Peur de maigrir - 15072013

izabelle
Animatrice forum

J'ouvre un post à ce sujet, puisque depuis longtemps, cette peur de maigrir, plus inconsciente que consciente  (puisqu'officiellement j'ai bien envie de maigrir), me provoque je pense la plupart des mes EME de fin de repas....

en ce moment le soir c'est flagrant....  grosses fringales APRES le repas du soir....  insatiables....

cela me fait le coup dès que je maigris, comme un espèce d'affolement

ce n'est pas une vraie faim mais ça y ressemble beaucoup ce qui est très destabilisant

 

je pense que cette peur de maigrir est multiple, déjà elle est naturelle, mais elle s'amplifie par mon histoire certainement

pour l'instant la seule chose que j'ai réussi à faire remonter à la surface, c'est la peur de se retrouver  "sans protection" si je deviens vraiment mince

cela est absolument irrationnel car j'ai déjà été plus mince que maintenant (et je me trouvais trop grosse bien sûr)

 

bref je n'en connais pas les tenants et les aboutissants, mais j'ai penser que le noter ici pourrait m'aider à l'appréhender plus sereinement chaque soir

 

ce soir donc, à nouveau : grosse fringale post-diner, envie de féculents (comme d'hab)

peur de maigrir reconnue, acceptée.....    mais je n'ai pas sur-mangé, je la laisse évoluer gentiment

 

et vous, avez-vous des fois ce genre de peur qui agit de façon "souterraine"?

Commentaires

mavo.
Marraine
Je suis convaincue que la peur de maigrir est un frein puissant pour moi (de même que la peur de grossir, du reste... Allez comprendre !). Peur de perdre ma couche de protection. Peur de ne plus avoir mon identité. C'est plus subtil que la première. En fait, je pense que mon surpoids me définit. Il me caractérise. Alors qui suis-je si je ne l'ai plus ? Quand je commence à perdre du poids, j'ai parfois cette étrange pensée en regardant les inconnus autour de moi dans la rue : "quoi, tous ces efforts pour ressembler à tout le monde ?". Peut-être aussi peur de réussir, peur d'être enfin "arrivée" puisque cela fait des années que je poursuis cet objectif... Voilà pour quelques idées rapides, la troupe m'appelle pour aller jouer !
Laureline.
Abonné

Bonne idée de lancer un sujet comme celui-là ! J'aime bien ta proposition Izabelle, parce que mes EME sont également souvent le soir, en fin de repas. Le terme de "sur-manger" me parle d'ailleurs.

Quand ça arrive (quasi tous les soirs en ce moment) j'ai tendance à mettre ces EME en lien avec des choses assez  "immédiates" : la journée de travail, les petites contrariétés de la vie... j'en oublie les mouvements de fonds, comme la peur de maigrir. Pourtant j'y pense en ce moment, mais ça ne vient pas au moment des EME, et pas non plus lors de la RPC... En gros, je n'y pense pas dans des moments de ressenti, plutôt dans des moments de réflexion sur ce qui se passe.

La "peur de maigrir" est une vieille connaissance, en raison d'elle j'ai stagné à un poids élevé pendant des années. J'y croyais dur comme fer à cette peur. Elle était très agissante dans ma vie, j'ai vraiment longtemps pensé que mes kgs me protégaient. Au début de LC elle s'est faite discrète, mais maintenant, après cinq mois sur LC et quelques kgs perdus, je l'ai retrouvée.

Cela me renvoie à de la fragilité. A une carapace qui s'en irait. A des désirs qu'il faudrait assumer (plus mince, je n'aurais pas le choix !?). La peur, ce serait d'apparaître plus fragile (et plus désirable), et de ne pas savoir me protéger de cela, ne pas savoir gérer la bonne distance par exemple. C'est une façon de ne pas avoir confiance en moi... Pourtant, y'a pas de raisons... on a tous des ressources.

Aussi comme tu le dis Izabelle, reconnaître ces peurs, les accepter... et défusionner...  pour qu'elles soient moins agissantes (pour moi ça veut dire : ça pourrait être le bon moment pour passer à la librairie et acheter le fameux bouquin "Le piège du bonheur" avant les vacances).

Laureline

mavo.
Marraine
Je repasse entre deux... Ce que tu dis Laureline me souligne qu'il y a deux choses pour moi dans la peur de perdre ma protection, ma couche de gras... D'abord la peur d'être agressée, très viscérale et malheureusement très liée à mon histoire d'ado, et la peur d'être de nouveau séduisante, et donc peut-être tentée, et donc de mettre mon couple en danger. Y'a du pain sur la planche ici aussi, on dirait !!
Ennairam.
Abonné
Salut les filles! C'est un sujet qui me parle beaucoup. Je me suis rendue compte récemment que je reprends systématiquement du poids quand on me fait remarquer que j'ai perdu, tout comme je reprend lorsque ma balance m'annonce que je maigris. Je retrouve aussi ces interrogations autour de la peur d'être séduisante, peur de ne pas pouvoir gérer. Mais j'ai aussi la sensation que je me sens rapidement agressée par le monde extérieur, beaucoup de choses sont intrusives pour moi et surtout, surtout je vis dans l'illusion que je ne sais pas me défendre. Je suis tellement perfectionniste que je ne m'autorise pas à me mettre en colère de peur d'être ridicule, à côté de la plaque, que peut être je ne vaux pas la peine de me défendre. Quelque part je suis souvent comme une petite fille face à l'autre qui sur le moment me donne l'impression qu'il est plus fort, qu'il sait mieux que moi, qu'il a raison. Je suis souvent fuyante dans mes rapports et mes amies sont mes amies parce qu'elles ont su m'apprivoiser, et elles acceptent que je me referme parfois comme une huitre. Ma défense réside donc dans l'évitement et l'immobilité, et plus on est lourd, plus il est difficile de nous pousser. D'ailleurs je me ronge les ongles et je me dis souvent que je ronge mes griffes, comme si j'avais peur de les utiliser. Une dernière piste de réflexion: je ne crois pas avoir peur de réussir si je maigris, je crois que j'ai peur que malgré ma minceur je ne réussisse pas mieux. Mince, je n'aurais plus d'excuse pour ne pas faire les choses. Peut être que pour perdre du poids, je dois accepter que ma sensibilité, mes milliards de questions par minute, ma sensation d'être toujours à côté de la plaque soient toujours présentes, même en changeant physiquement.. Il faut que je me dise que je ne serai pas forcément plus à l'aise en groupe en étant mince ni plus audacieuse, ni autre tout simplement. Pour maigrir peut être faut il plutôt essayer de plonger en soi à la recherche de celle qu'on est sous la graisse, la vrai soi plutôt que de chercher à modeler celle qu'on croit devoir être. C'est pas si simple de faire le tri entre les deux, surtout quand on imagine que tout çe qu'on est ne vaut pas la peine. C'est faire le deuil de son moi idéal tout simplement et accepter de voir la beauté qu'on possède déjà mais qu'on refuse de s'attribuer. Ce qui me fait penser à un truc, un peu à chaud là, il faudra que j'y réfléchisse plus longuement . Est ce que la graisse ne cache pas qqchose dont on a honte? En ce qui me concerne j'ai souvent l'impression d'avoir un truc honteux que personne ne doit voir au risque d'être montrée du doigt. Aucune idée de ce que c'est, d'ailleurs il n'y a ses doute rien, c'est juste une idée que me fais. En tout cas si je maigris est ce que je n'ai pas peur de laisser émerger cette chose. Peut être la femme que je suis? Peut être m'a t'on laissé entendre un jour qu'être une femme, séduisante qui plus est était honteux? C'est fou, au fur et à mesure que j'écris, j'ai tout un tas de théories qui fusent. Alors je crois que je vais m'arrêter là, sinon je vais finir par faire ma psychothérapie ici! :)
nickette.
Abonné

Le fait d'avoir peur de séduire, çà fait écho en moi.

Ado et jeune adulte, je plaisais aux hommes d'âge mûr ( ils avaient au moins 30 ans !!!  On ne rit pas. J'en ai 54 aujourd'hui et je trouverais çà plutôt sympa). Vraiment les hommes me faisaient peur.

J'ai déjà pris du poids à cette époque mais assez raisonnablement.

Autre piste : quand j'étais petite, j'étais maigre, transparente, absente. je faisais tout pour me faire oublier.

Je crois que j'ai grossi beaucoup quand j'ai dit " stop, j'existe, regardez-moi ".

Le poids était symboliquement ma volonté d'être vue, entendue.

Maigrir, çà voudrait dire me reconnaître le droit d'exister tout simplement.

j'espère être au début de ce chemin

çà fait un peu tragi comédie ce que j'écris,  non ?

clic.
Abonné

Hello,

pareil de mon côté, quand je commence à perdre du poids j'ai une plus grande faim, comme si mon corps ne supportait pas la moindre perte alors que je suis largement en surpoids et qu'il pourrait vivre quelques semaines sans nourriture ce corps ! wink

Je me suis aussi demandé pourquoi et j'ai aussi trouvé des réponses dans l'enfance, mais je suis presque sûre d'avoir bien intégré tout ça et que cela me touche maintenant assez peu. Je me trompe peut être.

Pour moi la couche de gras c'est la protection car je ne savais pas me défendre étant petite contre les gens qui se moquaient de moi, c'est aussi la masse qui me permettait d'être vue et prise au sérieux et qui me donnait de la consistance (enfin j'espérais). C'est donc autant une manière de se protéger que de se convaincre qu'on existe.

Par contre j'ai un doute par rapport à mon père, ma psy m'a démontré qu'il avait eu un comportement incestueux, j'ai lu quelques bouquins là-dessus qui m'ont aussi convaincue, mais je n'ai jamais percé l'abcès avec lui et je ne le ferai jamais. C'est la seule barrière que je vois. Mais comme j'ai accepté que son comportement était mal et que cela ne me mets plus en colère quand j'y pense, je ne suis pas sûre que ce soit ça. 

Et c'est là que tu as raison Izabelle, parfois il suffit d'exprimer ses émotions et pensées pour éclaircir certains points : même si j'ai fais la paix avec ce passé, ça ne veut pas dire que je l'assume au présent. C'est à dire que j'ai peur que quelqu'un ait un comportement similaire avec moi car je ne saurais pas comment réagir. Et surtout, je ne me fais pas confiance pour savoir où est la limite entre l'acceptable et l'innaceptable. A quel moment la personne en face manque de respect envers moi ? Et c'est drôle car je me rend compte que par le passé j'ai eu un total manque de respect pour mon corps au niveau du sexe et de la drogue et de l'alcool et de la bouffe. Ce que j'ai pas mal ralenti ou stoppé car j'ai rencontré quelqu'un de formidable. Et voilà au global, j'ai bien maltraité mon corps et je continue encore avec la nourriture et l'alcool (je ne suis pas alcoolique mais je bois pas mal quand même). 

Je pense que la réponse réside dans le respect pour soi, qui va de paire avec la confiance en soi. Le gros travail que je dois faire c'est me convaincre que je me connais, que je peux me faire confiance, que je peux faire les choses bien.

Je ne sais pas si cela vous parle, je pense que pour moi c'est une partie de la solution. Le reste c'est de la rpc et de la patience !

Je vais donc essayer de faire comme toi Izabelle, ça tombe bien je suis en train de noter comment se passent mes fins de journées smiley Je vais donc tenter de pister ces EME spéciales "j'ai peur de maigrir" et de voir comment je peux les accepter.

Et non non, ça fait pas tragi comédie !! Ou alors on fait toutes dans le tragi comédie dans le coin wink

Manue76.
Abonné
Bonjour, j'ai l'impression que cette peur de maigrir cache une peur de vivre. Vous ne semblez pas en paix avec votre corps. La couche de graisse peut sembler protéger (le karaté est plus efficace ). S'il s'agit de la peur de ne pas être à la hauteur (timidité...), la sophrologie est tellement bienfaisante. Ne vous en privez pas ! Voici quelques pistes. Faites-vous du vien. D'ailleurs, un livre qui fait du bien et qui a inspiré les Dr Zermati et Apfeldorfer pour leur méthode "Manger en pleine conscience" du Dr Jan Chosen Bays la version avec Cd. Bonne lecture,bonnes relaxations.Ne vous en privez pas!
izabelle
Animatrice forum

merci pour toutes vos contributions, je trouve ça bien que l'on puisse exprimer ces choses là, et si des esprits chagrins trouvent que ça fait trop  "psycho", ben tant pis pour eux, qu'ils ne lisent pas.....  personne ne les y oblige (j'prends mes précautions...)

de plus, on est dans le forum vert, donc privé......

et de temps en temps, je trouve que c'est bien de creuser un peu tout ça,   voir les choses en face

pas la peine de savoir le pourquoi du comment, mais simplement savoir ce qu'on ressent, et l'accepter sans chercher à le transformer

 

pour ma part, je rejoins cette idée de protection,  pas forcément revlativement à la séduction, mais plutôt protection  contre l'hypersensibilité

c'est Mandala qui m'avait mis sur la voie quand j'ai constaté que j'avais plus d'EME en société qu'ailleurs,    les situations sociales me donnent beaucoup d'information à gérer, de part mon hypersensibilité

genre je ressens tout ce que les gens ressentent, ce qu'ils pensent de moi, des uns et des autres, il y a beaucoup de bruit, beaucoup d'informations, de conversations, j'ai en tête un milliard de choses au même instant

bref  beaucoup de stimulations pour une hypersensible

 

ça ne veut pas dire que je n'aime pas, j'adore voir du monde,  mais la sur-dose de stimulations   m'incite à me "protéger"  par cette carapace de gras qui absorbe gentiment tout ça  (ou du moins j'ai cette impression totalement fausse)

la seule fois où j'ai maigri, dans ma vie, c'était une année où je n'avais plus aucune stimulation sociale, j'étais avec ma fille et mon homme dans une maison isolée à la campagne,  je ne voyais personne.....   j'ai quand même perdu 15 kilos....  et je ne travaillais pas non plus (sauf le boulot de maman, bien entendu)

 

tout ça pour réfléchir à voix haute et constater que cette fonction de protection me semble liée à cette hypersensibilité

 

 

je pense avoir aussi ce truc de la perte d'identité puisque j'ai un surpoids depuis mon enfance

 

et de façon connexe, je rajoute cette "peur" d'être trop parfaite, ce qui est totalement stupide parce que je suis loin d'être parfaite

mais depuis mon enfance, on m'a toujours "reprochée"  d'être trop parfaite, d'avoir de trop bonnes notes, de savoir faire trop de choses (pas mes parents, qui s'en fichaient, plutôt mes "amis")

alors le surpoids est le signe tangible que je suis imparfaite......   donc un peu une façon de me faire  accepter, je pense.....

 

bon la réflexion continue......   

hier soir je suis restée un moment avec ma peur de maigrir, sans en avoir peur,   comme avec un enfant inquiet.....

on verra ce que ça donne ce soir.....

Bliss.
Abonné
Je vous rejoins sur la peur de séduire, le rapport aux hommes etc. Je ne rajoute rien là dessus vos propos sont très parlants. Pour moi en plus il y a une peur de la déformation. J'ai autour de moi des personnes qui ont beaucoup maigri 30, 50 voir 60 kilos (avec chirurgie bariatique). Et j'ai une hantise de la peau qui pend, des seins sur le bide et du bide sur le pubis! et des bras de chauve souris. Personne ne peut me garantir (au contraire) qu'en maigrissant je conserverai mes contours que j'aime actuellement même si je suis grosse je me trouve ferme. Alors quelque part autant rester grosse pour moi, pour en pas souffrir de cet effet secondaire de la perte de poids. Et la chirurgie réparatrice est quelquechose que je n'envisage pas, pas les sous (pas remboursé en suisse) et pas envie de passer sur le billard une fois de plus. Me reste l'espoir de maigrir un peu tout lentement jusqu'à la taille 46 et y rester en pleine forme.
Clairette287.
Ancien abonné

Je me retrouve totalement dans ton témoignage Izabelle, comme toi je suis en surpoids depuis mon enfance et du coup j'ai cette peur de perte d'identité. Je ne m'imagine pas sans ces kilos en trop, quelques part ils font partis de moi. D'ailleurs je me suis surprise à dire hier soir à mon chéri, "je ne me vois pas à 60kg, je serais trop mince je n'aurais plus de formes" (je mesure 1m70). Je pense que si je maigris il faudra que je fasse le deuil de ses kg et du fait qu'en fait ils ne me représentent pas.

Tes paroles sur le fait de "paraître" parfaite font aussi echo en moi. Au collége on se moquait de moi car j'étais trop bonne éleve, trop gentille, trop fifille à papa à faire tout correctement alors je me dis que ton idée des kg pour se protéger n'est pas bête (mais du coup on me reprochait aussi d'être trop grosse). Enfin c'est compliqué tout ça mais merci pour ces réflexions Izabelle.

Lyphaé.
Abonné

Le fait de paraître parfaite fait également écho en moi. J'ai toujours eu cette image de petite fille modèle qui me collait à la peau et... j'ai toujours détesté ça. Ado, je me suis mise à ne plus étudier, par paresse mais aussi et surtout en espérant secrètement avoir de mauvaises notes, faire en sorte que tout le monde soit au courant et me débarrasser de cette image...

Aujourd'hui encore, m'entendre dire qu'en fait, quand on creuse, je suis étonnamment "rebelle" est un immense compliment pour moi.

Je ne suis pas en surpoids donc la théorie comme quoi mon surpoids serait une manière d'échapper à cette image que j'ai toujours l'impression de trainer aujourd'hui ne s'applique pas... N'empêche, ça me parle tout ça.

izabelle
Animatrice forum

oui c'est certainement un peu compliqué cette façon dont les choses se fomentent dans notre tête

à une époque, très courte, celle où j'étais dans la tranquilité la plus totale,  j'ai été "mince" (enfin avec des rondeurs quand même, mais 10 kg en dessous du poids que j'ai longtemps pesé)

bien sûr cela n'a pas duré longtemps, mais ce dont je me rappelle c'est que ça ne change  "rien du tout" et qu'à l'époque je n'ai subi aucune perte d'identité d'aucune sorte

d'autant que je m'en souvienne, la seule chose que ça change, c'est que c'est vraiment plus facile de s'habiller

 

je n'étais pas non plus devenue une garce séductrice, et clairement les hommes ne se sont pas rués sur moi   ;-)

bon faut dire aussi que vu que je voyais personne......

 

 

là je suis avec ma peur de maigrir.....   comme tous les soirs depuis mon retour de vacances

je l'interroge, qu'est-ce qu'elle me dit....

"j'ai peur que tout s'effondre"   voilà ce que je ressens.....    peur que ma vie, construite ainsi, ne puisse exister sur d'autres bases

peur sans doute que le fait de ne plus étouffer mes émotions me fasse changer de caractère et que notre vie s'en trouve chamboulée

je me demande si un peu de défusion ne serait pas nécessaire par rapport à cette peur que "tout s'effondre", d'autant que je sais intellectuellement que tout ceci est faux, puisque la vie m'a déjà montré que je pouvais ne plus anesthésier mes émotions sans aucune conséquence néfaste......

 

pardon pour les phrases à rallonge, le fait d'écrire me permet de mettre qq mots sur ces ressentis

 

j'ai beaucoup apprécié vos instrospections

clic.
Abonné

Hahaha c'est vrai que c'est incroyable de voir les expériences similaires des gens. J'ai une amie qui m'a dit récemment "mais tu te rends compte si on se parlait tous vraiment des "petits" problèmes qu'on a ? on se rendrait compte qu'on est pas anormaux et ça résoudrait un tas de choses !" 

Bref, merci à vous car je viens de comprendre encore d'autres choses. Par exemple je pensais que je mangeais par ennui en société : à vérifier mais la théorie d'Izabelle sur le stress que ça induit et qui provient de multiples sources est une tr_s bonne piste.

Pareil, mes parents détestent les gros, ma mère en a même peur, je savais donc que je grossissais en partie en réaction à ça. Je me disais que je jouais ma rebelle. Alors oui évidemment, mais je n'avais pas saisi le message que j'essayais de leur faire passer : je ne suis pas leur chose. Je décide de ce que je mange et de mon apparence.

Merci à vous pour ces deux prises de conscience qui vont contribuer à ma progression :)

Pour le moment je n'ai pas encore ressenti la peur de maigrir, je reste vigilante.

Violette28.
Abonné

[quote=izabelle]

 

"j'ai peur que tout s'effondre"   voilà ce que je ressens.....    peur que ma vie, construite ainsi, ne puisse exister sur d'autres bases

 

[/quote]

De mon côté, ma "quête de la minceur" semble être un fil rouge dans ma journée...

Quand on se dit qu'il faut lâcher prise sur la question du poids, c'est quand même dur dur quand on y pense que toute la journée, ou au moins à chaque repas: "poser la fourchette, mâcher 20 secondes, s'interroger sur sa faim, sur sa sasiété, etc, etc....", sans parler du temps passé sur le net à s'interroger sur le pourquoi du comment....

Alors, oui, si un jour j'y arrive, à maigrir, quel sera le fil rouge de ma journée? A quoi vais-je penser, qu'est-ce que je vais faire, alors que cette "quête de la minceur" guide chacun de mes pas depuis des années??

Pour moi, elle est aussi un peu là, la peur.... Tout ce temps qu'on y passe, quel usage pourra-t-on en faire si on a réglé ces soucis-là? Vais-je pouvoir me concentrer sur autre chose: un loisir? Un autre problème? Ou ne restera-t-il que du vide à la place de mes kilos?

clic.
Abonné

Oui c'est vrai aussi. Manger c'est pour me remplir car je me sens vide. Il y a ce post qui en parle "Ne pas manger : un deuil ?", je l'ai lu en diagonal et je m'y suis retrouvée aussi.

C'est ce qui a été le plus difficile à accepter quand j'ai commencé LC : la nourriture n'est pas la solution dès que quelque chose en va pas...bon ok mais je fais quoi alors ?

Et c'est vrai, comme je sais plus qui le disais, ne plus trop manger tout le temps ça fait gagner du temps !! Bon bah ce temps je l'emploie à la rpc, au yoga, aux autres, à moi...c'est assez agréable, passé l'impression de vide. Exactement comme quand on arrête la clope, le plus dur ce sont les moments qu'on aurait comblé en fumant une cigarette. 

Alors je me dis, qu'est-ce que je pourrais faire qui me fasse me sentir bien ? Et j'essaye de trouver cette activité. C'est pas toujours facile à faire évidemment.

surmonchemin.
Abonné

Hello,

Un peu comme Einnairam, j'ai déjà remarqué aussi que j'avais tendance à reprendre quand on m'avait beaucoup félicitée pour ma perte.Je n'identifiais pas bien les raisons jusqu'ici, mais en ce moment il y a un truc qui émerge : j'ai peur qu'on soit jaloux de moi. Parce que j'ai un passé de première de classe, donc de bouc-émissaire de la cour de récré, et du coup je crois que j'ai fini par ancrer le fait que pour être tranquille et se protéger, il vaut mieux ne surtout pas être meilleur que les autres (je me souviens qu'à l'école, des fois je donnais exprès des réponses fausses, juste pour ne pas avoir 20 au contrôle, ou bien je posais des questions idiotes des fois en cours).

Ca remonte à loin, et je crois bien que ça touche un peu à tous les domaines, j'ai du mal à admettre que j'ai réussi ; par exemple, j'ai encore du mal à répondre à la question "quel est votre métier ?" (je suis ingénieur, c'est un métier comme un autre mais je trouve çà hyper pompeux comme réponse, alors j'ai toujours du mal à le dire même au bout de 15 ans d'exercice). Ou bien l'argent, je gagne assez bien ma vie, mais pareil je suis incapable de le dire. Alors être en plus une jolie femme épanouie qui a réussi à régler ses problèmes de poids, vous pensez....!!!
(j'écris ma réponse en vous lisant au fur et à mesure, et je lis juste maintenant ta petite phrase que j'aurais pu écrire, Izabelle : "le surpoids est le signe tangible que je suis imparfaite" ; les posts de Clairette et Lyphae : idem, je vois qu'on est plusieurs dans le même cas !)

Une autre raison aussi, je crois que c'est Apfel qui l'expliquait dans un de ses livres, et ça m'avait bcp parlé quand je l'avais lu : c'est le leitmotiv. Quand je serai mince, c'est sûr, je réussirai enfin ma vie sentimentale, j'aurai un beau mari, une belle maison, je voyagerai beaucoup plus, je ferai plein de trucs formidables, etc. Sauf que : si je deviens réellement et durablement mince, bonjour la pression ! Qu'est-ce qui se passe si une fois mince je reste célibataire ? Si je ne fais pas plus de trucs formidables que maintenant ? Ca sera un échec et j'en serai responsable entièrement cette fois, je ne pourrai plus mettre çà sur le compte de mon surpoids. Bouh, ça fait peur !

Izabelle, tu parlais des EME en société, moi aussi j'en ai beaucoup. dans mon cas, je crois que ça me donne une contenance (je reste une grande timide, même si ca va mieux avec les années). Pendant que je mange - ou que je fume, au choix, c'est relativement interchangeable - et bien je suis occupée, je ne suis pas obligée de trouver des trucs intéressants à dire. C'est une bonne excuse.

Bon, il y a tout le reste aussi, la peur de la séduction dont plusieurs ont déjà parlé, mais je vais m'arrêter là pour ce soir !

Bonne nuit smiley

Ennairam.
Abonné
Les filles, j'interviens peu sur le forum, mais je le régulièrement et j'en profite pour dire que vous êtes géniales, et que ce forum est vraiment merveilleux! Merci d'être aussi généreuses! Vos réflexions alimentent une pensée qui me travaille depuis un moment. Comme Izabelle, je me suis rendue compte il y a quelques temps que j´etais hypersensible, que je suis vite contaminée par les émotions des autres. Être en groupe par exemple m'est épuisant même si ça ne m'empêche pas de recherche la compagnie des autres.. Sortir de chez moi,un acte en apparence banal, me demande souvent beaucoup de volonté, parce que je ne me sens pas à l'aise dans la rue. Alors ok, il y a le poids toussa toussa mais pas que. N'empêche que je me demande depuis quelques temps s'il ne s'agit pas plutôt d'une hypersensibilité au regard de l'autre plutôt qu'à ses émotions. J'ai tellement peur d'être rejetée, voire attaquée que j'ai sans doute inconsciemment appris à être plus observatrice afin de repérer ce qui pourrait amener mon interlocuteur à m'aimer. ( en fait j'avais d'abord écrit que je cherchais à être aimée et me relisant je me suis dit que peut être, c'est pas tant que je voulais être aimée, mais que si on m'aime on ne m'attaque pas et je n'ai pas besoin de me défendre. et comme j'ai peur de de ne pas savoir me défendre où bien d'être trop agressive...) En gros si je maigris, ça veut dire qu'au lieu de retourner mon agressivité contre moi, il faudra que je la retourne contre l'autre, enfin schématiquement hein. Et ça je sais pas ce que ça me fait, mais c'est insupportable. Comme si je risquais de détruire l'autre si je me mettais en colère, comme si c'était plus logique que moi j'encaisse les coups parce que je sais les encaisser plutôt que l'autre qui peut être ne saura pas. Toute cette réflexion s' appuie sur une chose qu'il me semble avoir repérer dans pas mal de vos écrit: il y a un moment dans votre vie où on vous a renvoyé que ce que vous étiez était mal. Moi aussi j'étais une très bonne élève jusqu'à la 6eme, aimée de mes camarades, élue déléguée même en cm2 et là crac! En 5me, rejet massif de ma classe parce qu'il y'a quelque chose chez moi qui ne va pas. À l'époque je ne comprenais pas ce qu'il m'arrivait, je ne suis pas sûre de l'avoir compris maintenant, si ce n'est que j'étais perçue comme différente, et qu'il fallait le cacher pour être acceptée. C'est vrai, je ne comprenais rien des ados, leurs goûts, leur préoccupations. Je suis passée dernière de classe et pendant tout le collège, j'ai vécu l'enfer, au point de faire semblant de m'évanouir pour ne plus aller en classe. Bref. Tout ça pour dire qu'il me semble avoir vu -et pas que dans ce post-que nous étions plusieurs à partager ce sentiment d'avoir quelque chose de honteux, qu'il fallait cacher. Être grosse, c'est se construire un masque, une identité, un appât qui attirera les attaques là plutôt qu'ailleurs. Est ce que c'est quelque chose qui vous parle?
pleinedespoir.
Abonné

Bien sûr Ennairam... moi je m'exerce à devenir un peu méchante... enfin à devenir.. non juste à laisser sortir mes piquants et tant pis si ça ne plaît pas ... oui ,la graisse protège oui, on croit qu'on peut mieux encasser que les autres ... mais  non! Pourquoi? maintenant je fais tous les jours l'exercice de me dire " ce sont des grands garçons ,des grandes filles , y peuvent supporter comme moi...."J'ai vécu l'enfance un peu  comme ce ue tu décris et j'étais  très très très très malheureuse.. vraiment. et puis ça a traîné encore de nombreuses années et puis... zut et flûte j'ai le droit d'être qui je suis, et je me suis bien débrouillée avec des kilos que je suis seule à trouver excessifs....

Oui quand on maigrit il y a un trasnfert d'agresssivité... pas forcément méchant ( agressif = aller vers en fait ) masi plsu actif,leste et peut-être un peu piquant ... VIVANT quoi...

Y susi pas encore donc...... courage...à nous  toutes

izabelle
Animatrice forum

[quote=Ennairam]En gros si je maigris, ça veut dire qu'au lieu de retourner mon agressivité contre moi, il faudra que je la retourne contre l'autre, enfin schématiquement hein. [/quote]

oui, le masque, ça me parle, à fond !!!!

je suis comme toi pour l'agressitivté...  trop gentille en général, si j'explose, ça explose bien, et sévère...   cela enclenche une peur de mon agressivité, de ma force de destruction....

cependant, heureusement, il y a une troisième voix..... ouf....   

en effet, savoir se défendre, c'est tout simplement savoir s'affirmer

ça c'est qqchose qui est assez facile à travailler,  et je dois dire que la prise en compte des émotions aide beaucoup, avec la RPC par exemple

parce que quand on a conscience de ce qui est problématique, pour nous,  on arrive à le laisser vivre sans décider pour nous

par exemple je suis morte de trouille d'être rejetée par ce groupe, mais j'exprime mon point de vue parce que c'est important pour moi

du coup, la trouille ne vient pas parasiter le message, elle est juste "là", consciemment, elle fournit l'adrénaline nécessaire, mais on ne se met pas à crier sur tout le monde en devenant incohérente   ;-)

 

je vois qu'on a tous beaucoup de poins communs

je crois qu'avoir conscience de tout ça nous aidera à accepter ces ressentis en les dédramatisant, pour rester libre de nos actes

izabelle
Animatrice forum

[quote=surmonchemin]

Parce que j'ai un passé de première de classe, donc de bouc-émissaire de la cour de récré, et du coup je crois que j'ai fini par ancrer le fait que pour être tranquille et se protéger, il vaut mieux ne surtout pas être meilleur que les autres (je me souviens qu'à l'école, des fois je donnais exprès des réponses fausses, juste pour ne pas avoir 20 au contrôle, ou bien je posais des questions idiotes des fois en cours).

[/quote]

tout pareil, sauf que je n'ai jamais sacrifié mes notes je dois dire

j'ai toujours aimé avoir des 18 et des 20, avoir un contrôle de maths nickel sans aucune erreur

c'est ça qui me donnait envie d'y aller, au lycée.....

bon sauf que je ne pouvais pas dire que j'aimais les contrôles de maths sous peine de me faire huer (et pourtant j'étais en S)

sur la fin, pour le bac, j'ai trouvé la méthode,  je faisais des groupes de soutien et j'expliquais tout aux autres

pas mal pour se faire accepter... en tous cas ça marchait bien....

 

donc il y a cette histoire de masque,  il y a cette histoire de ne pas être "trop parfaite" pour se faire accepter,  il y a cette histoire d'avoir une "protection" contre une hypersensiblité non assumée

 

 

ce soir j'ai rendez-vous avec ma peur de maigrir......   je continue à l'apprivoiser

 

merci de tous vos messages, ça fait du bien de voir que l'on n'est pas seule

izabelle
Animatrice forum

[quote=clic]

Oui c'est vrai aussi. Manger c'est pour me remplir car je me sens vide. 

[/quote]

il y a eu un post très long sur le sujet, sur le sentiment de vide.....    ouh là faut que je le retrouve....

bon pour l'instant je ne le retrouve pas, c'était il y a qq mois

je le chercherai ce soir parce qu'il était vraiment intéressant

 

Ennairam.
Abonné
[quote=izabelle]

par exemple je suis morte de trouille d'être rejetée par ce groupe, mais j'exprime mon point de vue parce que c'est important pour moi

[/quote] Ah Ben moi c'est pareil! À tel point que lorsque je me suis réinscrite cette année, j'ai changé de pseudo et j'ai décidé de ne pas trop m'inscrire dans la vie du forum ni du blog contrairement à ma précédente inscription où j'étais à fond. Il ne s'était rien passé de spécial, enfin si l'impression de m'être trop exposée, et de ne pas avoir eu les réponses en conséquence. L'attente du retour des autres m'a deconnectée un peu du travil que je faisais ici. les deux sont en lien en fait. Je suis avide de quelque chose que seule la nourriture me fournit pleinement. Si on est pas dans l'oralité là! :) J'ai bien compris que tout cela m'appartenait et qu'il me fallait travailler là dessus. Ceci dit c'est un bon exercice de se "mettre en danger " virtuellement sur ce forum qui est quand même très bienveillant avant de le faire dans sa vie. Bon je suis peut être hors sujet du coup. Désolée! :)
Clairette287.
Ancien abonné

C'est fou comme je me retrouve dans tous ces témoignages, trop bonnes à l'école, incompréhension du monde adolescent. J'ai l'impression que ado j'étais à la fois trop mature pour mon âge (responsable, à ne jamais faire de bétise et respectueuse des adultes) et totalement imature à la fois (aucune envie de grandir donc j'ai joué très longtemps, un peu fifille à papa et maman et totalement inintéréssée par le sexe opposé...)

Bon d'un autre coté je m'en félicite aujourd'hui car j'ai eu une belle et longue enfance et que j'avais plaisir à apprendre et à m'ouvrir au monde. Mais d'un autre coté qu'est ce que j'ai souffert de cette incompréhension au collége... Heureusement au lycée les ados sont moins c*ns et j'ai pu me faire ma place et j'en garde de supers souvenirs.

Et pour le ptit clin d'oeil Izabelle en 3ème j'avais 20/20 de moyenne en math et j'étais amoureuse de mon prof (finalement je devais juste être désintéréssée par les garçons d emon âge ^^). Mais du coup ça m'a valu des "Claire tte façon elle a des "facilités" en math" de la part de mes tortionnaires ado pendant toute l'année. J'ai du mal à expliquer aujourd'hui pourquoi ce terme me faisait autant de mal  mais j'ai encore du mal avec ça...

clic.
Abonné

Hello tout le monde, 

les derniers posts (Ennairam, pleinedespoir et izabelle) me parlent aussi, pas forcément au même niveau mais je retrouve des émotions et pensées en commun. Et effectivement izabelle j'ai vu passer un fil intitulé comme ça mais à cette époque j'ai pas eu le courage de l'ouvrir de peur de ce que je pourrais y lire qui me fasse ressortir des émotions douloureuses. Si tu le retrouve je le lirai, je pense être dans de meilleures conditions.

Niveau peur de maigrir, j'ai perdu cette semaine, je le sais, je le sens et je crois que cela à des répercussions mais comme elles ne sont pas nettes c'est difficile. Enfin quand même ce matin j'ai eu une grosse EME en même temps que ma bonne faim arrivait, je l'ai bien gérée en mangeant mais sans excès. Le souci c'est que depuis je me vois en train de manger en mode compulsion et y a une petite voix qui me dit que je le mérite après tout, puisque je travaille dur, que j'ai mal au dos, que je dors peu et mal, que j'ai perdu un peu, qu'il fait beau, qu'il fait chaud, que c'est bientôt les vacances...lol, saleté de petite voix qui prend n'importe quel prétexte pour manger ! 

C'est con en plus parce qu'hier j'ai eu une petite angoisse et l'idée de manger pour décompresser ne m'est pas venue à l'esprit, quand je m'en suis rendue compte j'étais super fière de moi genre youhou encore une étape réussie. C'est peut être ça aussi qui m'a lancé mes EME d'aujourd'hui.

Le pire c'est que dès que je perds un peu (pas pu m'empêcher de me peser : -600grammes, c'est bien mais pas révolutionnaire), je me projette, je me vois déjà mince, fière de moi à parader devant les autres dans les fringues d'il y a 10 ans que je peux enfin remettre, c'est comme si c'était fait. Et puis je me rend compte que tout le chemin reste à parcourir et ça me déprime. Et dès que je vois une nana mince et habillée sexy, je me dis haha oui moi aussi je vais être comme ça...et hop je me rend compte que peut être pas et que j'y suis pas de toute façon. Ca me fait un vilain chaud/froid et puis je me projette tellement bien que j'y crois à cette minceur et je me demande si c'est pas ça qui fait que je mange à nouveau plus que ma faim.

A approfondir smiley

Ennairam.
Abonné
Clic, je crois que se projeter dans des images d'idéal de soi, c'est se foutre une pression énorme. Je le dis brut de décoffrage hein,c'est pas un jugement, moi je fais pareil et après je mange trop. Parce que cette fille c'est pas moi, c'est ce que j'imagine devoir être. En même temps je n'ai jamais eu un physique idéal, alors je sais pas ce que c'est. Mais j'ai pu me sentir sexy, parfois. Être dans l'idée d'être comme ça où comme ça c'est il me semble être encore dans la maîtrise de quelque chose qui peut être n'est pas ce que l'on est vraiment? Qui est ce que les autres aiment voir, nos parents, nos amis, notre mec... Ce qui m'amène à cette fameuse maîtrise qu'on nomme parfois perfectionnisme je crois aussi. Ces histoires de bonnes notes m'ont fait penser à ça. Quand on cherche à donner une image, celle qu'on veut que l'on pense de nous que ce soit dans les notes ou dans autre chose, sans doute que ça demande beaucoup d'énergie. en tout cas c'est ce que je ressens. Peut être du coup qu'il me faut un domaine où j'ai le droit de me lâcher: au hasard, la bouffe! :D après tout lavie est un tel effort, je mérite une récompense non? Si on perds le poids sans aménager quelque chose de plus tranquille dans notre vie quotidienne, moins dans la maîtrise est ce que ce n'est pas un peu effrayant du coup de le lâcher ? Sinon clic félicitations à toi, d'une part d'avoir gérer tes émotions sans la nourriture mais aussi de te féliciter de tes progrès. Sans doute que l'un comme l'autre sont des avancées fantastiques!
clic.
Abonné

Oui je suis bien d'accord, en fait quand je dis que je me projette c'est de façon inconsciente. D'un coup je me rends compte de ce que je suis en train d'imaginer et donc du mal que je me fais. Je ne m'engueule pas, je m'en rends juste compte. Mais le mal est fait. Je pense que ça peu disparaître peu à peu avec tout le travail LC mais pour le moment c'est là.

izabelle
Animatrice forum

alors là je te comprends tout à fait

je ne compte pas le nombre de fois où je me suis dit  "là ça y est, j'ai pigé le truc, je vais perdre 10 kilos vite fait, à telle date je serais mince...."

sans compter sur la peur de maigrir qui verrouille le truc à chaque fois....    ça oui je sais comment faire, bien sûr, ici j'ai appris à vivre mes émotions, à manger selon ma faim...  j'ai déjà perdu, j'ai stagné, j'ai recommencé à perdre et là pschhtttt gros blocage.....

la réponse que j'entrevois, c'est de lâcher prise et laisser le temps au temps

clic.
Abonné

smiley oui avec tout le soutien de LC je pense que ça marchera. 

Ennairam.
Abonné
En fait avec lc j'ai l'impression d'être une funambule en équilibre sur un fil. Il y'a un stade subtil auquel j'accède par moment succincts qui me permet de progresser et pis hop! Je rebascule dans la recherche frénétique d'amaigrissement, dans le jugement, les compulsions. C'est vrai que dire qu'il faut y aller à petit pas, ça a l'air de rien mais en fait je crois que tout le concept est là. Chaque jour, parfois chaque heure, on fait un petit pas sur le fil et bam! On tombe! Alors on recommence et cette fois c'est deux pas sur le fil au lieu d'un. Jusqu'au jour où on arrivera à traverser le fil de bout en bout. Pfiouuu, dommage que ça ne compte pas comme une activité physique!! :D
Franne67.
Abonné
Hello vous toutes... Je vais vous rejoindre en essayant de simplifier ce que j'ai compris et ce que je partage : - sentiment d'être différente (toujours trop qq chose : trop comprendre, aller trop vite, voir trop loin... Savoir faire trop de choses) - hyper sensibilité - sentiment de vide - besoin de paraître faillible Recherchez la notion d'adulte à haut potentiel (ex enfant précoce) Lisez " trop intelligent pour être heureux" excellent bouquin. Acceptez l'idée que notre corps a sa propre intelligence (c'est d'ailleurs la base de LC) et que donc il fonctionne avec son propre système. Il faut donc le réinitialiser. Un jour j'ai fait un lapsus. J'ai dit "mourir" au lieu de "maigirir". C'était en me faisant masser avec des huiles essentielles en séance de relaxation. Je crois qu'il y a une clef dans cette phrase : maigrir c'est mourir.... Mais pourquoi faut il maigrir ? En même temps je ne rêve que de ça... J'en pleurerai tellement je suis malheureuse d'être grosse. Mais suis-je malheureuse parce que grosse ? Peut être que cette foutue société me dit que je suis différente à la base et que je crois que cette différence se matérialise parce que physiquement je ne suis pas dans les canons de mon époque ? Mais si je maigris... Je continue à être différent... Mais là il faudra l'assumer... Peut être que si j'assume ma différence. Je n'aurais plus besoin de mes kilos ?
mavo.
Marraine
Encore une fois, en vous lisant, j'ai cette étrange impression de "c'est incroyable à quel point je me reconnais dans ces différents témoignages". Beaucoup notamment dans la petite fille parfaite. Et bien sur que je ne me sens pas parfaite, mais quand même assez satisfaite de moi sur différents sujets dans ma vie. Et le surpoids, c'est le sujet où je rate, où j'échoue. Et si ça fonctionnait ici, que deviendrait ce qui va plutôt bien ?? Là vient la peur que tout s'effondre. J'ai bien conscience que c'est parfaitement irrationnel et je pense en effet qu'un peu de défusionne s'appliquerait très bien à Miss "la fin du monde pourrait bien arriver". Je me retrouve aussi beaucoup dans les projections "1 kg de perdu et je me vois avec 10 de moins" et du coup, je mérite bien une petite récompense ! Je me retrouve enfin dans cette dichotomie, ce truc bancal, où à la fois effectivement parfois, j'en pleurerais de vouloir être plus mince, et à la fois je sens bien ces freins et ces résistances, qui me demandent de conserver ma différence, mon identité, mes protections, pour que tout ne s'effondre pas... Merci à toutes pour ces échanges très intéressants.
Franne67.
Abonné
À la base de tout cela il y a la PEUR , cette émotion irrationnelle qui prend le dessus à chaque fois qu'on a le sentiment de maîtriser (l'illusion de maîtriser ? ) la situation. Je vais me pencher sérieusement sur l'EFT pour travailler dessus.
Troispommes.
Abonné
Bonjour tous le monde. Cette peur de maigrir je la vis aussi, mais de façon différente par rapport aux années précédentes. Il y a quelques années j'ai perdu 15 kilos, le regard des gens avait changé sur moi. surtout celui des hommes, et je n'aimais pas ce regard. De plus, j'ai subit un harcellement sexuel pendant trois mois. Je me sentais très fragile, je ne me plaisais pas, je n'arrivais pas à gérer la situation. Comme vous je n'avais plus cette protection. Du coup je les ai repris ces kilos et même plus de 15. Ensuite j'ai fait le yoyo, sans vraiment les perdre totalement. Puis j'ai rencontré mon mari, j'étais plutôt menue. La vie de couple et la non gestion des Eme, avait fait que j'avais pris 17kgs depuis notre rencontre. Actuellement, en 1an, j'ai perdu 23kgs. La perte de poids me fait peur, car je ne sais pas jusqu'où ça va aller. Je suis plutôt maigre aujourd'hui. Étant donné que je mange à ma faim, et que j'arrive depuis quelques semaines à gérer mes Eme (je touche du bois), je me rassure en me disant que cela va bien s'arrêter un jour, et que je ne manque de rien. De plus cette été je vais sans doute pendant les vacances arrêter de fumer, donc je vais sans doute reprendre du poids. Je me rend compte aujourd'hui, que je me sens plus forte. Cette force grandit de semaine en semaine. Et ça c'est grâce à mon mari, il m'a fait prendre confiance petit à petit en moi. Il y a quelques mois, les gens qui me connaissaient, et qui me disaient "eh ben vous n'avez pas grossit, vous tenez bien", je le supportais mal car ça me mettait la pression, je me disais "ils m'attendent au tournant". Aujourd'hui, je m'en fiche. Je me rend compte aussi que le regard des femmes est beaucoup plus dur que celui des hommes. Quand une femme me regarde avec agressivité, ou un regard qui ne me plait pas,avant j'aurais baissé les yeux. Aujourd'hui je soutiens son regard jusqu'à ce que ce soit elle qui baisse les yeux. Pour les hommes c'est pareil. Je sens de plus en plus que je me fiche du regard des autres, si ma tête, mon corps ou la façon de m'habiller ne leur plaît pas, ce n'est plus mon problème. L'important c'est que je me sente à l'aise moi. Dans un autre post, j'ai écrit que je complexais sur mes jambes. Trop blanche et des cicatrices dessus. Je me suis fait violence au départ, mais j'ai acheté des shorts et des jupes courtes. Je les porte. Aujourd'hui mes jambes me paraissent moins blanches, et les cicatrices je m'en fiche, elles ne me gênent pas pour me déplacer. Mais surtout j'ai moins chaud, et mes jambes me font moins souffrir car elles gonflent moins. Bonne journée tous le monde
Nounette73.
Abonné

Bravo Troispommes !!

izabelle
Animatrice forum

[quote=Franne67]Peut être que si j'assume ma différence. Je n'aurais plus besoin de mes kilos ?[/quote]

enlightened

ça me fait tilt en moi-même.....   en effet, j'ai toujours cherché à me cacher à me rendre transparente, tout en ayant un besoin de reconnaissance insensé
ça m'ouvre des pistes

[quote=mavo] je pense en effet qu'un peu de défusionne s'appliquerait très bien à Miss "la fin du monde pourrait bien arriver"..[/quote]

c'est clair !!!    je vais penser à toi ce soir et me faire un peu de défusion pour accueillir cette peur de maigrir

 

[quote=Franne67]À la base de tout cela il y a la PEUR , cette émotion irrationnelle qui prend le dessus à chaque fois qu'on a le sentiment de maîtriser (l'illusion de maîtriser ? ) la situation. Je vais me pencher sérieusement sur l'EFT pour travailler dessus.[/quote]

tu as raison Franne, la peur est liée à cette envie de tout maitrîser, de tout contrôler

le lacher prise au quotidien est ce qui m'aide le plus au niveau des EME par exemple...

arrêter de tout contrôler, accepter l'incertitude

cela s'applique vraiment très bien à cette peur de maigrir : accepter l'incertitude.....

 

 

bref je crois qu'on peut ranger nos habits de wonder woman au vestiaire, non?

rien que dy penser, ça me fait du bien......

 

 

3 pommes bravo à toi, sois simplement toi-même, si tu es menue, eh bien c'est comme ça

peut-être en effet l'arrêt de la cigarette te ramènera à un poids légèrement plus haut, peu importe car cela sera le tien, et je crois que tu es en très bon chemin pour être simplement à ton poids de forme, en se fichant pas mal des discours extérieurs

Ennairam.
Abonné
Isabelle tu dis "en effet, j'ai toujours cherché à me cacher à me rendre transparente, tout en ayant un besoin de reconnaissance insensé ça m'ouvre des pistes" Ça me fait penser à la place que tient le poids, chercher à se faire une place mais ne pas oser la prendre, ne pas oser la demander, la mériter, du coup c'est le corps qui fait place alors même qu'on a honte, en tout cas moi, de prendre autant d'espace, comme si je prenais de l'air aux autres. Je me retrouve beaucoup là dedans et ma soif de reconnaissance est immense et parfois il me semble sans fin (sans faim? Oui elle était facile celle là!). J'ai même du mal à dire "MA soif", j'ai du corriger car j'avais éçrit LA soif. Peur de trop ramener le sujet à moi ou alors de projeter sur les autres ce que je vis. Et puis c''est insupportable de quémander de l'attention, parce que ça rend dépendant de l'autre, ça me met en position de faiblesse et surtout je prend le risque de me faire jeter. Ça me met très en colère contre moi cette ambivalence, ce besoin que rien ne semble pouvoir remplir.
clic.
Abonné
Hello, mille fois "oui moi aussi !" à toutes vos remarques ! Et pas pour m'intégrer ou quoi, vraiment oui, ce sont des des situations vécues et connues. Ennairam, ce que tu dis est ce que je n'arrivais pas à exprimer avec des mots. Je me suis tjs vue (période mince ou grosse) comme une brute plus grande et grosse que les autres, mentalement j'ai l'impression d'être une ombre menaçante pour les gens. C'est similaire à ton impression de prendre de l'air aux autres, de prendre un espace que tu n'as pas le droit de prendre.
Mandala.
Abonné

Salut les filles,

Juste pour vous dire que je me joins au club des "premières de la classe / perfectionnistes / hypersensibles / angoissées". Rien à ajouter, vous m'avez déjà décrite !!!

J'ajoute qu'il y a un très bon livre pour mieux comprendre l'hypersensibilité, vivre mieux avec et la transformer en atout : "Ces gens qui ont peur d'avoir peur: mieux comprendre l'hypersensibilité" de Elaine Aron.

Ca va être dur de quitter LC et toutes ces belles personnes que vous êtes... J'vais p'tet' rester encore un peu...

Ennairam.
Abonné
Peut être qu'il faudrait chercher qui nous a fait penser qu'on pouvai être menaçante pour elle ou lui? Moi spontanément je pense à ma mère et je me demande ce que j'ai pu lui renvoyer en grandissant, en devenant une femme. Elle me faisait toujours des compliments un peu tordus: "mais toi tu es tellement plus intelligente que moi" ( en 5eme, quand mes resltats ont baissé, elle a voulu me faire passer un test de qi craignant que je n'ai pas le niveau intellectuel), "toi tu as de la chance tu as repris des beaux yeux de ton père, tu n'es pas vilaine comme moi".J'ai détesté avoir mes règles, grandir me faisait peur mais finalement je me demande si je ne m'en suis pas empêché parçe que je voyais qu'elle en souffrait? Un psychiatre avec qui je bosse me disait qu'être grosse c'était ne pas vouloir être une femme. Je me pose d'autant la question que j'ai une fille de deux ans et demie, fine et longue, jolie comme un cœur, et que toute cette fraîcheur me renvoie moi au fait que je vieillis, que j'ai déjà des varices à trente ans, que je me sens devenir flasque et moche depuis quelque temps. J'anticipe son adolescence et je redoute moi même de mal le vivre. J'essaie de prendre de la distance avec tout et de me dire que si j'ai cette pensée, c'est qu.on me la fait vivre un jour, que peut être elle ne m'appartient pas mais que je la reproduis. J'imagine que c'est bien différent en fonction de chacune, et on va pas aller sustématiquelent accuser la mère, mais dans mon cas elle m'a fait vivre beaucoup de violence indirecte. C'est fou toutes les prises de conscience que j'ai en participant à ce post. J'avais jamais réalisé que peut être j'avais culpabilisé d'être ce que je suis par comparaison à ma mère qui a une faible estime d'elle même.
Franne67.
Abonné
Moi j'ai été élevée par une mère brutale, qui manque totalement de confiance en elle, qui a épousé un mec super intelligent... Et toute mon enfance mon père qui aimait dire que j'avais hérité de sa super intelligence mais que j'avais un seul vrai problème c'est d'être une femme... Il s'est servi de moi pour faire savoir à sa femme qu'elle était bête et incompétente.... Bon, j'ai passé de longues séances chez des Psy en tout genre, bcp bossé sur moi mais... Je n'ai jamais eu la reconnaissance parentale.... Bac avec mention, concours de piano réussi, ... Tenté d'être la fille parfaite mais ma mère n'aime que ses fils et mon père n'aime pas les femmes... Aujourd'hui je suis équilibrée, j'ai une fille de 10 ans mince, athlétique, au comportement alimentaire exemplaire. C'est ma fierté. Je n'ai pas reproduit, je la valorise, ne l'étouffe pas entre nous c'est le grand amour... J'ai 2 grands fils qui m'adorent, un compagnon bienveillant et aimant côté boulot tout va bien MAIS je suis absolument incapable de gérer correctement mon comportement alimentaire car je n'arrive pas à remplir autrement que par la nourriture ce manque affectif structurel que l'absence d'une mère douce et bienveillante... Tout cela je l sais mais cette peur de déplaire est inouïe car je n'ai tout simplement pas plu à mes parents,,, alors je nourris cette petite fille en moi qui reste en souffrance. Tout cela je le sais mais comment le changer ?
clic.
Abonné

J'ai pas mal discuté avec ma mère de mon éducation un peu foireuse, mais il y a des choses que je ne peux pas lui dire. Comme par exemple qu'elle était en compétition avec moi, elle m'enviait quand j'étais mince, quand je discutais philo ou politique avec mon père pendant des heures, elle n'a pas digéré son adolescence et m'a donc fait des choses complètement dingues de la part d'une adulte quand moi je devais vivre mon adolescence...Et elle n'a surtout pas joué son rôle de mère quand elle aurait dû, ni de femme ce qui fait que mon père a recherché des choses chez moi qu'il ne trouvait pas chez elle et qu'elle ne le supportait pas, et bien sûr elle ne m'en a pas protégée.

Donc clairement j'ai toujours ressenti d'être soit de trop soit pas comme il faut pour mes parents. Enfin surtout pour ma mère.

Je ne sais pas si vous connaissez le livre "le drame de l'enfant doué" de Alice Miller. Ce n'est pas d'enfants surdoués dont il s'agit, mais d'enfants doués d'une profonde empathie pour leurs parents et leurs émotions et leurs souffrances. Ce sont des enfants qui essayent de réprimer toutes leurs émotions pour ne pas envahir l'espace de leurs parents et ne pas les faire souffrir. C'est ma psychiatre qui m'a conseillé de le lire et j'avoue que j'ai été sur le cul de découvrir ça car ça me correspond pas mal. D'ailleurs j'ai envie de le relire avec la notion "LC", ça m'apportera peut être un peu plus.

Si ça vous intéresse voici le lien du site de l'auteur : //www.alice-miller.com/livres_fr.php?page=1

Et en effet ça peut très bien se recouper avec ce problème de peur de maigrir, d'être invisible et sans protection contre la douleur car on a eu personne dans l'enfance qui a eu ce rôle là.

Isana.
Abonné

Coucou tout le monde :-).

Je vous rejoins aussi :-). 

C'est étrange la vie parfois ... j'adore ce genre de "coïncidences", et les "chamboulements" qu'elles peuvent provoquer ... Je m'explique : en fait, je n'ai pas plongé sur le sujet car, jusqu'à cet instant précis, je n'ai jamais eu l'impression d'avoir peur de maigrir.  Et là, ayant un petit peu plus de temps devant moi, je parcours finalement ce fil de discussion , et je me prends littéralement une claque ! 

Oui, par moments, je sens très bien que c'est comme si je me "sabotais" moi-même dans ma propre entreprise de gain en minceur.  Mais jamais, jamais je me suis dit que je pouvais avoir peur de perdre du poids.  Jamais je n'ai vu ça comme une couche de protection.  Ca ne m'a jamais "parlé". 

Et en lisant tous vos témoignages, ça prend (enfin ?) sens pour moi !!  Je me reconnais dans chacune d'entre vous.  C'est comme si vous parliez pour moi aussi !  Je sais maintenant vers où orienter mon attention de façon plus précise. 

Merci les Filles !  Ce forum est vraiment une mine de découvertes :-).

fleur2lotus.
Abonné

[quote=Ennairam]Isabelle tu dis "en effet, j'ai toujours cherché à me cacher à me rendre transparente, tout en ayant un besoin de reconnaissance insensé ça m'ouvre des pistes" Ça me fait penser à la place que tient le poids, chercher à se faire une place mais ne pas oser la prendre, ne pas oser la demander, la mériter, du coup c'est le corps qui fait place alors même qu'on a honte, en tout cas moi, de prendre autant d'espace, comme si je prenais de l'air aux autres. Je me retrouve beaucoup là dedans et ma soif de reconnaissance est immense et parfois il me semble sans fin (sans faim? Oui elle était facile celle là!). J'ai même du mal à dire "MA soif", j'ai du corriger car j'avais éçrit LA soif. Peur de trop ramener le sujet à moi ou alors de projeter sur les autres ce que je vis. Et puis c''est insupportable de quémander de l'attention, parce que ça rend dépendant de l'autre, ça me met en position de faiblesse et surtout je prend le risque de me faire jeter. Ça me met très en colère contre moi cette ambivalence, ce besoin que rien ne semble pouvoir remplir.[/quote]

Comme ça me parle et comme ça parle de moi, c'est de cont je discutai avec mon psy il y a 8 jours, incapable de prendre sa place, du coup, je prends de la place physiquement.

izabelle
Animatrice forum

comme quoi quand on creuse un peu, on arrive très vite sur les mères !!!!  ah aha ah....

merci pour le lien de Miller, je connaissais, mais de relire le résumé, là c'est genre tout à fait moi.....

 

pour moi j'ai eu une maman bienveillante, mais en conflit avec son image et son surpoids, sa difficulté à exprimer sa féminité, alors qu'elle l'est profondément, mais qu'elle a plus ou moins renié

j'ai dû attendre genre d'avoir 35 ans pour oser me mettre du maquillage et ce jour-là ma mère m'a fait une réflexion du sytle  "ah tiens, tu le supportes, toi?  ça ne te donne pas des rougeurs?"

 

du coup je pense et je sais puisque j'ai creusé la question à l'époque de ma thérapie  que ma peur de maigrir est aussi liée au fait de ne pas vouloir  "faire de l'ombre"  à ma mère..... 

izabelle
Animatrice forum

[quote=Franne67]cette peur de déplaire est inouïe car je n'ai tout simplement pas plu à mes parents,,, alors je nourris cette petite fille en moi qui reste en souffrance. Tout cela je le sais mais comment le changer ?[/quote]

en accueillant cette peur de déplaire, en la laissant être tout simplement

quand elle se réactive, tu la remarques  "ah, voilà ma vieille connaissance"   et tu la laisses juste être là sans chercher à la faire disparaitre et sans répondre à ses injonctions

tu sais d'où elle vient, tu sais aussi qu'elle vit sa vie, elle va elle vient....

et tu te recentres sur tes actes à toi,  engagés selon tes valeurs

 

il y a aussi peut-être de fausses croyances qui se sont immiscées, comme  "je n'ai pas plu à mes parents"....     

ta mère ET ton père avait sans doute un problème avec la féminité....   et il se trouve que tu es né fille dans cette famille où cela semble être problématique

donc cela n'a rien à voir avec toi, en tant que personne,  simplement le parcours de tes parents a fait que, à ce moment là de leur vie, ils n'étaient pas en mesure d'accueillir une fille sereinement....  n'importe quelle autre fille à ta place aurait eu le même traitement....  cela n'est pas dû à toi, à ta valeur.....   tu vois ce que je veux dire?

clic.
Abonné

Merci pour tes commentaires bienveillants et justes Izabelle. Ca me donne un autre angle de vue de ma mère, car elle a clairement un problème avec la féminité, et ses agissements n'étaient pas volontairement méchants envers moi, c'était surtout de l'ignorance et du déni de choses enfouies très très loin. Et puis si mon père avait vraiment dérapé je pense qu'elle aurait réagi car elle ne supporte pas l'idée que quelqu'un s'en prenne à mon intégrité physique.

Je n'avais jamais fait le rapprochement, mais peut être qu'elle voulait m'éviter certains problèmes. Elle a toujours voulu que je sois mignonne comme une enfant-poupée mais pas sexy comme une femme. Et comme j'ai toujours refusé d'être sa poupée j'ai peut être réussi à biaiser sa volonté par un excès pondéral.

Et ce qui est drôle c'est que mon père voulait un garçon donc j'ai aussi eu ce souci de naître dans une famille où la féminité est une chose problématique. Mes seins, mes règles, mes larmes de fille, la pensée qu'un jour je serai enceinte et j'accoucherai, tout ça j'en ai eu honte longtemps...jusqu'à ce que je rencontre mon mari qui m'aime comme je suis. Mais moi non :)

izabelle
Animatrice forum

il aime ce que tu es, au delà de l'apparence, simplement....

dans notre famille, souvent on n'est pas vraiment "nous-mêmes", mais on endosse un rôle

celui de  "la fille",  ou "de la première fille",  celui de l'ainé ou celui d'une recomposition.....

on porte tout ça et à un moment donné je trouve que ça fait du bien de se dire : "bon ok je suis né à ce moment là avec ces valises là dans ma famille, mais dans le fond, je ne suis plus obligé de coller à ce système là et je peux vivre ma vie telle que je l'entends"

moi aussi longtemps j'ai buté sur le fait que ma mère ne m'aimait pas  "de la façon dont je voulais"

c'est à dire qu'elle semble m'aimer, mais sans me comprendre, sans savoir qui je suis, ou bien ça lui fait peur

et longtemps j'ai pris ça comme une sorte de poids, comme si ma valeur propre en était la cause

 

et puis un jour en visualisation j'ai clairement vu le truc, ça n'a rien à voir avec moi,  simplement je suis née fille, la première....   et sa première fille c'était pas rien pour ma mère qui a toujours regretté d'avoir été une fille,  cela a réveillé des douleurs chez elle et elle n'était pas prête à m'accueillir totalement

mais surtout, je me répète.... cela n'est pas de ma faute, c'est juste comme ça que les choses se sont déroulées, à l'époque, et encore maintenant....

si elle ne me comprends pas, c'est pas parce que je suis nulle et incompréhensible, c'est simplement parce que la féminité que je lui renvoie comme un miroir lui pose problème

 

clic c'est bien que tu aies conscience de cette honte d'être une fille

maintenant que tu en as conscience, tu peux l'accueillir sans frémir, c'est une honte comme une autre, un sentiment très temporaire et qui ne mérite pas grande attention

et tu peux choisir que cette honte ne dirige plus ta vie, si tu sais la tolérer et remettre les choses à leur place, tu peux dire

"ok j'ai honte, mais j'y vais quand même parce que c'est important pour moi"

la honte comme la peur, j'ai l'impression s'efface peu à peu au fur et à mesure que l'on se confronte à ce qui nous fait honte ou peur

clic.
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Merci beaucoup pour cette réponse que je vais mettre en favoris et relire plusieurs fois :)

Par contre le chemin qui reste à parcourir c'est de bien reconnaitre les moments et les réactions issues de ce passé. Pour le moment ça reste très sous-marin, je le sais mais je ne ressens pas encore. Mais je suis sûre qu'avec la rpc je me donne les moyens d'y parvenir.

pointvirgule.
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pointvirgule.
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"Mais suis-je malheureuse parce que grosse ?"

une autre question qui m'a bcp touchée...

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