Y A-IL UN LIEN ? - 17052012

capuccino
Marraine

Existe-t-il un lien entre la profession et les troubles alimentaires ?

Je suis surprise de lire que beaucoup de Llinecoatchées travaillent en milieu hospitalier, dans les métiers d'aide à la personne, dans les établissements psycho-sociaux.... Quel lien existe-t-il entre nos troubles alimentaires et notre profession ? Beaucoup d'entre-nous traînent ces troublent depuis l'adolescence ou même avant pour certaines et en ont souffert depuis leur apparition qu'elle qu'en soit la raison. Etrangement beaucoup d'entre-nous nous sommes dirigées vers des métiers où l'on donne beaucoup aux autres, où la souffrance du corps et de l'esprit est présente et à laquelle on essaie d'apporter réparation ou soulagement mais où aussi malheureusement celui qui donne s'oublie complètement...Avons-nous eu espoir en eùbrassant ces professions de pouvoir trouver une solution à nos propres souffrances ou est-ce cette souffrance qui nous a poussé à vouloir soulager celle des autres ? Qui de l'oeuf ou la poule est arrivé en premier ?

Aujourd'hui je remarque autour de moi que peu de collègues sont régulées sur le plan alimentaire : toujours au régime et prêtes à adopter le 1er régime venu...mais oujours en train de craquer sur les croissants du dimanche matin ou sur les chocolats ou autres douceurs que les familles apportent.

Je remarque également que beaucoup de jeunes qui arrivent sont plus corpulentes qu'avant et prennet rapidement de nombreux kilos la première année de travail...

Voilà cétait quelque chose qui me trottait dans la tête depuis un bon moment.

Messieurs les Docteurs, avez-vous des statistiques sur le sujet et peut-être des pistes de réflexion ?

Commentaires

080413075303_Rikki.
Abonné

J'ajouterai, puisque c'est mon cas et pas seulement le mien, les métiers de l'enseignement, où là aussi on travaille sur de l'humain. 


Est-ce simplement parce que ce sont des métiers féminins et que les femmes sont plus nombreuses ici ? Ou y a-t-il une surreprésentation ? Je ne sais pas. 

vb57.
Abonné

Bonjour,

Pour ma part, je ne suis ni dans le milieu hospitalier, ni dans l'enseignement mais dans le commerce. Par contre je suis bénévole dans 4 associations, donc dans l'aide aux autres. J'ai l'impression d'avoir besoin de çà pour me faire du bien à moi-même. Ma famille me dit toujours que je devrai m'occuper de moi avant de m'occuper des autres mais je ne sais pas faire!!!

G.Apfeldorfer
Votre coach

 

Bonjour capuccino,

Au siècle dernier, j’avais écrit un livre qui s’intitulait « Je mange, donc je suis. Surpoids et troubles du comportement alimentaire » (Payot Ed., Paris, 1991). Je développai alors la théorie de l’hyperempathie, un oubli de soi au profit d’un centrage sur le monde extérieur, et je faisais remarquer que les hyperempathiques s’orientaient vers les métiers qui permettaient de s’occuper des autres en s’oubliant. Ils mangeaient alors en excès, car manger est un moyen de recentrage sur son corps, un moyen de se procurer des sensations qui nous font prendre conscience, un moment, que nous sommes incarnés et vivants.

Alors, je suis très heureux que vous découvriez à votre tour ce phénomène !

S’occuper des autres est une générosité. Mais celle-ci ne doit pas se faire à son détriment. S’appauvrir (c'est-à-dire se négliger, se laisser soi-même en friche) pour enrichir les autres nous met vite dans la situation de ne plus rien pouvoir faire pour les autres. Il convient d’avoir une grande richesse intérieure afin d’avoir à donner aux autres, et augmenter sa richesse intérieure permet de valoriser ce qu’on donne.

Ceci dit, chez le personnel hospitalier, et dans bien des professions, bien d’autres facteurs conduisent à faire prendre du poids : des horaires irréguliers, des gardes de nuit, des repas pris au lance-pierre, une tension due à la responsabilité, la peur d’échouer, de ne pas être à la hauteur…

Pour celles et ceux qui « ne savent pas faire », comme dit vb57, LineCoaching vous indique le chemin : il s’agit de s’intéresser à son monde mental, sans crainte, sans honte, et accepter sa nature d’Homo sapiens (sapiens ?), avec ses modes de fonctionnement étranges, qui ne correspondent pas, dans la réalité, à ces constructions morales dont on vous parle ici et là, du genre : il faut penser ainsi, il ne faut pas penser cela… Prenons-nous comme nous sommes, avec nos bizarreries mentales, car en fait, il n’y a rien de plus normal que d’être bizarre. N’ayons ni peur ni honte !

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