Le farniente ? bon ou mauvais ? - 13102012

Sylvie75.
Abonné

Bonjour chers docteurs et bonjour à tous ceux qui voudront intervenir sur ce fil,

Ma question vient de cette réponse du quizz.... que j'ai trouvé lumineuse !

[quote]S’occuper l’esprit en travaillant, en ayant des loisirs actifs, en faisant du sport, en étant toujours de sortie, en parlant à ses amis, en regardant la télévision, a ses limites et nos pensées et nos émotions finissent toujours par nous rattraper. Ne pas ressentir d’émotion négative n’est tout simplement pas possible. Avoir une meilleure tolérance émotionnelle, c'est-à-dire savoir prendre du recul par rapport à ses pensées et ses émotions permet de ne plus avoir besoin de répondre à ses problèmes en mangeant.[/quote]

A une époque où j'allais très mal, j'étais "internet addict".

Mes journées et mes nuits (j'étais en arrêt longue maladie pour dépression), étaient "comblées" par internet. A peine si je levais le nez de mon intense activité de jeux en ligne ou de discussions enflammées sur des forums politiques, vers 20H, car mon estomac criait famine, violemment (après quasi 24H sans manger)...

Là, je sortais m'acheter un bon frites kebab et une grosse boîte de biscuits au chocolats, que j'avalais goulûment.

A ce régime pendant un an, j'ai bien pris 20 ou 30k... et pourtant, la nourriture était bien le cadet de mes soucis... Paradoxal hein ?

 

Bon ceci dit, à cause de cette période, j'avais cru que j'aimais ne rien faire. Et je m'aperçois avec vos explications que je jouais compulsivement, je surfais sur le web compulsivement, je me recréais un ersatz de vie virtuelle ultra dynamique... pour emplir l'angoisse du vide que je ressentais à l'époque : en effet, je changeais de métier du tout au tout à 40 ans, et j'avais sacrément le vertige. Aujourd'hui, il s'avère que ça a été un des meilleurs choix de ma vie et je fais enfin le métier que j'aime.  Cela m'a réconforté avec l'idée qu'une période vécue comme un échec intense est a posteriori une période de révolution qui permet toutes les transformations.

Etait-ce du farniente ? Etait-ce de l'hyper activité ? Je n'arrive pas à trancher du coup...

Commentaires

Sitâ.
Abonné

Pour avoir passé moi-même une part non négligeable de ma vie en ligne, et de cette même façon compulsive, je te réponds sans hésiter que le geekage intensif n'est pas du farniente. Pas plus qu'un trip après une prise de drogue.

Certes, tu ne "fais rien" si on veut, dans le sens rien de tangible ou de productif, mais ton esprit est sollicité en permanence. A aucun moment tu n'as de place pour ce qui vient de toi, comme le prouve très bien ton exemple de ventre qui a besoin de hurler à la mort pour que tu l'entendes. Dans ces moments-là, tu es toute entière tournée vers ce que tu reçois de l'écran.
Dans le farniente au contraire, il y a une notion d'arrêt sur soi, de prendre le temps de se sentir vivre. C'est exactement, à mon sens, l'inverse de combler le vide par une activité permanente (et parfois -souvent- inutile). Je crois qu'à cette période, au contraire, "ne rien faire" t'aurait sérieusement mise face à toi-même... et je ne suis pas sure que tu aurais aimé ça. Pour ma part, j'aurais détesté :p

Tu as essayé, depuis, de "farniente" ?

lorraine
Marraine

Bonjour Sylvie 75,

Tout ce qui est ou ressemble à de l'addiction (au jeu, au travail...) c'est à dire quelque chose qui prend toute la place dans nos journées, dans nos préoccupations,  nous sert d'anesthesiant à nos émotions. On ne ressent plus. On fait .

On est dans le mode FAIRE complètement "scotché" à son activité ne laissant aucune place à nos sensations corporelles et émotionnelles.

L'idéal est d'être dans le mode ETRE, être relié à soi même, à ce qu'on fait, le plus possible dans l'instant,  savoir pauser, se poser, pour s'observer et continuer ,autrement éventuellement.

 

Le farniente , je l'entends comme "prendre son temps à ce qu'on fait"  ou être statique à un endroit, être calme  Peut -il devenir ou être confondu ou assimilé  avec de la procrastination ?

L'hyperactivité je le relie plus à quelqu'un qui ne s'arrête jamais,qui ne se pose jamais ou alors contraint et forcé,  toujours en mouvement enchaînant les  activités en tous genre les unes après les autres.

 

Tu écris : "........pour emplir l'angoisse du vide que je ressentais à l'époque : en effet, je changeais de métier du tout au tout à 40 ans, et j'avais sacrément le vertige......"

Tu emplissais l'angoisse du vide ou tu calmais (ou endormais ) pour ne pas la ressentir l'angoisse ou l'appréhension générée  (normale en période de changement, on a peur de ce qu'on ne connaît pas) par le changement  de métier ?

Sylvie75.
Abonné

Merci de vos réponses, mesdames.

J'avais peur, une peur vertigineuse, que je m'avouais à peine. Je me disais "Au pire, je finirai RMIste." Car je savais ce que je fuyais, mon ancien métier affreusement anxiogène et de moins en moins gratifiant d'enseignante d'anglais en lycée professionnel, mais je ne savais pas pourquoi je choisissais l'informatique. Ca ressemblait furieusement à un caprice. 7 ans après, je me dis que c'est comme si j'avais été exprès vers un métier opposé à tous points de vue de l'ancien : l'informatique, c'est très technique, le relationnel était bien plus réduit, et où la réflexion logique était très exigeante. C'était également fait pour moi, pour me rassurer car la logique, c'est solide et ça ne suit pas les hauts et les bas émotionnels. Ca me repose émotionnellement, et ça me satisfait intellectuellement. Ca m'a pris 2 ans d'étude (terrible de subir des sales notes parfois quand on est plus vieux que son prof), ça m'a coûté des échecs, la peur intense de tout rater et... de ne pas vouloir, de ne pas pouvoir retourner prof. (plutôt RMIste que prof, j'en étais là).

Alors oui, manger, en plus de prendre un anti-dépresseur, en plus de prendre un anxyolitique quand tout ça ne suffisait pas, ça me permettait de tenir.

Aujourd'hui, je suis passée à une période de ma vie très simple et très heureuse. A mon nouveau boulot (qui me convient donc), j'ai rencontré l'amour de ma vie (à 43 ans). Double ration de bonheur... Hier, on a ri avec mon chéri. Je lui disais "Si tu devais noter sur 20 ton bonheur aujourd'hui ?" Lui 19, moi 18... Lol...

J'ai toujours mes 30 ou 40 kilos en trop, mais avec ce site, que j'appelle la clinique virtuelle, et cette période heureuse de ma vie (pourvu que ça dure !), je sens que je suis sur la bonne voie pour me débarrasser de mes mauvaises habitudes, et probablement de la plupart de mes kilos en trop, peu importe si ça prend du temps, j'en ai ! Je me dis souvent en ce moment que dans bien des domaines, mon corps sait mieux que ma tête ce qui est bon pour moi. Donc me mettre à l'écoute de ce corps, ça paraît de bon sens.

Savi.
Abonné

J'ai toujours mes 30 ou 40 kilos en trop, mais avec ce site, que j'appelle la clinique virtuelle, et cette période heureuse de ma vie (pourvu que ça dure !), je sens que je suis sur la bonne voie pour me débarrasser de mes mauvaises habitudes, et probablement de la plupart de mes kilos en trop, peu importe si ça prend du temps, j'en ai ! Je me dis souvent en ce moment que dans bien des domaines, mon corps sait mieux que ma tête ce qui est bon pour moi. Donc me mettre à l'écoute de ce corps, ça paraît de bon sens.

Sylvie, te lire me fait du bien! C'est un beau témoignage! Merci de le partager. En effet, tu as le temps, et tu prends la bonne direction en écoutant ton corps.

Bravo!

J'aime aussi ce que tu dis de l'épisode dépressif que tu as traversé, comme si ça avait été une étape nécessaire dans ta vie.

Mon mari est en pleine dépression, depuis mars ... Je n'en ai pas encore parlé ici, car c'est difficile pour moi d'exposer cette tranche de ma vie ... J'espère de tout mon coeur que pour lui aussi, cette étape de sa vie va lui permettre de rebondir vers une autre, où il se sentira à sa place ...

Je sais dans mon coeur et dans ma tête que toute difficulté, tout point de rupture, toute souffrance EST un levier vers autre chose, mais c'est pas évident de l'appréhender au qotidien quand je vois mon mari qui ne s'en sort pas.

Je me dis que si j'ai fini par m'inscrire ici, c'est sans doute en partie parce qu'il va mal. Car je me dis que moi, je dois tenir le coup, et que pour cela, il faut que je me sente le mieux possible ...

Tes mots m'ont apporté du réconfort, merci!

mims68.
Abonné

En réponse à Savi, je suis tout à fait d'accord avec les posts précédents cheeky

Le temps est primordial, on doit respecter son rythme, avancer doucement mais sereinement en intégrant et digérant chaque étape, pourvu que le corps et l'esprit ne fassent plus qu'un et que la symbiose opère.....

J'ai, tout comme toi Savi, eu un mari dépressif et bien malade pdt des années, c'est je pense, et j'en suis même certaine, LA raison principale de mes fluctuations pondérales (d'abord amaigrissement et soucis de santé car la situation était difficile à vivre, et je venais d'avoir ma fille) puis lorsque la situation  s'est améliorée, j'allais mieux et il y a eu des suites à nouveau catastrophiques et là, je me suis réfugiée dans la nourriture, ne sachant plus à quel saint me vouer .....

Bref, je me suis mise entre parenthèses si longtemps qu'il m'a fallu me secouer et réagir, à présent, ce site me convient bien, je m'écoute enfin, je me réapproprie mon corps, ma t^ete, j'aime ce forum auquel je n'ai d'ailleurs jamais participé avant, j'aime ce soutien, les coachs, l'esprit etc....

Bref, heureuse d'être là et avec vous , au plaisir, wink

Pomdereinette.
Abonné

Pfff... ça a bugué.

Bon, je me demandais si, à un moment ou un autre, tout un chacun ne finit pas par passer par une phase de "passage à vide" nécessaire pour mieux prendre sa vie en main plutôt que suivre des rails préétablis. Et Dieu sait combien ça n'est pas confortable (j'ai connu aussi...)  !

Ensuite, en vous lisant, je m'interrogeais aussi sur nos attitudes quand le conjoint dégringole. Je suis passée par la phase chercher des solutions à sa place (si évidentes quand il s'agit d'autrui ! ), le ras-le-bol (jusqu'à envisager de le quitter), et là, avec le travail effectué ici, c'est plutôt tenter autant que possible de lui laisser (ou lui rendre) sa place de père et époux responsable, et gérer tout seul son vide intériur. Même si...

Gérard Apfeldorfer ancien
Votre coach

 

Bonjour à toutes et à tous.

Je lis ce fil de discussion avec beaucoup d’intérêt. Je vous en remercie. Tout est dit !

Ma foi, j’attends la suite !

Sitâ.
Abonné

Mais docteur, si tout est dit...

(Cette intervention parfaitement inutile vous était offerte par Sitâ. Sitâ, premier producteur français de flood !)

mims68.
Abonné

blush...      cheekycheekycheekycheekycheekycheekycheeky.... !!!

lorraine
Marraine

Bonsoir Docteur Apfeldorfer et tout le monde,

Merci Docteur de l'intérêt porté à nos posts et tant mieux si vous les estimez complets...Vous nous ferez profiter de vos apports de connaissance une autre fois...smiley

J'ai bien rigolé avec Sita et Mims car c'est vrai que quand tout est dit, tout est dit ! winkcheeky

Mais on sait aussi aussi que chaque réflexion en amène une autre.....et c'est comme ça que je vais "rebondir" sur le post de Pommedereinette.

Bien cordialement,

Lorraine/Fabienne

lorraine
Marraine

Oui Pommedereinette, ton post m'inspire les choses suivantes :

"Bon, je me demandais si, à un moment ou un autre, tout un chacun ne finit pas par passer par une phase de "passage à vide"

Je ne sais pas ce que tu entends exactement par "passage à vide"...si c'est tels que décrits dans les premiers posts , non je ne pense pas. Tout le monde ne passe pas par des périodes d'addiction à un Objet (jeu, travail, sexe, drogue, alcool....) où plus rien ne compte à part cet Objet, où toute la vie tourne autour de cet Objet....Sans, d'ailleurs qu'il y ait forcément une réelle prise de conscience de cette  addiction et de ses conséquences et une "volonté" qui permettraient de réagir et avancer...

Ni même les dépressions, tout le monde ne traverse pas une dépression dans sa vie, et, il y a plusieurs types de dépression plus ou moins graves.

Après, les périodes de vie de "flottement", pas très sereines car pas toujours en accord avec les choix de vie affectifs ou professionnels...Oui... et mieux prendre sa vie en main  après une prise de conscience, des questionnements sur ses doutes, ses souhaits, oui.....J'en ai connu quelques unes en 51 ans !.....

"....je m'interrogeais aussi sur nos attitudes quand le conjoint dégringole"

Si mon conjoint devait tomber malade je serai à ses côtés J'espère que j'en aurai la force comme Savi, Mims (je crois ne pas me tromper de personnes) . D'ailleurs, j'espère bien (et je pense) qu'il en fera autant pour moi ...

Je me dis aussi que on est pas "que malade", ce n'est qu'une caractéristique de la personne....Elle en a d'autres des caractéristiques à prendre en compte dans la relation , celles qu'elle a toujours eues et celles qui apparaissent avec la maladie.....

 

Dans une autre vie, je rencontrais des hommes en difficulté//travail en particulier et vis à vis d'eux je me situais en Sauveuse (ce n'était pas autant conscient à ces moments là) moi qui travaillais. D'une manière générale, j'aimais qu'on ait besoin -besoin "vital"- de moi ....(reconduction parentale) Quand je parlais de périodes de flottement plus haut, ce type de moments en font partie. Maintenant, les gens avec beaucoup de problèmes très compliqués  -sauf sur mon lieu de travail- je n'en croise plus sur ma route....

 

Bon, voilà pour aujourd'ui

Bonne nuit Pommedereinette, bonne nuit à tous

Lorraine

 

 

 

celisaone.
Abonné
Coucou, J'adore ton humour Sitâ, et je suis d'accord pour dire que le geeking n'est pas du farniente. Je suis la pro du farniente depuis que ma psy, membre du GROS d'ailleurs, m'a appris à ne rien faire. Les personnes qui n'ont pas connu la dépression sont finalement moins riches. Le dépression nous amène à découvrir beaucoup de choses sur nous et notre entourage, que l'on n'aurait peut-être pas vues autrement. On dit "ma" dépression, presque avec tendresse, alors que c'est une grande souffrance. On croit que ça ne s'arrêtera jamais, et quand c'est loin, c'est le bonheur, le temps du farniente, quoi !
Bèlilé.
Abonné

Au sujet des addictions, moi j'ai presque envie de dire que la dépendance affective est une addiction comme une autre. Sauf qu'elle est beaucoup plus sournoise parce que justement beaucoup plus fréquente, conventionnelle et même valorisée socialement. Elle se pare alors de merveilleux atours: Romantisme, dévouement, amour, générosité, devoir...
Mais n'est elle pas dans bien des cas le meilleur moyen d'échapper à soi même ?...En s'étourdissant à se questionner sur les autres.
C'est actuellement ma petite remise en question à moi...et comme toi à une époque Sylvie, je me pose des questions sur mon choix professionnel  et mes désirs profonds.
Pas confortable c'est vrai, mais comme vous je pense que ça peut parfois être nécessaire.
 

maligne.
Abonné

[quote=Sitâ]

Pour avoir passé moi-même une part non négligeable de ma vie en ligne, et de cette même façon compulsive, je te réponds sans hésiter que le geekage intensif n'est pas du farniente. Pas plus qu'un trip après une prise de drogue.

Certes, tu ne "fais rien" si on veut, dans le sens rien de tangible ou de productif, mais ton esprit est sollicité en permanence. A aucun moment tu n'as de place pour ce qui vient de toi, comme le prouve très bien ton exemple de ventre qui a besoin de hurler à la mort pour que tu l'entendes. Dans ces moments-là, tu es toute entière tournée vers ce que tu reçois de l'écran.
Dans le farniente au contraire, il y a une notion d'arrêt sur soi, de prendre le temps de se sentir vivre. C'est exactement, à mon sens, l'inverse de combler le vide par une activité permanente (et parfois -souvent- inutile). Je crois qu'à cette période, au contraire, "ne rien faire" t'aurait sérieusement mise face à toi-même... et je ne suis pas sure que tu aurais aimé ça. Pour ma part, j'aurais détesté :p

Tu as essayé, depuis, de "farniente" ?

[/quote]

 

Bonjour Sità,

j'apprécie beaucoup ton style. Je suis tout à fait d'accord avec le farniente, mais pour du plaisir : être dans sa tête, dans son corps: moi je fais du farniente en me peignant le ongles des pieds en hiver, où personne ne les voit. J'adore, c'est une détente énorme, un vrai acte de zénitude, de frotter et poncer des surfaces de quelques millimètres. Mais ne rien faire pour être face à soi même, si ça n'apporte pas du plaisir, je ne veux plus, ça me rappelle trop les milieux protestants (à culture protestante, pas croyante)je fréquente contre mon gré, pusique j'habite la cité de Calvin t le plaisir gratuit est officieusement proscrit. J'avais un collègue mort du cancer.Ses dernières semaines, les infirmières et psys de tout bord l'incitaient à "vivre" sa mort, à faire le deuil de lui même. Il a préféré se bourrer de morfine, et mourir sans se poser de questions existentielles. Le face à face, ne doit pas devenir une séance de masochisme, à mon sens, où on ressasse "je suis gros", pourquoi ai-je mangé ce saint honoré. Ce qui ne fait pas plaisir n'est pas souhaitable, à mon sens.

Isa24.
Abonné

Bonjour Sylvie,

Pour moi farniente est synonyme de plaisir : cela veut dire, prendre du temps pour soi, pour réfléchir, pour admirer un paysage ou un feu de bois. C'est plutôt un étât contemplatif. Sans doute parce que je suis assez solitaire et que j'ai besoin de me retrouver seule avec moi même de temps en temps. Le tourbillon d'activité ou de monde, sans aucune "respiration" me donne facilement l'impression de me perdre.

BaumeduTigre.
Abonné

Merci pour cette rigolade virtuelle (qui a débordé jusque dans le réel) Sîta, et Dr Apfeldorfer ! laughlaughlaugh

 

Le farniente est une forme de RPC avec plaisir non ? D'être là sans compromis avec quiconque que soi, dans une délectation de ce qui est ?

Cela permet un espace juste pour faire évoluer des parties de soi qui ont besoin de se transformer, de grandir, ou juste d'être considérées ?

Pour avoir expérimenté l'addiction "amoureuse", je reconnais également que c'était une façon de nier bien des choses dans ma vie qui ne me convenaient pas à l'époque, mais cela m'a aussi permis de regarder de plus près - et à mon rythme  - ce que je projetais dans cette addiction et de considérer tout cela avec mon regard à moi - de (re)trouver qui je suis, avec l'aide d'un thérapeute efficace - pas toute seule ! Cela a été une période douloureuse et incompréhensible car j'étais dans un état de "subir". Et cela m'a obligé à changer et à grandir, en quelque sorte à me recentrer depuis la personne que je suis.

Je profite de vos interrogations pour avancer ma propre pensée sur cette période dont je ne parle jamais. Je ne sais si cela aidera quelqu'un, en dehors de moi cheeky

BaumeduTigre.
Abonné

Au passage, Sîta, merci pour ta jolie photo !

Bèlilé.
Abonné

Moi ça m'aide Baumedutigre

Merci :-)

Gérard Apfeldorfer ancien
Votre coach

 

Sylvie75, citation d’un quizz : Ne pas ressentir d’émotion négative n’est tout simplement pas possible. Avoir une meilleure tolérance émotionnelle, c'est-à-dire savoir prendre du recul par rapport à ses pensées et ses émotions permet de ne plus avoir besoin de répondre à ses problèmes en mangeant.

A une époque où j'allais très mal, j'étais "internet addict". (…) A ce régime pendant un an, j'ai bien pris 20 ou 30k... et pourtant, la nourriture était bien le cadet de mes soucis... Paradoxal hein ?

Bon ceci dit, à cause de cette période, j'avais cru que j'aimais ne rien faire. Et je m'aperçois avec vos explications que je jouais compulsivement, je surfais sur le web compulsivement, je me recréais un ersatz de vie virtuelle ultra dynamique... pour emplir l'angoisse du vide que je ressentais (…)

Sitâ : Pour avoir passé moi-même une part non négligeable de ma vie en ligne, et de cette même façon compulsive, je te réponds sans hésiter que le geekage intensif n'est pas du farniente. Pas plus qu'un trip après une prise de drogue.

Certes, tu ne "fais rien" si on veut, dans le sens rien de tangible ou de productif, mais ton esprit est sollicité en permanence. A aucun moment tu n'as de place pour ce qui vient de toi (…) Dans le farniente au contraire, il y a une notion d'arrêt sur soi, de prendre le temps de se sentir vivre. C'est exactement, à mon sens, l'inverse de combler le vide par une activité permanente (…)

Lorraine : Tout ce qui est ou ressemble à de l'addiction (au jeu, au travail...) c'est à dire quelque chose qui prend toute la place dans nos journées, dans nos préoccupations,  nous sert d'anesthesiant à nos émotions. On ne ressent plus. On fait .

On est dans le mode FAIRE complètement "scotché" à son activité ne laissant aucune place à nos sensations corporelles et émotionnelles.

L'idéal est d'être dans le mode ETRE, être relié à soi même, à ce qu'on fait, le plus possible dans l'instant,  savoir pauser, se poser, pour s'observer et continuer ,autrement éventuellement. (…)

Le farniente , je l'entends comme "prendre son temps à ce qu'on fait" (…)

Mims68 : Le temps est primordial, on doit respecter son rythme, avancer doucement mais sereinement en intégrant et digérant chaque étape, pourvu que le corps et l'esprit ne fassent plus qu'un et que la symbiose opère..... (…)

 

Je persiste et signe !

Merci pour ces posts. Je ne saurais mieux dire. Ne ressort-il pas de tous ces posts que lorsqu’on cherche à fuir des pensées, des émotions pénibles, on en est soulagé à (très) court terme, mais qu’à moyen et long terme, on développe une addiction qui ne fait qu’ajouter des problèmes aux problèmes ?

On peut ainsi devenir addict à Internet, ou aux séries télévisées, ou au travail, ou au sport (que l’on pratique alors sur le mode compulsif), aux achats frénétiques, et ainsi de suite. Ce qu’on appelle aujourd’hui les addictions comportementales.

Ces addictions soulagent-elles de l’addiction à la frénésie alimentaire ? Que nenni, elles s’y superposent et entretiennent le système addictif.

Le contraire de la frénésie est-il donc de « ne rien faire » ? Tout dépend de ce qu’on entend par là. Ne rien faire d’utile ? ne rien faire du tout ? Et quand on « ne fait rien », que fait-on en réalité ? Que fait notre esprit ? Est-il accaparé par des stimuli externes, ou bien est-on dans le mode ÊTRE, comme le pointe si bien Lorraine ? A-t-on fait mentalement ce pas en arrière, qui nous permet de nous placer en position d’observateur de nous-même, de nos processus mentaux ? Dans ce cas, on fait ce constat : « je » est celui qui observe les pensées, les émotions, les sensations, et n’est pas ces pensées, émotions, sensations. « Je » est ce qu’on peut appeler la conscience, une conscience qui reste toujours la même, de l’enfance à la mort, tandis que pensées, émotions, sensations, corps, tout cela ne cesse de changer.

Est-ce cela, le farniente ? Je ne le pense pas, car la pleine conscience demande de l’attention, de l’éveil, alors que le farniente évoque plutôt l’assoupissement.

On peut aussi remarquer que la définition de Descartes, qui a tant marqué notre pays, ne colle pas avec cette vision : ce n’est pas le « je » qui pense, en tout cas pas celui est « est ». Comme le disait Lacan : là où je pense, je ne suis pas, là où je suis, je ne pense pas.

D’un autre côté, « être » ne peut se concevoir sans rien « faire ». La vie est faite d’engagements, d’actions. Une vie qui en vaut la peine, qu’est-ce donc sinon une vie où on s’implique, où on agit pour faire des choses qui donnent du sens à l’existence ? Le fameux « bonheur » qu’on nous vante tant n’est-il pas cela en définitive : avoir une vie riche, pleine de sens, tout en acceptant la douleur qui immanquablement l'accompagne (Russ Harris)?

Accepter les douleurs de la vie, sans les fuir, permet de s’impliquer dans des choses qui en valent la peine, qui ont du sens à nos yeux. Tout le contraire de l’addiction, à Internet ou autre, qui ne sont que des bouche-trous et autres passe-temps.

Comme quoi, vous pouvez le constater, je vous en ai écrit une tartine, mais sans rien dire de plus que ce que vous avez déjà dit. 

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