La colère des enfants - 25112014

Lavienrose.
Abonné
Comment aider un tout petit à gérer ses/sa colère? Fillette faisait beaucoup de colère , en hurlant se roulant par terre , ça pouvait durer 20mn. Maintenant qu'elle parle et qu'elle connait les émotions c'est plus facile, j'utilise plus facilement la PC, cad le moment présent . Mais quand même , vu que je me considère encore novice dans la pratique de la PC, l'acceptation des émotions, la défusion, j'ai beaucoup de difficulté à gérer . Comment faire quand un petit de 3/4 ans fait une colère dans la rue quand on lui refuse l'accès au manège ? Avec comme contrainte: manque de temps ( RDV).

Commentaires

ladyl56.
Abonné
Avec mon petit fils (6ans) c'est la tristesse que je dois gérer. A chaque fois que je pars il est triste alors je lui dis que la tristesse c'est comme la joie : c'est une émotion . Il est normale de ressentir des émotions. On ne s'empéche pas d'être joyeux donc c'est naturel de ne pas s'empêcher d'être triste et que la tristesse c'est comme un nuage qui passe dans le ciel : il,passe, il passe, il est passé. C'est aussi la fin d'un livre qui s'appelle "Un train passe" et qu'il adore. Il se retient jusqu'à mon départ mais je sais qu'après il pleure. Sa maman le câline et après ça passe. Ça ne dure jamais longtemps Je crois que ce qui est important c'est de reconnaître,de nommer et de laisser vivre cette émotion et disant bien que l'on comprend la difficulté, voire la souffrance mais qu'ensuite tout redeviendra comme avant.
lylyoz
Marraine

Je partage l'idée qu'il faut lui donner "le droit" de vivre cette émotion.  Peut-être la rassurer lui dire que tu comprends sa colère, la frustration de ne pas aller au manège par exemple. Mettre des mots sur le vécut de l'enfant, l'aider à formuler ce qu'elle vit peut-être. Lui demander où ça se situe dans le corps aussi.

Une fois cette étape, lui expliquer que même si tu entends sa colère, de ton côté tu as des impératifs et lui expliquer que même si tu l'aimes même quand elle est en colère, là tout de suite tu dois aller à ce RDV parce que c'est important.

En résumé: acceuillir chez l'enfant, la rassurer sur son ressenti et lui dire qu'elle est aimé malgré ce ressenti difficile et basculer sur ce que tu ressens toi de ton côté. Ca donne des clés à l'enfant, car même s'il ne capte pas tout, il en comprend l'essence. 

Je trouve super que tu t'interroges sur ce type de chose. 

izabelle
Animatrice forum

oui bravo les filles c'est tout à fait ça !

 

ce que tu décris  Lavieenrose,   c'est plus de la frustration que de la colère

quand je travaille avec des enfants, j'essaie de leur faire sentir la différence

c'est de la meme "famille"  mais c'est un peu différent

or la plupart des enfants ne connaissent même pas le mot.....

moi je leur apprends, et même si en général ils détestent ce mot  là,  ça permet  de mettre un mot sur un ressenti,  et donc pour l'enfant de le reconnaitre quand il vient

et s'il le reconnait, ne plus se sentir totalement submergé, car il sait qu'il a déjà vécu ça, qu'il a survécu, que c'est très désagréable mais que ça n'est pas dangereux

à partir de ce moment-là,  l'enfant devient beaucoup plus capable de le vivre, le ressentir,  sans chercher à tout prix  (par une crise)  à faire disparaitre ce ressenti  en essayant par tous les moyens de faire partir cette frustration

 

 

à ma fille je lui dis   "je comprends, c'est très frustrant comme situation"

et en même temps je continue à marcher et je passe à autre chose

 

il faut veiller à ne pas accorder "trop" d'importance à cette émotion,    pour qu'elle devienne banale pour l'enfant, juste une émotion normale, quotidienne  (et bien sur désagréable mais ça fait partie de la vie)

il faut que l'enfant sente que son parent accepte qu'il fasse l'expérience de cette émotion, parce qu'elle est normale, qu'elle fait partie de l'expérience humaine,  et qu'elle n'est pas dangereuse

c'est pourquoi il vaut mieux éviter de parler longuement  (trop d'attention accordée, pour un bénéfice nul),  mais être accueillant, bienveillant émotionnellement,  sans y porter trop d'importance

l'enfant se sentira rassuré émotionnellement  si il sent que le parent  ne se sent pas mis en danger par l'expérience de la frustration

c'est pourquoi il faut déjà être soi-même en bon terme avec la frustration  (de nos jours c'est loin d'être évident....)

Lavienrose.
Abonné
Merci, ça me parle et va m'aider pour fillette ( bientôt 8 ans). Et c'est vrai : la colère / énervement / agacement est mal acceuillie. Izabelle tu dis frustration oui tu parles de l'émotion cachée sous la colère . Par contre un petit de 3/4 ans qui se roule par terre en hurlant, va t il entendre si je lui dis ; que c'est frustrant, que c'est une émotion qu'il a le droit de vivre? Que dis-je, va t-il se lever et marcher, pour aller à ce rdv?
izabelle
Animatrice forum

en fait il n'ya pas de colère

il y a la frustration

et la "lutte"  contre la frustration

qui est illustrée par la crise

l'enfant cherche alors à faire infléchir le parent  pour faire disparaitre la frustration

 

c'est donc important que déjà il enregistre, il expériment dans la réalité  que la crise de roulage par terre ne lui permet jamais de faire disparaitre la frustration

bien sûr il faut qu'il l'expériemente à tous les coups  et un certain temps jusqu'à ce qu'il enregiste que la crise n'est pas efficace, que ça ne "marche" pas

il ne suffit pas de lui dire,  il faut qu'il en fasse l'expérience,  donc bien sûr ne jamais céder à une crise ou à un début de crise, c'est essentiel,  si ça a marché  une fois,  il aura toujours l'idée que ça peut remarcher

 

en parralèle l'aider au niveau émotionnel, et ça  en amont de la crise,  avant qu'elle se déclenche, en mettant des mots sur la frustration et par l'attitude que j'ai décrite ci-dessus

 

 

ensuite si le gamin est en train de se rouler par terre,  moi perso je le prends dans mes bras, je lui dis que c'est inadmissible comme façon de se comporter  et que si le manège entraine de telles crises  il se pourrait bien qu'il n'y ai plus JAMAIS de manège parce que ce n'est pas essentiel dans la vie

et puis je trace, avec le gamin dans les bras, même s'il hurle

j'essaie de bien ressentir l'énervement que je ressens, en pleine conscience (voire la honte), en respirant

et bien sûr il y aura une punition dans ce cas

mais très vite j'essaie d'offir à l'enfant la possibilité de passer à autre chose

 

 

pour ma fille, je ne fais plus aucune punition puisqu'elle repsecte toutes nos règles de vie, mais quand elle avait trois ans,  on en a fait qq unes

c'est aussi un age d'opposition très célèbre  (normalement à 4 ans ça se calme)

 

 

pour l'opposition, ce qui aide c'est de formuler aussi cette opposition avec des mots et d'autoriser l'enfant à s'opposer (mais de décider au final pour les questions importantes, liées aux valeurs)

"je comprends que TU ne sois pas d'accord"  (mais c'est important pour MOI et dns notre famille, d'e^tre à l'herue à un rdv, donc c 'est comme ça)

ça aide pas mal le gamin  à se sentir  "reconnu" dans son droit à s'opposer,  à se ressentir lui-même  (par l'utilisation du JE et du TU,  il faut bannir le "on"  qui n'aide pas l'enfant à se sentir différent de son parent)

Lavienrose.
Abonné
Merci Izabelle pour ces éclaircissements :-))) Ça me rassure !! Les crises s'estompent mais en effet il faudra partir avec mini paquet de colère sous les bras, quelque fois avant que le mécanisme soir acquis. En amont être bienveillant, nommer les émotions, donner/répéter les règles et rester ferme ( dans la bienveillance, je tiens à le souligner ( c'est mon passé qui ressurgit ;-( ) C'est bien ça?
izabelle
Animatrice forum

oui !

la complicité et la bienveillance y'a que ça de vrai !

avec la fermeté  qui cadre et qui rassure

 

depuis hier soir ma fille se mettait un stress haut de gamme parce qu'elle a fait une boulette au collège (oublié de rendre un controle)

donc ça a été l'occasion de discuter de l'imperfection

ce qui l'a aidé le plus, c'est de savoir que moi dans mes bulletins j'avais des remarques de type  "bavarde en cours"   "isabelle pourrait mieux participer"   ou autre imperfection

 

et aussi mon image de défusion préférée.....  wonderwoman  qui se prend les pieds dans sa cape  en tournant sur elle-même pour sauver le monde  et qui s'étale par terre.....

ça l'a pliée de rire et ça lui a permis aussi de s'endormir

 

j'ai remarqué que la complicité aide vraiment l'enfant à mieux accepter ce qu'il ressent, parce qu'il voit que c'est humain, normal,   presque anodin finalement

c'est bien pour les enfants hypersensibles qui sont très vite submergés par la force de leurs ressentis

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