je ne sais pas écouter mes sensations car... - 22022014

marieal.
Inscrit

je ne vais jamais faire pipi dès que j'en ai envie.

je ne vais pas me coucher quand je suis fatiguée

je me force à aller faire du sport alors que je suis crevée

j'ai continué à préparer un semi marathon alors que j'avais une sciatique qui débutait

 

 

bon vous avez compris, le but c'est de signaler les situations où vous ne vous êtes pas écoutés... parce que si ça vous arrive à vous, peut être bien que ça nous arrive à nous!

Depuis peu, je sais qu'il y a un lien direct entre le surpoids et cette absence d'attention à soi-même...rien de mieux que de savoir où chercher!

et si en même temps vous avez des idées de lecture pour tout ça....j'ai déjà coché "la sérénité de l'instant " de T...

 

Commentaires

Pattie.
Ancien abonné

- Je ne sais pas non plus m'écouter quand je suis fatiguée, je n'aime pas me coucher avant 23h30-minuit. Par contre, maintenant, le matin, je m'autorise à traîner au lit les jours où je ne travaille pas.

- J'ai envie de bouger davantage, mais j'ai la flemme de me remettre à la gym. Et puis il y a aussi l'envie idiote et stérile de prouver qu'on peut perdre du poids sans sport, pour pouvoir faire "nananère" à tous ceux qui m'ont conseillé de faire un régime et de me mettre au sport, que c'était la seule solution. Mais là, je commence à avoir une vraie envie naissante de retrouver les sensations de l'effort physique (très modéré, hein ! gym douce !), et je ne l'écoute toujours pas. Boah, ça viendra.

Côté progrès :

- Je ne savais pas m'écouter quand je rentre tard du boulot. Je n'ai qu'une envie : me changer. Et mon mari n'a qu'une envie : me communiquer tout ce qu'il a à me communiquer sur notre future maison. Maintenant, j'y arrive : quand je sens que ça va durer plus de 5 minutes, je l'arrête et je lui dis que je vais me changer. Ca l'embête un peu, parce que du coup, il doit se retenir, mais ça m'évite d'avoir l'impression d'être envahie, et ça me permet d'être sur la même longueur d'onde que lui (parce que notre future maison, c'est un bonheur et une angoisse pour nous deux, mais à chaud juste après le boulot, j'avais l'impression d'être envahie par un truc qui me concerne peu, du coup il avait l'impression d'être un peu seul au front). C'est fou ce que 5 minutes peuvent changer dans l'ambiance !

Valia.
Abonné

Je ne sais pas m'écouter quand:

-je ne prends pas rendez-vous chez le médecin pour montrer mes radios des cervicales ni pour montrer mon bobo qui ne se soigne pas depuis 1 an

-je ne fais aucune démarche pour organiser ces 2 jours rien que pour moi que je réclame pourtant (même mon mari insiste pour que je prenne ce temps pour moi)

-je ne ressors pas mon matériel de couture pour coudre toutes mes idées

marieal.
Inscrit

pattie, pas bête ce moment pour se changer en rentrant du boulot...

moi mon conjoint a une semi-activité à la maison donc quand je rentre, il est toujours là et en général, il s'attend à ce que je suis dispo tout de suite..;jusqu'ici, j'ai jamais trop résisté à ce besoin de me communiquer en urgence ses evénements de la journée...je vais essayer de le mettre en application aussi.

pour ce qui est du sport, je ne peux que t'encourager, ça fait un bien fou...

valie (désolée, c'est peut être pas ça) ,

va donc montrer tes cervicales et ton bobo pas beau à ton médecin traitant...offre toi du temps, nul(le) n'est indispensable!

Liliblabla.
Abonné

Je ne sais pas écouter mes sensations car :

  • je ne sais pas ce qui me ferait plaisir pour manger et quand je sais, je ne me l'autorise pas
  • d'ailleurs, je ne sais presque jamais ce qui me ferait plaisir
  • je n'écoute pas mon corps qui hurle de douleur sous tout ce poids
  • je me couche trop tard
  • je ravale ma colère, ma tristesse, mon agacement
  • ...
lorraine
Marraine

Dans l'ensemble, j'écoute plutôt bien mes sensations. Là, où je suis encore un peu à la traîne c'est quand j'ai des douleurs. Je mets du temps avant d'aller consulter. Mais ça y est j'ai relancé la machine médicale depuis une semaine.

S'écouter , c'est  savoir repérer les besoins puis dès lors qu'on sait les repérer il y a l'aspect  respect de soi, s'accorder de l'importance en ne s'oubliant pas.

Je ne sais pas pourquoi tu n'écoutes pas tes sensations liliblabla , j'espère que tu y arriveras -LC devrait t'y aider- car la non écoute de ses sensations est source d'EME.

Y a le livre "le piège du bonheur" de Russ Harris, "grand ami" d'Izabelle smiley. Super livre pour plein de raisons dont la pleine conscience. Perso, pour la pleine conscience je suis aussi branchée Jon Kabat Zin (l'éveil des sens, où tu vas tu es, au coeur de la tourmente) et Tchit Nhat Hanh (toucher la vie...)

Ce livre là m'aide beaucoup pour (j'écris un extrait du résumé sur le verso du livre) :

"...Cet ouvrage présente les techniques révolutionnaires de la thérapie ACT, basée sur les plus récentes recherches en psychologie comportementale. Elles vous aideront à réduire le stress  et les inquiétudes, à composer plus efficacement avec les pensées et les émotions, à briser vos habitudes autodestructrices, à surmonter l'insécurité et le doute, et à construire une vie riche et pleine de sens."

sandro.
Abonné

coucou valia !

je sus exactement comme toi ! je remets toujours au lendemain , le surlendemain voire l'année prochaine tous les rendez vous que je dois prendre, car j'ai beaucoup de mal à m'occuper de moi. Par contre, quand il s'agit des "autres", famille , amis, je suis toujours partante et vite "remuée", j'ai souvent l'impression de ne pas exister, de n'être "rien" ou "personne".

J'ai des envies de bouger, comme aller à la salle de sport mais je n'y vais pas réguliérement, je me trouve toujours des excuses du genre : je suis fatiguée, je n'ai pas le temps, trop de monde ....

En ce moment, surement grâce à la méthode, je m'occupe un peu plus de moi , j'ai même réussi à envoyer sur les roses, mon chef ! lol, je prends mes rendez vous chez les spécialistes et des  petits trucs tout simple comme prendre soin de soi,(hydrater mon corps ..) ça parait désuet mais pour moi, c'est un pas en avant !!

Allez les filles, on va y arriver ,y'a pas de raison et puis on se sent bien et fiére quand on s'est lancée un petit défi et qu'on y est arrivé, non ?

marieal.
Inscrit

liliblabla, il ne faut pas non plus se fouetter, ce n'est pas le but de ce post:  bien sur que tu écoutes ton corps puisque tu es inscrite sur LC...sois douce envers toi mêmewink

 

merci Lorraine pour ces conseils de lecture...j'hésite encore à en acheter car j'ai déjà méditer jour après jour de C André , et je trouve ce live si bien fait! il faudrait que je passe à la librairie pour feuilleter thaht tchit nan ( j'arrive jamais à me souvenir de son nom...blush) et j'ai déjà  lu aussi eckart tollé le pouvoir de moment présent.... : très bien mais j'ai trouvé ça redondant avec le livre de C André...

Noelle
Marraine

c'est vrai qu'au fil du temps, on s'aperçoit souvent qu'on fais parfois (hum..hum;.) passer les autres (enfants, conjoints, amis  etc..) avant nous mêmes, et souvent  pour de bonnes raisons , jusqu'a ce qu'on se dise que nous aussi , nous avons le droit de devenir notre priorite, de temps en temps!

ça fait du bien, mais c'est parfois difficile de sauter le pas et de dire "non, pas maintenant, un peu plus tard "

parfois meme tres tres dur, mais , avec de l'entrainement

on y arrive

 

tiens, et si on se faisiat un petit défi??

 

"aujourd'hui, j'ai reussi a prendre du temps pour moi"

,

lideseyne.
Abonné

Je te suis pour le défi, Noelle:

Aujourd'hui je resterai 2h au cours de danse au lieu d'1h

elisource.
Abonné

Je ne sais plus m'écouter et même m'entendre depuis des années et surtout depuis quatre ans. Mon compagnon est hémiplégique depuis 2010 et je me suis oubliée dans cette histoire. C'est comme un plongeon dans la vie de l'autre.

En septembre je pense que je touchai le fond et j'ai commencé à me recentrer. Ce n'est pas facile car les automatismes ont disparu. Je réapprend à me regarder, comprendre que je peux manger à table, en solo d'accord, mais avec moi même, à me forcer à me préparer une vraie assiette, jolie, et à ne pas manger ce qui reste, debout, sans conscience.

Je suis venue sur LC parce que j'ai trouvé dans les posts et le forum des vies qui ressemblent à la mienne. Merci de partager ici une écoute

Noelle
Marraine

Bonne idée, Lideseyne, et pour toi, Elisource,  je vois que tu commences a penser a toi, bravo!

Aislinn.
Abonné

Liliblabla,

ça me touche beaucoup ce que tu as écrit, car j'aurais pu dire pratiquement pareil.

Trop de silence, de non-dits, de tristesse, de frustation, etc. et des kilos qui s'accumulent, pour oublier ? pour me protéger ? J'espère arriver à me débarrasser de ces fichus kilos et reprendre contact avec moi-même, avec mes sensations et avec qui je suis vraiment mais que j'oublie parfois.

Bon courage à toutes sur ce chemin de l'écoute de nos sensations !

izabelle
Animatrice forum

j'ai très longtemps accordé peu d'importance à mes sensations, mais pour une raison que j'ai découverte il y a peu :

j'avais peur-honte de ressentir les choses avec force

 

maintenant que je m'autorise à ressentir, je m'aperçois qu'il n'y avait pas lieu de craindre quoi que ce soit.....  

 

il faut se lancer et se confronter à quelques "sensations",  mais réguièrement, car ce n'est pas du premier coup qu'on peut ne plus avoir peur, mais en s'y confrontant très régulièrement :  les ressentis deviennent familiers,et on enregistre qu'il n'y a aucun danger....

on peut enfin ressentir sans frémir...   smiley

FRED73
Marraine
Moi aussi j'avais peur de ressentir les choses trop fortement. En fait, je me suis rendue compte que dans ma famille il etait tres mal vu de ressentir des émotions. Mal vu parce que gênant pour me parents qui ne savaient pas comment réagir face aux émotions de leurs enfants parce que mal à l'aise avec les leurs. Il ne fallait pas s'énerver mais ravaler sa colère. Si on ne dit rien, ça n'existe pas et il n'y a pas de problème ! Ce week-end, j'étais chez mon père et il y a eu une incompréhension avec ma soeur,cela m'a énervée et il m'a dit calme toi, ce n'est rien. Je lui ai alors répondu que j'avais besoin de m'expliquer et qu'en m'empêchant de le faire il ne me respectait pas. Cela m'a fait du bien de pouvoir lui dire parce que j'ai toujours ressenti que l'on ne m'écoutais pas par peur de ne pas savoir comment réagir. J'avais le sentiment que mes parents avaient peur d'être submergés par les émotions.
marieal.
Inscrit

fred on a les mêmes parents ou quoi? lol

je me rappelle d'un repas où mes frères ont fait tellement les pitres que me mère a eu un fou rire, elle en avait le souffle coupé, eh bien mon père ne pensait qu'à nous engueuler parce qu'il avait peur que ma mère fasse un malaise, tellement il avait peu l'habitude d'exprimer des émotions...

 

Lorraine, si tu dois en conseiller un sur les lectures sur ce sujet, c'est lequel?

lorraine
Marraine

Ah oui, le fameux "si on ne dit rien ça n'existe pas et y a pas de problème" . Au moins, maintenant pouvons nous tenter de faire autrement avec les Nôtressmiley

 

Tous les livres en lien avec la pleine conscience.

Celui de Jon Kabat Zinn "l'éveil des sens" est un hommage à la pleine conscience portée sur TOUS nos sens. Ecriture vivante avec expériences, conseils, invitations à exercer. J'avais adoré, lu pendant l'été 2012,. sur la plage par exemple j'avais pu mettre tous mes sens en exergue et ressentir pleinement soleil, iode, bruits des vagues etc....J'avais compris aussi à quel point d'être connectée à ses sensations nous rendait fort et calmait la crainte d'être envahie par les Autres (ou par  leur présence)

mavo.
Marraine
Comme j'aime quand j'ai qq minutes pour venir vous lire... J'ai découvert récemment en analyse transactionnelle l'injonction "ne ressens pas" et oh combien ça m'a parlé !! À la journée du 22, GA a parlé des orphelinats roumains où les enfants, nourris mais sans amour, ne grandissaient pas, refusaient de manger. Cela m'a fait penser à l'histoire de ma mère, qui a refusé de manger pendant plusieurs mois bébé (et a failli en mourir). Je pense que cette histoire de n pas ressentir vient de loin... Bref, je n'écoute pas mes sensations parce que je ne ressens pas grand chose. Mais j'me soigne ! :-)
marinebreizh.
Abonné

Je ne suis pas une orpheline roumaine mais j'ai aussi été élevée sans amour (une histoire d'enfant cachée pour faire bref...) ; cela résume bien l'ambiance familiale où rien ne devait être montré et ressenti ; alors longtemps je ne ressentais rien ; la carapace était bien solide.

Je suis arrivée à vivre, à percer cette carapace mais alors là c'est devenu compliqué je ressns tout tellement à puissance dix millions que c'en est parfois handicapant. Mais je me sens vivante....

marieal.
Inscrit

j'ai skié toute la journée avec une chaussure mal ajustée, qui me génait et j'ai pas pris le temps de m'arrêter...résultat, j'ai un mollet tout brulé par le frottement!

fadinarde.
Abonné

Je ne sais pas écouter mes sensations car...

 

Je n'arrive pas à quitter un job dans lequel je ne m'épanouis pas, ou plutôt qui me ronge. (je déteste la vente, et puis c'est quand-même difficile de travailler dans les robes de mariées et de mettre quotidiennement mon énergie à rendre heureuse des futures mariées, quand ma vie amoureuse est un désert...)

 

Bon, j'ai quand-même progressé dans quelques domaines: j'ai longtemps repoussé une visite dermato pour montrer mes grains de beauté, ayant perdu ma mère d'un cancer je suis un peu dans la hantise des médecins, toujours peur que l'on puisse me diagnostiquer quelque chose de mauvais... Mais là ça y est, j'ai rendez-vous demain matin chez ma dermato....

Et puis je viens de passer deux ans à fantasmer d'un retour possible de mon ex, qui m'aime mais se sait incapable de me rendre heureuse... Alors même si je ne veux pas perdre complètement le contact avec lui je ne lui écrit plus, sinon j'entretiens un rapport qui n'a pas d'issue et m'empêche de regarder les autres hommes.

 

Bon. Inutile de vous dire que ces dernières semaines j'ai joliment mis du gras.... J'essaie de revenir ici pour me recentrer!

 

Bon dimanche!

Noelle
Marraine

Je compatis, Fadinarde, c'est dur de renoncer a un amour même si au fond on sait que la situation n'a pas d'issue!

le temps aide a passer a autre chose..

bon courage

Patience
Marraine

Contente de te lire de nouveau, Fadinarde !

C'est dur de quitter un travail... Je l'ai fait et j'ai eu la frousse, donc je te comprends...

Quant à l'amour, je ne peux que compatir et te souhaiter juste d'avoir moins mal et de réussir à avancer...

En tout cas, ici, on prend plaisir à te lire (je parle pour moi et, j'ose, pour les autres !)

fadinarde.
Abonné
Merci Patience!
liegama.
Ancien abonné

Ce fil me parle, ce weekend j'ai reçu une des mes soeurs et elle racontait des souvenirs familiaux et tout à coup ça m'est revenu également. Chez moi on avait pas le droit de manger entre les repas, pas le droit d'avoir faim entre les repas, ma mère est très castratrice et décide pour nous tous quand il faut manger et ce qu'il faut manger. Les quelques (rares) fois où j'ai essayé et réussi d'écouter ma faim durant un repas avec elle et laisser dans mon assiette, elle m'a fait une pression monstre pour que je finisse, que je mange avec multiples arguments. Je me souviens d'années entières entre 14 ans et 18 ans où je crevais littéralement la date à 11H après un bol de céréal pris à 7h le matin et où je m'empêchais de manger quelque chose, ayant complètement internaliser le message de ma mère et arrivant à la maison, voulant prendre un morceau de pain avant le repas, et voir ma mère m'engueulait sur le thème "arrête de te goinfrer de pain on va manger", résultat l'attente (les 15mn) du repas me semblaient intolérables et j'ai donc compris d'où vient ma peur de manquer et de la faim. Toute cette éducation m'a coupée de mes sensations puisque je n'avais pas le droit d'avoir mes propres sensations/émotions. Encore aujourd'hui, à table ma mère va s'extasier sur un truc (un oiseau, le paysage ou n'importe quoi) et va l'exprimer fortement en faisant arrêter toutes les conversations jusqu'à ce que toute le monde s'extasie (faussement) en même temps qu'elle. J'ai également compris que les régimes étaient une sorte de "porte de sortie" pour imposer à ma mère ma façon de manger (sauf que c'était pas la mienne mais celle dictée par quelqu'un d'autre). Si mon régime du moment disait pas d'huile d'olive je refusais de manger sa ratatouile sous prétexte qu'elle avait mis de l'huile d'olive dedans. Et elle s'efforçait de respecter mon choix dans l'espoir que je perde du poids. Bref, comment identifier mes envies pour pouvoir les satisfaire si je ne me suis jamais autorisée à ne serait-ce que découvrir ce qui me plait?

Pattie.
Ancien abonné

En septembre, j'ai pris rendez-vous chez un ophtalmo. J'étais arrivée au bout du bout de mes lunettes, je n'y voyais déjà plus de près (donc j'enlevais pour lire et tricoter) et j'en étais venue à devoir les enlever pour écrire au tableau. Le rendez-vous le plus tôt possible, c'était en mai (bienvenue dans le désert médical). Donc j'attends. Entretemps, j'en suis venue à ne plus y voir nettement en corrigeant les cahiers (il a mis un s ou pas ???), donc à rallonger mon temps de travail après la classe, donc à fatiguer encore mes yeux. Ensuite, j'ai vu bien flou, au point de ne pas réussir à me résoudre à utiliser ma vue dans certains cas (pas de soutien sur les graphiques sur papier millimétré, je ne pourrais pas aider mes élèves, abandon des corrections tardives, donc obligée de revoir mon fonctionnement pour en avoir moins, et puis apprendre à toucher instinctivement une table avant de poser un truc dessus, parce que si je me fie à ma vue, ça finit par terre). Mi-mai, j'ai eu mon rendez-vous, et une prescription pour de nouveaux verres et un bilan chez une orthoptiste, pour voir ce qu'on pouvait faire pour ma vision double. J'ai appelé aussitôt, et j'ai eu un rendez-vous pour hier.

Ca a été un sale moment. Le rendez-vous était à 19 heures, après une journée bien chargée, une semaine bien chargée, un mois bien chargé... Bref, quand elle a commencé à me parler séchement parce que je n'arrivais pas à dire si j'y voyais mieux/moins bien/décalé en haut/décalé en bas avec ce prisme-ci ou ce prisme-là, j'ai explosé... en sanglots ! Elle n'a pas montré une once de compassion, mais je pense qu'elle en a eu, parce qu'au lieu de bâcler le rendez-vous, elle s'est entêtée à trouver un moyen d'obtenir les réponses que je ne pouvais pas lui donner, et en me laissant prendre du temps pour répondre. Et à la fin, j'ai vu qu'elle avait compris le problème : que j'avais supporté trop longtemps l'inconfort au point de ne même pas le percevoir comme un inconfort avant qu'il ne soit vraiment puissant.

J'ai pleuré pendant à peu près tout le reste du rendez-vous, et même après, j'ai garé ma voiture devant une entreprise fermée et j'ai sangloté tout ce que j'avais sur le coeur. Il y avait la fatigue de ces derniers temps, l'accumulation de stress. Et puis aussi je me suis rendue compte de l'importance primordiale qu'avait ce rendez-vous (quand on met des mois pour voir un ophtalmo et des semaines pour voir une orthoptiste, y a plutôt intérêt à ce que le rendez-vous soit profitable). Et là, je me voyais repartir sans pouvoir me faire comprendre d'elle, j'avais l'impression qu'on était sur deux planètes différentes.

Et puis surtout, je me suis rendue compte que s'il y avait ce décalage entre nos deux planètes, c'est qu'elle me demandait simplement de "lâcher" mes yeux, de simplement les ouvrir à travers le prisme et de lui dire ce que ça donnait. Sauf que mes yeux ne savent plus faire ça. Depuis des années, ils focalisent tout seuls, ils se placent automatiquement en tension pour réunir la vision de mon oeil gauche et de mon oeil droit , histoire que ce que je vois ne rende mon cerveau cinglé (par exemple, un stylo est double : le stylo un peu en haut et le stylo un peu en bas, un peu à gauche et un peu à droite. Impossible de savoir où est cette saleté de stylo EXACTEMENT quand je l'attrape, sans parler du moment où je le pose sur une table, elle-même un peu en haut, un peu en bas, un peu à gauche, un peu à droite, et paf, le stylo est par terre, il faut que je refocalise pour l'attraper). Du coup, impossible de savoir si j'y voyais ou pas, si j'y voyais mieux à cause du prisme ou à cause de la rapidité de mes yeux à focaliser. En gros, ça fait des années que je vis avec cette tension nerveuse visuelle sans même trouver ça bizarre. J'ai pleuré comme une madeleine sur la gentille fille qui a trop appris à encaisser les inconforts autres qu'émotionnels, au point de ne pas réussir à simplement comprendre qu'on devait "lâcher" les yeux.

Dans ma tête, il me semblait que ça faisait un an que ma vue s'était dégradée. Sauf qu'en vrai, j'enlève mes lunettes depuis au moins trois ans. C'est là que je vois à quel point je ne sais pas respecter mes sensations, et à quel point le travail sur Linecoaching m'aide, et à quel point tout ça dépasse largement une histoire de kilos.

J'ai aussi remarqué, pendant une RPC, que dans le silence complet j'avais un très léger acouphène. Je ne sais pas si tout le monde a la même chose, mais en tous cas, je ne l'avais jamais remarqué chez moi. Tout ça, ça fait un paquet d'inconforts physiques auquel je ne prête pas la moindre attention, mais qui crée un fond de nervosité (lutter pour voir, lutter pour entendre, lutter pour déménager, lutter pour me réveiller à l'heure) qui rend tout plus compliqué. Me rendre compte de tout ça, ça m'aide. A voir déjà que je n'ai pas la tâche facile (un peu d'autocompassion, ça fait du bien, j'en ai à revendre pour les autres, je peux bien me servir au passage). Et puis à être plus patiente envers moi-même (ça, j'en manque, sauf quand j'enseigne).

En rentrant, ce soir, je me suis lancée dans 20 minutes de méditation avec la voix de Bernard Giraudeau. Ca m'a fait un bien fou ! Je ne suis définitivement pas un lac (c'était un audio "Méditation du lac"), pas plus que je n'ai pu me voir comme une montagne, je me suis assoupie au milieu et j'ai rêvassé pendant les cinq dernières minutes, mais ça m'a permis de me poser là, telle que j'étais à ce moment-là.

cilou_cile.
Abonné

Tu as bien fait de pleurer, ma belle.

Parfois, c'est la seule solution et c'est là que tout remonte, toutes les difficultés qu'on a refoulé, tout le "mal" que l'on s'est infligé. Dingue comme nous sommes si exigeantes envers nous mêmes et tenons ça pour acquis et bien normal. D'où ça nous vient, cette barre placée si haut?

Prends bien soin de toi, de tes yeux et de tes oreilles smiley

Yzaline.
Abonné

Bonsoir Pattie,

Je compatis sincérement en ce qui concerne tes problèmes ophtalmiques je suis à peu près dans la même situation que toi avec les mêmes soucis !

Cela me tracasse beaucoup et devient handicapant je ne lis pratiquement plus, j'ai souvent des migraines etc....

C'est bien que tu aies réussi à évacuer tout ce stress accumulé .

Bon courage smiley

izabelle
Animatrice forum

merci pour ton message Pattie, cela permet de voir à quel point on peut s'éloigner de ses besoins, et de rester toutes ces années dans l'inconfort visuel, puis soudain tout qui ressort émotionnellement

bravo d'avoir eu conscience de tout ça

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