Culpabilité et nutrition

Nicci.
Abonné

Bonjour,

Je n'ai aucune culpabilité concernant les aliments en ce qui concerne le poids, j'ai très bien intégré que ce qu'on mange n'a rien à voir avec la possibilité de maigrir ou grossir. (Quand j'étais jeune, je mangeais beaucoup de sucre et j'étais maigre)

Mais je n'arrive pas à dépasser la culpabilité concernant la santé. Ca revient au même concernant les compulsions. Je me suis tellement conditionnée autrefois et encore aujourd'hui, avec ce qu'il faut manger, que je me sens coupable à chaque fois que je mange quelque chose de non conforme. Ca peut-être le pain blanc avec IG trop haut, le lait qui est cancérigène, le blé n'est plus adapté car trop modifié génétiquement, le café est un poison...etc...ce genre de trucs, tout ce qu'on peut lire sur les informations "bien intentionnées" nutritionnelles.

Je ne me fais pas confiance pour lâcher prise et je ne crois pas un instant qu'un jour, je saurai simplement écouter mon corps.

Mes beau-parents font le régime des groupes sanguins. Mon mari se passe de pain car ça le "fait gongler". Il ne mange jamais un croissant car "c'est trop gras".

J'ai eu un cancer du sein en décembre, et ma belle-mère m'a dit "la solution c'est qu'il ne faut pas tomber malade", en sous-entendant qu'il fallait avoir la bonne hygiène de vie.

Je ne m'en sors pas, je me sens nulle, sans volonté, minable quand je mange un pain au chocolat. Et ça me fait compulser. Et pourtant je crois en l'anti-régime, mais je me bat contre moi-même pour y croire, et je ne me fais pas confiance.

Est-ce que certaines ont ce genre de difficultés, que je me sente moins seule ?

Certain(e)s ont-ils des conseils ou un soutien à m'apporter ?

Merci de m'avoir lu

Commentaires

hemipresente.
Abonné

Nicci, je n'ai pas de solution à t'apporter, tu devrais poser ta question directement dans le forum des questions à JPZ et GA. Mais je t'ai lue et ton témoignage m'émue : ça doit être un enfer que tu t'imposes à toi même au quotidien. Viens prendre un petit thé au Salon de thé quand tu n'as pas le moral, on se soutient bien les unes les autres.

sandry.
Abonné

Je n'ai pas de solution à t'apporter non plus.

Cela dit tu n'es pas aidé avec ton entourage qui te conforte dans l'idée que ce que tu manges ne fait pas une bonne hygiène de vie...

En tout cas tu as tout mon soutien même si ça n'est pas grand chose.

Tu pourrais peut être poser la question sur le tchat, les docteurs auront peut être une solution ou des outils à t'apporter.

Courage :)

MiMax.
Abonné

Moi je pense que le fait de ne pas culpabiliser est plus important que ce que tu manges. En culpabilisant, tu créées des tensions dans ton corps, ce n'est pas bon. La force du mental, c'est aussi en négatif.

Maintenant, si tu as envie d'intégrer certains principes "santé" dans ton alimentation, tu peux le faire, à condition de ne pas te priver de ce que tu aimes. Typiquement, si tu aimes le riz complet, tu peux le privilégier à la place du riz blanc. De mon côté, j'ai un peu limité le gluten donc j'essaie de cuisiner des féculents différents au moins à 1 repas par jour (je privilégie les pdt et le riz que j'aime beaucoup aussi). Mais si j'ai envie de pain, je mange du pain, car la privation est plus mauvaise.

Bref, je pense qu'il faut vraiment déculpabiliser et se relaxer par rapport à ça. Pour l'instant, retrouve tes sensations, réconcilie-toi avec la nourriture et quand tout ira bien, tu pourras peut-être songer à privilégier des aliments que tu considères comme des aliments "santé", si tu en as envie (et pas parce que tu le dois!).

Plein de soutien!

Mimax.

Nicci.
Abonné

Merci pour votre soutien, ça fait du bien et permet de relativiser, je vais essayer en effet de lâcher prise.

sikkim.
Abonné

Bonjour Nicci,

Déja je retiens mes mots concernant les paroles de ta BM sur ta maladie.

Regarde Servan Schreber, malgré l'application des conseils qu'il prodiguait sur l'alimentation sa tumeur l'a emporté. Non pas que ces conseils n'aient aucun sens, mais ils ne seront jamais plus fort que la maladie.

Je pense que l'hygienne de vie à un rôle bien sûr mais à modérer tout de même....

Tout comme toi j'y suis sensible et depuis quelque temps j'essaie de manger le moins trafiqué possible. Je lis les étiquettes et j'évite tant que possible les plats tout fait industriels. Mais comme le mieux est l'ennemi du bien tu te feras plus de mal à manger une douceur en culpabilisant qu'en la dégustant.

Et regarde ceux qi souffrent d'orthorexie (ceux qui mangent "trop bien") sont ils si bien que ça ?

Paquito
Parrain

Bonjour,

je voudrais juste te raconter une anecdote qui m'a fait beaucoup réfléchir. J'écoutais un acteur raconter l'histoire de la pièce qu'il était en train de jouer. C'était celle d'un homme à qui, pour lui "faire du bien", on avait supprimé la cigarette, la bouffe grasse, l'alcool. Et du coup, comme on lui avait supprimé ce qui le faisait fonctionner, eh bien le pauvre gars, il ne fonctionnait plus.

Voilà, cette simple phrase a déclenché quelque chose en moi. Je suis intimement persuadé qu'on a tous besoin de choses qui nous font fonctionner. Pour certains, c'est la clope, pour d'autres l'alcool, ou bien le jeu, ou le sexe, ou le boulot. Sans doute que pour nous, c'est la nourriture. Le comprendre ne veut pas dire se résoudre à renoncer, mais peut-être être plus tolérants envers nous-mêmes. Il y aura toujours des pisse-vinaigre pour venir nous expliquer qu'on devrait faire autrement... C'est la vie ! Perdre le temps de la vie à essayer de l'améliorer risque bien de nous faire passer à côté de bien des choses essentielles. Avant de vivre mieux, vivre bien, vivre sain, si on commençait par vivre, tout simplement, avec nos défauts, nos erreurs, mais qussi nos joies et nos petites manies ? Bref, ce qui nous fait fonctionner...

Francisco

ambre
Abonné

Bonjour,

ce fil m'intéresse beaucoup car je mange principalement bio et c'est important pour moi pour des raisons écologiques et de santé (ma santé est très bonne et justement je voudrais qu'elle le reste ;-)). Pour autant, je ne le vis pas du tout comme une privation, au contraire ! J'ai plutôt l'impression de me faire du bien en évitant les produits trafiqués, ultra raffinés et contenant des ingrédients pas top, en privilégiant des produits de qualité, dont je sais d'où ils viennent, comment ils ont été fabriqués etc.. Ceci dit ça ne m'empêche pas de manger des choses sucrées, souvent faites maison, ou des chips, ou du crunch même des trucs pas bio-correct de temps en temps, mais justement, ça ne me fait pas culpabiliser parce que ce n'est pas le quotidien. Mon souci est plutôt sur les quantités et les EME en revanche.

Comme quoi tout est affaire de perception, mais je voulais juste apporter mon témoignage pour montrer que ça n'est pas forcément une restriction de prévilégier les aliments "santé" et je fais totalement la distinction entre manger des choses "pas régime" (du sucre, du beurre, de la crème, des frites etc) et manger des choses que j'appelle moi "pas saines" , mais le terme est peut-être ma choisi, (avec des colorants, des additifs, des sirops de glucose etc.).

Pour autant, je suis consciente que la frontière entre "je mange bio et de temps en temps je me fiche de la composition" et "je suis orthorexique" peut parfois être franchie mais justement, tout est affaire de dosage. Et c'est clair que l'on est bombardé d'infos de santé, souvent contradictoires, donc la solution, pour moi est de tester et de voir ce que ça me fait, comment je me sens et de cuisiner en fonction aussi de mes convictions.

 

Tayiam.
Abonné

Lors d'un chat, le Dr Z a dit un truc du genre ; "ce sont les excès qui sont nocifs".

 

Le lait n'est cancérigène qu'au-delà de certaines doses, etc.

 

L'homme est omnivore. Il est fait pour manger de TOUT ! Sans excès.

 

C'est important de se le rappeler, je crois.

 

Après, je dis ça, mais perso, j'ai aussi beaucoup plus de culpabilité à manger un truc malsain pour des raisons de santé (pour mon poids, je vois bien que les principes de Z et A sont vrais : je ne me restreins plus et je ne grossis pas, voire, je maigris !! :-D).

 

Néanmoins, je me rassure en me disant qu'à écouter tout le monde, on ne peut plus rien manger !!

Pas de poulet, pas de poissons, pas de viandes rouges, pas de pain, encore moins du pain grillé, pas de maïs, pas d'huiles, pas de ... La liste est infinie. Mais, je suis intimement persuadée que c'est l'excès de chacun de ces aliments qui est nocif et que notre corps, si on sait l'écouter, nous enverra les signes.

Je ne sais pas pour vous, mais, depuis quelques semaines, je sens des envies de pomme - melon - tomate - lichis - salade - pomme de terre. C'est sans doute que mon corps en a besoin. De la même manière, il y a des jours où je serais bien devenue incapable de manger certains aliments parce que je n'en veux pas. Je ressens que mon corps n'enn veut pas. Ces messages me semblent importants à percevoir et à écouter...

MiMax.
Abonné

Je pense que manger bio est une bonne chose (pas de pesticides et autres cochonneries), mais on peut manger autant de "crasses" bio que non bio. Il existe de l'huile de palme bio, des graisses hydrogénées bio, du sirop de glucose bio, etc...

 

Ce que je constate, c'est qu'en s'écoutant bien, en supprimant les enjeux qu'il y a derrière la nourriture, en gérant ses émotions autrement, on revient souvent à une nourriture plus "saine", avec moins de produits industriels, moins de produits transformés. Comme dit Tayiam, on se retrouve à manger des fruits et des légumes parce que notre corps le demande et que c'est ce qui nous fait envie. Les produits industriels ne constituent alors plus qu'une toute petite part de l'alimentation et ce n'est pas cela qui va nous rendre malade.

Flowerbomb.
Abonné

Concernant la culpabilité, moi je la ressens quand je mange sans avoir excessivement faim. Je ne sais pas pourquoi....... mais j'ai l'impressin que j'ai le droit de manger seulement lorsque "je crève de faim" trivialement parlant et que c'est seulement dans cet état de fébrilité que les aliments ne me feront pas grossir (la faim protège ton poids, comme le dit JPZ)

quelqu'un a t'il cette même expérience ou une réponse à m 'apporter ?

manoucha.
Abonné

[quote=MiMax]

Je pense que manger bio est une bonne chose (pas de pesticides et autres cochonneries), mais on peut manger autant de "crasses" bio que non bio. Il existe de l'huile de palme bio, des graisses hydrogénées bio, du sirop de glucose bio, etc...

 

Ce que je constate, c'est qu'en s'écoutant bien, en supprimant les enjeux qu'il y a derrière la nourriture, en gérant ses émotions autrement, on revient souvent à une nourriture plus "saine", avec moins de produits industriels, moins de produits transformés. Comme dit Tayiam, on se retrouve à manger des fruits et des légumes parce que notre corps le demande et que c'est ce qui nous fait envie. Les produits industriels ne constituent alors plus qu'une toute petite part de l'alimentation et ce n'est pas cela qui va nous rendre malade.

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Tout à fait d'accord avec toi!

Manger plus sainement ne doit pas être une contrainte, et malheureusement ce n'est pas la garantie absolue de ne plus tomber malade... Les maladies ont de multiples causes, et tu ne dois pas culpabiliser de ce que tu manges, sinon tu ne t'en sortiras jamais! Les propos de ta belle-mère sont inqualifiables.

Nicci.
Abonné

Merci pour vos réponses très rassurantes et encourageantes.

Pour répondre à Grazia, dans le programme, j'en suis à étudier la faim. En effet je ne la sentais pas à moins d'être comme toi, en état de fébrilité, donc faim très avancée. Comme toi, quand je sentais juste un vide, je ne pensais pas que c'était assez pour manger, je le faisais quand même et me sentais coupable. Là j'apprends que c'est ça, la faim en fait, après c'est être affamé ! A mon avis c'est dû au fait qu'on est encore en restriction. Dans les régimes, on apprends à supporter cette sensation de faim.

J'ai découvert aussi grace à JPZ que j'étais perfectionniste, donc je fonctionne en tout ou rien : soit j'ai faim, soit je n'ai pas faim, mais il faut que l'info soit franche et massive. Et en fait j'apprends que ça peut-être plus nuancé !

Flowerbomb.
Abonné

[quote=Nicci]

Merci pour vos réponses très rassurantes et encourageantes.

Pour répondre à Grazia, dans le programme, j'en suis à étudier la faim. En effet je ne la sentais pas à moins d'être comme toi, en état de fébrilité, donc faim très avancée. Comme toi, quand je sentais juste un vide, je ne pensais pas que c'était assez pour manger, je le faisais quand même et me sentais coupable. Là j'apprends que c'est ça, la faim en fait, après c'est être affamé ! A mon avis c'est dû au fait qu'on est encore en restriction. Dans les régimes, on apprends à supporter cette sensation de faim.

J'ai découvert aussi grace à JPZ que j'étais perfectionniste, donc je fonctionne en tout ou rien : soit j'ai faim, soit je n'ai pas faim, mais il faut que l'info soit franche et massive. Et en fait j'apprends que ça peut-être plus nuancé !

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merci Nicci, avec tes explications je commence à entrevoir la solution. moi aussi je suis perfectionniste. la loi du parfait ou rien.... tout est comme ça chez moi au niveau du boulot, de mes lectures,à la maison, et surtout au niveau de mon apparence. mes fringues, mes sacs, mes chaussures, tout doit être mieux que chez les autres. ça me rassure intérieurement. généralement ça l'est mais au prix d'une énergie folle (et d'un portemonnaie vide aussi !)

JOEL
Abonné

Je suis bien d'accord avec toi Paquito : il faut penser à vivre et voir la réalité comme elle est plutot que comme on voudrait qu'elle soit. D'abord accepter et ensuite essayer de changer ce qui peut l'être, ce qui dépend de nous ...

Je pense qu'on aura du mal à devenir mannequin et courir le 100 m comme Carl Lewis mais on peut commencer si on sent le besoin de changer par essayer de se réconcilier avec nous même, comprendre ce qui nous fait craquer, apprécier ce qui nous fait craquer aussi ... et déculpabiliser notre rapport à la nourriture. Je pense que maigrir viendra comme une récompense du chemin parcouru .

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