maigrir =mourir ? - le 08/06/2012

clementine77.old.
Abonné

Bonjour

J'ai encore pris du poids, bientôt j'aurai retrouvé celui que j'avais en début de programme il y a presque un an. Ca me désole, me déprime, je ressens du dégoût et du mépris pour moi (en tout cas une partie de moi ressent ça), et en même temps une sorte de satisfaction morbide, du style "héhé, tu vois, t'as regrossis, t'es une grosse, t'es une nvloppée, c'est comme ça, tu n'en sortiras jamais".

Cette semaine j'ai rêvé que je chopais une maladie que à une bactérie située sur la croûte d'un brie. Je précise que cette semaine j'ai effectué l'exercice de rassasiement spécifique et que j'avais choisi un fromage type brie, du Coulommiers.

Cette bactérie faisait d'abord maigrir une de mes collègues obèse à toute vitesse, elle était au bord de mourir. et de mon côté je perdais 9kg en 3 jours (je rêve de perdre ces 9kg, mais sans escompter l'atteindre un jour). Avec ces 9kg perdus, j'avais la peau sur les os, j'allais mourir.

Je vous passe les détails sur le fait que personne ne trouvait le numéro de téléphone de l'ambulance et que je n'arrivais pas à joindre mon ami...

Bon, finalement je ne mourais pas.

Mais ce rêve m'a fait me rendre compt à quel point j'ai peur de mourir si je maigris.

Mon grand-père paternel a été déporté à Buchenwald (camp d'extermination 4 mois puis 1 an en camp de travail, à l'époque il était jeune et fort et donc "utile" aux nazis). En revenant en France après s'être échappé lors d'un transfert, il avait perdu 40kg. J'ai souvent entendu cette histoire, petite.

Je ne savais pas alors ce qu'étaient ces camps. Mais je pesais alors justement une quarantaine de kg, une infirmière en avait fait le reproche à mes parents, et je rêvais d'aller en camp de concentration pour perdre tous ces kilos dégueulasses qui faisaient de moi quelqu'un de pas bien.

Je me rends compte juste maintenant que si j'avais perdu ces 40kg, je serais morte.

Je fais peut-être ds raccourcis, et je sais très bien que mes problèmes avec la nourriture n sont pas uniquement dus à cela, mais quand même, je me is que tout ça a peut-être quelque chose à y voir ?

Commentaires

FORTUNE.
Abonné
Bonjour Clementine77 , j'ai lu ton post je ne sais pas si il y a lien mais en tout cas le poids du passé est très présent pour toi, je me demande si tu en as parle avec ton grand père ou si comme beaucoup de ceux qui sont revenus de cet l'enfer ils ont préféré se taire et dans ton imaginaire de petite fille tu n aurais pas pris ce poids au cas ou ? Mais je te trouve dure avec tes kilos et donc avec toi, un peu de douceur vis à vis de toi, peut être , des fois la douceur qui nous à manqué on la trouve dans des envies de sucre, et tu t'es protégée à ta façon avec ces kilos , ils t ont peut-être permis de regarder ailleurs, ces problèmes relatifs à l identité je les ai vecu et il y a quelques pas à faire pour se réconcilier. Bien sur, je suis aux premières loges aussi et j ai lu qq. part qu il était important de se réconcilier avec son corps, pour moi c est encore trop tôt mais je ne désespère pas.
clementine77.old.
Abonné

Merci pour tes conseils Fortune, et ton témoignage. Mon grand-père est décédé il y a quelques années, il avait la maladie d'Alzheimer. Au tout début de sa maladie, il m'a donné un livre sur les camps de concentration et son témoignage écrit sur son évasion.n Témoignage que je n'ai jamais pu lire car aussitôt récupéré par mon père avec qui je n'ai plus aucun contact (mais c'est une toute autre histoire).

Effectivement, il m'a transmis cet héritage, et pendant plusieurs années je me suis beaucoup documentée sur ces camps, la manière d"'y survivre ("l'Expérience concentrationnaire" est un document extrêmement dur mais très éclairant), et j'avais une vraie fascination pour la seconde guerre mondiale.

Après son décès, je lui ai écrit une longue lettre où je lui "rendais" ce lourd héritage, en lui exprimant ce que je ressentais pour lui, et ça m'avait fait u bien. Je me rends compte aujourd'hui que tout compte fait, je n'ai pas tout déposé.

Marie-Paule.
Abonné

eh bien voilà une histoire familiale qui a du "poids", Clémentine ! C'est toujours intéressant de clarifier notre histoire, et ton inconscient a l'air de vouloir s'exprimer.... Tout cela ne doit pas t'aider à stabiliser ta perte de poids, mais, si je peux me permettre, cela ne doit pas non plus devenir la "raison" pour ne pas perdre du poids.  Tu peux, non pas changer ton histoire, car ce qui est vécu est vécu, mais porter un autre regard dessus, l'interpréter autrement et y jouer un rôle moins.... pesant.

J'ai envie de te dire ceci, j'espère que cela t'aidera :

Toi, ce que tu veux, pour toi, c'est perdre du poids.  Et tu peux mettre tout en oeuvre pour y arriver, c'est ce que tu fais, d'ailleurs.  Dans cette histoire, tu peux te voir comme la "victime" qui reçoit un héritage trop lourd ou comme l'héroïne qui va franchir les obstacles malgré le poids de cette histoire familiale.  Ton histoire à toi, l'histoire de ta perte de poids est encore à écrire et c'est toi qui tiens le stylo.  Malgré ta peur inconsciente, tu vas traverser l'épreuve et remporter le prix, tu as toutes les ressources en toi pour le faire, tu l'as déjà prouvé, et tu  ne vas pas le faire "contre les autres" mais "pour toi".  Je te souhaite beaucoup de courage, n'abandonne pas, tu es près du but !

Raymonde.
Abonné

Bonjour Clémentine,

Merci pour ton billet d'aujourd'hui! Tu viens de me faire un méchant rappel que lorsque je maigris, j'ai une espèce de peur inconsciente d'être plus vulnérable. J'en avais déjà pris conscience, mais je crois bien que je l'avais oublié. Je pense que ça va être ma piste à explorer pour les semaines qui suivent. Je suis un peu triste parfois d'être grosse, pas malheureuse quand même, mais juste un peu nostalgique du temps de ma minceur. Je pense que j'ai été souvent blessée par des hommes que j'ai aimés quand j'étais mince, alors, avec le temps, je me suis mis des couches de protection.

 

 

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Pomdereinette.
Abonné

ce que tu écris fait terriblement écho en moi. Après, la question est effectivement de rendre à chacun ce qui lui appartient, et faire la part de sa propre histoire.

En résonnance, je me dis que prendre du poids est aussi une façon d'exister, occuper de l'espace, face à un passé qui ne nous laisse pas beaucoup être au présent. Que peut-être ton association sur maigrir =mourir est aussi une peur de disparaître, de ne pas avoir de place.

je ne sais pas comment on peut faire la part des choses. Ecrire à ceux qui ont tant pesé me paraît être une bonne piste.

Cara.
Abonné

Effectivement, je crois que l'esprit construit souvent une protection physique a une agression, que cette agression soit physique  ou psychologique. C'est bien de savoir ce dont on se protège, mais hélas le fait de l'identifier ne permet pas de résoudre le problème. Parfois, comme dans ton cas Clémentine, la menace n'existe plus réellement, elle est juste incrustée dans l'inconscient, et celui-ci continue a faire fonctionner ce mécanisme de défense devenu inutile, et j'aimerais avoir la réponse de nos docteurs pour savoir comment lâcher ce poids, au propre et au figuré, de manière concrète.

tupenses.
Abonné

Clementine je trouve fort interessant le lien que tu fais au travers de ce rêve entre nourriture et l'attachement à ce grand-père qui a souffert . Je pense que de t'en souvenir t'aidera à ne plus porter la souffrance de ce grand-père et cette peur de mourrir. Courage !

G.Apfeldorfer
Votre coach

 

Bonjour à toutes,

Il y aurait beaucoup à dire sur ce rêve, mais il n’est pas question ici pour moi de faire des interprétations sauvages, n’est-ce pas ?

Je n’aborderai donc qu’un seul aspect, cette peur de perdre.

Perdre sa substance, et ne plus être entier, ne plus être, bien sûr. Mourir, au maximum. Mais aussi, mais surtout, se perdre, ne plus être le soi que l’on connaît, devenir une ou un autre, que l’on ne connaît pas. Un moi inquiétant, donc, qui ne verra plus les choses comme mon moi actuel. Qui sait ce qu’il fera ? Divorcer, dire ses quatre vérités à ses parents, avoir une vie dissolue, que sais-je ?

Actuellement, mon poids, dont je souffre, me crée un personnage. Je ne suis pas banal(e). Si je maigris, je serai qui, quoi ? Des personnes minces, il y en a plein les rues. Je vais me fondre dans la foule, me dissoudre, devenir invisible. Horreur.

Et puis, saurais-je me comporter en mince ? Séduire, réaliser ses rêves, être au pied du mur…

Alors, comment se sortir de là ? Je crois que, tout d’abord, il convient de renverser la proposition : je ne vais pas perdre du poids, je vais gagner de la minceur. Il n’y aura pas moins de moi, mais au contraire, bien plus. Je vais me densifier.

Pour cela, il est important d’habiter son corps. Pas plus tard, quand on sera mince, mais tout de suite, maintenant, ce corps là, parce que ce sera toujours ce corps là quand j’aurai minci.

D’autre part, il est temps que je sache m’affirmer. Mes projets pour quand je serai mince ? C’est tout de suite qu’il convient de les mettre en œuvre. Changer de travail, de partenaire, en trouver un ou une, c’est maintenant. Voilà : le changement, c’est maintenant. C’est un bon slogan, ça, je suis content de l’avoir trouvé.

C’est dur, me direz-vous. Oui c’est dur, et en plus, ça va prendre du temps pour y arriver. Alors autant commencer tout de suite.

Bon, pour les autres parties de ce rêve, ce sera pour une autre fois. 

080413075303_Rikki.
Abonné

Clémentine, j'ai été très touchée de te lire. 

 

Dr Apfeldorfer, j'ai aimé votre réponse, et je suis impatiente de lire ce que vous écrirez "une autre fois" sur la suite du rêve. Vraiment. 

Cara.
Abonné
Yo, gagner de la minceur, ça va devenir mon mantra. Docteur, avez-vous pensé à devenir Grand Gourou ? Merci pour ça.
Marie-Paule.
Abonné

Gagner de la minceur.... pas mal ! Ce qui me parle, moi, c'est "ne pas se diluer", "se densifier"... J'ai tendance à me diluer, à m'éparpiller...  Le changement commence maintenant, je vais tout de suite prendre un peu de densité... c'est mon psy qui va être content !

Pomdereinette.
Abonné

"Le changement c'est maintenant"

Je vote pour vous :-))

christel2012.
Abonné

Merci à toutes pour vos témoignages, et à G. Apfeldorfer pour cette réponse. J'ai bien fait d'aller sur le forum car je me sentais bien seule. EN effet, alors que je viens de perdre 2 kg avec cette méthode (j'en ai une quinzainje à perdre !), non seulement je n'arrive pas à en être contente, mais je suis terrifiée à l'idée que plutôt cette perte de poids pourrait être le signe d'une maladie grave comme un cancer. Ca me paraît presque "trop facile" ! Du coup je recommence sans arrêt à me peser dans la crainte et non l'espoir d'avoir maigri. C'est délirant, ça fait des années que je souhaite maigrir, cela fait un mois que je progresse dans cette méthode, j'arrive même à ne plus avoir envie de gras et sucré quand je ne suis pas bien, et au lieu de me féliciter je suis dans l'angoisse. Je sais exactement pourquoi à titre personnel, mais le savoir ne m'aide pas à enlever ce sentiment. Quels sont les outils à utiliser ? Je vais essayer de me dire cette phrase :" je ne vais pas perdre du poids, mais gagner de la minceur". Car je prends conscience en ce moment justement que j'ai sûrement pris du poids pour "exister" davantage. Et que le perdre, c'est comme mourir.

Oui c'est dur, et ça prend du temps. Merci de m'avoir lue !
 

celisaone.
Abonné
En effet, c'est très perturbant cette contradiction que l'on ressent quand on perd ne serait-ce qu'un kilo sur les trente à perdre. On est content et on se dit "qu'est-ce que je vais devenir ? " C'est bien de rêver, même si cela tourne au cauchemard, je suis persuadée que c'est le cerveau qui traite et range toutes ces infos. J'ai fait une séance d'EFT récemment et j'ai moins de réticences à perdre ces kilos protecteurs. Faut essayer !
clementine77.old.
Abonné

Merci Docteur et à tous pour vos posts.

Oui, certes, peur de plaire, de séduire, mais ce n'est pas que cela. Parce que cette peur de séduire, je l'ai apprivoisée.

Je crois que ce que l'histoire de mon grand-père a transmis familialement, c'est que être gros (il l'était avant la guerre) permet de survivre. S'il n'avait pas été gros, en perdant 40kg, il serait très probablement mort. Je crois que cette peur panique d'avoir faim, cette peur de maigrir est liée à cette croyance : pour être sûr de survivre, il faut absolument avoir des réserves.

Je suis contente d'avoir pris conscience de tout ça, grâce à ces échanges, qui m'ont fait me questionner. je vais maintenant essayer d'intégrer tel un mantra que "je suis en sécuité même si j'ai faim... je suis en sécurité même si j'ai faim..."

Pomdereinette.
Abonné

Clémentine, la survie ne tient pas au poids mais à bien d'autres critères. Et je pense que tu le sais. A mon avis, ça fait partie des pensées automatiques à identifier comme telles.

Mon père disait : "nous les petits on s'en sort mieux parce qu'on a besoin de moins." Tu vois, à chacun(e) ses croyances familiales !

Marjoline.
Abonné

ma grand mère disait "mange ! tu ne sais pas qui te mangeras !"

 

on pourrait faire une collection de toutes ces bêtises...

clementine77.old.
Abonné

Pommedereinette, je pense que chacun est le plus apte à dire ce qui fait écho en lui. Je suis heureuse d'avoir pris conscience de cette croyance transmise inconsciemment.

Je sais très bien que le poids ne fait pas tout. Il y fait quelque chose aussi.

Car pour moi, dans le cadre de LC, ce qui est important c'est non pas la réalité de ce qui a permit à mon grand-père de survivre. Mais la croyance (fausse, vraie, qui peut vraiment le dire ?) que c'est son surpoid qui l'a sauvé, et que pour survivre il faut avoir des réserves.

christel2012.
Abonné

La mienne disait : "tu as forci !". Mais pour elle c'était un compliment !!

Lily.
Abonné

Pondereinette et Clémentine, je pense que vous êtes d'accord : Pondereinette dit "pensées automatiques", et toi Clémentine tu dis "croyances transmises inconsciemment". Ce n'est pas tout à fait pareil, mais ça y ressemble beaucoup !!

C'est vrai qu'on se sent toujours un peu libéré quand on a l'impression d'avoir identifier des causes. La psychanalyse dit qu'identifier des causes et les mettre en paroles, ça guérit.

Je n'ai pas de certitudes à ce sujet, mais mon expérience c'est que malheureusement, ça n'aide pas au quotidien, et que la difficulté à supporter ses émotions, ça relève d'une démarche de type comportementaliste, plus que psychanalytique.

Tenter une analyse "à l'arrache" (par soi-même), c'est un peu comme proposer à un drogué de faire sa propre psychanalyse... pour moi, ça ne sert à rien si le drogué en question n'apprend pas au quotidien à modifier ses comportements, et à se passer de sa drogue pour supporter ses émotions.

Faire la paix avec son histoire familiale, en comprendre certains ressorts, c'est bien et sans doute apaisant. Mais pour moi en tous cas, ça ne résout rien de notre rapport à l'alimentation "au présent", ici et maintenant.

En tous cas, ton témoignage est très émouvant, Clémentine, et il y aurait effectivement beaucoup à dire sur l'impact de la guerre et des génocides sur les survivants, leurs enfants, leurs petits-enfants... Je trouve aussi la réponse du  Dr très juste. Il y décidément des dialogues passionnants ici !

Lily

Pomdereinette.
Abonné

Merci :-)

elsab.
Abonné

Moi je crois que c'est mon métier qui m'a fait grossir. Je suis professeur. Tout va bien, les élèves me respectent, j'aime bien enseigner. mais au départ, on m'a dit, il faut t'imposer. J'avais 5 kilos de trop, j'en ai pris vingt de plus mais ça va je "m'impose" et je crois que j'ai peur de "perdre" peut être mon autorité si je perds du poids...

planête.
Abonné

Les 2 problématiques pour moi

- la guerre et ma mère qui a passé mon enfance à me dire, mange, finis ton assiette, forces toi, moi qui n'avais rien à manger pendant la guerre ...

- la perte de poids liée à la peur de la maladie. La encore histoire familiale: la prise de poids y était considérée comme le meilleur signe de bonne santé d'un enfant

Je me rends pourtant bien compte que mon surpoids massif altère ma santé, la, mais pour autant dès que je perds un kilo, je panique et j'en reprends 2.

Je n'ai pas trouvé la sortie de ces 2 problématiques. Il est vrai que je n'ai jamais vu de psy ! et que je n'y tiens pas.

En me relisant je vois que j'ai écrit : la prise de poids était un signe de bonne santé d'un enfant. Mais pas d'un adulte !

celisaone.
Abonné

Hello,

 

Je ressens la même chose que toi : on s'impose avec nos kilos ! J'ai l'impression que si je maigris trop, je vais disparaître, personne ne m'écoutera. J'étais prof et je suis principale-adjointe, je comprends tout à fait ton point de vue. Mais de temps en temps, cela tient à un détail : si je traverse la cours sans ma veste de tailleur, on me prend pour la surveillante...wink

christel2012.
Abonné

Je te comprends, je suis à peu près dans la même situation je viens de perdre 2kg et d'en reprendre la moitié afin de me rassurer sur le fait que je ne suis pas malade ! C'est un peu n'importe quoi, alors que comme toi je pense que je serai en meilleure santé plus mince !

Moi je vois un psy,, les choses s'éclairent peu à peu, mais je crois qu'il faut s'accorder du temps, et beaucoup beaucoup de bienveillance...

Mais en tout cas j'y crois. C'est déjà ça !

REMLYMPH.
Abonné

Bonsoir,

 

Ta peur de la maladie et de la mort m'interpelle, j'ai eu un cancer il y a dix ans  j'étais légérement en surpoids avant la maladie mais je me trouvais trop grosse à l'époque d'ou les régimes , en rémission totale pendant 10 ans et prise de poids comme pour faire des réserves on ne sait jamais...puis rechute de la maladie et rémission de nouveau , reprise de poids pendant la maladie ( oui on peut grossir pendant un cancer) et encore des kg peu de temps après...

je ne suis pas morte mais je stocke on ne sait jamais....je m'anesthésie en mangeant pour ne pas avoir peur, pour rester forte..

En même temps ce n'est pas tant les kg qui m'ennuient depuis quelque temps depuis la maladie en fait , je veux juste une relation normale avec la nourriture, parceque frôler la mort ça me permet  de relativiser beaucoup de choses...on est tellement peu de choses et la vie est si fragile...

jenny.
Abonné

Bonsoir,

c'est vrai que le mot  "perte" me gene, c'est une source d'angoisse,moi ca me donne l'impression de tomber au fond d'un trou noir. De toutes façons j'ai l'impression que le surpoids c'est comme une toile d'araignée avec des liens entremeles tres profonds, quand tu crois avoir trouvé le noeud, tu t'aperçois qu'il y en a un autre alors je me disais que surfer sur la toile d'araignée, convertir le poids perdu en quelquechose de "palpable" ou que l'on puisse visualiser cela aiderai???( pas encore testé) exemple: equivalent kilos en brique de lait.... tout de suite cela prend plus de sens et je trouve cela plus motivant non? 

Elena33.
Abonné

Ces paroles du Dr Apfeldorfer, me  paraissent très précieuses, je les garderai en tête :

"je ne vais pas perdre du poids, je vais gagner de la minceur".

Bonne journée à tous et toutes !

Marjoline.
Abonné

FORTUNE.
Abonné
Elle est pas triste celle- ci Marjolaine , ta grand mère a été très influencée par le petit chaperon rouge? Moi dans ma famille ils sont d'origine libanaise et la coutume est si tu ne reprends pas deux fois d'un plat c'est que tu n'as pas apprécié le plat, alors j'imagine la scène: ''merci maman, c'était très bon mais je n'ai plus faim, c'est nouveau maintenant il faut avoir faim pour reprendre de mon plat? Mais tu n'est pas malade au moins?''. Pour poursuivre la conversation,moi mon poids m'a sauvé, j'ai vécu des moments difficiles et j'étais obnubilée par mon poids rien ne pouvait me toucher, j'ai fabriqué moi-même ma carapace et quand je maigris aujourd'hui encore je me fragilise même si le problème a disparu. Mais oui le changement c'est maintenant, mais maigrir pour certaines d'entres nous c'est montré un autre visage, être plus désirable aussi.....
Indycott.
Abonné

Bonjour,

Je ne veux surtout pas asséner de réponses toutes faites à ces problèmes complexes mais je peux parler de mon expérience car elle est un peu similaire à celle de Clémentine.

Iissue également de ce milieu particulièrement détruit psychologiquement par la guerre, et bien que née en 70, j'ai assumée longtemps l'héritage de ma famille fait essentiellement de peurs, de haine, de violence et de refus de toute résilience. Le pire pour moi a été l'attitude de mon père (né en 26...) qui n'a JAMAIS voulu en parler...

Un jour, un psychologue (que je ne consultais pas!) m'a donné une piste formidable à méditer: il m'a dit: "dans la vie, l'homme est une locomotive qui traine derrère elle des tas de wagons et plus on vieillit, plus les wagons se remplissent et deviennent lourds à trainer: souvenirs, peines, joies, réussites, échecs, etc, etc, etc). Alors il faut éviter de se charger en plus du wagon des autres" et il a ajouté "détache le wagon de ton père, ce n'est pas à toi de le traîner".

Je lui ai demandé s'il y avait un jeu de mot  avec le terme "wagon" alors il m'a traité de conne et ma psychothérapie gratuite s'est arrêté là.!

Dommâge, c'était du second degré...

Quoi qu'il en soit, je repense toujours à cette image et je me dit qu'effecivement, la vie est assez dure comme cela pour ne pas s'approprier les névroses de nos ancêtres, quelque soit l'amour qu'on leur porte. Et d'ailleurs, en quoi cela les soulage t'il?

Il y a environ deux ans, j'ai eu l'occasion de faire de la figuration dans un film sur la rafle du Vel d'hiv. Je me suis promenée en tenue des années 40, une étoile jaune cousue sur la poitrine et un petit garçon de l'âge de mon fils (qui porte le prenom de mon grand-père) dans les bras. Mon père n'a jamais voulu voir le film. Mais moi, cela m'a fait du bien. Je me suis vue à l'écran, en tailleur démodé, chaussures plates, avec une horrible coiffure, l'air dévastée (ça, c'était le maquillage!) et 15 kilo de trop. on aurait dit ma grand-mère, née au pays des loukoums, le cauchemar de ma mère qui a toujours craint que "je ne lui ressemble" un jour et que je ne devienne obèse (il est vrai que m'a mère ne jure que par Audrey Hepburn, célèbre anoréxique s'il en est et silhouette difficile à atteindre pour le commun des mortels, surtout d'origine méditérannéenne!

Bref, tout cela pour dire à Clémentine qu'il faut lâcher ce wagon qui ne lui appartient pas et laisser son grand-père reposer en paix. Je ne suis pas sure que M. Apfeldorfer revienne là-dessus car après tout, ce n'est pas le sujet. Mais on a tous des wagons à trainer, c'est pour cela qu'on mange. Trouvons un moyen de les lâcher et apprenons à économiser le charbon (waouh! cette métaphore là est de moi...!!!!!)

Bon courage

 

 

[quote=Cara]

Effectivement, je crois que l'esprit construit souvent une protection physique a une agression, que cette agression soit physique  ou psychologique. C'est bien de savoir ce dont on se protège, mais hélas le fait de l'identifier ne permet pas de résoudre le problème. Parfois, comme dans ton cas Clémentine, la menace n'existe plus réellement, elle est juste incrustée dans l'inconscient, et celui-ci continue a faire fonctionner ce mécanisme de défense devenu inutile, et j'aimerais avoir la réponse de nos docteurs pour savoir comment lâcher ce poids, au propre et au figuré, de manière concrète.

[/quote]

Sarahp.
Inscrit

Bonjour Clémentine, Bonjour à tous,

 

Je suis nouvelle sur le site, inscrite depuis hier, mais mon combat contre les kilos ne date pas d'hier.

j'ai souhaité réagir à ton poste car il me renvoie à quelque chose qui me touche personnellement.

Moi aussi je crois avoir au fonds de moi une grande peur de perdre ces kilos, car ils sont venus à une période de ma vie où j'allais très mal et ils m'ont permis de me protéger du reste du monde pendant plusieurs années... Difficile de laisser partir son "gilet par balle" et accepter de s'exposer aux autres, à leur jugement, à leurs critiques.

J'ai depuis très longtemps du mal à m'imagine "mince", le problème pour moi se situant au niveau des cotes. De même lorsque je dors sur le dos, j'ai l'impression de sentir mes cotes sur mes os et je déteste ça.

Quand j'essaie de m'imaginer, j'en reviens toujours aux cotes, sont elles saillantes, un peu visibles? invisibles ? très voyantes ? Je n'arrive pas à visualiser cette partie de mon corps mince. Et j'ai souvent des images de réchappées des camps de concentration qui me viennent en tête.

Je ne suis pas juive, aucun membre de ma famille n'a été déporté, et pourtant, comme toi, c'est comme si le fait de perdre "un peu" risquait de me faire basculer dans la maigreur extrème, jusqu'a la disparition, jusqu'à la mort.

Je crois qu'il s'agit effectivement d'une perdre de se perdre,la peur de devenir une autre, de ne pas savoir qui nous serions si nous étions mince.

Pour moi la solution que j'essaie de m'appliquer et de commencer ma vie de mince maintenant, en étant toujours grosse. Je me dis que c'est de cette manière que je ne me perdrai pas en chemin. Je suis moi, les kilos ne font pas de moi ce que je suis. Je refuse de me dire "quand je serai mince, je...". C'est la meilleure manière de se mettre des barrières infranchissables et de s'empêcher de vivre...

Finalement, je crois espérer que la minceur viendra, non sans mal, mais avec naturel, et que je resterai moi même puisque je n'aurai pas fais de différence entre ma vie avant et ma vie après. Je continuerai juste à être moi, juste en étant plus mince.

Je ne sais pas si cela va t'aider, je ne sais pas si je vois juste, c'est juste le fruit de ma reflexion... Un psychiatre, un psychanaliste, un coach et 15 régimes après....

Bon courage à toi

 

Sarah

edithtorny.
Abonné

Bonjour :-)

Pour ma part je ne pense pas avoir peur de maigrir, mais cela n'empêche pas ce qui s'échange ici d'être très intéressant aussi pour moi.

Je voulais juste ajouter mon petit slogan à la collection amorcée plus haut : jusqu'il y a quelques années, mon père me disait souvent "mieux vaut faire envie que pitié".

Ironiquement, au-delà d'un certain poids (ou d'une taille de vêtements) tu commences à susciter vraiment la pitié (*), et c'est vrai, c'est très dur à vivre, mieux vaut faire envie ! Envie comme, au hasard, les personnes qui peuvent porter n'importe quoi avec toujours la même classe !

Cela dit, j'ai moi aussi des parents nés au sortir de la 2e guerre mondiale et des grands-parents qui, l'ayant vécue de plein fouet, ont eu tendance à faire des réserves et à vouloir que les enfants soient bien gras. Quel étau, ces injonctions de "bonne santé" et de minceur...  Mais la densité paraît un concept tout à fait intéressant pour concilier ces deux exigences.

(*) J'ai parlé ailleurs du regard condescendant des vendeuses de prêt à porter dans des boutiques où le XXL correspond à un bon 36... ah quel bonheur, quel plaisir pour l'ego ! Je me suis lancée dans la couture, c'est peu dire si l'on tient compte que j'ai vraiment autre chose à faire, aucun talent, un petit tremblement et un début de presbytie qui rendent la chose vraiment, vraiment fastidieuse !winkcheeky

Très bonne fin de journée kiss

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