ET APRES ? - 05022012

capuccino
Marraine

Bonjour,

Je viens de terminer de lire le livre du Dr. Z. "maigrir sans régime". En lisant la conclusion me vient tout à coup une question angoissante, et après ?

Oui et après, après toutes ces années passées à faire de mon alimentation l'axe essentielle de ma vie ( ne nous le cachons pas, être au régime quelqu'il soit prend du temps pour intégrér la méthode, acheter les bons aliments, noter ce qu'on mange, compulser, se punir de compulser, pleurer parce qu'on a compulsé  et...recommencer le régime). Bien sur il y a cette rangaine qui inlassablement a aussi hanté mon quotiidien "quand je serai mince"... Mais aujourd'hui je réalise vraiment qu'il y a aussi ce temps rempli de tous ces régimes et dont peut-être je ne saurais pas quoi faire demain quand je serai une mangeuse régulée.

Peut-on avoir commencé un  jour un régime pour une raison X, mais pas que ? Peut-on s'être emprisonné dans des  systèmes de régimes successifs pour utiliser le temps de la vie à ne vivre que des régimes ? Peut-on s'être accroché à ses systèmes destructeurs parce qu'on ne savait pas quoi faire de sa vie ou qu'on la trouvait trop nulle par rapport à ce qu'on en avait rêvé enfant ?

Je réalise cela comme le réalise les familles qui accompagnent des patients dans notre service pendant des mois. Ils passent auprès d'un proche des journées entières à leur consacrer chaque seconde de leur vie. Ils viennent apportent le linge propre, les douceurs,  subissent la colère du malade, ses demandes, son désespoir et puis soudain tout se termine, le malade décède et arrive la question de l'après : que vais-je faire de tout ce temps passé ici dans cet hôpital ?

Y a-t-il un deuil à faire de cette vie de la bouffe à outrance, la bouffe-doudou, la bouffe compulsive ? et comment on fait ?

Commentaires

Lyphaé.
Abonné

Je pense qu'on est nombreuses à se poser la même question. Tellement de temps à penser à la nourriture, aux régimes, aux compulsions, au moment où on sera mince... Tellement de temps à y penser en oubliant de vivre.

Je n'ai pas la réponse à ta question, je crois qu'elle est propre à chacun et que tu trouveras la réponse le long du chemin, petit à petit. Sache en tout cas que tu n'es pas la seule à vivre ça.

isabellej.
Abonné

je dois dire que je n'ai pas ce genre d'inquietude pour ma part

ce type de fonctionnement me rend malheureuse, alors quand ça s'arrête, je me sens juste bien, j'ai plein d"énergie pour faire des trucs, je trouve ça génial

lys.
Abonné

Bonjour capuccino

oui penser à la nourriture ,prend beaucoup de temps et de plus en plus puisque cela devient une obsession pour je pense pour beaucoup d entre nous

aussi je pense que c est la raison pour laquelle il faut aller doucement (à son rythme ) et avec douceur RPC et acceptation car je crois que derriere les problemes alimentaires se cachent d autres choses bein plus difficiles a regarder c est d ailleurs pour cela que l on a peur ,le site est vraiment d une grande aide et les docteurs supers

mais tu vois pour ma part il faut en plus que j aille faire une therapie plus ciblée car je suis en souffrance alors oui je pense que derriere ces TCA il y a quelque chose à découvrir qui occupera notre temps de facon positive et constructive mais il faut faire chaque chose en son temps et je crois que chacune peut decouvrir sa difficulté mais il faut du temps pour que cela soit possible et je crois aussi que l inconscient ne te permet de trouver que lorsque tu es prete

de plus ce site ,les outils mis à notre disposition ,les chats tout cela est vraiment un travail superbe et qui permet de se découvrir meme si c est parfois difficile

courage capuccino il en faut à pas mal d entre nous   lys

amie35.
Ancien abonné

L’après se prépare aujourd’hui.
A ce jour la nourriture prend beaucoup de place dans la vie mais il est important de trouver d’autre centre d’intérêt, d’autres activités, d’autre manière d’occuper son temps..
Cela permet de faire la transition en douceur, pour que la nourriture prenne la place qui lui revienne juste pour se nourrir.
Tu peux choisir de te nourrir de façon différentes (spirituelle, sportive, amicale, associative, artistique… )
Soit à l’écoute de toi-même et pose toi les questions ? Qu’est ce que tu aimerais faire ? Quel sens souhaites tu donner à ta vie ? que dois je faire pour les mettre en place ?
Au cours de ton chemin de vie, tu trouveras j’en suis sur quelques réponses qui te permettront d’investir ta vie différemment.
 

PatG.
Abonné

[quote=capuccino]

Oui et après, après toutes ces années passées à faire de mon alimentation l'axe essentielle de ma vie [/quote]

[quote]Peut-on avoir commencé un  jour un régime pour une raison X, mais pas que ? Peut-on s'être emprisonné dans des  systèmes de régimes successifs pour utiliser le temps de la vie à ne vivre que des régimes ? Peut-on s'être accroché à ses systèmes destructeurs parce qu'on ne savait pas quoi faire de sa vie ou qu'on la trouvait trop nulle par rapport à ce qu'on en avait rêvé enfant ?[/quote]

Question très intéressante ! Certaines vies se structurent autour de la souffrance (pas mal de victimes, entre autres). Le fait de se poser la question est de bonne augure, à mon avis.

 Est-ce un hasard si la nourriture est devenue un ancrage nécessaire ? (y a un peu la question de l'œuf et de la poule, là dedans...). La nourriture a occupé (et occupe encore) beaucoup les humains depuis la nuit des temps. Les sociétés humaines se sont construites à partir de ce qui était nécessaire à leur survie... je pense que ça laisse des traces et que ça perdure dans certaines guerres actuelles (le territoire, c'est bien là où se trouvent les richesses qui vont nous permettre de manger...). Evidemment, dans nos sociétés occidentales où la nourriture est en abondance, ça ne ne prend pas la même forme. Même si le petit enfant à qui on ne donne pas à manger ne peut survivre tant il est dépendant de l'entourage, dans n'importe quelle région du monde. Tout ça pour dire que la nourriture, qui est aussi un ancrage culturel (on se définit comme peuples, régions ou familles différents par ce que nous mangeons), est un pôle qui cristallise beaucoup de choses. Pas étonnant que ça prenne de l'importance que ce soit à un niveau individuel ou collectif. Avec ces histoires de régimes, de souffrances qui s'y rattachent, mais aussi avec ce que cette souffrance cache et qu'on peut découvrir sur LC ou ailleurs, ça prend une place prépondérante.

Je ne pense pas que ce soit un hasard si on mange de façon compulsive. C'est sans doute lié à des types de personnalité, à des circonstances qui ont fait que... En tout cas, ça remonte en général à l'enfance. C'est la réponse qu'on a trouvé à un moment donné pour gérer certaines difficultés (quand on est enfant, surtout quand on ne parle pas, mais pas uniquement, comment dire les choses ? Comment se rassurer ? Supporter l'insécurité, etc. ? Les moyens sont limités. La nourriture en est un. Le conditionnement peut être rapide surtout si l'entourage le favorise). Enfant, on ne se pose pas de question sur ce qu'on va faire de sa vie. Ça, c'est une question d'adulte. Savoir ce qui, pour chacun(e), a conduit à cet état de fait ne peut recevoir de réponse générale. Ça reste éminemment personnel, même si on retrouve (sur LC en particulier) des similitudes troublantes. Je suis persuadée, pour répondre à la question, telle qu'elle est posée, qu'on ne fait pas un régime par hasard et que les raisons ne sont pas uniquement celles qui se présentent à l'esprit, qui sont rationnelles et tout à fait "entendables". Certainement pas parce qu'on ne savait pas quoi faire de sa vie. C'est beaucoup plus profond que ça. Sinon ça n'aurait pas cette résonnance, ces effets... Ça touche, à mon avis, à l'identité, à nos relations aux autres. 

[quote]Y a-t-il un deuil à faire de cette vie de la bouffe à outrance, la bouffe-doudou, la bouffe compulsive ? et comment on fait ?[/quote]

Si on n'est plus occupé de nourriture, que peut-on faire ? Sur LC, ça ne résoud pas le problème, puisqu'on est encore préoccupé(e) par ces questions (on n'est centré(e)s que sur ça ici, forcément). LC peut aider à comprendre qu'on a donné (ou qu'on donne encore) une réponse inadaptée à un problème initial et que cette réponse est devenue le problème. Reste à savoir si le problème initial est résolu ou non... Un travail psy me semblerait approprié (même si ce n'est pas la seule voie) dans ce cas.

Mais, en tout cas, s'apercevoir qu'on a passé un temps incalculable à vivre dans le malaise peut paraître difficilement supportable. C'est comme si, d'un coup, sans ce problème, on était confronté à du vide (et ça, on sait comment le remplir... les vieux réflexes ont la vie dure).  Pour remplacer la nourriture, je ne vois comment le faire autrement qu'en découvrant - et en s'autorisant à faire - d'autres choses qui peuvent remplir la vie, faire plaisir... Chacun(e) ses réponses, que ce soit du côté des activités de loisir, du travail, de la famille, de l'engagement bénévole, politique, que sais-je encore... 

Se passer de mal manger et grossir, je ne sais pas si c'est un travail de deuil. Mais on peut l'envisager ainsi, si l'on considère cette "bouffe" comme un "doudou" sans rien pour compenser. Est-ce la peur de ne plus exister autrement ? D'abandonner ce qui nous a accompagné durant des années et qu'on connaît bien ? La peur de l'inconnu ? De ne pas être à la hauteur ? Sans doute pas mal de craintes tout à fait justifiées.

Comme je le disais au début, la question est intéressante et mérite qu'on s'y attarde, mais si elle reste en suspend comme une épée de Damoclès, c'est peut-être que le travail entrepris sur LC n'est pas complètement terminé ou qu'il soulève d'autres questions que le programme ne peut résoudre. Mais se la poser, c'est déjà un premier pas. 

savylaeti.
Abonné

Je suis contente que tu poses cette question, Capuccino, car c'est cela-meme qui me tarabuste depuis qqs jours/semaines (annees?!) - alors meme que je viens de faire de beaux progres, que j'ai ensuite royalement sabotés, par peur completement inconsciente - cette peur de l'apres: 'Mais que vais-je devenir si je n'ai plus a penser a mes "problemes de bouffe"?! Qui suis-je, sans ces problemes? J'ai 35 ans et cela fait plus de 20 ans qu'ils me DEFINISSENT!!!'

Pourtant croyez-moi, je ne m'ennuie JAMAIS et j'ai des TAS de choses a faire, donc sans mes "problemes de bouffe" je me debrouillerais tres bien! Et pourtant, et pourtant... je ne sais pas qui je suis sans ces problemes, voila tout. Alors que je croyais savoir. Et maintenant que j'ai une fille (de 3 ans maintenant), je ne sais plus du tout qui je suis...

J'ai hate de lire la reponse d'un de nos docteurs!

Savylaeti

lorraine
Marraine

Oui merci Capuccino de cette question....

Moi aussi je me la pose, plus en terme d'après LC , arrriverai à tenir après LC, si je n'ai plus mon Amie/maman/doudou LC.  Je trouve en LC d'empathie. Cela me rappelle l'empathie que ne trouve pas chez ma mère à mon égard et que j'ai cherché/eu besoin pendant 50 ans. Je crois que c'est pour ça que LC m'est SI chère.

Par quoi   remplacerai le regard bienveillant, les encouragements, les conseils de LC?  Si je n'ai plus ça, ne craquerai je pas à nouveau côté bouffe ? N'y aura t-il pas comme un vide affectif ? Voilà les questions que je me pose.

Et puis tout changement occasionne de l'appréhension voire des angoisses : on sait ce quel'on perd, là, en l'occurence les occupations inhérentes à la nourriture, mais on ne sait pas ce quel'on gagne en contre partie.....

Et effectivement si notre identité est une identité de personne en combat avec " son corps-nourriture-émotions", si cette identité est perdue, comment construire une autre identité ?

Oui à quand une réponse d'un de nos amis docteur ? Merci d'avance

Bonne journée à toutes et tous

danseuse37.
Abonné

Bonjour à vous toutes qui vous posez la question du "et après"...

Je n'ai pas de réponse toute faite, je ne peux pas vous dire "ce sera comme ça pour vous", mais tout au moins je peux vous parlez de mon expérience puisque ça fait un moment que je suis dans "l'après" ;)

J'ai commencé à consulter le Dr Zermati en 2001 après avoir, comme la plupart d'entre vous, 20 ans de régime et de TCA derrière moi (j'avais 27 ans). Je me suis tournée vers lui parceque je n'en pouvais plus justement de tout ce cirque autour de la nourriture : compulsion/restriction comme un cercle infernal, culpabilité, dégradation de l'estime de soi, penser toute la journée à ce qu'on ne va pas manger pour finalement craquer, se peser plusieurs fois par jour (et même la nuit parfois!!). J'étais complètement détraquée. Avec un poids plus ou moins normal pour info (40/42 en taille de vêtement) mais qui évidemment ne me convenait pas.

Bref, après un peu plus d'un an de suivi, des résultats rapides en terme de poids (7kg de perdu en moins de 2 mois), mes adieux à la restriction cognitive, le plaisir de manger retrouvé, je me sentais clairement "une nouvelle femme"!! Mais quand le docteur zermati m'a dit "bon, vous allez bien maintenant, on va arrêter de se voir" j'ai quand même paniqué! Depuis, j'ai eu des hauts et des bas, j'ai éprouvé le besoin de retourner le voir aussi, en particulier sur a gestion de mes émotion que j'ai du mal à maîtriser, mais jamais je ne suis retournée le voir parceque j'étais en souffrance à cause de mon poids.

En quelques mots, ce que je veux vous dire c'est que "l'après" c'est la libération! La vie n'est pas un long fleuve tranquille, j'ai repris du poids, j'en ai reperdu, j'ai eu plusieurs grossesses, aujourd'hui je suis à mon poids d'équilibre mais je ne sais pas de quoi sera fait demain, mais ce qui est acquis à jamais pour moi, c'est que je ne laisse plus la balance me dicter mon humeur, je ne laisse plus un chiffre faire vaciller ma confiance en moi. Jamais je ne dramatise une prise de poids et c'est pour ça d'ailleurs que la tendance finit toujours par s'inverser, parceque j'arrive toujours à m'écouter au final, j'ai confiance en mes capacité de régulation. Même après la prise de 5 kilos (je ne suis pas une machine, il y a des soucis qui me font manger, on ne change pas du tout au tout!!) je n'ai pas paniqué, et finalement ils sont repartis, doucement... Je ne me fais plus violence, je suis "bienveillante" avec moi-même et au quotidien ça change tout. Si j'ai besoin de me réconforter en mangeant, je le fais, et je me dis "demain ça ira mieux", et j'essaie d'attendre d'avoir à nouveau faim pour manger.

Et ça marche! La nourriture n'est plus le centre de ma vie, je n'ai pas fait de régime depuis plus de 10 ans! Je suis une maman hyperactive, entre les petites, mon conjoint, le boulot, le sport et des hobbies qui me détendent, j'ai trouvé mon équilibre dans l'après, ça s'est fait naturellement!

Je vous souhaite à toutes que la transition se fasse le mieux possible, et même "après" vous pourrez venir trouver du réconfort sur ce forum ;)

erin94.
Abonné

Bonjour Capucino

 

Je pense que le deuil de la bouffe à outrance, compulsive est à faire oui. mais qu'il n'est pas si dur que ça car cette bouffe nous est néfaste, nous le savons toutes

Le deuil de la bouffe doudou, dejà,c'est moins sur, lors des EME zen, nous choisissons de manger ou pas pour nous réconforter ... donc le réconfort reste possible

 

La question de l'APRES concerne aussi, apres "quand je serai mince", qui serai je ?

et ça , cette question est valable pour chaque grande étape de notre vie, après la naissance de bébé, qui devenons nous ? apres notre mariage? ... bah finalement, nous restons sensiblement les mêmes, nous poursuivons tant bien que mal notre chemin, nous acceptons que parfois notre chemin de vie se fasse le long d'une riviere calme et réconfortante, et que parfois ce calme et ce confort se transforme en méga tempête en pleine mer, et que d'un coup notre embarquation nous semble bien frele pour résister à tout ça ... et pourtant la rivière n'est pas bien loin ...

 

j'ai quand même envie de te répondre : apres, tu sera bienveillante envers toi même ... :)

lorraine
Marraine

Merci beaucoup Danseuse 37 sur ton témoignage clair et  réconfortant sur "et après". smileyyesheartenlightened

danseuse37.
Abonné

Pas de quoi, c'était le but ;) C'est difficile de se projeter, alors si ma petitie expérience peut servir à d'autres et surtout vous rassurer, je suis contente :D

Bonne route à toi Lorraine!

Lily.
Abonné

Bonjour,

Ce fil de discussion m'interpelle beaucoup, parce que moi aussi je ressasse beaucoup sur le thème "pourquoi tout ce temps perdu ?"; avec une grande question, absurde mais douloureuse  :aurais-je eu une vie meilleure si je n'avais pas été freiné par ces souffrances là ?

J'ai aussi beaucoup pensé à ma mère, à toutes ces années de compulsions cachées, à tout ce poids(dans tous les sens du terme) transmis de génération en génération...

Et puis, finalement, je me dis que cette façon de ressasser, c'est aussi et encore une façon de se victimiser, de n'avoir que des pensées négatives là où finalement, on pourrait aussi voir de belles choses...

Même si nous avons toutes beaucoup souffert de notre image, de nos restrictions alimentaires, de nos compulsions vécues honteusement, par ailleurs, nos vies se résument-elles à ça ?

Finalement, c'est une part de notre vie, certes, mais il y a eu et il y aura aussi plein de belles choses. Ma mère m'a transmis sa peur de grossir, son obsession de la restriction. Certes. Mais elle m'a aussi transmis l'ouverture sur le monde, la liberté de penser, le goût de la lecture, une certaine idée de la liberté, le souci des autres, et plein de belles choses qui m'ont aidé à construire ma vie, loin des schémas rigides qui parfois enferment des vies pour toujours.

Et moi, j'ai fait des études, j'ai vécu intensément, j'ai aimé beaucoup, j'ai ri, j'ai pleuré; j'ai construit ma famille, qui ne ressemble à aucune autre; j'ai affronté de lourdes épreuves intimes sans m'effondrer, je pars chaque jour au boulot avec l'envie d'apprendre et d'être chaque jour plus utile, j'ai plein de projets, plein d'envies... 

Savoir regarder tout ce qui est bien dans notre vie, accepter de recentrer notre attention sur le positif, c'est peut-être ça, "faire le deuil" de ces années passées dans l'obsession alimentaire...

Bonne et belle route  à toutes !

Lily

savylaeti.
Abonné

[quote=Lily]

une grande question, absurde mais douloureuse : aurais-je eu une vie meilleure si je n'avais pas été freiné par ces souffrances là ?

...

Et puis, finalement, je me dis que cette façon de ressasser, c'est aussi et encore une façon de se victimiser, de n'avoir que des pensées négatives là où finalement, on pourrait aussi voir de belles choses...

[/quote]

C'est tres beau et bien ecrit, Lily, et c'est exactement ce que je me suis dit hier! Apres les 'J'ai gache toute ma jeunesse' (j'ai 35 ans) et les 'Ma vie aurait ete tellement mieux si x y z' (entendre surtout 'si je n'avais pas eu tous ces problemes avec mes parents et mon poids'), je me suis dit que si je continue a me poser ces questions et ressasser tout ca, tous les jours, eh bien ma vie continuera a etre ce qu'elle a ete - une serie de questions et de remises en question, encore et toujours, jusqu'a ma mort. ALORS LA, NON!!!! Au secours!!!! C'est ENCORE une facon de ne pas vivre dans le present, de vivre dans le passe, ou dans l'angoisse du futur, et maintenant je dis NON!!!

Et tu as tout a fait raison Lily, il y a beaucoup de belles choses que mes parents m'ont apprises, et je laisse le negatif l'emporter sur TOUT - ce n'est pas juste pour le positif!

J'ai aussi realise un truc hier: mes problemes ne seront en fait jamais regles 'une bonne fois pour toutes' (alors que j'aimerais tellement qu'ils le soient, et je suis sure que je ne suis pas la seule!) 'Une bonne fois pour toutes' = pensée au futur. En fait il faut PREVENIR le probleme, tous les jours, au present, en pensant positif, en acceptant les emotions et pensees negatives mais en n'y pretant pas attention, et en faisant de la RPC. A mon humble avis, c'est la seule solution.

Bon courage a tous et a toutes! Je voulais ecrire 'le chemin est long', mais en fait ce n'est meme pas ca - au vu du dernier paragraphe ci-dessus, le chemin est sans fin, donc il ne faut juste penser qu'au moment present et penser a la petite marche qu'on est en train de gravir, ou le pont qu'on est en train de traverser. C'est tres dur a faire mais ca apporte plus de serenite au long terme, j'en suis convaincue.

danseuse37.
Abonné

[quote=Lily]

Bon courage a tous et a toutes! Je voulais ecrire 'le chemin est long', mais en fait ce n'est meme pas ca - au vu du dernier paragraphe ci-dessus, le chemin est sans fin, donc il ne faut juste penser qu'au moment present et penser a la petite marche qu'on est en train de gravir, ou le pont qu'on est en train de traverser. C'est tres dur a faire mais ca apporte plus de serenite au long terme, j'en suis convaincue.

[/quote]

"Un jour à la fois", c'est exactement ça! Commencer à vivre maintenant, et pas "quand j'aurai maigri, quand je n'aurai plus de compulsion, quand j'aurai réglé mes problèmes" etc... C'est ça le début de l'acceptation yes
Mais non, le chemin n'est pas forcément sans fin, justement si tu arrives à lâcher prise tu verras que petit à petit les choses bougeront et d'autres schémas se mettront en place... Pour cela il faut que tu acceptes de regarder en face tes schémas d'aujourd'hui, tout ça avec bienveillance, indulgence.

savylaeti.
Abonné

Danseuse37, je suis d'accord, il n'est pas sans fin tel qu'il est aujourd'hui - il evolue, il change pour le mieux, mais il est tout de meme sans fin... sans fin de maniere positive, pas negative, j'entendais!

Mes schemas d'aujourd'hui: le perfectionnisme et les angoisses liees au futur. J'essaie d'etre bienveillante... dur dur quand les demons m'attaquent, comme ils viennent de le faire pendant 3 jours! Le truc bien c'est que je n'ai pas trop mangé - je pensais que j'allais m'enfermer avec mes Magnum et mes biscuits, mais non, j'ai meme reussi a me dire au dejeuner que finalement, je n'avais plus faim, donc je mangerais mon Magnum plus tard. Resultat: 2 Magnum le soir, mais c'est tout! GROS progres, d'autant plus que je n'avais pas eu de 'crise' comme cella-la depuis DES MOIS! Donc oui les choses bougent, mais qd on est en crise, il semble que rien n'a bougé et qu'on en est au meme point qu'il y a 10 ans. Or bien sur ce n'est pas vrai! N'empeche que le chemin est sans fin - c'est la vie, un long chemin, avec les memes crises qui reviennent, mais changees, plus courtes, differentes, apprehendees differemment.

Heureusement!!

Alors courage a tous et a toutes!

danseuse37.
Abonné

[quote=savylaeti]

Donc oui les choses bougent, mais qd on est en crise, il semble que rien n'a bougé et qu'on en est au meme point qu'il y a 10 ans. Or bien sur ce n'est pas vrai! N'empeche que le chemin est sans fin - c'est la vie, un long chemin, avec les memes crises qui reviennent, mais changees, plus courtes, differentes, apprehendees differemment.

[/quote]

Je suis d'accord avec toi, quand on est en crise on a l'impression que rien n'a changé! On se dit "merde je sais pourquoi je mange, je sais comment éviter de le faire, et je ne le fais pas! Pourquoi??" Mais avec le temps je te promets que même ce discours intérieur changera wink Tu les "dédramatiseras" ces crises (attention, je ne dis pas qu'il y en auras plus du tout, mais tu les verras autrement!). C'est la vie, oui, qui est un long chemin, et tout au long de ce chemin tu appréhenderas ta relation avec la nourriture de façon de plus en plus légère. Mais c'est clair que ce ne sera pas du jour au lendemain et que le temps nécessaire dépend de chacune d'entre nous! Mais tu pourras savourer chaque petite victoire, au jour le jour, et finalement c'est tout aussi important que d'avoir l'impression d'avoir gagné la guerre smiley

capuccino
Marraine

Si je me pose des questions sur l'après c'est aussi parce que j'ai fait le bilan de l'avant et si vous saviez combien les remords me hantent. remords vis à vis de mon mari essentiellement à qui j'ai imposé tous mes comportements stupides (pour être polie), toutes mes angoisses, toutes mes crises quasi hystériques pour un petit pois de trop dans mon assiette. J'ai des remords pour lui avoir volé les années de vie communes où je cherchais à lui offrir quelque chose dont il ne voulait pas forcément, qu'il ne m'a jamais demandée. J'ai des remords de ne pas avoir su vivre pleinement les moments magiques qu'il m'a offerts tout au long de notre vie commune et de lui avoir gâché trop souvent son plaisir, tout ça parceque j'étais engluée dans mes histoires de bouffe, de poids...

Aujourd'hui, je pense que mon mari est malade et qu'il me cache une partie de la gravité de sa maladie, pour me protéger.

Le plus c... dans l'histoire, c'est que je suis susceptible d'aller mieux comme il le souhaitait tant et qu'on en profitera peut-être pas ensemble.

Alors cette question angoissante de l'après, elle était peut-être pas trop destinée à l'après LC

yanaelle.
Abonné

Elle va plus loin que LC ta question, effectivement...

ça ne t'aidera pas forcément, mais ici en ce moment, j'ai une phrase qui tourne en boucle "le bonheur c'est maintenant".

Nous faisons tous des erreurs, une erreur, on réalise, on s'excuse, on avance.

Il t'aime, t'as aimé, t'aimeras, toi, avec tes problèmes, personne ne le forçait à rester, il l'a fait par amour.

Est ce que, aujourd'hui, le plus important ne serait pas d'être heureuse aujourd'hui ?

Pas demain, pas hier, mais aujourd'hui ? De profiter un maximum de lui, d'essayer d'être dans le présent et pas dans le passé ni le lendemain ?

C'est facile à dire, je le sais, moi même je me prend à angoisser, sur le passé, sur le futur, et ça me prend une énergie dingue de me recentrer sur le présent, et de trouver quelque chose qui me fasse dire "le bonheur c'est maintenant"

Le bonheur c'est maintenant, même avec le chauffage qui tombe en panne le week end le plus froid depuis 1957, le bonheur c'est maintenant même avec les 2 enfants qui ont la varicelle, qui nous empêchent de dormir...

Accepter les émotions négatives et positives, d'hier, de demain, d'aujourd'hui, mais avec toujours en fond sous jacent que c'est maintenant qui est important.

C'est l'effet en fait qu'à eu la RPC sur moi, tout d'un coup je n'étais plus intéressée par demain, je l'étais par aujourd'hui. Mais force m'est de constater que depuis que je prend un jour à la fois, je suis réellement bien mieux et que les coups durs me touchent moins qu'avant.

G.Apfeldorfer
Votre coach

Ah, que je suis heureux de voir débarquer cette question sure ce forum. C’est la preuve évidente de vos progrès, capuccino et les autres !

Vous entrevoyez le début de la fin. Vous constatez que les régimes, les préoccupations alimentaires ont envahi pendant des années, peut-être des décennies pour certains, leur existence, que les préoccupations de contrôle alimentaire sont devenues à la longue un mode de vie, le but de la vie.

Et maintenant, vous entrevoyez le moment où manger va se résumer à un plaisir simple, qui n’occupe qu’une faible partie du temps. Les obsessions alimentaires disparaissent, on n’est plus focalisé sur ce problème.

Et après ?

Une sorte de post-partum blues, en quelque sorte. D’angoisse du vide. D’angoisse de savoir qui on est, si on n’est plus cette personne qui veut maigrir, qui veut contrôler son comportement alimentaire, qui rêve de l’avenir. Voilà que l’avenir est là, et qu’après avoir tant rêvé de ce moment, on ne sait plus très bien par quel bout le prendre.

Il y a le poids de tous ces rêves de « quand je serai mince ». Je ferai ceci et cela… Et là, on est au pied du mur ! Quelle tentation c’est, parfois, de regrossir, de replonger dans son cycle maigrir-grossir. C’est si simple, si déresponsabilisant.

Il y a aussi les regrets. Et si je n’avais pas perdu tout ce temps-là ? Et si je n’avais pas eu ce problème-là ? Qu’aurais-je fait, que serais-je devenu(e) ? Comme il est tentant de reconstruire le monde a posteriori ! Sans doute aurais-je été autre que la personne que je suis, certes. Mais voilà, je suis moi, et les épreuves traversées me constituent.

Je suis d’accord avec vous savylaeti, quand vous dites qu’il n’y a pas un avant et un après, un avant où on règle les problèmes et un après où ils sont réglés et où on est une personne nouvelle. Ce n’est pas ainsi que va la vie. Cette bataille conduite toutes ces années, c’est vous, cela vous constitue. Vous êtes sur le chemin durant ces années où vous avez bataillé avec votre poids et votre comportement alimentaire. Et puisque vous trouvez le moyen de rompre le cycle de la reproduction, vous pouvez être fière/fier de cette conquête. Vous pouvez poursuivre le chemin.

Cependant, rien n’est jamais « fini » et même si les problèmes alimentaires cessent d’être sur le devant de la scène, on garde de ces années une sensibilité particulière, de même que la personne qui a fait un jour une fièvre de paludisme aura tendance à reproduire le même type de fièvre lorsqu’elle aura la grippe.

Pour tous ceux qui n’ont pas le sentiment de voir le bout du tunnel pour le moment,, cela signifie aussi qu’il ne s’agit pas d’attendre que « tous les problèmes soient réglés » pour vivre le moment présent, du mieux que l’on peut, en tenant compte de ses valeurs fondamentales.

Le bonheur c’est maintenant, dit yanaelle. Personnellement, je dirais plutôt, la vie, c’est maintenant. Heureuse ou malheureuse. Avec des joies et avec des douleurs. Acceptons se qui se présente.

Merci à toutes et tous pour ce fil de discussion.

savylaeti.
Abonné

Quelle belle et encourageante réponse, Dr Apfeldorfer! Oui, nous avons toutes fait un bon bout de chemin et réalisons à quel point nous avons passé/transformé/limité notre vie autour de nos comportements alimentaires. Oui c'est triste, mais oui oui oui, c'est cela qui fait que nous sommes "nous", cela fait partie de notre parcours, de notre vie. De là vont découler plein de choses qui nous caractérisent NOUS. Peut-être deviendrons-nous diététiciennes et ferons-nous partie du G.R.O.S., par exemple, et aiderons-nous des centaines de personnes qui sont comme nous/comme nous l'avons été? Peut-être que grace a tous nos efforts nos enfants ne reproduiront pas nos 'betises'. Nous pouvons etre fier(e)s de faire partie de cette revolution - PLUS DE REGIMES!!!

Il y a eu recemment a Londres une manifestation contre les regimes et un panel de gens a ete interviewe au Parlement pour parler des effets nefastes des regimes sur l'image corporelle. J'espere qu'ils arriveront en France aussi (j'habite en Angleterre), cette manifestation, ces questionnements...

Merci Docteur pour vos encouragements et votre reponse!

Savylaeti

louloute2110.
Abonné
Bonjour, je suis d'accord avec vous toutes sur le fait que oui c'est dur ce qu'on sera sans ces fichues EME, sans ce poids si tant est qu'on le perde mais surtout je suis d'accord avec le fait qu'on doit vivre MAINTENANT "carpe diem", a vivre dans le futur, a attendre que demain sera peut etre meilleur on en oubli d'ETRE la maintenant aujourd'hui avec nos qualités, nos defauts, nos sentiments peurs et angoisses et en plus on a encore plus d'angoisses liées a demain ! du coup on passe a coté de sa vie finalement a vouloir mieux, le mieux reste d'accepter ce que l'on est aujourd'hui en essayant d'etre meilleur demain certes, mais en ce concentrant sur le présent, sans ruminer le passé, accepter qu'on ai fait des erreurs qui nous ont construites, qu'on a surmonter des epreuves dont on ne se serait peut etre même pas cru capable, qu'on a ri, pleurer, aimer et qu'on peut continuer a le faire maintenant avec la personne que l'on est et pour ca peut etre faut-il commencer par nous aimer un peu, ou au moins nous accepter comme on est savoir nous positionner en tant qu'individu a part entiere avec faiblesses et forces.... les mangeurs regulés ont eux aussi leurs faiblesses, leurs forces, en quoi sommes nous différents et en quoi seront nous diférents demain avec moins de graisses, moins de pensées dirigées vers la nourriture ? eh bien a mon avis nous serons les mêmes puisque ce sont nos etapes de vie qui nous ont construits avec une sensibilité peut etre plus fort, mais nous seront toujours NOUS, alors la personne qu'on est et que parfois on deteste aujourd'hui merite bien d'etre accepter, cajoler pour continuer sa vie du mieux possible en vivant et s'acceptant maintenant on fera de nous des personnes encore plus belles que nous ne le sommes.... l'après n'existe pas il y a maintenant !
Labrador.
Abonné

Bonjour,

à vous lire, une grande bouffée de joie m'envahie. Oui la vie c'est aujourd'hui. Oui il faut en profiter.

A nous de la rendre la meilleure possible.

Merci pour ces messages.

MelleZebre.
Abonné

Rien à rajouter, si ce n'est que vous êtes toutes fantastiques. Ce forum est tellement enrichissant, humainement, malgré la barrière de l'écran. Le présent aujourd'hui, c'est toutes ces belles personnes, vous, qui cogitent, s'entraident, avancent et font que l'être humain est parfois une bien belle chose. Ca apporte pas grand chose à la discussion, mais vous lire m'a émue et je tenais à le dire. 

 

Merci à vous.laugh

MelleZebre.
Abonné

Rien à rajouter, si ce n'est que vous êtes toutes fantastiques. Ce forum est tellement enrichissant, humainement, malgré la barrière de l'écran. Le présent aujourd'hui, c'est toutes ces belles personnes, vous, qui cogitent, s'entraident, avancent et font que l'être humain est parfois une bien belle chose. Ca apporte pas grand chose à la discussion, mais vous lire m'a émue et je tenais à le dire. 

 

Merci à vous.laugh

MelleZebre.
Abonné

Rien à rajouter, si ce n'est que vous êtes toutes fantastiques. Ce forum est tellement enrichissant, humainement, malgré la barrière de l'écran. Le présent aujourd'hui, c'est toutes ces belles personnes, vous, qui cogitent, s'entraident, avancent et font que l'être humain est parfois une bien belle chose. Ca apporte pas grand chose à la discussion, mais vous lire m'a émue et je tenais à le dire. 

 

Merci à vous.laugh

MelleZebre.
Abonné

Euh je bugge un peu aujourd'hui, désolée pour le triolet.

 

 

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