Exprimer la colère - 09082014

fadinarde.
Abonné

Il y a certainement des tonnes de fils sur la colère, je me permets néanmoins d'en rouvrir un autre.... 

Voilà, en fait ces jours je suis en prise avec beaucoup d'émotions qui se disputent en moi, à cause de plusieurs évènements survenus dans ma vie. Du coup bonjour les eme...

Alors voilà. Pour les évnements, je les ai en partie relatés sur mon blog. Je vais les synthétiser ici: 

D'abord j'ai appris par facebook interposé que mon ex s'est marié, que sa femme est enceinte, mais surtout, cerise sur le gâteau et chose la plus difficile à avaler pour moi, il l'a épousée dans MON église.... Enfin, pour mieux expliquer, c'est une petite église perchée au-dessus de la mer en Italie. Je l'avais découverte ado lors de vacances en famille. Depuis ce jour-là, j'ai toutjours dit: si un jour j'accepte de me marier à l'église (je suis athée...) ce sera uniquement dans cette église-là.

Lorsque nous étions amoureux, je lui avais fait découvrir cette petite merveille. Il avait alors évoqué la possibilité que nous nous y marions.... 

Mais il m'a quittée 6 semaines après la mort de ma mère, et 4 ans plus tard il épouse la fille pour qui il m'a quittée, justeemnt dans cette église.

Et 5 jours avant l'"anniversaire" de la mort de ma mère...

Ce que je ressens: je'ai beaucoup de haine, de colère. Je m'en veux d'avoir autant donné à cet homme qui m'aura trahi du début à la fin. Je m'en veux aussi parce que j'ai sacrifié pour lui des moments avec ma mère, et ces moments-là sont perdus à jamais. Je lui en veux, aussi, parce que en se mariant dans cet endroit précis, c'est comme s'il me volait mes souvenirs... Je me souviens d'avoir écouté mon grnad-père architecte, me raconter, devant cette église, pourquoi elle était en marbre rayée, etc... Mon grand-père étant décédé 5 mois après ma mère. Maintenant ce lieu que j'aimais profondément m'a été "volé" parce que je n'ai en tête plus que les image de ce couple heureux qui s'y marie. Du même coup je me sens écartée... J'ai l'impression qu'en se mariant il renie ce que nous avons vécu ensemble (je sais, c'est très immature comme sentiment.... cela devrait se calmer avec le temps... j'espère)

Depuis que j'ai appris cette nouvelle, non seulement je bouffe n'importe quoi, mais en plus mon corps souffre... Je tousse mais ma toux n'évolue pas. Idem pour mon rhume. Et enfin j'ai une conjonctivite apparue sans raison... Et qui me contraint à devoir mettre mes lunettes et plus mes lentilles, ce qui est terrible pour mon estime de moi, j'ai toujours eu un gros complexe avec mes lunettes (ça remonte à l'adolescence.... je pensais que personne ne s'intéressait à moi parce que j'avais des lunettes..)

 

Bon, quoi qu'il en soit, j'en suis là des émotions qui m'habitent. Le cours de mes lectures m'a amenée à lire les livres du Dr Dufour, qui raconte comment les émotions bloquées provoquent des maladies.

Il préconise de se remettre au moment présent pour arrêter de faire tourner le petit vélo dans la tête, et ainsi se reconnecter avec ses émotions, et son instinct. C'est donc parfaitement compatible avec la rpc, d'où mon grand intérêt pour la méthode de ce monsieur!

Mais je me rend compte que, si je suis capable d'exprimer ma tristesse, je ne laisse presque jamais sortir ma colère. Je ne sais pas comment faire, je la bloque. Il paraît que c'est fréquent jes les personnes ayant eu des aprents colériques. Et mon père est un grand colérique (qui s'améliore, mais le mal est fait!!)

Le but de cette discussion, c'est donc de vous demander comment vous vous faites, pour exprimer votre colère, si vous le faites....

en ce moment j'essaie, je fais des méditations, et parfois il y a un peu de colère qui arrive... J'ai cassé un peu de vaisselle (mais j'habite dans un petit appartement qui ne se prête pas à ce genre d'effusions wink) j'ai aussi tapé dans des coussins... J'aimerais crier, mais je ne sais pas où le faire et surtout ça reste bloqué au bas de ma gorge....

Vous avez des conseils? Comment gérez-vous votte colère??

 

Commentaires

nana51.
Abonné

[quote=fadinarde]

Il y a certainement des tonnes de fils sur la colère, je me permets néanmoins d'en rouvrir un autre.... 

Voilà, en fait ces jours je suis en prise avec beaucoup d'émotions qui se disputent en moi, à cause de plusieurs évènements survenus dans ma vie. Du coup bonjour les eme...

Alors voilà. Pour les évnements, je les ai en partie relatés sur mon blog. Je vais les synthétiser ici: 

D'abord j'ai appris par facebook interposé que mon ex s'est marié, que sa femme est enceinte, mais surtout, cerise sur le gâteau et chose la plus difficile à avaler pour moi, il l'a épousée dans MON église.... Enfin, pour mieux expliquer, c'est une petite église perchée au-dessus de la mer en Italie. Je l'avais découverte ado lors de vacances en famille. Depuis ce jour-là, j'ai toutjours dit: si un jour j'accepte de me marier à l'église (je suis athée...) ce sera uniquement dans cette église-là.

Lorsque nous étions amoureux, je lui avais fait découvrir cette petite merveille. Il avait alors évoqué la possibilité que nous nous y marions.... 

Mais il m'a quittée 6 semaines après la mort de ma mère, et 4 ans plus tard il épouse la fille pour qui il m'a quittée, justeemnt dans cette église.

Et 5 jours avant l'"anniversaire" de la mort de ma mère...

Ce que je ressens: je'ai beaucoup de haine, de colère. Je m'en veux d'avoir autant donné à cet homme qui m'aura trahi du début à la fin. Je m'en veux aussi parce que j'ai sacrifié pour lui des moments avec ma mère, et ces moments-là sont perdus à jamais. Je lui en veux, aussi, parce que en se mariant dans cet endroit précis, c'est comme s'il me volait mes souvenirs... Je me souviens d'avoir écouté mon grnad-père architecte, me raconter, devant cette église, pourquoi elle était en marbre rayée, etc... Mon grand-père étant décédé 5 mois après ma mère. Maintenant ce lieu que j'aimais profondément m'a été "volé" parce que je n'ai en tête plus que les image de ce couple heureux qui s'y marie. Du même coup je me sens écartée... J'ai l'impression qu'en se mariant il renie ce que nous avons vécu ensemble (je sais, c'est très immature comme sentiment.... cela devrait se calmer avec le temps... j'espère)

Depuis que j'ai appris cette nouvelle, non seulement je bouffe n'importe quoi, mais en plus mon corps souffre... Je tousse mais ma toux n'évolue pas. Idem pour mon rhume. Et enfin j'ai une conjonctivite apparue sans raison... Et qui me contraint à devoir mettre mes lunettes et plus mes lentilles, ce qui est terrible pour mon estime de moi, j'ai toujours eu un gros complexe avec mes lunettes (ça remonte à l'adolescence.... je pensais que personne ne s'intéressait à moi parce que j'avais des lunettes..)

 

Bon, quoi qu'il en soit, j'en suis là des émotions qui m'habitent. Le cours de mes lectures m'a amenée à lire les livres du Dr Dufour, qui raconte comment les émotions bloquées provoquent des maladies.

Il préconise de se remettre au moment présent pour arrêter de faire tourner le petit vélo dans la tête, et ainsi se reconnecter avec ses émotions, et son instinct. C'est donc parfaitement compatible avec la rpc, d'où mon grand intérêt pour la méthode de ce monsieur!

Mais je me rend compte que, si je suis capable d'exprimer ma tristesse, je ne laisse presque jamais sortir ma colère. Je ne sais pas comment faire, je la bloque. Il paraît que c'est fréquent jes les personnes ayant eu des aprents colériques. Et mon père est un grand colérique (qui s'améliore, mais le mal est fait!!)

Le but de cette discussion, c'est donc de vous demander comment vous vous faites, pour exprimer votre colère, si vous le faites....

en ce moment j'essaie, je fais des méditations, et parfois il y a un peu de colère qui arrive... J'ai cassé un peu de vaisselle (mais j'habite dans un petit appartement qui ne se prête pas à ce genre d'effusions wink) j'ai aussi tapé dans des coussins... J'aimerais crier, mais je ne sais pas où le faire et surtout ça reste bloqué au bas de ma gorge....

Vous avez des conseils? Comment gérez-vous votte colère??

 

[/quote]

bonjour fadinarde, 

je me garderais bien de te donner des conseils, 

je fais partie des gens colèriques, 

j'habite en appartement aussi, et une ou deux fois par an , je rentre dans des colères épouvantables, 

ça ne se fait pas , je le sais, je n'en suis pas spécialement fière.

je hurle , en temps ordinaire , j'ai un timbre de voix très audible, je ne parle pas si fort , mais j'articule parfaitement .

j'ai déjà incommodé mes voisins, j'ai eu droit à des coup de balais ( là c'est moi qui rigole) au plafond.

mes colères montent très vite et retombent très vite.(mes colères n'excédent jamais 5mn...je sais ...)

l'effet que cela me produit , comme une sorte de décharge d'adrénaline, super puissante, après je me sens vidée , presque hagarde, et dans ces moments là je deviens toute douce, molle, sans énergie.

un truc qui n'a rien à voir, 

il ya quelques semaines on fêté les 50 ans de mon frêro, 

il faisait super chaud, il vit à la campagne, on a fait une bataille d'eau, comme dab , ça commence par 3 gouttes et ça a fini au jet d'eau, je me suis fait arrosée, j'ai hurlée comme une démente , ce qui a déclenché l'hilarité générale, et je courrais comme une folle dans le jardin , 

quand j'arrosais un des invités ( on avait des bouteilles de flotte qu'on remplissait au fur et à mesure ), je criais comme une damnée, 

j'ai un souvenir exquis de cet journée, je me suis défoulée comme rarement.

Kaylee
Marraine

Je suis colérique aussi, je pense, se mettre en colère, ça défoule, ça fait du bien, c'est humain.

Je me souviens de mon père, qui était colérique (les chiens ne font pas des chats, hein wink) qui déversait en corse un chapelet de jurons lorsqu'il se cognait la tête (il n'avait plus beaucoup de cheveux). En corse, pour que soi-disant les enfants ne comprennent pas.

Lorsque je veux me défouler de ma colère, donc, je hurle des jurons en allemand. Même lorsque je suis seule.

Je me défoule en écrivant toutes mes pensées colériquement désagréables sur une page Word, que je ne relis surtout pas mais que je sauvegarde. Quitte à aller la relire quelques jours plus tard.

Je pense aux petites poupées vaudou à effigie que l'on pique, en souhaitant tout le désagréable possible à la personne qui nous a fait du mal.

Je file dans la douche, me douche normalement et une fois rincée, avant de m'essuyer, je place le pommeau de la douche sur la nuque et remplace petit à petit l'eau chaude par de l'eau froide. Il arrive un moment où le froid me submerge, je crie, je râle, suffoque, supporte, et ça va mieux.

Laisse exploser ta colère, fadinarde, il faut qu'elle sorte, c'est salutaire. Va hurler au besoin dans un endroit calme au bord du lac.

boudicca.
Abonné

bonjour,

moi aussi je suis colérique et je jure non pas en allemend ou en corse mais en espagnol (pour que ma fille ne comprenne pas mais bon... c'est raté!). 

Quand je suis en colère, il faut que je crie et j'ai envie de tout casser ( ce que je faisais dans ma chambre adolescente), mais comme ma famille n'est pas un défouloir, je sors marcher le temps de faire retomber la colère. Prendre l'air me fait du bien, ça me remet les idées en place. 

Je ne sais pas si ça va t'aider mais il faut libérer cette colère , la faire sortire, ça fait du bien et ensuite on est plus serein. 

où bien (ne le prend pas mal) se faire aider par quelqu'un.

Chléa.
Abonné

Ouh la la  , moi j'ai du mal à exprimer ma colère .

En fait, elle me fait peur , tres tres peur ; quand je suis en colère, je me sens tellement capable de tout balayer sur mon passage, de dire des choses que je ne pense pas vraiment, de tout casser , de commettre des actes irréparables  que ça me terrifie, littéralement

Je  crois que généralement, j'évite de l'exprimer  : je voudrais pouvoir exprimer les choses dans le calme . Parfois j'y arrive,( et là je suis très fière )  parfois pas ( et là je me sens nulle ) 

Je sais qu'il faut que ça sorte, d'une manière ou d'une autre : les choses doivent etre dîtes,ça c'est tres clair : si je ne dis pas ma colère elle reste là et elle me pourrit , ça devient obsessionnel

 Le tout est de trouver la manière de les dire..et c'est ça le problème

La colère c'est vraiment l'émotion que je " gère" le plus mal

Enfant j'étais tres colérique : je criais et je tapais du pied par terre....et je me calmais aussi vite que je m'étais mise en colère.

Sauf que adulte, il doit y avoir d'autres moyens ...

Et la colère, et ses manifestations, ça me renvoit à mon père, colèrique et violent, et ça me fait peur.

La violence de mes colères me terrifient ...comme me terrifiaient , enfant, celles de mon père. 

izabelle
Animatrice forum

eh bien moi je ne suis pas du tout colérique, enfin maintenant je m'autorise à la ressentir, ce qui produit de grands bénéfices dans ma vie, en fait

mais j'ai vraiment constaté qu'il y deux sortes de colère

- la colère-lutte :  elle dure très longtemps, on rumine, et en fait elle cache un autre ressenti que l'on combat

- la colère simple : elle est induite par un manque de respect ou non-respect du territoire, ou action dangereuse, elle dure quelques minutes, le temps du coup d'adrénaline

 

 

pour la première, c'est uniquement de la lutte, typiquement on en veut à quelqu'un parce qu'il nous fait ressentir quelquechose, mais dans le fond, le vrai ressenti c'est cette chose-là

par exemple une copine m'a raconté qu'elle était furieuse contre son mari parce qu'ils s'étaient fait arnaqués sur le marché, ça durait, ça durait,  elle lui en voulait.....   à partir du moment où elle a pris conscience qu'en fait elle se sentait "nulle" de ne pas avoir su dire non, de s'être fait prendre pour un pigeon,  eh bien la colère est tombée immédiatement

pour ma part, la plupart des colères dirigées contre mon homme sont de cette nature -là,   il me respecte toujours donc je n'ai aucune raison de me mettre vraiment en colère, mais il sait par contre appuyer  "là où ça fait mal", réveillant l'histoire de la nulle, l'incompétente, celle qui ne sait pas, ou autres joyeusetés

je précise qu'il ne fait pas cela par méchanceté ou domination, mais dans une sorte d'authenticité, que nous voyions toujours clair en nos comportements

 

pour la deuxième sorte de colère, à mon sens, la seule  "vraie",   elle est un outil extraordinaire que j'utilise depuis peu, surtout énormément dans mon travail

par ex quand on me pose un lapin, qu'on me prévient à la dernière minute, ou qu'on me paye pas (tiens ça me fait penser à un truc),   je ressens maintenant ma colère (avant je la refoulais, m'identifiant uniquement à ma nature compréhensive)

donc je l'exprime, avec des mots très directs : "je me sens envahi par vos SMS"    " ma trésorie n'est pas élastique"  "vous ne prenez en aucune considération le fait que j'aurais pu prendre quelqu'un d'autre à votre place"

je peux même aller jusqu'à dire  "vous me manquez de respect en faisant ça et c'est pourquoi nous allons reposer le cadre de nos échanges"

Eh bien, c'était dur au début de faire ça,  mais les effets sont  incroyables

je pense que ça a même permis à un de mes patients de faire un bond de géant dans son évolution personnelle

 

je m'aperçois qu'il est important de ressentir quand on vous manque de respect d'une façon ou d'une autre, je m'en sers aussi avec les enfants harcelés

j'ai eu récemment une ado, je l'ai fait travaillé sur cette énergie là totalement bloquée,  et on a travaillé dans le sens où il faut qu'elle ressente sa colère et s'en serve pour mettre les limites qui s'imposent

elle a pu retourner au collège et valider son année et passer le brevet, alors qu'elle en était rendu à la phobie scolaire

 

 

bref, tout ça pour dire que la VRAIE colère est très utile, mais selon moi nul besoin de hurler pour se faire entendre, après ça dépend des tempéraments

mais la pseudo-colère qui n'est qu'une lutte  nous entraine dans de fausses vérités à mon sens

ce qui est important dans ces cas là, c'est de trouver le vrai ressenti qui nous fait BEAUCOUP de peine et d'accepter de le vivre sans plus lutter

 

 

dans ton cas Fadinarde je pense que les deux se mélangent, ton ex a empiété sur ton territoire symbolique en choisissant l'église que tu lui avais fait découvrir,  mais cela   a  aussi réveillé toutes sortes de ressentis contre lesquels tu luttes sans doute, bien humainement, par rapport à toi-même et ce que tu ressens par rapport à toi-même, dans cette situation

Patience
Marraine

Comme izabelle, je ne suis pas une colérique "expressive", dans le sens où je ne hurle pas, je ne casse rien, je ne claque pas les portes, ou autre !

J'ai le souvenir d'un grand-père très colérique aussi. Du coup, c'est vrai que je suis très mal à l'aise face aux "coups" de colère. Mon N+2 au boulot est également un grand colérique ; et c'est quelqu'un dont je redoute la présence...

Bref, ma colère s'exprime :
- d'une part parce que je réussis à l'identifier et à lui donner une place (ce qui est un progrès particulièrement considérable pour moi, qui croyais n'être jamais atteinte par cette émotion !) ;
- d'autre part en la disant.
Soit il y a de la lutte derrière, comme le précise izabelle, et auquel cas j'arrive bien à retrouver le sentiment qui se cache derrière.
Soit je ne me sens pas respectée, et je le dis "gentiment mais fermement" ! Et ça aussi c'est un grand pas pour moi, qui ne disait jamais rien de peur d'être rejetée par l'autre !
Dernièrement, ça m'est arrivé au travail. J'ai posé mes mots sans agressivité, avec simplicité. C'était fait en deux - trois phrases. Et ça m'a fait beaucoup de bien, ainsi qu'à la relation que j'entretiens avec cette collègue !

En tout cas, la reconnaissance, l'acceptation et l'expression de cette émotion est sans doute l'un des plus grands pas que j'ai pu faire avec Linecoaching !! Il y a vraiment un avant et un après !

Au plaisir de vous lire

Kaylee
Marraine

Je ne manifeste ma colère que lorsque je suis seule.

En effet, j'ai beaucoup trop souffert d'avoir vu la colère maladive de ma mère étant enfant, qui frôlait l'hystérie, elle hurlait en trépignant frénétiquement des pieds, parfois un couteau à la main en menaçant de se l'enfoncer, pour infliger quelque manifestation de ma colère à qui que ce soit.

On dit que "les grandes douleurs sont muettes", chez moi la colère commence d'abord par me couper la parole, le fait de ne pas être seule lorsqu'elle survient m'empêche d'y donner libre cours.

Plus tard, lorsque je suis seule, je me défoule en étant grossière, je me calme sous la douche et ensuite je la mets sur une page Word, que je relis, ou pas, quelques jours plus tard.

J'ai une copine qui s'est acheté une cravache au rayon Equitation d'un grand magasin de sport, et qui se défoule en donnant de grands coups de cravache sur son lit jusqu'à en avoir mal au bras.

isage109.
Abonné

Pas mal le coup de la cravache, je vais essayer !

Moi aussi je suis fille d'une "hystérique". Ma mère était capable de casser une porte sous le coup de la colère pour un détail, un objet cassé, ou aussi quand elle se cognait, ma soeur et moi on se la coinçaient en attendant que ça passe !

Ca m'arrive au moins une fois tous les deux ans de "me mettre dans tous mes états" comme dit mon compagnon et c'est d'ailleurs souvent quand je sens qu'il me manque de respect, qu'il a dépassé MES limites, qu'à mes yeux, notre couple est menacé, donc la première selon Izabelle.

Je pourrai aussi tout casser, avant je claquais les portes mais notre maison avait déjà 30 ans quand on l'a achetée et les portes sont déjà abîmées alors ....je prends ma voiture et je pars, parfois quelques heures parfois une nuit, je ne fais rien, je reste dans ma voiture. C'est dans ces moments-là que j'ai des EBE Envies de Boire Emotionnelles.

Mon compagnon est attéré, paralysé par mon comportement, il reste autour de moi les bras ballants. Si je prends des affaires dans un sac, comme au mois de mai, il est capable de me prêter le sac ou de descendre la valise du galetas !

Même à froid il ne comprend pas que j'aie ce besoin de m'éloigner ! Moi j'ai juste peur de dire ou faire des choses regrettables et d'arriver au point de non retour, je préfère me calmer plus loin, toute seule. Dernièrement mon homme m'a dit qu'on avait frôlé la rupture !

La dernière fois, au mois de mai, j'avais appris un truc que mon chéri m'avait caché depuis 6 mois et qui avait montré que j'avais raison de me méfier d'une de ses collègues (jalousie exacerbée à 1000%) je me suis dit que j'avais besoin de soins et j'ai atterri aux urgences. Le psychiatre de garde, après m'avoir écoutée une bonne heure, me dit "Mais Madame vous allez bien ! vous êtes juste Amoureuse et vous avez besoin qu'on vous le montre en retour". Il m'a quand même recommandé d'aller consulter un psy pour un suivi. La prochaine sera la 6e séance après je ne suis plus remboursée crying C'est aussi lui qui m'a parlé de mindfullness yes

Entre deux,j'ai lu des bouquins sur les émotions, (j'aime déjà beaucoup lire) dont 1 que je vous recommande chaudement : "Tristesse, peur, colère, agir sur ses émotions" de Stéphanie HAHUSSEAU, trouvé sur Amazon

 

bisous

Isa

marinebreizh.
Abonné

Comme  Izabelle je ne suis pas colérique mais je me soigne!

Cela dit comme tout le monde j'ai vécu des évenements qui m'ont fait sortir de mes gonds.

Mais je ne sais pas si c'était de la colère... si peut être

J'avais la chance à l'époque de vivre proche de la mer ; vous savez là où le gars de la météo dit que le mauvais temp arrive sur la France...

Hé bien déjà le bord de mer avec son paysage variable, le mouvement perpetuel a un pouvoir apaisant sur moi. Donc j'y allais d'autant plus dans ces cas là. Et puis il m'est arrivé de hurler face au vent en marchant ou courant. Là vraiment pas de souci ; personne n'entend , personne ne s'inquiète.

Et quand c'est la rage mêlée de tristesse qui me submergeait je pouvais avoir les yeux humides et rouges ça ne surprenait pas les rares personnes croisées ni les goëlands!

Maintenant que je suis remise de cet épisode dramatique il m'arrive aussi d'avoir le même genre de colère qu'Izabelle évoque. Je l'exprime aussi mais pas besoin de bruit excessif ni de cris.

Et ensuite quand il y en a eu beaucoup dans la journée : aller nager, marcher, écouter la musique soit classique qui m'apaise, soit "gueularde" qui me défoule.

avelina.
Abonné

Je tombe, en me promenant dans la communauté, sur ce billet qui me parle forcément puisque la colère est, de toutes les émotions, celle qui m'amène le plus aux compulsions alimentaires, vers les aliments gras et sucrés.

Je travaille depuis un bon moment sur mes émotions, j'apprends à les accepter, et surtout la colère...

Hypersensible depuis toujours, j'ai le souvenir enfant d'avoir été souvent cataloguée "susceptible", le prenant comme une insulte.

Susceptible, je l'étais forcément, puisqu'hypersensible, je prenais facilement les remarques plus à coeur que la normale.

J'en ai déduit que ce trait de caractère était à bannir, que j'étais "mauvaise" et j'ai toujours enfoui la colère en moi, ne sachant pas l'exprimer simplement, la maintenant à l'intérieur de moi, ressassant les éléments de la colère, quitte à "péter les plombs" ensuite,  comme une cocotte-minute, de façon disproportionnée et ne m'adressant souvent pas, dans ces cas-là, à la bonne personne, celle qui avait ititié la colère.

La colère est un signe que nos limites, physiques ou psychologiques, sont franchies. Il est normal de la ressentir, de l'exprimer dans le respect de l'autre. Encore faut-il ne pas se sentir coupable de s'affirmer face à l'autre, se sentir légitime à exprimer sa colère.

Car je pense qu'il y une différence entre la colère, qui est une émotion qu'il faut se donner le droit d'éprouver et d'exprimer de façon juste, et le déferlement de la colère, derrière lequel se cachent d'autres sentiments comme la culpabilité à s'affirmer.

Ceci n'est que mon point de vue bien sûr...

Cordialement.

isage109.
Abonné

Merci Avelina très bien vu, la différence que tu fais entre l'expression de la colère que je revendique et le déferlement qui est plus dommageable et dont je tente d'épargner mes proches en boudant dans mon coin. Mais je ne dirai pas que c'est de la culpabilité à s'affirmer.

Par contre, l'avantage, en ce qui me concerne, est que quand je ressens de la colère, je n'ai pas faim du tout ni envie de manger, je suis toute tendue et crispée extérieur comme intérieur.

Sans doute parce que ce qui me fait peur justement ce sont les éventuelles conséquences du déferlement.

Bon dimanche zen à vous toutes

Isa

Mariemarie0000.
Abonné

Je poursuis ce fil sur la colère, car il est très instructif.
D'autant que je suis en pleine prise de conscience vis-à-vis de la colère.
A l'issue de mon deuxième carnet repère, mon bilan (du 04/08, c'est tout frais) m'indique que les émotions qui déclenchent chez moi le plus d'EME sont, je cite : "principalement des émotions liées à la colère , il peut s'agir de contrariété ou frustration".
Cela m'a interloquée. Je pensais que la colère était une émotion étrangère pour moi. Et d'ailleurs, je ne savais pas que la contrariété et la frustration étaient des formes de colère.
Depuis que je sais cela, j'ai pris conscience qu'effectivement je ressens souvent  frustration et contrariété, et que cela se manifeste comme une colère rentrée. Et là, je rejoins Izabelle, quand elle dit :

[quote=izabelle]

il y deux sortes de colère

- la colère-lutte :  elle dure très longtemps, on rumine, et en fait elle cache un autre ressenti que l'on combat

- la colère simple : elle est induite par un manque de respect ou non-respect du territoire, ou action dangereuse, elle dure quelques minutes, le temps du coup d'adrénaline

[/quote]

Ce qu'Izabelle appelle  "colère simple" ou "vraie colère", je la ressens peu souvent, quoi que plus en plus ces dernières années. C'est elle qui m'est, enfin était, étrangère. Elle se manifeste de temps en temps et j'ai appris à l'exprimer avec l'âge et l'affirmation grandissants. Et quand je l'exprime, tout va mieux après.
La "colère-lutte", quant-à-elle, est quasi quotidienne, du moins hebdomadaire. Et c'est la plus difficile à vivre. Elle est sourde et rentrée. Elle me bouffe de l'intérieur et est à l'origine de pas mal d'anxiété. Et j'aimerais travailler dessus, parce que, comme dise les psys, enfin certains, "il y a un noeud". En gros, j'ai mis le doigt là où ça fait mal.

[quote=izabelle]

pour la première, c'est uniquement de la lutte, typiquement on en veut à quelqu'un parce qu'il nous fait ressentir quelque chose, mais dans le fond, le vrai ressenti c'est cette chose-là

par exemple une copine m'a raconté qu'elle était furieuse contre son mari parce qu'ils s'étaient fait arnaqués sur le marché, ça durait, ça durait,  elle lui en voulait.....   à partir du moment où elle a pris conscience qu'en fait elle se sentait "nulle" de ne pas avoir su dire non, de s'être fait prendre pour un pigeon,  eh bien la colère est tombée immédiatement

pour ma part, la plupart des colères dirigées contre mon homme sont de cette nature -là,   il me respecte toujours donc je n'ai aucune raison de me mettre vraiment en colère, mais il sait par contre appuyer  "là où ça fait mal", réveillant l'histoire de la nulle, l'incompétente, celle qui ne sait pas, ou autres joyeusetés

[/quote]

Voilà, pour moi, c'est tout à fait ça. La frustration, ou colère rentrée, c'est un rebond. Comme au billard, il faut taper dans les bandes pour mettre la boule dans le trou. En gros, j'en veux à mon mari de ce que je n'ai pas su dire ou faire :  lui dire non, lui dire ce que je pense, lui demander de faire quelque chose...etc.
Sauf que lui, il n'a que les consignes que j'ai verbalisées, donc il a fait en fonction. Et forcément, le résultat ne me plaît pas. Quand je lui fais savoir, il répond qu'il n'a que les consignes que j'ai verbalisées et que c'est mon problème si je ne suis pas capable de verbaliser, pas le sien. Donc je me trouve nulle et je lui en veux de me faire ressentir ma "nullitude" (désolée pour le néologisme, mais je le trouve plus parlant que "nullité"). Izabelle parle de combat. Peut-être que si j'arrêtais de lutter contre mon sentiment de "nullitude", que je faisais en sorte de l'accepter avec bienveillance "oui, bon, t'as pas été très bien sur ce coup là, mais c'est pas la fin du monde", j'arrêterais de m'en vouloir et de penser que c'est intolérable et donc j'arrêterais l'"effet billard" de le reprocher à mon mari.
Ça serait une première étape.
L'étape suivante étant, dans un monde idéal, de réussir à dire, faire et demander tout ce que j'ai à dire, faire et demander. M'affirmer, quoi. J'ai bien dit "monde idéal". (Ça fait 10 ans que je bosse dessus en TCC, ça évolue moyennement vite...)

Bref, y a du boulot.

Kaylee
Marraine

[quote=Mariemarie0000]

Sauf que lui, il n'a que les consignes que j'ai verbalisées, donc il a fait en fonction. Et forcément, le résultat ne me plaît pas. Quand je lui fais savoir, il répond qu'il n'a que les consignes que j'ai verbalisées et que c'est mon problème si je ne suis pas capable de verbaliser, pas le sien.

[/quote]

Ce que tu décris m'évoque une phrase lue quelque part qui m'a fait pas mal cogiter : "je suis responsable de ce que je dis ; je ne suis pas responsable de ce tu comprends".

avelina.
Abonné

Pour ma part, la "colère-lutte" qu'évoque Isabelle a à voir avec la petite fille que j'étais, des choses de l'enfance à régler, "digérer", pour utiliser le vocabulaire de la nourriture encore, des choses qui me "bouffent" de l'intérieur...

En effet, il y a du boulot et ces échanges sont bien utiles.

Bonne journée !

avelina.
Abonné

C'est du Jacques Salomé, ça : Dans une relation à 2, l'un est responsable d'un bout de la relation et l'autre est responsable de sa part.

Si facile à lire, si difficile à traduire en actes...

mavo.
Marraine

Je fais partie de celles qui expriment "trop" leur colère... Ou du moins, j'en faisais partie. Je pense que c'est sur ce point que la PC quotidienne m'a fait le plus changer : je touche du bois, mais les crises de colère se sont considérablement réduites. Alors que j'étais du genre à tout casser, et à chercher à faire mal par des paroles bien senties. La fille charmante, quoi... Gros sujet de culpabilité après bien sûr, et d'EME.

Aujourd'hui, j'arrive nettement mieux à sentir la colère monter, et à m'extraire de la situation avant de partir complètement dans les tours. Et globalement, j'ai énormément gagné en qualité de vie (et mes proches aussi !). L'expression de la colère, c'est important, mais se laisser déborder, c'est pas cool non plus...

Pattie.
Ancien abonné

Merci MarieMarie ! Ton post m'ouvre des perspectives, avec le rapprochement frustration/colère. Je pense que j'ai aussi beaucoup de colère rentrée, parfois exprimée. Je me disais dernièrement que je ne supportais pas la moindre frustration. Je me disais ça comme si je me rencontrais, en fait. Ca n'est pas une facette de moi que j'apprécie ! Ma mère m'avait envoyé un jour une carte avec un singe en train de bouder, et marqué dessous "Moi, je conteste tout". J'aimais bien cette image de contestatrice. Mais colérique, c'est moins flatteur.

Peut-être que je n'apprécie pas cette facette parce que je ne m'en sers pas. Du coup, elle reste là, inutile, à me gêner, et je la repousse dans un coin.

izabelle
Animatrice forum

[quote=Mariemarie0000]

Peut-être que si j'arrêtais de lutter contre mon sentiment de "nullitude", que je faisais en sorte de l'accepter avec bienveillance "oui, bon, t'as pas été très bien sur ce coup là, mais c'est pas la fin du monde", j'arrêterais de m'en vouloir et de penser que c'est intolérable et donc j'arrêterais l'"effet billard" de le reprocher à mon mari.

 

[/quote]

c'est vrai que tant qu'on  "s'en veut"  c'est qu'on lutte contre ce ressenti de nullitude

quand on accepte vraiment de ressentir  "ça",  sans plus lutter contre,   on ne s'en veut  ni à soi-même ni aux autres, on prend juste conscience que c'est toujours cette vieille même histoire, qui était peut-être utile il y a longtemps, mais qui est devenue tout à fait obsolète

pour moi cette histoire est maintenant une vieille connaissance, ça ne veut pas dire qu'elle soit agréable, mais elle ne me fait plus peur en tous cas

quand elle s'active je la repère, je sais qui elle est, d'où elle vient, qu'elle est inoffensive à mon âge et pourtant très désagréable à mon âge

ne plus lutter contre me permet de lui donner de moins en moins d'importance et de fait elle s'active de moins en moins souvent, de moins en moins vite

Haut de page 
X