Je n'arrive pas à aller "au bout" de mes tentatives de RPC - le 25/01/2012

Ellyra
Abonné

Bonsoir,

J'ai posé la question sur le chat tout à l'heure, vers 19h, mais je crois que ma réponse est passée "à la trape" étant donné que d'autres questions avaient été posées avant les miennes et que nous étions finalement nombreux à en poser. D'autant qu'on peut en poser en dehors des heures de chat.

Bref, je posais la question au Dr zermati, mais évidemment, les membres du forum et le Dr Apfeldorfer sont aussi, je pense, en mesure de me répondre.

Suite à la question que j'avais posée au Dr Zermati la semaine dernière, qui concernait le fait que je n'arrivais pas à avoir "envie" de manger alors même que j'avais faim, et que je me retrouvais à manger parce que je me sentais mal d'avoir faim, des aliments dont je n'avais pas envie (n'arrivant pas à trouver ce qui me ferait plaisir). Je disais aussi que depuis quelques temps, j'avais du mal à prendre du plaisir à manger et qu'au final, manger était devenu pour moi plus une corvée qu'un plaisir.

La réponse du Dr Zermati n'est évidemment pas tombée à côté: je me suis tellement interdit d'aliments, j'ai tellement culpabilisé pendant de longues années d'en manger certains autres, me disant à chaque fois que c'était "mal" et me tapant psychologiquement sur les doigts en les mangeant (ce qui ne m'empêchait pas de les manger, et me faisait les manger en trop grande quantité), j'en suis arrivée à ne plus prendre de plaisir à manger quoi que ce soit et à ne plus trouver d'aliment qui me satisfont.

Bref, j'ai un peu avancé sur le sujet, et j'ai aussi réussi à remarquer que la plupart du temps, j'avais en fait envie de quelque chose de précis, mais ne l'ayant pas sous la main, je mangeais autre chose en remplaçant la qualité par la quantité et, du coup, en mangeant trop à chaque fois, ce qui me donnait non seulement de l'insatisfaction mais en plus, de l'inconfort puisque j'avais ensuite le ventre gonflé.

Ma question concerne aujourd'hui surtout les EME et la RPC.

J'ai commencé à pratiquer la RPC (du moins, tenté) depuis seulement quelques jours, mais je constate à chaque fois la même chose. En proie à des émotions trop violentes le soir avant de dormir, ou lorsque je rentre chez moi après une dure journée de travail (qui ne me plaît pas mais je n'ai pas vraiment le choix: je suis étudiante et ma maigre bourse ne me suffit pas à payer le loyer), je me mets à ressentir une violente colère contre moi-même. Ce n'est pas systématique, mais quand je ressens que je suis en pleine EME et que ce sont ces émotions qui me donnent ces envies sans faim (colère, peur de l'abandon, sentiment de rejet...), plus j'essaie de pratiquer la RPC, plus ces émotions deviennent violentes et prennent le dessus pour m'amener à manger sans faim.
La plupart du temps, mes prises alimentaires restent modérées, mais elles sont tout de même inconfortables et me ramènent à mes années d'hyperphagie et de boulimie. Non seulement parce que je sais que j'ai mangé sans avoir faim et n'ai pas pris de plaisir, mais en plus parce que je sais pourquoi j'ai mangé, sans pour autant avoir été capable d'accepter cet état de fait et de me faire plaisir/me réconforter soit en mangeant mais en dégustant bien un aliment qui me réconforte, soit en attendant d'avoir faim et en supportant cet "inconfort".

Des fois, les émotions et surtout les EME sont tellement fortes que je me sens capable de tout casser chez moi si je ne mange pas, un peu comme si j'étais une droguée en manque.

Y'a-t-il, au final, des émotions, ou des intensités d'émotion que la RPC n'aide pas à "accepter" ou "calmer", ou ai-je tout simplement besoin de travailler ma RPC et ce problème va-t-il disparaître une fois que je saurai bien la pratiquer?

C'est désagréable d'avoir l'impression d'être capable de tout pour pouvoir manger, et surtout, de se sentir totalement dépassée par ses émotions.

Je ressens le besoin de faire une thérapie en complément, je sais que ces émotions négatives ne sont pas seulement liées à mes appétis et qu'elles ont des causes bien profondes, mais j'ai néanmoins l'impression que plus j'avance dans le programme, moins j'arrive à les calmer.

Mes questions sont un peu décousues, mais si quelqu'un pouvait m'éclairer sur ce sujet, me rassurer un peu, je pense que cela m'aiderait à "passer le cap" car au final, à chaque fois que je ressens le besoin de faire de la RPC, je coupe court tellement mes émotions sont trop intenses et me font peur.

Commentaires

jpzermati
Votre coach

Bonsoir Ellyra,

Voici la réponse que je vous avais faite et qui est restée dans la boîte.

 

Bonsoir Ellyra,
Je vous félicite pour votre description très fine et précise de l'intolérance émotionnelle et de l'impulsivité alimentaire.
En effet, la RPC ne suffira pas à résoudre ces problèmes.
Il va vous falloir travailler avec un autre outil, l'EME-zen.
Cet outil est très puissant mais nécessite une certaine technique de la PC et un état d'esprit à cultiver. Il ne fonctionne pas en tout ou rien mais s'améliore constamment avec le travail. Plus vous le travaillez plus vous progressez. C'est déjà une grande qualité.
Je vous invite à pratiquer régulièrement tous vos exercices de PC et en cas d'EME utilisez cet outil.
Je suis certain de vos progrès.
Tenez-moi au courant.

 

J'ajoute que le sentiment d'urgence que vous éprouvez, vient de l'urgence que vous éprouvez à vous débarrasser de vos inconforts émotionnels. Il vous faut apprendre à les observer. Vous constaterez qu'il s'agit de pensées automatiques désagrables et de signaux physiques tels que boule dans la gorge, noeud à l'estomac, oppression respiratoire, boule dans le ventre... Rien qui ne justifie une telle urgence. Mais on a peur de ce qu'on ne connait pas. Les émotions, c'est un peu comme dans les dessins animés. Derrière une ombre terrifiante, il n'y a souvent qu'une petite souris. Quand on apprend à les observer on s'aperçoit que la montagne n'a accouché que d'une souris qui ne fait même plus peur. Ce n'est pas agréable, certes. Mais même pas peur !

Plus vous pratiquez la RPC, plus vous avez envie de manger. Il est possible que vous vous attendiez à ce que la RPC calme votre émotion. Ce n'est pas son rôle. Elle permet d'apprendre à la supporter, pas à la faire disparaitre. Une telle attente suffit à redéclencher une envie de manger.

Il est possible que vous ayez besoin de réfléchir aux causes de vos émotions. Mais elles  ne sont pas à l'origine de votre trouble alimentaire. Le trouble ne s'explique pas par la présence d'émotions pénibles. Mais par la façon d'y réagir. C'est la-dessus qu'il faut travailler pour corriger le trouble. Mais rien n'empêche de travailler sur les causes de ses émotions ET sur sa façon d'y réagir.

Vous n'en êtes qu'au tout début de votre programme. Vous allez beaucoup progresser.

JP

 

Ellyra
Abonné

Je vous remercie Dr Zermati pour votre réponse complète (et rapide).

En effet, lorsque je suis en proie à une EME, je m'attends à ce que la RPC calme les émotions qui sont à l'origine de mes envie de manger, non pas à les supporter.
Et maintenant que j'y réfléchis, c'est totalement clair: la RPC permet d'être conscient de ses émotions, de les laisser venir et de les analyser, pas de les faire disparaître. En ce sens, plus j'ai conscience de mes émotions, plus elles me font peur et moins j'arrive à les contrôler. Or, le but n'est pas de les contrôler.. normal que je n'arrive pas à finir l'exercice.

J'ai découvert l'outil EME-Zen ce soir, je n'avais même pas qu'il m'avait été débloqué. Cependant, je ne me sens pas encore assez à l'aise avec la RPC pour le commencer.

Si j'ai bien tout compris, donc, en acceptant mes états émotionnels lorsque je pratique la RPC, je vais progressivement arriver à les "supporter" et les trouver, finalement, de moins en moins insupportables (ou plutôt, augmenter ma capacité à les supporter, je ne sais pas). Tandis qu'avec l'EME-Zen, je vais apprendre, après avoir analysé mes émotions et les avoir acceptées, à décider de la manière dont j'y réagis?

 

"Le trouble ne s'explique pas par la présence d'émotions pénibles. Mais par la façon d'y réagir."

Merci pour cette phrase qui résonne en moi maintenant de façon évidente, alors que jusqu'ici, j'étais persuadée du fait que si je mangeais à ce moment-là, c'était à cause de mes émotions pénibles. Or, des émotions pénibles, j'y serai confrontée régulièrement toute ma vie. Ce qui va changer, ce sera la manière dont j'y réagis.

 

Merci!

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