Mauvaise tolérance à la sensation de faim - 16112012

Sylvie75.
Abonné

Bonjour Messieurs les médecins, bonjour à toutes et tous !

Je constate que j'ai très peu de patience quand j'ai faim, comme si j'avais tout de suite grand faim, et que cette grande faim devait être vite comblée sous peine de mort, allez, j'exagère, mais à peine, c'est comme en tout cas, si c'était un réflexe de survie qui me pousse à m'alimenter vite.

Je sais que les questions du type "pourquoi" sont les plus difficiles à résoudre. Et n'ayez crainte, je travaille mon "comment" et essaie de ne pas suivre ces pulsions.

Mais j'aimerais sur ce forum réfléchir néanmoins au pourquoi, car plusieurs pistes s'ouvrent, dans des directions en étoile :

1) J'ai fait tant de régimes que j'ai malmené ma faim, qui se rappelle donc à moi de façon violente.

C'est possible, mais ça fait plusieurs années que j'ai proscrit toute forme de régime, sans pour autant appliquer votre méthode, ce qui fait que j'ai bien grossi !

2) J'ai souffert de la faim étant bébé.

Mouais, c'est possible, j'avais 3 frères, mais pas une mauvaise mère (pas du tout même). Alors c'est pas le plus probable, et puis, surtout, surtout, totalement invérifiable !

3) Je suis génétiquement ainsi constituée que la faim m'est plus intolérable qu'à mon voisin.

C'est possible ça aussi non ? Une hyper-sensiblilité constitutive et physiologique à la faim ?

4) Je mange émotionnellement, car je suis dans l'évitement des émotions qui me sont pénibles, et manger les étouffe de façon très agréable.

Ca, depuis que je connais, c'est une certitude pour moi. Mais il m'importe de savoir si d'autres pistes de réflexion sont possibles, en plus.

Et vous, chers coachés ? D'autres pistes ? D'autres réflexions ?

Commentaires

Isana.
Abonné

Eh bien écoute Sylvie, je n'ai pas de piste à te proposer, mais je me retrouve confrontée aux mêmes genre de sensations :-S : très peu de patience, cela devient de la frénésie et de la nervosité en un rien de temps.

C'est même, je pense, cette étape de la découverte de la faim qui m'a amenée à être bloquée ensuite dans l'étape de la dégustation car je l'ai passée trèèèès rapidement, comme pour en être débarassée.  Ca a quand même aboutit à la réinitialisation de mon parcours alimentaire. et, je te le donne en mille, la première étape que je retrouve à présent à la suite de mon 2ème carnet découverte c'est .... la DECOUVERTE DE LA FAIM ... Tadaaaaaaaaam ;-).  Signe or not signe mdr :-P ?

Merci beaucoup pour ton post qui pousse à la réfléxion.  Je vais donc m'y mettre de ce pas ... creuser un peu ... et j'attends également les réactions des autres LineCoachés et LineCoachées, ainsi que des Docteurs ;-).

Marie1923.
Abonné

Bonjour Sylvie,

J'ai longtemps pensé que je ne supportais pas la faim, ce creux fort à l'estomac. Et finalement, je pense qu'avec le temps (j'ai été sensibilisé à la méthode il y a 3 ans, sur le principe d'attendre sa faim pour manger et d'avoir la possibilité de manger de tout) j'ai réussi à l'apprivoiser. Je ne sais pas comment l'expliquer parce que ça ne me paraît pas très conscient comme processus. Un peu comme si j'avais intégré, sans trop me forcer, le fait que "avoir faim = stop à la culpabilisation". Et plus "avoir faim = je vais tomber dans les pommes si je ne mange pas tout de suite maintenant".

Enfin j'écris "sans trop me forcer" mais il aura fallu du temps pour que j'arrive à en être à jouer avec cette faim. En fait, plus j'y réfléchis, plus je me dis que le fait d'avoir mangé sans réelle faim ces derniers mois (en dehors et pendant les repas, je n'y suis pas allée de main morte !) et d'en avoir pris conscience, ça m'aide à l'aimer cette faim. J'étais loin d'être sereine et heureuse ces derniers mois en agissant comme ça. Alors que depuis je me suis inscrite ici, je me dis que je me sens tellement sereine qu'il est peut-être possible que j'arrive enfin un jour à la cheville d'un maître zen... et qui me connaît sait que ça serait pour le moins extrêmement étonnant !

Je ne sais pas si je t'aide beaucoup, mais en tout cas, depuis quelques semaines, j'essaie de m'amuser un peu avec ma faim, j'en ai la possibilité car je ne travaille pas actuellement donc mon emploi du temps m'appartient. M'amuser avec ça aide à la dédramatiser !

Là par exemple, je sens que j'ai faim, depuis une 20aine de minutes. Mais je sens aussi qu'elle n'est pas très forte, donc je vais attendre un petit peu et commencer à préparer mon repas. Et seulement après, manger. J'ai déjà remarqué que ma faim a tendance à disparaître, puis réapparaître, ce qui veut dire (et mon corps et ma tête l'expérimentent du coup) que je ne tombe pas quand je commence à avoir faim et que je savoure davantage mon repas ensuite.

Bon courage dans tes réflexions en tout cas, bonne journée,

Marie

mims68.
Abonné

Comme vous, pas vraiment de pistes non plus, et j'ai découvert au fil des étapes les différentes faims et ce qu'il en résulte chez moi, c'est que j'apprécie bcp de manger avec une bonne faim et j'arrive à manger plus doucement, même que la dégustation chez moi laisse à désirer ....hihi....

Mais si une grande faim s'annonce, je suis aussi frénétique, je mange à la vitesse grand V, je n'écoute pas mes sensations, mais je sais maintenant et suite à l'entretien avec ma coach, qu'il ne faut pas arriver aussi loin car le contrôle est plus difficile, on a plus qu'une hâte, c'est de se remplir et d'être moins réceptifs à tout le reste (émotions, sassiété,etc....)

Donc, sans le faire exprès et par habitude aussi, c'est plutôt au boulot en général, j'anticipe la grande faim qui arrive avec un fruit ou autre chose que j'aime bien ( j'évite qd même un truc trop calorique sinon ca me repousse trop mon repas et ce sera trop tard pour manger) et je peux tenir jusqu'au déjeuner avec une bonne faim, et donc être plus à l'écoute de toutes ces sensations :-)

Mais j'ai encore bcp à apprendre pour déguster et manger doucement car c tjs pas au point, je dois être plus zen avec moi, m'écouter plus, ce que je n'ai finalement plus fait depuis des années, que dire, des décennies:(

Bref, je suis ce post de prêt à l'affût de qlq info que ce soit, merci à toi Sylvie, de l'avoir soulevé !

Biz

090413154009_bonneetoile.
Abonné

coucou sylvie,

 

voici quelques pistes dont tu n'as pas parlé  il me semble.

1/ il est que on m'a serinné pendant tous les régimes que pour ne pas craquer il fallait calmer sa faim. Et donc moi je mange pour eviter de craquer sur des conneries. Ce qui est totalement con car manger du sucré, je suis capable de le faire sans faim juste pour calmer une émotion. On entretient le cercle vicieux avec cette croyance. C'est très dur de s'en depetrer.

2/ je mange pour me donner de la force. Dés que je me sens dépassée, j'ai cette croyance que manger va me permettre " d'affronter " quelque chose de difficile ou chiant.

3/ je mange car c'est mon moment de douceur et une parenthèse enchantée ou je ne pense plus qu'à ce que je suis en train de manger. les problèmes ou choses que j'ai pas envie de gerer, je le mets en stand bye.

4/ je mange pour me remplir d'amour et de plaisir comme un enfant....

bon courage et à bientôt pour des nouveaux echanges.

liegama.
Ancien abonné

Bonjour à toi Sylvie et aux autres dans ce forum, 

Merci Sylvie pour cette discussion qui m'a aidé. Je me reconnais tellement dans les écrits que ça me fait du bien de me sentir moins seule. 

Je suis comme vous, très peu de patience (en générale dans la vie) dès que j'ai faim, j'ai eu l'impression de sauter de petite faim à immense faim en deux minutes. J'ai même eu l'impression durant 10 jours de ne pas découvrir ma "bonne faim". Je n'ai pas encore trouvé une solution durable mais j'ai noté certaines choses : 

1. Je mange sans faim pour me donner du courage, pour confronter les situations qui me font peur. J'ai noté que je confonds des fois les symptômes de la peur avec ceux de la faim : palpitations, tremblements, sentiment que je vais m'effondrer.

2. Je mange sans faim pour me conforter après des moments émotionnellement forts (encore une croyance). J'essaye de trouver d'autres moyens de me conforter sans forcément utiliser la nourriture.

3. J'ai fait trop de régime où l'on m'a appris à ne jamais avoir faim, du coup j'ai peur de cette sensation. La RPC sensation de faim m'aide (j'en ai fait que 3 fois il faudrait que je pratique plus) à expérimenter que je ne vais pas mourrir de faim. 

4. J'ai noté que quand je prends ne serait qu'une minute pour respirer avant un repas quand je sens déjà bien ma faim j'arrive à commencer le repas en étant un peu plus détendue. Il y a six mois j'avais noté que je me mettais à table en entourant mes pieds autour des pieds de la chaise, comme si j'avais peur qu'on m'enlève ma pitance (mais d'où me vient cette croyance...). Je me dis que ma solution serait de continuer à essayer de me détendre et accumuler des expériences positives où je me rends compte que je ne vais pas mourrir. 

5. Si je fais autre chose je peux maintenant mieux supporter la faim mais dès que je m'approche de la cuisine ou que je me met à table, je ressens une sorte d'angoisse, d'excitation qui me fait manger bien trop vite.

De manière générale je me rends compte que j'ai du mal à supporter la frustration. J'explique cela par le fait que je prends beaucoup sur moi dans nombre de situation, du coup je crois que j'estime que j'ai le droit de compenser en me faisant du bien, en mangeant ce que je veux, dès que je le veux (et non dès que j'ai faim) et que je ne veux pas en plus supporter une sensation de faim. 

Courage à toi et dis nous si tu as trouvé d'autres pistes.

tupenses.
Abonné

Quels sont les besoins physiologiques  de chacun pour pouvoir vivre (le métabolisme) celui la varie suivant les individus. Alors pourquoi mangeons nous au delà du nécessaire. Une réflexion : le vide intèrieur (creux à l'estomac) et le manque de relation. Lorsque je mange, je suis en relation avec la nourriture qui va me faire du bien (en apparence) quand le trop est là ça fait mal. Mais qu'est-ce qui manque réellement et angoisse à ce point ? 

izabelle
Animatrice forum

hello 

l'avantage de ce que l'on apprend ici, c'est que l'on se connecte aux sensations physiques réelles de la faim : creux dans l'estomac, voire tiraillement, gorge serrée, etc.....

et finalement en se centrant sur les sensations physiques, on s'aperçoit qu'elles sont tout à fait supportables, et ce sont elles, la réalité

car en fin de compte, ce qui rend la sensation de faim bien plus difficilement supportable, et qui crée cette sorte d'urgence, ce sont les discours internes qu'elle provoque, selon notre histoire, notre vécu et bien sûr les émotions qu'elle génére (peur le plus souvent, non?)

 

me centrer sur les sensations physiques m'a vraiment aidée à pouvoir à nouveau supporter la faim, cet inconfort particulier

l'étape "pleine conscience appliquée à la sensation de faim" a été cruciale à ce niveau là

 

j'ai découvert que, pour ma part, j'avais peur de cet inconfort pour ce qu'il symbolisait en terme de "possible perte de contrôle"

peur de ne plus contrôler les choses, liée à mon envie de contrôler mes états intérieurs en général

le travail de lâcher prise concernant ce contrôle est déjà très aidant, mais  quand cette peur revient, j'essaie de faire de la place en moi pour l'accueillir, respirer et accepter

bon week-end à tous

080413075303_Rikki.
Abonné

En vous lisant, quelque chose me remonte à l'esprit — j'allais écrire à la gorge. 

 

J'ai lu le Journal d'Anne Frank il y a bien longtemps, peut-être 30 ans, quand j'étais adolescente. Je ne l'ai pas relu depuis. Dans le livre, il y a un passage que je n'ai jamais oublié : dans la cachette, avec la famille Frank, il y a un couple "âgé" (peut-être une cinquantaine d'années, je ne sais plus). A un moment, on se rend compte que l'homme a pris plus que sa part de la nourriture. La mère d'Anne, qui est présenté comme quelqu'un de très doux s'il me souvient bien, se met en colère en disant qu'il a volé la nourriture des enfants. Et la femme de l'homme prend sa défense, en disant qu'il a besoin de cette nourriture, qu'il ne peut pas en être privé. 

 

Je n'ai pas relu le passage, c'est de tête, j'irai éventuellement vérifier, mais c'est comme ça dans ma mémoire. 

 

Je me souviens m'être demandé avec une terrible angoisse si dans une situation similaire je serais capable de ne pas voler de la nourriture, moi qui ai toujours volé de la nourriture (chez mes parents, bien sûr, volé du chocolat dans les placards). Je me suis demandé si, dans le cas où ce vol de nourriture serait quelque chose de vraiement grave (voler la nourriture des enfants ! quelle horreur !) je serais capable de me priver, d'avoir une morale assez forte pour ne pas prendre cette nourriture, à portée de ma main. 

 

Je n'ai pas la réponse à ce jour. 

 

J'ai eu la chance de ne jamais manquer, mais je crois que la peur de manquer est là, tapie au fond de moi, moi qui ai grandi avec la génération d'après-guerre, bercée par les récits de ma grand-mère, racontant comment les patates étaient "du luxe", comment elle avait dû partager un seul œuf entre ses 3 enfants (et rien pour elle, c'était une évidence sous-entendue), comment juste après la guerre les restrictions semblaient encore pire que pendant la guerre, comment enceinte en 1945 elle avait si envie de tomates que son mari lui en avait planté un pied sur le balcon pour qu'elle ait enfin le légume dont elle rêvait...

Sylvie75.
Abonné

[quote=Rikki]

Je me souviens m'être demandé avec une terrible angoisse si dans une situation similaire je serais capable de ne pas voler de la nourriture, moi qui ai toujours volé de la nourriture (chez mes parents, bien sûr, volé du chocolat dans les placards).[/quote]

C'est peut-être un autre de nos points communs à beaucoup ici ?

Chez ma mère, à partir de l'adolescence, je volais de la nourriture le soir en douce (biscuits apéritifs, chocolats etc.)

Je me faisais disputer le lendemain, et je n'ai pas souvenir que ma mère disait que mes frères faisaient pareil. Maintenant que j'y pense, c'est dingue, de se faire disputer parce qu'on a mangé. Je ne ferais pas ça à mon enfant.

C'est bizarre quand on pense que je n'ai aucun souvenir d'avoir eu faim enfant. Et c'est pour ça que je me demande s'il faudrait remonter à bébé... Non pas que ma mère fut une mauvaise mère, non. Mais peut-être que les préceptes en vigueur à l'époque étaient qu'il fallait laisser pleurer les bébés, qui faisaient des caprices ? tandis qu'ils avaient faim ?

Mes parents, enfants de la campagne, n'ont pas spécialement souffert de privations pendant la guerre.

JoD7.
Abonné

J'ai comme vous toutes, et pour les mêmes raisons, une forme d'intolérance à la sensation de faim, je n'y reviendrai donc pas. En revanche, je suis presque plus perturbée, depuis que je suis le programme, par mon intolérance .... à la sensation de NON-FAIM ! Avoir faim me manque ! Or, depuis que je m'écoute plus et mieux, je me rends compte que je n'ai pas faim si souvent que ça. A l'instant, j'ai entendu un bruit, comme un gargouillis, je me suis dit "chic, c'est mon estomac qui gargouille, je vais enfin pouvoir manger" (sachant qu'à part un mini biscuit avec mon thé ce matin, je n'ai pas mangé depuis hier soir car je n'ai pas faim). Vérification faite, c'était juste un de mes chiens entrain de se lécher les .... enfin voilà quoi, un peu trop bruyamment ! Mon estomac, lui, se tient tranquille et est bien mieux élevé ! Je vais donc attendre encore un peu.

Gérard Apfeldorfer ancien
Votre coach

 

Bonjour tout le monde !

Ah, la faim, c’est compliqué, n’est-ce pas ?

Ce qui fait manger, c’est une envie de manger. Celle-ci peut avoir deux causes : la faim, et autre chose que la faim, d'ordre émotionnel.

La faim est déclenchée par une légère baisse du glucose enregistrée au niveau de notre hypothalamus. Cette faim  se manifeste par de nombreux signaux, variables d’une personne à l’autre que les exercices du programme vous aident à bien identifier : la gorge serrée, un creux ou un vide à l’estomac, des gargouillis dans l’intestin. Un peu plus tard: une tête lourde ou mal à la tête, de la fatigue, une sensation de faiblesse ou malaise, une difficulté de concentration. On peut aussi de sentir irritable, agressif, anxieux.

Tomber dans les pommes par faim : il faut avoir faim drôlement longtemps pour qu’on en arrive là ; ou bien souffrir d’un phénomène d’hypoglycémie, qui est un trouble de la régulation du glucose. Dans ce cas, la valeur de 2 à 3 morceaux de sucre suffit à faire passer le malaise, en très peu de temps.  

La faim évolue par vagues successives, qui deviennent plus fortes à chaque fois, durant quelques heures. Puis, on passe à un état de jeûne, durant lequel la faim ne se manifeste plus jusqu’à ce qu’on mange quelques bouchées ou qu’on soit stimulé par un contact avec un aliment appétissant.

Brillat-Savarin, dans 'La physiologie du goût' en 1826, avait déjà noté ce phénomène, et pestait contre les convives qui arrivaient en retard pour un dîner, juste au moment où la faim, après s'être faite lancinante, nous avait quitté.


Bien des personnes ont peur d’avoir faim. Cette peur est courante chez les personnes qui ont souffert à un moment de leur vie de la faim. Celles qui ont tenté dans le passé de maîtriser leur comportement alimentaire en vue de maigrir et qui se sont privées (ou bien qu’on a privé à leur corps défendant) se sont alors retrouvées dans un état de famine artificielle qui aboutit au même état. C’est ce qu’on appelle la restriction cognitive.

Que la menace de ne pas pouvoir manger à sa faim soit réelle ou imaginaire, on y réagit de la même façon : on est prêt à se battre pour manger !

 

Outre le côté pénible de la faim, on redoute la perte de contrôle que la faim pourrait déclencher, et on finit par redouter la sensation de faim elle-même. On cherche alors à anticiper sa faim en mangeant avant d’avoir faim. Or il est essentiel de manger seulement lorsqu’on a faim, car comment percevoir qu’on est rassasié (qu’on n’a plus faim) si on n’a pas faim au départ ? Comment avoir du plaisir à manger si on mange sans faim ?

 

Les exercices sur la faim permettent aussi d’apprendre à différencier la faim des autres envies de manger.  Ce sont les envies de manger émotionnelles ou EME, que nous détaillons en envies de manger dues à des émotions liées à l’alimentation et envies de manger émotionnelles extra-alimentaires.

La peur d’avoir faim est le prototype de l’émotion alimentaire inductrice de prise alimentaire. Or la faim, celle que l’on est susceptible d’avoir en Occident, de nos jours, c'est-à-dire une faim passagère, forcément passagère, même si elle est déplaisante, n’est pas une souffrance si intolérable que cela. Mais voilà, on a développé avec le temps une hypersensibilité à la faim, à laquelle on réponde sur un mode réflexe. On a mis en place un conditionnement dont il s’agit de se défaire.

Les expériences sur la faim en viennent généralement à bout. L'expérience de faim retardée est la plus intéressante. Cela consiste à attendre une petite faim et à faire une pleine conscience de la faim. Puis au terme de l'expérience vous avez le choix entre manger un aliment pour arrêter l'expérience ou poursuivre l'expérience encore une demi-heure. Au bout d'une demi-heure vous refaites une pleine conscience de la sensation de faim. Et au terme de celle-ci vous décidez d'arrêter l'expérience ou de la poursuivre encore une demi-heure... Et ainsi de suite jusqu'où la curiosité vous pousse.

Concernant les envies de manger émotionnelles extra-alimentaires, vous avez tous parfaitement identifié leurs multiples origines : outre éviter des pensées et des émotions pénibles (le vide intérieur, le trop-plein de pensées, des tas d’émotions, et ainsi de suite) et se réconforter, on peut aussi vouloir se donner des forces, du courage, retarder une tâche désagréable, se punir, s’empêcher de perdre son armure de graisse…

 

En conclusion:

Côté faim, l’objectif du programme : être à l’aise avec sa faim, qui n’est rien d’autre qu’un signal, plus ou moins fort, qu’il faudrait songer à manger, que ce serait alors une source de plaisir, de réconfort, de contentement. Être capable de choisir le meilleur moment pour cela, et si nécessaire, savoir différer la satisfaction afin de l’augmenter.

Mais être souple avec sa faim signifie aussi ne pas faire une maladie d’avoir dû manger sans réelle faim, pour une raison ou pour une autre, et alors, savoir attendre son retour pour remanger. Ainsi se fait la régulation.

 

Côté EME, savoir distinguer faim et EME, savoir vivre des moments pénibles sans les éviter à coups de nourriture. Cette augmentation de la tolérance émotionnelle s’acquiert par un travail assidu, dont la pleine conscience est un des principaux outils.

 

Bon, j’espère vous avoir éclairé. Merci pour vos posts, à toutes et tous, toujours aussi passionnants!

dilodi.
Abonné

bonjour,

 

Je trouve beaucoup de réponse dans vos différentes réponses. Ca me rassure aussi de savoir que je ne suis pas toute seule à éprouver ce genre de ressentiement face à la faim....Mais voilà je vais commencer l'experience de la faim lundi et j'angoisse.... Je ressens exactement la même angoisse qu'avant de commencer un régime! j'ai l'impression de me préparer psychologiquement à être en restriction! En gros, j'ai l'impression que je vais devoir encore me priver, comme durant toutes mes années de régime....Je vis donc l'expérience de la faim comme une forme de régime....Est ce normal?

didil.
Abonné

Ton angoisse est sans aucun doute lié à toutes les frustrations que tu t'es imposées jsuqu'à présent avec les régimes. Mais là, tu ne fais pas un régime, tu fais des expériences pour te permettre de te connaître, de connaître les besoins de ton corps.

Vois l'expérience de la faim comme une expérience, ce n'est pas autre chose, et certainement pas une frustration supplémentaire que l'on t'inflige !

Expérimenter la faim, ce n'est en aucun cas se laisser s'affamer. Tu dois manger quand tu sens une bonne faim et arrêter de manger dès que tu n'as plus de sensation de faim. Quoi de plus normal ? Et cela en sachant que dès que tu as à nouveau faim, tu as le droit à une nouvelle prise alimentaire. Il n'y a donc aucune restriction. De plus, tu peux manger tout ce qui te fait plaisir, sans te soucier si c'est "autorisé" ou pas !

J'ai trouvé cette expérience particulièrement intéressante, car je me suis ainsi aperçu que non seulement je n'avais jamais faim quand je passais habituellement à table et que j'étais en fait une toute petite mangeuse. Et au lieu de m'empiffrer de n'importe quoi sans plaisir aucun, je mange maintenant lentement de toutes petites quantités que j'apprécie parce que je déguste ce que je mange.

Bon courage à toi, donne-nous des nouvelles !

dilodi.
Abonné

merci Didil! tes réponses sont toujours aussi réconfortantes et rassurantes.... Le problème c'est que je sais tout ça ! j'ai déjà fait ces exercices avant ( j'etais suivi par une dieteticienne du GROS qui applique donc les recommandations de la méthodes ) et j'avais cette (horrible) sensation d'etre au régime.... j'ai des pensées de régimeuse " ce week end c'est relache mais lundi je m'y remets" ... tu comprends ce que je veux dire???? j'ai beau lire vos expériences, vos commentaires.... J'angoisse à l'idée d'avoir faim.... La seule chose qui m'apaise c'est que " en guise de récompense" je vais pouvoir choisir la collation " qui me fait plaisir" .... c'est grave docteur?????

didil.
Abonné

Mais oui, Dilodi, je me doute bien que tu sais tout ça mais le problème auquel tu es confrontée, c'est que pour l'instant tu ne l'as pas intégré. C'est en lisant et relisant des témoignages et en y réflechissant que petit à petit ça viendra. Il y a beaucoup de choses que l'on sait, mais que l'on n'a pas suffisamment intégrées, de sorte qu'on ne les fait pas toujours bien. Il y a un pas de la théorie à la pratique !

Quand on apprend à conduire, on sait en théorie tout ce que l'on doit faire mais tant que tout n'est pas intégré en nous, nous réfléchissons à ce que nous faisons, nous faisons caler la voiture ou provoquons des à-coups... Sur les LC, nous apprenons à conduire notre comportement alimentaire.

Chacun son rythme, tu es bien entourée ici !

Mandala.
Abonné

Bonjour dilodi,

Peut-être que pour te réconcilier avec la faim, il faut que tu y ailles très très doucement ? Du genre te réassurer avec des micro-collations dès que tu sens que l'angoisse de la faim arrive, histoire que ton corps et ta tête sachent que tu n'es pas en restriction et que tu peux absoluemnt manger quand tu veux ? Sachant que cette micro-collation n'impactera pas finalement la faim qui est en cours d'apparition et donc ton expérience de la faim retardée...  L'idée c'est d'adapter un peu le protocole. As-tu contacté la coach ?

Pratiques-tu déjà la RPC ? Connais-tu la RPC appliquée à la sensation de faim ? Elle te permet(tra) surement de mieux connaître et de mieux tolérer cette anxiété qui monte.

Bonne continuation en tout cas, et tiens-nous au courant de tes avancées !

Mandala

izabelle
Animatrice forum

bonjour dilodi,

oui ta peur de la faim est intense, elle t'incite à remettre au lendemain pour la faire disparaitre  (mais bêtement ça ne marche pas...)

peut-être que derrière cette peur se cache d'autres copines à elles : genre : la peur d'échouer ou encore celle de réussir...

 

bref la peur c'est un peu normal quand on se met en situation de challenge, on n'est pas des robots.....

 

souvent la meilleure chose à faire, avec la peur, c'est l'accueillir : salut vieille branche, tu me noues les tripes, ok, mais je le fais quand même.....   respiration.... action

ce n'est pas une lutte contre la peur qui pourra t'aider, ce n'est pas un bras de fer, mais au contraire cette idée que ta peur est bénéfique, elle te montre que ceci est IMPORTANT pour toi, et aussi elle peut te donner de l'énergie pour affronter ces défis....

la peur peut te donner l'énergie de faire les choses importantes pour toi,  elle te montre où sont ces choses et elle te donne l'adrénaline pour les réaliser...

 

le mieux c'est de faire et re-faire l'expérience de la petite faim,  avec une conscience de cette peur, un accueil,   et puis quand ta peur et toi vous êtes prêtes pour la moyenne faim, allez on se lance.....

et la grande faim, ma foi....   une fois m'a suffit, hein....   et je ne l'ai pas poussée très loin (faut pas pousser mémé dans les orties) parce que quand même c'est bien la moyenne qui nous intéresse...

 

quelques bonnes respirations pour faire de la place à cette peur qui t'accompagnera tant qu'elle te sentira en situation de challenge

quand tu maitriseras ça les doigts dans le nez, la peur n'aura plus raison d'être, elle ne sera plus là

 

la peur, il faut s'en faire une copine, même si elle est pas jolie jolie, elle est super utile....

 

 

et bientôt, comme beaucoup de personnes ici, non seulement tu n'auras plus peur de la faim, mais tu l'attendras avec impatience, avec délice, cela deviendra une sensation agréable.....  oh mon doux tiraillement dans l'estomac  qui n'est plus synonyme de privations, de perte de contrôle, mais d'un délicieux repas, de dégustation, d'union avec mon corps et de satisfaction.... (envolée lyrique...smiley)

 

on pensera à toi dilodi... demain?   ou lundi?

dilodi.
Abonné

Franchement vous êtes au top .... Vos messages sont d'un réconfort énorme..... merci merci merci! Izabelle je n'avais jamais envisagé d'imaginer la faim ainsi.... Mais finalement c'est toi qui a raison, je dois l'accepter, lui "faire une place" dans cette expérience....

Je commence lundi, demain c'est les 9 ans de mon fils.....

 

Encore merci pour votre soutien, j'espère sincèrement pouvoir un jour vous rendre la pareille.....

 

izabelle
Animatrice forum

alors on pense à toi lundi

ma fille a 9 ans aussi et il y a aussi quelqu'un d'autre qui se reconnaitra avec un fils de 9 ans....  et aussi Lorraine, non, ta fille?

bref, on a toutes été enceintes en même temps, c'est marrant, non?

lorraine
Marraine

Coucou les filles,

Non Iza, ma fille -Marion - est un peu plus vieille, elle vient d'avoir 11 ans , ...normal la mère est plus vieille  aussi wink

Mais elle -la fille- adore  -encore !- jouer aux playmobil comme . les enfants de 9 ans ....

Bises du samedi,

Fabienne

dilodi.
Abonné

bonsoir tout le monde!

 

comme promis je viens vous donner mes premières impressions sur cette expérience de la faim.... On va dire que c'est mitigé... Les bons côtés c'est que j'ai réussi d'attendre d'avoir faim .... avec quand même beaucoup d'angoisse car ça perturbe les habitudes ( mais ça je crois que c'est pareil pour toutes celles qui sont habituées a prendre un petit déj, avec ou sans faim!) ....La mauvaise nouvelle c'est que j'ai pas réussi a attendre longtemps! une heure quinze! autant dire que j'ai cédé à une petite faim! Mais bon ce n'etait que mon premier jour et je me sens plus forte pour affronter le deuxième; donc c'est encourageant!

A bientôt!

izabelle
Animatrice forum

mais c'est bien!!!!

il ne s'agit pas de céder ou de ne pas céder,  mais te t'observer

déjà si tu observes la petite faim, c'est bien, n'hésites à multiplier l'expérience d'observation de la petite faim, ensuite tu verras elle ne te posera aucun problème

ensuite tu observes la moyenne

en fait ce n'est pas forcément parce que tu attends que une heure que ça reste une petite faim, parfois on peut passer de la petite à la moyenne assez vite,  tout dépend de ce qu'on a mangé les jours précédents, si tu as mangé peu la veille, la faim viendra plus vite

donc peu importe et lâche le chronomètre, le plus important est d'observer tes sensations et de refaire "ami-ami" avec elles.....

prend ton temps

et surtout bravo!!!!    you did it!

dilodi.
Abonné

Merci Izabelle!!!!!

 

Je vais essayer de refaire le tes de la petite faim à n'importe quel moment de la journée! c'est vrai que déjà je me sens moins angoissée! après je sais que c'est un de mes deux problemes majeurs : attendre d'avoir faim pour manger ..(l'autre c'est de m'arreter quand je ressens la satiété.... )

izabelle
Animatrice forum

c'est le problème de beaucoup d'entre nous!!!!

et tu as raison : c'est crucial..

majoma.
Abonné

enfin quelqu'un à qui je ressemble: depuis 3 semaines que j'ai commencé je n'ai pas réussi à avoir faim ; résultat je mange sans faim car :

passer toute la journée à attendre la faim jusqu'à 21 h LE lendemain à 14 h toujours pas faim, ( 30 ans de régime ont donné des résultats ) c'est très long alors je mange un peu pas beaucoup car heureusement j'en ai fini avec la boulimie et les EME sauf en groupe mais sans tomber dans le bouffage incontrôlé; que faire je n'ai pas réussi à avoir un coach au téléphone, elle téléphone mais pas à l'heure, je ne suis pas là etc....;;; j'ai abandonné ces RV

personne ne répond sur l'absence de faim et ien sûr pas de perte de poids !!!!! je me suis inscrite à la journée du DC apfeldorfer  pour pouvoir parler un peu; si tu veux je te donnerai quelques éléments de réponse

izabelle
Animatrice forum

oh un petit râté de rdv ça arrive, ré-essaie de contacter la coach car c'est vraiment important de pouvoir avoir son éclairage par rapport à tout ça

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