EME, lâché prise et restriction cognitive - 26012012

Hermine.
Abonné

Bonjour,

Il m'est arrivé une expérience étrange : à la fois jubilatoire et perturbante.

Mon conjoint est partit pour 4 jours. En général quand je me retrouve seule, je fais un peu comme je le sens : grosse liberté pour tout (horaires, repas ...), un peu comme une ados que les parents laisseraient seule à la maison ! (Non mais en fait, il faut comprendre : nous vivons et travaillons tous les 2 à la maison et nous faisons même parfois nos rdv profesionels ensemble, bref, du 24/24 h ! Alors des fois j'aime bien retrouver un peu ma solitude, hormis entre 6h et 8h du matin !).

Arès son départ, à l'heure habituelle de mon encas (un truc que j'avais réussi à réguler toute seule : l'apétit prévisionnel pour le déjeuner ... bon, c'est à partir du déjeuner que je ne gère plus rien sur mes repas !), je me lache totalement. Pas par sentiment d'abandon, non, parce que je suis libre ! Mais c'était totalement compulsif : je ne maitrisais rien !

Je ne panique pas en me disant que de toutes façons, vu que je suis seule, je mangerai quand j'aurai faim et que si je fais mon repas à 10h du matin c'est pas bien grave (je ferai mon diner à 16 h !) ...

Je sors ma boîte de crème de marron (mon aliment réconfort) qui est entammée depuis presque un mois et à laquelle je n'ai pas touché depuis le début du programme (jamais eu envie ... bon il me restait des marrons glacés de noël, ça explique peut être un peu), le fromage blanc, la cuillère, le bol ... et puis non ! Finalement ça ne me fait pas très envie, j'ai plus envie de trucs salés : je range tout en me disant que j'en mangerai plus tard si j'ai envie.

Je tape dans 2 ou 3 trucs (fromage ...) de manière tout aussi compulsive, debout devant le frigo, en mangeant super vite (je mange toujours super vite). C'est super bon et ... je m'arrête quand je n'ai plus faim : plus rien ne me fait envie !

D'abord c'est la première fois depuis le début du programme que j'arrive à m'arrêter alors que je n'ai plus faim (sur des choses qui à priori me faisaient envie), donc : petite victoire ! (ou très très grosse victoire, en fait !)

Mais la sensation d'avoir fait une sorte d'EME jubilatoire est assez bizarre. Et en même temps j'ai la sensation que c'est parce que j'ai totalement lâché prise (y compris face à une compulsion, je n'ai pas tenté de faire de PC, rien, j'ai juste écouté et accepté mon envie du moment).

Donc, je ne sais pas trop à quoi attribuer cette expérience.

D'autant que je n'ai absolument pas l'impression d'être en restriction le reste du temps : certes j'essaie d'avoir un rythme de vie reativement régulier (mais en travaillant tous les 2 à la maison, sans enfants, c'est un peu important de se fixer des choses, sinon, on fait vraiment n'importe quoi, genre bosser 18h/jours en oubliant de manger et sans prendre de pause ni de repos, bref, le genre de choses qui ne tiennent pas sur la durée !) mais bon on est quand même très souples (heure de repas quand on a faim, sauter un repas si on n'a pas faim, menus adaptatifs selons nos envie ...).

Et si je suis en restriction et que je n'en n'ai pas conscience, je fais comment pour lâcher prise ?

(si c'est un peu long et  inutilement verbeux, veuillez m'en excuser ;) ).

Commentaires

Gérard Apfeldorfer ancien
Votre coach

 

Bonjour Hermine,

C’est bien, il me semble, ce que vous faites. Vous savez désormais utiliser la nourriture pour vous réconforter, et cela semble marcher. La culpabilité ne vient plus gâcher les choses. La vie est plus simple.

Mais c’est vrai, lorsqu’on mange pour se réconforter, c’est donc en fonction de ses émotions, et c’est donc une EME. Mais une envie de manger émotionnelle est chose normale et banale, dans la mesure où ensuite, on se réconforte vraiment avec ce qu’on mange. Alors, on a besoin de peu pour trouver le réconfort, puis, naturellement, on attend que la faim se présente pour manger, puisque le réconfort a diminué les problèmes émotionnels.

Le problème commence en fait quand la nourriture n’apporte pas le réconfort escompté, ce qui est le cas quand on est en restriction cognitive, ou quand on culpabilise.

Cela a bien fonctionné dans votre expérience, parce que, je vous cite : « j'ai juste écouté et accepté mon envie du moment ».

Écouté, et accepté. Bravo.

Hermine.
Abonné

Révélation : donc ce qui m'a perturbé, c'est en fait un comportement normal ... et bien la route est encore longue !

Merci pour votre réponse. Il faut avouer que le programme est assez perturbant pour moi, j'ai beaucoup d'inconfort à écouter mes sensations alimentaires, finalement. Les choses simples et évidentes sont parfois si difficiles !

Je crois que je ne sais tout simplement pas encore vraiment identifier les EME (à part peut être celles liées à l'ennui que je sais à peu près maitriser et accepter -un peu de PC à ce moment-là, m'aide d'ailleurs bien), j'avais même l'impression de ne pas en avoir en démarrant le programme et ne pas être concernée, en fait ... il semblerait bien que si.

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