Peur de soi même - 22082011

Jade.
Abonné

Cher Docteur, une question vraiment stupide : comment se fait il qu’au fur et à mesure que j’avance avec votre méthode j’ai de plus en plus peur de la personne meilleure que je pourrais être ? Je me rends compte qu’au fond il m’est plus facile de me saboter en mangeant n’importe quoi et n’importe comment car au moins j’ai des excuses prêtes (mes compulsions) pour justifier mon incapacité... et ma médiocrité. En écoutant ma faim, je mange beaucoup moins. La nourriture n’occupe plus autant de place dans ma vie. Et pourtant j’ai peur de celle que je pourrais être, en mieux bien entendu. Pourrai je assumer une nouvelle Jade, plus sûre d’elle et plus libre, prête à vivre vraiment sa vie sans se cacher derrière la nourriture ? En fait la personne meilleure que je pourrais être grâce à cette méthode me fait peur. Serai je à la hauteur ? De quoi dérive cette peur que je sens tout au fond de moi et qui m’amène parfois à des EME ?  

Ca m’a vraiment l’air sans aucun sens ! Quels sont les mécanismes psychologiques à la base d’une telle peur ? Merci d’avance pour votre réponse…

Commentaires

Benedicte0206.
Abonné

J'attends avec impatience la réponse...Car j'aurai pu écrire cette question

sophieo.
Abonné

Je me retrouve aussi dans cette interrogation. J'ai commencé à lire le livre Maigrir c'est dans la tête, et j'ai eu un moment de révélation quand G. Apfeldorfer évoquait le fait qu'on mettait notre vie en attente d'être plus mince. C'est un point que je trouve très intéressant, saboter ses efforts pour ne pas se permettre tout de suite de vivre correctement notre vie et au contraire repousser tout à un lendemain qui recule sans cesse - sur la gamme "quand je serai mince, je pourrai faire ceci, porter cela..."

Je me demande pourquoi on met ce mécanisme de défense en place.

Soleluna.
Ancien abonné

par peur, je crois... Ceci dit, plein de gens le font. Peut-être que nous on utilise le surpoids. Mais d'autres ca sera le boulot, l'amour, l'argent... quand j'aurais un chéri, quand j'aurais un boulot, ou un boulot plus intéressant, ou une promotion, quand j'aurais des sous, quand j'aurais des enfants, une voiture... vivre dans le présent, en pleine conscience, est une des choses les plus dures qui soient je trouve. Peut-être parce qu'on croit que c'est plus facile d'avoir un rêve, un fantasme, qui est parfait, qu'on maîtrise totalement, qui donne espoir, qui crée le désir. Le passage à l'acte, c'est l'épreuve du réel. Et c'est pas toujours aussi parfait qu'on croit. Je sais pas, je m'interroge aussi et ici en écrivant.

tartine.
Abonné

ado et jeune femme mince, j'étais pleine de doutes, de peurs, je me voyais grosse en étant mince, dès que quelque chose de bon m'arrivait, j'attendais le retour de manivelle qui allait suivre, j'en étais persuadée, ................... ma première grossesse, je me suis permis de grossir, mais aussi de manger pour 2 voire 3 ou 4 mdr , idem pour la 2ème, résultat 40 kg en trop, mais bizarement je me sentais mieux dans ma peau, l'idée de grosse dans ma tête et mon image se sont rejointes,  cela m'a permis de travailler un peu tout ça avec un psy, mais yoyo avec les kg.  Maintenant, je me sens prête à comprendre mes réticences, mes peurs, angoisses et toute la clique pour que je puisse perdre du poids en même temps qu'un meilleur bien-être de vivre (sans la mauvaise bouffe)

Les mécanismes, les miens, je commence à les travailler, du coup, je suis beaucoup plus à l'aise face à la nourriture, je n'essaie pas de maigrir pour le moment, simplement de me réconcilier avec elle

c'est mon début de cheminement, il sera plus ou moins long, il faudra le temps qu'il faut.....................

Bon courage à toutes

Soleluna.
Ancien abonné

C'est très touchant et intéressant ce que tu écris Tartine. Je suis heureuse pour toi, il semble que tu sois sur le bon chemin, c'est super et ca donne plein d'espoir, cette sérénité qui semble se dégager de ton évolution ! :)

mllelobster.
Abonné

Je suis touchée de lire mes peurs à travers vos mots, et je viens de les écrire dans mon blog.... se mettre en attente, s'enfouir, voire s'anesthésier pour ma part, je ressens que c'est ce que je fais moi aussi quand je mange. Pourquoi? La liste des raisons pourrait être longue, et leur prise de conscience est peut être le début de quelque chose... je sais aussi que le fait de parvenir à un état stable, que je pourrais faire durer sur le long terme (donc être plus à un poids qui serait le mien) m'inquiète, alors que par ailleurs je souffre aussi de ce manque de stabilité... bref que d'ambivalences et de peurs, c'est tellement plus que est-ce que j'ai faim ce midi? Ça m'a parfois découragée pour continuer le programme, mais je pense quand même que m'attaquer à la partie émergée de l'iceberg sera bénéfique!

Pomdereinette.
Abonné

Ma peur est inverse : en perdant ma carapace de kilogs je redoute d'affronter le monde extérieur à nue. Manger me permet d'être une personne patiente, compréhensive, maternante... et dans ma vie et dans mon boulot. A chaque fois que j'ai minci, j'étais à vif, en colère, ulcérée par les injustices et les contresens (surtout au travail).

Mon grand espoir est que les outils proposés me permettent de travailler ma colère, mes émotions, sans pour autant avoir besoin de les ensevelir sous la nourriture. En gros :-) avoir le droit d'être en colère, ou triste, ou ? sans me détruire ou détruire l'autre. Tout un programme !

Soleluna.
Ancien abonné

En lisant tout les posts je me dis qu'il est clair que ce n'est pas de volonté dont il s'agit, ce dont on nous rabat les oreilles depuis toujours !! L'enjeu est bien autre que celui d'avoir la volonté de dire non au choco! Donc on ne manque ni de volonté, ni on est faible. Un grand merci au Docteur Z de l'avoir écrit et dit, ca fait une telle différence :)

Gérard Apfeldorfer ancien
Votre coach

 

 

Bonjour tout le monde !

Elle est vraiment passionnante, cette discussion. Et vous avez bien saisi l’enjeu : ce qui fait peur, bien souvent, c’est la vie elle-même. Parce qu’on s’est longtemps dit que pour le moment, on ne vivait pas vraiment, mais que plus tard, quand on aurait minci, alors, « pour moi la vie va commencer », comme dans la chanson. Mais alors, on va être au pied du mur. Sera-t-on capable ? Il faudra réussir sa vie sentimentale ou professionnelle, devenir sportive, etc. Panique.

Parfois, ce qui pose surtout problème, pour certains, c’est le fait qu’on croit qu’en deçà d’un certain poids, on devient séduisant(e). Le sexe opposé vous regarde avec convoitise. Saura-t-on gérer cette situation ? Si dans l’enfance, on a subi des attouchements ou pire encore, devenir séduisant, est vécu comme se mettre en danger. Ou tout simplement, si on était en surpoids durant son enfance et son adolescence, on n’aura peut-être pas appris comment se comporter face au sexe opposé.

Perdre du poids peut être parfois vu comme une façon de rentrer dans le rang, d’obéir aux injonctions de proches qui insistent pour que vous perdiez du poids. On peut avoir le sentiment qu’on perd son autonomie, qu’on abdique face à eux. Regrossir devient alors un moyen de prouver son autonomie, à ses propres yeux, et aux leurs.

Et puis, comme le fait très justement remarquer Pomdereinette, la nourriture a un effet anesthésiant et on tolère bien des situations grâce aux compulsions alimentaires. Quand on ne peut plus faire appel à la nourriture pour minorer ses émotions, on s’aperçoit qu’on ne sait pas gérer celles-ci. On peut devenir par exemple colérique, agressif, acerbe, critique, alors qu'on était si gentille quand on était grosse. Comme me le disait une patiente: "je ne me plais pas en mince".

Maigrir n’est donc pas juste une affaire alimentaire. Il faut souvent faire des progrès en matière d’affirmation de soi, et dans la gestion de ses émotions.

Pour la gestion des émotions, vous avez largement commencé, avec la PCS : il s’agit d’accepter ses émotions et d’augmenter sa tolérance émotionnelle, sans passer à l’acte. L’acte alimentaire ou l’acte agressif.

Dans la suite du programme, des outils pour vous aider dans ce sens sont prévus, mais lorsque les problèmes sont centraux (comme cela peut par exemple être le cas de personnes ayant subi des attouchements ou des viols dans l’enfance ou l’adolescence) une psychothérapie peut être nécessaire.

Je suis vraiment heureux de voir que vous réfléchissez dans ce sens et que vous percevez ce type d’obstacle. Bonne route !

 

Haut de page 
X