Pleine conscience et tristesse - le 11/01/2012

capuccino
Marraine

Bonsoir,

J'ai repris ma pratique de pleine conscience avec assiduité. A chaque fois et dès le début de l'exercice, quelque soit sa durée, la tristesse apparait dans mon champ de conscience, les larmes sont au bord de mes paupières et parfois les larmes coulent spontanément. En réfléchissant aux 6 mois écoulés et à ce qui s'est passé pendant la PCS, je me rends compte que  seule la tristesse s'impose à moi lors des exercices et les larmes qui vont avec aussi. Je me rends compte aussi que dans certains échanges avec mes proches, lorsque je me sens rejetée,  rabaissée ou oubliée, la tristesse est tout de suite-là et son expression par les larmes également. Malgré tout, je ne crois pas être dépressive et cette tristesse ne ma paralyse pas dans ma vie au quotidien mais c'est un état qui s'impose à moi comme ça brutalement et qui va dispartaitre tout aussi vite qu'il est arrivé. J'ai du mal à comprendre pourquoi je vis cela mais croyez-vous que cette tristesse qui ressurgit de je ne sais où peut-être un frein au respect de mes sensations de faim et de satiété et donc à mon amaigrissement ?  Que puis-je faire pour ne plus me faire surprendre ?

Commentaires

lore.
Abonné

bonjour Capuccino,

je suis touchée par ce que tu dis mais je me demande si ton souhait de ne plus te faire surprendre est compatible avec la méthode qui nous suggère plutôt d'accueillir les émotions, quelles qu'elles soient.

Si tu es envahie par la tristesse dès que tu te mets en situation de détente, et qu'elle disparaît comme elle est venue, donc au cours de l'exercice (si j'ai bien compris ?), c'est peut-être que le simple fait de te donner du temps, de t'écouter, te donne envie de pleurer parce que c'est quelque chose que tu n'as pas eu l'habitude de faire ?La bienveillance, voire  l'amour que tu portes à toi-même dans cette situation  fait peut-être ressurgir par contraste  toutes les fois où te ne te sens pas considérée avec cette bienveillance là  et peut-être qu'il y en a beaucoup.

 Ce n'est qu'une hypothèse, qui prend en compte le fait que tu dis ne pas te sentir dépressive. Sinon, tu peux aussi t'intéresser à cette tristesse pour chercher à comprendre ce qui te rend triste comme ça dans le fond, et qui ne s'exprime que lorsque tu te mets à l'écoute de ce que tu ressens, contrairement au quotidien où tu n'en a certainement pas le temps, comme tout le monde, il faut bien être performant un peu!

bon courage à toi

savylaeti.
Abonné

Bonjour Capuccino

Je suis totalement d'accord avec Lore. Et pour moi, ce que tu racontes est la MEILLEURE preuve que la PCS 'marche' - c'est un espace POUR TOI, pour ressentir ce que tu ne te laisses pas ressentir le reste du temps. D'OU son importance!!! Plus tu le feras, moins tu pleureras, tu verras, car ca te sert de 'puits a tristesse' - c'est là que tu deverses le trop-plein. C'est genial non?! Souviens-toi que presque sans aucun doute, si ne tu ne pleurais pas pdt la PCS, si tu ne faisais pas de PCS donc, la tristesse serait continuellement cachee et tu la cacherais encore plus en.... mangeant.

En tout c'est ma theorie, et c'est mon experience.

J'ai recommence le yoga en septembre 2010 et a presque chaque seance, a la fin pdt la seance de meditation/relaxation, les larmes montaient toutes seules sans prevenir - un peu comme tu decris pour tes seances de RPC, j'ai l'impression, c'est pour cela que je me permets de te repondre! je m'y retrouve completement! - et coulaient et coulaient, et apres pouf, ca s'arretait. Mais qu'est-ce que ca me faisait comme bien!

Dis-moi, dis-nous, ne te sens-tu pas mieux apres une seance de RPC?!

Maintenant au yoga, je ne pleure plus jamais. Tout a ete evacue maintenant.

Encore une fois, c'est mon experience, peut-etre que toi c'est different, mais bon, voila, je me suis dit que peut-etre ca te rassurerait...

Bon courage et surtout continue la RPC! Vive la RPC!!!!!!!!!

isabellej.
Abonné

hello

le fait que la tristesse ressurgisse est justement un bon point pour le respect de tes sensations alimentaires

Si tu n'as pas conscience de cette tristesse hors exercice, on peut supposer qu'elle est  plus ou moins refoulée, ou du moins inconsciente,  et quoi de mieux pour maintenir inconsciente les émotions?   manger sans faim

donc le fait que cela devienne conscient est un bon processus

ensuite il y a l'acceptation, tu as le droit de te sentir triste  ( pas évident pour beaucoup de personnes)

et puis il y a la compréhension...

au bout d'un moment tu sentiras à quoi elle correspond cette tristesse, d'où elle te vient, où prend sa racine ce sentiment de rejet

ça viendra en son temps, en attendant tu peux accueillir en effet cette émotion et lui dire qu'elle a le droit de s'exprimer

Rose-PetitBeurre.
Abonné

Bonjour Capuccino,

 

Tout d'abord, je voulais te remercier pour ta participation et ton engagement sur LC. Tu apportes beaucoup sur les forums et le chat et tu nous montres qu'avec des hauts et des bas, tu restes persévérante dans ton parcours, tu te remets toujours en selle et ça, c'est super pour toi mais c'est aussi précieux pour les autres.

Je trouve ton post hyper touchant. Je ne suis pas encore une grande pratiquante de la PC mais ça m'arrive aussi de ressentir des choses pénibles. L'autre fois, j'ai même fait une sorte de "crise d'angoisse" pendant une séance, j'avais du mal à respirer, les auto-commentaires négatifs arrivaient comme un tsunami... l'horreur !! je suis allée au bout des 10 min en essayant de me calmer, je crois qu'il y avait une partie de moi qui voulait faire face, qui se disait qu'il fallait en passer par là, que ça me serait utile. J'avoue qu'à la fin, j'ai arraché mes écouteurs, j'avais envie de pleurer et de crier en même temps.

Et puis, plus tard, ça allait mieux. C'est vrai que la PC a sans doute agi comme une soupape, ça m'a vidée. Mais, j'ai surtout pris conscience de ce qui n'allait pas et, en fait, c'était des choses assez concrètes liées à ma situation professionnelle, des impératifs que je reportais parce que je me sentais trop nulle, trop bête... Bref, je surdramatisais les événements et je me sous-estimais en même temps. Toujours est-il qu'après cette séance, j'ai trouvé l'énergie de faire les papiers, passer les coups de fils, etc. que je reportais, plein de petites actions toutes bêtes et très concrètes, qui me stressaient mais qu'il fallait que je fasse. Du coup, j'ai avancé sur mes priorités et je me sentais moins stressée. La PC m'a fait comprendre que je pouvais/devais agir pour être mieux.

Pourquoi je raconte ça ? Parce que je pense que ta tristesse n'est pas juste quelque chose que tu dois subir ou éviter. Comme l'avait dit G. Apfeldorfer sur un autre forum, les émotions sont le plus souvent " des tigres de papier" : menaçantes mais inoffensives. Tu as réussi à identifier cette tristesse et comme tu le dis, tu n'es pas dépressive. Tu n'es pas impuissante non plus. Donc maintenant, il faudrait creuser cette tristesse, l'interroger. Quelle est sa ou ses sources ? des personnes qui te blessent ou qui te manquent, des souvenirs, des soucis professionnels, sentimentaux, des complexes... ? La réponse est quelque part en toi.

Des fois, la vie est triste et on ne peut rien y faire, alors on est triste. On ne peut qu'apprendre qu'à tolérer.

Un proverbe chinois que j'adore : "tu ne peux pas empêcher les oiseaux de la tristesse de voler au dessus de ta tête, mais tu peux les empêcher de faire leur nid dans tes cheveux"

 Mais, parfois, et même souvent, on peut agir sur notre vie, changer ce qui nous rend triste pour ne plus être triste. C'est comme la prière des alcoliques anonymes : "Mon dieu, donne-moi le courage d’accepter ce que je ne peux pas changer, la force de changer ce qui peut l’être et la sagesse de distinguer l’un de l’autre"

J'ai l'impression que les émotions et nos sensations nous transmettent un message. Elles ne nous veulent pas de mal. C'est même le contraire : elles nous informent sur ce qui ne va pas et si on les écoutent un peu ( si on s'écoute), elles nous mettent sur la piste pour aller mieux. C'est notre parcours à tous ici... et mon dieu, que c'est dur des fois ! mais je crois qu'on va tous y gagner.

Quand tu auras trouver la source de ta tristesse, alors tu pourras décider de mieux la tolérer ou bien d'agir sur elle. Ne te décourage pas, fais toi confiance, parce que  même si c'est pénible, même si tu ne t'en rends pas compte pour le moment, contrairement à ce que tu crois, tu viens de faire un énorme pas en avant.

Mille bises et plein de couragekiss

capuccino
Marraine

Merci à toutes pour vos messages d'encouragement et votre aide. La route est longue et sineuse nous répètent les Drs A. et Z. mais passionnante. Je rajouterais qu'elle est plus difficile pour certaines que pour d'autres et pour ma part quelques fois je me demande quelle faute je dois expier pour ne pas trouver l'autouroute qui me permettrait d'avancer plus vite vers le chemin de l'équilibre alimentaire.

J'ai beau me creuser la tête, j'avoue ne pas savoir pourquoi ces pleurs.Je suis quelqu'un qui exprime facilement ses colères, sa tristesse, sa joie...alors pourquoi ces larmes ? Pour l'instant c'est un mystère de plus à élucider ou pas mais à vivre en tout cas.

Merci encore à vous.

Chatoyante.
Abonné

Ton épisode me rappelle une copine qui, lors d'une thérapie, se retrouvait souvent à pleurer sans comprendre pourquoi. Cela se trouvait être des tristesses qu'elle ne s'était jamais permis de vivre et qui finalement sortaient des années plus tard.

Je soulàve cette anecdote, car peut-être cela peut t'apporter d'autre piste. Cette tristesse n'est peut-être pas actuelle.

G.Apfeldorfer
Votre coach

 

Nos émotions ont parfois des causes repérables, et parfois non. Ce qui entretient ces émotions, les font rester en nous, nous coller à la peau, ce sont souvent les efforts faits pour s’en débarrasser.

Ils sont de deux ordres :

- Les efforts d’évitement : on essaie de détourner son attention, par exemple en se lançant dans d’autres activités, comme pour s’étourdir. Cela ne fonctionne que temporairement et conduit à l’épuisement. Manger est aussi une forme d’évitement émotionnel. Mais cela génère des émotions secondaires comme la culpabilité et l’anxiété. On n’est pas vraiment gagnant.

- Les efforts de lutte : on discute avec soi-même (ou avec son thérapeute, ou d’autres personnes), on cherche le comment et le pourquoi, on cherche à penser autrement que ce qu’on pense, à ressentir autrement que ce qu’on ressent.

 

Je vous propose une autre approche : celle de l’acceptation des émotions, des pensées, des sensations physiques, qui sont ce qui constitue le moment présent. Cela ne veut bien évidemment pas dire se résigner à rester tel(le) que l’on est. Ce qu’on accepte, ce sont les pensées et les émotions, et parce qu’on ne lutte pas pour les faire partir, parce qu’on ne les entretient pas, alors, elles cuisent en nous, et lorsqu’elles sont cuites, elles se détachent de nous.

C’est ce que dit Thich Nhat Hanh, un bouddhiste franco-vietnamien, dans son livre, "La colère" : les émotions doivent cuire en nous comme les pommes de terre, et comme chacun sait, les pommes de terre ne peuvent pas cuire plus vite que la musique, si j’ose dire. Ah, je l’aime bien, celle-là !

Comment ça cuit, les émotions comme la colère, ou la tristesse ? On reste avec son sentiment, on laisse venir les pensées qui veulent nous visiter, en conservant une distance, sans adhérer à ces pensées. On respire avec l’émotion. Voilà, ça cuit. Ce n’est pas forcément agréable, mais c’est vivable.

Bonne cuisine!

capuccino
Marraine

Merci Dr A. de votre réponse. Je crois que mes 8 années de psychanalyse ont laissé trop de trace en moins pour savoir le comment du parce que; Je vais donc me laisser vivre ses émotions et surtout cette tristesse sans chercher à savoir pourquoi ce la m'arrive. Je découvra aujourd'hui que ça aussi ca entre dans l'ordre du lâcher prise.

Labrador.
Abonné

Bonjour Docteur,

votre image de la cuisson est très intéressante. Elle est un peu différente de ce que j'ai expérimenté.

Quand j'étais ado, j'avais découvert que à force de revivre en pensée, une situation à forte charge émotionnelle, je pouvait "user" la réaction émotionnelle qu'elle générait.

 L'intensité de la réaction était de plus en plus faible et finissait par disparaitre. J'ai régulièrement utilisé cette technique pour me débarrasser de colères ou de peurs.

Il faut juste y penser .... plus simple à dire qu'à faire au quotidien.

 

A bientôt.

carton.
Abonné

Bonjour, je répond à votre post Cappucino, car ça m'interpèle : j'ai vécu la mm chose.  J'ai expérimenté la méditation de pleine conscience pendant un moment. Et souvent (pas systématiquement), je me sentais subitement submergée par une vague de forte émotion :  très très très grande tristesse, et ça finissait par des larmes..... et l'image de ma mère.... ????  (soit-dit en passant, ma maman est tjrs de ce monde, elle va bien, et je m'entends parfaitement avec elle).

Et donc, ce profond sentiment de tristesse-détresse pendant ces moments de lacher-prise m'interpellent.... je n'ai pas plus d'explications.... mais je tenais à vous faire savoir que vous n'êtes pas la seule à avoir expérimenté ce genre de situation............

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