EME = poids = baisse estime de soi - 28012014

anthezome.
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pourquoi la nourriture joue t elle un role si important chez moi qu'une EME entraine une aussi importante baisse de l'estime de soi, je me sens nulle, je ne sais plus quoi faire

Commentaires

izabelle
Animatrice forum

mais tu es loin d'être la seule!!!!

une EME ce n'est pas une honte, tu sais....  et même tout le monde en a.....

c'est simplement un fonctionnement, naturel à la base, où on veut  "fuir"  un état intérieur désagréable ou menaçant,  on veut qu'il  "arrête d'exister"

alors la nourriture constitue une distraction efficace à court terme :  surtout avec certains aliments qui procurent beaucoup de sensations, comme les gras-sucrés, ou des aliments symboliques pour nous

 

de ce que je ressens, ce n'est pas tant la prise de poids qui fait qu'on se sent "nulle", mais c'est plutôt parce qu'en fuyant ainsi ses états intérieurs,  on se coupe de soi-même, on perd le lien avec son intérieur  (normal, on le fuit....)

on est alors comme une coquille de noix qui ne sentirait plus son coeur, et on se sent mal

 

je me suis sentie  "nulle"  toute ma vie,  jusqu'à ce parcours, ici,  et l'expérience de se sentir connecté à ce qu'on ressent, même lorsque ce que l'on ressent n'est pas qqchse d'agréable

quand j'arrive à ne plus lutter contre mes états intérieurs, ce que je ressens,  je reste en lien avec moi-même,  ou on pourrait dire  "présente à moi-même"...   et alors je ne me sens plus nulle, je me sens "être" simplement, avec ses hauts et ses bas

 

sinon, au quotidien, quand je sens que ce sentiment de nullité vient se pointer dans ma tête, genre quand je viens de louper un truc, ou que je viens de me gacher l'appétit, ou que j'ai repris 200g, ou que je rame dans mon travail  (oh ça peut s'activer très vite, moi je loupe une recette et bing : activé!),  eh bien je me dis   "attention, attention....  projection spéciale.....  l'histoire de la nulle......    le retour de la nulle 2..... bientôt sur vos écrans...."

ça permet de dédramatiser la chose,  car cette histoire de "nul"  revient souvent pour beaucoup d'entre nous.....   peu à peu, en y accordant moins d'importance, ça finit par ne plus nous gêner pour vivre notre vie comme on l'entend

 

et par exemple se garder un bel appétit pour faire un excellent repas

 

ne te mets pas trop de pression, ne te culpabilise pas, ce n'est pas utile......    essaie de repérer cette histoire de nulle  et quand elle est là,   de te recentrer sur un élément du moment présent : un gout, une sensation, une présence, une musique.....  qqchse qui n'est pas une histoire, mais qui est vraiment là, dans le présent.....  pour te connecter à ce moment présent,  et pouvoir juste  "être" dans ce moment présent

 

j'espère que tout ce discours n'est pas trop abstrait et te parlera

je penserai à toi

Patience
Marraine

anthezome,

Pourquoi la nourriture joue-t-elle un rôle si prépondérant ?
Parce que, comme le dit très bien Izabelle, et toi-même, dès que tu prends du poids, tu te dis que tu es nulle.

Et le problème est là : on se dit qu'on est nulles. Cette petite voix vient crier à nos oreilles qu'on est nulles.
Personne n'est venu nous dire, à peine descendues de la balance : "Oh la la ! Mais vous êtes nulles, vous !!".
Non. C'est en nous.
Moi j'appelle ça mes démons (terme utilisé par le Dr A. et que je trouve très parlant). Ce sont :
- des pensées plutôt mauvaises, attachées à ma destinée car j'ai l'impression que je serai toujours comme elles disent ;
- qui me tentent dès qu'elles le peuvent ;
- qui veulent me guider contre mon gré de manière vicieuse ;
- et qui sont donc plutôt dangereuses.

On se dit qu'on est nulles. Mais est-ce qu'un chiffre sur une balance est révélateur de notre valeur ?
Qu'on se dise : "J'ai pris du poids". Ok. C'est un fait. C'est marqué sous nos yeux.
Qu'on se dise : "Je suis nulle". Non. La balance n'a pas écrit : "Vous êtes inestimable".

Donc le problème vient de ces pensées qui traînent en nous : je suis nulle, je suis moche, j'y arriverai jamais, etc.
Et ce sont elles qui torpillent notre estime de nous-mêmes.

Je ne suis pas sûre que l'on puisse s'en débarrasser. Mais je pense que l'on peut les rendre moins démoniaques en "défusionnant", en les mettant à distance, en se rendant compte que ce ne sont que des pensées inutiles parce qu'elles nous minent...
Parfois certaines sont vraies. Je suis grosse, c'est un fait. Mais que me provoque le fait d'y penser ?
Si ça me fait pleurer et que ça malmène ma propre estime, autant prendre de la distance avec cette pensée. Basta !
Si ça me donne envie de changer les choses, eh bien je vais la prendre en compte pour booster mon estime parce que j'agirai alors pour être mieux avec moi-même. En ça, cette pensée pourra m'être utile.

LC propose la pleine conscience car :
- elle permet souvent de prendre conscience de ces pensées démoniaques automatiques ;
- elle aide, en se focalisant sur sa respiration, à ne pas partir dans des interprétations compliquées et alambiquées de la réalité.

La défusion, ensuite, aide à mettre ces pensées à distance, à les ridiculiser, à en rire, à se dire : "C'est seulement une pensée. Ce n'est pas moi".

Quand tu dis "je ne sais plus quoi faire", eh bien je pense que les pistes sont là : pleine conscience, défusion.
Au fur et à mesure, ça vient...

J'espère que ce roman t'aidera à reprendre courage...

Au plaisir de te lire

 

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