse, de tout le corps, comme une absence de quelque chose qui était là mais qui n’y est plus : l’envie de manger a globalement disparu. La nourritue ne nous semble plus intéressante.

Si la motivation à manger était effectivement la faim, alors il s’agit bien de rassasiement. Si l’envie e manger était essentiellement due aux émotions qu’on tentait cde calmer, alors c’est qu’on est bel et bien parvenu en mangeant à se contenter et se réconforter. Mais qu’importe : on n’a plus d’envie de manger, quelle que soit la raison qui nous a fait manger.

Donc en résumé, il s’agit tout d’abord de manger avec sa bouche et pas avec son ventre, pour le plaisir gustatif, en s’arrêtant de manger quand le plaisir disparaît. Il s’agit ensuite de surveiller son envie de manger, son besoin de manger.

Tout cela, vous devriez l’apprendre en faisant le programme. Alors ne vous pressez pas, continuez cahin caha, jusqu’à ce que les choses se précisent, lentement mais sûrement. Bonne route à vous !

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