impact de la charge de travail en protection de l'enfance, sur l'équilibre personnel

acdc.
Abonné

bonjour,

 

je cherche des personnes , pour échanger avec elles au sujet des impacts de leur travail sur leur vie personnelle (équilibre global, stress, sommeil, alimentation).

en ce qui me concerne je bosse en milieu ouvert dans le domaine de la protection de l'enfance depuis une dizaine d'année et je trouve que le travail prend beaucoup de place dans ma vie...je suis très souvent stressée par le fait d'avoir manqué de temps pour voir untel ou unetelle aussi souvent que je le souhaiterais, et pour faire ceci et cela...

en fait j'essaye de compenser individuellement le manque de moyens ou de solutions adaptées;forcément à un moment donné je trinque!!

ce travail me passionne mais me met vraiment à l'épreuve car je voudrais être partout à la fois. du coup je passe pas mal de temps à me sentir coupable, alors même que j'ai bossé d'arrache pied auprès de telle ou telle personne.

Ce qui est en plus difficile à accepter c'est de voir que le service social est souvent cité par les médias, en fautif des drames qui ont pu se produire.

je ne dis pas qu'il n'y a pas d'erreurs ou de manquements, cela arrive, mais quel dommage qu'il n'y ait pas à côté de reportage sur ce que le service social esaye vraiment d'apporter aux familles en difficultés...

bref, au delà de ce débat de société, je voudrais vraiment avancer pour trouver plus de sérénité dans mon travail.Biensur, ces émotions ont vraiment des impacts sur ma façon de m'alimenter...

Y a t il d'autres personnes dans la même situation que moi?

Nous pourrions peut être nous soutenir?

bonne journée

Commentaires

izabelle
Animatrice forum Coach marraines

je travaille avec des enfants, mais sur le versant psychologique

j'ai remarqué moi aussi que certains sentiments directement liés à mon travail me provoquaient aussi des EME

c'est aussi parce que notre travail est très important, ainsi que le sentiment de se sentir utile

or parfois il y a aussi l'impuissance, très dur

et un que je n'aime pas : le sentiment de non-reconnaissance

 

ce que je fais, je mets des mots dessus, je les "reconnais"  et puis je m'autorise à les ressentir

il y a des jours plus durs que d'autres, mais au moins je ne mange plus dans les journées difficiles,  je me dis  "oh là là, c'est le jour....."  

le sentiment d'impuissance est particulièrement dur à accueillir quand on a bati sa vie sur la relation d'aide

pourtant c'est vraiment nécessaire de pouvoir le faire

juste être là,  pas toujours pouvoir résoudre, mais  "être là"  c'est parfois le plus important

acdc.
Abonné

Izabelle, je te remercie pour cette réponse!

j'aimerais travailler justement sur cela...être sans forcément résoudre...et accepter ce sentiment d'impuissance, qui est de plus en plus présent du fait des baisses de moyens!

La route va être longue, mais je pense que les noeuds que je me fais sont souvent liés à ces questions!!

Maryette.
Abonné

Bonjour,

Je m'occupe d'un service d'accueil d'urgence pour ados en grandes difficultés......inutile de te dire que je suis aussi concernée par les débordements de mon travail sur ma vie quotidienne! alors je serais ravie de pouvoir échanger avec toi. Je trouve que je gérais mieux la distance lorsque j'étais éducatrice mais depuis que je suis chef de service ce n'est plus aussi facile . Je n'ai pas d'analyse de la pratique et cela me manque: je dois gérer mon empathie toute seule et c'est pesant.

isage109.
Abonné

Hello,

merci pour ton post acdc

Tout récemment, j'ai écris qqch à ce sujet dans le fil "ma victoire du jour" :

Hier j'ai passé un entretien d'embauche pour un poste d'intervenant en protection de l'enfant au Service de protection des mineurs.

C'est une institution où il y a beaucoup de burn out. C'est pour ça qu'ils cherchent des auxiliaires et passent des offres tous les mois.

Ils travaillent avec mandat du Juge ou seulement en appui éducatif.

Quelques-uns des intervenants ont demandé leur transfert en milieu scolaire, plus précisément dans les collèges (à Genève ce sont des cycles d'orientation). Les jeunes ont entre 12 et 15 ans.

C'est là où je travaille actuellement, c'est plus cool, plus de vacances, moins de responsabilité mais on ne voit qu'une tranche d'âge et si les jeunes/familles le veulent bien.

Je dois bien être la seule à vouloir demander un transfert dans l'autre sens. blush

Parce que je travaille dans le seul collège (650 élèves) où il n'y a qu'une travailleuse sociale (dans les autres, ils sont minimum 2), je collabore bien avec mes collègues psychologue, infirmière, doyens et partenaires extérieurs mais bon....

Je sais qu'il faut être solide psychiquement pour travailler à la protection des mineurs, on verra, si je ne tiens pas, je retournerai dans un collège crying ou dans une école primaire ou avec les plus de 15 ans ça me plairait bien aussi.

Pour te répondre, malgré le côté moins stressant de ma fonction actuelle, j'ai quand même été arrêtée au printemps 2013 pour épuisement, j'avais le syndrome : angoisse de performance !

Je n'appelle pas ça "burn out" parce que pour moi ça s'associe à un mal être profond sur une longue durée et on n 'en sort pas indemne. J'ai été arrêtée 4 jours avant les vacances de Pâques après je suis retournée à 100 % puis j'ai demandé un arrêt partiel jusqu'à la rentrée 2014. Quand je suis revenue à mon poste après les vacance de Pâques, j'ai demandé une évaluation et ai posé mes priorités. L'équipe a été étonnée que je tombe malade car je me montre toujours souriante, vaillante, dispo etc.

Comme toi acdc j'ai tendance à m'investir à fond dans ce que je fais, à culpabiliser de n'avoir pas accompli telle ou telle tâche. Si je suis prise il faudra que je me préserve.

Même si je n'ai pas perdu beaucoup de kgs depuis que je suis inscrite à LC j'arrive à un certain équilibre. Grâce aussi aux lectures que les copines du forum recommandent heart

bon allez je ne voulais pas faire un post si long.

 

acdc.
Abonné

salut Maryette,

 

Merci pour ton message.

Avant d'être chef de service tu étais éducatrice dans ce même service?

Tu parles d'analyse de pratique...je pense que cela est essentiel dans les professions que nous exerçons, qui brassent tant d'enjeux humains...nous n'en avons pas non plus, hormis la synthèse de fin de mesure, qui n'est pas une analyse de pratique mais un bilan d'évolution de la situation.

Je pense que je suis capable de plein de choses, même complexes, mais le fait de ne pas être soutenue dans ma pratique ne me facilite pas la prise de distance, de recul et du coup ne favorise pas ma tranquilité d'esprit....dur dur!!

isage109.
Abonné

Pendant que j'écrivais, acdc et Maryette postaient wink

acdc c'est un débat intéressant : le sentiment d'impuissance !

Maryette : tu ne peux pas bénéficier d'une supervision ? Ca fait un bien fou d'avoir un regard extérieur, bienveillant, quelqu'un qui te fait des retours, te donne des conseils et réponses concrets.

acdc.
Abonné

salut isage109

 

merci pour ton message!

tu nous diras si tu es prise? et comment tu vis ce poste? cela ressemble à ce que je fais actuellement!

en ce moment je cherche un autre poste qui me permettrait de prendre de la distance avec la pression de la protection de l'enfance et aussi d'élargir mon regard. 10 ans sur le même poste cela commence à etre long, j'aimerais ne pas rester là jusqu'à la retraite! (je n'ai que 37 ans)

bonne soirée et à bientot

acdc.
Abonné

je viens de lire un article du chsct concernant les risques professionnels chez les travailleurs sociaux, super bien fait!

encore une fois, est nommée l'importance d'une analyse de pratique....

je crois vraiment que ce sujet m'interesse beaucoup...si vous avez des pistes de lectures  je suis preneuse!

j'aimerais redémarrer le 3 novembre, avec un nouvel état d'esprit, des projets et du recul

joma.
Abonné

Bonjour tout le monde,

 

Je me promène un peu sur le site. Au début pas très simple de comprendre surtout pour moi qui flirte  avec un  burn-out grâce à mon cher boulot adoré (directrice d'école) doublé d'une charge familiale non négligeable. Je ne m'absente pas mais du coup, j'encaisse...

Je suis contente de trouver écho à mes préoccupations dans vos messages. Et oui, moi aussi, je sais que c'est le stress qui me fait m'oublier et grosssir.

Moi aussi acdc, je donne et j'ai beaucoup donné pour un travail jamais terminé et éprouvant . Aujourd'hui, comme je l'indique ailleurs dans un de ces blogs, je veux faire le ménage dans ma vie afin d'être plus efficace pour tout et tous et par la même occasion, perdre la dix ou vingtaine de kilos qui me casse les pieds depuis si longtemps.

J'aurai grand plaisir à échanger avec vous pour nous maintenir en équilibre plus satisfaisant dans la vie.

Je vais aller naviguer un peu sur ce site avant d'aller résorber un gros boulot qui m'attend (je précise que je suis officiellement en vacances!)

A +

acdc.
Abonné

salut Joma!Bienvenue!

 

la semaine dernière j'ai écrit un rapport, alors que j'étais en arrêt...je sais pourquoi je l'ai fait et c'est certainement ce qui au final pouvait me rassurer le plus...mais ce que ça vient dire c'est aussi l'envahissement du boulot dans ma vie personnelle: redaction ou prise de tête.

Le pire est que je passe beaucoup de temps à culpabiliser de ce que je n'ai pas fait en ayant du mal à avoir conscience ou à me réjouir de ce que j'ai fait...

cette semaine je suis en vacances et je reprends lundi 3 novembre; cela m'aura fait du bien de me reposer et de prendre de la distance mais ce que je crains c'est de me laisser happer par les millions de choses à faire....espérons que je ne culpabilises pas trop de mon absence de deux semaines. sinon je risque de jouer ce scénario souvent: à fond pendant un temps, sans prendre en considération mes besoins et mes limites puis craquage et nécessité de m'arrêter...

bon courage pour le boulot que tu as à faire!

et aussi bonnes vacances à toi

zazatissier.
Abonné

Bonjour,

Je suis assistante sociale en polyvalence de secteur chez nous la protection de l'enfance n'est pas un service spécialisé, on le fait en plus de notre travail. J'ai remarqué que lorsque je suis en vacances je perds du poids.....

En ce moment je me sens complètement tendue ( réduction des moyens, augmentation de la demande, mauvaise ambiance dans l'équipe), assister au burn out de ses collègues n'est pas rassurant.... La réforme territoriale en rajoute une couche......

Du coup j'ai repris tout le poids perdu depuis LC et je n'arrive pas à inverser la tendance.........

J'envisage de reprendre mes études par correspondance pour devenir psy en libéral, car le poids de l'institution est trop pesant ainsi que les contraintes.Je veux bien échanger avec toi.

En ce moment j'essaie de m'accorder des pause de 5 min de pleine conscience avec mon IPOD mais j'oublie souvent de prendre ce temps....

zazatissier.
Abonné

l'analyse de pratique c'est un temps indispensable! J'ai aussi fait une formation en systémie cela aide beaucoup. Je me suis acheté un livre " Accompagner sans s'épuiser" des ASH.

Nous ne sommes pas responsable de tout les maux, si nos responsables ne nous donnent pas les moyens de faire notre travail on ne peut pas faire de miracles. J'ai un proverbe que j'aime bien " où commence la conscience pro et où commence la connerie??"

Maryette.
Abonné

Bonjour à tous,

J'avais oublié ce fils mais à à mon avis c'est un acte manqué. J'ai été dans l'obligation de m'arrêter en décembre 15 jours que j'ai enchainés avec 15 jours de vacances.

Un matin je me suis retrouvée en train de pleurer sur le parking. J'ai eu réellement envie de prendre mes tableaux, ma lampe et mes plantes et de vider mon bureau et ....les lieux. Le soir, je pensais travail pendant des heures, je me réveillais à 3h ou 4h du matin et je faisais mentalement les entretiens avec les salariés, les notes . J'en rêvais même la nuit. Au réveil: rebelotte. Mon niveau de stress était au plus haut. J'ai cru que je n'allais pas pouvoir me retenir de dire franchement ce que je pense à certains et dans un contexte de " risques psycho sociaux " à tous les étages : j'ai eu peur de ne pouvoir me contenir.

Je traverse un moment très difficile avec l'équipe que j'encadre. La moitié a postulé sur ce service ( accueil d'urgence pour ados) pour de mauvaises raisons. J'ai pris conscience d'un vrai décallage entre les attendus de notre service et les capacités/motivations de la moitié de l'équipe. Pourtant je travaille sur l'illusion du service idéal depuis un an.

Toujours pas de supervision, d'analyse de la pratique ....je cherche autour de moi des personnes ressources et je vois un psychiatre ( heureusement) ! Je suis sous anxiolytiques depuis un an et demi ( dose pédiatrique!). J'ai conscience que le burn out me guette . Je travaille donc plus que jamais au lâcher prise! J'ai alerté les délégués du personnel et j'en ferais de même avec la médecine du travail si cela continue.

J'ai eu beaucoup de difficultés à reprendre le boulot , cela fait 15 jours et cela commence à se normaliser. J'ai conscience que la temporalité n'est pas la même: je dois me déconditionner : exigeance, perfectionnisme, rapidité , " sauveur-bourreau-victime" et autres "jeux institutionnels" , prendre du recul....et ce que je dois laisser voir: motivation et soutien à l'éuipe, disponibilité, équité, flegme ( faux....), ....etc . Ma direction a pris la mesure de certaines choses et surtout je ne fais plus que ce qui relève de ma mission.

Alors j'ai "lâché " mon programme alimentaire, mes séance de yoga ( trop fatiguée), et les forums . Les EME sont revenues mais pas trop. Mon poids est stable. J'ai maintenue les RPC , y compris au boulot et l'image refuge fonctionne très bien. Ce qui m'aide surtout c'est de réequilibrer ma vie personnelle par rapport à ma vie professionnelle : je tente de "banaliser" mon activité pro et de me projetter dans ce que j'aime faire: expo, ballades, lectures et le dessin. C'est encore insuffisant pourtant je sens un changement dans ma perception.

Après tout il faut travailler pour vivre et non pas vivre pour travailler .

J'ignore si ce " récit" apportera quelque chose à quelqu'un. Je vous souhaite à tous bien du courage, la force de ne pas vous oublier !

Maryette

Laetitiagaetane.
Abonné
Ce fil, que je découvre aujourd'hui, me parle énormément. Je suis enseignante en Segpa dans un collège auprès des élèves en grandes difficultés scolaires. Comme la plupart d'entre vous, ma vie professionnelle empiète tres largement sur ma vie personnelle, familiale, amoureuse, amicale... Cela occupe la majorité de mes pensées : ce que j'ai fait, comment je l'ai fait, comment j'aurais pu ou du le faire , ce qui me reste à faire... Bref, il m'arrive même de ne pas entendre ce que mes enfants me disent tellement je suis dans ces pensées professionnelles. Cela cree chez moi beaucoup d'insatisfaction et de frustration. J'ai le sentiment permanent de ne pas en faire assez professionnellement et la culpabilité de ne pas être assez présente aux miens. Je pratique la RPC tous les jours, j'essaie de prendre 3 pauses de 10 minutes dans la journee, je lis mais force est de constater que mon métier occupe presque tout mon temps et mes pensées. J'aime ce métier, je l'ai choisi. J'aime enseigner mais j'aimerais arriver à déconnecter.
acdc.
Abonné

bonjour à vous!

 

De plus en plus je me dis que c'est à moi de choisir de prendre soin de mes émotions dans mon boulot.

Je vois que cette dimension n'est aucunement prise en compte par le système professionnel.c'est regrettable mais du coup je poursuis mon chemin personnel vers un mieux être professionnel et personnel.

D'ailleurs je progresse! la semaine derniere j'ai failli reprendre un jour plus tot, car je voulais "prendre de l'avance" ou plutot éviter de me sentir terrassée par l'ampleur des taches à effectuer à mon retour de 15 jours de vacs. finalement j'ai réalisé que mon boulot ne sera jamais terminé. reprendre un jour plus tot ne servait qu'à me priver de repos! du coup au programme: bain, méditation et lecture...j'en ai bien profité et cette fois sans culpabilité.

la lecture du livre "les états d'ame" de christophe andré m'aide à préciser ce que je ressens. Il y décrit les émotions de manière subtile et nuancée. pour moi ce livre est un trésor d'autant que l'approche de christophe andré est vraiment pacifiante.

je continue aussi à méditer et cela m'aide énormément. Je parviens d'avantage à me mettre en observation de ce que je ressens et à ne pas considérer mes pensées comme la réalité.

Je vois aussi que meme au cours d'une journée globalement angoissante, je vis différentes émotions: de l'amusement, de la satisafaction par exemple. Souvent je ne retiens que le négatif ou ce qui n'a pas été achevé (ce qui visiblement est un réflexe normal du cerveau, mais qui peut etre modifié)

lundi j'étais super fatiguée car mon fils avait mal dormi. Pour moi l'effet est énorme le lendemain et se manifeste par de la morosité et une faible confiance en moi. je suis tres contente car lors d'une réunion avec des partenaires j'ai vu que nous n'avancions pas. AU lieu de m'acharner à réfléchir, et de culpabiliser, j'ai annoncé que je n'arrivais plus à penser efficacement et que j'avais besoind e temps pour décanter. resultat, je me suis réveillée le lendemain avec une proposition de solution qui a convenu à chacun. belle expérience.

comment allez vous de votre côté?

je vous souhaite plein d'apaisement...on va y arriver

 

bonne journée

babelou.
Ancien abonné

Je travail en pmi,  je suis puéricultrice et je fais donc des accompagnements de famille, des PAU pour les OPP, des évaluations d'IP. .. ça fait bizarre de jargonner sur LC. Et effectivement quand je suis fatiguée, manger donne de l énergie pour traverser un peu tout ça.

Je serais contente d'échanger sur ce thème.  Je débute tout juste la méthode, j en suis à remplir mon carnet alimentaire. A bientôt pour vous lire....

Desigual.
Abonné

Bonjour!

 

Ce fil a fait échos à certaines de mes préoccupations, alors je ne suis pas du tout dans le même domaine que vous mais mon boulot a tendance à empiéter sur la vie personnelle.

 

Je suis postdoc, c'est à dire qu'il y a un an j'ai finis ma thèse et maintenant je suis dans un laboratoire de recherche scientifique.

Alors la thèse empiétait totallement sur ma vie, je vivais thèse, je respirais thèse, j'en es presque oublié mon mariage! Et puis il y a eu l'après. 6 mois avant la fin de ma thèse mon responsable m'a choppé en me disant que j'étais une incapable, que je l'avais déçu, que je n'avais pas le niveau, que je devais me réorienter de suite parce que ça n'était pas pour moi. Vous imaginez dans quel état ça m'a mis... ALors quand j'ai commencé mon postdoc, j'ai accumulé les heures, j'ai enchaîné, je bossais à fond pour faire bonne impression et je voulais que ma nouvelle chef soit contente de moi. Dans la recherche nous n'avons pas d'horaire, on peut arriver à l' heure qu'on veut, partir quand on veut, bosser nuit et week-end... Je me suis retrouvée à aller au boulot la nuit toutes les 3 heures pour faire des prélévements analytiqie 2 fois par semaine pendant 2 mois... Et j'étais tiraillée parce que mon mari ne travaiilait pas à l'époque et il n'avait qu'une hâte, c'était que je rentre à la maison... Mais j'enchaîné les heures, je rentrais crevée, je m'endormais à 21h et je recommençais le lendemain...

Et puis j'en ai eu marre, j'étais crevée, ça n'était pas logique. je me suis msie à me faire un planning très précis de ce que je dois faire, à plus me poser, anticiper, organiser, mettre des échéances et des priorités. Et j'ai décidé de mes horaires de boulot: 8h30-17h30. Je fais mon max pour m'y tenir et finir en temps et en heure. Depuis ej suis plus efficace, j'ai des meilleurs résultats etc. Je me suis aussi interdite de lire les mails pro à la maison. Alors il m'arrive encore de finir super tard, ou de devoir aller au boulot un we parce que je n'ai pas prise sur tout: une machine qui va plus, un collègue qui m'a fait perdre du temps, ma bactérie qui ne veut pas pousser.. Mais je le vis mieux. Et quand je veux faire des "heures sup" mon mari qui est ingénieur et ne comprend rien à ce que je fais me demande de justifier en quoi je n'ai pas le choix et ç ane peut pas attendre le lendemain ou le lundi suivant.

 

Je suis beaucoup plus sereine, posée, contente de moi... Et j'engueule ma collègue qui ne sait pas s'organiser, qui finis entre 20het 21h tous les soirs, qui vient bosser le we.... Qui est crevée avec des cernes terribles et qui est malade tout le temps, qui se traîne pour aller au boulot. J'ai mal au coeur pour elel qui s'obstine à se faire du mal mais bon après tout c'est son problème, c'est moi la plus heureuse des 2 et en plus ma chef est contente de moi!

 

Et enfin vis à vis de la bouffe: mes journées sont intenses et sur du long terme alors quand je bosse intensément et qu'un truc foire/ marche pas/ que c'est la faute d'un collègue/ que je dois recommencer à zero. Eh bien je m'asseois et je mange pour me poser/ me reconforter et des fois ça fait du bine. Et je rentre à la maison et réclamant une bière! Mais les EME au travail sont beaucoup moins f'réquentes depuis qu'elles sont assumées et que je suis mieux organisÉe!

acdc.
Abonné

merci desigual pour ton message!

effectivement ton boulot a l'air aussi vraiment dévorant...chouette que tu aies réussi à poser des limites qui te protègent et te préservent d'avantage!

ce week end, pas d'envahissement de mon mental par le boulot..cool! pas mal d'eme quand même par contre,je me demande si je ne suis pas en manque de moment pour moi toute seule. en fait je pense que j'en ai besoin au quotidien; des petits moments de détente et de solitude. ce serait chouette si j'arrivais à prévoir ces temps dans mes semaines. reste à considérer ces moments comme indispensables car sinon ils passeront toujours apres et ne se feront finalement pas.

ce matin, bain en pleine conscience...top. Et si c'était ces moments de plaisir qui donnaient l'energie de vivre l'adversité au boulot, les obstacles et frutstrations, la pression???

acdc.
Abonné

salut

 

La situation d'une famille me préoccupe beaucoup.

et j'ai beau me dire que je ne suis pas restée les bras croisés ces derniers temps, et que les multiples changements d'intervenants ont encore plus complexifié le boulot....je ressens de la culpabilité.

Est ce que j'ai été suffisamment présente? est ce que la dégradation de la situation aurait pu être évitée?

je connais cette famille depuis seulement qqs mois et au départ les parents n'honoraient pas les rv..ensuite est venu le temps de mieux se connaitre,..tout cela prend du temps. pour autant je ne peux pas m'empecher de me dire: t'aurais peut etre du faire ou dire ceci ou cela afin de protéger les enfants.

dans ces moments là je me dis que ce boulot est vraiment stressant

bonne journée

babelou.
Ancien abonné
N'oublions pas que le parcours des familles est fait de rencontres. Tu as semé des graines...laissés les germer. C'est peut être au contact d'un autre pro ou non pro que la germination se fera. J ai souvent un sentiment de vide après un accompagnement. Je rappelle, je suis puer en PMI. Moi , il arrive que je passe le relais à AED ou À AEMO et je N ai pas toujours de nouvelles. BREF JE SUIS TOUCHÉE PAR TON MESSAGE. Bon courage, t'as fait du bon boulot!
Kaylee
Marraine

Je découvre ce fil par hasard, au moment de me déconnecter et d'aller me coucher.

J'ai bossé pendant plus de 40 ans comme secrétaire, un boulot de larbin inintéressant, "choisi" parce qu'après mon bac je voulais un diplôme professionnel avec une formation rapide (BTS) pour vite partir de chez moi et être autonome, alors que je n'avais qu'une envie, devenir avocate. 40 ans au cours desquels je me suis sentie totalement inutile, jour après jour, même si j'ai changé plusieurs fois d'entreprise.

Alors tout mon soutien et toute mon empathie, les miss yes

Vous faites un boulot remarquable, et surtout, utile, vous apportez vraiment quelque chose aux personnes auprès desquelles vous bossez, je ne fais pas allusion aux collègues mais aux enfants, ados et parents que vous rencontrez, soutenez, aidez, même si le cadre de votre travail exige parfois de la fermeté. Même si leur reconnaissance n'est pas toujours au rendez-vous, tenez bon et prenez soin de vous. La vraie vie commence quand vous posez les fesses dans votre voiture ou dans votre bus/métro/train après votre journée de travail (ou nuit, peut-être, pour certaines) pour rentrer dans votre foyer. Ou dans le canapé de votre salon, une fois la salle d'attente vide, si, comme izabelle, vous bossez chez vous.

babelou.
Ancien abonné

Plusieurs fois j'ai été surprise de voir des familles soulever des montagnes alors qu'elles nous par ressaisir très démunies. Parfois il y a des ressources insoupçonnées! 

babelou.
Ancien abonné

Plusieurs fois j'ai été surprise de voir des familles soulever des montagnes alors qu'elles nous par ressaisir très démunies. Parfois il y a des ressources insoupçonnées! 

Maryette.
Abonné

Bonjour,

et merci à toutes de vos interventions, c'est très soutenant....

Je vais être dissonante .....Je suis certaine que la charge de travail de ces dernières semaines m'a mise KO, après le mental c'est le physique ......je suis probablement en train de faire une poussée de polyarthrite et pourtant j'avais fais attention...trop d'enthousiasme à bosser et tenir mes engagements vis à vis de moi-même ? Très vite il m'a été trop pénible de marcher = plus d'expos , de faire des étirements = cela n'arrange rien et même l'"image refuge" ...oubliée car le rythme était trop soutenu au prétexte que je partais en vacances ( j'y suis: clouée dans mon canapé depuis le début de la semaine!) j'ai dû tout organiser pour les 3 semaines à venir et gérer un quotidien professionnel corsé. Et donc j'ai repris les ornières de l'excès .....mon corps dit stop : il n'entend pas tout les efforts que je fais pour lâcher prise, respirer, accepter les émotions .....ill n'avance pas au même rythme  : en bref : LC semble loin et s'éloigner chaque jour: à quoi bon la dégustation alors que mon corps n'est que douleurs et frustrations que manger recommence à calmer....pour le moment la sensation de satiété perdure: je tente de m'y accrocher ....

Alors à la question de l'impact de mon travail sur le programme: je dis: oui et    .....j'attends que ça passe          

très cordialement,

Maryette

acdc.
Abonné

merci pour vos messages!

juste un petit mot avant de rejoindre ma formation en communication non violente!

je suis très entousiaste au sujet de ce que j'apprends en CNV ; je pense que cela va m'aider dans ma vie professionnelle et personnelle: s'entrainer à dire ses besoins et à entendre ceux des autres; ça parait simple et en fait c'est loiin de l'être.

Ce qui me plait est aussi la confirmation que la CNV n'est pas le monde des bisounours,il n'y a pas d'illusion d'un monde merveilleux dans lequel tout serait beau et tout le monde s'aimerait. J'ai remarqué que la CMV avait parfois cette image!

bonne journée

babelou.
Ancien abonné

Ça m'intéresse la CNV,  fais tu cette formation dans le cadre pro ou perso?

Bonne journée! 

 

babelou.
Ancien abonné

Ça m'intéresse la CNV,  fais tu cette formation dans le cadre pro ou perso?

Bonne journée! 

acdc.
Abonné

salut !

 

Babelou, je fais cette formation avec un financement personnel mais avec un objectif de mieux être professionnel et personnel.

De toutes façons la cnv est un processus de communication qui touche forcement tous les domaines de ta vie.

J'ai donc fini le premier module et je suis entousiaste!!!!!j'ai hate au mois prochain pour continuer à apprendre à communiquer de manière bienveillante à l'égard des autres et de moi même. Je pense que j'ai vraiment trouvé des clefs....

bon week end

acdc.
Abonné

arrrggh je viens de faire une synthese et visiblement je me suis bien fait4e embarquer par le fonctionnement familial...ce soir je me sens nulle incompétente et angoissée...

izabelle
Animatrice forum Coach marraines

ah c'est duuuur

moi hier soir réunion  au début je me sentais "mal"

et puis en cours de route les choses ont commencé à prendre du sens

j'ai reconnu devant le médecin mes incertitudes et mes limites et c'était franchement plus facile à vivre plutôt que de faire semblant

j'ose dire  "je ne suis pas sûre", ça c'est la nouveauté depuis qq temps

et je ne me sens plus en porte-à - faux

isage109.
Abonné

Hello tout le monde,

J'ai reçu une réponse négative du Service de Protection de l'Enfant, pas possible de rentrer en fixe chez eux. Par mesure d'économie ils ne prennent que des auxiliaires (des gens qui sortent de l'école, viennent de l'étranger ou ont une autre formation de base, ont peu d'expériences, etc.). Le mec (DRH) s'est même pas donné la peine de m'appeler il m'a écrit un mail. no

Par contre, quand leurs collaborateurs font des burn out et sont transférés chez nous au Département de l'Instruction Publique (à Genève) dans les collèges en qualité de conseillers sociaux, on les prend en CDI

Je m'en fous j'ai postulé pour un 50% dans un autre service (évaluation des familles d'accueil avec hébergement) et j'attends une réponse imminente. Et si ce n'est pas ça non plus, ben je postulerai ailleurs.

Côté famille et couple ça roule, enfin je ne veux pas le crier sur les toits après la tuile tombe hiihii

 

 

 

 

acdc.
Abonné

salut!

 

Plein de courage Isage pour ces candidatures! ça m'intéresserait bien moi aussi de postuler sur le service d'accompagnement des familles d'accueil. Les places sont chères mais je guette!

Je viens ce week end de décider de faire une VAE pour obtenir le diplome d'assistante de service social qui m'ouvrira d'autres portes! et qui va aussi élargir mon regard, mes compétences, je suis contente cela me correspond bien.

et à plus court terme je tente de porter un regard bienveillant sur moi même...ce qui est loin d'être un réflexe ayant tendance à ruminer sur ce que je n'ai pas réussi à faire, dire comme je le souhaitais.

" la rumination empeche la cicatrisation psychologique naturelle des souffrances" dit Christophe André; j'aime cette phrase.

j'ai aussi réalisé que je passe beaucoup de temps à être en "surrégime", c'est à dire que je suis qqun qui a besoin de temps pour réfléchir, élaborer, formaliser et que dans mon boulot je cours d'une tache à une autre. Donc je ne respecte pas du tout mon rythme. Je vais donc essayer de prendre en considération avec bienveillance ce besoin de temps.

Izabelle , je suis d'accord avec toi quand tu dis que le fait d'exprimer "je ne sais pas" est vraiment libérateur de pression!

 

bonne journée

 

Haut de page 
X