pourquoi cette intolérance aux émotions ? - le 23/03/2012

Pomdereinette.
Abonné

Je ne sais pas si ma question fera beaucoup avancer le schmulblick mais bon, dans la mesure où je me la pose...

J'ai remarqué qu'ici beaucoup de personnes sont d'une exceptionnelle réceptivité au ressenti d'autrui, tout en ayant beaucoup de difficulté à supporter leurs propres émotions (et je me place dans le lot). D'où le recours à la nourriture, pour étouffer ce qui nous insupporte, en-dedans, ou en-dehors.

Je me demandais si l'on naît ainsi, avec une sorte d'empathie supra développée qu'il nous faudrait apprendre à apprivoiser (merci la RPC ! ), ou si cela est dû aux aléas de la vie ?

Et d'ailleurs, est-ce que je me trompe ? Est-ce que le recours à l'alimentation (ou toute autre addiction) est effectivement dûe à cette difficulté, faculté, à s'identifier aux émotions d'autrui ?

Commentaires

izabelle
Animatrice forum

c'est très intéressant ce que tu décris là

si je puis donner mon expérience, je suis tellement hyperempathique que je ne peux pas voir pleurer quelqu'un (sincèrement ou un très bon acteur), sans pleurer également

Cependant, j'ai tout de même l'impression que les émotions que je cherche à éviter en mangeant, ce ne sont pas tellement celles-là, mais plutôt vraiment les miennes, et surtout celles que je n'accepte pas  (à tel point que certaines je n'en ai même plus conscience)

celles de autres, je les ressens, certes, mais ça ne me provoque pas d'EME, alors que celles que je ne veux pas voir en moi...  mamma mia!

et c'est peut-être même lié au fait que nous, personnes hyper-empathiques, avons du mal à accepter d'être en colère, d'être orgueilleux, d'être mesquin, d'être envieux ou je ne sais quoi encore....  enfin je ne sais pas, c'est  à creuser....

Constance.
Abonné

Effectivement !

Je crois que nous sommes beaucoup dans ce cas là ici.

Personnellement, je vis la vie de mes amies à cent à l'heure (j'ai le sourire aux lèvres une journée si l'une est heureuse, j'ai du mal à dormir si l'une à des problèmes etc.) mais moi je ne ressens rien ! Et pourtant, je ne suis pas un moine bouddhiste ! Ce n'est pas normal, quand même !

Dans ma famille, plusieurs personnes sont comme ça, alors je me dis que c'est peut-être génétique, peut-être hormonal ... 

A creuser !

caroluju.
Abonné

Je trouve également que toutes les personnes rencontrées par post sont particulièrement bienveillantes et attentives par rapport aux autres.

Le forum est très très policé en comparaison à bien d'autres où les noms d'oiseaux fusent !

Je suis également douée d'une forte empathie et aussi perfectionniste et je crois que là est mon problème.

Je ne sais pas encore pourquoi je suis devenue hyperfage mais j'ai le sentiment qu'une hypersenbilité n'y est pas pour rien...

Babou.
Abonné

J'ai souvent entendu pour ma part que c'est la volonté de contrôler ses émotions qui pousse à manger, mais ses émotions propres vis à vis de soi même.  Perso, c'est vrai que l'histoire des autres me touche, comme une éponge j'absorbe sans difficulté les joies et peines des autres. Quelqu'un rit je ris, pleure, les larmes coulent. Je ne sais pas si je suis hyper empathique, mais je sais que j'ai une sacré dose d'émotivité,  Mais c'est comme si je ne devais pas m'autoriser moi à avoir certaines pensées, certaines émotions. Et là je rejoins Caroluju. A y penser et comme disait une fois une spécialiste des troubles du comportement alimentaire, je suis très dure avec moi-même, et à l'instant où j'ai dit quelque chose, je me dis parfois ai-je eu raison de le dire, l'ai-je bien dit, que vont-ils penser??

Qu'est ce qui fait que les femmes minces le restent et nous pas?? Elles contrôlent leur alimentation et prennent la vie comme elle vient pour le reste? Et moi je fais le contraire.

calico.
Abonné

Hello pomdereinette,

ce forum n'est pas représentatif de tous les Linecoachés. Ce n'est que la pointe de l'iceberg. de là à tirer des généralités....

Il est vrai que la qualité de bienveillance qui transparait dans la plupart des posts fait du bien.

A lire ce qui se dit ainsi que les réponses des dr Aet Z sur les chats, je crois que toute personne en restriction cognitive est en bagarre avec ses émotions qu'elle soit hyperempathiqueou non. La difficulté est d'autant plus grande que l'on est hypersensible. On est d'autant plus défendu par rapport à ses propres ressentis et émotions.

A trop vouloir faire le bien et sauver le monde on se surcharge, on fablit et on craque. On peut ensuite se consoler avec de la nourriture. C'est peut-être déjà un lien entre émotions et nourriture. il y en a d'autres.

J'ai lu sur le chat de mercredi passé une question en rapport avec la surdouance et la réponse du Dr A traite de l'hyperémotivité. Va voir.

tamar.
Abonné

Je crois que nous sommes très sensibles les unes aux autres uniquement parce que nous avons une souffrance commune qui n'est pas reconnue comme telle par l'ensemble de la population, donc ça nous crée un peu des liens de famille. C'est comme ça dans n'importe quel clan. Mais je ne crois pas que ça ait beaucoup à voir avec les problèmes individuels des unes et des autres, qui sont dans le détail très différents, en fait.

lorraine
Marraine

Cette discussion autour de l'empathie m'inspire bien.

Pour apporter ma petite pierre à l'édifice , rapidement et en vrac,  à partir de ma propre expérience d'enfant et  d'adulte,  je pose les hypothèses suivantes :

- Adulte, on est empathique envers les autres parce qu'on en a cruellement manqué enfant (on répare ce qu'on a pas eu) Je crois me souvenir que dans un de ses livres le Dr A. évoque le manque d'empathie -à l'égard de leurs enfants/filles - chez un certain nombre de mères de personnes en surpoids

- Adulte, on est empathique parce que on l'est depuis notre plus jeune âge : on était en posture ou en obligation de toujours comprendre les autres et "de les faire passer" avant nos souhaits et donc de s'oublier soi même

- Adulte, on se préoccupe des problèmes des autres et pas des nôtres parce que c'est un mode de fonctionnement , le seul, qu'on connaît depuis toujours

- Adulte, on se préoccupe plus des problèmes des autres que des nôtres cela donne un sentiment de supériorité ou de normalité par rapport  à ces  autres (cela cache un manque d'estime de soi)

-Adulte, plus se préoccuper des autres que de soi même  peut être arrangeant -sécurisant- pour notre tranquilité psychique ("on ne va pas commencer à remuer nos états d'âme, ça va être pire que tout")

- Adulte, on évite nos émotions parce on a pas appris à le faire ou parce que enfant ces émotions ont été niées par nos parents. On ne sait tout simplement pas qu'on a des émotions et encore moins lesquelles, en tous les cas on est pas intime avec elles; on a juste une espèce d'impression diffuse de mal être.

Et aussi,

- Etre empathique avec les autres n'empêche pas une certaine distanciation c'est à dire savoir se différencier des autres. "Ses problèmes ne sont pas les miens". "Je ne suis pas l'autre' (fusion sans séparation). D'ailleurs si on veut être aidant envers l'autre vaut mieux lui laisser ses soucis pour pouvoir mieux l'écouter et ne pas faire des amalgames avec les nôtres

petite marie.
Abonné

bonsoir Lorraine,

j'avais envie de dire ce que pensais de ce sujet sans avoir le courage de rédiger un post...

et ton message dit tout ce que je voulais dire et même des petites choses en plus, et en plus il le dit mieux que je ne l'aurais fait....

je partage ton point de vue totalement

petite marie

G.Apfeldorfer
Votre coach

 

Bonjour pomdereinette,

C’est amusant, votre question. C’est amusant que vous vous soyez appelée pommedereinette, aussi. Parce que ça nous fait deux points communs (apfel = pomme, pour ceux qui n’ont pas fait allemand en seconde langue au collège/lycée)

Le second point commun est votre remarque sur la grande empathie de certaines personnes en difficulté avec leur poids et leur comportement alimentaire. Dans un livre déjà bien ancien (Je mange donc je suis, Payot, 1991) j’avais développé la thèse de l’hyperempathie chez ces personnes, reprise en partie dans d’autres livres par la suite.

Effectivement, cet oubli de soi, de son intériorité, cette surdité plus ou moins organisée en ce qui concerne ses propres émotions et pensées, et cette attention centrée sur le monde extérieur, les autres, prédisposent aux addictions comportementales, et en particulier aux troubles du comportement alimentaire. Pourquoi est-on sourd à son soi-même ? Pour éviter des émotions et pensées pénibles. Pourquoi est-on tant à l’écoute des autres, du monde extérieur ? Parfois pour remplir le vide ainsi créé. Ou bien parce que soi-même, on est « pas intéressant », et qu’on croit que seuls les autres le sont. Ou encore, parce que les circonstances de la vie nous ont obligé à développer un talent empathique pour survivre (c’est le cas d’enfants ayant eu des parents en difficulté, ou bien des parents négligents et sans empathie). Pourquoi mange-t-on ? Pour éviter le vide intérieur assourdissant, pour se couper de l’envahissement par les autres.

Les remarques de lorraine sur l’empathie sont très pertinentes et complètent bien ce que je viens de dire.

lorraine
Marraine

MERCI BEAUCOUP POUR LES COMPLIMENTS , CA ME VA DROIT AU COEUR

Soleluna
Abonné

Bonjour à toutes et tous,

intéressant cet échange. D'autant que pour moi c'était l'inverse, j'ai toujours pensé que le fait d'avoir été grosse depuis toute petite avait développé mon empathie. A savoir que l'empathie était une conséquence de mon surpoids et non l'inverse ; parce que j'avais développé plus de tolérance face aux autres, à l'apparence, aux souffrances, puisque j'étais familière des miennes. Et j'ai toujours pensé du coup que ce surpoids avait était une bonne chose, du moins sur ce point là, presque comme une reconnaissance. Biensur j'ai bien conscience aussi que se cachait là une manière de me faire aimer certainement, accepter etc. Tout cela est vrai. Mais je sais aussi que j'ai appris à voir autrement et à écouter. Bon du coup je cogite. Ce qui est pas mal, merci :)

Nanna.
Abonné

Personnellemnt je ne laisse jamais entre voir mes emotions je les cache (même à ma mère, mes amis). J'ai horreur de confier mes problèmes ayant l'impression de me pleindre sur des sujets dérisoires par rapport aux vrais problèmes qu'ont certaines personnes. Du coup trop manger est peut être la seule solution que j'ai trouvé pour m'exprimer. Mais je pense pas que ce soit une origine génétique mais plutôt sociale, d'éducation (c'est rare quand on se confie dans ma famille, je fais simplement comme eux).

chaussette.
Abonné

personnellement je pense que les personnes en surpoid s'oublie.

moi je voudrais parfois passer inapercu donc l'empatie que j'ai envers les autres evitent les questions sur moi. sur ce que je ressent au font de moi, chose que je dit rarement quand je suis triste en colère etc....

je préfère me consacre aux autres.

et il est bien plus simple de s'occuper des autres que de soit même n'est pas?

au font de moi j'aimerais que certaines personnes est autant de compassion et d'empathie pour moi quand je vais pas bien, mais moi je n'arrive pas a en avoir pour moi même.

je ne sais pas si je me trompe mais je pense que beaucoup sont dans mon cas il est plus facile d'en avoir pour les autres que pour soi même.

et s'est aussi s'ouvrire au autres choses trés difficile pour moi (peur d'être déçu, trahi,etc...)

Pomdereinette.
Abonné

Merci à tous pour vos réponses, oh combien passionnantes et instructives.

En vous lisant, j'ai réalisé que je m'axais sur le passé, sans vouloir voir les "bénéfices secondaires" au présent. Qu'entre autre "manger ses émotions", les refouler, crée un vide. Que je compense ce vide en m'occupant d'autrui. Et que m'occuper d'autrui me renvoi plus encore à mon propre vide.

Pfff... vertigineux.

En tous cas, poser une question en vaut toujours la peine !

Linda.
Abonné

Bonjour,

J'ai une question pour celles et ceux qui ont participé à ce fil.

Savez vous d'où vous vient l'idée que les autres sont toujours plus importants que vous mêmes, que ce qu'ils ressentent est digne d'intérêt et que ce que vous ressentez est dérisoire ?

Pensez vous que cela vous est venu tout seul ou qu'une ou plusieurs personnes ont pu, par leurs paroles et leur comportement vous amener à penser de cette façon ?

Bon courage à tous et à toutes

lorraine
Marraine

"J'ai une question pour celles et ceux qui ont participé à ce fil.

Savez vous d'où vous vient l'idée que les autres sont toujours plus importants que vous mêmes, que ce qu'ils ressentent est digne d'intérêt et que ce que vous ressentez est dérisoire ?

Pensez vous que cela vous est venu tout seul ou qu'une ou plusieurs personnes ont pu, par leurs paroles et leur comportement vous amener à penser de cette façon ?"

 

Linda, ces questions là tu nous les poses parce que :

- 1 -  tu as les réponses et tu veux nous en faire profiter ?

- 2 - tu ne les as pas et tu veux bénéficier de nos réponses ?

- 3 - Tu dis "tu" mais c'est "je" que tu pensais....?

Allez,je choisis  la - 2 - et je te réponds :

En ce qui me concerne :

- Ce qui est sûr c'est que ce manque d'estime de soi et ce manque d'importance qu'on s'accorde parfois (toujours ?)trouve dans sa source dans l'enfance.

2ième fille dans une fratrie de 3 = ma soeur aînée handicapée et mon frère 7 ans de moins que moi et garçon parmi 2 filles........= ."Oui mais ta soeur, Oui mais ton frère....." etc  leitmotiv perpétuel par mes parents

Le jour où j'ai eu mon BEP : très fière de moi, je l'annonce à ma mère qui en réponse me dit "Oui mais ton cousin (né 3 heures avant moi chez mes grands parents comme moi) lui ne l'a pas eu...

Des paroles comme ça, j'en ai entendu à longueur de journée jusqu'à mes 18 ans année où je suis partie. Je les entends toujours mais moins forcément et maintenant ma mère se méfie, j'ai plus de répondant

 

- J'ai réalisé aussi à quel point je me suis pris -par culpabilité ?- les responsabilités des autres . Normalement, les adultes ne devraient pas laisser les enfants dans leurs croyances MAIS......

Exemple : un jour de mes 8 ans que mon père (problème d'alccolisme++) a nettoyé le poële à mazout tout le mazout s'est retrouvé sur le sol de la cuisine . Affreux. J'ai aidé à nettoyer comme j'ai pu Quand ma mère est rentrée du travail s'arranchant les cheveux en vociférant des propos affreusement humiliants pour mon père j'ai dit "j'aurai pas du le laisser faire" à quoi elle m'a répondu vivement "ben oui, où t'étais ?" J'ai alors proposé de sortir jouer dehors avec mon petit frère de 1 an pour qu'elle puisse nettoyer.....et que mon frère ne "baigne pas" dans cette ambiance

ETC ETC.......Je pourrai en faire un livre mais c'est du passé depuis l'eau a coulé sous le pont....J'ai grandi, je me suis soignée, réparée etcetc Finalement c'est aussi grâce  (ou  cause ) de tout ça que je suis devenue ce que je suis....Et ça va plutôt bien.

Mais c'est sûr qu'il y a des blessures dont on ne se débarrasse pas comme ça.....Desfois on les calme avec de la nourriture !!!!!

Linda.
Abonné

Merci Lorraine pour ta réponse.

Je n'ai malheureusement pas de réponse toute faite à ma question, je cherche à savoir si on nait comme ça ou si c'est un résultat de l'éducation ou d'autres relations entre personnes.

Si on part du principe qu'on essuie tous pendant l'enfance des remarques pas sympa de nos parents alors peut être sommes nous tout simplement plus sensibles. Mais peut être en avons nous eu plus que notre part et alors n'importe quelle personne aurait suivi notre chemin dans les mêmes conditions. Ca m'ennuie toujours de rejeter la faute sur les autres mais si tel est bien le cas pourquoi s'en priver ...

En tout cas on a une chose en commun, on est parti de chez nos parents à 18 ans. Parce qu'on ne s'y sentait pas bien. Je voulais simplement savoir si cette expérience pas terrible de l'enfance et de l'adolescence était quelque chose de répendu chez les gens qui finissent avec des problèmes de comportement alimentaire lié aux émotions. Est ce qu'on ne finit pas comme ça quand la nourriture est la seule chose positive qu'on n'ait jamais reçu de nos parents ?

lorraine
Marraine

Linda, WOUAH T'as vraiment des "grandes" questions.....

Les docteurs ont réfléchi  à ces questions  et probablement t' apporteront-ils des éléments de réponses, en plus t'es vraiment au bon endroit .

 

 

Ce que je sais c'est qu'il y a plein de réponses possibles aux trop plein d'émotions liées à des enfances difficiles, des fois des adictions à la drogue ou à l'alccol etc ..Et tout dépend aussi ce qu'on appelle enfance difficile...Une enfance difficile ne se limite pas à quelques remarques déplacées de la part de nos parents

Ce que je sais aussi c'est que l'éducation et notre environnement jouent un rôle important dans les adultes que nous devenons, Mais tout n'est pas figé...Le changement, si on s'en donne les moyens, est possible

Tu peux te promener aussi sur le forum et lire les nombreux posts; tu auras aussi des réponses aux questions que tu te poses.

A une période de ma vie, j'avais multitude questions et "remous intérieurs" J'ai fait une psychothérapie et j'ai compris plein plein de choses.....y compris le rapport à la nourriture à la maison (les aspects constructifs et ceux plus pernicieux)

 

 

Bonne continuation

 

Nikaia.
Abonné

Linda

Déjà je suis à peu près sure qu'on ne "nait" pas comme ça ... je doute qu'il y ait un "gène de l'estime de soi" qui fait qu'on ait ou aps de l'estime pour soit ... La preuve, on peut très bien inverser la tendance (dans un sens ou dans l'autre) avec une psychothérapie (ou un travail sur soi d'une manière générale)

il y a beaucoup de facteur environnementaux, pas au sens écologique du terme mais au sens "tout ce qui nous entoure" : la famille, les amis, les profs, nous mêmes, l'éducation/les valeurs (les religions, la culture), les évènements de la vie, les accidents de la vie... (bref tout ce qui nous a construit au fil des années ) qui vont faire que nous allons développer une forte/faible estime de soi ..mais surlequel on peut toujours travailler à l'age adulte...

Evidemment beaucoup se joue à l'enfance et à l'adolescence mais pas que!!  vous avez tous entendus parler des "pervers narcissiques" qui sont capables de litteralement détruire petit à petit par un travail de sape régulier et constant les personnes les plus équilibrée...

Il y a rarement une seule personne responsable (sauf en cas de pervers narcissique) et rejeter la faute sur les autres n'aide pas à avancer ... 

Pour reprendre ton dernier paragraphe .. je me suis toujours sentie très bien chez mes parents que j'adore toujours.. j'ai eu une enfance très heureuse, une scolarité très réussie et je manquais complètement de confiance en moi malgré tout ... mais je travaille dessus et je commence à changer ça doucement ...

bon courage

Nikaia

Ederl.
Ancien abonné

"Savez vous d'où vous vient l'idée que les autres sont toujours plus importants que vous mêmes, que ce qu'ils ressentent est digne d'intérêt et que ce que vous ressentez est dérisoire ?

Pensez vous que cela vous est venu tout seul ou qu'une ou plusieurs personnes ont pu, par leurs paroles et leur comportement vous amener à penser de cette façon ?"

Pour ma part j'ai appris que les autres étaient plus importants que moi trés tôt, disons qu'on m'a oublié et que j'ai fait la même chose je me suis oubliée, parce que surtout quand on est enfant, on n'a pas les clefs pour comprendre certaine chose et du coup on suit le mouvement impulsé par telle où telle raison, pour ma part c'est donc une grosse blessure qui m'a emmené a fonctionner comme ça et ce n'est qu'à l'âge adulte que j'ai pu en prendre conscience. Les dommages collatéraux se sont allourdis au fur et à mesure du temps, et une mauvaise rencontre m'a fait encore retardé ma prise de conscience. L'hyper hempathie est surement une solution (précaire) pour se protéger et continuer à vivre, comme dit A il faut arriver a être mince dans sa tête c'est à dire ne plus s'oublier. Comme les shémas se répètent et rejettent ceux qui ne sont pas dans le cadre, c'est trés normatif tout ça, alors si on ne veut pas de nous, la meilleure solution c'est d'être les autres et de s'annuler complétement. En prendre conscience est déjà un grand pas et tout ça n'est heureusement pas définitif.

Linda.
Abonné

Merci à tous pour vos réponses, elles sont très intéressantes. Je ne sais pas si je me pose de "GRANDES" questions et je ne pense pas non plus plus avoir eu une enfance difficile mais c'était pas terrible. Je crois que moi aussi on m'a oubliée ...

G.Apfeldorfer
Votre coach

 

Linda : je cherche à savoir si on nait comme ça ou si c'est un résultat de l'éducation ou d'autres relations entre personnes.

Votre question est effectivement pertinente, et il n'est pas si facile d'y répondre.

Dans les années 1970, deux chercheurs américains, Stanley Schachter et Judith Rodin, ont proposé la théorie de l’externalité. Certains individus, dits « externalistes », seraient peu sensibles aux signaux internes, provenant de leur organisme, et très sensibles aux signaux externes, en provenance de leur environnement. Ils ne mangeraient pas poussés par la faim, signal interne, mais stimulés par la présence d’aliments appétissants et tentateurs. Dans un environnement riche en aliments bons au goût, les externalistes seraient conduits à manger plus que la moyenne. Comme c’est le propre de nos sociétés que d’offrir en permanence une infinité d’aliments tentateurs aisément disponibles, les externalistes occidentaux ne peuvent qu’être hyperphages et obèses. On imagine combien cette théorie a pu paraître à l'époque extrêmement séduisante!

Diverses expériences de laboratoire furent conduites, mettant en évidence le fait que, chez les externalistes, l’hypersensibilité au monde extérieur et le peu de sensibilité aux signaux en provenance de l’organisme débordent le domaine de l’alimentation. Ainsi, l’externaliste montre une plus grande réceptivité au monde : il fait preuve de capacités d’observation supérieures à la moyenne et est capable de mémoriser plus d’informations dans son environnement en un temps donné. À l’inverse, cette réceptivité exacerbée nuit à son efficacité lorsque des stimuli perturbateurs viennent le distraire de sa tâche : la chute de ses performances est alors plus importante que la moyenne. Inversement, moins à l’écoute de ses sensations internes, il évalue difficilement non seulement les sensations de faim et de satiété, mais aussi l’écoulement du temps, se trompe plus volontiers dans l’appréciation subjective de l’intensité des sensations douloureuses.

Bon nombre de traitements de l’obésité d’orientation comportementale se sont réclamées de cette théorie. Mais les vérifications expérimentales se révélèrent en fait des plus décevantes : on se rendit tout d’abord compte que bien des hyperphages obèses n’étaient pas particulièrement externalistes. Ensuite, la séparation effectuée entre signaux internes et externes est apparue rapidement comme artificielle tant ces signaux sont, en réalité, intriqués. Par exemple, la vue d’un gâteau au chocolat, signal externe, déclenche toute une série de réactions hormonales et neuro-hormonales dont l’intensité dépend de l’anticipation du plaisir que nous comptons prendre à manger ce gâteau. La théorie de Schachter est donc abandonnée, mais la tendance externaliste continue à être mesurée dans différents tests psychologiques portant sur le comportement alimentaire.

En fait, on conçoit aujourd’hui cette externalité comme une façon d’éviter les pensées et émotions pénibles, d'éviter une conscience de soi particulièrement douloureuse. On se centre sur l’extérieur pour ne pas avoir à se confronter avec son intériorité. Les personnes ayant une piètre image d’elles-mêmes et particulièrement insatisfaites de leurs apparence corporelle s’en détournent et se centrent là encore sur le monde extérieur.

Pour en revenir à l’hyperempathie, celle-ci peut néanmoins être favorisée par une plus grande sensibilité générale, tenant à un profil de personnalité qu’on sait aujourd’hui pouvoir être en partie inné. Mais je dirais que, majoritairement, cette hyperempathie procède de notre histoire personnelle.

Quoi qu'il en soit, pourquoi vouloir chercher à tout prix un responsable? Y a-t-il une faute, une sorte de péché originel, qui serait à l'origine de ces problèmes, de cet oubli de soi au profit des autres, de ce recours à la nourriture pour se protéger d'émotions pénibles? Pourquoi ne pas considérer plutôt que, maintenant, c'est ainsi que l'on fonctionne, mais que, en travaillant sur soi, on va pouvoir progresser et modifier cette tendance?

Rien n'est inscrit dans le marbre! Même les caractéristiques d'ordre génétique sont aménageables, comme le montrent par exemple les derniers travaux portant sur l'épigénétique. Alors, ne cherchez pas de reponsable, ni vous ni d'autres, et sachez que votre vie vous appartient, que vous pouvez aller jusqu'au bout de vous-même!

Soleluna
Abonné

[quote=G.Apfeldorfer]

Quoi qu'il en soit, pourquoi vouloir chercher à tout prix un responsable? Y a-t-il une faute, une sorte de péché originel, qui serait à l'origine de ces problèmes, de cet oubli de soi au profit des autres, de ce recours à la nourriture pour se protéger d'émotions pénibles? Pourquoi ne pas considérer plutôt que, maintenant, c'est ainsi que l'on fonctionne, mais que, en travaillant sur soi, on va pouvoir progresser et modifier cette tendance?

Rien n'est inscrit dans le marbre! Même les caractéristiques d'ordre génétique sont aménageables, comme le montrent par exemple les derniers travaux portant sur l'épigénétique. Alors, ne cherchez pas de reponsable, ni vous ni d'autres, et sachez que votre vie vous appartient, que vous pouvez aller jusqu'au bout de vous-même!

[/quote]

Cher docteur,

merci pour ce long message qui m'a beaucoup touchée, j'en ai les larmes aux yeux... Pourquoi chercher à tout prix un responsable ? Peut-être en raison de la culpabilité que l'on se trimballe, tous et toutes, fort probablement. Pour ma part, aussi loin que je puisse me souvenir (mes 5 ans je crois) il y a une blouse blanche qui me terrorise et me fait sentir une moins que rien et m'explique ce n'est pas bien, que c'est ma faute, ma faute, ma faute... Et moi je suis petite et je me sens encore plus petite...
Mais vous avez raison, les choses sont ce qu'elles sont. Il faut les regarder, les accepter, sans doute les caliner, leur donner de l'amour et se dire qu'aujourd'hui c'est ainsi et que peut-être après demain ce sera un peu moins ainsi, un peu différent, et un jour encore plus...
Amitiés

Mais
 

Pomdereinette.
Abonné

Aimer l'enfant que nous avons été, faire la paix avec son passé. Que c'est difficile...

Comme cesser d'en vouloir à tous ceux qui nous ont villipendés, montré du doigt, critiqué...

Et pourtant, que d'énergie alors récupérée pour enfin vivre au présent !

Soleluna
Abonné

[quote=Pomdereinette]

Aimer l'enfant que nous avons été, faire la paix avec son passé. Que c'est difficile...

Comme cesser d'en vouloir à tous ceux qui nous ont villipendés, montré du doigt, critiqué...

Et pourtant, que d'énergie alors récupérée pour enfin vivre au présent !

[/quote]

Tu as raison Pomdereinette : que d'énergie alors récupérée pour enfin vivre au présent ! :)))

choco12.
Abonné
Pomdereinette a écrit :

Aimer l'enfant que nous avons été, faire la paix avec son passé. Que c'est difficile...

Comme cesser d'en vouloir à tous ceux qui nous ont villipendés, montré du doigt, critiqué...

Et pourtant, que d'énergie alors récupérée pour enfin vivre au présent !

 

Oh oui, que c'est difficile... Pourtant je pense que vous avez entièrement raison et qu'il faut accepter d'avoir été cet enfant, heureux ou malheureux, et accepter aussi d'être maintenant un adulte différent, qui porte un bagage plus ou moins lourd, mais qui n'est pas seulement le futur de cet enfant mais surtout le présent de cet adulte.

(bon, je ne sais pas si c'est très clair mon histoire ;-)) )

Donc, ce que j'en conclue c'est qu'il faut vivre au présent en tentant de poser les bagages de cet enfant qui n'est plus....

Pour ma part, je pense en avoir posé une partie il ya 18 mois en coupant les ponts avec une mère "toxique". seulement ce n'est pas si simple de tout poser et d'oublier. Il faut y consacrer du temps et de l'énergie pour réussir à poser tout cela et se reconstruire autrement, en tant qu'adulte et "bonne" personne.

Je continue d'y réfléchir.

Merci à vous tous pour tous vos posts qui m'aident, si ce n'est à trouver, du moins à chercher les bonnes réponses...

choco12

Anonyme

Votre fil est très interessant à lire. Personnelement, je ne me sens pas digne d'interêt et j'ai très peu d'amis. Je ne sais pas si les deux peuvent être en lien. J'ai souvent un vide intérieur qui me pousse à manger. Et ce vide fait aussi écho à ce que vous Docteur Apfeldorfer dites sur l'enfant que nous étions. J'ai eu une mère qui ne s'interessait pas à moi ni à ce uq eje faisait et je crois que je découvre là une des clés de mes complusions. D'ailleurs, depuis plusieurs mois je n'existe plus pour elle. Mais je ne parviens pas à "accepter" cette enfance.

Je ne me sens si peu digne d'intérêt que je culpabilise à ne rien faire. Je suis seule à élever ma fille et je ne trouve pas de travail et je n'arrive pas à "m'accorder" des temps de pause même si je suis fatiguée. Si le ménage n'est pas terminé je culpabilise et me dis que je ne suis pas capable de bien faire les choses.

Pour parler d'empathie, je suis une éponge à sentiments. J'ai des certitudes qui changent tout le temps. Même en ce qui concerne les relations amoureuses je suis aussi pleine d'empathie. Il m'est arrivé plusieurs fois de refuser les avances de quelqu'un et de toujours m'en vouloir. Je sais que c'est stupide mais c'est comme si je faisais du mal aux gens. D'ailleurs, quand je gronde ma fille ( qui a 15 mois), il m'arrive d'être au bord des larmes parce que ça me mets mal à l'aise et me fait culpabiliser.

Ederl.
Ancien abonné

Salut Eileen

C'est trés important que tu te rendes compte de tout ça...tout le monde est digne d'interêt, je travaille dessus depuis un petit moment et les choses évoluent pas mal, je suis une psychotérapie et en parallèle je m'interesse à tout ce qui pourrait m'aider, c'est un travail quotidien sur sois et il faut avoir les clefs, ici c'est entre autres la pleine conscience qui fait prendre du recul sur nos émotions, il y a aussi les livres de Christophe André, notamment "imparfaits, libres et heureux", l'estime de sois y est abordé sous plusieurs angles et c'est trés interessant, quand on a un passé douloureux, on est souvent ébranlé dans notre rapport à sois et au monde, je pense que comprendre c'est le point de départ d'un long cheminement vers sois et les autres, on est pas sur cette terre seulement pour survivre mais pour vivre avec, comme un oiseau, la plus grande envergure possible...

Anonyme

Bonjour Ederl,

merci pour ta réponse. J'aime beaucoup l'image de l'oiseau. Je crois que je vais la méditer :).

Je trouve aussi que la pleine conscience est un formidable outil. D'ailleurs, je suis beaucoup moins impulsive depuis le début du programme. Je me pose pour réfléchir et prendre les bonnes solutions. C'est déjà ça.

Merci pour la référence au livre de Christophe André, je vais essayer de voir si je le trouve.

Je vois un psychiatre (depuis le décès de mon fils), mais je suis une vraie huitre, qui se referme dès que l'on touche à ses sentiments. Le fait de parler ici, sur les formus, de nos malaises est une formidable aide.

Ederl.
Ancien abonné

salut Eileen,

De rien, je crois que le temps est aussi une précieuse aide surtout quand on a vécu des traumatismes, qui va piano va sano:), j'ai vécu des choses dures, et les premiers temps impossible de remonter à la surface, submergée par mes émotions mais ensuite juste en me rassurant, genre "cool, vas-y cool",j'ai commencé à revivre. En fait à chaque étape de cette reconstruction je me trouve des petites choses à me dire pour avancer.

En ce moment je me dis qu'il faut que je pense à moi, car en général je priviligie les autres, donc j'essaie de plus me prendre en compte.

J'ai analysé quelque chose aussi dans mes relations amoureuses qui pourrait s'appeler "mieux vaut l'autre que sois" c'est à dire que je cherche quelque chose de fusionnel qui me soulagerais de mes souffrances, les oublier pour un temps en se noyant dans l'autre et ne vivre que pour l'autre, bonne façon de ne plus rien ressentir sauf que c'est aller droit contre un mur, alors PC, apprendre à prendre de la distance avec ses souffrances, de toute façon je n'ai pas le choix, elles sont en moi et faut faire avec.

Je te souhaite du courage et à bientôt.

un petit extrait de léo férré :

Parole de Comme à Ostende:
On voyait les chevaux d'la mer
Qui fonçaient la têt' la première
Et qui fracassaient leur crinière
Devant le casino désert
La barmaid avait dix-huit ans
Et moi qui suis vieux comm' l'hiver
Au lieu d'me noyer dans un verr'
Je m'suis baladé dans l'printemps
De ses yeux taillés en amande
Ni gris ni verts, ni gris ni verts
Comme à Ostende et comm' partout
Quand sur la ville tombe la pluie
Et qu'on s'demande si c'est utile
Et puis surtout si ça vaut l'coup
Si ça vaut l'coup d'vivre sa vie.........

 

//www.youtube.com/watch?v=3jHw0M2mgJA

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