C'est quoi, ce sentiment de vide ? - 08102012

Cara.
Abonné

Bonjour Docteurs,

Depuis très longtemps, depuis mon entrée dans l'âge "adulte" je dirais, j'ai un sentiment de vide, d'inachevé.

Il y a les périodes où la priorité est terre à terre, comme trouver ou garder un travail, lutter contre une maladie, ou déménager, ce genre d'impératif immédiat. Je suis alors dans le moment et l'urgence du présent, et où ce sentiment me quitte, mais dès que la vie redevient "tranquille", cela me reprend.

Je me suis aperçue que cela constitue sûrement une peur de maigrir car si j'arrivais où je veux, à mon poids idéal et sans plus avoir à gérer ce domaine de l'alimentation, je ressentirai encore plus ce vide, je n'aurais vraiment plus rien pour m'occuper.

Pourtant je suis satisfaite de ma vie aujourd'hui, côté matériel, sentimental, tout va bien. Il est clair que je n'ai pas du tout fait les études qui m'auraient intéressée, mon travail n'est définitivement pas ma passion, mais je suis heureuse d'en voir enfin trouvé un où je ne suis plus stressée, et ça n'a pas de prix quand on en a bavé de ce côté là.

J'ai même de nombreuses activités intéressantes (qui pour d'autres sont des passions, comme certains sports), et j'ai fais dans ma vie (j'ai 44 ans) beaucoup de choses. J'ai été passionnée à l'occasion par telle ou telle activité. Cependant j'ai toujours ce sentiment d'être passée à côté du but de ma vie, de l'essentiel, d'une ligne directrice. Je rage de ne pas savoir ce que c'est. Je me dis "alors ce n'est que ça, la vie ?". Je suis bien consciente que beaucoup aimeraient avoir ce que j'ai, et que sans doute si je n'avais pas tout ce qu'il faut, je me plaindrais moins.

Mais la question n'est pas vraiment là. Je pose la question ici, car je suis certaine qu'il y a sur ce forum des personnes qui se posent ce genre de question, et que c'est un frein à une bonne relation à l'alimentation. Par contre, je n'en ai jamais rencontré, et lorsque j'en parle autour de moi j'ai l'impression de passer pour une folle. Les gens en général semblent s'acclimater d'une vie routinière et sans but, ou alors il ont trouvé le leur, et je les envie.

Ce n'est pas que je n'ai pas confiance en moi pour me lancer dans quelque chose, ni même que je n'en ai pas les moyens matériellement ou intellectuellement. C'est que je cherche sans fin quelle pourrait être cette chose essentiel qui me manque. J'ai l'impression que si seulement je savais, la mise en œuvre serait facile.

Parfois j'esaie de forcer le destin, je me lance dans quelque chose, et puis je laisse tomber, car il y a d'autres choses possibles à faire, et puis je me dis que je ne peux pas me "fabriquer" une passion ou un but, qu'il devrait m'apparaitre naturellement, tout en ayant conscience que les gens passionnés ne "tombent" pas passionné du jour au lendemain.

Les "sages" semblent dire que lorsque l'on ressent cela, c'est qu'il nous manque juste un sentiment d'être soi, ce genre de chose que vous savez aussi bien que moi. Est-ce "seulement" cela ?

Le temps passe, et je me dis que je n'aurais rien accompli dans ma vie.

Je pose cette question ici aussi car j'ai la ferme conviction que si je trouvais la réponse à mes interrogations, que je trouvais le moyen de remplir ce vide, maigrir ne serait plus un problème. Je n'aurais plus besoin de colmater ce manque avec de la nourriture.

J'ai bien conscience que vous n'allez pas me dire "votre but c'est ça". Mais plutôt, comment chercher, et y-a-t-il seulement quelque chose à chercher ?

Désolée pour la longueur, cette question est vraiment fondamentale pour moi.

Merci de votre réponse, et merci de votre sollicitude sur ce site.

J'apprécierais l'intervention d'autre personnes également, car vous êtes tou(te)s de tellement bon conseils !

Commentaires

marieal.
Inscrit

merci izabelle pour cette interprétation et analyse de ce qui se joue dans la pièce "l'ego faible".

mon problème, persistant, que je n'arrive pas à combattre, c'est de laisser les choses ne pas se faire quand personne ne veut les faire...je suis toujours la pauvre couillone qui se dévoue pour les galères. Et ça je ne sais pas comment lutter contre ce perfectionisme là qui fait que je me retrouve souvent prise au piège.

Angéline.
Abonné

Waouh, j'ai lu TOUS vos posts, et certains m'ont vraiment chamboulée.

Le "sentiment de vide" je ne dirais pas que je le connais, mais le "sentiment de .....", et voilà je ne sais comment le nommer !!!

A vouloir toujours faire plaisir, à vouloir que tout le monde s'aime, à vouloir se transformer pour que votre conjoint vous apprécie au plus haut point, à vouloir ..... ETRE CE QUE LES AUTRES VOUDRAIENT QUE VOUS SOYEZ .... je me suis perdue. Est-ce cela le sentiment de vide. ne pas vous reconnaître dans ce que vous faites?

C'était cela ma vie. Mais un jour, suite à un gros clash dans ma vie maritale, j'ai commencé à regarder ce que je faisais, pourquoi je le faisais .... et m'apercevoir que ce n'était pas moi !!!!! 'ai commencé par penser à moi (que cela m'a fait du bien), coiffure, tenues vestimentaires, etc. Puis changement de province, de domicile.  Et enfin la retraite, de nouvelles activités que je fais avec beaucoup de plaisir.

Je rencontre beaucoup plus de personnes qu'à l'époque où je travaillais. Un peu de vide envers des "amis", et cela m'a rebousté.

J'ai tellemnt pris de l'assurance, et de l'affirmation, que l'autre jour mon conjoint me dit: "Avant tu n'étais pas comme ça" Je lui ai répondu gentiment "Oui, mais avant je fermais ma g....." Je crois qu'il a compris que j'étais redevenue celle qu'il avait connue, celle qui lui avait plu.

Je m'affirme plus, mais cela ne m'empêche pas de me poser pas mal de questions, et beaucoup sur ce que les gens pensent de moi ..... Puis je me dis que ceux qui ne m'aiment pas comme je suis partent.

Je suis certainement hors sujet, mais cela m'a fait beaucoup de bien de parler. Merci de m'écouter.

chrissie.
Abonné

Je me reconnais tellement dans tout ce que tu écris.Moi aussi,je suis en décalage avec moi.Un peu comme si je me tenais à distance de mon vrai moi.Ce vrai moi qui commence tout doucement à prendre sa place.Ce n'est pas facie de se montrer aux autres telle qu'on est, qu'on se sent vraiment au fond de soi.Dans mon cas, c'est meme douloureux par moments.Car ce n'est pas facile de se trouver vraiment...

Petite ma grand-mère,qui m'a en partie élevée,me répétait sans cesse que la vie ne fait pas de cadeaux,qu'il fallait etre forte,voir dure,qu'etre sensible et émotive étaient des faiblesses.Qu'il ne fallait pas montrer ses sentiments.Et pendant très longtemps,je n'ai pas montré mes vraies émotions.

En fait,je me rends compte,que mes kilos m'ont servis de protection,voir d'armure...Mias cette armure est en train de se fendre en deux.

Et j'espère que cela me permettra de me sentir mieux dans mon corps et dans ma tete.

izabelle
Animatrice forum

oui moi aussi j'ai eu un peu le même parcours

hypersensible, totalement refoulée pour mieux s'adpater au monde (et sa si fameuse dureté!!!)

en fait, à refouler nos émotions, on s'y adapte en fait moins bien au monde, voilà qqchse que j'ai appris ces temps-ci, les émotions sont utiles, elles nous donnent des informations précieuses et des moyens pour réagir

je n'ai plus peur de ressentir des choses et je m'y autorise surtout

je suis comme Angeline plus affirmée qu'avant et plus besoin de toujours "gagner" l'affection des autres pour avoir le droit d'exister

j'existe, un point c'est tout!

avelina.
Abonné

Merci pour ces billets sincères dans lesquels je reconnais beaucoup de moi...

Fendre l'armure de l'hypersensible que j'étais petite déjà, sans le savoir forcément, et que je suis toujours, bien décidée à ne plus refouler mais à faire avec (merci le livre de C. Petitcollin pour son analyse si fine).

Plus jeune, j'étais qualifiée par mon entourage proche de "susceptible" quand j'osais ce qui devait être la colère, l'affirmation.

J'ai transformé ça dans ma tête d'enfant en "tu es mauvaise", la colère "c'est pas beau" et je suis vite retournée à ma place ou plutôt la place à laquelle je dérangeais le moins.

Résultat, jarrive à la cinquantaine et ça travaille du chapeau plus que jamais avec cette fois l'envie d'en découdre, de prendre ma place, ma juste place.

Bon parcours à toutes et tous.

Nanou84.
Abonné

J'ai lu attentivement l'ensemble du post et vraiment, ça m'a remuée. Comme je me retrouve dans vous toutes !

Merci pour les livres, je vais me documenter. J'ai beaucoup aimé l'idée du décalage pour expliquer "le vide", je crois que j'ai du pain sur la planche. bonne soirée

Patience
Marraine

En vous lisant, je me rends compte que je ne ressens plus ce sentiment de vide. Ou plus tant que ça...

Je l'ai écris dans un fil sur la procrastination et le perfectionnisme. Et je le dis ici aussi : à force d'observer mes émotions, de les accepter, de tenter de faire avec elles le plus possible, eh bien je me sens plus authentique.

C'est vraiment ça pour moi : authentique.

Je m'accepte. J'ai des qualités et des défauts physiques. J'ai un tempérament, un caractère agréable ou pénible selon les situations (pour moi et/ou pour les autres !). Mais je ne cherche plus à faire comme veulent les autres. Je cherche à agir selon mes valeurs, selon Moi.

Un autre fil, sur le site, évoque le nombre de kilos perdus, ou le nombre de centimètres en moins.
Depuis le début de mon aventure ici, j'ai sans doute peu perdu comparé à d'autres personnes. Mais j'ai fait un tel cheminement intérieur, j'ai commencé à me libérer de tellement de chaines, que cela vaut tous les kilos et tous les centimètres du monde !

J'ai démarré des choix professionnels nouveaux, j'écoute mes désirs profonds, j'entends et j'accepte les remous de ma vie sans d'abord me croire fautive de tout. Mes actes d'aujourd'hui sont liés à mes valeurs, à mes convictions. Parfois je ne fais que peu ; parfois je fais beaucoup ; parfois c'est très chaotique ; parfois tout roule. Mais c'est moi.

J'ai accepté de me rencontrer. Et le vide, lui, est parti.

Au plaisir de vous lire

marieal.
Inscrit

[quote=Patience]

Un autre fil, sur le site, évoque le nombre de kilos perdus, ou le nombre de centimètres en moins.
Depuis le début de mon aventure ici, j'ai sans doute peu perdu comparé à d'autres personnes. Mais j'ai fait un tel cheminement intérieur, j'ai commencé à me libérer de tellement de chaines, que cela vaut tous les kilos et tous les centimètres du monde !

[/quote]

Le poids des kilos de chaine, dommage qu'il ne soit pas estimable...yes

izabelle
Animatrice forum

[quote=Patience]

J'ai accepté de me rencontrer. Et le vide, lui, est parti.

[/quote]

yesyesyes

Daan.
Abonné

Merci Patience de nous rappeler cela.enlightened

fadinarde.
Abonné

C'est fou que je ne découvre ce fil que maintenant, alors qu'à l'époque de sa création j'étais déjà ici!!! D'autant plus qu'à l'époque je souffrait beaucoup plus de la peur du vide que maintenant.... Je ne vais pas me répéter 100 fois au risque de vous casser les bonbons :-) mais j'ai commencé l'aventure LC un peu moins de deux ans après la mort de ma mère, et la rupture (subie) d'avec mon homme de l'époque, et environ six mois après la mort dans l'œuf d'une très intense et pourtant très brève histoire avec un autre homme, reparti auprès de sa fille. J'ai toujours eu une certaine peur du vide, mais curieusement surtout du vide affectif. Je le différencie du vide "général", pour moi les gens ayant peur de vide "général" sont ceux qui remplissent frénétiquement leur agendas pour ne jamais se retrouver seuls avec eux-mêmes. Qui s'investissent dans des tonnes d'activités juste pour "remplir" le vide, le silence. Moi j'ai toujours eu peur en fait de ne pas avoir de relation amoureuse. Cela vient certainement de mon adolescence, grosse souffrance de voir mes amies plaire, draguer, sortir, alors que j'étais juste la timide à lunettes qui n'intéressait personne. A vingt ans j'ai eu ma première histoire, et j'ai accepté beaucoup trop de cet homme (tromperie, chantage affectif...) dans le seul but de ne pas le perdre, ou plutôt de ne pas me retrouver seule.... Je trouve difficile de s'assumer seul, célibataire, dans cette société qui reconnaît encore le couple comme étalon. Mais peut-être n'est-ce qu'une honte qui me ronge, je me sens peut-être juste pas assez complète, ni intéressante, pour avoir droit à une vraie place dans la société sans avoir un homme à mes côtés comme faire-valoir..... J'ai continué sur ce mode de fonctionnement quelques années encore... J'ai aussi développé une autre stratégie pour éviter ce sentiment de vide: rester accrochée, amoureuse, d'hommes inaccessibles, tant géographiquement que sentimentalement.... J'ai encore des difficultés à m'affranchir du regard des autres sur mon célibat (surtout quand il faut souvent s'entendre dire: mais tu es belle et drôle et intelligente, je comprends pas que tu sois seule!!!!) (oui mais alors POURQUOI, en effet??? Petit à petit je comprends que je dois d'abord me rencontrer moi-même avant de pouvoir faire une place à quelqu'un dans ma vie....) mais petit à petit je vis mieux avec moi, juste moi.... Parce que c'est la base, non? Je suis la seule personne qui ne me quittera jamais, donc je ne suis pas vraiment seule.... Il y a moins de vide, là, non? Je fais du chemin. Gentiment... La mort de ma mère aura certainement été un déclencheur de ma lente mais sûre progression. La mort laisse un grand vide. Celui-là tu ne le comble jamais. Mais tu apprends à faire avec. J'ai compris que rien n'est jamais acquis... Ni l'amour, ni la vie.... J'ai grandi avec cette certitude née de la "non connaissance", qu'en fait ma famille serait toujours là... Un papa, une maman, ma sœur et moi, et des enfants ensuite pour compléter la famille. Puis ma mère est tombée malade, et à 26 ans j'ai commencé à comprendre que ce joli équilibre ne tenait qu'à un fil. 3 ans après elle s'en est allée, en deux mois je suis passée d'une famille normale et d'une vie maritale, à un énorme vide... Je me revois encore, couchée dans mon lit, regardant les murs de ma chambre à coucher, dans cet appartement désormais vide des affaires de mon conjoint, vide, vide! Dans ma tête, dans mon cœur, dans ma famille.... Plus aucune cohésion, juste mon père, ma sœur et moi, trois âmes en peine sans substance, suspendues à des fils invisibles.... J'ai tenté de combler ce vide en m'investissant dans plusieurs "projets"... Fabriquer des carreaux de céramique pour créer la future pierre tombale de ma mère... Prendre des cours d'anglais, voyager. Avec le recul je me rend compte que même si c'était des activités qui me plaisent, en réalité je ne les ai faites que pour "remplir les prétendues attentes d'autres"... Créer une magnifique pierre tombale à ma mère parce que "elle serait fière de moi". Étudier l'anglais et voyager seule pour prouver à mon ex qu'il avait eu tort de partir, parce que je n'étais pas la fille si inintéressante et dépendante qu'il me reprochait d'être... Évidemment que je n'ai comblé aucun vide de cette façon-là! Rien de ce que je faisais n'étant réellement "pour moi"... Aujourd'hui je me sens un peu mieux avec moi, peut-être est-ce paradoxal, mais c'est probablement en faisant justement "le vide" que je reprends contact avec moi-même... Par exemple je ne me force plus à côtoyer des gens qui ne m'apportent rien... Je m'assume en solitaire. Une solitaire sociable d'ailleurs, mais avec une poignée de gens triés sur le volet... J'ai aussi arrêté les rencontres amoureuses sur Internet, marre de saper mon estime de moi en rencontrant des ploucs qui me rejettent après un café parce que "tu ne corresponds pas à ce que je recherche" De brèves rencontres avec des inconnus qui, une fois passées, me laissaient à plat, vidée, alors que jusque-là j'allais finalement pas trop mal!... Et pour conclure ce post d'une longueur presque inadmissible :-) je dirai que l'apprentissage du moment présent fait avec la rpc est l'outil le plus puissant pour lutter contre le sentiment de vide... Je ne souffre du vide que lorsque je me projette dans le futur.... (Oh mon dieu je vais finir seule, sans enfants, abandonnée, sans passions....) mais là, maintenant, je suis en train de respirer, de regarder, de manger, ou je suis juste assise.... Rien n'est vide, là, maintenant.... ! J'avais lu un magnifique article écrit par Alexandre Jollien, paru dans la presse suisse il y a quelque temps, parlant de tout ça justement... Je vais tenter de le retrouver pour vous le poster sur ce fil. Bon dimanche!

fadinarde.
Abonné
//www.alexandre-jollien.ch/wp-content/uploads/2014/05/8.-Femina_Se-laisser-vivre_20.04.14.pdf
Zéphyr.
Abonné

Merci beaucoup Fadinarde j'aime beaucoup ton témoignage, tu parles si bien de ce vide...

Je me sens très proche de ton vécu, la perte de ta maman, ta séparation subie, ta réaction de vouloir prouver que tu étais quelqu'un avec du caractère...

Se faire confiance, affronter son vide et s'apercevoir qu'il est "plein" de ce qu'on est, ne plus se voir comme un creux à remplir mais comme un être riche du peu qu'on a vécu, prendre de l'ampleur en se connaissant, tout cela me parle et il faut bien dire que ce site et ses découvertes m'ont aussi bien accompagnée sur ce chemin.

"Vous n'êtes pas vide, il me semble même que depuis quelque temps vous prenez de l'ampleur", me suis-je entendue dire. il y a quelques mois Je me considérais même comme superficielle à trop vouloir assumer ce vide, et à force de pratiquer de la pleine conscience je me trouve de la profondeur, et commence à avoir de la tendresse face à mon vécu.

Merci pour le lien, cet article montre bien comment on a tendance à dénigrer le mode être à la faveur du mode faire, alors que justement l'échappée dans le "faire" se nourrit de l'être, et sans lui peut vite tourner à vide justement...

fadinarde.
Abonné

Merci Zephyr ;o)

lorraine
Marraine

Epoustouflant Fadinarde comme tu avances dans la connaissance de toi, le discernement et dans l'autonomie. Magnifique témoignage.

Tu écris :

"Petit à petit je comprends que je dois d'abord me rencontrer moi-même avant de pouvoir faire une place à quelqu'un dans ma vie....)..................

Aujourd'hui je me sens un peu mieux avec moi, peut-être est-ce paradoxal, mais c'est probablement en faisant justement "le vide" que je reprends contact avec moi-même... Par exemple je ne me force plus à côtoyer des gens qui ne m'apportent rien... Je m'assume en solitaire."

Pour avoir eu des raisonnements identiques (travail entre moi et moi)  avec des similitudes dans le parcours de vie, je peux te dire que tu fais le bon choix, ne pas en douter surtout.

Tu le trouveras "l'homme de ta vie" avec qui t'auras des bébés , j'ai trouvé le mien à 39 ans un enfant à 40 et demi ans, toi tu es plus jeune ça viendra plus vite..smiley Le changement avec un boulot différent  déjà s'annonce  pour toi (Re-bravo) et cela ne fait que commencer.

Je te rejoins aussi dans l'hommage à la rpc. Je regrette de ne pas l'avoir connue avant , j'aurai gagné du temps  et perdu un peu moins d'énergie  à ruminer sur des choses stériles.

 

Voilà, c'était une petite pensée du soir.

 

Patience je viens de lire ton post et cette fameuse phrase "J'ai accepté de me rencontrer. Et le vide, lui, est parti." Oh! que c'est bien dit...

Minoque.
Ancien abonné

Oui c'est exactement ce que je pense aussi Fadinarde, que de changements pour toi qui couvaient sous la RPC (!), tu m'apportes toujours beaucoup  :-) et comme lorraine (coucou à toi et bises +++) je trouve que tu t'épanouis, les opportunités qui sont là ne le sont pas par hasard, ça vient de toi c'est certain.. Et ça fait du bien de vous lire les copines LC : merci à vous ! j'espère bien écrire plus tard, pas de temps en ce moment, moi aussi la rpc m'a profondément fait changer, tout comme toi lorraine... Bonne semaine à tous !

fadinarde.
Abonné

Merci Lorraine et Monia! C'êst aussi grâce à vous que je fais ce chemin-là!

 

Je suis heureuse d'ailleurs, parce que ma grande soeur est en train de faire un grand bon aussi dans la vie, elle recommence gentiment à s'ouvrir à la vie, après de longues années de négation d'elle-même, perdue dans la dévotion à notre maman. 

Elle a beaucoup plus de mal que moi pour parler de tout ça, par contre. Alors j'essaie de lui faire partager mes découvertes pour l'aider!

Bonne soirée, à tout bientôt!

sylvieland.
Abonné

Bonjour à chacune et à chacun

Qu'est-ce qui a fait que ce dimanche j'ai cliqué sur ce fil : c'est quoi ce sentiment de vide ?

le hasard, l'heureux hasard qui nous fait avancer sur notre chemin.

Je suis inscrite depuis janvier 2013 je crois

au début je venais lire de temps en temps les forums

j'ai suivi mon petit bonhomme de chemin tout doucement

le programme de LC ça fait bien bouger, mais comme je ne peux bouger que ce qui est prêt à lâcher, je vais à mon rythme.

pas facile de changer mes croyances

bref, j'ai été scotchée par tous vos témoignages

quelle belle écriture et manière de dire

et chez moi ce qui a fait écho c'est le mot 'hypersensible"

je ne savais pas que peut-être je partageais qq traits de caractère

merci pour les tuyaux de lecture, de bonnes pistes sans doute

de mon côté, je vous livre qq lectures qui m'ont beaucoup aidé et qui se sont mis en lien avec ce fil :

le soi aux mille visages de Pierre Cauvin

et les renoncements nécessaires de Judith Viorst

le sentiment du vide, ne pourrait-il pas être, le sentiment de mal être qui existe en nous depuis qu'il a fallu renoncer à l'état de symbiose du ventre maternel ?

pas facile de grandir, de marcher tout seul quand on est un enfant  et je suis aussi une adulte qui ai parfois du mal avec la solitude.

Je vais aller dès demain chercher le livre sur l'hypersensibilité...peut-être cela m'aidera à comprendre pourquoi "je souffre" et à expérimenter d'autres pistes pour supporter les situations de malaise.

merci à vous

Sylvieland

 

Kaylee
Marraine

Fil très intéressant sur lequel je n'étais pas encore prête à poster… comme je me reconnais dans certains écrits… notamment ceux de Chléa...

Sentiment de vide, je me suis souvent demandé ce que je faisais sur terre, et je me souviens que lorsque je m'opposais verbalement à ma mère vers mes 11 ans, alors que celle-ci réclamait "de la reconnaissance", je rétorquais que je n'avais pas demandé à vivre. A 13 ans, la tenue et la prise en charge de la maison m'est tombé sur le dos brutalement, en raison des séjours fréquents, répétitifs et réguliers de ma mère en établissements psychiatriques (cures de sommeil, électrochocs, et une peur panique de lui ressembler plus tard). J'ai fui dans les études avec un sentiment de liberté fantastique, me disant que plus je saurais de choses plus je serais libre, totalement incomprise par toute la famille : "voyons, ta mère n'est pas bien, tu te marieras plus tard, alors les études ça ne sert à rien, occupe-toi plutôt de ton père, de ta petite sœur, de faire marcher la maison". J'ai pris cela comme un défi, terminé mes études avec succès. Je me souviens encore de l'étonnement de la conseillère d'orientation lorsque je suis allée la voir, bac avec mention en poche, lui demandant conseil pour "faire des études courtes correspondant à un travail bien payé parce que je voulais partir de chez moi". Dès que j'ai été majeure (à l'époque il fallait avoir 21 ans), j'ai coupé le cordon de la maison et je suis partie à l'étranger. Au bout de 10 ans, je suis rentrée en France, j'ai pratiqué des sports extrêmes comme si j'avais plein de choses à me prouver (que j'étais vivante ?), je suis devenue mère, j'ai divorcé du père de mon fils, quand il est parti notre fils avait 10 ans, je me suis dit "je rentre en sacerdoce", j'ai continué ma façon de vivre "marche ou crève" parce qu'il y avait un frigo à remplir, bon petit soldat sans me poser trop de questions.

Il y a 7 ans, je rencontre un homme avec lequel je vis pendant 4 ans une très harmonieuse relation à distance (700 kms nous séparent), mais depuis 3 ans, au prétexte "qu'il n'est pas bien dans sa tête", qu'il se sent vieux, usé (alors qu'il prend soin de sa forme physique et qu'il est en excellente santé), il est en dépression, mais ne veut pas consulter pensant que "le temps va arranger les choses, laisse-moi du temps" alors je me dis que je ne suis pas assez importante pour qu'il consulte, je me sens rejetée. Je me dis que "c'est ça ou rien", mais comme je ne suis pas prête à accepter le "rien", je supporte "ça". Les miettes qu'il veut bien m'accorder quand il n'est pas trop mal (un grand week-end ensemble tous les 4 mois). Mes sentiments alternent entre la colère, colère contre lui de ne pas faire quelque chose pour améliorer la situation (il sait, il voit que ça me met en petits morceaux, s'en excuse mais n'y change rien), colère contre moi de ne pas toujours arriver à lâcher prise, et la tristesse de me sentir prisonnière des sentiments que j'ai pour lui.

Pendant des décennies, je me souviens d'une boulimie libératoire, dès mes 15 ans j'ai vécu au rythme de "youpi, tout va bien, bouffons pour fêter ça" ou "tout va mal, bouffons pour oublier ça", la bouffe était mon refuge, la seule chose sur laquelle je pouvais compter et qui ne me décevait jamais. Une merveilleuse expérience dont je me souviens, l'été de mes 17 ans, j'avais un job étudiant, ma mère était dans une de ses rares périodes "normales", mes parents étaient donc partis en vacances en me laissant seule à la maison à cause de ce travail, en emmenant ma sœur, ma mère m'avait laissé de l'argent pour pourvoir aux courses alimentaires, j'étais allée pour mon premier repas toute seule m'acheter une douzaine de ce qu'on appelait à l'époque "les gâteaux de soirée", j'en avais pris 6 au chocolats et 6 autres, je les avais alignés en file indienne sur la table de la cuisine dans l'ordre de mes préférences, gardant le plus appétissant pour la fin.

Maintenant, alors que depuis 3 ans mon fils a pris son envol hors de la maison (lui aussi est à 700 kms), alors que je ne travaille plus (j'ai 63 ans), je me demande vraiment ce que je fais sur terre, j'ai viscéralement besoin d'être importante pour quelqu'un. Je vis très bien ma solitude, tant que j'ai de quoi lire et de la musique à écouter, je ne m'ennuie jamais, être seule ne m'a jamais empêchée d'aller au cinéma ou au restaurant mais… j'ai l'impression que j'ai loupé quelque chose et surtout que je n'ai pas le mode d'emploi de la vie.

J'ai souvent eu l'impression, au cours des nombreux régimes que j'ai faits (avec succès, si l'on peut dire, parce que je perdais facilement mais reprenais tout aussi vite et plus qu'avant le régime) que maigrir serait la solution miracle à mon mal-être, il m'arrivais de chantonner "ah si j'étais mince" sur l'air de "ah si j'étais riche", pensant que le monde serait à mes pieds si j'étais bien dans mon corps.

Là, vraiment, depuis quelques temps, je me rends encore plus compte que je n'ai pas le mode d'emploi de la vie, que je ne sais quoi en faire, avec encore et toujours ce besoin viscéral d'être importante pour quelqu'un. Je pense être importante, tout au moins financièrement, pour mon fils, très introverti qui ne m'a jamais dit qu'il m'aimait. J'ai fait plusieurs thérapies, qui m'ont aidée mais n'ont pas répondu à mes attentes. Je pense souvent à Stig Dagerman, lui qui écrit que "notre besoin de consolation est impossible à rassasier".

L'année dernière, libérée de mes obligations professionnelles et des obligations de bonne présentation qui en découlent, je me suis fait tatouer l'avant bras gauche sur 12 cm de longueur, une phrase tournée vers moi dans une langue étrangère qui fait partie de ma vie, qui m'exhorte à me lever tous les matins. Parce qu'en tant que mère, il y a une chose que je n'ai absolument pas le droit de faire.

Ce qui me fait (un peu) peur, me fait réfléchir, c'est que si je règle mes problèmes avec la nourriture, vers quoi je vais bien pouvoir me tourner ? Comment vais-je faire, par quoi vais-je remplacer mes "youpi, tout va bien, bouffons pour fêter ça" ?

Je ne suis pas déprimée, je ne souffre pas de la solitude, je suis juste vide, vide, vide, sans but ni mode d'emploi, qu'est-ce qui va remplacer la nourriture qui me remplissait ?

Merci à celles qui m'ont lue…

avelina.
Abonné

Je viens justement d'écrire dans un billet que je me sens désarmée si je n'ai plus la nourriture pour me "remplir" et m'apaiser quand ça va mal.

Le but, je crois, et je ne parlerai qu'en mon nom bien sûr, n'est pas de remplacer la nourriture-réconfort, mais bel et bien de faire la paix avec elle, de lui redonner sa juste place, celle de nous nourrir et, par ailleurs, de travailler sur les émotions qui nous amènent à l'utiliser comme refuge.

Il y a bien sûr la Respiration en Pleine Conscience pour aider mais je crois qu'on ne peut pas faire l'économie d'un travail sur soi, sur comment occuper sa juste place (auprès des siens, dans des associations, des clubs de loisirs, un cercle amical...) et ça a à voir avec l'estime de soi.

J'ai lu un excellent livre du Dr Roger Gould "Gérez vos émotions - Perdez du poids ! Dites non à l'alimentation consolation" dans lequel il décrit bien les mécanismes par lesquels on est amené, dès l'enfance, à se réfugier dans la nourriture.

Bonne soirée !

Cordialement.

 

marieal.
Inscrit

kayle, on va finir par croire que j'ai des actions dans la maison d'edition de Russ Harris, mais as tu lu ce livre qu'est "le piège du bonheur"?

parce que perso, j'avais un peu le même mode de fonctionnement vis-à-vis de la nourriture ( youpi mangeons pour fêter ça), et l'ACT thérapie m'a bien aidé à trouver d'autres façons de gérer tout ça...combler le vide en retrouvant les valeurs fondamentales qui nous animent ( c'est parfois pas évident de savoir lesquelles) et en les replaçant tout simplement au coeur de nos actes quotidiens...

avelina.
Abonné

Je n'ai pas non plus d'actions dans les Editions du Dr Gould LOL !!!!

izabelle
Animatrice forum

merci Kaylee de nous raconter ton histoire très touchante, qu'on devinait par petites touches ici et là

j'ai pensé moi aussi à Russ Harris,  qui écrit des ouvrages sur l'ACT Therapy  tout à fait accessibles à tous et pratiques

dans l'ACT, on apprend à mettre ses valeurs (à soi)  au centre de sa vie

tu décris ce besoin d'être important pour quelqu'un,  je pense que si c'est viscéral, ça correspond forcément à une valeur

c'est important de le prendre en compte

une nouvelle vie s'ouvre à toi avec la retraite, alors tu peux en faire exactement ce que tu en veux

ça c'est la bonne nouvelle

le vide c'est aussi la liberté,    tu as l'opportunité d'orienter ta vie selon tes valeurs, mais bien sûr c'est un peu effrayant toute cette liberté, de devoir tout initier aussi

mais à partir du moment où tu vis  "ta" vie,   tes relations avec les autres s'organisent naturellement autour

le plus important c'est ta vie,  vivre tes valeurs au quotidien,  ou tendre vers cela,  car bien sûr il y a toujours des obstacles, de la souffrance

le principe de l'ACT c'est de se tourner vers ses valeurs,  rencontre la souffrance en cours de route (qui nous a toujours empêché de les vivre)  mais ne pas se laisser détourner,   continuer à aller vers ses valeurs

 

 

il est vrai que les régimes, la perte de poids tout ça,  produit une impression de "controle"  qui est très rassurant

tout ce qui est lié au controle est très rassurant : controler son image, ses finances, ses actions, etc....

mais comme en définitive ce controle n'est absolument qu'une illusion,   c'est ensuite  * 15000 que l'on rencontre la souffrance

 

à chaque fois que je me trouve en situation de controle,  je me demande quelle souffrance je suis en train d'essayer de controler

après c'est très simple, à peu près toujours les mêmes histoires :  angoisse (en ce moment),  pénibilité de la matièe, sensation d'etre submergé, de non-maitrise, de non-compétence, de rejet, d'exclusion.....

arrêter de lutter contre tout cela, arreter de mettre en place des stratégies de controle pour lutter contre tout cela    a été une sorte de révolution intérieure

mais au final ensuite on se dirige tout naturellement vers ses valeurs, ce qui est important pour nous et qu'on pouvait avoir occulté

moi aussi j'ai dans mes valeurs le fait d'être utiles aux autres, et d'ailleurs je nourris cette valeur en venant écrire ici tous les jours

j'ai découvert des valeurs chez moi tout à fait "sous-alimentés"  que sont l'amitié et l'échange

 

quand on commence à se diriger vers ses valeurs,  les autres se relient à nous de façon plus aisés, car on n'est plus en demande, on vit sa vie,  et naturellement on attire des relations saines, fructueuses,  ou bien les relations que l'on a devienne fructueuses,  tout s'organise naturellement, sans forcer

 

plein de bonnes pensées pour toi

Kaylee
Marraine

[quote=marieal]

kayle, on va finir par croire que j'ai des actions dans la maison d'edition de Russ Harris, mais as tu lu ce livre qu'est "le piège du bonheur"?

[/quote]

Je viens de le commander, je le récupèrerai à la Fnac de ma ville mardi prochain smiley

ladyl56.
Abonné
Ah la certitude d'être importante pour quelqu'un, ne serait-ce qu'un petit peu et même pour seulement un peu de temps, ce doit être merveilleux et tellement réconfortant, mais est-ce que tout le monde y a droit ? J'ai bien peur que non. Une fois j'ai été amoureuse, je serais passée par un trou de souris pour lui plaire, et même la mort aurait été douce dans ses bras. Mais bon ça ne s'est pas fait et depuis j'enchaîne les jour, les mois, les années les décennies sans trop savoir pourquoi je suis sur terre et qui a besoin de moi. J'ai désiré plus que tout un enfant, je suis même allée jusqu'à un mariage arrangé (par moi) et devinez quoi : peut-être une punition divine pour me faire expier ma forfaiture, mais mon fils ne va pas très bien. Heureusement depuis l'arrivée de Trésor je me sens un peu utile. Peut-être que je vais retrouver mes émotions !
Matti.
Ancien abonné

Hello Cara,

j'ai lu ton texte et j'ai eu envie de te répondre au sujet du sentiment de vide. Je n'ai pas de réponse philosophique à t'offrir sur le sujet, juste une réflexion que j'ai eu et l'expérimentation de ce sentiment de vide.

C'est une sensation physique que j'ai souvent resentie au cours de ma vie et avant je mangeais pour calmer la calmer. Avec les années, je sais qu'elle est un indicateur, un warning qui me dit qu'il est temps que je me mette au vert pour m'occuper de moi. Pendant longtemps, j'ai pensé que les autres, mon conjoint, ma fille ne pouvaient pas se passer de moi, que j'étais insipensable...bref j'ai trouvé tous les moyens pour ne pas sentir ce vide ou pour le fuir au cas où je l'aurais senti.

Un jour, la vie et m'on corps m'ont obligé à m'arrêter: J'avais très peur de ce vide qui me faisait mal et un jour, j'ai trouvé un remède, un remède d'âme comme je l'appelle.

C'est tout bête...une tasse de Earl Grey (du thé) avec un nuage de lait. Cela ma rapelle l'Angleterre où j'ai vécu et une bouillotte avec une housse bien douce. Je m'installe alors sur le canapé avec ma bouillotte posée sur les endroits de mon corps qui parlent de ce vide et la chaleur le calme, comme le ferait une maman pour son enfant et le thé finit de m'apaiser.

Je reste parfois une heure ou deux avec, parfois plus. Je sais que ce vide se présentera encore à moi...parfois et j'ai accepté, je sais qu'il fait partie de mon histoire, de ma vie et quand il s'y invite c'est un doux moment avec moi-même.

Ma fille et mon conjoint savent que lorsque bouillotte et thé sont de sortie...ils doivent prendre le relais pour un heure ou deux. Souvent ils font le repas ensemble, pendant que je dorlote ce vide qui a  temps besoin de moi.

Bien à toi.

 

Matti.

Soleluna.
Ancien abonné
Kaylee, je suis très touchée par ce que tu écris. Tu ressens le besoin viscéral d’être importante pour quelqu’un. Je crois que cette personne est présente dans ta vie, que tu la connais même : c’est toi. Et l’enfant en toi… Ton histoire est difficile et tu t’es retrouvée en charge de plein de choses, qui n’étaient pas de ton ressort. Une enfant a besoin de protection. Pas de protéger et de faire à la place des grands. Quand on fonctionne en mode marche ou crève, parce que les circonstances de la vie nous y forcent, on s’oublie. On se néglige. On fait face aux choses et puis on tire de l’avant. C’est un peu le mode robot-warrior. On se transcende aussi, on pousse nos limites plus loin, on se dépasse, on se sublime. C’est aussi un formidable moteur. Mais, les émotions, on les écrabouille bien, car elles sont vécues comme un frein à ce qui doit être fait, pris en charge. Mais y’a toujours une enfant, qui est là, désarmée et apeurée et qui a appris à la mettre en veilleuse. Elle a besoin d’aide. Elle a un besoin viscéral de toi. Que tu la consoles, la prennes dans les bras, que tu t’autorises à la pleurer, à ressentir de la peine et de la colère pour tout ce qu’elle a vécu... Je pense souvent à cette phrase de Dagerman aussi c’est drôle :) Peut-être que ce sentiment de consolation est impossible à rassasier totalement, en effet, mais on peut quand même s’y atteler, à la consolation. Et puis on a appris ici que la faim est une bonne chose, qu’elle nous procure du plaisir, et nous guide. Le vide, le manque, sont à la source du désir parait-il, alors :) Je crois aussi qu’il y a une clé pour toi dans l’art. Dans le sensible et le sensuel. Désolée si je suis à côté de la plaque dans ce que j’écris, il est fort possible que je projette sur toi. Si pas, 3 petites lectures que j’ai rencontré cet été sur les conseils des filles, et avec lesquelles je chemine toujours actuellement « When food is love » de Roth « Eating in the light of the moon » de Johnston Ca c’est dans la langue de Shakespeare. Et dans celle de Molière : « Prendre soin de l’enfant intérieur » de Tich Nath Hahn Les filles, j’ai lu le « Piège du bonheur » et c’est vrai que c’est un bouquin vraiment bien. Pour autant cette histoire de valeurs je sais pas… Je vis selon mes valeurs, elles sont totalement au centre. Le boulot que je me suis choisi, mes relations amicales et professionnelles, ma manière d’être au monde, mon alimentation, ma quête spirituelle, mon positionnement politique, mes choix familiaux, etc, tout cela est là, choisi et entretenu. J’en ai conscience depuis toujours et j’en suis heureuse. Pour autant, est-ce tout rose ? Non. Ce SaintGraal que je lis tellement ici ou là (les valeurs) je le possède et j’en suis reconnaissante (en même temps il est le fruit de mon engagement hein). Mais le sentiment de vide, l’angoisse (je découvre que je suis angoissée, dingue ! J’avais oublié je crois), Isabelle comme toi : angoisse, submersion, débordement, sentiment de nullité, non-compétence… bref. Je suis preneuse de vos lumières sur ce point des valeurs. En tout cas, ce qui me fait du bien actuellement, c’est, comme le dit le docteur A plus haut, revenir à l’instant, me concentrer et faire en sorte que cet instant corresponde à ce que je suis (y compris en m’autorisant à dire ou faire ce que je ressens dedans). Là je me sens en accord. Amitiés
izabelle
Animatrice forum

si tu es heureuse Soleluna,  c'est bien qu'en effet tu es en adéquation avec tes valeurs

et être heureux,  ça ne voudra JAMAIS dire que tout est rose, et que les valeurs empecheront les sentiments désagréables, que nenni, le désagréable est finalement utile et tout à fait inexpugnable  (ça se dit?)

la transformation, l'évolution, peut aussi être une valeur, moi c'est l'une des miennes,  et pour se transformer,  le tout-rose n'est pas vraiment l'idéal

il y a cependant des gens qui se coupent de certaines de leurs valeurs (pas toutes) pour une raison ou une autre

perso, à cause de mon hypersensbilité, je me suis coupée de la valeur échange et amitié  qui est pourtant la chose finalement qui me rend le plus heureuse

si j'ai le choix entre découvrir n'importe quoi  et passer une après-midi à parler de choses profondes avec qq'un avec qui je suis en phase, je choisirai toujours le deuxième

cette valeur, je l'avais occulté par peur, par souffrance

après y'en avait plein d'autres que je n'ai jamais occulté parce que ça s'intégrait naturellement

 

je suis tout à fait persuadé qu'à certains moments de notre vie  on vit certaines valeurs et pas d'autres

et parfois "c'est le moment"  d'en vivre une,  et s'il y a blocage,   on est mal

 

 

après les valeurs, pour moi aussi cela n'a rien d'une panacée, mais ça aide pas mal à orienter ses actions,  à ne plus être escalve du diktat societal et familial  et donc à être un peu plus soi

Kaylee
Marraine

izabelle, Soleluna, marieal, merci blush

dansezen.
Abonné

Ca m'a fait tout simplement du bien de lire ce fil ce soir. je vais repenser à tout cela avant de m'endormir et dormir moins culpabilisée par ce sentiment que je croyais vide en moi, en effet, ce soir il me parait différent...

Je reviendrais lire vos témoignages demain, il est tard et là aussi j'apprends à dire stop !

Soleluna.
Ancien abonné

Ah merci Dansezen d'avoir fait remonter le fil, je ne le trouvais plus.

Merci Izabelle pour ta réponse, j'y vois un peu plus clair sur les valeurs. C'est en fait être soi, être en accord avec ce qu'il y a à l'intérieur. Sous cet angle je le comprends mieux, parce que c'était un grand mot (et c'est vrai que c'est grand) et du coup je ne comprenais pas très bien. Ramené à l'échelle de l'être humain, je vois mieux. :)

Pas tout rose... bon c'était un euphémisme ;) C'est plutôt les gouffres quand c'est là. Mais ce que je constate, c'est qu'en fait y'a pas trop de vide en réalité. Y'a plein d'émotions et de sensations (présentement l'angoisse) que je tentais de masquer et toutes ces stratégies conduisaient à un sentiment de vide... Ca me rappelle un tchat thématique avec le docteur A sur l'ennui, le vide et le trop-plein en avril 2013 qui m'avait pas mal scotchée.

Mais tu as 1000 raison, les moments pas roses me font faire de jolies avancées, et j'aime tellement ça, l'évolution, que je me suis même demandée si je le faisais pas exprès parfois :)

xxx.

pleine conscience
Ancien abonné
bonjour monsieur Apfeldorfer je reviens sur votre intervention que je viens de découvrir et qui me parle beaucoup! "Mais certaines personnes sont plus sensibles à ce « vide existentiel » que d’autres, et parmi ces personnes, un certain nombre tentent de compenser ce vide-là par un plein, par exemple un plein de nourriture, un corps plein. Rien de plus décevant, en vérité." une vie bien remplie épanouissante , heureuse et pourtant ce besoin à certain moment de me remplir... "On appelle généralement cette sensibilité au vide de l’angoisse de séparation. On ne supporte pas l’absence, le départ, la rupture, et même de jeter des objets inutiles." une grande famille fusionelle et une maison remplie d'objets "inutiles", un besoin constant de nouveaux projets.... "Ce qui peut faire, aussi, qu’on ne supporte pas le vide de l’esprit, c’est que ce vide vient du fait qu’on s’empêche de penser. On barre ses pensées car certaines d’entre elles nous semblent décidément trop pénibles. Mais comme il n’est pas possible de faire le tri entre les bonnes et les mauvaises pensées, cela revient à refuser, éviter de penser. Le vide qui en résulte est alors aussi pénible que les pensées que l’on fuit." une technique de l'autruche qui est mienne , ne pas voir, ne pas penser pour continuer depuis la maladie et le décès de ma maman lorsque j avais 17 ans .... solution qu j applique à merveille dans toute situation stressante même si j en connais les limites! Les pensées, en fait, sont des événements mentaux dont il nous faut accepter la visite, même si elles apportent des émotions pénibles, car lutter contre ses pensées est bien pire. La bonne nouvelle, c’est que les pensées pénibles et les émotions qu’elles allument, lorsqu’on n’en a plus peur, se dégonflent d’elles-mêmes. Après tout, ce ne sont que des pensées, pas des faits, n’est-ce pas ? une volonté de mieux gérer tout ça une formation sur 8 semaines en pleine conscience qui m' a beaucoup apporté je n ai jamais compris pourquoi je m'infligeais cette reprise de poids ! car il s'agit bien de cela, j'avais la chance de perdre du poids rapidement sans trop d efforts et pourtant.... laisser venir les pensées sans se mettre en péril sans mettre en péril son "bonheur" sans mettre quelque chose à la place MERCI MERCI à vous
pleine conscience
Ancien abonné
bonjour monsieur Apfeldorfer je reviens sur votre intervention que je viens de découvrir et qui me parle beaucoup! "Mais certaines personnes sont plus sensibles à ce « vide existentiel » que d’autres, et parmi ces personnes, un certain nombre tentent de compenser ce vide-là par un plein, par exemple un plein de nourriture, un corps plein. Rien de plus décevant, en vérité." une vie bien remplie épanouissante , heureuse et pourtant ce besoin à certain moment de me remplir... "On appelle généralement cette sensibilité au vide de l’angoisse de séparation. On ne supporte pas l’absence, le départ, la rupture, et même de jeter des objets inutiles." une grande famille fusionelle et une maison remplie d'objets "inutiles", un besoin constant de nouveaux projets.... "Ce qui peut faire, aussi, qu’on ne supporte pas le vide de l’esprit, c’est que ce vide vient du fait qu’on s’empêche de penser. On barre ses pensées car certaines d’entre elles nous semblent décidément trop pénibles. Mais comme il n’est pas possible de faire le tri entre les bonnes et les mauvaises pensées, cela revient à refuser, éviter de penser. Le vide qui en résulte est alors aussi pénible que les pensées que l’on fuit." une technique de l'autruche qui est mienne , ne pas voir, ne pas penser pour continuer depuis la maladie et le décès de ma maman lorsque j avais 17 ans .... solution qu j applique à merveille dans toute situation stressante même si j en connais les limites! Les pensées, en fait, sont des événements mentaux dont il nous faut accepter la visite, même si elles apportent des émotions pénibles, car lutter contre ses pensées est bien pire. La bonne nouvelle, c’est que les pensées pénibles et les émotions qu’elles allument, lorsqu’on n’en a plus peur, se dégonflent d’elles-mêmes. Après tout, ce ne sont que des pensées, pas des faits, n’est-ce pas ? une volonté de mieux gérer tout ça une formation sur 8 semaines en pleine conscience qui m' a beaucoup apporté je n ai jamais compris pourquoi je m'infligeais cette reprise de poids ! car il s'agit bien de cela, j'avais la chance de perdre du poids rapidement sans trop d efforts et pourtant.... laisser venir les pensées sans se mettre en péril sans mettre en péril son "bonheur" sans mettre quelque chose à la place MERCI MERCI à vous
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