Comportement contradictoire - 22012018

Apologie
Ancien abonné

Bonjour à tous,

J'ai bientôt fini de remplir mon cahier découverte et grâce à lui, je me suis rendue compte de pas mal de choses par rapport à mon comportement face à la nourriture. D'ailleurs, ça soulève pas mal de question... J'aimerais partager l'une d'entre elles.

Personnellement, j'ai souvent des envies de manger (bien sûr des aliments qui sont interdits selon mon cerveau) et quand je cède (je n'ai alors pas du tout faim) je ne fais pas du tout attention à ce que je mange. Je veux juste manger cet aliment.

Ce que je trouve étrange c'est de céder à l'envie mais de ne prendre aucun plaisir à céder. Pourquoi j'en ai envie alors ?

Si certaines personnes vivent la même chose, ça m'aiderait bien d'en parler :)

Commentaires

izabelle
Animatrice forum

eh oui justement c'est bien ça le problème !

ce n'est pas une envie  "gustative"  mais une envie de manger  émotionnelle,  qui a  une toute autre fonction que d'apporter du plaisir

cette fonction c'est apaiser, anesthésier, tenter de fuir un état intérieur ou même une simple pensée

en fait c'est des habitudes qu'on a pris  de penser qu'un certain comportement  (manger qqcse de riche)  va nous apaiser, donc nous faire du bien

c'est une attitude de protection, mais aussi d'évitement d'autre chose, une émotion, un ressenti, une pensée, une sensation

simplement parfois, souvent, on évite tellement bien cette autre chose  qu'elle devient quasiment inconsciente

une fois je me suis rendue compte que j'avais eu trois jours d'EME  (envies de manger émotionnelles)  simplement à cause d'une conversation sur le sport avec des amis, en fait j'avais des souvenirs douloureux qui étaient remontés et j'ai cherché à m'apaiser pendant trois jours en mangeant  alors que je n'avais même pas conscience de ce qui m'avait perturbé

c'est parce que ce sont vraiment des habitudes d'apaisement que l'on prend

on peut appeler ça aussi des conduites d'évitement, des méthodes de contrôle, mais je préfère les pensées comme des attitudes d'apaisement et de protection  car plus on les rejette plus elles se renforcent

par contre quand on apprend à les comprendre, à comprendre aussi qu'il faut être présent à soi-même, à ce qu'on ressent, avec bienveillance,  ça commence à se détricoter, ces réflexes-là

 

alors là on ouvre de l'espace pour le plaisir gustatif,   et aussi pour le réconfort par l'alimentation car le deuxième ne va pas sans le premier

 

pour conclure je dirai que ton observation est très bonne et je crois que tu as la bonne attitude : tu observes, tu portes un regard bienveillant sur tous ces comportements

c'est ainsi que tu poses la base du changement

donc continue comme ça

et la prochaine fois que tu manges sans faim, cherche le plaisir gustatif

s'il n'est pas là, tu peux choisir de laisser cet aliment pour la seule raison qu'il ne t'apporte pas de plaisir, ne te réconforte pas

tu peux en choisir un autre

mais surtout pense que si tu as besoin d'être réconforté, c'est aussi par ta propre présence à toi-même : t'autoriser à ressentir, être gentille avec toi-même

Apologie
Ancien abonné

Merci izabelle pour ta réponse qui m'encourage à continuer.

Personnellement, je me demande si pour moi, les compulsions ont une raison inverse. Je mange pour me faire du mal. Je me dis que plus je mange et plus je grossis et plus je serais malheureuse et plus ma vie sera misérable.

Cela soulève une autre interrogation. Est-ce que le programme permet de travailler là dessus ? Je pense retourner voir la psy que j'étais allée voir il y a 3 ans et qui m'avait beaucoup aidé à l'époque. Je sens qu'il me reste pas mal de boulot avant d'être sereine mais si j'ai déjà beaucoup avancé.

 

TasseAThe
Ancien abonné

Bonjour,

@Apologie : c'est de l'auto-sabotage, qu'est-ce qu'on en souffre !

Moi aussi j'ai ce problème, c'est un reflexe : tout gâcher pour ne pas affronter quelque chose. La peur du changement ? Du regard des autres ? Du jugement des autres ? Pour ma part c'est la dévalorisation dans le regard des autres, ou plus précisement la peur qu'ils me jugent incapable d'y arriver, qui fait que je parfois je suis en mode "ils ont raison alors à quoi bon".

Je ne sais pas si le programme traite cela car je débute, mais je suis contente de t'avoir lu , ça me rappelle que je dois travailler ça moi aussi ! Gros point d'attention pour moi !

Serrons-nous les coudes :-)

Bonne soirée

izabelle
Animatrice forum

oui moi je n'appelle pas ça de l'auto-sabotage, car cela n'aurait pas de sens, et des que ça n'a pas de sens, notre cerveau est totalement perdu dans l"impuissance

c'est un mécanisme de protection,  contre la nouveauté oui, car la nouveauté fait peur, en soit, c'est l'inconnu

ou pour certains c'est le connu lié à certaines mémoires traumatiques

 

disons que la logique qui nous fait manger est une logique de protection émotionnelle  et cela est très éloigné d'une logique cartésienne qui nous ferait dire qu'être mince nous rendrait heureux

bien sûr ce n'est pas vrai que ça nous rendrait heureux, donc qq part cette logiquement émotionnelle est plutôt dans le vrai

mais par contre pour elle, le plus important est de protéger notre 'coeur"  des sur-tensions,  et ce  à n'importe quel prix, même au prix de notre santé physique

 

le programme permet de travailler là dessus seulement si on s' y engage personnellement, mais oui, il y a qq outils et dans les forums on essaie réellement de se soutenir pour avancer là-dessus

 

c'est bien de se faire accompagner, mais attention il y a  psy et psy  (je le sais j'en suis une laugh),   donc veille bien à trouver quelqu'un qui t'accompagne vers l'acceptation de tes émotions  au lieu de vouloir les résoudre ou les faire disparaitre,  car voici le mécanisme exact de la compulsion alimentaire

normalement les psy savent y faire, mais nous sommes tous humains  et  dans ce cas précis de la compulsion alimentaire,  il est vraiment nécessaire de se faire accompagner par quelqu'un qui va aider à accepter les émotions, être soi-même, entier, etc

izabelle
Animatrice forum

pardon je n'ai pas eu le temps de finir

Tasseathe tu as raison c'est souvent pour ne pas affronter qqchose

c'est tres tres bien vu  et c'est cette vision qui nous permet de nous en sortir progressivement

déja en se demandant quelle est cette chose

il y en a souvent plusieurs et c'est très variable

pour moi il y en a eu plusieurs qui s'interchoquent et à des niveaux psychiques différents

à un niveau très profond et ancien, il y a la culpabilité d'être plus belle que ma mère

ma mère est très belle mais elle a refusé sa féminité, et j'ai grandi dans des conflits de rivalité, donc "masquer" ma beauté par le surpoids était une sorte de stratégie de défense

il y a la protection contre le désir de l'autre, aussi

j'ai aussi le fait de ne pas vouloir être 'trop" parfaite,  résultat de mes années lycée où on me reprochait mes bonnes notes, donc il fallait bien aussi avoir des failles

 

à un niveau beaucoup plus quotidien  j'ai la peur de ressentir mon corps, de me sentir vivante, de vivre ma propre vie

 

y'en a peut-etre d'autres, en tous cas c'est déjà pas mal....

 

donc  je me confronte à ce qui me fait peur  et j'essaie de le faire en conscience

surtout le dernier qui est le plus fort car le plus ancien, le plus profond

quand je finis de manger légère, satisfaite, avec cette petite tension qui fait que je peux aller de l'avant parce que j'ai de l'énergie,  une partie de moi a peur

donc j'essaie de me mettre au contact de cette peur, de l'accueillir, de la ressentir dans mon corps et de rester un moment en paix avec ça et avec moi... m'autoriser à ressentir ça,  ne pas dramatiser mais juste être là, avec....

 

c'est comme ça que j'avance le mieux sur ce type de problématique....

 

ce sont des choses qui sont difficiles à travailler en ligne mais c'est tout à fait possible, pour moi je pense que c'est surtout possible si on s'investit dans le forum  car il y a une partie échange qui est indispensable pour sortir de l'évitement émotionnel

c'est aussi ce qui fait que ça marche mieux avec un psy ou autre accompagnant (qui connait bien le sujet), parce qu'il y a de l'échange, une relation qui permet de remettre en cause certains mécanismes

Apologie
Ancien abonné

Merci à toutes les deux de vos réponses. Ca réconforte de constater qu'on n'est pas seule à avoir ces mécanismes et que pour une fois, on peut en parler. Pendant une grande partie de ma vie j'ai fait des régimes et vus des "spécialistes". Jamais l'aspect psychologique n'a été abordé ce qui est pour moi la source essentielle de beaucoup de problème de santé.

Je le constate de plus en plus sur moi. J'ai une grande capacité à somatiser. J'avais un travail qui me gonflait (je passais mon temps à souffler d'ailleurs) et mon ventre s'est mis à gonfler, du coup, je l'ai quitté. Il y a 2 ans, je suis partie 2 mois en Irlande et malgré les litres de bière bues et les tonnes de mal bouffe, j'avais perdu 4 kg car j'étais détendue et je m'éclatais.

Je pense que ma principale peur c'est d'avoir un corps qui me plait. J'ai fais mon 1er régime à 9 ans. Toute ma vie a tourné plus ou moins autour de mes kg en trop. Si je perds tous mes kg en trop, il me reste quoi ? Qu'est que je vais faire de ma vie ?

Bref, un long chemin devant moi...

izabelle
Animatrice forum

en effet c'est bien vu

d'ores et déjà,  tu peux faire quelque chose de ta vie, et ainsi cet enjeu va totalement s'affaiblir

par là j'entends vivre de plus en plus et bien sûr sans attendre de maigrir, ce qui fait sens pour toi, ce qui te donne envie de vivre, ce qui te fais dire que la vie vaut la peine d'être vécue, ce qui te fait vibrer intensément

par exemple qu'as tu vécu en Irlande qui te faisait sentir tellement vivante

tu t'éclatais, qu'est-ce qui permettait cela? 

et essayer de le retrouver au quotidien de plus en plus, de mettre cela en priorité

 

par exemple pour moi c"'est l'amitié, échanger, rire, etc

aujourd'hui je n'hésite plus à faire une heure de route dans chaque sens pour passer une soirée avec des amis, rigoler un bon coup et je suis boostée totalement pour la semaine

je ne me mets plus de limites et ma vie est plus pleine, plus riche

 

par ailleurs ce travail là,  de redonner du sens à sa vie en fonction de ce qui nous fait vibrer,  est essentiel sur le plan émotionnel,  et la panacée contre les conduites d'évitement que sont toutes les addictions, y compris l'addiction comportementale de sur-alimentation

parce qu'au lieu de consacrer notre énergie à éviter de ressentir certaines choses (en s'anesthésiant par la nourriture par exemple)  eh bien on la consacre à se diriger vers ce qui est important, ce qui fait sens dans notre vie,  et on y va avec courage même si c'est pas du tout cuit, même s'il faut se battre, pleurer un peu parfois, mais VIVRE  intensément

Apologie
Ancien abonné

Je suis quelqu'un qui aime et recherche le changement. Certains disent que c'est de l'instabilité mais pour moi c'est de la curiosité. J'aime découvrir de nouvelles choses, c'est pour ça que j'ai passé de bons moments en Irlande car j'ai découvert une nouvelle culture, un nouveau pays et des nouvelles personnes.

Tu as raison quand tu dis qu'il faut trouver ça dans la vie quotidienne et c'est le plus compliqué. C'est tellement plus simple de rester dans sa zone de confort. En ce moment, je travaille là-dessus et je me suis inscrite à une conférence sur les peurs qui nous empêche d'agir et d'être qui on est. J'essaie le pilates et le yoga pour voir si ça peut être des activités qui me plaisent sans attendre la pseudo perte de poids qu'on est censé avoir quand on fait du sport. Je ne veux plus faire de sport avec cette objectif mais plus dans le but de me connecter à mon corps.

Je te remercie sincèrement pour tes messages qui me permettent de voir que je suis dans la bonne voie et aussi qui me permettent de réfléchir à d'autres aspects de ma vie et ainsi avancer :-)

izabelle
Animatrice forum

avec plaisir

je fais du Pilates amélioré et franchement c"est super mais ça ne fait pas perdre de poids, cependant tout le monde devrait en faire et surtout les sportifs, c"est fou de voir comment on malmène les corps sans les comprendre et sans avoir les muscles profonds qui travaillent

ce qui est super dans cette pratique c'est aussi que la prof  nous fait ressentir chaque muscle bien précisément et ça c'est un rapport au corps amélioré

 

je me doutais bien que dans tes valeurs il y avait l'ouverture aux autres cultures, aux autres mondes,  c'est élargir son horizon, cela peut se faire par les voyages, mais aussi par les études, la lecture de livre, et aller à la rencontre des autres au quotidien, s"intéresser aux autres à la différence

plus tu iras vers ces choses plus tu te sentiras une vie pleine de sens, mais c"est vrai que ça peut faire peur

 

moi j'ai peur que mes amis s'en aillent mais dans le fond je suis tellement telllement heureuse de ne plus m"empecher de vivre de peur que ça s'arrete

je vis pleinement le présent et lorsqu'un ami s'en va j'accepte la peine qui va avec

Gabrielle
Ancien abonné

Je me reconnais beaucoup dans ton témoignage Apologie !

Moi aussi je pense que je mange trop parce que je rejette mes émotions... Et lorsque le stress est là, je me remplis avec les aliments, je mange vite, et encore, et encore...

Les fois où je suis partie en voyage, heureuse, le sac sur le dos, j'ai toujours perdu les kilos superflus, alors que je ne faisais pas du tout à la façon dont je mangeais ! 

Et chez moi, je me prends la tête avec l'alimentation pour ne manger que du ultra-sain, 100% bio, et je mange beaucoup trop sans me faire plaisir !

Merci pour ton témoignage, ça fait du bien de vous lire et de partager ça avec vous !

Gabrielle

izabelle
Animatrice forum

eh oui ça te donne des pistes : vivre ta vie à fond !  et surtout ne pas te prendre la tête!!!

bravo d'avoir vu que tu rejettes tes émotions,  c'est déjà une super formulation qui montre que tu es sur la voie de l'inverse : les accepter, t'en faire des amis, car ce sont vraiment des amis, des perles rares,  même si pour nous aider elles prennent des formes "aversives" pour certaines car c'est dans leur nature, elles sont nos amies dans l'aide incroyable qu'elles nous apportent au quotidien dans nos réactions et nos relations

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