Comment répondre aux injures anti-gros ? - 13102012

Sylvie75.
Abonné

Bonjour,

Et si l'on recensait froidement ici, entre gros, ce que l'on s'est pris dans les dents ?

Pour moi, le pire a été pendant l'adolescence, j'ai toujours été un peu grosse, et je m'en suis pris plein la tête, par la famille en particulier. Ce qui est curieux, quand je fais le bilan de cette période, les réflexions les plus méchantes, celle que j'ai retenues jusqu'à aujourd'hui donc, venaient soit de garçons ados, soit de grosses femmes...

- d'un frère en particulier (sur les 3)  "grosse vache !"

- pendant une ballade (que je faisais pour maigrir), des garçons inconnus "Ouh le cageot, le cageot !"

- de la mère (très grosse) d'une copine (toute petite et maigre) à propos de mes cuisses en short  "Eh ben ! sacrés jambons !"

- de ma tante (grosse) quand j'avais 13 ans "Mais ce ne sont pas des seins que tu as, c'est de la graisse !"

- de mon cousin (25 ans) quand j'avais 15 ans et que nous rentrions de la piscine "Bon dieu, mais qu'est ce qu'elle est grosse, Sylvie !"

 

Clairement, c'est entre 11 et 15 ans que j'ai eu à subir de ces remarques assez odieuses.

Ensuite, ça s'est calmé. Les années lycée, les années fac, très cool à cet égard, bien plus tolérantes.

Le problème est revenu quand j'ai enseigné, d'une seule façon, mais sacrément violente... Des élèves (de bonne foi ou pas, je ne saurai jamais) me demandaient "Madame, vous êtes enceinte ?"

La première fois, ça fout une claque.

A un taxi avec mon chéri (pour une fois qu'on le prenait lol, ça m'en a définitivement dégoûté) un homme bourré en costard cravate "Je vous cède la place, je vois bien que madame est enceinte". Là, l'erreur de bonne foi est évidente.

Enfin, bien plus récemment, la nièce de mon tendre, petite fille de 5 ans

"Sylvie, tu es grosse ! tu es grosse !"

 

Docteurs ? Et vous autres forumeurs, vous faites quoi dans ces cas-là, vous réagissez ? Sur quel mode ? Que peut-on dire qui nous soulage nous devant une charge aussi lourde, quand c'est une injure volontaire avec intention de nuire. Que peut-on dire quand c'est une maladresse qui nous blesse ?

Je n'ai pour ma part réagi que deux fois, car j'étais assez grande, tout simplement.

A l'élève qui me demandait si j'étais enceinte "Non, je suis juste grosse. " Et je passais à la suite de mon cours, mais bien entendu, les autres élèves faisaient un "han" gêné, voyant que le questionneur avait gaffé.

Quant à ma nièce de 5 ans, elle me l'a dit une première fois, sous forme de constat. Ca m'avait beaucoup blessé mais je ne me l'étais guère avoué et ne lui avait rien répondu. Puis elle a recommencé en le criant un jour où elle était fâchée contre moi. Là, je l'ai pourrie jusqu'à ce qu'elle ait les larmes aux yeux, et elle n'a jamais recommencé. Je voulais qu'elle comprenne que c'était grave, très grave de me parler ainsi.

 

Commentaires

Savi.
Abonné

Ahlala ... ils laissent des traces tous ces mots venimeux ...

Moi aussi, j'ai du faire face au "c'est pour quand le bébé?"; d'autant plus cruel que mon mari et moi étions suivis médicalement pour en concevoir un, de bébé :-(

Une autre fois, je me baladais, et il y avait un groupe de jeunes hommes assis qui "mataient" les filles ... quand je suis passée devant eux, un a dit: "Ah, celle-là, un bon 46!" ...

Dans un genre différent: une de mes tantes, obsédée par la minceur, m'a pris les joues en les pinçant et en me disant: "Mon Dieu, le mariage, ça ne te réussit pas!" ...

Et enfin, dans la lignée "la vérité sort de la bouche des enfants", le fils d'une collègue, maigrissime, m'a dit après m'avoir fait la bise que j'avais des grosses joues ... Cette fois-là, j'ai ri ... j'ai préféré avoir mes grosses joues accueillantes pour les bisous que les joues creusées de ma collègue (très sympa au demeurant).

Je n'ai pas souvent trouvé LA répartie, car j'étais blessée, et mon réflexe était de me réfugier dans un silence et dans un "je ne veux pas me faire encore plus remarquer en répondant" ...

Heureusement qu'à côté, il y a eu des jolis mots dits sur mon physique. Le plus beau: pendant une semaine de sports d'hiver, nous étions dans une salle d'attente bondée ma petite fille de 4 ans et moi, nous attendions patiemment notre tour, c'était silencieux, les gens ne se regardaient pas et se lamentaient sans doute intérieurement de cette longue attente ... quand ma fille, soudain, se tourne vers moi, me regarde et dit bien haut "Maman, tu es la plus belle!" ... Waouw! Je suis devenur rouge pivoine, mais de bonheur cette fois, et bien sûr, les autres ont émis des "ooooh, comme c'est mignon" ...

charlotte25.
Abonné

bonjour Sylvie, j'ai 54 ans et des mots blessants, j'en ai entendu toute ma vie, mais étant plutôt timide enfant, je pleurais en silence, je ne répondais pas.

Ni ces dernières années d' ailleurs...

j'ai connu, dans le désordre :

grosse patate

Babar (que les autres enfants chantaient a chacune de mes arrivées)

un prof en sixième : "on dirait une grosse vache qui regarde passer les trains"

a la piscine, avec d'autres personnes obèses venus en clinique "pour maigrir" : attention le troupeau d'éléphants qui arrive!"

a ma communion "on ne dirait pas une communiante, mais une mariée"

le plus récent, dans la rue un homme me bouscule volontairement en disant "pousse toi de la gros tas"

L'épisode que j'ai le mieux vécu, où je ne me suis pas laissée déstabiliser : il y a une douzaine d'années, dans une bibliothèque avec des élèves de primaire (CE2-CM1) j'animais un atelier sur la différence et un enfant m'a citée en exemple pour illustrer la différence physique " ben toi t'es grosse". J'ai fait le tour de la classe et chacun a du s'autocritiquer librement "j'ai un gros nez" "j'ai des cheveux moches" " je suis trop foncé"... et on en a conclu que c'était très douloureux d'entendre critiquer son physique. J'espère avoir su ce jour là semer la graine de la tolérance dans leur petite tête...

Maintenant je n'entends plus trop de choses blessantes et je crois que je serais prête a riposter s'il le falait

J'ai entendu aussi de belles choses comme "ton tour de taille est proportionnel a ta gentillesse" et "tu es ronde mais on l'oublie parceque tu es tellement gentille"

ca n'afface pas tout le reste, mais ca fait un bien fou!

Charlotte

mistigri.
Abonné

J'aime beaucoup le compte-rendu de Charlotte sur son expérience avec les élèves, pour apprendre la tolérance. Accepter les différences des autres, permet d'accepter sa propre différence et vice-versa... nous nous retrouvons dans la bienveillance.

Voici mon dernier souvenir cuisant :

Avez vous connu le feuilleton "les femmes d'à côté" ? Les camarades de ma fille, qui était à l'époque en primaire, lui avaient dit que j'étais "comme Madame Bellefeuille"..... ce qui ne lui avait pas plu, car elle ne me voyait pas comme ça : Madame Bellefeuille était la grosse de service dans cette série....et en plus, pas sympa et bête.... et je crois d'ailleurs que son personnage a évolué au cours du temps..... peut-être sur demande de l'actrice, qui en avait marre de cette caricature.

J'ai bientôt 63 ans, et depuis une quinzaine d'années, je n'ai entendu aucune réflexion désagréable par rapport à mon poids. C'est un peu le privilège de l'âge; Je suis maintenant fondue dans la masse des Mamies, qui sont souvent une peu rondes, et plaisent quand même à leurs petits enfants.

Bises à toutes

Sitâ.
Abonné

Il y a une sorte de paix dans ton dernier paragraphe, Mistigri. C'est très doux :)

Ca m'inspire quelque chose de dangereux, parce que ça peut être perçu comme un "vieillir : finit de séduire" que je ne pense pas du tout.
Tant pis je me lance, j'expliciterai après : j'ai 25 ans, et arriver à un moment de mon existence où le monde extérieur foutra enfin la paix à mon apparence physique me tarde énormément. Je voudrais récupérer mon corps. Et aussi, si les gens en avaient la bonté, ne plus être réduite à l'image que j'offre.

Du coup, comme je ne suis pas assez courageuse pour jeter de moi-même tout ça par dessus les haies, j'attends que la vie veuille bien me l'offrir. 
Je me doute de ce que vous allez me dire, que le diktat de l'apparence n'épargne personne, jusqu'à la mort. Mais comme le dit Mistigri, arrive un moment où le stéréotype auquel il faut coller est plus sympa, plus détendu. 

D'ailleurs quand j'y pense, j'aimerais bien avoir ne serait-ce qu'UNE relation où je n'aie rien à prouver du tout, physiquement. Ni dans la séduction, ni dans la comparaison, ni dans le jugement.

Et si possible, avec quelqu'un d'autre que mon chat.

mistigri.
Abonné

Sita,

Il y a quelque chose que j'apprécie beaucoup en toi.... c'est ton style, ta maturité....ton intelligence émotionnelle ! Dans ma longue expérience professionnelle et personnelle, j'ai rencontré beaucoup de gens : ceux que j'ai apprécié le plus sont les gens qui ont une intelligence émotionnelle, qui s'intéressent vraiment aux autres, et savent aimer et se remettre en question et alors seuls, pour moi, ces gens sont beaux....  Il n'y a pas que les humains à aimer .... il y a aussi les animaux.....je pense que les chats ont une sensibilité supérieure, j'en ai deux et j'en ai même eu trois!

PS : j'aime encore plaire

Sitâ.
Abonné

[quote=mistigri]

PS : j'aime encore plaire

[/quote]

Et je ne doute pas une seconde que tu plaises. C'est le contraire qui me paraitrait bizarre :) 

C'est ce que je voulais dire, précisément : la séduction ne devrait pas avoir à voir avec les normes sociales. Dans la mesure où nous sommes des individus et pas des populations statistiques (oui, j'ai cette prétention !), ça ne devrait avoir que des tenants et des aboutissants individuels. Phéromonaux, intellectuels, émotionnels, esthétiques, que sais-je... mais d'un individu à un autre. C'est ça, que je languis d'atteindre. Un rapport d'humain à humain, avec des gens qui ne m'évalueraient que selon leur propre échelle de valeur. Et j'espère vraiment que l'âge, sinon mon propre courage, m'y aidera.
Mais bon, si ça n'arrive jamais c'est pas grave. Ne pas vivre en Utopie ne m'empêche pas de rire tous les jours o/

Merci pour ta gentillesse, ça me touche beaucoup, beaucoup.

Et pardon Sylvie, je crois que j'ai créé un aparté totalement hors-propos dans ton topic x)

Sylvie75.
Abonné

Et je contemple votre apparté, l'accueille avec bienveillance, et gentiment mais fermement, reviens à mon sujet... (lol)

Maintenant en réfléchissant, je compte procéder ainsi, quand c'est quelqu'un de mes connaissances, pour montrer à l'agresseur que c'est lui qui a un problème, pas moi. Je vais apprendre cela par coeur. Car l'agresseur a toujours de son côté l'effet de surprise, et il faut pouvoir dégainer notre réponse même si l'on est estomaqué...

Si adulte

Je ne t'autorise pas à m'injurier sur mon physique. Tu es peut-être raciste ou homophobe, tu adores peut-être toutes les discriminations. C'est ton problème et ça se soigne, moi, je ne veux pas en faire les frais.

Si enfant.

Je ne t'autorise pas à me dire des méchancetés sur mon physique. Tu as déjà vu des handicapés ? Des gens en fauteuil roulant ? des aveugles ? des trisomiques ? Ils te font rire ? Tu te moques d'eux ? Eh bien tu es bien méchant(e) et je ne parle pas d'éducation là, je parle de quelque chose de plus grave, si tu n'es pas capable de comprendre à quel point c'est méchant et à quel point il ne faut plus jamais faire ça !

 

 

 

Savi.
Abonné

Sita et Mistigri, votre aparté est intéressant, et pas tout à fait hors du sujet de Sylvie, du moins, c'est mon avis ;-)

Je partage l'avis de Mistigri, j'aime aussi beaucoup tes écrits, Sita. Pertinents, justes, beaux, touchants, remplis de toi. Bien sûr je ne te connais pas, mais écrire ici c'est livrer une partie de soi, et c'est une évidence qu'il y a de l'intelligence émotionnelle dans tes posts. Merci pour cela! Je te souhaite vraiment de vivre une rencontre (amicale, amoureuse, professionnelle) où tu ne te sentiras pas jugée. Je peux témoigner du fait que j'ai vécu ce genre de relation avec mes enfants, du moins quand ils étaient petits. Amour inconditionnel total! 

Mistigri, 63 ans à l'heure actuelle, c'est encore si jeune! Même si tu es déjà mamy! Je comprends que le regard des autres sur toi est plus bienveillant car la rondeur sied à une mamy ... et peut-être que cela aide à poser sur soi-même un regard plus bienveillant aussi?

Savi.
Abonné

C'est chouette, Sylvie, que tu aies réfléchi à ce que tu pouvais répondre à un adulte ou un enfant qui te dit des choses qui te blessent.

Mieux vaut y réfléchir "à froid" et l'avoir sous le coude que de s'en vouloir après parce qu'on n'a pas réussi à répondre qqch, à se défendre ...

J'apporterais une nuance à tes paroles si je devais les faire miennes, car je sais qu'un enfant n'EST pas méchant, menteur, voleur , etc. Il DIT des méchancetés, il DIT des mensonges, il COMMET un vol, ça n'en fait pas de lui un méchant, un menteur, un voleur, ect. J'ai trop peur des étiquettes, pour en avoir reçue 2 étant enfant (GROSSE et MENTEUSE) ... comme si mon être se réduisait à ces 2 étiquettes, en somme.

A vrai dire, c'est valable aussi pour des adultes ... il y en a qui se complaisent dans les propos critiques, cyniques, acerbes, ... cela fait-il d'eux des gens critiques, cyniques, acerbes? Je ne le crois pas ...

Belle journée!

Sitâ.
Abonné

Pardon de dévier encore, mais je me sens un peu obligée de défendre l'honneur de mon amoureux :p
Je vis ce type de relation actuellement, Savi, si je suis honnête avec moi-même. Il me dit que je suis belle (rien de bien original) à des moments où j'ai juste l'impression de sortir d'une grotte, il ne m'a jamais mis la pression pour que je colle plus à une norme - tout en ne voyant pas de souci à ce que je le fasse si ça me rendait heureuse. La seule pression, dans le fond, c'est celle que je me mets parce que j'ai le sentiment que cette inconditionnalité est la marque des débuts (on est ensemble depuis 1 an et demi environ) et que je n'ai pas trop intérêt à me reposer sur mes lauriers si je veux éviter de le voir filer d'ici deux ou trois ans avec une nana pour qui la beauté sera un enjeu. Mais dans le fond, ce que je décris, je le vis.
Simplement, je voudrais que ça ne soit pas une brillante exception, mais la norme de base de mes relations aux autres.

(Et merci pour ton regard sur moi, vous avez toutes une bienveillance que je n'ai jamais rencontré ailleurs !)

Bon. Du coup je vais apporter ma pierre à l'édifice des injures anti-gros, pour me faire pardonner par Sylvie ^^

Les plus marquantes, pour moi, ont été celles-ci :

- Au lycée, un connard comparant mon cul avec celui d'une autre fille, nettement plus mince : "l'Enfer et le Paradis". 
J'ai fait semblant de ne pas avoir entendu, et je n'ai pas compris pourquoi, sur le moment, l'autre fille avait l'air aussi agacée. Elle ne m'aimait pas, on lui faisait un compliment, dans mon esprit elle aurait dû sourire. Des années plus tard, je crois qu'à sa place j'aurais mis une grande baffe dans la bouche qui venait d'émettre ce fameux "compliment".

- Il y a 6 ans, dans un supermarché, j'en avais marre je voulais rentrer. Je refuse de laisser passer un type un peu éméché, avec un pack de bières. Il m'a pourrie devant tout le monde, avec notamment deux répliques très cool : "Ah mais c'est pas une madame, c'est une jeune dame !" et "T'es grosse, personne voudra jamais de toi que pour te baiser."
J'ai juste avancé, les larmes aux yeux et en faisant semblant d'en rire, devant les caissières qui me regardaient avec compassion. A l'époque, j'étais fiancée. Et pourtant, ça a touché une partie de moi que je n'imaginais pas. Je n'ai jamais eu de problème pour séduire, jamais été seule... Mais à cet instant-là, ce type abject a réussi à casser ce petit truc que j'avais pour moi, à me faire me demander si ce n'était pas simplement parce que j'étais facile d'accès. Parce qu'il n'y avait pas de challenge, avec une grosse, et que ça aidait les gens qui n'avaient pas trop confiance en eux. 
Je me le demande encore aujourd'hui, dans les moments off.

- Quelques années plus tôt, la mère de mon copain du moment, qui accumulait les réflexions visant à prouver qu'elle avait teeeellement maigri et que je ferais bien d'en faire autant. J'ai fait la fille qui ne comprend pas le message, avant de placer un petit "C'est vrai oui, mais la peau est quand même très flasque après non ?"
Pas de pitié, c'était une connasse. Je suis assez fière de celle-là.

- Vers la même période, une gonzesse assez moche, flasque pour le coup, qui m'aborde dans la rue alors que j'allais prendre le métro avec mon copain : "Excusez-moi, mais j'étais comme vous avant... Il y a des solutions, vous savez." Et de me tendre un petit papier avec un truc miracle pour perdre du poids, je ne sais plus quoi. 
J'ai senti monter un truc en moi, pas de honte du tout, mais juste une profonde colère que ce pur cageot estime que j'aurais pu vouloir lui ressembler. Ma réponse a été "Tu veux que je te défonce ?". Puis je l'ai répété, pendant qu'elle essayait de calmer le jeu. Apparemment, elle ne voulait pas. 
Mais bon, elle ne faisait clairement pas le poids (Non je n'ai pas honte de cette blague XD)

J'ai ce qu'on appelle du caractère, pas mal de répartie aussi, mais les deux exemples où je suis restée clouée à souffrir en silence, et même les deux autres où j'ai répondu pour faire mal prouvent très bien que je ne sais pas gérer cette intrusion brutale dans un domaine qui devrait être exclusivement le mien : mon corps, et les jugements sur lui.
C'est à peu près tout, sur les 6 dernières années. Pas d'invectives dans la rue, pas d'enfant cruel (je n'aime pas les enfants, et je crois que ça se voit), je crois que d'une certaine façon j'ai eu de la chance de ne subir "que ça". 

Mais par contre, je me suis surprise, assez honteuse d'ailleurs, à penser ce genre de saloperies. Mon amoureux actuel a une ex relativement obèse, et qui accessoirement me hait. Elle a dit des choses assez abjectes à mon propos, à propos des sentiments que lui a pour moi, que je ne lui ai pas pardonnées. Et dans des moments de grande colère à son propos, il m'est arrivé de me retenir de la descendre devant lui sur son poids. Et j'admets que je ne me retenais que pour lui, qui l'a trouvée belle un jour (même si pas bien longtemps, na). Je crois qu'à une occasion je n'ai pas su me retenir, d'ailleurs. Ca a pris la tournure d'une blague, et j'ai senti cette blague dégueulasse me polluer la bouche pendant longtemps.
J'éprouve toujours un vague dégoût, quand je pense à lui avec elle. Et malheureusement, je sais que ça a entre autres à voir avec le fait que je la trouve laide, et que je le trouve, lui, tellement beau. Comme si leur proximité le souillait, quelque part. Ca fait partie deces choses que je ne peux pas m'empêcher d'éprouver, mais dont je ne suis pas fière du tout.

Pour la petite histoire, je n'avais jamais évoqué quoi que ce soit de ce qui précède avec qui que ce soit. Donc, je ne sais pas... Merci d'exister ? :)
Et merci d'avoir lu. 

gaelle52.
Abonné

Bonjour Sylvie,

C'est terrible comme on se souviens bien de ces mauvais moments, de ces petits mots qui nous ont blessés.

Celui qui ma le plus blessé et qui me restera à vie, est comme toi la même insulte et venant de ma petite soeur "Grosse vache".

Ensuite, j'ai du en avoir beaucoup pendant la période du collège et encore un peu au lycée et comme tu dis ça s'étompe plus en avance dans la vie, maiss il y a toujours des exceptions.

Je me rappelle qu'à ma rentrée à mon BTS, je n'avais pas encore trouvé d'appartement pour me loger alors le lycée m'avait gentiment hébergé dans leur internat. Un soir, à la sortie de ma douche, que j'avais bien pris soin de prendre pendant un temps où il y avait personne, je traverse le couloir menant à ma chambre et je vois une ado assise parterre entrain de téléphoner à sa mère et je ne sais pourquoi, je m'arrête et je l'entends dire à sa mère (elle ne me voyait plus car j'avais tourné dans un autre couloir), elle lui a dit " maman, je viens de voir un truc immonde, un grosse en cheminse de nuit avec plein de bourrelets". J'étais attérrée car d'une, j'avais essayée de passer le plus inaperçue possible, d'avoir mis une chemise de nuit assez large pour ne rien voir, et de l'autre j'en revenais pas que la mère soit assez "conne (excusez moi le terme) pour laisser parler ainsi sa fille (qui devait sûrement se prendre pour une déesse) et de ne pas la reprendre, d'aller dans le sens de sa fille, et en quelques sortes de légitimer sa façon de penser.

Bien sûr, je suis rentrée dans ma chambre et j'ai fondue en larme. Je me suis reconnue en lisant vos réponses, car moi aussi, je n'ose pas répondre, j'essaie de me fondre dans le paysage et je suis très timide.

Heureusement, il y a aussi des personnes qui savent nous dire de bonnes choses.

Pour ma part, c'est un ami de lycèe, qui une fois revenu de la piscine, m'a avoué que vu comme je m'habillais, il avait été agréablement surpris de voir que je n'étais pas aussi grosse que je le parassais aussi grosse (je pesais tout de même plus de 92kg pour un 1m69!). J'avais lu dans ses yeux et entendu dans ses propos que c'étais sincère et qu'il ne me voyait pas comme une grosse et je crois qu'il m'avait encouragée pour ne plus me faire souffrir par rapport à mon corps. Cela m'avait fait chaud au coeur et le garderait en mémoire toute ma vie aussi!

Sylvie, j'aime les phrases que tu as créées pour répondre, j'espère qu'elles fonctionneront bien et qu'aussi tu n'ais pas trop à les utiliser.

smiley

clementine77.old.
Abonné

Bonjour tout le monde

Pour ma part, je me demande si les personnes les plus injurieuses avec nous, ce ne sont pas nous-mêmes...

Mon dégoût et ma haine de moi-même, pas toujours, mais parfois, je ne suis pas sûre que quelqu'un d'autre pourrait l'éprouver à mon égard.

Ceci dit, j'ai quand même des souvenirs pas très plaisants :

- à 10 ans, je devais me faire opérer de l'appendicite. Réflexion de l'infirmière qui m'a pesée à mes parents (comme si je n'étais pas là) : "elle pèse 40kg ! c'est beaucoup ! il faut qu'elle maigrisse !". 

- pendant mes années collège, de la part des garçons de ma classe : "la grosse barrique ! " (ça rimait avec mon prénom, ce n'était peut-être que poétique après tout ^^^)

- à 15 ans, en vacances, alors que je portais systématiquement un sweat shirt autour de la taille, ma mère "je sais pourquoi tu fais ça, mais tu n'es pas un monstre". Je me suis sentie complètement humiliée d'être devinée comme ça par ma propre mère, et aussi qu'elle prononce ce mot "monstre" pour parler de moi, même si c'était pour dire que je n'en étais pas un. En fait, c'est comme si j'avais entendu "tu es un monstre, tu es dégoûtante, tu es monstrueuse". 

- à 16 ans, je faisais le régime Montignac (je suis descendue à 62 kg pour 1m68 à l'époque, mais je continuais à me trouver grosse). Un soir où je rentrais du sport, je mangeais plus tard que les autres, ma mère me dit : "on t'a laissé plus de moussaka que pour les autres, parce que tu n'en as jamais assez". J'ai entendu "tu es tellement grosse bouffe que tu enlèves le pain de la bouche de tes frères et soeur, sale égoïste".

- ah oui, j'ai failli oublié. Je rentre dans un magasin de prêt à porter, à une époque où je pesais 95kg pour 1m71. La vendeuse me toise de la tête aux pieds et me dit : "nous n'avons pas votre taille chez nous". Rouge pivoine, j'ai tourné les talons et suis repartie, humiliée, honteuse.

Jamais je n'ai réussi à vraiment me défendre, tellement je me méprisais moi-même, tellement j'avais honte de mon corps. Pour moi, tous ces gens-là avaient raison, voire étaient en-dessous de la réalité.

Gérard Apfeldorfer ancien
Votre coach

 

Bonjour à toutes et tous !

Vous soulevez un délicat problème : celui de la discrimination par rapport au poids, et celui de la stigmatisation.

La discrimination consiste à défavoriser une personne en raison de ses caractéristiques ou choix personnels.

Tout traitement inégal fondé sur l'origine, le sexe, la race, l'âge, les caractéristiques génétiques, le handicap, l'état de santé, l'état de grossesse ou de maternité, la religion, les convictions politiques ou activités syndicales, l'orientation sexuelle, les mœurs, la situation de famille, le patronyme ou l'apparence physique sont interdits.

En France, la législation actuelle interdit toute discrimination en raison de l’apparence physique, en particulier à l’embauche et dans la progression de carrière.

Les auteurs de discrimination directe, indirecte ou ordonnant l'exécution d'actes discriminants commettent un délit et peuvent être poursuivis.

Recours : La haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (HALDE)

Voir : //vosdroits.service-public.fr/particuliers/F19448.xhtml

//vosdroits.service-public.fr/particuliers/F1642.xhtml

 

La stigmatisation consiste en un processus de discréditation qui touche un individu considéré comme « anormal », « déviant ». Cet individu devient alors réduit à cette caractéristique dans le regard des autres, ce qui justifie une série de discriminations sociales, voire d’exclusion.

Les qualités de l’individu s’effacent face au « stigmate obésité ». La personne n’est plus une mère de famille méritante, ou une habile juriste, ou un sympathique camionneur, ou un bon élève, ou un voisin serviable, mais un ou une « obèse », un « gros » et, très secondairement, autre chose.

Ainsi, les personnes obèses seront décrites physiquement en fonction de leur poids, plutôt que d’une autre caractéristique.

La stigmatisation engendre la honte d’être tel que l’on est. La honte est un sentiment extrêmement corrosif, destructeur de la personnalité, conduisant à l’inhibition et à la haine de soi.

De plus, on culpabilise : le gros l’est par sa faute, et cela justifie toutes les discriminations, toutes les mesures d’exclusion.

On considère que la stigmatisation a atteint son but lorsque la personne stigmatisée adhère avec le discours du stigmatisateur.

 

Comment survivre, en 1950, dans l’État d’Alabama, quand on est noir ? Faut-il protester en permanence à chaque attaque ? Ou bien, vaut-il mieux être capable de se distancier, être capable de « faire avec » sa honte, c'est-à-dire l’accepter en soi, sans l’éviter ? Car fuir sa honte aboutit à l’inhibition comportementale et bien entendu, à de puissantes EME.

Mais accepter qu'on puisse, à l'intérieur de soi, se sentir honteux, du fait d’un certain discours social que l’on a fini par intérioriser, ne signifie pas que l'on va rester face passif face aux attaques !

En règle générale, on cherche à se cacher, par exemple on cherche à dissimuler son corps derrière des vêtements flottants. On n’ira pas à la plage, ou bien on s’enveloppera dans un paréo qui, croit-on, cache ses formes. En fait, se cacher le fait qu’attirer l’attention davantage.

Aussi, je conseille plutôt de faire son coming-out. Vis-à-vis de vos proches, vous pouvez leur expliquer le travail thérapeutique que vous avez entrepris, ses difficultés, ses aléas (voir réponses possibles plus bas). Dans les lieux publics, vous pouvez marcher d’un pas fier, la tête haute, en prenant la place qui vous revient. Vous êtes une personne humaine, et vous avez le droit d'être là!

Face aux quolibets, vous pouvez montrer votre mépris, et vous souvenir qu’en fait, les personnes qui se moquent de vous auraient sans doute utilisé un autre aspect de vous même pour s’en prendre à vous si vous aviez été mince.

Lorsque ce sera possible, on pourra aussi entamer un dialogue. Bien des réponses sont possibles face à un discours stigmatisateur. Des réponses comme :

—     Il existe toutes sortes de conformations corporelles. Le physique ne dépend pas du bon vouloir, le corps n’est pas malléable à volonté.

—     Le poids n’est pas un indicateur fiable de la puissance de la volonté, de la capacité de maîtrise ; le poids n’est pas affaire de volonté et les personnes en surpoids peuvent être volontaires dans bien d’autres domaines ;

—     La valeur d’une personne n’est pas dépendante de son poids ;

—     La capacité à séduire est elle aussi indépendante de la beauté normée ; la beauté est un état, la séduction est un comportement ;

—     La beauté physique n’est pas dépendante du poids ; nous avons ce sentiment parce que, en Occident, sévit actuellement une uniformisation des normes de beauté. Il convient de lutter contre cette uniformisation, de faire avancer l’idée qu’il peut y avoir toutes sortes de formes de beauté.

—     Les connotations attachées à l’obésité (mollesse, manque de volonté, bêtise, dépendance…) sont irrationnelles et imméritées.

Mais, il faut bien le dire, la stigmatisation des obèses est un stéréotype extrêmement puissant. On ne peut plus, aujourd’hui, se moquer impunément des juifs, des noirs, des écossais, des Belges, et des blondes. Mais, semble-t-il, on peut stigmatiser impunément les obèses. Car cette idée traîne : on est obèse par sa faute.

 

J’aime beaucoup ce qu’a fait Charlotte 25 avec ses élèves du primaire. Montrer à chacun qu’il a lui-même des défauts physiques sur lesquels il pourrait être attaqué, quelle bonne idée !

En fait, j’aime beaucoup toutes vos réponses, et tout ce fil de discussion. Merci à toutes.

Annemie.
Abonné

coucou

je pense, mais je n'ai pas la science infuse, que pour aller de l'avant il faut en finir avec tout cela

prendre du recul par rapport aux injures, par exemple en faisant nos exercices de respiration et en nous disant et redisant que nous nous aimons telles que nous sommes

il set important d'être très indulgente avec soi même 

 

faisons un petit papier écrivons ces injures du passé et enterrons ce papier ou brulons le

:)

 

sev1972.
Abonné

Bonjour,

Je n'ai pas de souvenir précis de propos à mon égard, mais il est vrai que, même sans être aussi forte qu'aujourd'hui, je ressentais à l'adolescence une forme de discrimination. Seulement pas nécessairement en paroles mais dans des attitudes, des comportements. Mes camarades de classe féminines étaient presque toutes assez minces alors que je ne l'étais (sans être franchement grosse, je le répète). Mais c'est comme si on me faisait sentir que j'étais un peu différente, pas vraiment comme les autres,...

A l'heure actuelle, et même en étant en obésité modérée, j'ai appris à passer au-dessus de ça, notamment via l'auto-dérision. C'est, il faut dire, un peu l'expérience de la vie et la maturité qui m'ont amenée à ce stade. Je suis la première à dire tout haut que "j'ai un cul comme un camion (voire un semi-remorque") et que "au moins mon mari a de la place pour mettre ses mains, il a de la matière"!!!

;-)

Sev

Sitâ.
Abonné

Voire tu as de la place pour plusieurs maris, moi j'dis ça j'dis rien O:)

Ariciane.
Abonné

Hello la compagnie ! 

 

Aller, voici les trois premières qui me viennent à l'esprit ! 

- "J'ai vu une femme la fois passée, encore plus grosse que vous" (mon chauffagiste, la semaine passée)

- "Ma maman, elle est mince, toi, tu es grosse" (un élève de la classe de ma fille)

- "Franchement, que tu n'arrives pas à contrôler ton alimentation, soit, mais au moins, fait le nécessaire pour vomir ! A-t-on idée de se laisser grossir ainsi" (la marraine de ma soeur) 

Quel chouette fil de discussion. Je vous ai tous lu avec attention. Merci Sylvie smiley

 

Il est rare que je réponde et quand je le fais, c'est que je suis d'extrêmement bonne humeur. Je fais alors de l'auto-dérision. Du genre. Ah ça, pour être gros, il est gros mon ... Si t'aimes pas la vue, regarde ailleurs !". 

 

Ariciane. 

Annemie.
Abonné

et si on répondait, un sourrire charmeur en coin

"il en faut pour tous les goûts des hommes"

 

(entendu à belle toute nue)

 

et on laisse béton... ignorons les

ceux qui veulent injurier, injurien toujours....peu importe qu'on soit gros ou mince ou petit ou grand

 

et à la télé ils disaient l'autre soir que dans l'évolution de l'humanité on serait plus petits et plus gros

 

Sitâ.
Abonné

Plus petits ? Tu te souviens à quoi ils attribuaient ça, Annemie ? Ca m'interpelle, jusqu'ici la race humaine n'a fait que grandir, j'aimerais bien savoir pourquoi ils prévoient que la tendance va s'inverser.

(Damned, en 2212 j'aurais été une bombe sexuelle ! Née 200 ans trop tôt ou trop tard, triste destin.)

Annemie.
Abonné

je l'ai enregistré, c'était je crois sur arte

j'ai entendu entre deux

mais je te redirai exactement, je vais le regarder aujourd'hui ou demain

Sitâ.
Abonné

Merci, ça m'intéresse :)

Sylvie75.
Abonné

[quote=Ariciane]- "Franchement, que tu n'arrives pas à contrôler ton alimentation, soit, mais au moins, fait le nécessaire pour vomir ! A-t-on idée de se laisser grossir ainsi" (la marraine de ma soeur) 

[/quote]

Doh ! no

Je crois que la marraine de ta soeur restera dans le pire off de ce fil.

Sylvie75.
Abonné

J'en oubliais une récente, qui m'a bien fait de la peine, car ça venait d'un collègue que je trouvais sympa... avant.

On est 4 collègues (2 hommes, 2 femmes) à manger à une brasserie un midi. Je prends en dessert la mousse au chocolat. Les 3 autres prennent fromage blanc. Le serveur arrive. 'C'est pour qui la mousse ?' Le collègue : "Ah ah ah, facile à deviner non ?" Ils ont tous les 3 bien rigolé... ho ho ho...

Bon sang, j'ai trouvé la mousse dégueulasse. Elle était pas bonne à la base, mais elle aurait été délicieuse que je l'aurais trouvé dégueu.

Et après, comme ce gars se permettait à chaque fois de commenter mon assiette, j'ai arrêté de manger avec ce gars, et je lui ai fait un mail, pour lui dire ce que je pensais de ses bonnes allusions perfides. Lui "Mais enfin, c'était évident que c'était du second degré non ?"

Devine banane... Il y a plein de gens comme ça, qui adorent confondre 1er et 2nd degré. Je les fuis personnellement. Il y a toujours un moment où ils disent des trucs ignobles, juste pour faire rire.

Ariciane.
Abonné

Cela me fait penser à une citation de Coluche : "De tous ceux qui n'ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent". 

 

080413075303_Rikki.
Abonné

Je lis votre fil, et je suis frappée par une chose : vous considérez comme des injures les propos de petits enfants qui constatent que vous êtes grosses. 

Cela m'étonne, car personnellement je n'ai jamais considéré cela comme insultant. En classe, quand nous faisons du vocabulaire, je dis aux enfants que je suis grosse, et que la maîtresse de CE2 est maigre. C'est un fait. De même que j'ai les cheveux frisés et que la maîtresse de CM1 a les cheveux raides, que je suis petite et que la dame de service est grande, etc. 

 

Je pense qu'on a tellement associé d'images négatives au fait d'être gros qu'on ne peut même plus juste dire "gros" sans que ça soit une insulte. Effectivement, de la même manière qu'à une époque on ne pouvait pas dire que quelqu'un était noir, il fallait dire "de couleur" ou autre périphrase ! 

 

Moi, je suis grosse (moins qu'avant Linecoaching, mais drôlement grosse quand même ! wink) et je ne vais pas dire aux enfants que je ne le suis pas. 

 

Par contre, une toute petite chose m'avait fait réfléchir un jour dans un travail que j'avais préparé pour mes élèves, et que je partageais sur un site d'instits. J'avais écrit un résumé du conte Epaminondas. J'avais écrit "Tante Ba est grosse et elle est très belle". Une copine instit m'avait proposé comme "correction" : "Tante Ba est grosse mais elle est très belle". 

 

J'avais été très marquée par cet incident. J'avais refusé de corriger, mais je ne crois pas que la personne qui a suggéré cette correction ait perçu à quel point elle était blessante. 


Imaginez qu'elle ait écrit "Tante Ba est noire MAIS elle est très belle"... quel scandale ! 

 

(en plus, dans l'histoire, marraine Ba est noire ET grosse ET très belle !!!)

Bèlilé.
Abonné

Comme moi !!!
Je suis la tante Ba lilé :-D
J'ai été très touchée par ton post Rikki. Je le trouve très pertinant, et...Libérateur :-)

080413075303_Rikki.
Abonné

[quote=Bèlilé]

Comme moi !!!
Je suis la tante Ba lilé :-D
J'ai été très touchée par ton post Rikki. Je le trouve très pertinant, et...Libérateur :-)

[/quote]

 

Tu portes un sous-boubou blanc, trois boubous superposés, tu dors sur une chaise de repos et tu te fais éventer ? smiley

 

Quand j'étais petite, j'admirais beaucoup cette marraine Ba (que j'ai rebaptisée "tante Ba" parce qu'avec mes élèves on n'avait pas appris le a + i = ai) qui me semblait un personnage au moins aussi important que l'empereur de Chine (celui dans le conte avec le rossignol, bien sûr). 

Savi.
Abonné

Waouw! Tu as réussi à écrire ce qui me turlupinait vis-à-vis des propos qui sortent de la bouche des enfants ... je suis d'accord avec toi, je pense aussi que les petits qui nous disent que nous sommes grosses, que nos joues sont rebondies, énoncent des faits et ne pensent pas à mal. C'est pour cela que j'avais apporté ma pierre en distinguant les paroles (perçues comme méchantes) des êtres (ça ne fait pas d'eux des méchants) ...

Ceci dit, je crois aussi que les enfants tiennent parfois des discours discriminatoires pour faire mal là où ça fait mal, parce que c'est une façon d'exister, parce que des adultes autour d'eux le font, parce qu'eux-mêmes sont la cible de tels mots blessants ... ils imitent!

L'éducation prend alors tout son sens et tu en parles, tout comme une autre participante plus haut. Apprendre aux petits la tolérance, le respect des différences, le fait de ne pas confondre ce qu'ils disent/font avec ce qu'ils sont, etc., c'est notre job de parent, d'éducateur, d'enseignant, d'adulte ...

Et c'en est un fameux, de boulot!

Annemie.
Abonné

fianlement,; j'aime  beaucoup ce qu'a répondu Mr Apfeldorfer

:)

Ariciane.
Abonné

Bonjour Rikki,

J'aime beaucoup ta rectification et je la trouve très juste.

J'ai, en effet, noté cet enfant qui me dit que je suis grosse alors que sa maman est mince. Ce n'est pas pour le côté injurieux que je l'ai noté mais c'est vrai que cette phrase m'a touchée particulièrement. Bien des injures réelles ne m'ont pas touchées comme cette phrase. Parce que tout d'un coup j'ai pensé que mon poids pouvait commencer à toucher ma fille. Cela m'a attristée, voire effrayée. Cela fait d'ailleurs partie de mes motivations à régler mon poids. 

Je trouve que mon poids ne dit pas que je suis sans volonté ou que je suis sans compétence. Par contre, il reflète, pour moi, un problème psychologique non résolu. Et je commence à avoir envie de refléter une image de santé. Et au delà de l'image de santé, j'ai envie d'ETRE en bonne santé. Et parmi mes motivations, il y a : voir grandir et vieillir ma fille le plus longtemps possible. 

Pour conclure, cet phrase, dans la bouche de cet enfant n'est pas une injure mais elle m'a touchée et je l'ai transformée en moteur pour évoluer (heureusement que je n'ai pas fait d'EME pour m'empêcher de sentir tout cela lol !).

Ariciane. 

izabelle
Animatrice forum

voilà un fil qui est bien actif!

comme quoi c'est vraiment important cette histoire

 

pour ma part je n'ai jamais reçu ce type d'insultes ou d'insinuations par rapport à mon poids, je pense que je ne l'aurais absolument pas toléré

mais je suis assez sidérée de toutes ces réflexions

la seule chose approchant que j'ai pu vivre, c'est que je ne peux pas exprimer librement ma gourmandise, genre dire d'un truc que c'est bon, spontanément, ou que j'ai faim, sans subir quelques regards un peu gênés, ou alors si j'ai fait un gateau m'entendre dire de presques toutes les femmes présentes que elles, elles préfèrent le "salé", qu'elles ne font jamais de gâteaux à la maison (comme si moi, vu mon poids, je devais m'en taper un tous les jours....)     ça reste subtil et poli, ce n'est pas du dénigrement ou de la stigmatisation, mais ça n'empêche pas de se sentir un peu mal tout de même....

 

en ce qui concerne les enfants,  quand j'en parle avec ma fille, ça m'arrive de mentionner le fait que je suis "grosse"  pour l'instant (ce n'était pas le cas il y a quelques années, merci WW)

par contre j'insiste beaucoup sur le fait qu'elle doit savoir que certaines vérités peuvent faire de la peine aux gens et donc de ne pas dire à quelqu'un qu'il est "vieux", ou "gros", ou truc dans le style  car cela peut être vécu comme une insulte

c'est quand même important cette éducation, non?    s'il s'agit d'un tout petit qui n'a pas reçu encore cette éducation, alors c'est notre propre susceptibilité qui est en jeu et aussi notre difficulté d'acceptation de ce ressenti (d'où EME)

mais s'il s'agit d'un enfant qui serait en âge de prendre en compte les sentiments des autres, à mon sens il ne faut pas hésiter à lui signaler que toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire et l'aider à préciser s'il cherchait à dire une méchanceté ou si simplement on ne lui a jamais appris ces choses là

quant aux adultes qui font un humour bien méchant (et pas drole).....   franchement.....   j'apprends aussi à ma fille à ne pas accepter les soit-disantes "blagues" qui font de la peine, parce que ce ne sont pas du tout des blagues, une blague aux dernières nouvelles fait rire tout le monde, et pas tout le monde sauf 1: la cible
et si une copine lui dit un truc plus ou moins vexant en ajoutant direct derrière  "non mais je rigole", elle lui répond  "eh ben moi ça me fait pas rigoler du tout" d'un ton ferme .....
 non mais oh.....

 

et pour finir ça me rappelle le film Forrest Gump,  où le héros, à chaque fois qu'on lui disait   "mais t'es stupide ou quoi?"  répondait du tac au tac la phrase que sa mère lui avait appris   "N'est stupide que la stupidité elle-même".    C'était comme une sorte de retour à l'envoyeur, cette certitude lui permettait de ne pas être atteint par ces remarques

ici j'imagine bien une formule du style  "la valeur n'est pas inversement proportionnelle à notre tour de taille", à répéter en boucle  (la meilleure façon de décourager les esprits chagrins, de plus il faudra déjà qu'ils arrivent à comprendre la phrase, ça les propulsera dans ce qu'on appelle la réflexion), ça fait du bien à soi par la même occasion, ça deviendra une pensée automatique anti EME  wink

geisha.
Abonné

bonjour tout le monde,

c'est un fil bien intéressant.

Je vous retourne la question : quand vous croisez un gros, homme ou femme, quelles sont vos réactions ou pensées ?

Pour ma part, je me comparais en me trouvant plus grosse ou plus mince que cette personne, en me trouvant moins bien ou mieux.

Depuis qq années, je cherche sur les gens, gros ou pas, quelque chose de bien : un sourire, un vêtement, un maquillage, une coiffure, une attitude ...

J'apprends la bienveillance et ça fait du bien.

Au plaisir de vous lire

 

Sandrine

Savi.
Abonné

Moi aussi, j'ai déjà eu des pensées pas forcément sympas quand je croisais quelqu'un de gros ... surtout pendant les périodes où je ne l'étais pas ... mais je ne les ai jamais dites ...

Tandis qu'aujourd'hui, je cherche aussi l'être humain derrière la carapace, et ça change également le regard (auparavant si sévère, si dur) que j'ai sur moi ;-)

Sylvie75.
Abonné

[quote]Je vous retourne la question : quand vous croisez un gros, homme ou femme, quelles sont vos réactions ou pensées ?[/quote]

Réaction : aucune bien entendu.

Pensées : quand c'est quelqu'un de très très obèse ? "Mais dans quelle société on vit pour que la très grande obésité ne soit pas prise en charge comme une maladie invalidante remboursée à 100%, avec tout un arsenal de cliniciens dédiés ?" Réponse intérieure "La même qui laisse les parents de trisomique ou d'enfants autistes profonds se débrouiller seuls avec leurs enfants". Si LC fonctionne, j 'espère sincèrement que ce sera remboursé par la sécurité sociale pour les IMC > 30 par exemple. Assister, c'est accompagner et soutenir une volonté d'améliorer les choses. Je n'aime pas entendre que nous sommes "dans une société d'assistés", c'est tout le contraire je trouve.

 

Petite fille (mince) ceci dit, je me souviens avoir dit une horreur à une grosse dame dans la rue. J'avais 7 ans et j'avais dû glousser bêtement parce que la grosse dame marchait poussivement (j'étais avec mes copines bien sûr, ma mère m'aurait mis une taloche avant que la dame subisse cela). La dame s'est retournée, m'a disputée, et je me suis sentie bien ridicule. Elle a donc bien fait.

Isa24.
Abonné

OUI OUI OUI qu'on se le dise : on peut être grosse ET belle en même temps ........... Et il y a une multitude d'homme qui ne supporte pas les sacs d'os et Na !!!!!

Tulipe nl.
Abonné

Bonjour,

Ah ! Les remarques désobligeantes... que de temps j'ai passé à essayer de les oublier, et plus j'essayais, plus elles me hantaient... logique !

Déjà à l'école (à partir du CP) j'étais mémère 100 kilo, puis 1000 kilo hein, parce que 100 c'était pas assez... donc ça a commencé assez tôt je dirais... et je crois surtout que les enfants de l'époque ont vu que ça me touchait et ils ont çontinué à appuyer là où ça faisait mal. Rigolo pour eux de voir l'impact qu'ils pouvaient avoir. Etait-ce de la méchanceté ? Je ne crois pas,  mais ce n'était pas non plus une remarque objective et constructive de mon aparence ! D'autant que quand je revois les photos de l'époque, j'étais enrobée mais loin d'être obèse. Et, pour avoir des enfants en maternelle et CP, je constate que tous ne sont plus si innocents que ça, certains essaient vraiment de susciter des réactions avec leurs réflexions "méchantes", de faire mal. Même si c'est à des fins d'expérimentation, pour imposer leur place dans le groupe, ou parce que c'est le mode de communication qu'ils ont appris à la maison... le résultat sur "la cible" est le même, ça fait mal et ça laisse des traces.

Je ne parlerais pas des vacheries envoyées par les plus proches, notamment la grand-mère... pas envie aujourd'hui, ça remue la M...e et ça me rend triste.

Même si au cours des années j'ai appris à prendre de la distance par rapport aux réflexions plus ou moins humiliantes, elles me touchent tout de même. J'ai la chance d'être entourée de gens biens. Et peut-être aussi d'être dans un pays où beaucoup de gens sont en surpoids, donc je me fond un peu dans la masse (quelle expression !!) et je ne suis pas souvent confrontée à ce genre de bêtise. Cependant deux fois ces derniers mois j'ai été peinée par des remarques dites sans mêchanceté aucune mais qui m'ont tout de même renvoyée à cette image de grosse.

Ces reflexions font mal parce qu'elles font echo à ce qu'on se dit nous même. Elles disent tout haut ce que la petite voix dans nos têtes nous sussure à l'oreille. Il faut commencer par faire taire ces voix méchantes dans nos têtes, réaliser ce qu'elles disent ne définit pas ce qu'on est, et celles du dehors feront de moins en moins de dégats !!

 

Sylvie, je comprend complètement l'envie et le besoin de décharger les méchancetés qu'on nous dit, c'est aussi une manière de s'en débarrasser, et la répartie qui tue soulage bien (et même parfois fait bien rire). Et j'ai un peu dévié de ton sujet, j'éspère que tu ne m'en voudras pas !

Car je crois aussi que c'est important de trouver comment ces "vacheries" peuvent nous faire moins mal. Se défendre c'est super, c'est mieux que de se laisser abattre ! Ne pas souffrir de l'attaque, c'est encore mieux. Ça fait partie du travail de PC que j'ai entamé grâce et en parallèle de LC... toujours le petit scarabée sur la voix de la sagesse... (la route est longue !)

080413075303_Rikki.
Abonné

Je reviens au sujet initial, "ce qu'on s'est pris dans les dents". 


C'est vieux, c'était avant mon mariage, je n'étais pas grosse, juste un peu ronde, je devais mettre du 40 comme jean mais du 44 en haut car j'avais de la poitrine. Et, bien sûr, je me trouvais grosse, ce qui au fil du temps m'a permis de le devenir vraiment. Mais bon. 

 

J'étais dans une boutique avec ma mère pour choisir deux robes : une pour moi pour mon faire-part de mariage (j'avais décidé de mettre une photo) et une pour elle pour mon mariage. Donc, je trouve une robe, je choisis, j'essaye, et je dis à la vendeuse que je voudrais avoir l'avis de ma mère. Là, quand ma mère arrive, stupéfaction. J'ai l'habitude : on la prenait toujours pour ma sœur car elle n'a que 19 ans de plus que moi et faisait très très jeune. Donc, je ne bronche pas. Et là, la vendeuse me sort : "Mais elle est très bien, votre maman, alors pourquoi vous êtes comme ça ?"

 

Je ne sais pas pourquoi ça m'a autant atteinte au cœur. Je ne l'ai pas vu venir, j'étais euphorique, dans l'idée de mon mariage prochain, je me sentais belle, et de prendre dans la tronche que non, je ne l'étais pas, et que je n'étais pas digne de ma mère (ravissante jeune femme de 43 ans à l'époque, qui en paraissait 30), ça m'a blessée au plus profond. 

 

Cette vendeuse était plus bête que méchante, et sa question ressemblait effectivement à celle d'un petit enfant cruel dans sa naïveté : "Pourquoi t'es pas jolie, madame, et ta maman elle est jolie ?"

 

La douleur est encore là, près de 25 ans après, mais je crois qu'elle commence à s'atténuer. Il serait temps. 

Annemie.
Abonné

quelle souffrance quand on lit tout cela, quelle souffrance vous avez endurée

mais, je crois, c'est mon opinion, qu'il n'est pas bon de ressasser encore et encore tout ces mots, toutes ces attitudes....

rester dans ce statut de victimes ne peut pas aider à avancer

il faut en sortir,

peut être l'écrire pour l'exorcicser mais ensuite, absolument passer à autre chose...

seul le positif peut nous aider...

enfin, bon ce que j'en dis

 

mistigri.
Abonné

Rikki,

Cette vendeuse était certainement plus bête que méchante et on aura beau faire, il y aura toujours et toujours des gens stupides... J'appelle cela une faute professionnelle.

Il vaut mieux se concentrer sur les "belles personnes".C'est TOI qui te mariait et c'est TOI que ton fiancé aimait.... J'ai 63 ans et j'ai tra vaillé en milieu hospitalier : il y a 30 ans, les patientes se faisaient réduire la poitrine, et pendant mes 10 dernières années , elles se faisaient poser des prothèses esthétiques non remboursables pour avoir une plus forte poitrine, c'est moi qui faisait les factures, et je me disais "Moi, je n'ai pas besoin, nah!" . Et quand on voit les conséquences avec un certain scandale !

Les modes, ça va, ça vient!

Beaucoup d'hommes aiment les femmes pulpeuses, heureusement pour nous! 

Savi.
Abonné

Annemie, bien sûr que l'idéal est de tourner la page, de se centrer sur le positif, d'aller de l'avant.
Dans les faits, ce n'est pas si simple, hélas.

La pleine conscience nous invite à accueillir ces pensées négatives, ces mots toxiques, ces blessures qui cicatrisent si difficilement. Les chasser, lutter contre, c'est leur donner une consistance qui les imprime encore plus en nous ...

C'est pour ça que je me dis que parvenir à bien pratiquer la RPC, ça prend du temps, et il faut de l'entrainement. Peut-être même un coaching en live?

Et qu'en attendant, nous devons vivre avec ces blessures qui nous font encore mal. Ce n'est pas, à mes yeux, du ressassement, du sadomasochisme ...

Sylvie75.
Abonné

Oui, d'accord avec Savi.

Et puis ça les dédramatise aussi, d'échanger nos expériences sur les insultes que l'on a subies. De bien comprendre que c'est ceux qui insultent qui sont stupides. De bien comprendre que toutes les personnes avec 5, 10 ou 50 kilos de trop font face à cette bêtise, que si monstre il y a, ce sont ceux qui insultent. Statut de victimes ? Non, au contraire, statut de gens qui en bonne compagnie, se racontent les choses avec honnêteté sur ce fil seulement.

Moi je lis ce fil avec grand intérêt et j'aime beaucoup la sincérité des témoignages. Rikki, comme d'habitude, j'adore ton témoignage. Quant à la vendeuse, si elle a continué ainsi à sortir toutes les inepties qui lui passaient par la tête, elle n'a pas dû faire une longue et brillante carrière dan la vente. Drôle de peste tout de même, qui si ça se trouve, a une mère super douce et gentille. ;=)

BIL.
Abonné

Je suis vraiment triste de lire à quel point vous avez pu souffrir ou souffrez encore de ces remarques

Personnellement, les gens qui m'entourent ont une indulgence à mon égard qui me surprend quand j'entends ce que vous subissez

C'est vrai que je n'ai pas toujours été "obèse" mais longtemps bien en chair et les mots utilisés à mon égard, étaient appétissante, gourmande, généreuse, confortable et cela est resté même lorsque j'ai commencé à prendre de plus en plus de poids

Sans doute, protégée par toutes ces personnes bienveillantes, je n'ai pas entendu ou voulu entendre les remarques blessantes des "autres", ceux qui ne sont rien pour moi; alors, pourquoi me laisserai-je atteindre par tant de méchanceté et puis le temps et l'expérience ont fait chemin et lorsque ces mots sont arrivés à mes oreilles, j'étais déjà hors d'atteinte...

Je n'ai jamais, même lorsque j'étais mince, eu le regard aiguisé par la critique et, au contraire, toute infirmité ou tout défaut physique, même minime chez l'autre n'inspirait chez moi que l'envie de protection à son égard; c'est peut-être pour ça aussi que je n'ai pas entendu, tout de suite, les éventuels quolibets à mon sujet, tout simplement parce qu'ils ne faisaient pas partie de mon monde              

Je sais que pour les plus jeunes d'entre vous, ce sera difficile à comprendre mais j'ai beaucoup de compassion pour ces gens qui nous blessent car je suis  convaincue qu'ils sont plus malheureux que moi pour être si méchants et avoir besoin de me critiquer comme si je représentais un quelconque danger; ils n'ont sans doute rien trouver de mieux pour se sentir supérieurs, quelle misère...

La méchanceté va souvent (toujours) avec la bêtise et vous êtes tout le contraire, essayez de résister à la contre attaque qui vous fragiliserait encore plus ou alors faites-le seulement si vous vous sentez capables de le faire, à froid et sans haine; d'accord, plus facile à dire qu'à faire, mais la rpc va vous permettre petit à petit d'y arriver

Aujourd'hui, c'est vrai qu'en respectable jeune mamy de 55 ans, les gens vous regardent avec beaucoup plus d'indulgence, on vous pardonne tout ou presque, y compris vos kilos et personnellement, si je veux maigrir c'est parce que c'est lourd à porter pour mon squelette et inconfortable, sûrement pas pour affoler les plages l'été prochain :)

Alors, chèr(e)s linecoaché(e)s, soyez fièr(e)s de ce que vous êtes, de qui vous êtes, votre belle personnalité n'a rien à voir à votre physique et vous êtes légion sur LC à être belles, dedans, et forcément, même si ça fait cliché, ça se voit de l'extérieur

Je vous embrasse

Teresa

tupenses.
Abonné

Que c'est triste de constater que bon nombre de personnes n'acceptent pas les différences. Pourquoi en arriver à l'humiliation ? C'est vraiment qu'ils ne s'aiment pas....Ne cédons pas à ces insultes : seule solution que je connaisse (il y en a peut être d'autres) s'aimer ou apprendre à s'aimer.

celisaone.
Abonné
Salut tout le monde, J'ai lu tous ces posts avec intérêt et je ne retrouve pas d'exemple d'insultes à mon égard. La confusion avec une grossesse montre le manque de tact de certains, mais ce n'est pas une insulte, vraiment. Les remarques des enfants non plus. Ma fille âgée de 10 ans m'appelle des fois"ma grosse maman", c'est tendre. Ha ! Si ! Quand j'étais mince, danseuse nue dans une troupe de cabaret : 60 kg pour 1,7 m. J'étais quand même la plus costaud de la troupe. Un patron de boîte de nuit m'a dit que je devais arrêter le nutella. Je lui ai répondu que ça ne le regardait pas. Je pense que la façon de marcher, de se présenter, de regarder les gens droit dans les yeux empêche les plus idiots de dire des injures. Ou alors c'est parce que je n'ai toujours pas intégré mon format dans mon schéma corporel mental, je ne me vois pas comme je suis donc personne ne fait de 1er ou 2ème degré, c'est hors sujet, je suis toujours à fond sans penser à mon obésité. Je crois aussi qu'on peut être extrêmement sévère avec soi même. J'ai lu dans un bouquin intitulé "gagner en efficacité" qu'il fallait être mince pour donner une bonne impression à nos interlocuteurs professionnels. Plutôt navrant. J'adore le chauffagiste " une femme plus grosse que vous" Quel imbécile ! Ou alors Sita : c'est vrai que tu n'aimes pas les enfants ? Ma copine marocaine me dit souvent que dans son pays, je ferais un malheur ! Et pas seulement à cause de mes yeux bleus ! De toute façon, on va pas se réveiller demain avec 30 kilos de moins. Faut qu'on fasse avec ! Bon courage à toutes ! ( où sont les garçons ? ya pas que Gérard avec nous quand même ?)
apolline.
Abonné

Juste une dernière fois et pour ne plus y penser...

En cour de récré j'avais dix ans notre jeu préféré jouer à zorro...et à votre avis qui incarnait le sergent garcia?

En colo chez "tante berthe" à mégeve elle m'avait interdit de sortir en short pendant les promenades je devais donc toujours mettre une jupe sur mon short;mes jambons lui posait problème elle qui était obèse.

Plus tard dans la rue j'étais à vélo un garçon de mon âge m'a crié quand je passais devant lui"taille-fine gervais"slogan d'une publicité ou une grosse dame cassait son vélo...rien répondu évidemment

En 6eme cours de sciences on parlait de naturalisation...philippe G(si tu me lis bonjour)-il en faudrait de la paille pour te naturaliser toi et moi de répondre et toi pour ton cerveau un seul brin suffirait- plus aucun souci pendant toutes mes études

Mariée ,une vieille dame rencontrée au marché "eh ben vous n'avez pas la ligne haricot vert vous...et moi de répondre non haricot blanc et quest-ce que ça peut te faire vieille peau...je regrette...un peu

Aussi le coup classique des enfants à l'ecole:tu attends un bébé,non j'ai un gros ventre parce que j'ai trop mangé alors toi fais attention à ce que tu manges...les enfants n'ayant pas encore acquis le savoir-vivre du non-dit je ne leur en veut pas...quand je pense à ma fille trainant la patte devant un banc ou une dame venait visiblement de se faire refaire le nez(gros pansement) -regarde maman la dame elle cache son gros nez...suis devenue rouge...

Reste les remarques familiales quand je faisais de la radio papa m'avais sorti oui c'est mieux de t'entendre que la télé on te verrait...rires

Maman à l'achat d'un maillot de bain-:une piece noir je suppose...ben non 15 ans deux pièces rouge...je prefere avoir le popotin gai

Ma grand-mere tu devrais mettre du noir ça dissimule...non non de la couleur toujours

Le pire à la caisse de carrefour une jeune femme fait du coude à son compagnon lequel se retourne ne voit rien regarde sa compagne interrogatif...elle se retourne vers moi et me désigne du menton lui ne voit toujours pas pensant reconnaitre quelqu'un il cherche...j'ai alors dit"ne cherchez pas c'est moi que vous devez regarder"il est devenu cramoisi...sur le parking je l'ai aperçu avec sa compagne ils s'engueulaient...yepeeeeeeeeeeeee désolée

D'un autre côté il m'arrive de faire terrasse avec des copines,petit soleil,coca(light lol)et bien suis pas bien fière mais bonjour la critique...juste retour des choses ...t'as vu là le mec on voit ses chaussettes,et lui non mais la tête,regarde la fille...et je ne vous dis pas notre âge...la critique est humaine mais ne jamais blesser quelqu'un

Merci aussi à tous les médecins que j'ai été voir pour un rhume ou bien une carie qui m'expliquaient que j'etais trop grosse(non j'avais pas vu...grrr je suis venue pour une carie)

J'aime l'idée on en reparle une dernière fois on l'ecrit et on brûle le papier...

 

 

 

 

Annemie.
Abonné

le sujet étant

comment répondre aux insutltes anti gros

j'adhére entièrement avec cette dernière réponse, se souvenir et répondre en brulant ce qui a blessé pour pouvoir passer à l'amour de soi et la bienveillance envers soi

Sylvie75.
Abonné

[quote]Le pire à la caisse de carrefour une jeune femme fait du coude à son compagnon lequel se retourne ne voit rien regarde sa compagne interrogatif...elle se retourne vers moi et me désigne du menton lui ne voit toujours pas pensant reconnaitre quelqu'un il cherche...j'ai alors dit"ne cherchez pas c'est moi que vous devez regarder"il est devenu cramoisi...sur le parking je l'ai aperçu avec sa compagne ils s'engueulaient...yepeeeeeeeeeeeee désolée[/quote]

 

Tu as du cran et tu es une coquine, Apolline, j'aime beaucoup.

Pour moi, la prochaine fois que j'entends quelqu'un, gentiment ou pas, faire allusion à mon poids, j'ai ma réponse auto-bienveillante toute prête : "Je ne suis pas grosse, je suis abondante !" :)

Annemie.
Abonné

lol

on m'avait dit "vous êtes moelleuse"* j'ai bien aimé

tiramisu.
Abonné

Moi je me souviens de « bouboulasse », de la part d'un camarade d'école, vers 7-8 ans (j'imagine qu'il y avait une résonance implicite avec « dégueulasse »).Sinon, il y avait les remarques du père : « grosse floute », la floute étant un beignet sucré, « gros veau » (il aurait au moins pu dire « grosse vache »...) et , de manière générale, un regard réprobateur sur le corps féminin, toujours trop « gros », relayé par la mère, qui croyait sans doute bien faire, même si elle le subissait aussi. A noter que ce père avait lui-même souffert d'être « gros » (en examinant les quelques photos de son enfance et sa jeunesse , je n'ai pas bien compris ce qui lui était reproché, à mes yeux, il n'était pas « gros »,de même que nous n'étions, ma soeur et moi, pas « grosses »)  et, avec le recul, je pense que son attitude était plus dictée par l'angoisse de voir ses enfants subir (la discrimination, le rejet) ce qu'il avait lui-même subi, que par une volonté de nuire.

D'ailleurs, je reste persuadée que c'est à l'intérieur des familles et souvent de manière totalement inconsciente, que prend racine ce sentiment de honte par rapport à son corps, que vont réactiver toutes les remarques délivrées, le plus souvent par bêtise, par les diverses personnes croisées par la suite. Je pense qu'un enfant qui grandit dans un environnement familial qui a un regard positif sur son corps, quel qu'il soit, ne prêtera même pas attention à ces remarques désobligeantes.

Récemment, j'ai pris une douzaine de kilos, et j'ai dû essuyer des remarques : trois personnes, dont deux collègues féminines,  qui se sont cru  autorisées à me demander « si j'attendais un bébé ». Bien évidemment, j'ai perçu leur interpellation comme une agression majeure et cela m'a rendue folle de rage, une rage à laquelle je n'ai pas donné libre cours, en plus. J'ai donc démenti en souriant, j'ai joué celle qui fait semblant de rien, alors que je bouillais à l'intérieur.

Mais en y repensant, et en lisant vos témoignages, je me demande si c'était la bonne attitude : pourquoi toujours prendre sur soi, pourquoi toujours encaisser en silence,ou pire, en souriant ?

La prochaine fois, je vais tenter autre chose. J'envisage deux possibilités, en fonction de l'humeur (il n'y a pas de raison de se gêner) et de la personne : une riposte douce (« meuh non j'suis pas enceinte, pourquoi tu dis ça, et d'ailleurs, c'est vachement intime comme remarque, moi, je trouve ça intrusif de ta part, pourquoi tu me poses ce genre de question, qu'est-ce qui se passe, tu n'es pas bien en ce moment, tu veux qu'on en parle... ») ou une contre-attaque violente (« mais toi dis donc, t'as drôlement vieilli, t'as la peau toute grise , puis c'est drôle, ton nez ...mais qu'est-ce qui s'est passé avec ton nez ?!... »).

A bientôt !

Annemie.
Abonné

Tiramisu, et une remarque ironique? dans le ton de la plaisanterie

"pourquoi, ça se voit déjà tant que ça?"

la rage montrera, à mon avis, qu'elles ont fait mouche

l'autre est trop longue, à mon avis, et donnera l'impression de te justifier

Haut de page 
X