Un reflet croisé ds le miroir... et tout s'effondre - 10012013

HelloMe.
Abonné

Bon, je sais qu'il faut que j'aille d'urgence faire un peu de RPC tout ça, mais j'avais surtout envie de parler :) je sais pas, ça m'aide plus parfois je crois, surtout quand le moral est bas. JE reviens d'une scéance d'orthophonie avec mon fils, et l'ortho a la bonne idée de mettre un immense miroir au mur...

Depuis 8 jours je perds du poids, je me sens mieux ds mes fringues, je me sens déjà un peu revivre, comme une libération. Autant dire j'ai la pêche !

Mais de passer 45 min avec une femme toute mince à côté de moi et face à un miroir... je sais aps comment dire, c'est comme si d'hbaitude je me regardais sans référence dans mon moroir. Là, il y avait qqn d'autre et j'ai réalisé que j'étais monstrueuse (oui j'emploie le mot parce que c'est mon ressenti, et me dire le contraire ne sert à rien pour l'instant :p).

Donc voila, bof bof, je rentre chez moi, je susi mal, je n'arrive plus à savoir si j'ai faim ou pas, c'est la panique face au frigo, le défaitisime.... la route paraît parfois trop longue à faire

Commentaires

izabelle
Animatrice forum

HelloMe, de tout coeur avec toi

se confronter à ceci a du être vraiment pénible

le ressenti en question, est-ce bien?   ressenti d'être un monstre?

 

tu pourrais faire l'exercice suivant, pour t'aider à accueillir ce ressenti bien pénible tout en prenant suffisamment de distance pour pouvoir le supporter

imaginer une affiche de film fantastique avec un gros titre : "Hellome (enfin plutôt ton vrai prénom), le monstre à 10 têtes...."

si ça fait marrer doucement, c'est gagné....  sinon c'est pas grave, mais il faut que ça corresponde vraiment avec ce que tu ressens, avec une légère accentuation pour éventuellement un effet comique (en option)

à chaque fois que tu sens la peine t'envahir, pense à cette affiche, c'est ce film là qui se joue dans ta tête depuis que tu as vu ce miroir, et pourtant tu étais la même avant

ce qui se passe maintenant, c'est une histoire qui se raconte, une histoire bien pénible, bien blessante, qui réveille d'anciennes blessures sans doute

mais ça reste une histoire, rien n'a changé autour de toi

 

voilà ce que je pourrais te conseiller pour pouvoir vivre ce ressenti sans qu'il t'entraine dans toutes ces ruminations mentales

 

courage à toi

Sylvie75.
Abonné

Ce qu'il y a de bien aussi, c'est qu'avec la RPC, tu vas renouer avec ton corps de l'intérieur. Et de l'intérieur, ton corps te dit bien des choses, agréables ou non, mais très différentes de ce qu'un miroir peut te dire. Et le corps perçu de l'intérieur n'est pas moins vrai que le corps perçu de l'extérieur, par les autres.

didil.
Abonné

Nous avons trop souvent tendance à nous voir par notre image extérieure (celle du miroir). Or si nous regardons les autres, surtout ceux que nous aimons, c'est leur image intérieure qui nous plaît et nous touche et qui fait que nous les aimons. Nous devons apprendre à nous aimer de l'intérieur. Il y a tellement de belles choses en chacun de nous !

HelloMe.
Abonné

Merci pour vos réponses à toutes :)

Oui j'ai ri en imaginant le monstre à tout plein de têtes, c'est bon signe ;)

Bien sûr je suis un être intérieur et extérieur, je vis plutôt de façon très assumée quant à mon physique, je ne m'interdis rien et mon discours à ce sujet est d'ailleurs toujours assez militant (je hais l'association gros/laid faite si couramment). Je crois que ce qui me touche est pourtant bien légitime, disons que je constate un état de fait antérieur, dont je n'avais pas conscience, qui certes ne change pas mon ressenti (je suis idem avant/après en mon for intérieur) mais qui me montre ce que voient les autres. Et je trouve que ce que je montre aux autres est assez monstrueux oui, j'assume le mot.

Or, il n'y a aucun doute sur le fait que les autres me voient ainsi, jugent beaucoup les gros (surtout les personnes très grosses naturellement), donc ça me peine de me dire que je vais encore être regardée de travers pendant un bon moment...

En fait, je pensais que après quelques kgs perdus je serai plus "anonyme" dans la foule, or il semble que ça va prendre beaucoup de temps.

Je ne sais pas si je suis claire, mais je crois que ma peine vient tout simplement de la discrimination et de la prise de conscience que celle-ci va encore durer longtemps, voila

Sylvie75.
Abonné

Juste pour relativiser : 15% d'obèses en France, c'est assez banal. Je pense que les gens deviennent de plus en plus tolérants. Bon, il y aura TOUJOURS des crétins, mais la moyenne s'améliore, et comprend davantage que c'est une maladie. Bon alors, je ne sais pas le chiffre de l'obésité massive... je vais chercher d'ailleurs.

HelloMe.
Abonné

Oui, c'est vrai, cependant je pense que c'est une des dernière stigmatisation/discrimination encore largement tolérée et partagée. Même une maman d'élève (attention très gravos) m'a tourné le dos ostensiblement en parlant à d'autres mamans. J'ai su par l'une d'entre elles qu'elle ne supportait pas ma vue (ou quelque chose dans ce goût là...). 

Il ne faut pas s'adapter aux c...s mais on vit avec et passer plus inaperçu est juste un rêve pour moi :)

fadinarde.
Abonné

Oulala!! 

Je connais bien ton problème, mais moi je le vis au quotidien depuis 3 ans et demi...

Je travaille dans un magasin de robes de mariées, le magasin est recouverts de miroirs du sol au plafond, de tous les côtés, dans tous les recoins....

Je ne suis pas en réel surpoids, mais j'ai quand-même des problèmes à gérer mon image.... 

Quand je pars de chez moi, le dernier coup dôeil dans la glace, tranquille et seule me renvoie une image positive...

Et tout change dès mon arrivée au boulot.

L'autre jour d'ailleurs j'ai pu tester les effets de "comparaison"... Ma première cliente était très jeune et très très mince (pas beau d'ailleurs, un physique enfantin...) et je me suis sentie énorme et affreuse....

La suivante venait d'accoucher, accusait 20 kilos de trop au compteur, et là je me suis sentie plutôt bien ;o)

 

C'est l'horreur... J'aimerais assez me détacher de tout ça! (Je vais changer de boulot en fait! Ce sera plus simple) wink

Sylvie75.
Abonné

Voilà quelques chiffres de 2009 glanés sur Internet...

14.5% des français adultes sont obèses, dont 10.6% obésité simple (j'en suis), 2.8% d'obésité sévère et 1.1% d'obésité massive.

Sur les 12 années précédentes, le pourcentage d'obèses sévères a doublé, et celui d'obèses massifs a quadruplé...

La bonne nouvelle, si l'on peut dire, c'est que ça se banalise. 1% d'obèses massifs, s'ils sortaient autant que les autres, on en verrait très souvent dans la rue.

 

Ceci dit, pardon pour le hors-sujet. Je sais de quoi tu parles, se sentir monstrueuse, et ça n'a que peu à voir avec les statistiques. A chaque fois que je voyais une photo de moi quand je pesais 108K (mon poids le plus fort, il y a... 2 ans), ça me faisait le même effet que si l'on m'avait insultée copieusement, les joues me cuisaient, je me sentais si triste, si humiliée ! Et pourtant, je n'étais "que" en obésité sévère et c'était l'homme qui m'aimait qui ne pouvait pas résister à me prendre en photo.

 

:)

080413075303_Rikki.
Abonné

Hellome, c'est dur dur les miroirs... je suis souvent obligée de m'asseoir face à la télé quand on mange au bistro le midi, moi qui DETESTE les télés et que ça dérange beaucoup pour manger, pour éviter de manger face au miroir... je préfère encore me prendre toute la misère du monde, présentée par une gourdasse, dans la figure, que de manger face à ma tronche. 

Bon, dans l'idéal, ce serait "ni l'un, ni l'autre", mais on vit dans la réalité, et depuis qu'on peut respirer dans les bistros parce qu'on n'y fume plus, on ne peut plus s'y détendre à cause des télés. Hors sujet. 

 

Par contre, je voulais te parler d'une analogie avec les photos. Là, je viens de regarder des photos de Noël. Quand ma fille — qui est ravissante — a l'air d'une monstresse sur une photo, je dis "Ouh la la, la photo est ratée". Quand moi j'ai l'air d'une monstresse — c'est fréquent, bien sûr — je me dis "Ouh la la, c'est moi, ça ?"

Cherchez l'erreur...

 

HelloMe.
Abonné

[quote=Sylvie75]

Ceci dit, pardon pour le hors-sujet. Je sais de quoi tu parles, se sentir monstrueuse, et ça n'a que peu à voir avec les statistiques. A chaque fois que je voyais une photo de moi quand je pesais 108K (mon poids le plus fort, il y a... 2 ans), ça me faisait le même effet que si l'on m'avait insultée copieusement, les joues me cuisaient, je me sentais si triste, si humiliée ! Et pourtant, je n'étais "que" en obésité sévère et c'était l'homme qui m'aimait qui ne pouvait pas résister à me prendre en photo.

 

:)

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Oui, moi aussi j'ai un regard bienveillant à la maison, même plus d'ailleurs, et je me demadne si ça ne m'a pas fait un plus grand choc à cause de ça :) je m'imaginais au travers du regard de mon amoureux, et c'était drôlement plus chouette que la réalité !

HelloMe.
Abonné

[quote=Rikki]

Par contre, je voulais te parler d'une analogie avec les photos. Là, je viens de regarder des photos de Noël. Quand ma fille — qui est ravissante — a l'air d'une monstresse sur une photo, je dis "Ouh la la, la photo est ratée". Quand moi j'ai l'air d'une monstresse — c'est fréquent, bien sûr — je me dis "Ouh la la, c'est moi, ça ?"

Cherchez l'erreur...

 

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Oui, c'est une bonne anecdote/remarque :) très parlant !

Mon ressenti c'est que d'accepter qui je suis et aller mieux passe aussi par une acceptation du fait que je ne suis pas si belle que je le voudrais, en tout cas dans le regard des autres. Je crois que jusqu'ici j'avais nié cet état de fait et que je vivais ds une bulle. Me rendre compte de la réalité me semble faire partie aussi d'une thérapie du mieux être.

Cela ne veut pas dire que je vais pour autant accepter d'être regaréde de travers ou jugée à cause de mon poids, non ça hors de question. Mais en revanche, je dois accepter que je ne suis pas telle que je l'imaginais et que objectivement, oui, je dois faire un travail sur moi même pour changer.

liliprune.
Abonné

bonjour,

 

En lisant, on voit bien que les gens les plus critiques envers nous même c'est bien nous!

Notre intransigeance envers notre reflet et la façon dont nous envisageons le regard et les pensées des autres est affligente. Ce qui m'aide dans ces moments d'auto-insultes particulièrement douloureuses, c'est de me raccrocher à  l'idée que je ne sais pas ce que pense la personne à coté de moi et qu'elle a surement d'autres choses à penser qu'à mon physique!! Alors, tout doucement, mes pensées s'adoucissent et la bienveillance reprend sa place.

Pour autant, je sais quel calvaire ce peut-être et je te souhaite très sincèrement de progresser dans "l'auto-bienveillance" :)

Bon couragesmiley

Sylvie75.
Abonné

Bien vu Liliprune !

Si ça se trouve la jolie orthophoniste se voyait dans la glace et se disait "Pouah, j'ai un teint de cadavre aujourd'hui." et ton fils "Ce que j'ai l'air con devant cette glace."  hihihi

mistigri.
Abonné

J'ai un souvenir d'adolescence que je n'arrive pas à oublier et qui ressemble un peu à l'expérience d'Hellomone devant le miroir de l'orthophoniste :

 J'étais en première, c'était la rentrée scolaire, et depuis quelques semaines, j'essayais de manger un peu moins, car je constatais un décalage entre mes camarades et moi-même, cela me réussissait et je me sentais mieux, et plus jolie.

En sortant, j'ai dépassé deux garçons qui avaient à peu près mon âge, ou un peu moins et j'ai deviné plutôt qu'entendu que l'un faisait une réflexion négative à l'autre sur mon surpoids (pourtant très léger mais à l'époque, les ado étaient plutôt maigres) et l'autre a répondu : "C'est comme ma soeur, elle mange des glaces toute la journée, et après, elle pleure parce qu'elle est grosse!"

Cette réflexion qui n'était pas vraiment méchante, à une période de ma vie où j'avais envie de plaire aux garçons...c'est un peu comme le miroir, comme le jugement social....comme une condamnation dans mon dos! Et des glaces, je n'en mangeais jamais.... je me suis dit que c'étaient des petits c..s....mais la blessure est encore là .

 

HelloMe.
Abonné

[quote=mistigri]

J'ai un souvenir d'adolescence que je n'arrive pas à oublier et qui ressemble un peu à l'expérience d'Hellomone devant le miroir de l'orthophoniste :

 J'étais en première, c'était la rentrée scolaire, et depuis quelques semaines, j'essayais de manger un peu moins, car je constatais un décalage entre mes camarades et moi-même, cela me réussissait et je me sentais mieux, et plus jolie.

En sortant, j'ai dépassé deux garçons qui avaient à peu près mon âge, ou un peu moins et j'ai deviné plutôt qu'entendu que l'un faisait une réflexion négative à l'autre sur mon surpoids (pourtant très léger mais à l'époque, les ado étaient plutôt maigres) et l'autre a répondu : "C'est comme ma soeur, elle mange des glaces toute la journée, et après, elle pleure parce qu'elle est grosse!"

Cette réflexion qui n'était pas vraiment méchante, à une période de ma vie où j'avais envie de plaire aux garçons...c'est un peu comme le miroir, comme le jugement social....comme une condamnation dans mon dos! Et des glaces, je n'en mangeais jamais.... je me suis dit que c'étaient des petits c..s....mais la blessure est encore là .

 

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Oui, en fait ce n'est pas controlable ce ressenti, ça submerge...

liliprune.
Abonné

Oui ça submerge c'est vrai

mais je pense que ce sont deux experiences différentes:

d'un coté il y a les actes réels qui font mal comme cet idiot qui pense que les gros mangent des glaces toute la journée et qui se prive pas pour le dire assez fort pour qu'on entende: dans ce cas, la blessure et l'humiliation est une réaction presque inévitable.

et dans d'autres circonstances, ce sont nos pensées négatives ainsi que nos propres interpretations des pensées des autres qui nous font du mal mais  sur lesquelles nous pouvons agir puisque nous en sommes la cause, d'une certaine manière.

Si déjà nous essayons de ne pas mettre tout dans le meme panier on aura un peu moins l'impression que tout le monde est unanime à notre sujet. Je sais pas si je suis très clair...

Enfin bref, c'est ma façon à moi de tenir :)

enjoy!

HelloMe.
Abonné

Oui, on a pas le choix que de mettre à distance les réflexions des autres sur soi... et les siennes propres :) c'est vrai qu'il ne faut pas s'en rajouter !

viviette.
Abonné

Bonsoir, à toutes,

Allez, on avance, on avance ;;;;;; Souchon, vous connaissez!

 

Super, ce fil, on est au coeur du problème de soi face à soi et aux autres. Mettre des mots sur tous ces ressentis ne peut que nous faire avancer. Mais, c'est vrai, dans l'immédiat, qu'est ce que çà peut faire mal. Et puis on accepte, et là je rejoins Izabelle, et on libère ces pensées anxiogènes qui ne sont que des pensées.

On a toutes connu des personnes "je vais dire bien en chair" mais qui ont une pêche d'enfer, et qui sont belles, et qu'on envie parfois pour leur dynamisme, et avec lesquels on se sent bien. Je pense qu'il faut savoir s'assumer. Bon, si on est là, c'est que tout n'est pas encore au top.

Mais tout ce que vous racontez, c'est tout ce que nous avons subi, et les mettre au jour, comme çà, nous permet de dédramatiser, et de se dire que l'on est pas toute seule. Reprendre confiance en soi.

 Plus nous mettons des mots sur nos maux, plus ceux-ci s'appaisent.

Merci pour tous vos témoignages

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