bilan et déception - 06102011

capuccino
Marraine

Bonjour,

3 mois...c'est long ou court, c'est selon.

Je dirais c'est long quand à peine perdus les grammes reviennent, que l'hiver arrive mais que l'acceptation de soi elle n'arrive pas et qu'il est hors de question de refaire une garde-robe pour habiller un corps que je rejette de toutes mes forces alors que j'espérais...

Oui, je sais 3 mois c'est court après plus de 30 ans de maltraitance envers soi-même...

En un mois, j'ai l'impression de ne pas avoir fait un pas en avant, j'ai l'impression dès que je suis dans une situation extra-ordinaire je ne sais plus mettre en oeuvre ce que j'ai péniblement acquis pendant les 2 autres mois.

Les EME, j'avais l'impression de ne plus savoir ce que c'était et puis elles ressurgissent, sorties de je ne sais où et sans savoir pourquoi. La colère est là à chaque fois, tapie et prête à ressurgir à n'importe quel prétexte: un ticket de parking perdu, une télé qui ne marche pas, un réveil oublié...colère, colère, colère...

En formation sur Paris, me voilà paniquée comme si je partais pour la planète Mars :

Ne pas oublier les gâteaux secs au cas où...alors que ça m'était passé,

manger trop au petit-déjeuner comme si les viennoiseries étaient les dernières de ma vie, alors que ça m'était passé,

manger trop aux repas pris en commun sans même savoir ce que j'ai mangé, alors que ce n'était sans saveur, alors que je n'avais même pas faim, alors que je répondais uniquement à la pression du groupe, des serveurs...

Croyez-vous franchement qu'un jour, mon cerveau, mon corps et moi on arrivera à cohabiter ?

Croyez-vous franchement qu'un jour je perdrai ces fichus kilos et toute cette graisse que je hais et qui sont les preuves de mon incapacité à m'adapter ?

Coyez-vous franchement qu'un jour dans ma vie, j'arrêterai de me poser des questions sur la bouffe, sur ma faim, sur ma sasiété et que sais-je encore ? Ca existe vraiment des gens qui s'en sortent ?

Commentaires

Nicci.
Abonné

Ho, Cappuccino, en attendant la réponse du Maître, j'ai envie de te répondre oui, bien sûr que tu vas y arriver, oui, oui et oui !

Ce corps c'est le tiens, celui avec lequel tu respires, avec lequel tu prends tes enfants dans tes bras, tu soignes des gens qui attendent ça de toi.

Sois un peu gentille avec ton corps, et donc avec toi même, et il te le rendra.

Tu t'envoies des jugements que tu aurais sans doute du mal à accepter d'autrui, d'ailleurs personne ne penserais même à te dire que tu es detestable, parce que tu as de la graisse !

Bises affectueuses d'une collègue.

Anick.
Abonné

Peut-être que le début de l'aventure, c'est d'accepter ton corps comme il est, ou du moins d'accepter de le traiter dignement, en refaisant ta garde robe pour l'hiver par exemple. Pour faire cohabiter ta tête avec ton corps, il faut commencer par habiter ce corps pour le ressentir. Et pour l'habiter, il faut trouver un peu d'amour et de compassion pour lui. Comment peut on vivre avec une chose qu'on déteste sans s'enterrer dans les émotions négatives? Je ne sais pas pour toi, mais perso, me détester, ça me donne le goût... de manger pour enterrer ce mal être! Avec l'acceptation peuvent venir les changements, du moins, c'est ce que j'en pense. Je reste certaine que c'est possible, même si le chemin est ardu pour moi aussi... Renverser la tendance de toute une vie, ça demande de la patience. Bref, la question ne m'étais pas adressée mais j'avais juste envie de t'envoyer un peu de courage et de te dire que tu n'es pas seule! 

Anjana.
Abonné

Moi, je suis inscrite depuis tout juste 4 mois

Bien sûr j'ai des hauts et des bas-comme devait être mon humeur avant-mais maintenent, j'ai bien reperé les EME, et j'essaye de les atténuer (des fois, ça ne marche pas du tout)

j'ai connu qq moments de découragement,mais j'ai à chaque fois rebondi

Alors que je jugeais impossible de respecter mon corps comme il était, j'ai fait un travail souterrain d'acceptance, qui m'a soulagée, j'ai réussi à accepter mon corps tel qu'il est , car il est mien

Capuccino, j'ai des moments où il me semblait ne plus rien maitriser, j'étais comme toi desespérée, les copines du site m'ont aidée, et je suis repartie

j'ai intégré la RPC ds ma vie quotidienne et c'est un grand pas !

et j'ai relativisé, en cherchant le plaisir et les satisfactions que mon corps peut me donner

j'ai repris le sport, yoga, je fais de la sophro

et je n'hésiterais pas à m'acheter de nouvelles fringues pr cet hiver

c'est ici et maintenant que se passe la vie

pas question d'attendre un hypothétique futur

Je n'ai pas vraiment maigri, mais j'ai l'impression de m'en sortir!

courage:))

yayie.
Abonné

les copinautes ont bien répondu.

je te trouve dure avec toi, tu dis que ces 3 mois ne t'ont rien apporté mais as-tu relu ce que tu as écrit, effectivement tu as mangé sans faim, sans saveur, tu as repris des gateaux secs .... mais tout ça, TU T'EN RENDS COMPTE !!!!

tu te rends compte que quelque chose ne va pas, est-ce que c'était le cas avant le programme ? tu as pointé du doigt tout ce que tu ne faisais plus : sans saveur, même pas faim, au cas où, manger trop, dernières de ma vie. donc tu les as intégré dans ta tête et donc ça va revenir.

tu as l'air surmené par ta formation, tu n'as plus le temps de penser à toi et te poser, ça va donc revenir quand tu seras plus sereine.

 

ensuite, je pense qu'effectivement il faut que tu aimes ton corps comme il est actuellement, avoir des kilos en plus ne veut pas dire moche, alors sans renouveller ta garde robe complète tu peux t'acheter quelques pièces dans lesquelles tu te trouves jolie et où tu es à l'aise : un jean, 2 tee shirts, un pull et un manteau et te voilà "parée pour l'hiver", si tu ne veux pas dépenser des mille et des cents, sur le site www.vivelesrondes.com tu trouveras un vide dressing avec des vêtements en bon état, pas cher et pour tous les goûts, sinon j'aime beaucoup www.taillissime.fr avec les bons de réduction de la redoute que tu trouves sur le net assez facilement, tu réduis ta facture et tu as des vêtements adaptés aux rondes.

une fois que tu es bien dans tes fringues, file dans un centre commercial, va dans une parfumerie et fais-toi parfumer, fais-toi maquiller (c'est gratuit) et balade toi la tête haute, regarde les jolies choses dans les magasins, même dans les magains pour les minces, y a des sacs à main, des foulards, des colliers.

prends soin de toi et ton corps te le rendra

Lisa.
Abonné

 

Bonjour Capuccino;

Les mots apportant réconfort  et ne serait ce qu'une paix passagère ne sont pas facile à trouver. Ton message est très fort, et je ne peux le lire et rester sans rien te dire. Comme je l'ai déjà écrit à un autre endroit sur ce forum, il me semble que la question du plaisir, de la bienveillance est centrale. Avoir envie de faire du bien à un corps que l'on déteste me paraît être un pari impossible, il faut donc tenter d'apprivoiser ce corps, le traiter avec douceur et compassion, comme tout son soi, évidemment. Réintroduire du respect dans le regard que tu portes sur toi, et être attentive aux plaisirs si petits soient ils que l'existence te propose, te jeter dessus goulûment, oui, goulûment, en les savourant par tous les pores...Dénicher le plaisir de manger, même camouflé dans du manger compulsif, afin qu'il ne reste que du plaisir et que le reste disparaisse, passe à la trappe. C'est ardu; j'en suis à presque trois mois comme toi, sans doute avec moins de poids à perdre; il y a des jours où tout semble aller de soi, le lendemain ça va moins bien, j'ai quand même le sentiment que peu à peu ça va de mieux en mieux, et pourtant, parfois, comme hier, c'est la cata...Mais la réflexion est là et bien là, la tentative de compréhension aussi, la recherche du plaisir, celle là, je tâche de ne pas l'oublier, et l'indulgence...surtout l'indulgence, l'indugence avant tout. Tu vois je répète trois fois "indulgence" comme tu as répété trois fois "colère", peut être devrais tu essayer de remplacer l'une par l'autre?... Il faut te faire du bien, ça semble nigaud à écrire comme ça, mais je crois que l'une des clefs est là. Quel est le dernier plaisir que tu t'es offert?... Hier par exemple?....

De grosses bises de soutien

Lia.
Abonné

Merci pour ton témoignage et les réponses des personnes ensuite particulièrement celuid de Lisa que je devrai afficher en gros quelquepart chez moi tant il est universel et la clé de beaucoup de choses à mon avis.

Je reconnais dans ton message un état que j'ai pu vivre il y a des années. Quand les régimes ne marchaient plus, que les compulsions étaient très présentes dans ma vie et que ej tentais par tous les moyens d'oublier que j'avais un corps.

J'ai découvert les théories de Z et apf en 2003-2004 après la naissance de mon fils, plus question de régimes à l'époque c'était exclu. Et bien il m'aura fallu pas mal de temps pour en arriver là ou j'en suis et sans trop maigrir en plus. Je suis toujours dans des chiffres bien hauts pour les docs, 96 kilos (d'ou ma présence ici). Mais par contre au fil des ans, de l'application des principes que l'on apprend ici et bien beauoucp de paix s'est installée. J'ai aujourd'hui du plaisir avec mon corps, à bouger, m'habiller, me soigner. Mais c'est sur du long terme que cela s'est fait pour moi là ou d'autres prendront 3 mois. Et ca s'installe progressivement, avec la reprise d'activités physiques je me souviens. Me remettre à bouger mon corps sans le martyriser pour qu'il maigrisse mais juste pour me faire du bien il aura fallu 2 ans je pense. 2 ans pour que l'expédition piscine compliquée au départ devienne un vrai plaisir et me manque si je n'y vais pas!

Ensuite remanger de tout aussi ca a pris du temps. Aussi changer des choses dans sa vie, des comportements, me séparer de certaines personnes parce que nos relations étaient tellement nocives que j'en mangeais d'autant plus. Me rendre compte aussi que définitivement pour moi certains stress ne sont pas compatibles avec ma vie. Un temps j'ai eu un poste de travail avec beaucoup de stress et je ne comptais pas mes heures. Et bien cela aussi j'ai du y renoncer. Si on regarde autour de nous combien de cadres speedés ou d'employées surbookées qui mangent trop, boivent trop, fument comme des pompiers ou stressent à s'en rendre malades, combien de personnes qui de peuvent dormir sans médicaments?

Et puis à un moment donné ne pas se voiler la face sur les difficultés importantes que l'on peut rencontrer et consulter à ce moment là, je l'ai aussi fait à un moment donné ou avec de gros ennuis de santé j'ai repris du poids. Bon bref tout cela pour dire que le chemin peut être long mais qu'il y a beaucoup de bonheur à aller vers soi, vers une réconciliation, retrouver de l'amour pour soi quelquesoit son poids. S'autoriser à vivre. Se donner des petits plaisirs quotidiens. Et bien sur partager, se soutenir, s'entraider. Je trouve que les blogs aident beaucoup. On a toutes nos moments de blues et quel bonheur de se rendre compte que d'autres comprennent.

Je te propose une exercice que j'ai fait pendant longtemps par écrit mais maintenant il est automatique pour moi. Noter TOUS les jours 3 moments vraiment très sympas ou a été heureux un isntant. Au début je trouvais cela super difficile et puis finalement ca devient de plus en plus facile. Voir tous les bonheurs autour de soi danord, un sourire échangé, un compliment, un rayon de soleil sur le trajet du travail etc.....et finalement tu peux en arriver à trouver tellement de choses belles EN TOI. Et remercier la vie pour tout ce qu'elle t'apporte. Voir tes qualités. Et peut être un jour hop tu vois que tu aimes comment tu es habillée. Tu regardes tes mains et te rend compte qu'elles sont jolies et totu ce qu'elles te permettent de faire. Ca devient vraiment une recherche personnelle très profonde. C'est une chemin qui se fait seul mais avec tous les partages des personnes que tu vas croiser.

Je te remercie pour ton message en tous cas ce n'est pas toujorus facile de faire part de ses difficultés c'est un grand pas que de le faire.

claire.
Abonné

[quote=Lisa]

...Mais la réflexion est là et bien là, la tentative de compréhension aussi, la recherche du plaisir, celle là, je tâche de ne pas l'oublier, et l'indulgence...surtout l'indulgence, l'indugence avant tout. Tu vois je répète trois fois "indulgence" comme tu as répété trois fois "colère", peut être devrais tu essayer de remplacer l'une par l'autre?... Il faut te faire du bien, ça semble nigaud à écrire comme ça, mais je crois que l'une des clefs est là. Quel est le dernier plaisir que tu t'es offert?... Hier par exemple?....[/quote]

Ca c'est très fort...je crois moi aussi que tout reside la dedans! Se faire plaisir, retrouver l'envie de se faire plaisir sans culpabilité et avec indulgence. Comment y arriver si on ne retrouve pas de conivence avec soi meme....

Lia a raison elle aussi car il faut trouver le moyen de se tourner vers soi mm de facon plus positive!...c'est vachement dur, moi j'arrive juste à trouver une pensée positive par jour, mais petit a petit ça aide à se recentrer sur les multitudes de choses que 'lon peut faire pour soi.

 

Oui, je suis sure que des gens qui se sortent de cette saleté de guerilla alimentaire, ça existe!

Lily.
Abonné

Que vos messages sont beaux... ! Je ne pourrai rien dire de mieux. Ces belles pensées m'encouragent moi aussi...

Mais qu'est ce qui nous pousse à nous traiter si durement, à avoir tant de mal à faire preuve d'indulgence et de bienveillance envers nous même ?

Capuccino, je t'ai souvent lu sur ce forum. Tu ne mérites pas le traitement que tu t'infliges. Tu ne vois que ton poids quand nous nous voyons à travers tes lignes une si belle personne !

Je me rends compte que moi aussi, je suis incapable d'avoir une pensée positive sur ma journée...

Que vois-tu, toi, quand tu fais le bilan de ta journée ? Tout ce que tu aurais voulu faire et que tu n'as pas fait ? Tout ce que tu n'as pas maîtrisé ? Tous ces moments que tu aurais voulu différents ?

Dans mon petit bilan quotidien, j'ai toujours voulu en faire trop, et jamais réussi à tout faire. J'ai toujours perdu mon calme là où j'aurais voulu être sereine, posée et... écoutée... . j'ai toujours pas bien gérer telle chose, pas eu le temps de ci ou de ça, pas réussi à lire assez, bref... je sors difficilement d'un sentiment d'insatisfaction, où le doute surnage... Alors que finalement, avec un autre regard, plus d'indulgence, moins de perfectionnisme, je pourrais aussi apercevoir beaucoup de plaisirs et de petits bonheurs !!

Merci en tous cas pour toutes ces réponses qui j'espère, capuccino, t'ouvriront des portes comme elles m'en ouvrent

Plein de pensées positives vers toi... et vous toutes !

Pomdereinette.
Abonné

Je pense à toi depuis hier, depuis que j'ai lu ton message sans savoir comment répondre.

Une mienne amie dit que l'expérience, c'est commeau Le de l'Oie : une spirale. Tu te dis, j'en suis encore et toujours là : manger commesi c'était plus jamais, la colère, les provisions... Mais en fait tu as fait un tour complet, et tu es dans la case d'à-côté, dans la spirale (sans image, c'est dur à expliquer). C'est pas parce que c'est dur là que rien n'est acquis. C'est dur parce que ta vie est actuellement dure, que le taux de stress a monté ++ sur le baromètre, et tu es revenue aux anciennes réponses, engrammées.

D'autres vont progressivement s'engrammer. Peut-être qu'un jour, toi comme moi, nous prendrons le MP3 plutôt qu'une viennoiserie, pour une séance de RPC à chaud. peut-être même que nous deviendrons capables de respirer à fond, relâcher la pression, plutôt que manger plus, au-delà.

Hier, j'ai engueulé mon fils de 6 ans qui hurlait dans la rue. "Mais Maman, tu m'as dit qu'on avait le droit de crier dehors" (sûr que dans l'appart, avec voisins à cran, pas tip-top). - Ah ? Ben au parc alors.

J'y repense depuis. Il a raison. Aller dans la forêt et gueuler un bon coup. Contre les difficultés de la vie, les connards qui économisent sur notre dos, tout ce qui fait du monde ce qu'il est. J'y pense même de plus en plus :-))

Un dernier truc : j'ai appris progressivement à respecter mon corps, très marqué par deux grossesses tardives, parce qu'il a su donner la vie. Quand je vois mes trésors... C'est mon corps qui a su les porter (les porte encore, lol), les aider à maturer, à naître en temps et en heure, capable de respier dans le monde extérieur. Quand on y pense... lui qui me (sup)porte depuis si longtemps... J'essaye (enfin) de lui donner un peu de tendresse. Et puis tu sais, la tendresse aussi c'est un apprentissage : plus je le bichonne plus je le respecte, au lieu d'en pleurer et détourner le regard, comme après ma 1ère grossesse.

lamorge.
Abonné

 

 

Bravo les filles vous m'avez aider à commencer à m'ouvrir les yeux .

Merci lia pour nous avoir dommer un exo pas mal à faire avec les rpc .

 

lamorge

Lia.
Abonné

Oui on pourrait ouvrir quelquepart un post sur "pensées positives de ma journée". Je vais voir où. Peut être dans"surmontez les difficultés du quotidien"

Neam.
Abonné

Bonjour à toutes et à tous (il doit bien y avoir quelques messieurs dans le coin?),

Capuccino, ton message est très touchant.

Il y a quelques années, avant ma psychothérapie, je me traitais de "grosse larve molle" et pourtant, j'avais 23 kg de moins qu'aujourd'hui! Et j'étais en colère tout le temps. Je me demandais des choses impossibles, je voulais être parfaite pour qu'on m'aime (ça, ce n'est pas complètement réglé). Je pense que l'image qu'on a de son corps vient beaucoup de l'amour qu'on a reçu -ou pas- de ses parents. Rien qu'en lisant le post sur les "phrases assassines", on se rend compte que de nombreuses personnes en surpoids ont subi de graves violences psychologiques.

La question de la colère est intéressante. Contre qui es-tu en colère? Es-tu vraiment en colère contre toi? La colère qu'on retourne contre soi est destructrice. D'ailleurs, je pense que trop manger est une forme d'autodestruction pour beaucoup d'entre nous. La bonne nouvelle, c'est qu'on peut trouver l'apaisement. Moi, je l'ai trouvé en grande partie par la psychothérapie mais je suppose qu'il y a des parcours différents.

Ton post montre que tu souffres beaucoup et que ton comportement alimentaire n'est que la manifestation de ta souffrance. Donc est-ce que ce n'est pas intéressant de soigner ta souffrance en même temps que ton comportement alimentaire?

Pour ce qui est de l'estime de soi, je trouve qu'il est efficace de se forcer à reconnaître ses propres qualités. Tout le monde a des qualités. Tu peux te dire tous les jours ce que tu trouves de bien chez toi. Ce qu'on se dit à soi-même, on finit par le croire, en bien ou en mal. Par exemple, il m'arrive de me dire des trucs du genre "Je mérite de manger quelque chose qui me fait vraiment envie". Ou "je mérite d'avoir un moment de calme avant de rentrer chez moi" etc. Et ça m'aide à me respecter.

Allez, allez, rien qu'en t'inscrivant sur ce site, tu es sur la bonne voie. Et puis, tu fais preuve d'une belle persévérance et d'une belle capacité d'analyse. Oui, on peut s'en sortir. Moi, j'y crois. Je ne sais pas si on peut se sortir de son surpoids, mais je suis sûre qu'on peut se sortir de son mal-être et que ce site peut nous y aider.

Courage, crois en toi. Je t'embrasse.

capuccino
Marraine

MERCI, MERCI, MERCI.

Merci pour vos encouragements dans un moment où sans doute la souffrance qui sommeillait en moi s'est réveillée et m'a portée un coup bas. Merci à vous pour toutes ces douceurs que je vais porter sur mon coeur  encore un moment.

La perte de contrôle est chez quelque chose d'impossible à vivre et c'est sans doute ce qui s'est passé lorsque j'étais à ma formation : bousculée, déstabilisée par rapport à mes habitudes et j'ai perdu pied...

Aujourd'hui, j'ai suivi vos conseils et j'ai traîné les magasins. Je n'ai rien trouvé de sympa, pas mon style, trop "mémère" moi qui l'année dernière ne portait que des tailleurs...J'étais fière de mon corps, comme d'un animal que j'avais réussi à dresser au fils des ans et j'en avais honte à la fois puisqu'il n'était pas aussi parfait que je l'aurais voulu : un peu trop de cellulite aux cuisses, un ventre qui n'était pas extra-plat...mais j'avais appris aussi à le "déguiser" pour qu'il fasse illusion...Aujourd'hui, c'est la vérité sur grand écran...

Malgré tout la sérénité est revenue et j'ai remis en route mes mécanismes de dégustation, d'attention sur ma faim, ma sasiété. La colère est retournée se coucher, en attendant sans doute la prochaine crise.

Merci, vous êtes formidables.

Capuccino.

Soleluna
Abonné

Hello Capuccino, Hello à toutes,

Ca fait 2 semaines je crois que j'ai "décroché" ; je ne sais pas si c'est le bon terme, mais disons que je suis moins présente et que j'ai zappé le programme. Ce week-end j'ai décidé de reprendre contact et le premier message sur lequel je tombe, c'est le tien Capuccino. Comme ca me parle ce que tu écris. Moi ca ne fait que un mois et demi, mais tes sentiments, je pourrais dire qu'ils sont miens. J'en discutais avec la thérapeute que je vois, lui disais à quel point j'étais submergée par mon rythme de vie, une fois de plus, et à quel point je m'en voulais. J'ai réalisé que face au débordement, je réagis comme je le fais toujours, je me zappe en bouffant (et j'utilise à bon escient ce mot, dans ces cas là je ne mange pas, je bouffe). Et comment en serait-il autrement? J'ai fait ca toute ma vie ! Face aux difficultés de la vie, on réagit avec les outils qu'on a toujours utilisés, on ressort les mêmes cartes, c'est bien normal. Et ce n'est pas 3 mois qui suffisent à changer des comportements inscrits depuis longtemps... Mais je crois que c'est possible. J'écris cela, alors que je suis moi-même en plein doute et paumée. Je crois même avoir repris les kilos perdus, je n'ose me peser...

Mais je crois qu'au fond de moi je sais que c'est possible et je me demande même si ce n'est pas ce qui me fait peur, paradoxalement... Je lisais quelque part le docteur Z me semble-t-il qui écrivait qu'on ne pouvait apprendre à faire du piano sans faire de fausses notes. Ca tombe sous le bon sens non? Alors pourquoi ne pas comprendre qu'il en est de même avec le comportement alimentaire ? Qui recoupe une réalité bien plus complexe qu'une simple question de volonté. Et je vais te dire, je pense que jamais on ne sera débarrassé des EME ou que sais-je; que jamais on ne les maitrisera. Mais qu'il s'agit de faire avec. De composer avec, pour filer la métaphore musicale. :)

Lisa, j'aime bien ce que tu écris sur l'indulgence (je t'embrasse au passage ;). Indulgence oui. Et, aller je vais oser : compassion. Ou si ca fait trop culcul la praline (quoi que), je dirais bienveillance. Indulgence, compassion, bienveillance, générosité... De l'amour quoi ! All we need is love ! :) Et pour que les autres soient à même de nous le donner, il faut pouvoir l'accepter, et l'accepter de soi à soi...

Alors comment faire pour continuer le chemin et changer de direction ? Je me dis que cette fois, il y a plein d'outils ici, d'aide. Le forum, le programme, la belle communauté. J'ai pas la solution, je cherche et me cherche ce faisant ; mais voilà mes petits pas : je te lis et te réponds ; j'ai repris un carnet des excès alimentaires. Recommencé le parcours là où je l'avais laissé, à la dégustation. Vais aller croiser les jambes un coup pour une séance de RPC. Ecoute de la musique douce. Et tu sais quoi ? La grimace a disparu (pour le moment) et le sourire est de retour :)

amitiés, hélène 

Anonyme

Bonsoir à toutes et à tous !

Tous vos messages résonnent en moi.

Cappuccino, oui je suis sûre que le programme peut nous faire sortir de notre difficulté avec notre corps et à voir la vie différemment. Personnelement, j'ai presque 10 kilos de moins qu'il y a 10 ans même si j'en ai repris un peu de ce que j'avais perdu. Et cela est grace à ce programme (via les livres) : jécoutais mon corps et uniquement LUI, pas tous les diktats alimentaires, je mh'abillais comme bon me semblait, je faisais de la relaxation, je me sentais belle (c'est un peu bête de dire ça mais bon ...). Et puis, on m'a fait connaitre WW et j'ai voulu être plus mince que ce que mon corps voulait : résultats : restrction cognitive, coupée de toutes mes sensations. Et puis une première grossesse très douloureuse (puisque j'ai perdu mon fils) et plein de kilos de pris, critique de mon compagnon de l'époque, déni du corps, compulsions, régimes sur régimes, 2 ème grossesse et l'arrivée de ma fille.

J'ai pas mal déraper depuis sa naissance mais grace au site j'ai compris pourquoi : fatigue, stress qui me font manger sous le coup de la colère parce que j'ai râté mon bus, renversé une boîte de petits pois par terre et j'en passe..

Mais depuis le programme, je sais que les choses ont changé, j'essaye de prendre la vie comme elle vient, même si j'admet que c'est très difficle de faire ça chasue jour. Chaque rire de ma fille me montre que la vie est belle.. Je sais maintenant que je ne pourrais pas tout changer, je n'ai pas de travail et je suis seule avce ma louloutte mais tant pis j'essaye de penser à moi et à ma fille. Je me suis remise à cuiisiner pour montrer à mon corps que je veux lui faire du bien et aussi pour montrer la voie à ma fille : celle du respect envers soi -même. Je ne sais plus qui en parlé avant moi mais je me dis que mon corps a dû supporter beaucoup d'épreuves et qu'il ne sens sors pas si mal. Du coup, j'applique la devise du Dr. Apfeldorfer : "soyez doux envers vous-même".

Bon courage à toi et oui tu peux y arriver !

jpzermati
Votre coach
Bonjour Capuccino,
 
Nous souffrons tous de vous voir souffrir.
Comme vous le dites, votre attitude à votre égard s'apparente à de la maltraitance. Malheureusement rien ne peut empêcher une personne de se maltraiter comme vous le faites. Vous vous conduiriez ainsi avec une autre personne vous seriez déjà devant un tribunal.
 
Les copinautes (quel joli mot) vous ont merveilleusement répondu. Votre talon d'Achille vient de la détestation que vous avez de votre corps. La solution ne pourra venir que de l'acceptation. Mais vous luttez de toutes vos forces contre ce corps qui pourtant est bien le votre.
Il faut bien comprendre que s'accepter ne veut pas dire se plaire. Mais faire avec. Moi et mon corps nous sommes dans la même galère. Nous ne pourrons nous en sortir qu'ensemble. Si nous unissons nos forces et pas si nous luttons l'un contre l'autre. C'est ce combat contre vous-même qui augmente votre émotivité et votre instabilité émotionnelle. C'est pour cela que vous passez si souvent par des hauts et des bas qui vous font manger et anéantissent, mieux que tout, les bons résultats que vous obtenez si difficilement. 
 
Si vos EME vous déstabilisent à ce point, c'est parce que vous les dramatisez. Vous êtes terrifiée à l'idée qu'elles pourraient venir augmenter cette graisse que vous haïssez. C'est pourquoi elles prennent une telle ampleur, vous êtes entraînée dans un terrible cercle vicieux.
Le premier combat que vous devriez mener n'est pas celui contre vos kilos. Mais celui pour l'acceptation. 
Ce que vous prenez peut-être pour de la faiblesse est en réalité de l'intransigeance. Posez-vous cette question : vous comporteriez-vous ainsi envers un enfant que vous aimeriez faire progresser. Bien sûr que non. Ce n'est pas par charité, mais tout simplement parce que vous n'en tirerez rien. Pensez-vous qu'un enfant pourrait progresser si à chaque erreur, chaque faux pas, il était sanctionné par une terrible punition. On peut exiger beaucoup d'un enfant si parallèlement on adopte une attitude indulgente, compréhensive, tolérante. Au contraire l'intransigeance consiste à exiger, mais sans jamais pardonner la moindre erreur.
 
Adressez-vous à votre corps comme s'il était votre enfant, avec douceur, gentillesse, colère, fermeté... mais toujours dans le souci de le protéger, de lui donner le meilleur de vous-même et de tirer le meilleur de lui-même.

Acceptez aussi que le chemin soit sinueux, escarpé. Acceptez de trébucher, de vous tromper, de revenir en arrière. Considérez les progrès de votre comportement alimentaire, de votre indulgence, de l'acceptation et laissez votre corps tranquille. Oubliez-le un peu. C'est le plus grand service que vous puissiez lui rendre. Vous gagnerez ainsi beaucoup de temps.

Nous sommes tous avec vous.

JP

capuccino
Marraine

Bonsoir,

Merci Docteur Z. de attention et de votre réponse. Je l'ai lue, relue, rerelue, je m'en imprègne et j'ai l'impression de sortir de mon imprégnation vaincue ou convaincue, je ne sais pas encore.  

Alors, je vais essayer de laisser tomber le combat, je vais essayer de cohabiter avec mon corps, au pire je vais le laisser tranquille au mieux, je vais essayer de le chouchouter.

C'est vrai, je n'ai jamais fait subir à autrui ce que je me suis fait subir, moi qui ne suis pour ceux qui souffrent que caresses, massages, sourires, indulgence, écoute...

Je vais essayer de pardonner à mon corps de m'avoir lâché et je vais essayer de l'amadouer plutôt que le punir.

jacquie.
Abonné

bonjour

 

je me retrouve complètement dans ce que tu exprimes

 

que de souffrance

 

comment va tu aujourd'hui ? Te sens tu mieux avec toi -même ?

AguaMaria
Marraine

J'ai adoré la réponse du docteur Zermati. Pour moi c'est la réponse à toute ma démarche. Merci Docteur pour ces bons mots.

 

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