manger par faim puis par EME ? - 05052014

mno05.
Abonné

Bonjour,

 

Est-il possible de commencer à manger par faim et de continuer par des EME qui nous empêchent de nous arrêter ou qui nous font manger trop...

C'est sur ce constat que j'étais restée la première fois que je suis venue à la méthode. Aujourd'hui je recommence et j'ai choisi de reprendre à l'étape des EME justement mais du coup je ne sais pas comment remplir le carnet. Est-ce que je mets que les EME sans faim dès le départ ou est-ce que je mets aussi quand je mange trop... au delà de la satiété  et que je m'en apperçois sur le moment ?

 

Je ne sais pas si j'ai été claire mais j'espère lol

 

Marie

Commentaires

Fossette.
Abonné

Bonjour,

Oui c'est tout à fait possible et ça arrive à bien d'autres.

Moi c'est mon cas. J'attends d'avoir faim pour manger mon repas, mais je n'arrive pas à respecter ma satiété, parce que je veux manger encore, donc c'est une EME. Ma coach m'en a parlé.

Par contre, je ne sais pas répondre à ta question sur le formulaire, car je ne l'ai plus en tête.

Bonne continuation.

mno05.
Abonné

Ben en fait du coup si je mange plus que ma satiété je note une EME ou c'est juste que je ne sais pas encore gérer ma satiété...

Pour aujourd'hui j'ai noté pas d'EME car je n'ai pas eu la sensation de trop manger, je n'étais pas "pleine" à la fin du repas...

Mais pa exemple hier j'ai mangé macdo... j'ai fini mon petit wrap en plus de mon menu alors que je n'avais plus faim. Je l'ai mangé parce que j'adore ça... je n'ai pas observé mes émotions à ce moment là mais je n'ai pas eu la sensation de répondre à une envie subite et irréprésible de manger juste à de la gourmandise et de l'envie... Alors là EME ou non...

 

Ceci dit en passant : je suis fière parce que d'habitude j'engloutis en plus tout ce que mes filles ont laissé et un dessert... donc y'a du progrès lol

Fossette.
Abonné

Si tu sens que tu n'as plus faim (déjà il faut avoir faim quand tu commences à manger) et que tu continues, alors c'est une EME. Ca peut être une émotion "positive" : ajouter du plaisir au plaisir (par exemple si tu es au resto avec des gens que tu apprécies), bref, les émotions à l'origine d'une EME peuvent être multiples et pas forcément "tonitruantes".

Il y a aussi des occasions où on mange plus que sa faim, par convivialité, ce n'est pas un problème si ce n'est pas répété trop  souvent. Il suffit d'attendre le retour de la faim.

Moi, c'est beaucoup pour me détendre ou avoir du plaisir (donc sûrement compenser un manque de plaisir par ailleurs).

C'est pour ça que le programme insiste sur la pleine conscience, ainsi on est davantage conscient de ce qui se passe, de ce qu'on vit et on apprend à vivre les choses sans forcément manger (la fameuse tolérance émotionnelle).

Tu apprendras aussi que la satiété n'est pas liée au fait d'avoir le ventre plein. Ca, c'était une découverte pour moi. Tu peux avoir le ventre plein de légumes et avoir encore faim. Ou sentir ton ventre léger et être rassasiée en ayant mangé une petite quantité de choses caloriques ou pas d'ailleurs (tout dépendait de la faim initiale).

Au plaisir de te lire,

Fossette.

mno05.
Abonné
Merci beaucoup ta réponse m'a beaucoup aidé! Je commence à mieux comprendre... Je mange souvent pour rajouter du plaisir par tentation... À moi d'identifier maintenant pourquoi... En tout cas je saurai maintenant noter mes EmE comme il faut! À bientôt!
izabelle
Animatrice forum

mn05 bien sûr que ça arrive les EME à la fin d'un repas débuté avec faim

c'est même à mon avis le plus courant

ensuite, la frontière entre EME et  "je ne sais pas m'arrêter" est très mince....

si on ne "peut" pas s'arrêter, c'est une EME, en qq sorte.... puisque cette nourriture supplémentaire "sert" à qqchose, par son coté impérieux, et puisqu'elle ne sert pas à combler de la faim,  eh bien c'est qu'elle sert au niveau émotionnel

ça peut être vraiment des petits trucs, tout bêtes, comme la difficulté à laisser une nourriture bien appétissante, ou encore que l'on se refuse régulièrement

l'autre jour j'étais à Mcd* pour ma fille, eh bien je n'ai rien pris, je n'avais pas faim, cela ne m'a fait aucune violence d'aucune sorte, simplement ça coulait de source, le mcdo n'est ni un truc rare ni un occasion à ne pas manquer, je peux y alller quand je veux quand j'aurais faim, et si je n'ai pas faim, je ne vois pas l'intéret

 

pour noter, je te conseille en effet de noter dans tes EME  les EME de fin de repas,  par contre sur les "causes" émotionnelles, moi je disais toujours "autre"  car je ne mangeais jamais pour les raisons proposées dans le carnet qui sont pour l'essentiel des émotions négatives, j'ai plutôt tendance à manger quand ça va bien, pour calmer mon excitation

j'ai toujours des EME en fin de repas, sauf que maintenant je n'y réponds plus trop, et notamment la simple  "frustration", c'est une émotion, en soi...  je m'y suis confrontée tous les midis pendant deux semaines, maintenant je la connais....  et d'ailleurs je crois bien qu'elle est encore souvent là, cette émotion.... mais de moins en moins, en tous cas je n'y attache plus aucune importance, elle ne me dérange plus

mno05.
Abonné
Merci merci de vos réponses! Je rêve du jour ou j'aurai la force de le dire je n'ai pas faim au MacDo donc je ne mange pas ou même j'ai juste une petite faim donc je prend juste un petit sandwich... Mais en tout cas j'ai beaucoup appris avec vos réponse merci!
octobrerouge.
Abonné

donc,j'entre dans la catégorie des personnes qui ont des eme en fin de repas....

mno05.
Abonné
Bienvenue au club!
octobrerouge.
Abonné

eh ben, il m'en a fallu du temps avant d'identifier la chose!

mno05.
Abonné
Moi aussi et la première fois j'étais passée totalement à côté ... Aujourd'hui je pense avoir compris que je mange par faim et que finalement je continue à manger par envie par obligation par je ne sais quoi mais du coup je pense trop... Ce qui explique que même sans grignotage ou collation sans faim en fait je grossissais ou ne maigrissais pas...
FRED73
Marraine
Je suis dans le même cas ! Et ce depuis très très longtemps... Difficile pour moi de me confronter à la perte je crois.
octobrerouge.
Abonné

ce matin, je viens de découvrir que j' ai aussi des eme dans la journée... mais il est vrai que je sors d'une longue periode de restriction alimentaire qui a brouillé toutes mes perceptions..

en même temps, cela correpond bien à ce que je suis : j'utilise ma tête pour controler mais les réactions émotionnelles sont fortes...et pas seulement vis-à-vis de la nourriture....

Gérard Apfeldorfer ancien
Votre coach

Bonjour mno05 et tout le monde !

Je vous propose tout d'abord de bien considérer qu'on peut distinguer deux formes d'envie de manger émotionnelles : celles qui sont dues à des émotions d'ordre alimentaire et celles qui sont dues à des émotions extra alimentaires.

Lorsque c'est la culpabilité de manger certains aliments ou bien la peur de grossir en les mangeant qui nous fait continuer à manger, alors on parle d'émotions d'ordre alimentaire. Ce sont là de véritables EME.

Lorsque les émotions qui nous font manger concernent ce que nous vivons ou ce que nous pensons en dehors du champ alimentaire, alors on parle d'émotions extra alimentaires.

Bien sûr, on peut avoir faim et dans le même temps avoir une envie de manger émotionnelle. On a alors le sentiment que c'est la faim qui nous fait commencer à manger et que ce sont les émotions qui nous font continuer alors que le rassasiement devrait déjà être là.

Izabelle donne une forme de réponse particulièrement intéressante : avoir une envie de manger émotionnelle n'est pas une anomalie en soi (c'est somme toute banal), mais on n'est pas obligé de répondre à cette envie impulsivement. On peut simplement accepter la frustration dûe au fait que l'on a cette envie et que l'on y répond pas. La frustration est elle-même une émotion, dont on peut prendre conscience pleinement, sans chercher à l'annuler, en observant ce qu'elle devient de moment en moment.

La pratique de la pleine conscience est d'une grande aide pour parvenir à accepter la frustration de ne pas manger dans le moment où l'envie se présente, pour attendre que ce sentiment s'en aille de soi-même.

Bon courage à toutes et à tous, et bonne route !

mno05.
Abonné
Merci beaucoup pour cette réponse! Effectivement voilà comment j'analyse la situation. Je mange et depuis quelques temps je cuisine plus et mieux donc j'aime ce que je mange... À un moment( que j'ai encore du mal à identifier sauf si c'est un changement de plat ou d'assiette) je me dis que je n'ai plus faim mais que ce plat est bon et que j'ai encore envie d'en manger .. Et en général je réponds à ça... Ou alors j'ai mangé avec faim un bon apéro en amoureux avec mon mari je n'ai plus faim... Mais je sais que j'ai cuisiné un super plat derrière! La encore je n'ai pas souvent le courage de le dire "tant pis je ne mange pas" Alors que j'y arrive à 90% si je n'ai pas commencé à manger... C'est encore long...
cilou_cile.
Abonné

[quote=Fossette]

Moi, c'est beaucoup pour me détendre ou avoir du plaisir (donc sûrement compenser un manque de plaisir par ailleurs).

[/quote]

Je n'avais jamais vu les choses comme ça jusqu'ici mais ça me parle beaucoup ce que tu as écrit Fossette ! smiley

Sinon mno05, on est copine d'aliment tabou wink: le mac do...!

Chez nous, c'est MacDo tous les lundis soirs, après la séance d'ortho à 18h45, donc retour tard, concentration demandée à mon loulou pendant la séance, donc repas "récompense"...et si il y a bien un aliment qui me fait "disjoncter", c'est bien l'hamburger! Combien de fois, j'ai pu manger un menu entier avec un dessert alors que si j'écoute ma faim, 3 frites et 3 bouchées sont suffisantes...

Je ne crie pas victoire (ce serait d'ailleurs inconvenant, je trouve) mais ça fait 2 fois que le lundi soir ne tourne pas à l'orgie. Grâce à quoi? y a pas de miracle: grâce à la RPC, voilà....ça m'a fait prendre conscience que cet aliment était bien bien chargé de plein de pensées, qui s'imbriquaient, qui se contredisaient et du coup, arriver devant, ma tête me disait "attention, n'en mange pas trop" et de l'autre "c'est tellement bon, encore, encore..." smiley

Alors je n'ai fait aucune liste de ses pensées, je ne les balaye pas une par une avant de manger mais en m'appuyant sur le RPC, elles restent de côté, je me concentre sur mon plaisir, sur ma bouchée, sur mon appétit et voilà. Hier soir, j'ai un peu dépassé ma satiété mais rien de catastrophique, surtout comparé à avant.

Et sinon, pour revenir aux EME de fin de repas, je dirai que ce sont mes principales EME. M'arrêter de manger alors que je n'ai plus faim est un crève coeur parfois, quand le plaisir est au rdv, et puis aussi j'ai la peur de ne pas avoir assez mangé, puis après d'avoir trop mangé, de ne pas savoir reconnaitre ma satiété...tout ça quoi wink Et là avec la pratique de la RPC régulière, ça va beaucoup mieux. Quand je commence à me demander si j'ai encore faim, si je vais reprendre une bouchée, je sais que je suis quasiment sinon déjà arrivée à satiété (ce qui arrive super vite!) et du coup, je mange encore plus lentement et puis, sur une dernière bouchée bien savourée, je m'arrête en douceur, sereine....

mno05.
Abonné

L'exercice de l'EME zen commence pour moi...

Mais je me demande encore comment faire cet exercice en plein milieu d'un repas... Puisque la majorité de mes EME arrive dans les repas ....

Il faut déjà que j'arrive à voir le moment où je ne mange plus par faim mais par envie... et ça je vais l'apprendre plus tard donc déjà ça me bloque un peu...

Ensuite il faut que j'arrive à faire les exercices de respirations donc m'éloigner de ma famille ... difficile aussi non ? et ensuite prendre la décision qui est tout le but de l'exercice... Bref 10 jours difficiles en perspectives...

cilou_cile.
Abonné

Je pense que tu y arriveras mieux si tu fais les exercices EME zen en dehors des repas, à un moment tranquille, sans trop de pression, seule.

Tu vas ainsi pouvoir acquérir un certain nombre de compétences qui seront plus ou moins faciles à utiliser pendant les repas.

Faire l'EME zen en plein milieu de repas, sans l'avoir travaillé au préalable, au calme, pendant pas mal de temps, me semble être vraiment difficile à faire.

Peut être peux tu essayer d'accepter que pour le moment les repas en famille ne se passent pas comme tu voudrais mais ils se passent comme ça et que pour le moment tu ne peux pas faire mieux. Ne t'impose pas trop de défi smiley

Pour ma part, appliquer la RPC au cours des repas a pris beaucoup de temps. Il a fallu déjà pas mal la pratiquer en dehors pour en voir le bénéfice pendant les repas.

izabelle
Animatrice forum

moi je le fais pendant le repas sans aucun problème

tu peux rester à ta place et personne ne voit rien

comprends bien que le principe de l'EME-Zen, c'est porter un regard sur son état intérieur,   laisser accéder à la conscience une émotion désagréable  qu'on aurait plutôt le réflexe de planquer  sous un "rab" de qqchse de très bon...

parfois simplement la "frustration"  ou plein d'autres trucs

soit lié au repas, genre  "je ne vais JAMAIS y arriver à sentir la sacro-sainte satiété", ou   peur d'avoir faim si on ne mange pas assez, peur de manger trop, difficulté à laisser ou plein de choses.....
et puis tout ce qui rejoins la décompression  du stress de la journée ou de la semaine...

 

bref le but pour l'EME-Zen à ce moment-là,  c'est de te laisser avoir "conscience" de ce qui est difficile à vivre, de ce qui "mérite" ainsi que pour le faire disparaitre on voudrait manger  "en plus"

 

eh bien tu restes simplement à ta place, tu poses tes couverts et tu laisses émerger le truc....

tu patientes un petit moment et puis tu prends ta décision.....

 

essaie de ne pas trop mentaliser la chose, mais plutôt d'être dans le ressenti.....   et surtout ne pas utiliser l'EME-Zen comme outil pour controler les EME de repas, mais plutôt le considérer comme une opportunité,  laisser un espace pour une émotion qui sinon aurait été comprimé, supprimée, refoulée....

le but n'est pas de ne pas manger ou moins manger, mais de détricoter ce réflexe d'enfouir l'émotion sous la nourriture

parce qu'à force de laisser de la place pour les choses inconfortables, elles ne sont plus une menace, plus besoin de les exterminer et donc plus besoin de manger

à ce moment-là, la satiété devient une évidence

mno05.
Abonné
D'accord donc vous me conseillez pour le moment de faire une pause et d'observer mais pas forcément de chercher à ne pas manger et puis à force ça va marcher ?.. Ce soir pendant le repas (apéro dînatoire!!!!!) je me suis calée dans la chaise et je me suis dit "je n'ai plus faim! Mais bon dieu qu'est ce que j'ai envie de ça et de ça... Qu'est ce que je fais? J'ai déjà perdu pied plusieurs fois dans la semaine il ne faudrait pas ce soir non plus...." Et 1 minute après "bon Ben tant pis" et j'ai mangé un peu plus. Ça me l'a fait deux fois avec un sentiment de culpabilité intense la deuxième fois.... C'est terrible... Je Sais qu'il ne faut pas mais pourtant je suis encore dans le "c'est nul de ne pas arriver à s'arrêter..." Voilà où j'en suis...
Pattie.
Ancien abonné

Je suis encore débutante de l'EME-zen, je ne la pratique pas à fond, je pratique comme je peux, mais je peux te dire comment ça se passe pour moi hors repas. Parce que "en repas", ça n'est pas si facile. J'avais commencé, mais c'est un peu trop dur pour moi en ce moment. Donc hors-repas. C'est de l'EME-zen bricolée, hein, un peu home-made : je ne suis pas assise le dos droit, je n'essaie pas de saisir une émotion au passage, juste les sensations physiques, c'est plus abordable pour moi. La télé est allumée et en plus je tricote. Mais bon, c'est ce que j'arrive à pratiquer pour le moment, et ça m'apprend des choses, ça me fait expérimenter, donc ça me va !

Je prends l'aliment que j'ai envie de manger, et je le pose près de moi, à ma portée. C'est l'heure de mon rendez-vous avec l'EME, un moment où j'accepte de la rencontrer, un peu à froid, alors qu'elle ne me taraude pas. Puis je fais ce que je fais d'habitude. A l'heure de mes EME du soir, je tricote en regardant un dvd (en ce moment, c'est une série que j'ai déjà vue). Pendant ce temps, ça me tiraille de manger, l'EME est forte, comme une vague. Je la regarde, je la sens, je répertorie les endroits de mon corps où elle se manifeste. Ensuite, elle régresse, comme une vague. Elle est toujours là, mais les manifestations physiques sont moins fortes.

Après au moins la première vague, je mange une bouchée de l'aliment que je me suis préparé. En général même une deuxième et une troisième, et bon, ben voilà, hein : dans ma tête, j'aurais idéalisé que je mangeais lentement, en mode dégustation hyper-lente. Mais dans la réalité, pas du tout. Donc ça me fait des choses à observer pendant mon EME-zen home-made ! L'accélération des mouvements, la disparition des bouchées ("ah zut, je n'ai pas senti le goût là !" "Ah zut, j'ai avalé alors que ça avait encore du goût à libérer"). Je perçois aussi mon impuissance à m'arrêter, un peu comme un tourbillon, bouger ou tomber.

Après une ou quelques bouchées (pas plus de la moitié de l'aliment), je m'arrête. Parfois facilement (miam, c'était bon, j'en garde pour tout à l'heure). Parfois c'est dur, et là, j'observe le vide que ça laisse, la distorsion entre l'envie d'en remanger et la perception de l'affadissement lié au rassasiement gustatif. Petit à petit, ça devient vivable. Puis ça passe en arrière-fond au hasard d'un dialogue de ma série ou d'un point de mon tricot.

Plus tard, je reprends une bouchée. Vers la fin, je n'en ai plus la même envie, mais je le fais quand même. C'est une autre envie qui m'y pousse, avec des manifestations physiques moins faciles à saisir (pas de crispation, pas de tourbillon), peut-être l'impression que si je ne le fais pas, ça veut dire que je passe un cap sans retour (même si je sais que non : les pensées, ça pense comme ça veut) et que je ne suis pas prête.

Je fais ça après avoir utilisé (en vain) l'EME-zen pour ne pas manger sans faim. Ca ne marche pas comme ça. Ca permet surtout de saisir comment ça fonctionne, une EME. Si on la satisfait, on ne peut pas voir ça. Là, j'en suis à : comment ça fonctionne au niveau physique. Peut-être qu'un jour, je pourrais aborder le "comment ça fonctionne au niveau émotionnel". Mais je ne suis pas pressée.

J'ai remarqué que ça marche mieux avec un truc du genre crème dessert super bonne qu'avec un biscuit (même délicieux) ou du chocolat, parce qu'il y a plus de cuillerées dans une crème que de bouchées dans un biscuit ou un chocolat. Ca me laisse moins de temps d'observation. Et puis ça en met sur les doigts, c'est pénible en tricotant. Avec la cuillère, c'est l'EME-propre !smiley

mno05.
Abonné
Les EME non liées à un repas j'en ai très peu et quand j'en ai je gère plutôt pas mal... Le soucis c'est vraiment DANS le repas. Ce moment ou j'ai tellement envie de me remplir de ces aliments qui sont bons que je vais le faire....
mno05.
Abonné
Les EME non liées à un repas j'en ai très peu et quand j'en ai je gère plutôt pas mal... Le soucis c'est vraiment DANS le repas. Ce moment ou j'ai tellement envie de me remplir de ces aliments qui sont bons que je vais le faire....
cilou_cile.
Abonné

[quote=Pattie]

peut-être l'impression que si je ne le fais pas, ça veut dire que je passe un cap sans retour (même si je sais que non : les pensées, ça pense comme ça veut) et que je ne suis pas prête.

[/quote]

J'ai connu ça aussi, Pattie smiley Cette impression de tout ou rien finalement: soit je garde le même comportement, soit j'en change, mais alors dans ce cas là c'est à vie et je ne pourrais pas revenir en arrière. Et l'impression que si je basculais, je ne pourrais plus jamais me réconforter avec la nourriture, que je serai "obligée" de ne plus manger. En fait, je ne voulais surtout pas retomber dans la restriction cognitive.

Et puis la RPC m'a aidé à prendre conscience de ce chemin de pensées et que ça n'était que des pensées. Et que je pouvais vivre ces ressentis/moments désagréables, en respirant, et du coup en choisissant de manger ou non. J'accepte qu'il y aura encore des moments où le nourriture m'aidera à mieux les vivre et que ça ne voudra pas dire que je retombe dans un "mauvais" comportement.

Mno05, moi ce qui m'aide vraiment à gérer les EME de fin de repas, c'est la méditation pratiquée régulièrement et en dehors des repas. Au bout d'un moment, à force de pratique, certains réflexes sont venus s'appliquer au moment des repas, tous seuls, sans que j'ai eu à provoquer quoi que ce soit.

J'édite mon message pour le compléter: la gestion des EME de fin de repas avec la RPC n'est pas venue tout de suite et même ça n'était pas le but. J'ai commencé à me mettre sérieusement à la RPC pour mieux gérer mon stress vis à vis du travail, de la journée et juguler un peu les crises d'anxiété en fin de journée. Les repas c'était plutôt "live and let live", je me disais "je fais ce que je peux, c'est comme ça, pour le moment". Et puis un jour, je me suis dit "tiens, la technique qui te permet de vivre un moment difficile au travail (je me concentre sur ma respiration, plutôt que sur mes pensées, tout en continuant de discuter avec qq1 ou de faire une tache difficile)", je pourrais peut être l'appliquer aux repas, à toutes ses pensées qui viennent "parasiter" mon repas". Voilà smiley

izabelle
Animatrice forum

mno05, déjà c'est important que tu intégères que le but n'est pas que  "ça marche",  sinon  tu essaies d'enfoncer une porte fermée

avec les EME, tant qu'on cherche à les controler, les manipuler, les faire disparaitre, on ne fait que les renforcer  (et bam la porte en pleine figure)

ce qu'il faut, c'est les comprendre

dans ton cas, comprendre que ce qui est dur, dans ce moment-là, ce sont des émotions liés au fait de laisser de la nourriture...  toi seule peut savoir ce que sont précisément ces émotions, ça peut être un sentiment d'injustice, un sentiment d'être nul si on n'arrive pas à manger à s'arrêter, ça peut être de la frustration, ça peut être de ne pas vouloir arrêter un moment agréable, ça peut être d'avoir peur de ne plus jamais avoir accès à cette nourriture, la culpabilité bien sûr....

bref, ce simple fait de ne plus avoir faim, mais d'avoir encore la possibilité de manger,  peut générer une foule d'émotions.... qui te sont inconfortables, contre lesquelles tu luttes, et c'est pour ça que tu n'arrives pas à t'arrêter,  parce que tu es en lutte contre une ou plusieurs émotions-ressentis

ce moment-là d'EME-Zen, tu dois prendre conscience de ton VERITABLE ressenti, à toi (ou plusieurs)  qui sont si difficiles à vivre dans ce moment.....

le but de ce moments c'est de laisser de la place à ce ressenti  pour ne plus avoir ce réflexe de lutter contre tes émotions

et c'est donc  "à terme" mais pas dans l'instant  que le réflexe de manger pour lutter contre tes émotions "alimentaires"  va se défaire

l'EME-Zen n'est pas un outil de controle, mais de compréhension

 

laisser émerger à la conscience le ressenti difficile

par exemple pour moi de la frustration

et puis je me dis   :   "je suis frustrée, c'est dur pour moi d'être frustrée"

et puis c'est  tout

je ne décide de RIEN,   car je sors du mode "faire"  (que faire, quelle décision)  qui nous bloque  et je suis dans le mode  "être"   (là, je suis en train de ressentir ça)

et je reste dans ce mode là pendant un certain temps

ensuite tu fais ce que tu veux, mais si tu as fait ça, tu as fait l'EME-Zen

 

et pour l'avoir pratiqué pendant deux semaines d'affilée sur la frustration du midi, je peux te dire qu'à force de laisser de la place à la frustration sans chercher à "faire" qqchse,  eh bien la frustration, bon.... ça ne me gêne plus, c'est inconfortable oui, mais dans le fond, je m'en fiche

Copélia.
Abonné

Je te remercie beaucoup Izabelle pour ton explication et également l'espoir que tu donnes : tes EME existent toujours mais elles ne te contrôlent plus. C'est toi qui est en charge dorénavant. Bonne continuation.

mno05.
Abonné
J'avoue avoir encore du mal avec ça... Je regarde mes émotions mais à terme j'aimerai arrêter de les assouvir de les envoyer balader avec la nourriture... Je n'arrive pas à me dire "je viens de m'avaler un paquet de biscuit apéro sans faim parce que j'ai eu une mauvaise journée , que mes filles m'ont énervée etc... " sans vouloir que cela s'arrete... Je trouve ça logique de vouloir que cela cesse non? J'ai lu qu'à un moment il fallait accepter cet inconfort et que cela deviendrait un réflexe de laisser quand plus faim... Mais pour cela il faut passer par ce contrôle qui fait que l'on va renoncer... Non? Je suis dans le flou...
Pattie.
Ancien abonné

Oui, il faut en passer par LE moment où on se dit "Bon, allez, là, maintenant, tout de suite, j'essaie". Mais ça n'est pas un moment de contrôle, c'est un moment de lâcher prise. Et ça n'est pas renoncer pour toujours, c'est essayer une fois. Et puis une autre. Et puis une autre. Et à force, ça devient familier, puis préférable à un autre comportement.

Je ne sais pas si ça te parle ? Moi, ça a fait tilt le jour où j'ai compris que si j'avais tant de mal, c'était parce que j'étais dans le contrôle (alors que je me voyais comme une "lâcheuse-prise" typique !), et que je n'avais pas à renoncer pour toujours, que ça n'était pas pour un essai, voire dix, que j'allais changer du jour au lendemain sans avoir le temps de dire ouf. Renoncer pour toujours, c'était aussi ma forme de contrôle (et donc ne pas renoncer est ma forme de contrôle aussi). Accepter d'avancer, de régresser, d'avancer, de régresser, ça a été ma forme de lâcher prise. Accepter que mon parcours soit labyrinthique, pas linéaire (ou à la limite un peu sinueux). Au final, c'est plus confortable. Le lâcher-prise, au début, c'est dur, pour une contrôleuse. Mais quand on y arrive, ça fait comme un relâchement de tension, toute l'énergie de la lutte se démobilise. Ca me rappelle l'histoire pas si drôle de l'homme qui court en portant une enclume, et quand on lui demande pourquoi il porte cette enclume, il répond que quand il la pose, ça fait du bien.

Et du coup, ça commence à me faire réfléchir. Certes, j'en suis loin, mais quand j'arriverai à démobiliser de plus en plus souvent l'énergie de ma lutte de contrôle, je vais me retrouver avec plein d'énergie inemployée. Je comprends pourquoi les anciennes du forum travaillent ou ont travaillé sur leurs valeurs profondes. Je me suis posée la question, et j'ai découvert que je ne savais pas trop quelles étaient les miennes. C'est souvent pour ça, je pense, que j'ai parfois l'impression de manquer d'assise, qu'un souffle trop fort pourrait me renverser (d'où l'intérêt de ma lourdeur). Le livre de Russ Harris dont elles parlent, je ne l'ai pas encore acheté, mais ça ne saurait tarder !

Quand je pense qu'avant, j'essayais de solutionner tout ça avec 5 fruits et légumes par jour, une part de féculent à chaque repas, une part de protéines, une dose de matière grasse, quelques points de chocolat et de gâteaux à l'édulcorant et de la gym ! Ca n'est pas un hasard si LC est né du travail commun d'un nutritionniste et d'un psychiâtre, et pas du croisement entre mathématicien et un compteur à points !

izabelle
Animatrice forum

mn05, c'est à partir du moment où tu accueilles ton émotion et que tu acceptes de la vivre que tu n'as plus DU TOUT besoin de t'envoyer le paquet de biscuit apéro

pour tout te dire, cela te semble tout à fait incongru

mais c'est avec le temps,  le temps de déconstruire ce réflexe, le temps d'apprendre à se laisser ressentir, l'agréable comme le désagréable

le temps de savoir aussi, ce que l'on ressent, et d'accepter de le ressentir, parce que le coup de la "mauvaise journée",  ça sent l'accumulation de ressentis non conscients

 

c'est simplement la conscience de ce que l'on vit, accepter de faire l'expérience d'émotions moins agréables que d'autres parce qu'elles font partie de la vie, et donc ne plus avoir besoin de les calmer en mangeant

les EME qui perdurent, de façon ensuite très occasionnelle (donc pas nuisible pour le poids)  sont beaucoup plus modérées, car elles se font en conscience, à la manière de l'EME-Zen, mais dans ce cas ce n'est pas tout le paquet qui y passe, mais seulement un ou deux gateaux apéros

mais avant, avant ça,  le réflexe de "calmage" nourriture,  c'est par l'accueil des émotions qu'on agit le plus dessus

en n'essayant pas de calmer - controler, l'EME, mais plutôt en arrêtant de lutter contre le ressenti difficile que l'on ressent, bref en comprenant quel état intérieur désagréable l'EME vise à controler - apaiser - faire disparaitre,  et en acceptant de faire l'expérience de cet état intérieur-là, tel qu'il est

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