Nouvelle cause des eme - le 25/03/2012

Nanna.
Abonné

Serait-il possible que mes eme aient une autre origine que "le besoin de ce détendre", "la tentation"?

Je vous explique, je fais souvent des eme le soir en rentrant des cours et particulièrement lorsque ma journée a été stressante. Avec LC, j'ai compris que la nourriture était pour moi synonyme de réconfort (vivant seule, j'ai trouvé un autre moyen pour me détendre puisque je ne peut parler de ma journée à mes proches). Or je fais des efforts et maintenant je ai moins envie de faire des eme, je sais que na nourriture n'est pas la solution pour effacer mes emotions. Cependant même si je n'ai pas envie je commence à manger  et bien sur je m'arrète plus.

Du coup je pense que mon attitude sert à me punir des erreurs que j'ai comises durant la journée : je mange trop, donc je vais grossir, donc je serais malheureuse .... et ce sera bien fait pour moi !!

Je pose cette question car je pense moins avoir besoin des eme pour me sentir bien mais je continue quand même alors je voudrais savoir pourquoi.

Merci pour vos précieux conseils.

Commentaires

Alexandra.
Abonné

Bonjour Nanna,

je me posais la même question pour moi, enfin, presque.

ça fait des années que je grignote les après-midi de week-ends sur mon canapé, en regardant les séries que j'adore. C'est un moment "sacré" pour moi, mon petit moment à moi ! Ce week-end, j'ai essayé d'être attentive à ma faim et à mes EME. Une fois posée sur le canapé, devant ma série, j'ai eu envie de manger alors que je n'avais pas d'EME ni faim.

J'en suis arrivée à la réflexion suivante : sois je mange par habitude, sois je ne me rends pas compte de mes émotions à ce moment-là. Est-ce d'avoir envie de manger irresistiblement, de penser qu'à cela, par habitude ? Tout autant que quand je fais une EME ?

J'attends avec impatience une réponse, ça m'aidera certainement à comprendre cette envie de manger irresistible :)

Lily.
Abonné

Bonjour,

Avoir envie de manger sans avoir faim, c'est toujours avoir une EME...

Au début du programme, les émotions qui provoquent l'EME sont difficiles à identifier. Mais il ne faut pas oublier qu'une émotion n'est pas une pensée, mais une sensation physique : c'est donc là qu'il faut chercher. C'est important à ce moment là de se recentrer sur son corps et d'essayer de percevoir des tensions, des lourdeurs. Parfois, on découvre même des douleurs qu'on n'avait jamais soupçonné...

Effectivement, Nanna, on pense souvent que l'on mange le soir pour décompresser, se détendre, se récompenser... En fait, je crois qu'on mange surtout pour se consoler, c'est à dire pour tenter d'éviter toutes les émotions accumulées pendant la journée.

Nous sommes nombreuses ici à être concernées par les EME du soir, et le contexte n'a que peu d'impact : seule ou pas, en famille ou pas, entourées ou pas, la confrontation avec les émotions provoque les mêmes difficultés... et nous cherchons toutes en mangeant trop à nous protéger de nos émotions... Manger trop, c'est une façon de se consoler quotidiennement de tout ce que l'on s'est reproché dans la journée... : à force de vouloir trop bien faire, nous trimballons toute la journée des pensées négatives sur nos performances au travail, les réactions qu'on aurait dû avoir, l'empathie dont a fait preuve mais qui pèse bien lourd le soir, etc, etc... C'est aussi sur ces pensées négatives qu'il faut travailler... et ce n'est pas simple !!

Bonne route ! (et n'hésite pas à utiliser l'outil EME Zen, si tu as accès, pour tenter de gérer tes soirées... )

Lily

Érable.
Abonné

... Et on mange par auto-destruction, en tout cas pour ma part, je ne sais pas si c'est à cela que tu faisais référence Nanna?

Je mange quand je suis triste pour me consoler, quand que suis énervée pour me calmer, quand je suis fatiguée pour me ressourcer, et aussi pour remplir le vide en moi. Mais, alors que ma carrière ne décoléra pas si je ne suis pas à mon poids forme, je mange parce que je n'en vaux pas le coup, je mange pour me protéger du reste du monde, en ne m'y confrontant pas. Je mange pour me faire disparaitre, pour m'engrosser comme une oie, pour me martyriser, pour me tuer. Comme si je n'avais pas le droit d'être heureuse...

Lily.
Abonné

A Erable : oui... mais manger par stratégie d'évitement émotionnel, ce n'est pas s'autodétruire : c'est au contraire avoir une stratégie pour se protéger...

C'est pourquoi le plus difficile ici reste d'apprendre à faire face à ses émotions, à les accepter, à les observer, pour qu'elles passent plus vite...

Je me souviens que les premières fois où je suis parvenue à maîtriser mes compulsions alimentaires (ce n'est pas encore parfait), j'étais encore bien démunie face aux émotions qui m'envahissaient : je dormais mal, étais irritable... presque en état de manque... Manger pour se protéger, c'est une vraie addiction comportementale...

Bon courage, et bonne route !

Lily

Érable.
Abonné

Lily, je suis d'accord, je fais la différence entre les deux!

izabelle
Animatrice forum

oui je suis tout à fait d'accord avec Lily

Je pense qu'en mangeant sans faim, plutôt que se punir ou de se détruire, on cherche avant tout à se faire du bien, sur le plan psychologique, par la détente, par l'évitement des émotions

on cherche à fuir l'inconfort émotionnel, parce qu'il y a des émotions qu'on ne supporte plus, qu'on ne tolère plus

et ça c'est plus fort que tout, que toutes les considérations sur la ligne, nos envies de minceur, car c'est un mécanisme de défense, c'est ça qui nous permet de rester en bonne santé psychique

 

mais heureusement, bonne nouvelle :   ici est l'endroit idéal pour pouvoir sortir de ce réflexe d'évitement émotionnel tout en restant bien dans ses baskets

il y a bien sûr une phase un peu destabilisante où on se dit  "quoi, tant d'émotions?"

mais très vite quand on apprend à ne plus les combattre, à les accepter, à "respirer avec",   on les apprivoise, on a plus besoin de les éviter, et donc on n'a plus besoin e manger sans faim

 

c'est tout un ré-aprentissage, quelque fois même un apprentissage tant le réflexe d'évitement émotionnel peut se prendre tôt

Pomdereinette.
Abonné

Ton analyse me semble trop "pensée". Je ne pense pas non plus que l'on mange pour se punir, en pensant aux conséquences. On mange plutôt malgré les conséquences,  en sachant qu'il y en aura (prise de poids) qu'on va se haïr pour cela, mais... on mange.

Je crois plutôt que tu n'as pas (encore) accès aux émotions qui te font manger à ce moment-là. Qui peuvent être diverses et variées. C'est comme un débit différé : un truc arrivé dans la journée, que tu crois "digéré" mais qui en fait ne l'est pas et paf, eme le soir, quand enfin on se détend et relâche la pression.

Je n'ai pas noté qui parlait du rituel devant la télé. J'ai beaucoup pratiqué et je crois que la nourriture est alors liée à un temps de réconfort. Là aussi, on relâche la pression, et le plaisir de manger fait partie du rituel. Pour s'en sortir, sans doute y a-t-il aussi besoin de s'inventer d'autres rituels (bain, bougies, que sais-je...) Perso, je ne regarde plus la télé que... en faisant du repassage :-))

G.Apfeldorfer
Votre coach

 

Bonjour nanna et bravo pour votre analyse.

C’est vrai qu’on peut très bien chercher à se punir en mangeant. Être malheureux/se et savourer ce malheur. Le malheur peut sembler confortable, car démobilisateur. Il n’est plus nécesaire de « faire des efforts pour s’en sortir ». On peut se laisser glisser, comme au fond d'un trou.

Comme le malheur ainsi entretenu génère des EME, on est vite pris dans ce cercle vicieux.

On peut aussi démarrer une prise alimentaire en fonction d’une routine, qui se transforme ainsi en EME, comme le signale Alexandra.

Merci lily, izabelle, pommedereinette, pour vos commentaires si judicieux.

Haut de page 
X