Ce que je ressens quand je m'entraîne à ressentir la satiété - 14082014

izabelle
Animatrice forum

Hello à tous

l'idée de ce fil est venue en lisant un autre dans le forum  "carnets"

 

l'expérience du fractionnement est souvent terriblement difficile pour les mangeurs émotionnels

j'ai dû m'y reprendre à 5 fois !!!!

 

je pense que c'est lié au fait que cet exercice nous confronte à beaucoup de ressentis,  et les mangeurs émotionnels ayant la facheuse tendance à manger pour éviter de ressentir,  eh bien cela provoque des EME en pagaille

 

j'ai donc pensé à ce fil pour venir exprimer avec des mots ce que l'on ressent en vivant cette expérience, que ça soit dans l'exercice en tant que tel,  ou dans notre quotidien

Commentaires

izabelle
Animatrice forum

je commence :

pour ma part, je ressens toujours la  "peur"  de ne pas avoir assez mangé et donc d'avoir faim plus tard.....

c'est surtout "l'incertitude"  qui est difficile pour moi à vivre  et qui peut encore m'amener à prendre "un truc en plus" (pour être sure!!!)

 

 

par contre je ne ressens plus la "frustration" de devoir s'arrêter, qui m'a pourtant accompagnée durant pas mal de semaines

 

quand j'ai commencé cette étape, cela a reveillé en moi de douloureux sentiment  "d'incompétence" qui provoquaient des EME majeures puisque je n'avais pas apprivoisé ce ressenti-là

Kaylee
Marraine

Ce que j'ai ressenti lorsque j'ai fait cette étape, que je viens de terminer mais dont j'ai déplacé le compte-rendu dans un fil plus approprié, c'était de la frustration d'être obligée de faire attention à mes portions, frustration de ne pouvoir écouter mes sensations puisqu'il fallait, tacitement, soit que je supprime une UA, soit que je réduise mes portions.

J'ai ressenti beaucoup d'agressivité tout au long de cette étape. Parce que j'ai eu faim très très souvent.

J'ai ressenti cette étape non comme un fractionnement, mais comme du rationnement.

En fait, à part une prise de poids de 200 gr, plus toutes les émotions négatives énoncées ci-dessus, je me demande vraiment ce qu'elle m'a apportée...

Conclusion : je suis contente et délivrée que cette étape soit derrière moi.

Sophiie.
Abonné

C'est un sujet tout à fait d'actualité pour moi! Je viens de passer cette étape et...Ce n'est pas franchement concluant! J'ai l'impression que de devoir fractionner, c'est devoir contrôler ce que je mange et du coup, alors que j'arrivais plus ou moins à manger de manière (plus) apaisée, les EME sont reparties à la hausse...

J'ai peur d'avoir faim à jamais, j'ai peur de manquer en cours de journée...C'est assez angoissant...Bref, je crois que je suis totalement perdue...Je ne sais pas par quel bout reprendre cette étape...

Kaylee
Marraine

[quote=Sophiie]

C'est un sujet tout à fait d'actualité pour moi! Je viens de passer cette étape et...Ce n'est pas franchement concluant! J'ai l'impression que de devoir fractionner, c'est devoir contrôler ce que je mange et du coup, alors que j'arrivais plus ou moins à manger de manière (plus) apaisée, les EME sont reparties à la hausse...

J'ai peur d'avoir faim à jamais, j'ai peur de manquer en cours de journée...C'est assez angoissant...Bref, je crois que je suis totalement perdue...Je ne sais pas par quel bout reprendre cette étape...

[/quote]

Tu la mets en pause, en attendant d'y être prête, ou bien tu passes à autre chose, ou bien tu contactes une coach. 

Evelyne2212.
Abonné

J'attendais beaucoup de cette étape. Et, vrai de vrai, j'ai perdu 2.7 kg.

Que j'ai repris immédiatement !

C'était tout de même le miracle de ces 10 dernières années. Mon corps a accepté de perdre.

Et mon esprit dans tout cela : sachant que c'était du fractionnement, j'ai pu diminuer mes portions sans problème. C'est tout de même déroutant.  Les premiers jours, je n'avais plus aucun repère, j'ai d'ailleurs appelé au secours sur mon blog (ou un forum, je ne sais plus), puis mon corps a accepté de sortir de table alors que j'avais encore faim. Et pour finir au 7ème jour, cela ne me causait plus de problème du tout : je savais que ce n'était que du fractionnement et que je pouvais manger encore un peu plus tard, quand la faim reviendrait.

Le bilan, c'est que j'ai ainsi découvert que je suis une grosse mangeuse. J'aime bien manger. Manger est un plaisir. Puis, je suis une gourmande. Faute avouée, donc. Mais, j'ai découvert ainsi que je mangeais beaucoup trop par rapport à mes besoins réels. Puis, chasser le naturel, il revient au galop, je me suis remise en à peine quelques jours à remanger de trop.

Je dois donc travailler sur cet aspect-là de mes comportements alimentaires.

Il y a quelques jours, je désespérais et je me disais que je n'avais vraiment pas le choix et qu'il fallait que je fasse un régime de nouveau pour arriver à perdre du poids.

Alors question : Diminuer ses quantités tout en mangeant ce qu'on aime, est-ce un régime ?

Pascaline.
Abonné
Je l'ai fait plusieurs fois. Je n'ai pas aimé la première fois. J'étais contente que c'était fini. En fait j'avais diminué mes portions trop petites. Les EME étaient bien présente. Plus tard je l'ai refait. C'était un peu moins difficile. Maintenant je la ressens assez vite la satiété. Je sais que si je la dépasse alors l'aliment choisi ne sera pas super bon. J'ai eu souvent l'expérience en pratiquant l'appetit previsionnel. Je voulais etre "normal"en mangeant 3 repas. Mais ca ne marche pas pour moi. J'ai besoin de 5 a 7 petits repas et tout va mieux. Je suis une petite mangeuse en portions mais moyenne pour les UA.
izabelle
Animatrice forum

si j'ai créé ce fil c'est pour pouvoir exprimer ce que l'on ressent à "devoir" réduire ses portions,  si possible en direct, quand on fait l'exercice,  ou au quotidien quand on s'arrête a satiété alors qu'on a encore envie de manger

le fait d'exprimer dans des mots sa frustration, sa peur,  permet de développer un nouveau rapport à ces émotions  : ne plus en avoir peur, honte,   ne plus chercher à les exterminer

 

ce n'est pas parce que l'on ressent de la frustration ou de la colère  (qui peut ressortir très facilement à cette étape)  que l'exercice n'est pas profitable

mais si on arrive à mettre des mots sur toutes ces émotions liées à l'alimentation,   on arrivera à mieux les apprivoiser  et donc à se rapprocher d'un fonctionnement régulé

Evelyne, c'est ce que tu as fait pendant l'exercice : au début la peur t'assaillait et puis  à force d'expérimenter, elle a fini par passer au second plan, ton corps a accepté de perdre, tu as constaté que tu mangeais au-dessus de tes besoins

pour des raisons émotionnelles bien sûr

ensuite il n'y a plus qu'à continuer,  à travailler dans ce sens  à améliorer tes relations avec tes émotions

oublie le  "perdre du poids" (tout de suite maintenant) et le "régime",   tu dois apprendre à écouter ton corps et c'est lui qui te guidera simplement, durablement surtout vers ton set-point

il n'y a que la perte de poids durable qui vaille la peine et ça vaut le coup qu'on se donne le temps pour ça

tu sais déjà que ton corps est prêt à perdre,  mais le travail sur les problématiques émotionnels est un peu plus long c'est normal

 

c'est justement pour ça que j'ai créé ce fil,  pour nous aider à dédramatiser nos ressentis liés à la diminution des portions,  pour les apprivoiser,   qu'ils ne soit plus nécessaires pour nous de les faire "disparaitre"  que l'on puisse se confronter à cet exercice très difficile pour les mangeurs émotionnels

 

haut les coeurs!

Pattie.
Ancien abonné

J'ai eu aussi le sentiment d'être au régime, rationnée, contrôlée de l'extérieur alors même que je pensais avoir renoué avec mes sensations de l'intérieur.

Je pense que - pour moi - ça a été une étape qui est arrivée trop tôt. Elle était vers la fin de mon parcours alimentaire, mais pour la vivre sereinement, je pense qu'il faut avoir avancé dans le parcours émotionnel (ou ne pas être un mangeur émotionnel). En fait, le parcours en lui-même est très rapide, parce que c'est un peu ce qu'on attend d'un programme qui vise le retour au set-point. Le vrai parcours est beaucoup plus long et nécessite beaucoup de répétitions et de travail sur les émotions.

Pour le moment, quand je pratique (en gros, à chaque fois que je mange), ce que je ressens n'est pas au premier plan. Ce sont encore mes pensées qui le sont. De rares fois, je m'arrête instinctivement, sans y penser, satisfaite de mon repas, de la conversation avec mon mari, sans l'envie d'un dessert ou d'un dessert de plus. Mais généralement, les pensées reviennent, et le corps satisfait se remet à l'arrière-plan.

Je suppose que c'est parce que je fractionne non pas pour mon corps, mais pour mes pensées. Je ne fractionne pas pour que mon corps soit satisfait (qu'il ait ce qu'il demande, sans surcharge, dans le plaisir). Je fractionne pour satisfaire des pensées de contrôle ("après le repas, mon corps sera satisfait, et je serai une personne modérée, et je maigrirai"). Du coup, je perds contrôle, forcément, et je mange un truc ou deux après, ou bien je réussis à attendre la demi-heure nécessaire pour que la nourriture prenne la place, j'ai des pensées de contentement, alors hop, je me récompense par de la nourriture. Ou bien je ne le fais pas, j'arrive le soir avec une bonne faim, et je mange un peu trop, tout ça dans un bain de pensées qui tournicotent.

Pourtant, je ne peux pas ne pas fractionner. Ca n'est même plus du fractionnement, en fait, ce sont mes portions habituelles. Si je mange davantage, une demi-heure après, je sens mon ventre trop gonflé, et une faim trop petite revient paresseusement au repas suivant (ou pas).

Bref, c'est encore très débutant.

Mais je me dis que ce qui bloque, ce sont les pensées. Et que ce qui les agitent, ce sont les émotions. Donc j'essaie de travailler les émotions. Sauf que pour le moment, je les travaille trop dans la tête, pas encore assez dans le corps.

Et puis j'ai l'impression d'un paradis perdu. Il me semble qu'il y a quelques temps, je faisais tout ça mieux, plus fluidement. En fait, je crois que j'étais déjà, et depuis toujours, dans un bain de pensées remuées par les émotions pour me les cacher, mais qu'en ce moment, comme j'y suis plus attentive, je vois mieux, et ce qui ne m'apparaissait pas avant m'apparaît maintenant comme une montagne.

izabelle
Animatrice forum

justement Pattie c'est très intéressant

si tes pensées de contrôle sont très présentes à ce moment là, la fin du repas,  c'est bien que tu vis des émotions qui te sont difficiles, et que la pensée intervient  pour tout controler dans un but de protection

c'est important de lui dire "merci mais non merci"  et de t'autoriser à ressentir ce que tu ressens dans ce moment là

peut-être de la peur, de l'angoisse  (la pensée intervient vite pour squizzer ce genre de choses)

je t'invite à venir noter ici ces ressentis, ces émotions,   même si elles n'ont pas de nom, dans quel endroit de ton corps elles interviennent, comment ton mental veut les controler

 

je crois beaucoup aux fils où l'on vient exprimer ceci au moment où on le vit

et je crois en effet que cela peut aider les personnes comme nous   à mieux tirer profit de cette étape quand on la fait un peu "tôt" par rapport à notre travail sur les émotions qui prend du temps quand même

 

à vous résumer j'ai l'impression que devoir diminuer ses portions dans un but d'exercice  de fractionnement   ou le simple fait de s'arrêter à satiété   réveille des émotions des familles suivantes :

la colère, la frustration,  la peur

 

ce midi j'ai un repas de famille, je vais faire l'expérience de vraiment m'arrêter à satiété   et de laisser venir en moi toutes les émotions que ça me procure

je viendrai le noter ici même

merci de votre participation les filles

je veux croire que même les mangeurs émotionnels réussiront à exercer leur satiété !!!!

Pattie.
Ancien abonné

J'ai encore assez frais dans la tête le repas au restau d'hier. Ca n'est pas du direct, donc je suppose que c'est déjà un peu "mentalisé". C'est mon premier restau (vrai restau, hein, les mc do ne comptent pas) depuis LC, avec des amis, pour fêter leur départ le mois prochain pour adopter leur trois futurs enfants, bref, le truc bien chargé en émotions. On a choisi un restau japonais qu'on aime.

Ca a commencé la veille au soir. Pendant mon EME du soir, j'ai mangé en essayant de manger moins, pour avoir faim vers 13h le lendemain. Pensées de contrôle.

Le matin, pas faim, mon déca sans sucre, nickel. Et puis vers 10h, petite faim qui grandit, le truc indéniablement pas émotionnel. Légère panique et agitation des pensées : si je mange, je ne vais plus avoir faim, si je ne mange pas je vais avoir trop faim et être de mauvaise humeur.

A 11h, je mange un morceau de pêche. Et puis un autre. Et un troisième, et j'arrête. Pensées : j'ai trop mangé. Qu'est-ce que c'est bon ! J'ai mangé trop vite, je suis coupable. C'est pas juste, on devrait tous pouvoir manger quand on veut ce qu'on veut, pourquoi je dois penser à tout ça ? Et puis "Bon, ce ne sont que des pensées". J'ai mangé juste ce que j'avais besoin de manger à ce moment-là. Mais l'appétit prévisionnel, aux oubliettes ! C'est pas juste !

Au repas, si j'avais suivi mes sensations, j'aurais attendu une bonne heure, je pense, peu-être deux. Et puis j'aurais mangé un sushi sur l'assortiment de pfiou, je ne sais plus ? une douzaine ? qu'il y avait (et du coup, hein, lequel ?). J'en ai laissé deux, ceux qui m'avaient paru le moins goûteux. Ensuite une moitié de morceau de saumon teryaki (il y en avait beaucoup, j'en ai laissé deux morceaux), et puis deux ou trois "baguettées" de l'excellent riz. Et puis la moitié de mon cheese-cake (c'est la première fois que je le trouve si énorme !) mais j'ai tout mangé. Il y avait aussi un peu d'agacement, parce qu'on avait galéré pour trouver le point de rendez-vous, et que mon mari ne raffole pas des conversations où on parle d'enfants (au début, en bonne ego-centrée, je pensais qu'il craignait que ça me déclenche des envies de maternité. Mais en vrai il a si mal vécu son rôle de père avec son fils que c'est très douloureux pour lui). Et puis laisser des choses aussi bonnes, ça m'embête, par rapport au plaisir, j'ai envie qu'il soit assez grand pour tout contenir, par rapport au cuisinier, par rapport à mes amis (ça fait la fille qui a pris des résolutions. Je trouve cette pensée idiote, mais je l'ai quand même, et elle me gouverne un peu, je n'arrive à laisser qu'une part que j'estime socialement acceptable, et sans être à l'aise dans mes baskets).

En même temps que je mangeais, je parlais, j'écoutais, j'avais l'impression qu'on aurait pas le temps de dire tout ce qu'on voulait, et puis je me déroulais mentalement le repas que j'aurais pris si j'avais respecté mes sensations, et je le trouvais petit, injuste, et je me rendais compte que je dégustais peu.

C'est comme si j'avais vécu deux repas en parallèle, sans en vivre vraiment aucun. Du coup, mon corps, il était un peu absent. Enfin, ma conscience était un peu absente de mon corps.

Alors c'était un chouette repas, dans l'ensemble. Mais je suis devenue très exigeante. Depuis LC, j'ai vécu d'excellents moments où j'arrivais à laisser mon mari être agacé sans vouloir effacer son agacement, où je partageais la conversation en étant vraiment présente, où je mangeais peu en étant vraiment satisfaite, et où mes pensées n'étaient que des pensées. Du coup, le repas qui aurait été chouette avant, maintenant, il me laisse un goût de pas fait.

J'en reviens pas d'avoir été si absente à mon corps. Depuis deux ou trois jours, j'ai un peu de mal à être dans mon corps. En principe, ça me déclenche un fort besoin de faire une séance de méditation formelle, pour me remettre dedans. Parfois, ça ne le déclenche pas et je le provoque. Mais là, non. Je me laisse happer par l'accélération mentale et le remplissage d'activités.

Peut-être que c'est la lecture en pointillé de Russ Harris qui me fait ça. Je frôle le travail sur les valeurs. Je ne sais pas si j'y suis prête, je surinvestis peut-être ce que ça va m'apporter, du coup j'ai envie de le bâcler (comme ça au moins je saurais pourquoi ça ne marche pas) ou de le repousser (mais j'ai vraiment envie de mettre des mots sur des trucs que je perçois comme un manque, en ce moment).

C'est ce genre de repas, que j'ai souvent. Pas aussi aigü, avec restau, appétit planifié depuis la veille, amis, moment-clef de vie. Mais avec les pensées qui tournent sans cesse, de la difficulté à percevoir mon corps, l'impression qu'il y a un film protecteur entre mon corps et ma perception qui me fait ressentir les choses en filigrane.

Pattie.
Ancien abonné

Hier soir (parce que du coup, après le repas au restau, ma faim ne s'est pas manifesté très tôt !), j'ai ressenti un peu mieux mon corps. J'avais bien faim, la bonne faim, mais avec l'agacement de ne pas avoir eu faim de toute la journée (si, trois morceaux de pêche vers 14h).

Le soir, j'ai eu la bonne faim, j'ai mangé ce que j'avais envie de manger, mais j'ai senti au bout de trois bouchées que ça allait être moins bon, et ça m'a rendue un peu fébrile, dans le corps, avec dans la tête comme une envie d'accélérer le temps, pour que la prochaine bouchée ait été mangée au moment où ça m'apportait encore du plaisir (oui, bon, pas possible :-) J'ai ensuite mangé un autre aliment, qui était bon, mais j'étais dans les pensées. Un peu de tristesse de ne pas pouvoir manger davantage avec ma faim. J'ai dépassé ma satiété sciemment (enfin, pas tout à fait volontairement, mais sciemment), avec un bon niveau de dégustation et un réconfort assez moyen.

izabelle
Animatrice forum

oui ce que je ressens à te lire, Pattie, c'est que tu vis des choses, sur le plan émotionnel, qui te mettent suffisamment "mal"  pour que ta tête cherche à controler, apaiser, faire disparaitre toutes les aspérités pour que tout soit plat, calme et "controlable"

ça m'arrive presque tous les jours de manger une pèche à 11h et franchement y'a pas de ma à ça si tu as faim !!! ça ne te coupera pas l'appétit de façon dramatique !!!   tu n'auras peut-être pas "les crocs" mais suffisamment faim tout de même

tu as parfaitement noté que cette tentative de ton esprit de prendre le controle de la situation  génère d'importantes frustrations en retour :

incapacité à "gérer" les sensations avec la tête

frustration, sentiment d'injustice car tu as moins d'appétit que la moyenne

 

si tu apprends à laisser à ton corps les rennes,   lui sera tout à fait compétent pour '"sentir"  le stop,  trier les aliments, se diriger selon ses besoins

pour lui le corps, il s'en fiche que les autres mangent plus, ce qui lui importe c'est lui, de manger selon ses besoins d'en profiter, de se restaurer, de prendre plaisir et de s'arrêter quand il est rassasié

 

je pense que ce qui t'empêche pour l'instant de "laisser la main"  à ton corps et la raison pour laquelle ta tête s'invite en mode "hyperactif" pour tenter de controler les choses,   c'est parce que tu vis des choses émotionnellement chargées et qu'il y a une certaine "peur"  à arrêter de controler par la pensée

 

ce que j'ai envie de te dire c'est que ce controle est normal mais que tu dois apprendre à ne plus rentrer dans son jeu, lui dire  "ok tu t'affoles je comprends, c'est dur de vivre ça"   mais revenir vraiment à ton corps  EN CONFIANCE

certes au début la confiance sera un peu sur-jouée, car la peur est là

mais la peur s'estompera au fur et à mesure que tu feras l'expérience qu'il n'y a rien à craindre à ressentir dans ces situations-là

 

à partir du moment où tu t'autoriseras à ressentir ce que tu ressens, des sentiments ambivalents, agréables, désagréables tout mélangés, les peurs, les sentiments d'incompétence, etc, etc......   tu seras capable de juste laisser ton corps prendre les rennes, faire imparfaitement,  à vue de nez

et vivre ces moments tout à fait différement

izabelle
Animatrice forum

alors moi hier

midi : repas de famille

premier ressenti : l'impatience, j'avais les crocs et l'apéro s'éternisait

obligée de me couper l'appétit avec les trucs d'apéro, mais bon comme c'était bon pourquoi pas

arrivée au plat, respecter ma satiété m'a donné des sentiments bizarres

sur le plat, j'ai eu envie d'en "reprendre"  parce une sorte de revival  de ce truc qu'on les enfants entre eux de s'accaparer la "plus grosse part"

ensuite sur le dessert qui était très bon, j'ai bien ressenti la satiété, je l'ai respecté sans difficulté

ma seule impulsion était d'en reprendre  "parce que c'était bon et parce qu'il en restait" mais je ne l'ai pas suivie

 

j'avais pas mal d'incertitude sur la quantité calorique que j'avais ingurgité (apéro, repas de fete) et c'était ça je pense qui aurait pu jouer dans le sens d'une EME éventuelle : la culpabilité d'avoir trop mangé

mais bien heureusement je me suis reconnectée à mon corps qui m'a assuré que tout était ok......

Pattie.
Ancien abonné

Merci beaucoup, Izabelle, pour ce fil qui arrive à point nommé, et pour ta réponse ! Tout revient à ça, l'augmentation de la tolérance émotionnelle. Mais j'identifie mal ce qui est émotions et ce qui est pensées. J'ai tendance à chercher à repousser les pensées pour essayer de trouver les émotions dessous, les tolérer, et hop, ça y est ! Mais ça ne marche pas. :-)

Ce fil est bien tombé, il me permet d'avoir un truc concret pour travailler ma tolérance émotionnelle. Il y a plein de trucs que je fais dans la journée pour ça. Par exemple, partir faire des courses sans ma cigarette électronique, et quand j'ai envie de fumer, je me "contente" de me centrer sur moi, je me dis que je cherche à repousser une émotion, je respire, je me centre sur ma bouche vide, sur ma respiration qui ne m'amène pas de nicotine ni de goût, et ça se passe super bien.

Mais c'est nettement moins facile avec la nourriture. Parfois, justement, quand on a fait des courses le matin, que je me suis centrée sur mon corps parce que j'ai eu envie de fumer, c'est plus naturel de sauter le repas de midi ou de le repousser et de le transformer en collation de l'après-midi. Parfois, non, ça se passe pareil. Ca ne se passe jamais pire, parce que je suis encore en mode binaire, donc si ça doit devenir pire, c'est pendant mon EME du soir, et là aussi, j'ai des "stratégies" pour amenuiser les tensions, comme devancer l'EME en m'offrant un dessert un peu après le repas, que je fais durer une bonne partie de la soirée, en dégustant, cuillère par cuillère, pour sortir de l'idée que je ne laisse mon EME s'exprimer qu'à partir de 23h. Depuis un bail, je n'ai plus eu d'EME qui me fait mal au ventre. C'est déjà un énorme pas. J'ai souvent envie d'aller plus vite, j'ai souvent l'impression que je stagne, mais quand je prends un peu le temps de me rendre compte du chemin que j'ai choisi, je vois que j'ai avancé, et qu'il sera très long et difficile, et que je ne m'en tire pas si mal pour le moment, puisque déjà, je suis toujours à peu près sur le chemin.Il faut juste que je sois plus modeste, au lieu d'avoir un oeil sur le sommet ! Je me dis que j'aimerais AU MOINS sortir du mode binaire, que ça serait déjà une étape. Mais en fait, je crois que sortir du mode binaire, c'est l'objectif. C'est comme si je commençais la course à pieds et que je me disais que j'aimerais faire AU MOINS un marathon.

 

A midi, j'ai ressenti la bonne faim (enfin, vers 13h, plutôt), et je me suis préparé un repas fractionné et un dessert "à volonté". Pour le plat, j'ai découpé à l'avance ce que je savais pouvoir manger en faim, parce que je voulais savoir si c'était vrai : avec une demi-saucisse et une cuillère de purée, j'ai quasiment assez mangé. Eh ben oui, c'est vrai.

Dans la tête, c'était tragi-comique ("Et voilà, c'est tout, mon destin est d'être rassasiée avec une demi-saucisse et trois bouchées de purée, pire qu'un régime").

Dans le corps, c'était le bonheur, plein de sensations agréables sur les papilles, dans la bouche, la gorge, le ventre, et la fin du plaisir en douceur, car effectivement, avec cette dose, le goût est bon jusqu'à la fin et je sais, pour l'avoir testé avant, qu'une mini-bouchée de saucisse en plus, ça serait juste une texture grasse avec un goût trop salé. Du coup, la mini-bouchée supplémentaire me ferait finir sur un goût pas terrible, alors que là, j'ai fini avec un plaisir conservé jusqu'au bout. Ce qui rendait ma tête encore plus désespérée, d'un côté.

Ensuite, j'avais encore faim, j'ai pris mon saladier de morceaux de pêches (morceaux parce que j'enlève tout ce qui est un peu pourri et un peu habité, ce sont les pêches du verger désert à côté de chez moi, où personne ne vient jamais rien cueillir). Là, c'était plus compliqué. Le goût restait délicieux, mais le ventre était vite rempli. Du coup, je ne sais pas quelle est la part d'EME et la part de besoin. J'ai arrêté d'en manger quand le goût s'est affadi (moins sucré, plus acide).

Ma tête était contente, elle avait des pensées de régime (fruits à volonté, youpi !), du plaisir sucré, des pensées fausses, aussi (j'ai si peu mangé que je peux me lâcher sur les fruits !). Le corps s'est manifesté, avec la sensation du ventre trop rempli. Ma tête s'est rendu compte avec effarement que non, les fruits, ça n'est pas à volonté, même que c'est un truc dangereux, qui remplit vite l'estomac (zut, vaut mieux du chocolat !). Au final, je ne sais pas manger les pêches.

Après une petite pause, j'avais la sensation de ne pas avoir assez mangé. Je pense que c'était la satiété (sauf que comme je suis débutante, ça ne se manifeste pas par un désintéressement de la nourriture. C'est juste une sensation que je reconnais pour l'avoir vécu plusieurs fois, pendant l'étape du frationnement et par la suite). Mon ventre ne me faisait plus l'effet d'être trop rempli. Je pense que cette sensation a été aiguë parce que j'y étais attentive.

Donc là, EME, un carré de chocolat en pleine conscience.

 

J'ai eu à nouveau un peu faim vers 16 heures (à peu près comme quand je m'appliquais pour l'étape du fractionnement).

Et là, hop, danse de la panique de la tête, qui voulait que je mange et qui ne voulait pas que je mange : "Mange, tu vas avoir trop faim après, tu ne pourras jamais attendre le repas, et puis c'est vraiment pas juste de manger si peu, alors au moins, mange dès que tu as faim" et aussi "Ne mange pas, c'est une petite faim, tu n'auras plus faim pour le repas, quelle que soit la taille de ta collation". Et puis l'impression que si je mangeais, ça allait gâcher des "efforts", comme au temps du régime. Alors hop, j'ai décidé de manger (une prune).

Dans ma tête, c'était toujours aussi contradictoire ("C'est tout ? Je vais mourir de faim" versus "C'est bourré de sucre, je n'aurai jamais faim au repas !"

Dans mon corps, c'était "WOW, elles sont bonnes, les prunes, quel plaisir !" Et puis ensuite, la sensation que non, je n'aimerais pas en reprendre une autre, ni manger un bout de chocolat, au cas où.

Ce soir, on a prévu une pizza. Pâte et sauce de base industrielles, et puis on a ajouté des fromages, des aubergines, des courgettes et du chorizo. Je sais, pour l'avoir testé, qu'une toute petite part est largement suffisante pour mon rassasiement gustatif, qu'au-delà, c'est pas bon au goût. Et ma tête est déjà en train de jouer la frustration sur son violon (une si grande pizza pour une si petite part). Alors je me dis (elle me dit) que je peux dépasser ma satiété, je n'ai pas besoin d'arriver au sommet de ma montagne ce soir. Et quand je reviens à mon corps, il me dit "Ouais. Mais beurk." Ma tête, ça la rend folle quand mon corps fait ça.

D'autant plus folle qu'à 19h30, mon mari a mis le four en préchauffage, et qu'à ce moment-là, je n'avais pas faim. J'avais juste l'impression que ça n'allait pas tarder. Quand je ressens ça, ça veut dire que j'en ai pour un quart d'heure, ou une heure, ou plus, pour ressentir les premiers signaux. Ca la rend folle aussi, ma tête, de ne pas savoir quand je vais avoir faim, quand je vais avoir la bonne faim, ni même si je vais l'avoir.

Là, ça fait un quart d'heure, et j'ai faim. Pas tout à fait la bonne faim, mais presque. Et ma tête s'affole encore : "est-ce que ça ne va pas passer (le creux d'une vague de faim) à l'heure du repas ? est-ce que c'est la Bonne Faim ou une petite faim que ma petite tolérance émotionnelle me fait prendre pour une vraie ?"

Pfiou !

Pascaline.
Abonné
Pattie c'est tout à fait ça! Qu'est ce qu'on se prend la tete! Je remarque que J'ai plus + faim le soir au dîné, c'est sûrement pour ça que je ne prends pas de petit dej. Enfin en disant + faim je veux dire je crois manger le double en énergie du déjeuner. La nourriture est bonne plus longuement. Ça me plait. Je passe un bon moment avec ma famille à déguster ce repas partagé. La journée je mange moins à mes repas mais plus souvent. Ça dépend. J'ai été à une fête d'anniversaire d'une petite fille. Il y avait un buffet. Je n'avais pas faim du tout, ma fille non plus. Deux personnes nous a encouragé à venir nous servir mais rien de rien me faisait envie. C'est chouette car auparavant pour être conviviale j'aurai rempli l'assiette en carton de cette nourriture froide a l'anglaise. Et dévoré celle ci sans vraiment déguster. Par contre une dame ne comprenait pas quand je disais No thank you I'm not hungry. Elle avait une drôle expression sur son visage. Elle est revenue une autre fois comme si qu'il fallait absolument que je mange .Mais elle n'a pas insisté. J'étais contente de moi.
Pattie.
Ancien abonné

Bravo Pascaline !

 

Repas du soir délicieux, avec la bonne faim, à l'heure du repas avec mon mari, ça faisait un bail que ces trois conditions n'avaient pas été réunies !

J'ai mangé ma petite part sans trop de pensées embêtantes. Juste une pensée faussement vertueuse, en me servant de la salade verte (boah, je peux en prendre davantage, c'est du légume) et des pensées d'inquiétude sur l'après-repas : il n'y a plus de dessert, en ce moment, sauf des fruits et du chocolat, et je n'ai envie ni de l'un ni de l'autre (enfin, si, du chocolat, tout à l'heure, pas pour le moment).

Là, j'ai une sensation de petite faim toute légère. Je ne sais pas si c'est de la faim ou si c'est "la petite place". Mais j'ai décidé de faire un brownie, pour en manger une part au long de ma soirée, en dégustant miette par miette si j'y arrive. Donc pendant qu'il cuit, j'aurai le temps d'observer.

Ce que j'aimerais réussir à faire, au moins quelques repas, pour m'exercer, c'est trouver le moment où il y a "la petite place". Respirer un peu. La combler, mais sans rajout, juste la combler, en conscience. Et ensuite, céder à une EME si elle se présente, là aussi en conscience (céder à une EME autre que celles de fin de repas ou celle du soir, c'est difficile pour moi, ça me demande de l'entraînement). Et ne surtout pas chercher à gérer celle du soir. Là, j'ai bien compris que si j'essayais d'y toucher délibérément, je me le fais payer. Je travaille autour, c'est déjà beaucoup.

J'aimerais bien laisser cette petite place, mais je pense que ça serait comme sauter une classe. Je n'ai pas encore la maturité émotionnelle pour ça. J'ai peut-être celle de me laisser la percevoir plus souvent, ou en tous cas je peux m'exercer à me laisser la percevoir, avec ménagement (j'avance dans le parcours, mais avec un déambulateur !)

Chléa.
Abonné

Très bonne idée ce fil : je suis en plein dedans, j'ai commencé le fractionnement aujourd'hui

J'ai surtout ressenti de la peur : peur de ne pas y arriver ( sentiment d'incompétence), peur de vouloir faire trop de zèle ( cf " bonne élève " ), peur d'etre frustrée en me privant du plaisir retrouvé de manger ce que je voulais 

En bilan de cette première journée : ça s'est bien passé, je suis sortie de table satisfaite, sans faim mais légère, avec encore de la place. Légère dans mon corps , et de ce fait sereine au final

Je suis quand même effarée par la faiblesse des quantités mangées, déçue de ne pas pouvoir manger plus( mais pas frustrée ) 

Pour autant, je suis bien conciente que j'ai fait l'exercice avec ma tete, pas vraiment avec mon corps : j'ai pas laissé parce que mon corps me disait "stop ", mais reduit volontairement UA et portions AVANT de manger

Y'a encore du boulot ...

Kaylee
Marraine

@Pascaline, avoir des personnes qui insistent à un buffet, auxquelles tu es obligée de répéter "non je n'ai pas faim", c'est pas évident mais il y a un outil pour ça avec la voix du Dr Apfeldorfer, qui dit, en résumé, qu'il est inutile de se justifier en disant qu'on n'a pas faim, mais répéter "non merci" d'un ton ferme sans donner trop d'explications. C'est dans l'outil "comportement alimentaire", et le titre de l'outil est "j'apprends à refuser de la nourriture sans vexer".

//www.linecoaching.com/prog/comportement-alimentaire/les-outils/POU/CA/PO9

J'ai eu le même souci à un moment pour l'alcool, dans les (rares) pots à 11 h 30 au travail, aucune envie de boire un verre au travail, aucune envie de boire un verre à 11 h 30, mais j'en avais tellement marre des réflexions des uns et des autres parce que je déclinais que je finissais par prendre le verre proposé, le garder à la main, faire semblant de le porter à mes lèvres à intervalles réguliers, mais lèvres fermées pour ne rien avaler, avant de finir par le verser dans la 1ère plante verte venue pour ne pas le boire. Je pense avoir tué pas mal de plantes vertes de cette façon wink.

@Pattie, je me suis également retrouvée il y a quelques jours avec des pêches à demi abimées et en trop grande quantité, achetées mais qui ont mûri plus vite que prévu et je ne voulais pas tout bouffer d'un coup, j'en ai mangé 2 ou 3 bouchées, puis j'ai trié et épluché le reste immédiatement, mis dans un saladier, passé au mixer pour en faire une purée, rempli plusieurs bacs à glaçons avec ma purée de pêches, et mis aussitôt au congélateur.

J'ai fait un goûter cet après-midi de 2 "glaçons" de pêches que j'ai laissés fondre lentement dans ma bouche. Un régal ! La prochaine fois que je vais faire des courses, je vais chercher des bâtonnets pour les planter dans mes prochains "glaçons" de pêches.

mavo.
Marraine

Il est passionant, ce fil !

Je vais essayer de vous rejoindre car je pense que c'est parfaitement adapté à mes errements actuels, j'ai besoin de revenir au comportement alimentaire, à ce qui se passe dans mon coprs et dans mon assiette, après plusieurs mois consacrés à comprendre les pourquoi, à analyser les causes.

Je dis "je vais essayer" parce que la simple elcture de tes CR, Pattie, me fait peur ! smiley

C'est tellement imagé et bien décrit : je me reconnais à 100%, ligne par ligne, déjà passée par là au moment où je faisais l'étape du fractionnement. Et l'angoisse de me découvrir petite mangeuse, je ne l'ai finalement jamais dépassée. Je suis revenue à mes portions "habituelles", laissant de côté mon coprs et ses sensations qui vraiment, ne s'accordaient pas avec ma tête, avec mon image de moi, avec mon histoire, avec ler egard des autres, etc...

Je fais le lien avec "l'épiphanie" ressentie récemment et de façon très fugace. Ca ne va pas être facile à expliquer, mais j'essaie. Ce sentiment de "c'est à portée de main... il me suffit de décider". En effet, perdre du poids est à portée de main : il me suffit de manger en respectant mes sensations. C'est à la fois tellement simple, et resepctueux de soi-même, et bien sûr tellement compliqué, sinon nous ne serions pas ici ! smiley

Bon bon bon... je vais donc me relancer sur une étape type fractionnement, et venir noter ici comment ça se passe !

Violette28.
Abonné

[quote=mavo]

En effet, perdre du poids est à portée de main : il me suffit de manger en respectant mes sensations. C'est à la fois tellement simple, et resepctueux de soi-même, et bien sûr tellement compliqué, sinon nous ne serions pas ici !

[/quote]

Je te rejoins complètement Mavo: ça a l'air tellement simple!

Izabelle et Pattie, vous décrivez drôlement bien vos sensations, je vais essayer de vous rejoindre aussi!!

Pattie.
Ancien abonné

Hier, repas de famille chez mes parents. C'était chouette. J'ai flippé un peu à l'idée que la faim n'arrive pas. Elle est arrivée, et j'aurais voulu avoir vraiment très faim (alors que je sais que même avec vraiment très faim, je ne peux pas manger davantage, mon corps se contente d'à peu près la même chose que quand j'ai une faim moyenne. Là, c'était une faim "moyen moins". J'aurais aimé qu'elle soit au moins "moyen plus". Je regardais ma filleule d'un an et demi, en pleine période d'opposition, et on aurait dit un miroir : jamais contente.

J'ai mangé très peu, et j'ai bien senti que ça me suffisait. Mais pas contente quand même. J'en ai même parlé avec ma mère. Elle me demandait si je continuais ma méthode, en disant "en tous cas, ça marche bien !". J'ai dit que oui, mais que c'était pas facile, parce que j'avais un tout petit appétit, et que comme la nourriture me servait de réconfort, du coup je devais apprendre à me réconforter autrement d'une part, et surtout à ne plus avoir besoin de me réconforter autant pour des petites choses. On a discuté de moi enfant, au moment où j'ai commencé à grossir, et je lui ai dit que peut-être, c'est quand le premier de mes petits frères a commencé à devenir assez grand pour être un vrai enfant concurrentiel que j'ai commencé à utiliser la nourriture pour me réconforter, et on a parlé de mon neveu, qui va bientôt être grand frère et qui a déjà bien du mal à supporter d'être "grand cousin". On a parlé aussi de mon petit appétit de quand j'étais enfant, et j'ai montré concrètement que ça n'avait pas changé. Ca m'a fait du bien. Dire à haute voix que j'avais un tout petit appétit et que ça m'énervait, ça m'a fait encore plus de bien que de dire que les régimes, ça ne sert qu'à regrossir.

J'avais une petite place, une grosse envie de la combler avec du sucré. Mais on attend d'être tous ensemble pour attaquer la glace, et comme ma filleule tombait de sommeil (c'est-à-dire qu'elle râlait tout ce qu'elle pouvait pour qu'un miracle lui retire sa fatigue et qu'elle puisse continuer à jouer avec son grand cousin. Le portrait de sa marraine !), on a attendu que ses parents la couchent, puis qu'ils abandonnent l'affaire. La pause sanglots "Au secouuuuuuuuuuurs ! On me couche !", l'avait un peu requinquée, donc elle a commencé à jouer avec mon cousin, qui, lui, aurait bien aimé avoir une plus longue pause sans cousine dans les jambes.

J'ai goûté des cuillérées des glaces qui m'intéressaient. Assez déçue dans l'ensemble. J'ai mangé un peu trop vite pour vraiment déguster, d'une part, et peut-être aussi que le temps entre "la petite place" et son comblement était trop long : elle était déjà comblée, le repas avait pris sa place sans mon estomac et dans ma tête. Quand aucune glace ne m'a fait envie, j'ai pris un peu de chantilly (en dégustant vraiment), et j'ai arrêté à la deuxième bouchée, qui était moins bonne que la première.

Alimentairement, c'était plutôt une humeur en demi-teinte. Genre un peu philosophe au sujet de la petitesse de mon appétit et de mes ressentis négatifs à ce propos. Et puis assez épatée par la ressemblance entre ma nièce et moi. Je suis bien plus adoucie qu'elle, surtout en société, parce que j'ai une bonne quarantaine d'années de plus. Mais dans l'ensemble, elle a le même sale caractère, la même envie d'avoir raison, de contrarier exprès pour avoir raison, quelle que soit son envie réelle. Elle peut se gâcher un plaisir rien que pour avoir le dessus. Bon, bien sûr, elle ne l'a pas (à part pour la sieste ce jour-là, ses parents ne lâchent rien, et puis elle n'a qu'un an et demi, donc son attention est assez rapide à focaliser sur autre chose). Ca me laisse pensive. Moi aussi, je suis capable de m'opposer à des trucs plus forts que moi inutilement, pour avoir raison, même si je sais que c'est perdu d'avance. Mon ressentiment envers mon petit appétit ne sert absolument à rien. J'ai eu l'impression d'être ma filleule en train d'essayer d'aller au soleil sans chapeau, coursée par son père, confiante dans la capacité de ses petites jambes. Ca ne l'empêchera pas de réessayer au prochain rayon de soleil, tout comme ça ne m'empêchera pas d'en vouloir encore à mon petit appétit, mais au final, elle devra accepter que le soleil n'est pas que bon, et que papa a de grandes jambes, et je devrais bien accepter que j'ai un petit appétit et que ça n'est pas la fin du monde, et que même si ça l'était, mon corps est comme ça.

Envie d'aucun aliment dans l'après-midi. Je n'y ai même pas pensé. Juste envie de regarder mon neveu et ma filleule, d'aller cueillir des tomates avec elle, de me marrer parce que je l'ai laissée en cueillir une, sauf qu'elle ne sait pas, elle l'a complètement écrabouillée avec sa petite main, en me regardant d'un air interloqué (eh ben alors ? pourquoi elle est pas dans ma main, la tomate ?).

Le soir, les pensées sont revenues, j'étais un peu triste et agacée que la faim ne revienne pas, alors que j'avais l'impression que quand même, dans l'ensemble, j'avais respecté plus ou moins mes sensations.

Et puis sur le chemin du retour, elle est arrivée. Une faim de taille "moyen moins". Arrivés à la maison, c'était un creux de faim, et puis c'est revenu, donc j'ai mangé, en piochant dans le "doggy-bag" que ma mère nous donne. Un quart de tranche de rôti froid avec un peu de mayonnaise, une cuillérée de tarama, une demi-tranche de pain, un tiers d'une petite part de cake poire-caramel et quelques brisures de galette au beurre avec des brisures de caramel qu'un de mes frères avaient ramené de ses vacances. C'était délicieux. J'ai laissé la petite place. J'ai attendu un moment. J'étais contente que la faim soit revenue. C'est la première fois que la faim revient à l'heure du repas du soir après un repas chez mes parents. Et finalement, j'ai autant profité de la journée que quand je dépasse ma satiété. Et pour finir, j'ai pris deux carrés de chocolat, pour combler la petite place. Ils étaient très bons, surtout celui à 90% de cacao (quand je n'ai plus faim, les aliments les plus puissants en goût restent assez satisfaisants, au moins sur une bouchée ou deux).

Ce matin, malgré l'EME du soir, j'ai eu des sensations de faim. En principe, ma tasse de déca sans sucre suffit à la combler. Mais ces sensations de faim matinale, même toute petite et même pas sûre, c'est chouette. C'est ce que je ressens quand j'ai mieux respecté mes sensations que d'habitude.

Ca reste du respect de sensations par le contrôle, mais j'ai besoin de ça, de m'obliger à m'exercer.

Kaylee
Marraine

C'est très intéressant de te lire, Pattie, ça m'apporte beaucoup, fait réfléchir.

Le dialogue que tu as avec ta mère, vraiment, c'est une chance, une richesse !

Pattie.
Ancien abonné

Oui, surtout que plus je vois ma nièce, plus je me dis que ça n'a pas dû être facile pour elle de garder toujours la communication avec moi ouverte. C'est pas facile de papoter à deux pendant un repas familial (un fils qui a un nouveau boulot et un projet de maison, deux belles-filles enceintes, deux petits-enfants), et elle a réussi à trouver le temps. J'apprécie énormément qu'elle ait compris à quel point c'était important pour moi. Et je pense qu'elle a apprécié que pour une fois, je ne sois pas dans le défi ou le prosélytisme, juste dans le partage de ce que je vivais, pensais et ressentais.

mavo.
Marraine

Bon donc je suis partie déjeuner avec une faim assez moyenne. J'ai acheté une petite salade et une salade de fruits et du pain.

Je ne peux pas dire que j'ai fractionné, puisque j'ai mangé mes deux salades en entier. J'ai mangé moins de pain que je ne l'aurais fait d'habitude, mais de façon complètement mentalisée ("parce que j'essaie de fractionner") et pas du tout en resepctant mes sensations.

Mes sensations, je n'y ai juste pas fait attention (l'arrêt du plaisir : oublié d'y penser).

Impression de ventre rempli en cours de repas, vers la fin. Qui disparait assez vite, en quelques minutesj, pour laisser la place à une sensation de petite place.

Dans la tête c'est confus, entre culpabilité (je n'aurais pas dû acheter un dessert / j'ai pas fait attention au plaisir), satisfaction (finalement, j'ai quand même sans doute moins mangé), inquiétude (en fait, je suis toujours dans le contrôle et pas dans l'écoute).

On va laisser passer tout ça ! Merci, mais non merci... smiley

Pattie.
Ancien abonné

[quote=mavo]

Impression de ventre rempli en cours de repas, vers la fin. Qui disparait assez vite, en quelques minutesj, pour laisser la place à une sensation de petite place.

[/quote]

Ca m'est arrivé, ça, depuis que je "travaille" sur ce fil. Quand j'ai mangé des pêches, j'ai eu la sensation de ventre trop rempli. Et puis cinq minutes après, ça avait disparu. Je l'ai vu comme mon corps qui envoie un signal fort pour que ça attire mon attention ("Hey, attention, tu vas bientôt avoir assez mangé, c'est le moment de faire attention à moi"). Parce qu'avant, quand je ressentais cette impression de ventre trop plein, ça ne passait pas en cinq minutes. C'est peut-être aussi dû à l'aliment. Il est plein d'eau, ça remplit le ventre, mais pas forcément en nutriments.

Violette28.
Abonné

[quote=Pattie]

C'est peut-être aussi dû à l'aliment. Il est plein d'eau, ça remplit le ventre, mais pas forcément en nutriments.

[/quote]

Ca m'est déjà arrivé également, et c'est complètement lié à l'aliment pour moi. Il fut un temps où je me prenais un grand verre de cacao froid pour le gouter: ça me donnait une impression de ventre rempli, mais en réalité, ça ne me nourrissait pas tant que ça, car la sensation de faim revenait pour le repas du soir!

Mon expérience de ce midi: j'ai failli ne pas y penser. Mon repas est un repas typique qui ne "me fait pas plaisir plus que ça", mais j'ai cuisiné pour faire plaisir à mon compagnon: roti de veau et lentilles bio. Déjà, première satisfaction, j'ai réussi à faire une bonne sauce (mon dernier roti a cramé car j'étais partie faire autre chose au lieu de surveiller). Donc, pour le veau et les lentilles, comme ce n'est pas un plat que j'affectionne particulièrement, je ressens le rassasiement gustatif assez précisément: ma bouche me dit: je n'en veux plus, je n'en veux plus, JE N'EN VEUX PLUS!!!!! Sauf que j'ai encore une petite faim: pain et camembert, et pour finir, poire avec chocolat noir fondu. Pour moi, le repas, c'est presque toujours ça: la première partie me nourrit, calme ma faim, sans forcément grand plaisir. Le plaisir gustatif est là pour le dessert. J'ai essayé de déguster, mais pas facile... Je ne sais pas trop si j'ai atteint ou dépassé de beaucoup ma satiété, mais ce qui est sur, c'est que pour moi, la satiété = la petite place = FRUSTRATION!!!!!!!!!

J'ai failli me reprendre un truc sucré (un verre de cola, un finger..) et puis je me suis rappelée que je devais venir consigner mon expérience ici (ARRETE, STOP, TU VAS TRUQUER L'EXPERIENCE!!!!!).

J'ai aussi pensé aux paroles de Mavo, qui dit que ça a l'air si simple, et que c'est à moi de décider: alors, oui, j'ai écouté mon ventre qui était clairement contenté, et je me suis dit que si je mangeais à chaque fois comme ça, je perdrais 3 kilos SANS AUCUN efforts! ;-)

Mon profil: petite mangeuse depuis l'enfance (et également mangeuse d'une lenteur absolue), je repère sans trop de difficulté les signaux de faim et de satiété. C'est une chance inouïe. C'est mon côté émotionnel qui m'empêche de respecter les signaux.

Bon voilà. j'ai toujours envie de manger, mais je n'ai plus faim...

-Céline-.
Abonné

Bonjour à toutes, vos écrits sont vraiment intéressants, merci de partager !

Je me lance à présent pour répondre à la question à la question du fil :

Ce que j'ai ressenti lors de l'étape " je teste ma satiété"

Cette étape est coincée dans mon parcours entre "je découvre la dégustation" et "j'apprends à déguster les aliments caloriques". Cela a été une véritable épreuve, l'étape la plus difficile de mon parcours jusqu'à présent.

Elle a réveillé une énorme peur : celle d'avoir faim. Alors qu'on pourrait croire que cette peur se serait activée lors de l'étape "je découvre la faim" et bien, que nenni, c'est là que je mets à jour cette peur. Suite à un entretien avec un coach, il s'avère que cette peur fait suite à de nombreuses privations de régimes. J'ai effectivement un passé de restrictions assez important.

Et puis, comme pour Pattie, le voile s'est levé sur le fait que je suis une petite mangeuse et moi aussi, j'ai envie de hurler de savoir ça !!! C'est trozinjuste comme dirait un oisillon avec une coquille sur la tête ! Alors, Pattie, tes écrits, je ne dirais pas qu'ils m'apaisent mais tout de même, je suis "heureuse" de ne pas être seule et merci de mettre tes mots sur quelques évidences : j'ai beau être en colère, ça ne changera rien à l'affaire, petite mangeuse je suis, petite mangeuse je resterai, c'est un fait, une réalité et non un problème et il n'y a donc pas de solution .... Il faut se dire qu'en cas de guerre, nous aurons plus de chance de survivre en cas de privation (joke inside of course !).

C'est dur à accepter parce que j'aime manger et j'aime manger de tout ... Je sens que j'ai de la colère à évacuer, même si ça ne changera rien au fait qui est là et bien là, je dois ex-primer cette émotion, je sens que j'en ai besoin, mon coussin-colère va servir très bientôt  ...

J'essaie aussi de relativiser en me disant que de ce fait, je suis obligée d'aller vers le pays de la dégustation. Franchement, ça me pompe l'air les petits morceaux gardés des plombes en bouche à essayer de deviner un arôme, un goût, je ne suis pas de nature patiente ... le chemin va être long ! Mais si j'y vais en râlant, ça va pas m'aider, alors, je prends mon courage à 2 mains et je me lance. J'ai dégusté le chocolat, le camembert et je vais m'attaquer aux fraises tagada (tsoin tsoin!). Et je sélectionne les défis sur le sujets, les plus ludiques. Mon mari a pour mission d'acheter un aliment sans me dire ce que c'est et de me le faire deviner. Et du coup, il va "subir le même châtiment" ^^ !!

Céline

 

 

 

 

Chléa.
Abonné

Ma journée d'aujourd'hui dans le fractionnement : ben, bof en fait

J'aime pas ça fractionner : j'ai pas peur d'avoir faim, mais ça m'agace de manger si peu

Alors ce matin avant de partir à la balnéo : 1 peche plate; tres bonne, satisfaite . Quand même surprise de n'avoir pas plus faim que ça car mon dernier repas remontait à la veille 15h ! ..

Vers 14h, 1 pain au chocolat sur la plage ; je l'ai mangé par petites bouchées, l'ai trouvé moyen( trop gras ) , mais plus faim après.

J'ai senti revenir la faim vers 18h mais je ne voulais pas faire de collation car j'avais envie d'avoir une bonne faim pour le diner ( envie d efaire un vrai bon repas et de l'apprécier ) et la faim 'était tres supportable

Au diner j'avais faim : 1 tomate basilic, 4 sardinesgrillées  et 3 CAs de lentilles froides aux oigons; 1 mini creme vanille et 1 peche

Ca m'a fait du bien, c'est le 1er repas "normal" que je fais depuis le debut du fractionnement.

Je suis sortie de table avec limite la sensation d'avoir trop mangé ..et là, pareil, je ressens une petite place ( 30 mn après ) , et des gargouillis ..Genre comme une faim . C'est bizarre cette affaire là, ça ne m'a jamais fait ça avant. Ca m'interpelle quand même

Bah, je vais attendre un peu, si ça se corse j'irai manger un petit truc ( chouette : du chocolat¨^^ ) 

J'aime pas trop cette étape en fait : je ne me sens pas libre, alors que j'avais vraiment le sentiment d'avoir recouvré une vraie liberté par rapport à la nourriture

mavo.
Marraine
Chlea : c'est librement que tu choisis de manger en deçà de ta faim... pendant quelques jours. Pour expérimenter la réaction ainsi provoquée, pour découvrir la façon dont ta faim évolue, pour parfois s'apercevoir qu'on a un appétit plus petit que ce qu'on croyait... À te lire, il me semble d'ailleurs que tu fais des tas de découvertes ! Bon je dis ça mais je n'en fais rien ! ;-) Ce soir j'ai été un peu plus attentive au plaisir en bouche... mais pas encore assez pour m'arrêter le moment voulu. Si : je n'ai pas fini un morceau de pain de cette façon (big up car le pain est un aliment très problématique pour moi, encore aujourd'hui). J'ai hésité sur le dessert : un moment j.ai pensé ne pas le finir, puis je me suis dit que c'était juste du contrôle et pas une question de respect de la satiété car j'avais encore un certain plaisir à manger, et je l'ai fini. Pour finalement être sérieusement perdue : ce n'est pas la faim du plaisir de manger que je dois chercher (car pas facile à atteindre : manger peut me faire plaisir très longtemps !). C'est la faim du plaisir gustatif, le changement de goût. Sauf que pour repérer cette micro sensation, il faudrait que je sois hyper ultra attentive ! Et cela ne me paraît pas réaliste. Bon donc voilà : tout se passe dans la tête. Je mange avec ma tête. Mon corps ne me dit pas grand chose. Si, mais après le repas, genre 15 minutes plus tard. Là je sais que je n'ai pas trop mangé. Et que je n'ai plus faim. Donc je dois être grosso modo à satiété.
Chléa.
Abonné

Oui Mavo, tu as raison : personne ne me force à faire ça, je le sais bien . Bien sur, ce n'est pas ça que j'évoquais

Et ben là, je viens de choisir, librement, de manger 2 carrés de choc : j'avais encore faim, et c'est boooooooon ;)

Pattie.
Ancien abonné

Boah, Violette ! Ce n'est pas truquer l'expérience... enfin, pas trop... enfin, je truque à chaque fois, moi ! Ce fil m'a fait un déclic pour expérimenter à nouveau la satiété, mais pas pour la respecter. A la limite, même, il me prouve que je ne suis pas prête, parce que depuis que je me suis sortie l'obligation de la respecter, je m'autorise à la ressentir.

Mon trucage, c'est que je fractionne en amont, sur la part que je prends. Je la prends assez petite pour me sentir m'insurger intérieurement ("C'est touuuuut ???"), tout en sachant que oui, c'est tout, ça va faire plusieurs mois que je mange en plus ou moins pleine conscience, et je SAIS intellectuellement que c'est tout, j'ai expérimenté corporellement que c'est tout, et j'ai ressenti émotionnellement que mes besoins supplémentaires, c'était pour calmer ma frustration, et que parfois, ça ne suffit pas, que ça fonctionne mieux de laisser la frustration vivre sa vie.

Ensuite, je mange ma (trop petite) part.

Là, voilà, paf, ça y est, c'est la satiété, je le sens bien. Je reste un (plus ou moins grand) moment à râler, ou à observer, ou à ne pas en croire mon corps, ou à patienter jusqu'à ce que la frustration ait fini sa danse du scalp et à voir que oui, à part pour la frustration, je n'ai plus besoin de manger. C'est là que j'essaie de repèrer ce que je ressens, pour ce fil.

Et là, je mange un petit truc de plus, sciemment (dans mes pensées, ça donne : "tralalère, je peux dépasser ma satiété, je ne suis pas obligée de la respecter").

Ensuite, j'arrête, et si j'ai une envie un moment plus tard, j'y cède (généralement un ou deux carrés de chocolat).

 

A midi (enfin, 13h30), j'ai très peu dépassé ma satiété. En fait, au début, je ne l'ai pas dépassée. Je sentais la petite place, elle était comme hier, comme une petite faim énervante (parce qu'on dirait que la faim arrive et qu'on va pouvoir avoir un moment de réconfort en mangeant, sauf que non, c'est du passé) et ça ne me dérangeait pas du tout. J'ai rangé la table, et voilà. Je n'en revenais pas.

Du coup, je me suis demandée si vraiment, je n'avais pas envie d'un petit truc en plus. Ben non. Même pas du chocolat ? Ben non. Et t'es sûre que ça va pas te déclencher une EME gigantesque ? Ben euh, non... Et du coup, ça y est, tu as une alimentation régulée pour toujours ? Ben euh, non, oh, pas pour toujours... D'ailleurs, je vais prendre un carré de chocolat, pour me montrer que j'ai du temps. Et même deux, tiens !

Et ensuite, pas d'autres EME de toute la journée. Je n'ai repensé à la nourriture que quand la faim a commencé à se déclencher, vers 17h. A 19h, hop, vraie bonne faim. Là, aussi, j'ai senti la satiété, elle ne me dérangeait pas. J'ai mangé une bouchée de pain aux olives, et je sentais encore la petite place, et elle ne me dérangeait toujours pas. J'avais envie de manger un morceau de mon reste de brownie, mais je n'avais pas envie de l'avoir dans la bouche. Ca m'a rappelé pendant ma petite gastro, cet hiver : j'avais envie de manger, mais sans passer par le système digestif. C'est là que j'ai vraiment bien compris - corporellement - ce qu'était une EME, et là, ce soir, pareil, c'était vraiment très net. L'envie de manger sans passer par le système digestif, pas même les papilles, c'est vraiment un signe que ça ne vient pas du corps, et un signe que je suis bien dans mon corps.

Du coup, ça m'a posé des questions. Je crois que j'avais une idée reçue, de l'ordre de la pensée magique, qui me disait que si j'étais bien connectée à mon corps, je n'aurais pas d'EME. Et là, j'étais visiblement connectée à mon corps, et j'en avais une (oh, une petite). En fait, le fait d'être connectée à son corps n'a rien de magique sur les EME. Bon, je le savais, mais intellectuellement seulement, j'avais besoin de le vivre dans le corps. La connexion au corps permet juste de savoir qu'une envie de manger vient de la faim ou des émotions. L'envie de respecter les sensations aide à ne pas manger pour nourrir une émotion, mais elle ne fait pas le boulot en entier. Ce qui fait le boulot, c'est d'expérimenter la peur une fois. Et puis une autre fois. Et puis une autre. A chaque fois. Et à priori le reste de ma vie, fois après fois.

Je me souviens que j'avais déjà apprivoisé ma frustration. Elle ne me faisait plus manger. Et là, en fait, si. C'est assez râlant, le côté rocher de Sysiphe. Peut-être que je l'ai apprivoisée deux fois : une fois quand j'ai commencé LC, et que j'ai instincitvement réduit mes portions. Puis quand j'ai fait l'étape du fractionnement et que je les ai encore réduites. Et là, en ce moment, je les réduis encore davantage, donc je dois à nouveau la réapprivoiser. En fait, peut-être aussi qu'une émotion ne s'apprivoise pas. Elle reste un truc sauvage, qui passe, et qu'il faut juste laisser passer. L'idée d'apprivoiser est plus rassurante, ça a un côté assez définitif qui me plaisait bien : on prend son courage à deux mains, on fait face à la bête, on l'apprivoise, et voilà, hop, c'est une copine pas dangereuse. Finalement, la frustration serait un loup sauvage, auquel on peut s'habituer, qu'on peut reconnaître, qui n'est pas forcément agressif si on ne l'attaque pas, mais avec lequel rien n'est jamais acquis.

Du coup, j'ai terminé mon repas avec une petite place, sans chercher à la combler davatange. Et j'ai préparé des cookies au beurre de cacahuètes, pour ne pas me laisser croire que c'est du définitif pour toujours (ce qui m'angoisse. Vu la taille de mes portions actuelles, je veux pouvoir penser que je peux dépasser, même si mon corps me dit que bof, il n'a pas envie). Je me disais que j'en dégusterai un quand ils seraient cuits, comme gourmandise émotionnelle de ma soirée.

Et bon, là, la petite place a été comblée, je n'ai plus envie de rien.

Je sais que je mangerai des cookies pour mon EME du soir, celle que je n'essaie pas de travailler (sauf par le travail de la journée). Ca m'agace. C'est binaire, je n'aime pas être binaire (c'est Mal :-) Donc je vais manger mon cookie sans faim, hors de cette EME du soir. J'essaie de voir ce que ça fait quand je la devance, comme un mangeur régulé qui prendrait un carré de chocolat dans la soirée, sans faim particulière, juste comme ça, par envie émotionnelle. Je ne sais pas si j'ai raison ou pas (c'est une pensée automatique qui revient souvent chez moi, ça : "j'ai raison ou pas ?"), mais ça revient à me réconforter à froid, pour apprendre peut-être à me réconforter à chaud.

C'est peut-être hors sujet de ce fil, ce paragraphe sur mon EME du soir. Mais en fait, pas tant que ça. Ce que je travaille indirectement ici, c'est ça, mon mode binaire indéniable du soir. Et ce que déclanchent mes agacements à laisser la petite place, ce sont des EME, pour lesquelles j'arrive à ne pas manger ou à manger en petite quantité, mais qui peuvent exploser le soir.

Pattie.
Ancien abonné

(Doublon)

Pattie.
Ancien abonné

[quote=mavo]ce n'est pas la faim du plaisir de manger que je dois chercher (car pas facile à atteindre : manger peut me faire plaisir très longtemps !). C'est la faim du plaisir gustatif, le changement de goût. Sauf que pour repérer cette micro sensation, il faudrait que je sois hyper ultra attentive ! Et cela ne me paraît pas réaliste.[/quote]

Le rassasiement gustatif, c'est un signal pour changer d'aliments, pas forcément pour la satiété.

Mais ça a donné quoi, pour toi, les expériences sur le rassasiement gustatif ? Tu le sentais ? Ou tu exagères en disant "très longtemps" et "ultra attentive", parce que tu aimerais faire encore mieux ? Parce que si : c'est super réaliste. C'est mon outil principal, et sans être ultra attentive. C'est l'outil qui me permet de ressentir que la limite est intérieure, pas extérieure. Je ne mange pas deux carrés de chocolat parce que c'est mieux que trois, mais parce que le troisième n'est pas bon. Peut-être que tu manges moins gras que moi ? Encore que même sur la tomate sans assaisonnement de ce soir, je l'ai senti. C'était une tuerie de tomate du jardin de mes parents, cueillie hier, j'en ai pris une moitié, et il y avait un quart de trop, le goût s'est affadi, c'est devenu une texture de tomate avec un goût d'eau à la fois acidulée et doucereuse. Même pendant mon EME du soir, le rassasiement gustatif finit par me limiter (enfin, sur un aliment. Je passe à un autre !). Peut-être que tu peux approfondir ça, parce que sans rassasiement gustatif, ça doit être encore plus frustrant.

izabelle
Animatrice forum

Pascaline, oui, comme le dit Kaylee, dans Maigrir c'est dans la tête, et surement qq part sur ce site, le Dr A donne une très bonne méthode pour refuser de la nourriture "sociale"

j'ai testé, ça marche très très bien  et pour les deux parties

il s'agit de faire trois compliments sur la nourriture et puis de refuser

NE PAS parler de sa faim, on n'a pas besoin de l'évoquer, car si on a "complimenté", remercié, mais qu'ensuite on ne prend pas, la personne en face comprend d'elle-même qu'en fait on n'a pas faim,    mais elle, elle est "rassasié"  de compliments de de remerciements sociaux

tout le monde est content et on n'a pas mangé sans faim

ça marche très bien avec les gens bien intentionnés

par contre pour les gens plutôt mal intentionnés qui veulent en fait vous faire "grossir",  y'a une autre méthode, c'est celle du disque rayé

 

 

Pattie, je comprends bien que tes pensées s'affolent quand tu manges à ta faim,   mais ce qui est important c'est que tu prennes conscience que cet affolement, cette volonté de controle par la pensée n'est motivé que par une chose : la peur de ne pas assez mangé
finalement c'est une peur bien légitime   et ce n'est qu'avec l'expérience de la chose qu'elle finira un jour par se calmer
il te suffit d'en prendre conscience, de cette peur de ne pas avoir assez mangé, d'avoir conscience que tes pensées cherchent à répondre à cette peur, que tu les remercies mais que tu veux faire cette expérience, pour aujourd'hui seulement

ensuite soit tu visualises tous les endroits où tu pourras te procurer de la nouriture si besoin, soit tu gardes sur toi une collation

et à chaque fois que les pensées recommencent leur sarabande, tu leur dis  "ok j'ai bien compris que vous aviez la trouille, mais moi je veux faire l'expérience de ceci, mais j'ai des solutions de secours, regardez là là et là...."

et tu te reconcentres sur les sensations agréables de ton corps à satiété

Tu te mets aussi beaucoup de pression sur le  "réussir à faire"

alors que tu constates que tu as encore beaucoup d'EME

les EME naissent beaucoup plus dans le "faire"  que dans le  "être"

tu n'as pas à "gérer" tes EME, mais commencer à faire de la place aux émotions ou au ressenti que tu ne tolères pas encore pour le moment

il faut ouvrir une brèche, simplement

la petite place me semble en effet prématurée si tu as toutes ces EME

car c'est une pression supplémentaire que tu te mets,  où ta pensée va s'engouffrer et là tout se mélange......

sois moins exigeante sur ta satiété,  parce que pour l'instant en effet, on sent que c'est par la pensée que tu cherches à l'atteindre, or c'est rigoureusement impossible et ça rend  "craaaazy"

 

 

Chléa, c'est très bien ce que tu as fait

tu vas t'habituer à ces quantités, d'autant que ça varie selon les jours aussi

on s'habitue tout à fait à ne pas se la jouer Gargantua, à accepter ses petits besoins,  ceci dit la dégustation est d'une grande aide pour cela

 

 

Mavo, eh bien voilà, tu es confrontée à l'incertitude, en faisant cette expérience

oui, on est perdu,   on ne sait pas

et c'est bien

notre mental est totalement déboussolé,  alors le mieux est de se recentrer sur son corps, ses sensations

ne pas chercher à bien faire, trouver la satiété, mais plutôt faire l'expérience de ce "déboussolement" et remettre la boussole dans notre corps

faire confiance à ces ressources que l'on va retrouver après cette phase destabilisante

par contre je ne pense pas que l'expérience soit de manger en deça de sa faim,   mais plutôt de "remettre en cause" les quantités que l'on a l'habitude de manger

pour certains, ils vont s'apercevoir qu'en les remettant en cause, ils mangent en deça de leur faim

pour d'autres, ils vont se rendre compte que oui, ils mangeaient encore trop par rapport à leur vraie faim, mais cela va réveiller d'autres ressentis comme la frustration ou la déception, ou la peur

 

d'ailleurs je m'aperçois que ces ressentis-là  sont loin d'être anodins et se retrouvent souvent,  la frustration de n'avoir pas plus d'appétit que ça,  la peur d'être différent des autres,  la peur de s'écarter des sentiers battus

 

 

Violette, je ne comprends pas que tu calmes ta faim avec un plat que tu n'apprécies pas

quand on a un petit appétit, on est obligé d'être plus exigeant que les autres en terme de la qualité de ce qu'on mange,  parce que manger avec faim un plat qu'on n'aime pas, ensuite ne plus avoir faim pour le dessert alors qu'on l'aime, c'est du masochisme!!!

moi je ne mange que des choses que j'aime,  l'avantage est que maintenant que je manges avec faim  j'aime beaucoup plus de choses, je suis beaucoup difficile qu'avant

 

Céline, c'est tout à fait ça,  la dégustation aide énormément à vivre  facilement le fait d'avoir besoin de moins que son entourage

mais bon je ne garde pas des plombes en bouche,  et surtout je ne cherche pas les aromes, je trouve ça trop intello !!!!

je coupe mon dessert en petit morceaux, je le savoure en laissant fondre en bouche, en ressentant pleinement le gout


 

mavo.
Marraine

[quote=Pattie]

En fait, le fait d'être connectée à son corps n'a rien de magique sur les EME. Bon, je le savais, mais intellectuellement seulement, j'avais besoin de le vivre dans le corps. La connexion au corps permet juste de savoir qu'une envie de manger vient de la faim ou des émotions. L'envie de respecter les sensations aide à ne pas manger pour nourrir une émotion, mais elle ne fait pas le boulot en entier. Ce qui fait le boulot, c'est d'expérimenter la peur une fois. Et puis une autre fois. Et puis une autre. A chaque fois. Et à priori le reste de ma vie, fois après fois.

Je me souviens que j'avais déjà apprivoisé ma frustration. Elle ne me faisait plus manger. Et là, en fait, si. C'est assez râlant, le côté rocher de Sysiphe. Peut-être que je l'ai apprivoisée deux fois : une fois quand j'ai commencé LC, et que j'ai instincitvement réduit mes portions. Puis quand j'ai fait l'étape du fractionnement et que je les ai encore réduites. Et là, en ce moment, je les réduis encore davantage, donc je dois à nouveau la réapprivoiser. En fait, peut-être aussi qu'une émotion ne s'apprivoise pas. Elle reste un truc sauvage, qui passe, et qu'il faut juste laisser passer. L'idée d'apprivoiser est plus rassurante, ça a un côté assez définitif qui me plaisait bien : on prend son courage à deux mains, on fait face à la bête, on l'apprivoise, et voilà, hop, c'est une copine pas dangereuse. Finalement, la frustration serait un loup sauvage, auquel on peut s'habituer, qu'on peut reconnaître, qui n'est pas forcément agressif si on ne l'attaque pas, mais avec lequel rien n'est jamais acquis.

[/quote]

 

Merci Pattie : encore une fois, tu poses des mots sur des ressentis confus que j'ai déjà eus et qui s'éclairent mieux maintenant. J'ai le souvenir de moments (rares, fugaces) où j'avais envie de manger, mais où mon corps disait non merci. Tu as parfaitement raison : c'est l'illustration du fait que l'EME vient de la tête !

Quant à ton idée de frustration qui ne deviendra jamais une copine, qui restera toujours un truc un peu "dangereux" : je n'aime pas bien cette idée... mais je crois que tu as ici aussi parfaitement raison. Comme il est douloureux de renoncer à l'espoir de régler certaines choses "pour toujours" !... sad

mavo.
Marraine

[quote=Pattie]

[quote=mavo]ce n'est pas la faim du plaisir de manger que je dois chercher (car pas facile à atteindre : manger peut me faire plaisir très longtemps !). C'est la faim du plaisir gustatif, le changement de goût. Sauf que pour repérer cette micro sensation, il faudrait que je sois hyper ultra attentive ! Et cela ne me paraît pas réaliste.[/quote]

Le rassasiement gustatif, c'est un signal pour changer d'aliments, pas forcément pour la satiété.

Mais ça a donné quoi, pour toi, les expériences sur le rassasiement gustatif ? Tu le sentais ? Ou tu exagères en disant "très longtemps" et "ultra attentive", parce que tu aimerais faire encore mieux ? Parce que si : c'est super réaliste. C'est mon outil principal, et sans être ultra attentive. C'est l'outil qui me permet de ressentir que la limite est intérieure, pas extérieure. Je ne mange pas deux carrés de chocolat parce que c'est mieux que trois, mais parce que le troisième n'est pas bon. Peut-être que tu manges moins gras que moi ? Encore que même sur la tomate sans assaisonnement de ce soir, je l'ai senti. C'était une tuerie de tomate du jardin de mes parents, cueillie hier, j'en ai pris une moitié, et il y avait un quart de trop, le goût s'est affadi, c'est devenu une texture de tomate avec un goût d'eau à la fois acidulée et doucereuse. Même pendant mon EME du soir, le rassasiement gustatif finit par me limiter (enfin, sur un aliment. Je passe à un autre !). Peut-être que tu peux approfondir ça, parce que sans rassasiement gustatif, ça doit être encore plus frustrant.

[/quote]

 

De me relire dans ta citation me permet de voir deux énormes laspus : je parlais bien sûr de la fin du plaisir, et non de la faim... Du pain béni pour les interprétations ! smiley

Bref ! Quand j'ai fait les exercices où il fallait manger le même aliment très calorique pendant plusieurs jours : mangeant seule, uniquement connectée à mes sensations, oui, en effet, j'ai bien ressenti le changement de goût (c'est d'ailleurs un truc assez rigolo à expérimenter).

Mais au quotidien, je ne perçois pas, ou très rarement, ce moment où l'aliment perd de sa saveur... Je ne mange jamais seule, donc il y a toujours des discussions et j'ai toujours du mal à être attentive à ce qui se passe dans ma bouche. Pas étonnant que je mange toujours avec ma tête, tu me diras... Peut-être que je n'ai pas envie de me confronter à ce qui se passe dans ma bouche... peut-être que je fuis la frustration de me rendre compte qu'il faut que je m'arrête si tôt, si vite...

A creuser !

mavo.
Marraine

[quote=izabelle]

pour d'autres, ils vont se rendre compte que oui, ils mangeaient encore trop par rapport à leur vraie faim, mais cela va réveiller d'autres ressentis comme la frustration ou la déception, ou la peur

d'ailleurs je m'aperçois que ces ressentis-là  sont loin d'être anodins et se retrouvent souvent,  la frustration de n'avoir pas plus d'appétit que ça,  la peur d'être différent des autres,  la peur de s'écarter des sentiers battus

[/quote]

Izabelle nous écrivions au moment moment sur le même sujet ! smiley

Je suis absolument convaincue de manger au delà de mes besoins. Quand je faisais les exercices de façon "formelle", notamment le fractionnement, je voyais bien que très peu de choses me suffisaient.

Mais je n'ai jamais réussi, à date, à réellement adapter mon alimentation à ces petits besoins.

Ce fil m'aide énormément et me redonne un peu d'espoir dans le fait que c'est possible, qu'un jour j'arriverai à manger en respectant mes besoins, c'est-à-dire moins.

Violette28.
Abonné

[quote=izabelle]

Violette, je ne comprends pas que tu calmes ta faim avec un plat que tu n'apprécies pas

quand on a un petit appétit, on est obligé d'être plus exigeant que les autres en terme de la qualité de ce qu'on mange,  parce que manger avec faim un plat qu'on n'aime pas, ensuite ne plus avoir faim pour le dessert alors qu'on l'aime, c'est du masochisme!!!

moi je ne mange que des choses que j'aime,  l'avantage est que maintenant que je manges avec faim  j'aime beaucoup plus de choses, je suis beaucoup difficile qu'avant

[/quote]

Je sais, Izabelle, je sais.... La réalité est que je n'aime pas grand chose, que je préfère le poulet alors que mon compagnon préfère la viande rouge...

Par exemple: quand je vivais seule, je pouvais manger du poulet et du riz trois fois par semaine. Mais là, on est trois. Ma fille adorerait manger ça, mais son transit n'aime pas trop le riz, alors je n'en fais pas aussi souvent que j'aimerais (je me vois mal lui dire: non, non, moi je mange du riz mais toi non). Et pour mon compagnon, et bien, de temps en temps, j'essaie de faire des plats qui soient aussi à son gout.

Alors, j'ai le choix: soit je fais 3 plats différents pour trois personnes (j'arrive souvent à adapter), soit parfois, je mange un truc qui ne m'éclate pas.

Mais attention, je sais justement bien ne pas trop manger de ce plat pour avoir encore faim pour le dessert: j'ai encore faim pour le dessert!!!

On est 3 à la maison, et on n'a pas les mêmes gouts. je n'ai pas encore trouvé la solution pour satisfaire tout le monde, si ce n'est à tour de rôle...

Chléa.
Abonné

4 eme journée de fractionnement aujourd'hui 

Ce matin, rien mangé ; j'ai commencé à ressentir la faim des le matin, puis elle est partie; retour en fin de matinée mais pas eu envie de manger pour garder une bonne faim pour le déjeuner

Déjeuner bof, bon mais bof : un peu de saumon fumé, du riz, une peche; la peche était tres bonne; entre le plat et le fruit, je me suis quand même octroyée 2 lichettes ( vraiment  !) de fromage ( 2 fromages différents) car j'en avais envie et inutile que je finisse par faire une fixette dessus . C'était juste pour avoir le gout dans la bouche car j'avais tres envie de ma peche ..et  peur de ne plus pouvoir la manger

Quand je suis sortie de table j'étais contente d'avoir pu manger ce que j'avais eu envie de manger, même en ( très ) faible quantité

Vers 18h, j'ai commencé à sentir une failm impérieuse ( déjà là depuis 1h ) : j'ai mangé 4 amandes , histoire de tenir jusqu'au diner , mais de ne pas me flinguer mon repas du soir .

Et là, j'ai constaté que 4 amandes c'était suffisant ; pas suffisant sur le coup mais suffisant 20 minutes après  environ . Et par " suffisant " j'entends : suffisant pour tenir confortablement jusqu'au diner, pas suffisant pour calmer VRAIMENT  ma faim . Juste suffisant pour calmer l'urgence ( l'inconfort ) 

Au diner j'avais prevu pâtes aux poivrons et creme vanille ( enfin mini creme pour moi  ) ; Ben j'ai pas pu manger la crème..

Avant la fin de mon plat de pates , j'ai senti un " Stop " massif de mon corps .  Il n'en restait qu'une seule bouchée,et c'était vraiment tres tres bon;  en temps normal je l'aurais mangée ..et c'est d'ailleurs ce que j'ai voulu faire .

Impossible...

Et là, j'ai été bluffée : j'ai jamais ressenti  ce stop là auparavant ( ou aors je l'ai senti et j'ai pas fait attention, je ne sais pas ) .

En fait exactement la même sensation que quand je faisais des compulsions et qu'arrivée au stade ultime, n'en pouvant plus physiquement, je finissais par arréter . Mais j'étais vraiment au stade ultime  hein, celui ou on n'est même plus capable de bouger ...

Ben là, c'est ça que j'ai senti ( alors que franchement, j'étais trèèèèèèèès loin du stade ou on ne peut plus bouger,  ) 

Du coup je me suis dit " zut, foiré, j'ai pas été assez attentive, j'ai trop mangé "..

Et même pas 3 mn apres, la sensation était partie...donc au final, je n'avais pas trop mangé

Il est génial ce" stop " ...^^ .. pas sure que je parviendrai à le ressentir à chaque fois, mais j'ai bien aimé recevoir comme ça un signal aussi clair

Du coup je suis sortie de table contente, satisfaite ( tant pis pour la creme, on verra plus tard ou demain ) 

Mon fils s'est bien foutu de moi , en stigmatisant la ridicule bouchée que je laissais, en me rappelant pendat 1/4 d'heure "qu' avant "je lui demandais de finir ses assiettes, qu'il ne fallait pas avoir les yeux plus gros que le ventre, que laisser une seule bouchée c'était n'importe quoi, etc etc ...

J'ai rigolé avaec lui ; moi j'étais très contente ..:)

Pattie.
Ancien abonné

A midi, une tranche de pain tout frais, un caillé de brebis à la vanille et une poire. J'ai tout mis sur la table en même temps, pour l'avoir sous les yeux, pour voir si ça changeait quelque chose. Et oui, ça a changé : j'ai coupé la tranche de pain en deux, et j'ai rangé l'autre moitié, parce que j'ai eu peur de ne pas avoir assez de place pour le reste. Et effectivement, c'était suffisant. C'était tout déclicieux, vraiment. J'ai terminé avec une petite place. Ensuite, j'ai pris un cookie au beurre de cacahuète, et la petite place a été comblée jusqu'au repas du soir. Une EME, mais sans envie de manger vraiment (manger par la tête, pas par le système digestif). J'ai pris un déca, et là, c'était nickel !

Dans mon corps, c'était le bonheur (le caillé était délicieux, j'y pense depuis au moins deux ou trois jours, j'avais envie de yaourt mais pas de yaourt normal. Et la poire, c'était un feu d'artifice gustatif !)

Dans mes émotions, c'est un peu de tristesse. Je ne suis plus dans l'irritation à l'idée de manger si peu, juste dans le regret.

Mais mes pensées ne lâchent pas l'affaire. Je me dis que peut-être, un jour, si j'arrive à ne pas manger pendant mes EME, j'aurais des repas qui ressemblent à des repas, parce que j'aurais les calories de mon EME du soir en moins. Mais je ne me fais pas trop d'illusion. On m'a raconté comment je mangeais enfant, avant de grossir, et c'était comme le croisement entre l'oiseau et l'escargot (avec un bon ADN de boudeuse).

Je me dis aussi que cette petite tristesse, c'est bien. C'est mieux à ressentir que l'énervement, plus reposant, et peut-être que c'est un pas vers le lâcher-prise, même si j'ai plein plein de pensées contrôlantes. A force de tester la satiété, ces derniers jours, ça devient plus habituel pour moi de prendre petit.

 

Merci, Izabelle ! Oui, il me faut ouvrir une brêche. Je repousse énormément d'émotions, je me les rends anodines (je suis une autruche très douée). A peu près autant qu'avant LC, sauf que maintenant, la nourriture me réconforte nettement moins. Là, par exemple, je suis à une semaine et demie de la rentrée (après le très-vide, voici le très-plein qui se profile), Ca m'angoisse, ça m'excite, ça me stimule et ça stimule aussi les regrets de la tranquilité. Il y a aussi eu l'angoisse d'aller chez mon médecin et d'être incapable de dire non à la balance (j'ai réussi ! Je repars pour deux mois sans chiffre, avec mes ressentis comme boussole). Il y a aussi un peu d'angoisse pour mes nouvelles lunettes. Pendant les vacances, mes yeux sont moins stimulés. Bientôt, ils vont l'être énormément. C'est surtout là que je vais savoir si vraiment je me suis habituée à mes nouveaux prismes et aux verres progressifs. La vision était un gros inconfort pendant l'année dernière.

Tout ça, je le vois vaguement, et je n'en tiens ) à peu près aucun compte. A la limite du déni. Je ne me laisse rien ressentir vraiment, je saute d'une vague ombre d'émotion à une pensée. Je m'autorise un peu à me dire que bon, je dois être un peu angoissée, excitée. Mais je ne me laisse pas trop le ressentir, je m'occupe à autre chose (là, mon petit appétit).

Je pense que je vais continuer à essayer de faire une pause au moment de la petite place, pour prendre l'habitude de mon petit appétit, mais que je vais plutôt orienter mon "travail LC"  sur l'observation de ma manière de zapper les émotions.

Bliss.
Abonné
Pfffff j'ai écrit hier 2 supers longs messages sur le sujet et tout perdu parce que le wifi ici c'est très très aléatoire. Mais l'important c'est d'avoir vécu "dans mes tripes" ces événements tant pis pour le partage. En gros je disais avoir mangé moins sans ressentir de frustration sur le fait que de petites quantités me suffisent et devoir laisser plein de choses que je ne peux manger. Ce matin malgré un genre de faim-eme nocturne j'ai eu bien faim ce matin tout est rentré dans l'ordre donc confiance dans mes sensations alimentaires.
mavo.
Marraine

Alors déjeuner d'hier partagé avec une collègue, donc forcément plus petit que prévu. J'ai bien voulu tendre la main vers une 2ème pêche, mais la micro-seconde d'hésitation m'a permis de me souvenir que je pouvais décider de ne pas la prendre, que je pourrais toujours la manger plus tard... Bien m'en a pris car évidemment, je n'ai pas eu faim de toute l'après-midi.

 

Hier soir du monde à la maison, dans un contexte un peu stressant car il fallait que tout soit prêt assez tôt. Donc j'ai speedé, un peu agacée par cette vie que je remplis jusqu'à la gueule, par ces situations où il me semble impossible de dire non...

Quand finalement tout était en place et que je me suis posée en face de l'apéro, clairement, le discours intérieur, c'était "ouf, là, j'en ai marre, je me réconforte" et à partir de là, je n'ai plus pensé à grand chose en terme de comportement alimentaire.

Je ne comprends toujours pas ces moments où je zappe, où je passe dans un autre "état d'être". Comme des portes qui se referment : la porte de l'attention se referme et je ne veux plus rien observer.

Alors ce n'est plus tout à fait, quand même, comme c'était il y a quelques mois. Je me suis servie une petite assiette à table, pas resservi ni du plat ni du fromage. Ca, ce sont des progrès, des choses qui ont changé.

Mais enfin, j'ai quand même certainement mangé BEAUCOUP : il est presque midi et je n'ai rien mangé depuis hier soir et j'ai à peine faim ! blush

 

Pattie, à nouveau, encore (!), je me reconnais dans tes descriptions : "Je ne me laisse rien ressentir vraiment, je saute d'une vague ombre d'émotion à une pensée. Je m'autorise un peu à me dire que bon, je dois être un peu angoissée, excitée. Mais je ne me laisse pas trop le ressentir, je m'occupe à autre chose (là, mon petit appétit)."

Et trouver la clé de la porte de mes émotions, et pouvoir ressentir, au lieu de tout masquer sous les EME, les projets divers et variés, les préoccupations quotidiennes, la sociabilité effrenée, eh bien ce serait super !

Bravo Bliss et Chléa !! Belles expériences que les vôtres !

Chléa.
Abonné

Ma journée s'est tres bien passée : 

- Ce matin, la moitié d'un petit morceau de cheese cake ; je ne le trouvais plus tres bon, en fait, j'ai jeté le reste ( très fière sur ce coup là !)

Ensuite balnéo, puis marché ou j'ai acheté plein de tres bon fruits, legumes, viandes, poissons ..

- Le déjeuner a été excellent : un petit steak dans le coeur du rumsteak avec  lentilles froides et carottes au cumin; un délice .. Ensuite des fruits : mirabelles et fraises  Tout ça était vraiment très bon, simple mais délicieux et du coup je n'ai ressenti aucune frustration . Je me suis arrétée juste à satiété et c'était très agréable car le repas avait été tres bon

- Vers 18h , j'ai pris 4 amandes au ciné car je ressentais la faim depuis un bon moment et j'avais envie de pouvoir regarder mon film sans etre inconfortable. Ca m'a permis d'apprécier mon film, d'attendre tranquillement le diner et c'était tres agréable..et ç am'a également permis de conserver une tres bonen fin pour le repas du soir 

- Au diner,j'avais vraiment faim :  thon rouge mi cuit avec salade verte et ognons revenus à la poèle ; une tuerie ce thon rouge !! Trop trop bon; on l'a degusté tranquillement ,  c'était un vrai bonheur

J'ai ajouté une figue fraiche et  des fraises; j'ai clairement senti qu'à 4 fraises de la fin, je n'avais plus faim du tout , c'était tres tres clair ...sauf que j'ai choisi de les manger quand même car elles étaient délicieuses( et aussi parce que je me suis dit que 4 fraisesc'était léger, que ça passerait tout seul ) 

En sortant de table j'avais un peu la sensation d'avoir trop mangé ..mais 5 mn apres c'était parti ..et 30 mn apres j'avais de nouveau faim

J'ai attendu encore 30 mn , histoire d'etre sûre, mais c'était tres net comme sensation : creux dans l'estomac, salivation, gargouillis ..

Quand j'ai été sûre, j'ai choisi de manger 3 carrés de choc .et là, miracle : le dernier était carément pas bon !!! C'est juste la toute première fois que je ressens ça : le changement de gout . Je suis tres contente car je sais que c'est une des clés pour s'arréter à satiété

Ce que je retiens de cette jounée c'est que quand c'est rès bon, peu suffit . je le savais vaguement, intellectuellement mais là je l'ai testé , je l'ai ressenti et j'ai trouvé ça tres agréable ; du coup pas du tout frustrée( c'est ce qui me faisait peur, la frustration ) . Bien au contraire : pleine de plaisir

Et surtout, j'ai découvert ce changement de gout et ça c'est génial !  rien que pour ça , je suis ravie d'avoir mangé 1 carré de chocolat en trop ^^

J'espère vraiment que je vais pouvoir continuer à ressentir tout ça, à continuer à être à l'écoute des signaux que mon corps m'envoie :)

 

mavo.
Marraine

Barvo Chléa, tu avances à pas de géant !

Assez contente aussi de ma journée d'hier, quoique toujours, encore, à nouveau stupéfaite des quantités qui me suffisent : pas de petit-dej, une salade lyonnaise à midi et pas de dessert, une petite portion de curry et 3 mirabelles le soir... Je n'ai pas eu faim avant 9h ce matin.

Bon, bien sûr, la régulation se fait sur plusieurs jours et avec ce que j'ai mangé pendant l'été, j'ai sûrement "de l'avance", mais quand même, ça fait toujours drôle.

En fait, quand je faisais l'exercice formel de fractionnement, je me souviens que je m'étais dit "en fait, c'est comme ça qu'il faudrait que je mange tout le temps, puisque je 'nai jamais besoin de collations"... Mais je n'ai pas continué, je l'ai vécu comme un exercice, et une fois que c'était fini, bah, j'ai arrêté de fractionner... Mais ce fil me rappelle bien que je mange toujours, en permanence, au dessus de mes besoins.

Et je n'arrive pas encore tout à fait à vivre cette idée comme une bonne nouvelle.

Chléa.
Abonné

Moi aussi j'ai encore du mal avec le constat de la " petitesse" ( ça se dit ça ?? ) de mes portions. Alors je tente de compenser par des produits de qualité, qui ont vraiment du goût , qui sont vraiment bons, et du coup je ne suis pas frustrée . En tous cas, j'ai pu le faire à fond  sur ces deux derniers jours et l'expérience est assez concluante

Aujourd'hui, ça s'est tres bien passé : 

- le matin , vers 10h, quelques mirabelles , achetées au marché la veille et délicieuses; j'ai pas compté, mais je dirais 8 à vue de nez

- mon déjeuner : un pain au chocolat ( tres tres bon ) sur la plage, à 14H30; j'avais une bonne faim et il était tres bon ; je l'ai degusté par toutes petites bouchées et à la fin, j'étais ok : satisfaite et rassasiée

- la faim est revenue vers 17H, assez  vivement  ; donc à 17h30, j'ai mangé 4 amandes ; c'était trop juste mais je ne voulais pas gacher mon repas du soir; comme c'était tres supportable, et que j'étais rentrée chez moi, j'ai laissé comme ça, en m'autorisant si besoin à diner tres tôt

- diner à 20 h : une trache de saumon sauvage poélé ( un régal) , salade verte et quelques rondelles de carottes au cumin; fraises ( delicieuses ) et mirabelles . je me suis régalée, c'était vraiment tres bon. 

Je suis assez sidérée de l'evolution de mon gout ; en ce moment je suis tres attirée par les fruits, le poisson, mais je deviens tres tres difficile; je constate que les tres bons produits sont vraiment tres différents de ceux que j'avais l'habitude d'acheter. Alors clairement c'est plus cher, mais tant pis : je me régale , sans pour autant passer beaucoup de  temps en cuisine ( bien que  j'adore cuisiner) et ça , ça n'a pas de prix.

Je vais totalement révolutionner ma façon d'acheter ( j'avais dejà commencé depuis un moment mais là j'amplifie )  : j'ai la chance d'avoir dans une rue pres de chez moi plein de commerces de bouche, un marché ; j'y allais peu, car bien sur c'est plus cher qu'au supermarché.Ces commerçants sont assez réputés pour la qualité de leurs produits Dorénavant,je reserverai le supermarché pour l'épicerie et tous les produits  frais je les achèterai chez le poisonnier, boucher, fromager, primeur, chocolatier .Ca a tellement rien à voir en termes de gout que ça vaut vraiment la peine

Et en fait, peu suffit

Je sais ça peut paraitre idiot de s'apercevoir de ça seulement maintenant, ça semble tellement evident ..mais c'est comme ça . Je pense que j'étais tellement en conflit avec la nourriture que ça me semblait peu important ( sauf quand j'allais au resto ) . Je trouvais ça bon, et ça l'était 

Mais là c'est delicieux, et la marge entre "bon" et" delicieux", elle est juste enorme , juste assez enorme pour combler mon eventuelle frustration de manger moins ;)

Evelyne2212.
Abonné

Grosse mangeuse, mangeuse émotionnelle, peur de manquer, colère et esprit de nullité si je mange trop ou au contraire frustation si je mange moins, j'en passe et des meilleures.

Qui a dit que manger était simple ???

Absente de LC pour quelques jours, je reviens et découvre tous ces comptes rendus qui me concernent écrits par d'autres que moi. Comment avez-vous fait pour rentrer si bien dans ma tête ? C'est de l'humour, évidemment. Mais, c'est tellement soulageant de se rendre compte qu'on n'est pas seule à vivre la même chose.

J'en conclus que le mieux est de reprendre l'expérience du fractionnement, puisque c'est à cette étape que mon corps a commencé à réagir.

Ou devrais-je dire que tout vient à point à qui sait attendre/apprendre.

 

mavo.
Marraine

Allez, puisqu'il s'agit ici de venir poser ses ressentis en direct...

Bonne faim avant le repas de midi, au restau avec des collègues. Je prends une salade, qui s’avère être de petite dimension.

Et là, ça part en vrille, la tête prend le contrôle : « chouette une petite salade, ça veut dire que je vais pouvoir prendre un dessert ». Je ne me suis pas interrogée à la fin de la petite salade sur le niveau de ma faim, je voulais un dessert, point. Et même, je ne me suis pas interrogée sur ce dont j’avais envie « vraiment », je voulais un truc bien sucré / bien chocolat « parce que j’ai bien le droit, après une si petite salade ».

Moyennant quoi j’ai mangé mon dessert et je suis sortie de table incapable de dire si j’avais trop mangé ou pas, car pleine de culpabilité.

Il faut dire que je mange au restau pour la 3ème fois cette semaine, que les 2 fois précédentes, j’ai lutté pour ne pas prendre de dessert car je n’avais plus faim. Et là, je m’interroge : quand je ne prends pas de dessert car plus faim, je respecte bien mes sensations, je suis bien « à l’écoute » et pas « dans le contrôle », mais je suis aussi dans la frustration (parce que j’ai beau ne plus avoir faim, j’ai quand même envie d’un dessert).

Ya un truc qui m’échappe.

La tête est toujours hyper contrôlante. Une fois que je passe en mode « je ne fais pas attention à mes sensations », pfuuuiiit, c’est comme si mes sensations n’existaient plus du tout, je n’y pense plus, même pas une seconde (alors que je passe le reste de ma journée à y penser).

Et toujours cette fichue sensation d’être de nouveau complètement paumée, de gros gros retour en arrière.

Donc en fait, ce post, c'est "ce que je ressens quand j'échoue à essayer de penser à ressentir la satiété"... smiley Autant en sourire, n'est-ce pas...

Chléa.
Abonné

[quote=mavo]

 Et là, je m’interroge : quand je ne prends pas de dessert car plus faim, je respecte bien mes sensations, je suis bien « à l’écoute » et pas « dans le contrôle », mais je suis aussi dans la frustration (parce que j’ai beau ne plus avoir faim, j’ai quand même envie d’un dessert).

Ya un truc qui m’échappe.

[/quote]

Ben moi ça me parait normal ça : on a me droit de CHOISIR ce qu'on a envie de manger, et de ressentir de la frustration si on ne le mange pas

Si t'as envie d'un dessert, tu adaptes le plat en fonction de ce que tu connais de ta faim, comme ça tu peux manger ton dessert ( d'ou l'interet de s'interroger avant le repas sur l'état de sa faim pour faire en fonction ) 

Moi maintenant , je m'interroge toujours avant le repas : j'ai envie de manger quoi ?  Et si j'ai envie de faire un repas composé principalement de desserts, je prends un tout petit peu de plat, voire juste un peu de salade verte,( ou un truc un peu léger )  histoire d'avoir quand même un plat hein ( parce que c'est pas parce que j'ai surtout envie de desserts que j'ai envie de renoncer au plat ) , et du coup après, j'ai la place pour manger le(s) desserts

Pourquoi culpabiliser parce que tu manges du dessert si tu en as envie ?

Soit t'as encore faim et tout va bien, soit t'as plus faim mais tres envie quand même , et là c'est une EME , ; mais même si c'est option 2, c'est pas grave, tu réguleras après ;)

Bon je sais que ça parait simple dit comme ça, et que dans le fond c'est pas si facile , mais peut'etre celà peut'il t'aider de t'interroger AVANtT le repas pour savoir  ce que t'as envie de manger / l'état de ta faim, et adapter en fonction( plutot que d ele faire en cours de repas ) : comme ça tu satisfais  ta faim et tu evites les frustrations

J'ai une tolérance tres faible à la frustration en général, et la  frustration alimentaire j'en veux juste plus ; du coup je me suis adaptée comme ça et j'aime bien 

Je te souhaite plein de courage :)

Violette28.
Abonné

[quote=Chléa]

Moi maintenant , je m'interroge toujours avant le repas : j'ai envie de manger quoi ?  Et si j'ai envie de faire un repas composé principalement de desserts, je prends un tout petit peu de plat, voire juste un peu de salade verte,( ou un truc un peu léger )  histoire d'avoir quand même un plat hein ( parce que c'est pas parce que j'ai surtout envie de desserts que j'ai envie de renoncer au plat ) , et du coup après, j'ai la place pour manger le(s) desserts

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Hi hi merci Chléa, c'est ce que je voulais expliquer à Izabelle l'autre fois, mais je ne sais pas si j'ai réussi. Moi, si je me demande ce que j'ai envie de manger, la réponse est quasiment toujours: le dessert!! Et donc, pour avoir quand même un peu de variété, je mange un tout petit peu de plat (l'autre fois, c'était un quart de steak haché, même pas envie de plus, et 4 petites galettes de pommes de terre), et comme ça je laisse de la place pour le dessert. Ce n'est pas vraiment calculé, j'ai toujours fait ça.

Au resto, pareil: je ne prends jamais d'entrée, et je préfère toujours laisser du plat (même un plat que j'aime) pour avoir de la place pour le dessert!

mavo.
Marraine

Yes Chléa, tu as raison, et c'est ce que je fais à la maison.

Sauf que avec mon microscopique appétit, il faut vraiment un micro plat pour avoir encore faim au moment du dessert.

Et aur estau, tu ne choisis pas la taille de ton assiette. Si je joue le jeu, je m'arrêterais de manger le plat au 1/4... et là, j'assume pas de ne pas manger plus que ça au restau.

Donc je mange une bonne partie de mon plat, donc je n'ai plus faim pour le dessert. Alors bien sûr, tu as aussi raison, je peux très bien manger un dessert en EME, et la terre ne s'arrête pas de tourner, et la régulation, tralala.

Mais ce sont des circonstances qui se reproduisent assez souvent pour moi (restau pro souvent).

Bon, je réfléchis ! smiley

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