peur de la réussite, ou mauvaise gestion de l’échec? - 23082011

aurel23.
Abonné

Bonjour, 

Je voudrais avoir votre avis sur un de mes comportements que j'ai eu pendant des années ( j'essai de moins l'être) : 

Quand je souhaite réussir quelque chose qui me tient fort à coeur, (que soit dans le sport ou évenement  amicale) ; je souhaite que tout soit parfait ( moi , préparation...) et au final  il m'est arrivé de ne pas aller au bout voir même d'annuler un rdv par ex . Et surtout cela déclanché une envie soudaine de manger . Et par la suite bien sur une grosse frustration.

Comment faire pour que ceci arrive moins? 

Je pense qu'à vouloir être trop perfectionniste on a le resultat inverse souhaité.

mais aussi comment transformer le "mauvais stress par du bon stress" ? 

Je sais pas si mes propos sont clairs, pas facil de mettre des mots sur ce qu'on ressent !

merci de votre réponse,  et de ce site qui m'apporte plein d'élements pour mieux gerer mes émotions.

aurel

 

Commentaires

jpzermati
Votre coach

Bonjour Aurel,

 

Le perfectionnisme est un défaut qui présente des avantages et des inconvénients. C'est pourquoi il est si difficile de s'en défaire.

C'est également un défaut sournois qui s'installe du fait de ses avantages (plus de réussites) et qui révèle plus tard ses inconvénients (plus de stress). A la longue, le perfectionnisme peut devenir paralysant et se retourner contre soi. Au stade ultime, le perfectionnsite préfère ne plus faire plutôt que risquer mal faire.

Le perfectionnisme, comme les prises alimentaires, est à considérer comme un système de défense émotionnel. On tente d'atteindre la perfection pour ne pas s'exposer à l'angoisse de déplaire, de ne pas être à la hauteur, de décevoir, d'être rejeté... Au final, comme les prises alimentaires, ce système génère plus de stress qu'il ne permet d'en absorber.

Il est difficile de renoncer à son perfectionnisme car il fait partie intégrante du modèle de réussite du perfectionniste. Sans son perfectionnisme, le perfectionniste ne sait plus comment s'y prendre pour accéder à la réussite. Ne sachant comment s'y prendre autrement, il s'accroche à un système qui manifestemment le pénalise. Pourtant aucune grande réussite n'est le fait d'un perfectionniste. Pour réussir, il faut savoir échouer. Ne pas être anéanti par ses échecs. Il faut être exigeant avec soi-même mais pas intransigeant. Il faut pouvoir se pardonner.

Et se contenter de faire de son mieux. Ce qui est tout un programme. A ce sujet je vous invite à lire un petit livre édifiant Le manuel d'Epictète. Vous me direz ce que vous en pensez.

 

JPZ

 

Je vous suggère de vous rendre sur le post Cercle vicieux dans la rubrique Questions à GA et JPZ. Il porte sur le perfectionnsime. Voici la réponse que j'avais déjà faite à Anick sur le post en questiion.

 

Le problème que vous évoquez est un grand classique du comportement alimentaire.

Il s'agit du PERFECTIONNISME. On le retrouve dans beaucoup de troubles du comportement alimentaire.

Ce perfectionnisme transforme le travail sur les sensations alimentaires en une sorte de nouveau régime de sensations alimentaires. La restriction a changé de forme. Avant, le fait de manger des aliments interdits entraînait des compulsions. Maintenant, c'est le fait de manger sans faim ou au-delà de sa faim qui les déclenche. Avant il ne fallait pas manger de frites maintenant il ne faut pas manger sans faim.

Je rappelle que le comportement alimentaire est soumis à des processus de régulation qui ont l'immense avantage de pouvoir s'adapter aux variations des apports alimentaires. C'est cette flexibilité qui confère au comportement alimentaire toute sa puissance. Les perfectionnistes auront tendance à rigidifier le comportement et lui retirer la flexibilité qui caractérise son efficacité.

Pour le perfectionniste, le comportement alimentaire doit être parfait. On doit précisément manger quand on a faim et précisément s'arrêter quand on est rassasié. Ce qui est le contraire d'un comportement alimentaire normal. Dans un comportement normal, on mange globalement quand on a faim et on s'arrête globalement quand on atteint la satiété. La régulation se chargeant de corriger les variations. En somme, on fait simplement de son mieux. Ce qui dans l'oreille d'un perfectionniste raisonne quasiment comme une insulte. Pour le perfectionniste, on peut toujours faire mieux. Rien n'est jamais parfait.

 

Malheureusement, rien n'est plus faux. Et un tel raisonnement ne peut qu'aboutir à plus de stress et donc comme vous le savez maintenant à plus de compulsions.

Gérard Apfeldorfer et moi-même aborderons prochainement le thème du perfectionnisme dans les groupes de discussion.

En attendant, Mesdames, efforcez-vous de faire simplement de votre mieux. Et surtout ne soyez pas parfaites.

Haut de page 
X