Pratique de la PC et cogitation - le 10/02/2012

FloD75.
Abonné

 

Bonjour,

J'ai un problème lorsque je fais une séance de méditation : il m'arrive, alors même que j'ai l'impression d'être concentrée sur ma respiration, d'avoir des pensées, qui ne sont ni positives, ni négatives, ni des jugements sur moi ou des émotions mais des pensées uniquement relatives à l'exercice de méditation en pleine conscience lui-même. Par exemple : "me serait-il plus facile pour me concentrer de sentir une odeur", "est-ce que le but de l'exercice est d'arriver à avoir l'esprit vide" "que vais-je écrire sur le forum à propos de mon expérience de la pleine conscience alors que je n'arrête pas de penser à la pleine conscience"?

Vous voyez le genre ?  J'ai l'impression de faire 2 choses à la fois, or je pense que l'on ne peut à la fois être centré sur sa respiration et réfléchir.

En revanche, si cela n'a pas de rapport avec l'exercice j'arrive (enfin tout est relatif !) à observer mes pensées, les laisser passer et me recentrer sur ma respiration.

C'est très perturbant, du coup je ne sais pas si je fais l'exercice correctement, bon il est vrai que je suis du genre à me poser beaucoup de questions !

Pouvez-vous m'aider par vos remarques judicieuses ? Est-ce que cela vous arrive également ?

Cdt,

Flo

Commentaires

isabellej.
Abonné

tout le temps pour ma part !!!!

j'avais posé une question similaire, je te note ici la réponse de JPZ

 

 

 

[quote=jpzermati]

Quant à votre expérience de la RPC, elle est très intéressante. Vous découvrez les capacités de notre esprit à englober plusieurs phénomènes en même temps. En même temps que vous observez votre respiration, votre cerveau émet des pensées automatiques dont vous prenez également conscience. En fait, vous pouvez contrôler l'attention que vous mettez sur votre respiration mais vous ne pouvez pas contrôler les pensées automatiques produites par votre cerveau. Vous pouvez seulement en prendre conscience. Ainsi que la perplexité dans laquelle cela vous plonge et les sensations d'inconfort qui en résultent.

Il suffit d'observer et d'accueillir sans jugement tout ce qui traverse votre champ mental. C'est simplement ça la pleine conscience.

 A très bientôt.

[/quote]

sagattine.
Abonné

Malheureusement Flo je ne vais pas vraiment pouvoir t'aider, mais ça m'arrive aussi! En fait je n'ai que très rarement de pensées positives ou négatives pendant la RPC, simplement des pensées qui tournent en fond alors même que je suis concentrée sur ma respiration, et qui ont à voir avec la RPC ou pas. J'ai du mal à accueillir ces pensées parce qu'elles sont neutres (comment accueillir avec curiosité et bienveillance le fait de me dire que le métro tangue un peu ce matin?!).

En tout cas je suis preneuse de solutions!

Chatoyante.
Abonné

Il y a une phrase de je sais plus qui que j'ai retenue :

"il y a deux choses qu'un être humain ne peux s'empêcher de faire : respirer et penser".

Alors jusqu'ici tout est normal. Je me souviens avoir lu les docteurs dire que le but n'est pas d'empêcher les pensées. Sans doute parce que c'est impossible...

Alors quand j'ai ce genre de pensées neutres, je ne me pose plus de question... je constate simplement qu'elles sont là, je les regarde passer tout simplement.

M'enfin, je ne sais pas si ce que je vous dis peut vous être d'une quelconque utilité...

G.Apfeldorfer
Votre coach

Bonjour floD75 et les autres !

Nos processus de pensée sont bien intéressants ! Nous avons des pensées qui nous viennent d’une partie de notre cerveau et qui apparaissent dans notre champ de conscience (que les neurophysiologistes appellent l’espace de travail). Nous ne pouvons pas choisir d’avoir une pensée et de ne pas en avoir une autre. Tout ce que nous sommes capables de faire, si nos pensées sont pénibles, c’est tenter de n’avoir aucune pensée, par exemple en dérivant notre attention sur des conduites provoquant des sensations et/ou des émotions intenses. Travailler avec une grande concentration, s’activer à une tâche dans le même esprit, faire du sport tout pareil, faire compulsivement des achats, voler dans les magasins, et bien entendu manger compulsivement, protègent durant un moment de l’irruption des pensées et des émotions pénibles. On appelle cela une addiction comportementale.

Malheureusement, pour ce qui est de manger, cela conduit à ce qu’on appelle des émotions secondaires comme la culpabilité et l’angoisse de grossir, dont il convient aussi de se protéger (en mangeant, par exemple). Et pour le reste, ce genre de conduite n’est guère tenable indéfiniment : les pensées reviennent, au secours !

Il y a aussi des pensées banales (c'est-à-dire sans entraîner d’émotion), des pensées sur les pensées, et même des pensées à propos des pensées que nous avons sur nos pensées. Un monde fractal, en quelque sorte.

Mais une pensée est une pensée et elle est à accueillir avec curiosité et bienveillance, même si elle n’est pas la plus passionnante du monde (quoique prendre conscience de la fractalité, si j’ose dire, de nos mondes intérieurs soit une pensée qui n’est pas rien).

Accueillons ce qui se présente dans le moment présent, nos pensées banales sans ostracisme, sans jugement, car elles sont aussi honorables que d’autres. Et revenons, encore et encore, au focus de notre exercice, la respiration, ou bien les sons extérieurs, ou des sensations corporelles, selon l’exercice en cours. Ainsi, on ne fera pas deux choses à la fois, mais l'une après l'autre.

Et aussi, réjouissons-nous en passant de prendre conscience que nous pensons.

Bonjour chez vous, les roseaux !

FloD75.
Abonné

Merci pour votre réponse Dr, je vais tâcher de m'appliquer sur ma respiration sans chercher à m'empêcher de penser, car après tout si Descartes a raison, je ne peux pas m'empêcher d'être.

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