cette impression d'inceste - 23022013

Sylvie75.
Abonné

Salut les filles,

Eh oui, je dis bien les filles, car c'est à vous en tant que filles à papa que je m'adresse.

Sommes-nous nombreuses à ressentir parfois, comme un vieux truc un peu dégueu et très collant, un vague ou franc dégoût pour son père, comme si ce bonhomme vous avait fait des trucs, vous ne savez pas quoi, mais vous vous dites qu'il n'y a pas de fumée sans feu ? Bon dieu, c'est pas agréable hein, de penser cela d'un bonhomme qui, si l'on fait remonter tous ces souvenirs conscients d'enfant (pour moi, ils démarrent vers 6 ans), a juste été un père normal, bref, un bon père, et dans tous les cas, pas un père inscestueux !

J'ai une explication ces jours-ci qui me satisfait, appuyée sur un souvenir personnel. Et si petite fille, nous étions tellement, mais tellement amoureuse de notre papa que... nous le désirions sexuellement, ce qui nous le savons aujourd'hui, est très banal et très naturel, ce bon vieil Oedipe. Oui mais, petite fille, on se disait quoi, en ressentant cela tout en grandissant et se socialisant ? Que c'était mal, que c'est monstrueux, que c'était dégueulasse.

Qu'en dites-vous, c'est une piste non ? Et nos braves pères n'y seraient pour rien.

Commentaires

Sylvie75.
Abonné

Autre chose, j'ai conscience de toucher un terrain très intime.

Aussi, voici un sondage anonyme et ultra-minimaliste juste pour voir si d'autres se sentent concernées par la question ou si je suis très minoritaire (en même temps j'ai l'habitude lol);

 

//www.easypolls.net/poll.html?p=5128ec63e4b05a936af9aae9

izabelle
Animatrice forum

en effet, ça correspond à des choses que j'ai pu lire.....  que l'inceste est fantasmé, non pas forcément réel... dans certains cas

Sylvie75.
Abonné

Pour ma part, ça pourrait être un truc du genre "si je me sens si coupable... il doit bien l'être aussi."

En même temps, c'est le tabou absolu. Mon père n'est pas le genre de bonhomme à qui je peux dire "Papa. On pourrait parler d'un ressenti pourri que j'ai ?" Si tant est que ce type de père existe. Dommage d'ailleurs. Ca serait bien de pouvoir vider ces odeurs de chiottes des fois.

Je ne sais pas si vous avez vu Festen

//fr.wikipedia.org/wiki/Festen

Inutile de vous dire que j'ai adoré ! :)

Bon bref, pour revenir à mon vécu, je suis passée par plein de phases, quand cette chose-là se réinvitait dans mes pensées. Au début de LC, c'est revenu en force, je ne sais pas s'il y a un lien de cause à effet. J'en parle à mon psy préféré (TCC) qui me demande si je veux voir quelqu'un, un qui coûte cher (traduire lacanien lol). Bam, une semaine après, la conviction s'envolait. Serait-ce une rage de dents qui s'envole quand on arrive chez le dentiste, par trouille (ou par avarice lol) ? Ou s'est-elle envolée parce que la pleine conscience me permet de me dire que c'est une illusion, cette pensée, qu'il ne faut pas forcément rentrer dedans et la prendre pour argent comptant ? Rien de concret n'étaye dans mon vécu la thèse de l'enfant abusée. Pour l'instant, la balance penche du côté de cette dernière option. On n'aime guère ne pas savoir quand on se pose ce genre de questions. Alors il faut trancher, à tout prix. On a peur de devenir folle, on a envie de pleurer, c'est épuisant. Beaucoup de bruit pour rien ?

Sylvie75.
Abonné

Ce avec quoi il faut bien que j'accepte de vivre, c'est que je ne saurai jamais, malgré toute l'importance que la question peut avoir, je ne saurai jamais de façon certaine si c'est une question absurde, un délire construit quand j'étais encore enfant, ou bien un vrai problème et un père malsain qui me faisait des attouchements. Et cette idée "je ne saurai jamais" me donne tellement envie de pleurer. Mais bon, après tout, on a toutes nos envies de pleurer. Ce qui est sûr, c'est que je vais faire de la PC autour de cette idée "Je ne saurai jamais.", de ce pas !

HelloMe.
Abonné

[quote=izabelle]

en effet, ça correspond à des choses que j'ai pu lire.....  que l'inceste est fantasmé, non pas forcément réel... dans certains cas

[/quote]

Oui, sans doute, mais pour m'intéresser un peu à cette question, il y a aussi au contraire beaucoup de déni de la part des victimes, lié en partie à la mémoire traumatique et à la volonté de ne pas faire exploser la cellule familiale.

HelloMe.
Abonné

Sur la question du SAP et faux souvenirs induits : //blogs.mediapart.fr/blog/dominique-ferrieres/111112/sap-et-faux-souvenirs-denonces-par-tous-les-victimologues

 

""NB Rappelons que les faux souvenirs ( en dehors de séquences concernant des mots) ne peuvent être induits que si le sujet a ingéré un neuroleptique ou lorsqu'il est entouré au quotidien, par un groupe sectaire qui utilise l' isolement, l' épuisement; la privation sensorielle , la privation de sommeil et de nourriture, la programmation de litanies etc....c'est facile à repérer ...pas besoin du concept d' aliénation parentale là non plus.""

Ann.
Abonné

Bonjour Sylvie,

Quelque soit la réalité ou l'imaginaire, je trouve que les choses que tu ressens parfois et que tu exprimes ici mériteraient grandement d'être dites auprès d'un psy. Tu peux trouver ici ou ailleurs peut être des personnes ayant comme toi ce genre de ressentis qui vont te rassurer ou non. Mais derriere ton ressenti à toi, c'est là qu'il faut aller voir. Et pas avec "n'importe qui", mais avec la personne qui saurait être ton miroir, celle qui pourrait t'aider à aller voir en toi. Où, ailleurs, pourrais tu trouver ce qui se cache derrière ses impressions ?

Là je t'ai dis ce que je ressens en lisant ton message : ce que tu dis ici, faut pas le prendre à la légère...

Quoique que ce soit qu'il y ait derrière ça, même si peut être ce n'est pas ce que tu croyais au départ, ça serait bien d'aller y voir...

Les thérapies comportementales, linecoaching et ces méthodes, tout cela me parait efficace et adapté pour traiter un comportement gênant ou invalidant. Mais quand il y a un quelque chose qui ressemble à un cri ou un SOS venant du plus profond de soi, je crois qu'il faut l'entendre et y répondre en ajoutant l'aide d'une écoute authentique et aidante...

Flowerbomb.
Abonné

Sylvie,

fantasmée ou pas, je crois aussi que cela mérite d'être approfondi. si tu en parles, c'est que cela te perturbe.... en ce qui me concerne, je suis pour la psychopthèrapie analytique (le divan, en fait.. même si cela peut se faire en étant assis en face du psy). une période que j'étais en plein dedans (cela a a duré 5 ans) ma psy m'a fait qq séances d'hypnose et j'ai trouvé en quelques séances une explication à qq chose que je fantasmais. donc, pourquoi pas quelques séances d'hypnose.......

HelloMe.
Abonné

Je pense que le psy est un interlocuteur comme un autre, qui apporte une écoute bienveillante. Sur ce forum nous parlons de beaucoup de choses très personnelles et cela nous aide aussi. Donc ça ne me gène pas que le sujet soit abordé ici, même si Sylvia ne se sent pas pour l'instant d'aller voir un psy :)

Sylvie75.
Abonné

Un psy, j'en vois un ! Je croyais l'avoir dit. :)

C'est un psy TCC et c'est mon premier choix. lol.

Il m'a donné les clés pour si je veux voir un psychanalyste sur cette problématique précise... ça ne me branche pas jusqu'à nouvel ordre ? Je vote avec les pieds comme on dit. Alors quoi, j'ai pourtant le droit de parler ici de ce problème. Je n'ai pas prétendu le résoudre ici grâce à vous, ce fil est là pour voir si d'autres coachées partagent cette problématique. Point... pas pour faire de vous des psys, je sais que vous n'en êtes pas. La question est  dans le sondage du message 2. La virtualité et l'anonymat permettent justement de TOUT aborder et que les tabous sautent. C'est ce que j'aime. Ca ne permet pas de tout régler, mais ça permet de tout aborder. Et c'est déjà assez libératoire, de pouvoir tout se dire.

Sur ce, je vais voir "Bêtes de sexe" l'expo du Palais de la Découverte, lol.

HelloMe.
Abonné

Oui, il ne faut pas se sensurer sous prétexte que les autres ne sont pas des professionnels ici. Je pense que parler permet aussi aux autres de s ereconnaître dans un vécu identique, proche, d'en parler, peut être de le dépasser. Les victimes doivent être entendues, quel que soit le média d'ailleurs. Il ne doit pas y avoir de tabou. Et il est vrai aussi que de nombreuses femmes victimes développent des TCA;

Le sodnage lancé me semble très intéressant et va dans le sens que nous cherchons ici : comprendre pour vivre mieux.

Oui Sylvie tu l'avais dit, en effet :)

lorraine
Marraine

Sylvie 75, ton post me touche. Je pense comme d'autres que si tu ressens quelque chose de cet ordre cela mériterait d'être approfondi, surtout si tu souffres et si cette impression t'empêche "d'avancer" comme tu le souhaiterais.

Les cas d'inceste ne sont pas rares et ce dans tous les milieux socio culturels, mon boulot me le rappelle régulièrement.

Il y a l'inceste mais il existe aussi  les attitudes incestuelles d'un parent envers son enfant.

Le premier c'est passage à l'acte : attouchements , pénétrations et autres actes sexuels ......

Le deuxième c'est "s'adresser (le regarder, lui parler, parler de lui, faire avec certaines choses (sauf rapports sexuels)  à son enfant comme s'il était le conjoint". Il y a bien sûr plein de degrés différents dans ces attitudes là, en terme de fréquence, de durée dans le temps , d'attitudes en elle mêmes.

Je réalise en regardant autour de moi  que les personnes de notre génération ayant subi  les attitudes incestuelles de leurs parents ne sont pas rares et plus ou moins lourdes de conséquences. (j'avais plein de colères envers mon père moi aussi mais pas pour ces raisons)

Un témoignage : un homme alcoolique , tyrannique, impossible à vivre y compris pour son épouse  (qui pourtant n'a jamais voulu le quitter !) . Quand les nuits il l'emmerdait trop , elle quittait le lit conjugal pour aller se réfugier dans celui de son fils alors âgé de 8 ans. Quand son mari est mort deux ans plus tard, elle a dormi avec son fiston quelques années encore. Bien sûr aucun passage à l'acte (sexuel) que un besoin de présence et de tendresse d'une femme qui ne réfléchissait pas plus loin que le bout de son nez (et qui peut être a elle aussi été irrespectée dans son intimité pendant son enfance),. des "mains dans la main" aussi sur le canapé en regardant la télé.......

Pour  grandir ,élaborer une vie amoureuse ça complique. L'identité est plus délicate à se contruire :qui suis je ? mari ? enfant ? ...son parent reste toujours un héros.....surtout si l'autre parent s'est montré pour une raison ou une autre déficient dans son rôle.

 

Je suis très sensible à tous ces aspects. Mon mari n'appelle jamais notre  fille "ma chérie" (c'est moi qu'il appelle  chérie) , il ne lui dit jamais non plus "tu es belle" (il dira plutôt "elle te va bien cette tenue"), il ne se promène jamais nu devant elle......Tout cela pour éviter dans sa petite tête une  confusion des rôles et de place au sein de la famille et ne pas entretenir et tenir pour vrais les fantasmes naturels d'une petite fille pour son père .

Voilà rapidement.

Pensées.

Lorraine

Sylvie75.
Abonné

Et merci pour ta réponse Fabienne !

J'ai déjà entendu 3 pères dire "Je suis amoureux de ma fille;" Un frère, un collègue et un pote. Ils sont fous.

La prochaine fois que j'en entends un dire ça devant moi, je lui réponds "Et tu as songé à voir un psy ? Parce que c'est ta fille qui va écoper sinon !"

HelloMe.
Abonné

Merci Lorraine pour ton post, ça pose bien les choses.

izabelle
Animatrice forum

certes...

mais "ma chérie" je ne trouve pas que ça porte à conséquence, pour ma part j'appelle moi-même ma fille "ma chérie" et vraiment ça ne me choque pas,   même mes neveux parfois....

parce qu'il me semble que "chérir" n'est pas réservé à l'engagement amoureux, j'ai l'impression de "chérir" tous mes proches

ça doit être des habitudes selon les cultures, aussi peut-être....

dans la culture de mon mari,  on distribue les "mon chéri"  à tour de bras, c'est très chaleureux, j'adore!

ma belle-mère m'appellait "ma chérie"  à peine quelques mois après avoir fait sa connaissance!!!

FRED73
Marraine
Je pense qu'il ne faut pas basculer dans l'excès inverse parce que c'est aussi dévastateur. En effet, il ne faudrait pas qu'un père s'interdise de faire des calins à sa fille, de lui faire des compliments ... par peur de rapports ambigus. Mon père a été comme cela et j'ai pensé que c'etait pour cette raison. Lui m'a dit que non, mais j'ai toujours eu le ressenti qu'il n'a pas été affectueux avec nous ( ma soeur et moi ) par peur de ne pas savoir exactement ce qui pourra etre perçu. Comme on peut le voir ici, les limites ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Il y a même des familles où les parents embrassent leurs enfants sur la bouche !
lorraine
Marraine

On est bien d'accord Izabelle, on ne peut pas s'arrêter à un mot isolé...Loin de là.  Il ne s'agit pas de voir de l'inceste partout !

Ne pas me faire dire ce que je n'ai  pas dit surtout...Bien sûr "les chéris" à bout de bras je connais aussi et desfois c'est bien agréable

Les exemples que tu donnes autour du mot chéri sont totalement différents (hors contexte) de celui que je  donne   . Et l'exemple que je donne autour de ce mot est un très léger détail  dans mon  post . 

 

C'est un sujet très délicat / encore asesez  tabou que celui de l'inceste;

j'ai pris le risque de mon post parceque celui de Sylvie m'a touchée et j'avais envie de lui répondre . Je  savais qu'il pouvait faire réagir mais j'aimerais autant qu'il ne soit pas sujet à polémique....Merci

 

Fabienne

 

lorraine
Marraine

[quote=lorraine]

Sylvie 75, ton post me touche. Je pense comme d'autres que si tu ressens quelque chose de cet ordre cela mériterait d'être approfondi, surtout si tu souffres et si cette impression t'empêche "d'avancer" comme tu le souhaiterais.

Les cas d'inceste ne sont pas rares et ce dans tous les milieux socio culturels, mon boulot me le rappelle régulièrement.

Il y a l'inceste mais il existe aussi  les attitudes incestuelles d'un parent envers son enfant.

Le premier c'est passage à l'acte : attouchements , pénétrations et autres actes sexuels ......

Le deuxième c'est "s'adresser (le regarder, lui parler, parler de lui, faire avec certaines choses (sauf rapports sexuels)  à son enfant comme s'il était le conjoint". Il y a bien sûr plein de degrés différents dans ces attitudes là, en terme de fréquence, de durée dans le temps , d'attitudes en elle mêmes.

Je réalise en regardant autour de moi  que les personnes de notre génération ayant subi  les attitudes incestuelles de leurs parents ne sont pas rares et plus ou moins lourdes de conséquences. (j'avais plein de colères envers mon père moi aussi mais pas pour ces raisons)

Un témoignage : un homme alcoolique , tyrannique, impossible à vivre y compris pour son épouse  (qui pourtant n'a jamais voulu le quitter !) . Quand les nuits il l'emmerdait trop , elle quittait le lit conjugal pour aller se réfugier dans celui de son fils alors âgé de 8 ans. Quand son mari est mort deux ans plus tard, elle a dormi avec son fiston quelques années encore. Bien sûr aucun passage à l'acte (sexuel) que un besoin de présence et de tendresse d'une femme qui ne réfléchissait pas plus loin que le bout de son nez (et qui peut être a elle aussi été irrespectée dans son intimité pendant son enfance),. des "mains dans la main" aussi sur le canapé en regardant la télé.......

Pour  grandir ,élaborer une vie amoureuse ça complique. L'identité est plus délicate à se contruire :qui suis je ? mari ? enfant ? ...son parent reste toujours un héros.....surtout si l'autre parent s'est montré pour une raison ou une autre déficient dans son rôle.

Voilà rapidement.

Pensées.

Lorraine

[/quote]

 

PS / j'ai enlevé les dernière phrase  à mon goût sans aucune importance dans le post .

Décidément, je ne suis pas douée en informatique

izabelle
Animatrice forum

bien sûr d'ailleurs j'ai bien fait la part des choses, car je te connais Fabienne...

je disais juste ça pour les autres lecteurs

c'est vrai que c'est compliqué ces histoires là et les attitudes ambigues très dévastatrices pour les enfants

FRED73
Marraine

Lorraine a écrit :

C'est un sujet très délicat / encore assez  tabou que celui de l'inceste;

j'ai pris le risque de mon post parceque celui de Sylvie m'a touchée et j'avais envie de lui répondre . Je  savais qu'il pouvait faire réagir mais j'aimerais autant qu'il ne soit pas sujet à polémique....Merci

 

On ne peut donc pas avoir un avis différent ? Je pense que c'est intéressant de pouvoir discuter et te pouvoir réagir à ce qu'on lit. On ne peut pas être tous d'accord et c'est cela qui est enrichissant et je trouve dommage de fermer la discussion.

lorraine
Marraine

Tu peux avoir l'avis que tu veux Fred, bien sûr; d'ailleurs, tu l'as donné dans ton premier post , il n'y a pas de souci.

Lorraine

Cenelle.
Abonné

Evidemment ce titre m'a interpellée...

J'ai très probablement été victime (de quoi exactement ?...) quand j'étais toute petite (entre 3 ans et 7 ans) d'un oncle maternel qui habitait le même immeuble et auprès duquel mes parents me laissaient en toute confiance. Pas de fantasme : l'oncle en question a abusé de sa fille dès l'âge de 3 ans et  jusqu'à ce qu'elle ait le courage de disparaitre à 22 ans... Et avant qu'il abuse d'elle, j'étais la seule fillette dans les parages. Pas de souvenirs conscients, mais des cauchemars récurrents dont j'ai découvert qu'ils étaient des souvenirs refoulés en revisitant l'immeuble il y a quelques années, après ne plus y être entrée pendant plus de 45 ans...

J'ai toujours su intimement que mes prises de poids (à 3 ans et demi pour la première) étaient liées à un problème très profond. Après de multiples thérapies (et pas d'hypnose !), je pense que ce poids est lié à cet inceste, sur lequel je suis en train de travailler, et de la "complicité" de ma mère, qui savait (pkus ou moins consciemment) et qui a cahé les choses par des mensonges que j'ai mis des années à éclaircir. Ce qui explique probablement pourquoi je perdais du poids quand je m'éloignais d'elle et pourquoi je le reprenais quand je revenais. Ou que je prends inexorablement du poids quand on "m'abandonne" (deuils, ruptures amoureuses), y compris en mangeant objectivement très peu.

S'il faut faire attention avec les histoires d'inceste (les faux souvenirs existent et de même les fantasmes), les victimes réelles d'inceste sont malheureusement nombreuses. Je ne sais pas quelle est la proportion de victimes qui ont des TA et sont obèses, ou au contraire anorexiques, mais je suis presque sûre que cette proportion est très importante.

Pour moi, l'obésité était surement la seule manière de survivre à ce traumatisme. Et puis la seule femme qui ait vraiment été présente, c'était ma grand-mère paternelle : ronde, voluptueuse, rassurante, ayant appris la cuisine avec un grand chef, d'une grande gourmandise : manger et surtout manger bien est du côté de ma famille paternelle une religion ! Du côté maternel, c'est : les incestes (répétés de génération en génération), les maladies graves qui décharnent, la misère qui fait souffrir de la faim. Etre grosse, pour moi enfant, c'était probablement aussi la seule manière de me placer du "bon côté" de la famille.

Il me reste un gros travail thérapeutique autour de cette blessure pas encore cicatrisée : la démarche avec linecoaching est une des composantes de cette démarche de guérison, avec une thérapie en parallèle. Je suis aujourd'hui obèse (imc 37 et pas franchement de muscles), je n'ai fait qu'une fois dans ma vie un régime très restrictif (perdu 18 kg, en ai regagné 23...), alertée très précocément par une formidable endocrinologue  sur les dangers des régimes amaigrissants. Je lui dois probablement de ne pser que 86 kilos aujourd'hui... J'ai la conviction que cette protection d'enfant, je ne peux m'en séparer qu'en prenant soin moi-même de l'enfant qui est en moi, qui a été blessée, trahie et abandonnée par les adultes en qui elle faisait une confiance totale. Je suis aujourd'hui, comme beaucoup d'entre vous peut-être ? la seule adulte à pouvoir prendre soin de moi et à me guérir.

Des échanges autour de cette question avec d'autres victimes m'intéresseraient évidemment...

 

 


 

Sylvie75.
Abonné

Merci pour ta sincérité, Cenelle.

izabelle
Animatrice forum

[quote=Cenelle]

 Etre grosse, pour moi enfant, c'était probablement aussi la seule manière de me placer du "bon côté" de la famille.

[/quote]

merci pour ce très beau témoignage, passionnant, et bravo pour ce travail sur toi-même et tes ressentis

lorraine
Marraine

Cenelle, je viens de lire ton post heart et ton profil. heart

 

Je me retrouve  dans (cf. ton profil) :

"avancer, même en rampant, mais avancer toujours" et "Quelle que soit la longueur du chemin, il se fait pas à pas", pour moi aussi c'est essentiel et j'aimerai que cela le soit pour tout le monde....smiley=  Ne pas rester enlisée dans sa souffrance quelque soit l'origine de cette souffrance. Oser passer à autre chose.

 

Je souhaite que ton témoignage soit une source d'encouragement " pour s'en sortir et se soigner " pour toutes les personnes qui s'y reconnaîtront .

lEONTINE17.
Abonné

Pour apporter ( peut-être) une modeste contribution à ce riche échange,sur les situations incestuelles plutôt qu'incestueuses, échange qui m'émeut beaucoup pour presque chacun d'eux et qui me parle pour tous:

Parmi les chagrins et les deuils que j'ai longtemps crus cicatrisés parce que l'on me disait "forte" ( parents restants, famille élargie, voisins, amis, et même médecins soignants ( et honnêtement, je l'étais assez, mais ai-je jamais eu le choix, pour rester en vie?...), il y a eu cette étrange situation engendrée par la mort de ma mère, qui nous a quittés à l'âge de 33 ans, à la suite d'un accouchement tragique ( massacre serait peut-être plus juste...)  mon père, mes deux soeurs ET la petite dernière , donc, qui n'avait que 24 heures. J'avais 13 ans, j'étais l'ainée, je sortais à peins d'un cancer du rein et des traitements adéquats ( eh oui, y a des années fastes, comme ça... pour nous, c'est 1963),  et j'étais persuadée, je l'ai été longtemps, de façon plus ou moins inconsciente, que j'avais participé à la mort de ma mère, en lui causant tellement de soucis avec "mon "cancer", durant sa grossesse...

C'est vous dire que j'étais mûre pour toutes les culpabilités et tous les fantasmes, d'autant que ma toute petite enfance n'avait pas non plus été exempte de situations riches en occasions de culpabiliser un enfant mais baste!

Bref, conditions"idylliques" réunies pour plonger dans les grosses émotions névrotiques, malgré ( et peut-être à cause?) de cette dite "force" mentale:

- en tant qu'ainée et responsable ( sinon coupable!) de la mort de ma mère dans l'épuisement ( généré par des incapables de la clinique d'accouchement...)

- en tant qu'ado à ses débuts et donc en plein dans les "troubles " et émois divers de la quête de soi,y compris et surtout(!) au plan de la sexualité, et donc cherchant ses marques par rapport à sa mère( alors là, vu la situation vous imaginez: bien l'auto-censure tétanisante, l'impossibilié totale de faire émerger la moindre prise de distance critique envers une maman martyre, "partie si jeune mon Dieu!", pourtant nécessaire à chaque enfant,pour devenir autonome et un jour quitter le nid, la plupart du temps, réconcilié, d'ailleurs)

- en tant que fille, fille ainée qui plus est, et désormais privée de la "barrière" symboliquement protectrice de la "femme du père", aînée qui s'entend si souvent, trop souvent dire "on dirait ta mère, tu ris comme ta mère, ah t'es bien la fille de ta mère, tu aimes ( dans ls désordre) le saucisson, le camembert les cornichons, chanter, rire à gorge déployée, les enfants, le tricot, lire, pleurer comme une madeleine aux histoires tristes ou touchantes ( c'était d'ailleurs son prénom, Madeleine...) et qui a des problèmes de surpoids" bah oui, que veux-tu, tu es bien comme ta mère"....

Rajoutez à cela que nous sommes dans un situation TRES modeste ( veuf, salaire lui aussi modeste, 4 filles dont un bébé, un pavillon à rembourser, on ne roule pas du tout sur l'or et c'est sans aucun recul ni état d'âme, sur l'impact mortifère que cela peut avoir sur la gamine que je suis ( mais bon, c'est l'époque , dans les années 60, on ne convoque pas Freud à chaque éternuement non plus!) que , manquant de moyens, on me fait porter tous les vêtemensts de...ma maman, à peine réajustés à ma taille. Attention! je ne suis ni Cosette ni Cendrillon et il y a de l'amour autour de moi, pour moi, pour nousles quatre soeurs orphelines. Juste des maladresses, juste de l'ignorance et du un peu trop brute de décoffrage...

Bref, avec tout cela, je DEVIENS ma mère, contre mon gré mais impossible de protester, je ne suis pas encore assez sortie de l'enfance, pas sûre de ce que j'éprouve et surtout j'aurais l'impression de LA trahir, en refusant de rentrer dans ce "rôle" que les adultes m'imposent autour de moi. Et je materne  et je materne...

Donc: mon père et moi devenons assez proches. on échange beaucoup à table et comme je grandis et que je suis depuis toujours une gamine posée, aux intérêts variés, y compris politique etc, on a vite des échanges assez "adultes" et souvent complices ( musique, films, actualité politique, donc) jusqu'à ce que l'âge, le lycée les potes nouveaux et ...mai 68 , amorcent la saine rupture en tous cas pour mon cas!

En vacances, en balade, assis sur la canapé, mon père me prend souvent par le cou, les épaules, le bras; il est câlin, Moi, je ne me sens pas très à l'aise ( je m'en veux , mauvaise fille, le pauvre, car bien sûr je l'aime et on est tous les deux dans la souffrance et le deuil de maman, bien sûr) et je me souviens que les quelques fois où des gens tout de meme pas bien "regardants" m'ont prise pour sa femme, j'en aurais pleuré, de honte et de rage! sans parler du fait que je me disais que je devais faire bien "mémère" ( mes parents avaient la trentaine, quand ce drame est arrivé mais c'est l'âge de Mathusalem, pour des gosses!) pour qu'on me croie de son âge: sentiment d'être encore plus grosse et moche que les sensations fréquentes de l'ado classique", quoi!

Longtemps, repenser et revivre ces émotions-là m'ont été insupportables!Merci la psychothérapie analytique de m'avoir enfin permis d'être au clair et apaisée avec ces émotions et ces moments -là,

En vacances chez mes grands-parents maternels, une fois, on est plus nombreux que d'habitude et là, sans que personne ne semble se poser la moindre question, eh bien on s'arrange: et voilà comment mon père et moi avons dormi plusieurs nuits de suite dans le même lit: et ce à deux reprises, entre mes 14 et ma seizième année...J'ai détesté! Je me sentais mal et je m'en voulais de cette gêne, de cette défensive dans laquelle j'étais; je me trouvais inconsciemment l'esprit "bien mal placé". Et je peux dire qu'au creux du lit,  j'ai guetté le moindre geste éventuellement indélicat de mon père.

Je n'ai aucun souvenir qu'il y en ait eu, mais me suis posée ( moi aussi) la question pendant au moins 15 ans, me soupçonnant d'avoir peut-être "occulté".

Je sais aujourd'hui que non, et être revenue en détail en travail psy avec mon thérapeute m'y a aidée. Que celui-ci m'a fait du bien en me disant: "si, bien sûr, il y a eu quelque chose: il y a eu tout ça, tout ce que vous avez vécu, éprouvé, tout ce que l'on vous a imposé de vivre, même si il n'y avait pas intention de vous faire de la peine et du mal"; Je me suis sentie enfin reconnue dans mes angoisses et mes souffrances d'alors. La peur fantasmatique de l'inceste s'est  effacée, puisque mes souffrances d'alors étaient légitimées. Quelqu'un les prenait enfin en compte!

Comme le montre très bien Lorraine je crois, il s'agissait clairement d'un fantasme, d'une banalité et d'une fréquence classiques chez les filles, MAIS QUE TOUT AUTOUR DE MOI AVAIT EMINEMMENT ENTRETENU.ll faut préciser que du côté paternel, les situations incestuelles et même incestueuses ont existé ( le père de mon père a été incestueux avec ma tante au point que celle-ci a du quitter le foyer à 17 ans rarissime à l'époque ( années 40, et n'a pu compter, comme souvent, sur l'aide de sa mère ma gd-mère...), Que je pressentais tout cela et que cela a aussi dû peser dans l'élaboration de mes craintes. Je transmets beaucoup à mes filles, sur tout cela parce que je sais , en théorie ET en pratique, le poids transgénérationnel des souffrances et angoisses, des destins antécédents dans les familles.

Bien solidaires et amicales pensées à vous toutes,

Martine/Léontine

lorraine
Marraine

Martine tu écris : "Comme le montre très bien Lorraine je crois, il s'agissait clairement d'un fantasme, d'une banalité et d'une fréquence classiques chez les filles,"

Non ce n'est pas moi.

heartpour ton enfance

Fabienne

lEONTINE17.
Abonné

Désolée, Lorraine!

C'est toujours cette impossibilité de retourner aux posts antérieurs lorsqu'on a cliqué sur "répondre" et qu'on a négligé de noter soigneusement qui a dit quoi, exactement.

Christie.
Abonné
Bonjour ! Pour moi, l'inceste qui a longtemps été une "impression" qui me collait à la peau s'est révélée être vraie... (mais n'est-ce pas souvent le cas ? Et "papa Freud" n'a-t-il pas malgré lui inversé la vapeur en inventant le complexe d'Oedipe, peut-être effrayé par la fréquence des cas d'inceste? Il est si facile de culpabiliser un enfant face à ses parents...) Trop tard pour porter plainte contre... ma mère, hé oui, ça arrive aussi, mais pas trop tard pour me réparer moi avec un suivi spécialisé. Mon très fort surpoids vient des régimes et aussi du refus de sentir mon corps pendant plus de 40 ans... Ressentir mon corps aurait été me connecter aux abus, insupportable pour moi pendant bien longtemps... Aujourd'hui grâce à mon suivi, grâce à des outils aussi notamment comme la pleine conscience, j'ai accès à mon corps et je peux ressentir les émotions et les sensations qu'il m'envoie. Aujourd'hui donc j'ai accès à la méthode de linecoaching, fabuleux ! En parallèle, pour réparer les abus qui ont laissé de sacrées traces, je me fais opérer à la fin du mois du bypass gastrique, ce qui ne me dispense bien sûr pas de travailler sur mes sensations alimentaires afin de profiter ensuite pleinement de cette seconde chance qui m'est offerte comme un cadeau... Je voulais laisser ce témoignage pour dire que les abus incestueux existent, qu'ils sont hélas fréquents, mais qu'on peut s'en sortir. Peut-être pas tout seul, mais avec de l'aide, on s'en sort. Et aussi que parfois, ce sont les mères qui sont violeuses... Cela n'est souvent pas concevable dans notre société, et pourtant... Chaleureusement, Christie
Käess.
Abonné

Cet échange m'a beaucoup touchée, et je me reconnais dans le message de Sylvie75. Je pense que tu as un élément de réponse. Pour ma part, mon père a forcé ma mère à avoir des rapports, un jour. C'est un euphémisme assez malvenu, mais je sais bien le nom que cet acte porte. Ma mère a porté plainte, elle est allée au bout mais a témoigné en en faveur de mon père pour ses enfants (j'ai une soeur). Aujourd'hui, je trouve cet acte juste et héroïque. Enfant, je ne comprenais pas, et j'étais perdue. Mon père et ma mère se dépréciaient mutuellement devant nous. C'étaient des heures horribles de ma vie où ils nous coincaient régulièrement pour nous expliquer leurs problèmes d'adultes, nous imposant la violence de leur intimité. C'était souvent enfermées dans une salle de bain, en cachette, dans une voiture, fermée, sans issue qu'ils décidaient de nous parler, ça durait des heures. Les pires moments de ma vie. Je devais épier ma mère au service de mon père et faire des rapports. Ma mère, démolie par cette histoire n'était pas en mesure de nous aider, pire, elle nous mettait en danger. Je lui ai tout pardonné en sortant de l'adolescence, tant elle est une mère géniale. 

Un jour, seules en voitures avec mon père, il a rétorqué à ma soeur et à moi "vous comprendrez quand vous serrez plus grandes" et nous avons été très instantes pour qu'il nous dise son point de vue. Il a dit : "mais c'est de la faute de la loi française. Un viol entre mari et femme, ça m'existe pas". Aujourd'hui, la femme que je suis est révoltée par ces propos. Mais je crois, qu'ayant moins d'une dizaine d'années au moment des faits, j'ai tout simplement vécu la situation comme s'il avait aussi heurté mon intégrité physique. Allez dire à une enfant qu'elle n'est pas sa mère... 

Écrire ceci me fait réalier cela. Si je m'identifie à ma mère, j'aimais donc mon père. Pourtant, il me rejettais enfant, il ne me supportais pas et mettait un casque pour ne pas m'entendre et écouter la télé. Il tolérait plus ma soeur (carrée, rangée, disciplinée, éveillée, meilleure à l'école... tiens à se demander pourquoi aujourd'hui elle a le syndrôme de "madame parfaite"). Il passait son temps à nous punir (mot absent du vocabulaire de ma mère qui m'a éduquée à la confiance, à la réflexion et au partage). Il m'enfermais dans le garage dans le noir si j'étais pas sage, me tirais mes oreilles jsuqu'au bout des 1000 mètres de terrain. J'étais terrorisée par ses punitions. Je crois commencer à comprendre pourquoi je suis un peu dépendante affective (ouch, dur à écrire)... 

Je vous rassure, j'ai grandi et notre complémentarité est telle avec ma soeur, que nous sommes les meilleures alliées du monde envers et ontre tous. S'il y a du bon dans tout : j'ai trouvé une meilleure amie fidèle, honnête, qui m'aime profondément pour la vie.

Lavienrose.
Abonné
Bjr J'ai pas tout lu, je tiens tout de même à raconter mon vécu J'avais tjrs eu un comportement de malaise avec mon père, sans me souvenir de quoi que se soit Je faisais des cauchemars je me voyais au lit avec lui comme si c'était mon fiancé Adulte et des que j'ai eu assez de sous pour m'occuper de moi, c.-à-d. Chercher de l'aide, j'ai voulu essayer l'hypnose car j'étais persuadée que j'avais été victime d'abus sexuel de la part de mo père, tellement j'étais mal et qu'il me dégoûtait/gênait rien de tout ça , ouf me disais-je!!!! Mais en fait grâce à ma thérapie( grâce aux faits de pouvoir parler à une personne bienveillante) j'ai pu décortiquer que l'attitude inconsciente de mon père était super ambigüe Il me mettait à la place d'une 2 femme/épouse. On avait droit aux bises sur la bouche jusqu'à ce que la thérapie me fasse prendre conscience que ça me dégoûtait et j'ai pu y mettre un terme et j'avais 26 ans...... Une anecdote : mon premier boulot dans un aéroport avec uniforme de la compagnie. Il vient me voir avant de prendre un avion.il est sûrement très fier de moi et super fier d'être mon père il me dit: Fais moi un biz ma chérie. Tout le monde va nous voir et puis j'ai toujours voulu sortir avec une hôtesse....... Voilà juste des mots rien d'autres et le seul acte déplacé c'est la bise sur la bouche...... Voilà comment j'ai eu( mais je n'ai plus)cette douleur d'inceste
pinder.
Abonné

Je parcours le forum de manière aléatoire et ce soir sur ce thèmme je voulais partager une information pour celles qui sont sur le fil et d'autre qui pourraient être concernées : Voir le site du Dr Salmona psychiatre spécialisée dans les traumatismes sexuels et qui a sorti un livre l'année dernière et aussi AIVI association internationale des victimes d'inceste qui a fait une enquête qui met au jour le nombre de 2 milions de victimes estimées et qui sont surtout victimes d'un proche !

Margareth.
Abonné

Intéressante, cette conversation. Elle me rappelle que je me pose depuis longtemps la question d'un "événement" de ce genre, entre mon père et moi. cette vague sensation de dégoût, de peur, de méfiance, de répugnance, je l'ai ressentie aussi vis-à-vis de mon père, sans avoir aucun souvenir de quoi que ce soit de criminel de sa part.

Juste cette petite chose, que j'ai un peu de mal à raconter, aujourd'hui encore. je devais avoir 16 ou 17 ans (j'en ai 33 aujourd'hui). Un jour, au cours d'un repas avec des amis, mon père dit : "ressentir des choses pour sa petite fille quand on la prend sur ses genoux, c'est normal. Dans ce cas-là, on va se promener.". J'étais là, face à lui quand il a dit ça. Et j'étais partagée entre pluisuers pensées :

- Mon père a-t-il toujours suivi cette ligne de conduite ?

- A-t-il ressenti ce genre de choses vis-à-vis de moi (j'ai une grande soeur) quand j'étais petite ? est-ce pour cela que nos contacts étaient toujours si réduits ?

- Est-ce vraiment "normal" de penser ça quand on a sa fille sur les genoux ?

Aujourd'hui encore, je n'ai aucune réponse à ces questions. Et c'est un mystère qui me pèse un peu, et qui restera sans doute à jamais irrésolu.

Qu'en pensez-vous, les filles ? Avez-vous déjà entendu ce genre de choses dans la bouche de votre père ? Comment faut-il l'analyser ?

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