stress, pleine conscience et autres méthodes... - le 06/05/2012

mamzelzoï.
Abonné

Bonjour chers docteurs et chers linecoachés!

Voilà, actuellement je vis un stress professionnel plus important que d'habitude, mais de toute façon les années passent et je ne trouve pas de solution à ce stress chronique qui me gâche la vie et génère bien sûr des EME en grand nombre...

Mon métier est dans le domaine de la santé, il est par nature assez stressant et prenant, mais je sens bien que ma façon d'appréhender tout ça ne va pas. Je me laisse envahir par mes angoisses, je me sens souvent "broyée" par mon stress.

Donc ma question : les exercices de pleine conscience (que j'essaie de pratiquer au moins une fois par jour) seront-ils une bonne façon de mieux gérer tout ça? En clair, faut-il que je m'y consacre à fond le plus possible, ou vaut-il mieux coupler avec, par exemple, de la sophrologie?

Je fais déjà du yoga depuis cette année, pour l'instant sans trop d'effet sur mon stress.

Concernant la sophrologie, j'ai l'impression assez floue que ce serait contraire aux techniques de pleine conscience, que ces 2 approches seraient incompatibles, mais je me trompe peut-être?

Merci d'avances pour vos éclairages...

Commentaires

calico.
Abonné

Chère Mamzelzoi,

ah que je suis contente de découvrir ton billet..... car depuis que je suis sur LC (ça fait 4 mois maintenant) et que je pratique la RPC et surtout le body scan, je stresse moins et moins fort.

Je travaille aussi dans le domaine de la santé et je me sens très souvent responsable de ce qui ne joue pas, même si rien de tout cela n'est vrai. Je prends sur moi, sans que personne ne me le demande. Un peu ce qui guette toute personne qui a du coeur et un fort surmoi. Avec le body scan ou la respiration consciente, je suis obligée de me poser, de m'occuper de moi, d'arrêter de me "sacrifier" pour les autres, qui par ailleurs ne me le demandent pas, ou pas ainsi. Plutôt que d'attendre de la reconnaissance de la part des usagers, des collègues, du chef. Reconnaissance qui ne vient pas toujours, ou pas quand  je suis capable de l'accueillir, ou jamais.... j'ai décidé de faire mon travail au plus près de ma conscience mais sans me laisser manger, donc, je m'arrête et je respire quand nécessaire. Oh, je n'y arrive pas tous les jours, bien au contraire. Je ne suis pas mieux que les autres. Mais, j'ai mon atout secret dans la poche: le retour à mes sensations, à mon corps, comme une ancre, lui ne se trompe jamais, si je prends la peine de l'écouter bien entendu. Le savoir me rassure et m'empêche de charger la barque outre mesure.

La sophro, je ne sais pas, mais j'ai lu sur un autre post une réponse de G: Apfeldorfer qui disait en substance que tout était combinable, du moment que l'on se donne la peine de s'écouter et de prendre du temps pour soi.

Pour résister au stress professionel, ce sont des changements en profondeur qui feront effets, ou carrément changer de travail quand c'est envisageable (le risque c'est le burn out, et c'est pas de la rigolade). Mais voilà on n'a pas tous cette possibilité et il faut bien tenir le coup.

Tout de bon pour la suite.

Lia.
Abonné

J'ai fait de la sophro le cours de base en fait (c'est organisé en cours successifs en suisse en tous cas). Je n'ai pas continué car je m'endormais sysrématiquement! je trouvais cela plsu compliqué que la rpc, des instructions plus différenciées de nombreux exercices différents que je n'arrivais pas à reproduire à la maison. 

Je travaille aussi dans les soins et je vis très mal les changements actuels (rentabilité max felxibilité horaire de dingue plus de jour de congé fixe, plus de vacances syt l'été etc...etc). J'ai surtout très mal vécu l'impression de faire du travail de moins bonne qualité ce qui en tant que perfectionniste mais inacceptable. En plus de tout ce que décrit très bien Calico et quej e vis aussi.

La rpc aide vraiment vraiment vraiment. C'est facile, instructions super simples, pas d'exercices en tous genre très compliqués. C'est aussi facil que difficile de s'y coller en fait. La difficulté principale est là: s'arrêter, se poser, respirer, observer.

POur ma part ca m'aura permi de prendre le chemin de l'accpetation. De renoncer au perfectionnisme handicap. D'accpeter aussi que pour le moment je ne maigris pas et que j'ârrête lc sous peu. Que je dois m'occuper dabord de ces soucis en lien avec ma manière de vivre dans le monde du travail. 

Ensuite effectivement tout est combinable et c'est assez personnel à chacun, pour ma part c'est les promenades dans la nature qui me sont vitales aussi. le yoga j'ai fait mais il y avait la contrainte horaire alors que la rpc c'est quand tu vuex ou tu veux. Sinon pour ma part j'ai entrepris une tcc directement axée sur ces soucis de travail, la gestion du stress et l'affirmation de soi. 

Je te souhaite de trouver ce qui te convient le mieux. 

izabelle
Animatrice forum

si je puis apporter ma contribution à la réflexion, pour ma part, j'ai pratiqué une méthode, la sophro-analyse, qui m'a permis d'avancer énormément sur mes problématiques de vie

mais bon ce n'était pas de la sophro pure, et bien qu'utilisant en partie la sophro, le but était d'avoir conscience de notre dynamique psychique profonde

cela m'a permis de résoudre la plupart de mes problèmes psychologiques, mes "empêchements à vivre"

par contre, bien que cela ait pu avoir un effet ponctuel sur mon comportement alimentaire (après chaque séance), cela ne l'a pas modifié en profondeur

à savoir cela n'a rien changé à mon réflexe d'évitement et mon intolérance émotionnelle

 

la RPC m'a permis de pouvoir évoluer maintenant dans ce domaine

 

je pense que les deux sont combinables, mais seulement si on est clair au niveau du but que l'on souhaite atteindre

 

si on veut juste se "calmer" avec la sophrologie, et que l'on a une tendance à l'intolérance émotionnelle, cela me semble aller un peu en sens inverse de la PC, c'est un peu "reculer pour mieux sauter"

exactement ce que je faisais avant avec la relaxation :  certes, cela me faisait du bien, mais au final cela a amplifié mon intolérance émotionnelle

 

par contre, si on veut atteindre plus de conscience avec la sophrologie, parce qu'en état de conscience modifié on peut atteindre d'autres niveaux de compréhension, à ce moment là, cela ne me parait pas incompatible

080413075303_Rikki.
Abonné

[quote=izabelle]

 

si on veut juste se "calmer" avec la sophrologie, et que l'on a une tendance à l'intolérance émotionnelle, cela me semble aller un peu en sens inverse de la PC, c'est un peu "reculer pour mieux sauter"

exactement ce que je faisais avant avec la relaxation :  certes, cela me faisait du bien, mais au final cela a amplifié mon intolérance émotionnelle

par contre, si on veut atteindre plus de conscience avec la sophrologie, parce qu'en état de conscience modifié on peut atteindre d'autres niveaux de compréhension, à ce moment là, cela ne me parait pas incompatible

[/quote]

C'est intéressant ce que tu racontes, mais je ne suis pas certaine de tout bien comprendre. 

Je n'ai moi-même qu'une faible connaissance de la sophrologie, puisque je n'en ai fait que quand j'étais enceinte (ce qui commence à dater... ouh la la, à dater même beaucoup, ma petite dernière passe la première partie du bac... surprise).

 

Ce qui m'intéresse dans ce que tu racontes, c'est que si je comprends bien il y a deux approches de la sophro : une approche qui tendrait à se calmer et s'apaiser en évitant ses émotions, et une autre qui tendrait à s'apaiser pour pouvoir affronter ses émotions. 

 

Quand j'ai accouché de ma petite dernière, j'étais très, très zen avant de partir à la maternité. Je savais que c'était mon dernier enfant, j'avais envie d'une belle naissance pour lui, je n'avais pas peur, je me sentais prête. J'ai utilisé la cassette de sophrologie, me suis complètement détendue (mais avec l'impression d'accepter les émotions plus que de les repousser, puisque je me projetais complètement dans la rencontre avec mon enfant), et au bout d'environ une heure j'ai cru que les contractions avaient disparu. 

En fait, il n'en était rien, mais j'étais tellement laxe que je ne les sentais presque plus. Dès que j'ai recommencé à bouger, à revenir à un état de conscience normal, les contractions sont revenues, mais elles étaient tout de même moins douloureuses qu'avant. 

A ce moment-là, j'ai compris que la sophrologie était une technique puissante, car l'accouchement est par définition une force absolue de la nature, et arriver à modifier sinon son déroulement, du moins sa perception, et impressionnant. 

Au moment des séances de sophro-préparation à l'accouchement, la sage femme avait envisagé un certain nombre de scénarios, pour lesquels il me semblait être prête. Césarienne, épisiotomie, contractions inefficaces, etc. Par contre, lors de mon accouchement, s'est produit une complication dont je n'avais jamais entendu parler, dont j'ignorais même qu'elle existait : un truc qui s'appelle la présentation occipito-sacrée, qui veut juste dire que l'enfant au lieu de regarder vers la terre et de pouvoir fléchir la nuque comme un faut, regarde vers le ciel et sort "tout droit", ce qui lui écrase le visage et déchire la mère. Et là, j'ai totalement perdu pied, je suis rentrée en véritable panique, et la sophro ne pouvait plus rien pour moi. 

Elle ne pouvait plus rien non parce que la douleur était plus insupportable, mais parce que je ne comprenais plus ce qui se passait, parce que j'étais terrorisée, que je n'étais pas préparée à vivre cela, et que je suis entrée en panique. 

Tout ce long épanchement pour dire que.... que quoi ? 

- que les techniques respiratoires sont des techniques puissantes qui permettent d'apaiser des douleurs physiques ou morales importantes

- que les états "entre veille et sommeil" permettent d'avoir accès à nos émotions, effectivement

- qu'on gagne à identifier ce qui nous arrive, à le nommer et le comprendre, pour pouvoir y faire face ; car faire face à l'imprévu et à l'inconnu est beaucoup, beaucoup plus difficile.

 

Izabelle, je ne sais pas si on peut faire un parallèle entre la sophrologie utilisée pour se préparer à un événement très particulier (une naissance) et la sophrologie utilisée pour se préparer à des événements quotidiens, répétés et sans intensité particulière (les repas), mais il y a sans doute quelque chose à creuser. 

mamzelzoï.
Abonné

Je vous remercie BEAUCOUP pour vos réponses, elles m'apportent énormément.

Izabelle, oui tu mets en mots ce que je pensais sans arriver à le formuler (j'ai pratiqué la sophro pendant mon année de concours il y a 15 ans) : finalement si la sophrologie est utilisée dans un but de relaxation c'est une manière d'oublier ses émotions, de les enfouir presque, tandis que la pleine conscience nous demande de les regarder en face et de constater que "quoi que ce soit, je peux le vivre". C'est bien en cela que je pensais que c'était peut-être incompatible voire antinomique.

Cela dit je me renseignerai concernant la sophro-analyse car je connais quelqu'un de très bien qui monte son cabinet de sophrologie.

Depuis que j'ai écris ce billet, j'ai beaucoup réfléchi car comme toujours mettre des mots sur ses difficultés aide beaucoup à les clarifier, et je sens que oui, la pleine conscience sous ses différentes formes est sans doute la clé principale pour moi. J'ai décidé de pratiquer les 3 minutes de pause respiration le soir, avant d'arriver à la maison, histoire que les soucis de boulot ne me polluent pas mes soirées en famille. J'essaie de faire dès que j'y pense ces mêmes pauses respiration au travail (enfermée dans les toilettes).

Merci Calico pour ton témoignage sur le body scan, activité que je pratiquais très peu, je vais voir si ça peut me faire du bien.

Merci Lia pour tes gentils messages...

On va essayer d'éviter le burn out, car ce n'est pas la première fois que je m'en sens proche, mais là les mois qui viennent promettent de grosses difficultés (sous effectif notamment) alors ne perdons pas pied.

Et puis, mes enfants tout petits qui poussent comme des champignons, mon couple, ma jolie maison dans laquelle on se sent si bien... je souffre de ne pas profiter à fond de tous ces petits bonheurs-là... Je ne VEUX PAS que le temps file et que je m'aperçoive ensuite que j'ai gâché bêtement ces belles années.

Belle journée à vous!

izabelle
Animatrice forum

eh oui c'est un peu délicat, pour moi c'est une question d'intention

à partir du moment où l'on accepte VRAIMENT ses émotions, je pense que la sophro peut nous aider, notamment au niveau de l'acceptation

comme tu le décris Rikki, lors de l'accouchement, cela nous aide à accepter les vagues, la contraction, ne pas y résister

d'ailleurs le parallèle est frappant : pour mon accouchement sans péridurale, ma sage femme m'avait expliqué que la contraction de l'utérus était indolore en elle-même, mais que c'était la résistance du col à cette contraction qui provoquait la douleur

du coup, le but était d'accepter la contraction, de ne pas "résister", se crisper, mais au contraire de se détendre au niveau du périné au moment même où l'on a le réflexe de se crisper, puisque se crisper fait augmenter la douleur et ralentir le travail

 

je vois le parrallèle avec l'acceptation que l'on pratique ici :   en acceptant l'émotion (la contraction), en l'accueillant avec bienveillance, en la laissant vivre le temps qu'elle a à vivre sans vouloir à tout prix l'empêcher d'exister, elle fait son travail et nous souffrons moins, si ce n'est plus du tout, du moins suffisamment pour ne plus avoir besoin de péridurale  (que j'associerai dans mon parrallèle avec la nourriture anesthésiante)

j'espère que tout ceci n'est pas trop tiré par les cheveux, mais c'était pour illustrer à quel point la sophro peut être utilisée comme un outil d'acceptation, donc tout à fait compatible avec la pleine conscience

 

mais tout aussi bien certains sophrologues vont utiliser des visualisations pour aider leurs élèves à moins ressentir les choses, à planer, perso je ne trouve pas ça souhaitable, c'est reculer pour mieux sauter au niveau de l'intolérance émotionnelle

 

le tout est de voir avec ta sophrologue, en discutant, tu te rendras bien compte si elle est "acceptante" et la façon dont elle utilise son outil

 

comme j'ai fait beaucoup de stages dans ce champ-là,   j'ai rencontré beaucoup de personnes (moi la première)  qui n'étaient pas du tout dans l'acceptation des émotions, mais toujours leur résolution

G.Apfeldorfer
Votre coach

 

Bonjour mamzelzoï et tout le monde,

La pleine conscience a tout d’abord été développée par Jon Kabat-Zinn, en 1982, dans un programme appelé MBSR (Mindfulness Behavior Stress Reduction). C’est dire si la pleine conscience peut être utile dans le stress !

JKZ, dans son programme, demande à ce que les personnes pratiquent ½ heure de pleine conscience quotidienne et considère qu’il faut 8 semaines minimum pour commencer à en voir les bienfaits.

À lire sur le sujet : Au cœur de la tourmente, la pleine conscience. Jon Kabat-Zinn, De Boeck, 2009.

La sophrologie est une approche différente de la PCS, où on recherche le bien-être, ce qui n’est pas le cas avec la pleine conscience, où on apprend à accepter le moment présent, plaisant ou bien non. La pleine conscience aide ainsi à augmenter sa tolérance émotionnelle, ce qui est un point essentiel pour les personnes en difficulté avec leur poids et leur comportement alimentaire. Mais cependant, la sophrologie peut rendre bien des services et tout dépend de l’esprit dans lequel elle est pratiquée.

Le yoga est quant à lui associé à la pleine conscience et on pratique couramment des exercices de yoga dans les stages de pleine conscience.

En somme, je suis bien d’accord avec ce fil de discussion. Lu et approuvé, en quelque sorte !

mamzelzoï.
Abonné

Merci infiniment pour votre réponse, Monsieur Apfeldorfer...

J'ai pris note avec soin de vos conseils, pratique de longue séances de RPC ou de body scan autant que faire se peut, et je planifie l'achat du livre que vous me conseillez (en plus de quelques autres déjà prévus et conseillés sur le forum...)

Je me sens déjà beaucoup mieux, même s'il me reste encore beaucoup de chemin à parcourir, la preuve ce soir avec un dévalisage du placard en règle lié à du stress professionnel et l'absence de pratique de RPC aujourd'hui. Mais globalement je me sens mieux, et votre réponse m'a permis de m'investir encore plus dans les pratiques de pleine conscience, y compris dans les instants difficiles.

Je garde en tête la possibilité de faire de la sophrologie, avec les précautions que vous évoquez à savoir ne pas chercher à étouffer les émotions.

Merci encore, bon week-end!

Mamzelzoï

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