Gérer la peur d'avoir faim - 11092011

ptitedrey.
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Bonjour,

Après avoir rempli plusieurs carnets, je me suis aperçue que j'avais un souci lors d'un repas pour savoir si j'avais mangé "juste assez" ou "trop". Je pense (mais je n'en suis pas sure non plus), que la plupart du temps, je mange un peu plus que ma satiété, et j'arrive à me convaincre que c'est pour ne pas avoir faim après le repas. J'ai du mal à repérer le "juste assez", et malheureusement, le peu de fois où je le repère, je continue à manger (du moins je finis mon plat), non pas parce que je ne veux pas gacher, mais parce que j'ai peur d'avoir faim après. 

J'ai peur d'avoir faim 10 minutes après le repas, 1h, un peu plus. Comment faire ? Je me sens un peu ridicule à me poser cette question, puisqu'il suffirait de dire "et bien arrete quand tu as assez mangé, et si tu as faim 10 minutes ou 1 h après, mange un peu pour te caler". Mais c'est justement le "remanger un peu après" qui me fait peur. J'ai peur de ne pas controler cet encas, et de me lacher. 

 

Je me retrouve donc souvent à manger du pain en accompagnement, notamment à la cantine, alors que le pain qui est proposé n'est pas terrible. Et au moment où je mange ce pain, je m'en veux et je me dis que je suis nulle de craquer pour cet aliment qui ne me plait meme pas, mais en meme temps je me dis que comme ça, je n'aurais pas faim ensuite.

Alors en ce moment, je suis en train d'expérimenter la bonne faim, la petite faim, la grande faim. Et tout se mélange maintenant dans ma tete : comment gérer la faim (ça me fait peur !! et ce malgré mes séances de pleine conscience-sensation de faim), comment détecter la satiété ?

 

Désolée pour ce message un peu confus, c'est un peu le reflet de ce qui se passe dans ma tete en ce moment.. :s

Commentaires

Pomdereinette.
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ça ne me semble pas confus, dans la mesure où je pense vivre quelque chose d'approchant.

Pour les 2ers carnets, je sentais la limite, fragile, entre le juste assez et le déjà trop. Je savais la franchir, mais ça ne m'inquiétait pas outre mesure, puisqu'il suffisait d'avoir de nouveau faim.

Or, dès lors qu'il m'est demandé d'expérimenter une "grande" faim (et je suis certaine que ce qui me paraît grand en ferait sourire beaucoup) panique à bord. Le repas suivant (donc le déjeûner) je me vois trop manger, sans pouvoir arrêter, même si ça n'est pas (encore) de la compulsion.

Je me dis que je suis comme une enfant qui a peur du loup. On peut me certifier tant et plus qu'il n'existe plus que dans les contes ou les zoos, qu'il n'y a pas de monstre sous le lit, rien n'y fait.

Que sans doute cet exercice réveille en moi toutes les faims passées, volontairement subies, et elles furent nombreuses ! sans être suivies de réconfort ou d'une collation.

Passé le 1er désarroi,  j'essaye de le voir comme une avancée : peut-être mon corps est-il justement en train d'apprendre qu'il n'est pas nécessaire de faire des réserves, que la "famine" de jadis ne se représentera plus, qu'il peut (enfin ! ) me faire confiance pour le respecter. Peut-être...

Je me dis au moins une chose : se rendre compte est déjà une étape positive. Bonne continuation :-)

Pomdereinette.
Abonné

Hier soir, en pratiquant la RPC une idée m'a traversée l'esprit : que ce soit à la maison ou au travail j'ai besoin d'avoir un programme, savoir quelles sont les tâches à effectuer. Pratiquer l'expérience de la grande faim, c'est aussi accepter de faire l'expérience du vide. Il est évident que ce programme va amplement plus loin que les "simples" questions alimentaires. J'espère que cela peut être aussi une piste pour toi.

ptitedrey.
Abonné

Hello 

 

j'ai eu la même réflexion ce matin ! je voulais expérimenter hier la grande faim, mais j'ai changé d'avis en cours de route (la peur ?). Cette semaine est bien chargée côté boulot, mais je vais essayer de m'y atteler le week-end prochain...

Lilou.
Abonné

j'ai également peur d'avoir faim et mange sans faim car je ne sais pas si ensuite je vais pouvoir m'alimenter. cette peur je l'ai depuis mon enfance et il me sera difficile de pratiquer le grande faim

toscana.
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Coucou les filles!!

 

Cette peur de la faim, je l'ai aussi bien ancrée dans ma petite tête... Je n'en suis encore pas là dans le programme, mais je sens déjà poindre l'angoisse quand j'en serai à cette expérience.

J'ai peur de la faim car j'ai été choquée dans mon enfance par ma mère qui était diabétique, mangeait très peu et faisait des malaises hypoglycémiques sans arrêt. J'associe la faim à quelque chose de dangereux, j'ai peur de tomber dans les pommes, comme ma mère. Un jour, mon mari m'a dit très justement que je n'allais pas tomber dans les pommes puisque je ne suis pas diabétique, mais la peur reste toujours...

Ma soeur m'a, d'ailleurs, avoué un jour que quand elle part pour plusieurs heures (genre à 9h du mat jusqu'à midi), elle mange pour ne pas avoir faim plus tard ou elle se barde le sac de chocolat ou bonbons "au cas où"...

Je crois qu'on a toutes un bout de chemin à faire pour apprivoiser la faim... mais à la fin, ce sera une bonne faim, j'en suis certaine

jpzermati
Votre coach

Bonjour Ptitedrey,

La peur d'avoir faim oblige à manger plus et empêche de percevoir la satiété. Ce qui vous arrive est donc normal.

C'est un phénème très fréquent chez les personnes qui ont suivi des régimes amaigrissants. Il peut parfois prendre la forme d'une véritable phobie de la faim.

Les expériences sur la faim en viennent généralement à bout. Dans votre cas, je vous suggère d'effectuer une expérience de faim retardée. Cela consiste à attendre une petite faim et à faire une pleine conscience de la faim. Puis au terme de l'expérience vous avez le choix entre manger un aliment pour arrêter l'expérience ou poursuivre l'expérience encore une demie-heure. Au bout d'une demie-heure vous refaites une pleine conscience de la sensation de faim. Et au terme de celle-ci vous décidez d'arrêter l'expreience ou de la poursuivre encore une demle-heure... Et ainsi de suite jusqu'où la curiiosité vous pousse.

A chaque instant, vous devez avoir le choix entre arrêter toute l'expérience ou la prolonger. C'est le fait de pouvoir contrôler soi-même l'inconfort de sa faim qui finit par la rendre supportable.

 

Bon courage et Bonne Faim.

JPZ

ptitedrey.
Abonné

Merci pour votre réponse !

 

j'ai copié-collé votre recommandation d'exercice et je vais m'y mettre ce week-end, au calme.

 

J'ai déjà un peu progressé aujourd'hui : je n'avais pas faim ce matin, je suis partie au travail sans manger (pas faim), et à 11h, un petit creux, j'ai mangé une petite viennoiserie. Au déjeuner, pas faim, donc j'ai fait du shopping :) et une collation à 16h car j'avais faim. J'ai d'ailleurs trouvé très bon ce que je mangeais, ça m'a fait plaisir. 

lolita.
Abonné

C'est incroyable. Moi aussi je suis terrorisée par la peur d'avoir faim. Je ne savais pas que nous étions si nombreux à traverser les mêmes angoisses.

Le petit déjeuner est mon repas préféré...et en plus, maintenant que le travail m'a changé les horaires, je vais faire mon sport le matin au lieu du soir...je ne m'imagine donc pas du tout sautter ce moment magique qu'est le petit déjeuner...mais le retardé, cela se fera obligatoirement. Je ne peux pas courir le ventre plein. 

Au repas du matin, je m'autorise tout normalement. C'est la grande liberté....mais il est évident que je mange souvent trop et qu'après j'ai mal au ventre... C'est la peur d'avoir faim toute la journée qui me pousse sûrement à manger comme ça le matin. D'ailleurs j'ai tendance à manger trop au petit déjeuner et au déjeuner. Souvent je goûte également et je ne dîne pas le soir. Après m'être gavée toute la journée par peur d'avoir faim, forcément, je suis bien remplie et n'ai plus faim....

Maintenant, je sais que le temps que je cours et me prépare, il s'écoule facilement 2h30 entre le réveil et le petit déjeuner...ce qui s'ignifie que je sais que j'aurais faim. Je le sais. Mais demain matin, je vais avant de manger, respirer et me calmer pour manger doucement et essayer d'écouter ma satiété...ce sera une grande première ! Mais ça me fait peur....

capuccino
Marraine

Bonjour,

moi aussi ma peur d'avoir faim était ingérable par moment. Alors j'ai commencé à l'apprivoiser en ayant TOUJOURS des trucs sympas à grignoter sous la main au cas où...(Lorsque je partais à Paris en formation, j'avais toujours dans mon sac à dos, des gâteaux, des bonbons, de la boisson et de quoi me caller le ventre avec de sachets de capuccinos...Puis grace à la Pleine conscience et aux exercices en tous genres, j'ai découvert que Quel que soit l'endroit où je me déplace en France, il y a TOUJOURS de quoi boire et manger. Alors je me suis progressivement délestée de mes "DOUDOUS alimentaires" pour réussir dernièrement à partir 10 jours hors de chez moi sans emmener quoi que ce soit d'alimentaire dans ma valise. Et tu me croiras si tu veux... aucun moment je n'ai compulsé par peur du manque...Nous avons besoin d'abord d'avoir des aliments pour nous rassurer et puis on se rend compte qu'avoir faim c'est pas agréable, qu'avoir très faim c'est désagréable mais qu'on en meurt pas...et après on apprend à gérer et ça se gère très bien.
Bon courage.

icietlaba.
Abonné

ralalalla la peur d'avoir faim...Une des causes de ma non perte de poids...

Une fois avoir fait le premier exercice de la faim je me suis rendue compte que finalement le noeud du probleme etait là...

Durant l'enfance, nous ne mangions pas toujours ce que l'on voulait, même si l'amour etait présent il faut l'avouer le frigo etait tres souvent vide, alors je peux tres vite faire le lien.Par la suite j'ai eu peur d'avoir faim car pour moi çà impliquait compulsion et trop plein.Et qui disait compulsion, trop plein disait inconfort...

 

Bref tout çà pour dire que c'est fondamentalement relié et qu'apprendre à tolerer la faim n'est guere simple.

Se rendre compte que nous pouvons vivre avec reste dejà un bel effort, je commence l'exercice de la faim retardée demain, commencer par dix minutes faire le point, puis continuer ou pas et decider de manger.C'est vrai que l'objectif reste le même et quoiqu'il en soit nous ne sommes pas emprisonner, on peut manger sans scrupules....

 

Bon courage car quoi qu'on en dise il en faut çà c'est sur...

lolita.
Abonné

Bonjour Capuccino! 

Merci de ton email. 

Ça m'a fait du bien de le lire. J'ai acheté des confiseries et je les ai gardé avec moi. C'est en effet rassurant. Bien joué !  

Par contre je n'ai toujours pas fait l'exercice d'essayer de sautter complètement le petit déjeuner...je ne sais pas quand est-ce que j'aurais la volonté de faire cet exercice là. Tu as réussi toi à le faire? 

Mais déjà aujroud'hui j'ai fait 3 repas en ayant plus ou moins faim...je me dis que c'est déjà un bon début...

Quand est-ce que tu as commencé? 

Eva.
Abonné

Pour ma part, j'ai habituellement un petit déjeuner bien volumineux: 1 part de protéine (oeuf ou fromage..), 100g de pain/tartines et un fruit ou compote. On me disait souvent que c'était parfait (sauf que j'aurais pu faire avec moins de pain) et j'ai vecu sur cette idée que je devais absolument manger tout ça pour tenir...

Eh bien pas du tout ou pas forcément. Selon les jours, ce que j'ai mangé la veille, j'ai pu occasionnellement zapper totalement le petit dej et là, en plein exercice de fractionnement, je fais l'expérience que je peux tenir une matinée avec 2 mini tartines et un yaourt ou un petit morceau de fromage.

Certes, parfois, c'est juste, je reprends une collation vers 11h (je prends le petit dej à 7h) mais le plus souvent, ça suffit...je crois que ça dépend aussi ce que j'ai pu manger la veille au soir. Et comme je suis une grosse mangeuse, me rendre compte que peut être mon petit dej normal serait la moitié de d'habitude....c'est une révélation....légèrement frustrante tout de même mais bon...

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