Avez vous connu cette phase où ce n'est pas possible de faire de la place à ses pensées ou émotions?

zenattitude.
Ancien abonné

Bonjour tout le monde,

Je suis dans une phase un peu difficile en ce moment, même si je vois mon cheminement.

J'ai compris grâce à plusieurs d'entre vous que j'étais dans la lutte émotionnelle, j'attendais inconsciemment que la RPC apaise mon ressenti intérieur, ou plutôt le supprime et ça ne marchait pas biensùr.

Alors sans vraiment m'en rendre compte je suis repartie dans une forme de restriction cognitive pendant plusieurs semaines et puis vous connaissez la suite la restriction, ce n'est pas une solution.

J'ai repris ma discipline, la RPC tous les jours et à chaque fois que j'éprouve un inconfort, et là je me rends vraiment compte que la pleine conscience me permet de me confronter à mes pensées et mes émotions, mais je n'arrive pas à leur faire une place. Je m'affole, je panique. Il suffit que j'ai une pensée "j'ai envie de manger" et je m'éffondre. Je me dis c'est parti pour le grignotage parce que j'ai vécu tellement de fois l'arrivée de cette pensée à mon esprit et le passage à l'acte directement après que c'est comme un conditionnement, je le pense donc je n'ai pas le choix, c'est ce qu'il va se passer, je vais manger, c'est ce que je me dis en tout cas.  

Ou alors il suffit que j'éprouve une tension intérieure, un sentiment de frustration ou de la tristesse, je fais la RPC, je m'y confronte mais je n'arrive pas à accepter cet inconfort en moi il faut que ça disparaisse. Et rationnellement, je ne comprend pas vraiment ma difficulté car au fond je me dis que ce n'est pas douloureux, ça ne me fait pas souffrir dans ma chair, c'est juste inconfortable.

Est-ce que j'ai du mal à accepter qu'on puisse se sentir mal parfois? Peut être. Actuellement j'éprouve tous les jours un inconfort à un moment donné. Est-ce que j'y accorde beaucoup d'importance parce que justement je ne sais pas les accepter et les laisser me traverser? Peut être. 

Est-ce que tout le monde, une fois par jour au moins éprouve un inconfort mais ceux qui les acceptent et les laissent les traverser passent une journée tranquille, tandis que ceux qui luttent peuvent passer leur journée à bloquer sur leur inconfort? Je ne sais pas, qu'en pensez vous?

Et puis ça fait tellement d'années que je fuis tout ressenti inconfortable et que je suis terrifiée par mes pensées qui me donne l'impression de "décider à ma place" en quelque sorte, enfin qui m'amenent à des comportements qui ne sont pas bons pour moi et ma santé que peut etre je ne sais plus ou pas comment faire pour être avec moi même quelque soit le ressenti.

Je pense que ça pourrait me faire du bien de savoir que d'autres ont traversé cette phase parce que je me sens un peu désespérée. Et puis si vous avez des conseils je suis preneuse.

Merci à vous, au plaisir de vous lire smiley

Commentaires

izabelle
Animatrice forum Coach marraines

bravo pour ce beau texte, tu décris vraiment très bien l'intolérance émotionnelle

en thérapie, on a des exercices spécifiques pour ce que tu décris, le fait d'obéir à ses pensées

par exemple, on fait faire à la personne le tour de la pièce  tout en disant à voix haute  "je ne peux pas faire le tour de la pièce"

ou lever les bras en disant  "je ne peux pas lever les bras"

ces exercices nous aident à nous décoller de ces pensées qui semblent dictatoriales, mais qui ne le sont pas, en fait

ce qui est important c'est d'en faire l'expérience, pas simplement de le savoir

si tu peux trouver un ACT-thérapeute prêt de chez toi,  tu peux te faire aider avec ça,  mais tu peux aussi faire certaines choses toute seule

 

en fait c'est toujours possible de faire de la place, mais au début, il faut le faire très peu

je passe mon temps à le faire en séance, et je peux te dire que je balise de demander à des personnes en souffrance devant moi  de ralentir et rester un moment avec leur souffrance

et à chaque fois quand ils acceptent de le faire une petite minute, c'est juste un moment de grâce

mais dans le cadre de la relation thérapeutique, en fait c'est vraiment le lieu pour ça

 

tu peux aussi utiliser la défusion avec ces pensées, je te mets le lien vers le post que j'avais fait à ce sujet

mais attention, la défusion ne sert pas à faire disparaitre les pensées, juste à les dédramatiser, ce qui est néanmoins essentiel pour ne pas s'en sentir esclave

//www.linecoaching.com/content/defusion

 

 

accepter l'inconfort, l'incertitude, cela n'est pas forcément intuitif, mais quand on le pratique, on s'aperçoit peu à peu que c'est absolument indispensable si l'on veut mener une vie riche de sens, pour soi

 

tu en es capable !

les moments où tu fais de la place, au début, ça peut être très très court, mais il faut qu'ils existent

c'est vraiment aussi le principe de l'EME-Zen, d'avoir ce petit temps où l'on fait de la place

plus tu vas t'exercer, plus cela va te sembler faisable

commence par des petites choses

 

Noelle
Marraine

Il me semble que tout cela prend du temps, en fait.

les changements sont lents a se mettre en place.

déjà, tu prends conscience de tes pensées, bravo

tu pratiques des sas de RPC, re bravo

 

ça va venir tranquillement à son rythme (qui n'est probablement pas celui que tu attendais..)

 

Bon courage pour cette phase difficile

 

zenattitude.
Ancien abonné

Merci beaucoup pour vos réponses et votre soutien smiley ça me fait vraiment beaucoup de bien. Merci izabelle pour tes précieux conseils.

Il est vrai que le temps nécessaire pour modifier ce rapport à moi même est bien plus long que tous les régimes que j'ai pu entreprendre. Je constate qu'il m'est encore un peu difficile de quitter le raccourci, si longtemps emprunté, qui est que j'ai simplement besoin de modifier ma manière de m'alimenter.

Il y a une part en moi qui veut que ça aille vite, qui veut se débarrasser du "problème" rapidement. C'est sans doute la part "efficace, adaptée socialement", qui souhaite pour moi que je mène ma vie "comme tout le monde" sans problème, qui ne veut pas que je perde mon temps avec "ces histoires". Cette part me semble être l'héritière du discours maternel. Ma mère, soucieuse de mon bonheur, s'inquiétait de voir mes problèmes de poids perduraient dans le temps, elle me disait "fait un régime" et n'en parlons plus. Aujourd'hui je prend conscience que ce n'est vraiment pas une histoire de poids. Je trouve ça fou d'en prendre réellement conscience aujourd'hui!

C'est un autre chemin que je dois prendre. En réalité j'ai à apprendre comment Etre, comme être moi même, dans les émotions positives et négatives, c'est tellement plus complexe. 

C'est un peu douloureux de ressentir que l'objectif n'est pas du tout d'être mince mais d'être moi. C'est douloureux parce que j'ai peur que ce soit long, difficile, et qu'en attendant ma vie passe.

J'imagine que ce sera aussi très enrichissant pour moi.

Depuis que vous avez débuté ce parcours, qu'avez vous appris sur vous même? Qu'est ce que ce cheminement vous a apporté?

Au plaisir de vous lire.

 

izabelle
Animatrice forum Coach marraines

oh là là   tu ne peux pas savoir ce que ça m'a apporté !!

le bonheur je dirais

surtout quand tu apprends à vivre selon tes valeurs, malgré la souffrance, ou du moins en l'englobant dans ton expérience

tu es alors capable de mener une vie tellement plus riche de sens et de bonheur profond

 

 

franchement, vu ton texte, zenattitude, eh bien moi je suis persuadée que cela ne sera pas si long que ça

tu as en fait déjà tout compris, maintenant bien sûr il faut mettre en pratique

et c'est ça qui fait peur bien souvent

mais cela peut prendre des coups d'accélérateur insensé parfois

quand on accepte de faire l'expérience de certains états intérieurs (et pour cela la pleine conscience est essentielle),   les actions de contrôle et lutte deviennent moins nécessaire

controler son poids par un régime, voilà une action de lutte

à court terme, ça soulage,  mais à long terme, le régime classique sera inefficace dans 95% des cas (voire dangereux dans ses conséquences sur le comportement alimentaire)

 

faire de la place à la totalité de son expérience, travailler à un changement durable de son comportement alimentaire, bien sûr c'est plus ambitieux et surtout cela nous confronte à plus "d'incertitude",    ce qui est vraiment très dur à ressentir  pour les contrôleurs de tous poils  wink

mais pourtant, lorsqu'on s'exerce à la ressentir en pleine conscience, on s'aperçoit que ce n'est pas la mort, et qu'une vie plus pleine, plus riche de tout ce que nous sommes,  c'est franchement mieux !!

 

donc justement, tu vas beaucoup plus vivre ta vie dans ce processus, qu'en restant dans le contrôle

ça c'est la bonne nouvelle !!!

Kaylee
Marraine

@zenattitude : oh oui, c'est long, mais c'est un gage de, je ne sais comment décrire, de "qualité", de garantie sur le long terme. Prendre son temps permet de mieux assimiler et accepter les changements dans sa façon de s'alimenter, je trouve. Je pense souvent, lorsque de vieux réflexes de restrictions remontent à la surface à ce proverbe : "qui veut voyager loin ménage sa monture". Ma monture, c'est mon corps. Plus longues et plus fréquentes ont été les restrictions, plus fréquents ont été les régimes insatisfaisants, plus nous avons besoin de temps pour changer nos habitudes alimentaires et accepter et tirer bénéfices de ce changement.

Comme izabelle, ce que ça m'a apporté, c'est "je revis" ! Un petit exemple : me dire le matin, dans la cuisine au moment du petit déjeuner "voyons, de quoi ai-je envie ce matin ?" qui remplace le "à quoi j'ai droit ce matin ?" du temps des régimes et restrictions.

Oh, bien entendu, il y a souvent un ancien réflexe qui refait surface, au moment d'une réflexion de la part de l'entourage sur ce que nous mangeons (ou pas), une réflexion parce que nous sautons un repas si la faim n'est pas au rendez-vous, mais j'en souris, style "bye bye les restrictions !".

Je me souviens d'un bienfaisant médecin qui m'écoutait râler après mon accouchement parce que je ne perdais pas de poids assez vite : "vous avez mis 9 mois pour les prendre, ces kilos, et vous voulez les perdre en 15 jours ?".

Laquelle d'entre nous n'a pas espéré un miracle en lisant un magazine féminin vantant "perdez 3 kgs en 3 jours avant le maillot", qui s'est affamée pendant 3 jours, a peut-être perdu les 3 kgs mais pas les cms nécessaires pour rentrer dans le maillot tout neuf une taille en dessous, et qui non seulement a repris les 3 kgs mais plus encore ?

Surtout prends ton temps, laisse lui faire son travail, fais les étapes à ton rythme, quand tu y es prête.

Je me permets de faire un copier-coller de ce que je viens d'écrire dans Mon inconfort du moment, tes propos sur "vivre un inconfort" m'interpellent : pour moi vivre un inconfort en pleine conscience, ça me met en colère, je râle contre la situation ou l'état négatif du moment, ça remue le couteau dans la plaie, si je me dis "c'est comme ça et je dois faire avec", souvent 1/10ème de seconde plus tard, c'est la rebellion qui prend le relais.

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