Désir et besoin de stabilité - 28112012

Sylvie75.
Abonné

Bonjour,

Je profite d'une journée de RTT pour réfléchir à ceci.

Nos docteurs parlent fréquemment de la peur du manque dont nous serions atteintes, et j'avoue que ce concept me parle peu.

Je sais très bien faire un deuil, accepter un départ, me modérer sur bien des choses.

Ce qui me parle d'avantage quand je me demande pourquoi je n'aime pas ma sensation de faim, pourquoi je peux la détester, c'est plutôt qu'elle met mon corps en situation d'instabilité, comme si d'un coup, je devais me tenir debout sur un pied. Faire la grue sur un pied est ce qui se rapproche le plus de ce que je ressens quand j'ai faim : un déséquilibre physique, des tensions pour tenir malgré tout.

J'ai soif de stabilité dans ma vie, et je l'ai trouvée pour l'essentiel. Or la faim, comme la douleur, c'est une précarisation de mes sensations corporelles, et je la vis comme une crise.

Sommes-nous nombreuses à ressentir ce genre de choses ?

Commentaires

Luminitsa.
Abonné

Ton post  me pose questions et me voilà à réfléchir sur ce que je ressens de mes envies de manger.

La peur du manque est elle la raison de ce besoin de manger? Mais du manque de quoi? Chez moi ce serait plutôt un besoin de me donner du plaisir, facilement sans dépendre de quiconque ou de quoi que ce soit.

Mes envies de manger je ne les déteste pas, elles m'annoncent le plaisir de manger quelque chose que j'aime (surtout pas n'importe quoi), le plaisir de satisfaire ma gourmandise. C'est un peu comme des préliminaires avant un moment d'agréable satisfaction. C'est le plaisir du désir, de l'anticipation de la satisfaction qui viendra  pendant que je mangerai.

Pour moi il n'y a pas là d'instabilité, c'est très différent de la douleur. Si elle est physique je prends un anti douleur, si elle est due au manque (par exemple deuil) là j'ai tout un arsenal de techniques qui marchent fort bien. 

Ce que jedéteste c'est que ce qui me fait plaisir là, m'apporte aussi de la souffrance à long terme et surtout une énorme charge de culpabilité. Ma santé étant bonne, mon surpoids gêne seulement mon sens de l'esthétique. Pendant longtemps manger un peu trop n'était pas un problème. J'étais juste ronde, ce qui ne me dérangeais pas. Mais avec les années et le surpoids accumulé, j'ai aussi perdu en mobilité corporelle, souplesse, ce qui me dérange.

Dans la vie je suis stable  et la sensation de faim comme la douleur ne sont pas pour moi une précarisation de mes sensations corporelle. Le problème pour moi est de reconnaitre ma sensation de faim et de ne manger que dans ce cas là.

Merci de ce petit moment de réflexion.smiley

tiramisu.
Abonné

Et bine moi, c'est ce qui me frappe dans l'exercice autour de la sensation de faim: c'est à quel point ma peur de manquer (et peut-être aussi, peur de souffrir) est grande.Même si je sais que ce n'est pas vraiment concevable vu ma corpulence, je me plonge tout de suite dans des scénarios de faiblesse où je me vois défaillir sur mon vélo ou au travail.

Une autre chose qui m'étonne est la difficulté à percevoir les signaux physiques de la faim. En effet, j'ai l'impression que la faim a toujours fait partie de mon existence et les périodes de restriction cognitive sont marquées dans mon souvenir par le sceau de la faim ( comment expliquer autrement les quantités invraisemblables de séré maigre ou de légumes verts ingurgités alors ? quand j'y repense, je devais avoir sacrément faim...)Du coup, je suis surprise d'avoir autant de peine à percevoir les signaux de la faim.

Une explication serait qu'ils ont été trop longtemps réprimés ou considérés comme malvenus pour que je leur accorde une attention suffisante; une autre serait que je n'ai peut-être pas encore assez de confiance en moi pour m'écouter.

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