apprivoiser le vide - 28122013

sylphe.
Ancien abonné

bonjour!

 

C'est mon premier post sur le forum!

Je suis inscrite depuis peu et j'avais lu le livre du Dr Zermati il y a déjà quelques années,sans jamais parvenir à m'y mettre vraiment.Je suis hyperphagique depuis environ mes 8/9 ans (j'en ai 33)

De régime,en rgime je baisse les armes et j'affronte la dure réalité

Après confrontation avec moi même et pour répondre à la question "pourquoi est-ce que je n'arrive même pas à commencer la méthode",je me rends compte que je n'arrive pas à commencer la méthode car ce qui me bloque c'est "si je ne mange plus,comment vais-je remplir ce vide affectif"

cette peur du vide affectif,de la solitude émotionnelle me paralyse et me remplit de tristesse.

Est-ce que vous êtes passé par là?Que puis-je mettre en place pour affronter ça et avancer?

 

merci

Commentaires

Pattie.
Ancien abonné

Bonjour !

Bienvenue dans le programme, et bravo à toi pour avoir poussé la porte !

Ce que tu peux mettre en place, c'est de suivre simplement le programme, en donnant la priorité au parcours alimentaire, en faisant confiance à cette méthode, en n'hésitant pas à faire comme aujourd'hui : poser des questions dans le forum.

Ca commence par une phase d'observation de notre comportement alimentaire, qui nous amène généralement à nous poser dix mille questions. Ensuite, l'outil informatique met en place un parcours adapté à cette phase d'observation. Ce sont les mêmes étapes pour tout le monde, je crois, mais pas dans le même ordre, tout dépend des priorités qui se sont dégagées de la phase d'observation.

Si ta phase d'observation montre que tu as besoin en priorité de travailler sur tes émotions, alors tu découvriras très vite l'outil RPC (respiration de pleine conscience). Ca n'a l'air de rien, comme ça, mais moi, ça a carrément changé ma manière de réagir aux choses, et pas seulement sur le plan alimentaire. Et pourtant, je ne suis qu'une débutante dans la RPC, j'apprends à le faire, et j'ai l'impression de le réapprendre sans cesse tellement ça recouvre de choses.

Si ta phase d'observation montre que tu as besoin de travailler autre chose, pas de souci : la RPC viendra, au moment voulu.

La réponse à ta question : "Comment vais-je remplir ce vide", c'est que peu à peu, tu n'auras de moins en moins l'impression d'être vide. Et tu supporteras de mieux en mieux les moments où tu te sens vide.

Je te souhaite de belles découvertes, dans le programme et en toi !

Patience
Marraine

Bonjour sylphe,

Je crois comprendre ce que tu veux dire. Alors je te livre mon expérience personnelle.

Concernant ce vide dont tu parles, en fait je me dis que l'on n'est pas si vide que ça. Il y a justement les émotions et les pensées. Et cela nous remplit. Certes, je te l'accorde, émotions et  pensées ne sont pas forcément toujours agréables. Mais n'empêche, elles sont là : notre tête, notre coeur, notre corps ne sont jamais vides de tout ça.
Alors les exercices de pleine conscience sont un moyen de se rendre compte que l'on est toujours plein de quelque chose. D'ailleurs, tu l'ecris très bien : tu es "remplie de tristesse" en ce moment. Tu es donc pleine de cette émotion. Donc tu n'es pas vide. Et même si parfois, pensées et émotions sont inconfortables, difficiles, elles nous prouvent que notre vie est remplie de quelque chose (de sensations, d'envies, d'interrogations, de frustrations, de plaisirs...), que nous existons.

Que faire à la place de manger ?
Personnellement, je m'étais fait une liste de ce qui peut me réconforter, en plus/à la place de la nourriture. Au début, je t'avoue que j'ai eu du mal ! Mais au fur et à mesure, ma liste s'est étoffée. En vrac : regarder le ciel, faire du lèche-vitrine, appeler régulièrement mes amis, oser faire quelque chose d'inhabituel, regarder des magazines de mode, prendre une douche...
Bref, aujourd'hui, si j'ai besoin de réconfort et que je ne veux pas passer par la case nourriture, je pioche dans ma liste !
Et au fil du temps, cela devient plus facile.

Voilà donc ce qui a marché pour moi, ce qui m'a aidé à affronter ce "vide" dont tu parles :
- je me suis rendue compte que je suis toujours pleine de quelque chose, agréable ou pas ;
- j'ai appris à étoffer mon stock de "doudous" qui prennent diverses formes, en plus ou à la place de certains aliments.

J'espère que mon expérience te donnera quelques pistes pour essayer le programme par petites touches, chaque jour, et retrouver ainsi un peu plus de sérénité face à la nourriture.

Au plaisir de te lire

 

sylphe.
Ancien abonné

merci pour vos réponses et vos pistes.Bizarrement,je les aies lues hier et je n'ai pas su quoi répondre de suite. J'en viens à me dire que j'ai besoin de prendre du recul sur les choses pour apprendre à les apprivoiser.

 

Pattie,dans l'immédiat oui,je pense que la RPC peut m'aider,j'avais envisagé la sophrologie ou le yoga aussi.Et je pense effectivement qu'on peut faire la même chose à plusieurs moments de notre vie/semaine/journée,sans en tirer la même chose ou la faire de la même manière.

merci!

sylphe.
Ancien abonné

Patience,

En te lisant,je me rends compte que c'est l'acceptation de cette tristesse qui est difficile.Accepter que je sois remplie de ça,en effet, ce n'est pas très positif.

Concernant la liste à doudou,oui,je pense que je devrais déjà faire une liste tous les jours des choses positives qui peuvent se passer dans une journée pour ne pas focaliser sur le négatif.

Et pour me créer une liste à doudou,il faut que je me fasse de la place.j'ai l'impression de ne pas me connaitre,de ne pas savoir ce que j'aime ni comment prendre soin de moi.Je me rends compte que je me fais passer au second plan et que je ne m'affirme pas assez.j'ai besoin de savoir: qui suis-je?qu'est-ce qui me fait du bien?

et concernant la nourriture,je ne la diabolise plus mais à l'inverse je me rends compte que me remplir à outrance ne me comble pas non plus.je ne me sens plus soulagée quand je mange,je me sens juste remplie de vide.

Cette prise de conscience a quand même provoqué de garnds changements par rapport à l'hyperphagie qui ne me semble plus être une solution maintenant et du coup,ça fait quelques jours que je n'ai plus fait de crises parce que je n'en vois plus le côté positif.

 

merci pour vos réponses et n'h"sitez pas à réagir,ça m'aide beaucoup!

Flowerbomb.
Abonné

[quote=Patience]

 

Concernant ce vide dont tu parles, en fait je me dis que l'on n'est pas si vide que ça. Il y a justement les émotions et les pensées. Et cela nous remplit. Certes, je te l'accorde, émotions et  pensées ne sont pas forcément toujours agréables. Mais n'empêche, elles sont là : notre tête, notre coeur, notre corps ne sont jamais vides de tout ça.
Alors les exercices de pleine conscience sont un moyen de se rendre compte que l'on est toujours plein de quelque chose. D'ailleurs, tu l'ecris très bien : tu es "remplie de tristesse" en ce moment. Tu es donc pleine de cette émotion. Donc tu n'es pas vide. Et même si parfois, pensées et émotions sont inconfortables, difficiles, elles nous prouvent que notre vie est remplie de quelque chose (de sensations, d'envies, d'interrogations, de frustrations, de plaisirs...), que nous existons.

 

 

[/quote]

j'aime beaucoup ta réponse Patience. je comble moi aussi mon "vide intérieur" ou plutôt mon "trop-plein intérieur" avec de la nourriture. parce que j'ai un trop-plein de tristesse, de mélancolie et que d'y mettre de la nourriture dessus m'apaise. Ce que j'aime faire me comble mais seulement après une petite prise de nourriture. j'ai besoin de me combler le ventre pour pouvoir m'installer tranquillement avec mes livres (j'aime tant lire) qui vont venir finir de me faire du bien.........

izabelle
Animatrice forum

bonjour sylphe

en fait, le fait de manger sans faim   est une façon de se couper de ses émotions.......

du coup, c'est normal de ressentir du "vide"

et dans ce "vide"-là, la nourriture t'a accompagnée pendant des années

quand tu penses à sortir de ce fonctionnement, cela te paralyse, mais c'est un peu le même principe que pour les fumeurs

en fumant, on se crée une dépendance à la nicotine, ce qui génère du "manque"

alors au moment où on fume,  on disperse le  "manque" et on se sent mieux temporairement

mais si on arrête défintiviement la dépendance à la nicotine,   on arrête de se créer du manque et de vouloir donc le dissiper

 

là c'est un peu pareil

tu t'es coupée de tes émotions depuis des années,  pour une raison ou une autre

généralement c'est parce qu'elles nous semblent dangereuses, pas acceptables......

du coup, à force de te couper de tes émotions, tu crées du "vide"

et la nourriture est une façon de se sentir soudain  "accompagné" dans ce vide

 

sauf que manger sans faim  est en effet une façon de se couper de ses vraies émotions

donc c'est bien un bon cercle vicieux, comme pour le tabac

 

 

ce que tu vas apprendre avec LC et notamment la pleine conscience, c'est te reconnecter à toi-même

au début, ça fait "bizarre" c'est clair, ça peut même faire peur

mais peu à peu on se rend compte que ce n'est pas la mer à boire

qu'on a le droit d'avoir des émotions, de ressentir des trucs et que ça ne va pas nous tuer

que l'on n'a pas besoin d'être une mer calme et lisse, d'être la fille parfaite

on vit juste,avec des hauts et des bas.....

la nourriture reprend alors sa vraie place : nous nourrir ET nous apporter de la joie

mais plus nous couper de nous-mêmes, par les sensations qu'elle crée

 

ça prend un peu de temps, mais o comme on se sent mieux

 

car pour l'avoir vécu, je pense que le plus pénible, dans l'hyperphagie, c'est en effet  d'être coupé de soi-même

c'est surtout ça qui nous rend triste (en plus du poids)

 

donc comment faire?   eh bien simplement  la RPC quotidienne pour commencer

être avec soi pendant 10 minutes,  accueillir tout ce qui passe en nous sans le juger, juste "être",  être présent à soi-même, en se concentrant sur sa respiration

au début c'est très difficile quand on a pris l'habitude de se "fuir" soi-même,  mais si on persévère, très vite ça devient en fait très facile.....

 

et c'est le premier pas dans l'engrenage pour  renouer avec ses émotions......   ce qui prend quand même un peu de temps

 

bon courage à toi et j'espère à bientôt

Soleluna.
Ancien abonné

Bonjour Sylphe,

merci pour ce post, qui me parle au plus haut point ! Merci aussi à vous les filles pour vos réponses, faut que je lise et relise.

La question du vide et du plein, leur lien, les émotions, la nourriture dans tout ca. Je vois bien que tout est lié, que c'est une question essentielle, peut-être même la seule qui soit pour moi, mais j'arrive jamais à tout bien comprendre. Ca ne cesse de m'échapper, je crois comprendre à un moment et pfuit, ça part et tout s'embrouille de nouveau.

J'en parlais la semaine dernière avec mon amoureux qui me disait que je voulais toujours lui remplir son planning, à mon image. Et que lui, il appréciait le vide, ça lui faisait du bien. Il a raison. Je suis une hyper active, je n'ai cessé de faire plein de choses en même temps, de créer plein de trop plein, dont je me plains ! Du moins, ca me fatigue, je sens que c'est pas pour moi, et je ne cesse pourtant de fonctionner sur ce mode. Une seule réponse possible : j'ai peur du vide. Enfin je crois non?

Pourquoi? Je ne sais pas. Enfin si, je crois que ça à voir avec mon enfance, ma mère était là mais absente, toujours dans sa chambre et j'ai pris tous mes repas toute seule. J'avais un fantôme pour maman, et je crois que c'est ca. C'est débile non? Mais quand je pense à cette question du vide, c'est cette image qui apparaît instantanément, la petite fille seule (je veux dire, ce n'est pas une explication que j'ai échaffaudé, c'est une image qui se présente à moi et je me dis que c'est pas pour rien)

toujours est-il que peut-être que de chercher le pourquoi, qui in fine ne mène jamais très loin, je ferai mieux de me concentrer sur le comment faire.

Le mécanisme en place, voyons : j'ai peur du vide. Je fais plein de trucs dans tous les sens et travaille bien de trop pour tout remplir et plus que ça. Je m'épuise, me perd, me disperse, me dissout, c'est pas viable. Le soir je rentre, je suis KO, déconnectée, submergée, je mange pour me réconforter, me dédomager, je ne sais pourquoi, mais c'est là clair et net. Comme si ca ne suffisait pas, par peur du vide encore, ou alors parce que je suis sur ressorts, je ne peux me reposer, je suis une pile, donc je regarde la télé, ou pianote, je fais tard. Je me couche, bien trop tard et le lendemain c'est parti pour un tour. Le cercle vicieux.

Au final, je me sens trop pleine, je ne sais plus qui je suis (tiens tiens, ca fait écho), où je suis etc, je me sens vide, ce vide de trop plein, ce vide inquiétant etc. En fait c'est un vide d'émotions cachées.

Tiens, ça me fait penser à un chat thématique avec le docteur A, dont j'avais recopié une partie sur mon blog. Voici

//www.linecoaching.com/content/l-ennui-le-vide-et-le-trop-plein

Comment faire ? Faire de la place oui, comme tu dis, pour accueillir tout ça, faire avec, autrement, et donc RPC. Se reconnecter à soi via la pleine conscience. Et comme le disait Izabelle, pas facile quand on a pris l'habitude de se fuir. Mais en vérité, c'est très simple.

Commencer par la pratique, malgré tout, et même si c'est pas parfait, pratiquer co$ute que coûte.

Amitiés


 

Morghane.
Abonné

Au fil des semaines du programme, tu te rendras compte que le vide vient des aliments que tu manges en trop. De sorte que c'est comme si au lieu de les mettre à la poubelle, tu les mangeais. Donc je pense que ce vide est une manière de te respecter et de te dire : stop, je ne suis pas une poubelle, je me respecte.

Et puis il y a les découvertes des choses qui donnent du plaisir autres que la nourriture : sentir un parfum qu'on aime, caresser le chat, faire un calin à quelqu'un qui t'aime, appeler une amie,dessiner, lire un passage d'un livre qu'on aime et qui nous remplit, regarder des belles photos, écouter une musique particulière qui nous bouleverse. J'ai découvert que ces vides pouvaient me faire renouer avec les émotions des tous ces instants de vie que j'ignorais. Je me sens plus tendre maintenant que je les ai expérimentés, ces émotions me remplissent de manière très positive et très vivante, et surtout plus vraie.

Garde du temps dans ta semaine pour "ne rien faire" de spécial, et utilise le à chercher ce qui pourrait te remplir d'émotion. Ta vie va se colorer de mille facettes et ton corps sera léger.

Mariemarie0000.
Abonné

Que c'est beau ce que tu viens d'écrire, Morghane, ça me plaît et ça me parle beaucoup.

mavo.
Marraine
Tous vos posts me parlent énormément, tout particulièrement en cette période de fête où mon hyper activité a atteint un niveau risible ! Entre 12 et 18 personnes à la maison tous les jours depuis samedi dernier, et ce n'est pas fini, avec un mari toujours vraiment pas en forme... Risible ou à pleurer, c'est selon... Le problème est qu'il est difficile de mettre du vide dans sa vie quand on a l'habitude de la remplir jusqu'à la gueule depuis plusieurs décennies. D'abord parce qu'il faut lutter contre ses propres habitudes et comportements, mais ensuite aussi parce qu'il faut lutter contre son entourage (ben oui, pour eux c'est normal de nous envahir de cette façon, ça a toujours tête comme ça...). Bon c'est complètement raté cette année. Mais ça a pris une telle proportion, ou bien peut-être que je suis aussi plus connectée, plus consciente, mais au moins là je vois vraiment bien les limites de mon système de remplissage ! Bref, c'est très inspirant de vous lire. Pour info, il y a une très jolie méditation sur le vide et le plein sur le CD qui va avec le livre Manger en pleine conscience.
marieal.
Inscrit

ce post me parle vraiment à moi aussi,parce qu'il répond en partie à la question que je me posais quand je demandais sur un autre post ce qui se cachait derrière la peur d'avoir faim:  la peur du vide, de l'ennui, d'avoir à affronter mes pensées au lieu de les dissimuler sous de la nourriture.

soleluna, merci pour le lien, j'ai été relire l'intégralité du chat, il est très instructif.

morghane, ce que tu dis est très beau

izabelle comme d'hab les choses s'éclairent quand tu les expliquent.

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