Gestion des EME - 06082011

Anick.
Abonné

Je n'y arrive simplement pas. C'est que sur le coup, je suis tellement submergée que je me fous un peu de mes résolutions, de ma vie, de mes envies. J'arrive au moins à identifier que je suis prise avec une émotion, mais ça ne m'empêche pas d'aller me précipiter sur le nutella, de trop manger, puis de m'en vouloir.

Dans mon carnet de gestion des EME, je n'ai pas pu gérer une seule fois mes EME en prenant un espace de respiration. Il faut dire qe la majorité du temps, avec mon bébé, il est logistiquement bien plus simple de me tourner vers le pot de Nutella que de prendre un 3 minutes pour moi.

Avec les deux dernières semaine, j'ai repris tout le poids (et ce n'était pas une tonne!) que j'avais perdu avec LineCoaching.

Je suis royallement découragée et ne voit pas le bout de tout ça.

Est ce que la suite du programme aura d'autres pistes pour moi ou est ce que je devrais en rester là jusqu'à ce que j'arrive à passer par dessus ça? (J'ignore comment, mais si d'autres l'ont fait avant moi, c'est surement humainement possible!!!)

Commentaires

jpzermati
Votre coach

Bonjour Anick,

Il ne faut surtout pas vous décourager. Le traitement des EME est le vrai défi à relever. Mais c'est absolument possible. Simplement cela prend du temps et cela nécessite de pratiquer les exercices dans un esprit très particulier.

Tout d'abord, il faut apprendre à observer une émotion. Cela n'a rien d'évident et revient un peu à observer un orage tout en restant dessous. Cela nécessite donc l'apprentissage de certains outils. On commence donc par apprendre à observer sa respiration, ses sensations gustatives, ses sensations corporelles, ses pensées... puis enfin ses émotions.

Ensuite quand on détecte une envie de manger, le réflexe que l'on doit cultiver est d'observer l'émotion qui l'a déclenchée. Il sera toujours temps d'aller manger. Le frigo ne va pas se sauver.  Le but n'est pas de faire disparaitre cette émotion. Seulement de l'observer pour l'examiner, voir ce qu'elle devient. Vouloir la faire disparaitre reviendrait à réintroduire une nouvelle émotion dans le circuit alimentaire. Donc la possibilité d'une nouvelle EME.

Au terme de cette observation, il est possible que l'on choisisse de manger pour se réconforter. Il ne s'agit donc pas non plus de faire obligatoirement disparaître cette envie de  manger. Mais dans ce cas, on n'est déjà plus dans l'impulsion. On est dans la prise de décision d'une action. Les quantités ne seront pas les mêmes. On choisit donc de manger pour se réconforter. Il faut pour cela choisir un aliment réconfortant, pas n'importe quel aliment. Et il faut pouvoir le manger sur le mode de la dégustation. En prenant son temps, sans perdre une miette du réconfort attendu. Mais pour cela, il ne faut déjà plus être dans la restriction. Il faut pouvoir manger un aliment riche, sans faim et sans se faire de reproche. Nous sommes à l'opposé d'une compulsion.

Certes, vous aurez mangé sans faim. Vous vous rendrez compte au repas suivant que vous avez moins faim ou même pas faim du tout. Eh bien, vous mangerez moins, plus tard ou pas du tout.

Quel bilan tirer de tout cela.

A court terme, vous aurez mangé de moindres quantités que si vous aviez fait une compulsion habituelle. Et surtout, au final, vous aurez efficacement géré votre émotion et votre poids.

Mais le résultat le plus important s'obtient sur le long terme. Progressivement, en observant vos émotions, vous apprenez à vous familiariser avec elles. Vous acceptez qu'elles restent en vous sans chercher à les faire disparaitre par des prises alimentaires. Même si les 40 premières fois, vous choisissez chaque fois de manger,  vous constaterez que de plus en plus souvent ce sont d'autres choix qui s'imposent à vous. Manger deviendra progressivement une option possible et non plus une réponse systématique.

C'est pourquoi, il est extrêmement important de ne pas non plus chercher à vouloir se débarrasser de ses envies de manger. Cela reviendrait encore une fois à réintroduire des émotions dans le circuit alimentaire. Avec encore un risque d'EME. Il faut simplement que manger devienne une simple option possible.

Comme vous le voyez, tout cela est complexe, nécessite du temps et des entrainements.  Mais c'est POSSIBLE. Et nous savons comment le faire.

Alors, faisons-le !

Anick.
Abonné

Vous avez raison, cela n'a rien d'évident, mais vous lire est réconfortant. J'ai l'impression, lorsque je compulse, que c'est automatiquement une catastrophe pour mon poids. À vous lire, ce n'est pas vraiment un problème et que tout n'est qu'une question de temps. Je vais tenter de continuer mon parcours avec zenitude! 

Ce n'est pas toujours facile, les lendemains de jours de compulsions, mais vos paroles enlèvent la culpabilité de l'équation. J'ai l'impression qu'avec ce que j'ai mangé aujourd'hui, je pourrai passer une semaine sans manger. Le défi est d'arriver à ne pas voir ça comme une punition...

Je vous remercie au passage de votre présence sur ce forum et sur le chat. Je suis certaine que je ne suis pas la seule qui trouve vos réponses si éclairantes et aidantes. Moi qui aurait aimé vous consulter à l'époque où j'ai lu vos livres mais ayant un petit océan à traverser pour arriver à Paris, j'apprécie aujourd'hui énormément le temps et l'énergie que vous consacrez à ce site, avec votre équipe! 

jpzermati
Votre coach

Merci Anick pour votre gentil message.

J'en profite pour ajouter une précision.

Toute la difficulté du traitement des EME est de ne pas tenter de les traiter avec des moyens qui introduiraient de nouvelles émotions. Car toute émotion augmente l'envie de manger.

C'est pourquoi lutter pour faire disparaitre l'émotion qui a déclenché l'envie de manger ou lutter pour faire disparaire l'envie de manger ne peut que se solder par une aggravation.

Quand vous dites que mes explications vous aident à faire disparaitre la culpabilité de l'équation, vous êtes dans la bonne voie. Car cette culpabilité a pour effet d'augmenter l'intensité de la compulsion et la pénibilité des lendemains.

Plus vous êtes dans l'observation du phénomène compulsif, moins vous êtes dans le jugement et plus vous vous raprochez de la solution.

 

Je vous souhaite un dimanche paisible à Montréal.

sikkim.
Abonné

[quote=jpzermati]

Merci Anick pour votre gentil message.

J'en profite pour ajouter une précision.

Toute la difficulté du traitement des EME est de ne pas tenter de les traiter avec des moyens qui introduiraient de nouvelles émotions. Car toute émotion augmente l'envie de manger.

C'est pourquoi lutter pour faire disparaitre l'émotion qui a déclenché l'envie de manger ou lutter pour faire disparaire l'envie de manger ne peut que se solder par une aggravation.

Quand vous dites que mes explications vous aident à faire disparaitre la culpabilité de l'équation, vous êtes dans la bonne voie. Car cette culpabilité a pour effet d'augmenter l'intensité de la compulsion et la pénibilité des lendemains.

Plus vous êtes dans l'observation du phénomène compulsif, moins vous êtes dans le jugement et plus vous vous raprochez de la solution.

 

Je vous souhaite un dimanche paisible à Montréal.

[/quote]

Bonjour,

J'ai du mal à saisir le concept d'observation. Pour observer ne faut-il pas un minimum de recul ? Quand nous sommes pris dans une émotion nous ne sommes justement pas dans le recul.

jpzermati
Votre coach

C'est très juste Sikkim,

C'est généralement ce qui se passe. Mais ce n'est pas obligatoirement ce qui doit se passer. Et précisément, ce sont les exercices de pleine conscience qui nous permettent d'obtenir ce recul nécessaire.

Cela suppose de l'entrainement.

sikkim.
Abonné

Je vois... Si je vous comprends bien la RPC est un excercice clé que nous devons continuer à pratiquer bien au delà des 4 jours. Tous les jours même.

Est-ce que la RPC doit s'effectuer obligatoirement dans le silence ou pouvons-nous l'accompagner d'une musique relaxante ?

jpzermati
Votre coach

En fait, la pleine conscience est une technique que nous utiliserons pour travailler dans deux domaines : les sensations alimentaires et l'impulsivité alimentaire (les émotions déclenchent des envies de manger, les fameuses EME).

La RPC n'est que l'un des exercices de pleine conscience. Il sera suivi au cours du programme par d'autres exercices de pleine conscience.

Le traitement de l'impulsivité est un aspect majeur du programme. L'expérience nous a montré que le traitement de la restriction cognitive et le travail sur les sensations alimentaires permettent d'obtenir la perte de poids dans la plupart des cas. Mais certaines personnes ne parviennent pas à maigrir du fait de l'influence de leurs émotions sur leur comportemenent alimentaire. Ou bien maigrissent dans un premier temps puis reprennent du poids plus tard toujours du fait de leurs émotions. Il est donc indispensable de prendre en compte cette difficulté d'une part pour accompagner la perte de poids. D'autre part pour prévenir la survenue des rechutes.

Le traitement de choix de l'impulsivité alimentaire est la pleine conscience.

 

Le but n'est donc pas de parvenir à un état de relaxation mais à un état d'acceptation des situations d'inconfort émotionnel.

Anjana.
Abonné

J'ai du mal encore à faire la différence ds ma pratique entre la pleine conscience, et la relaxation , aprés la RPC que je pratique 3xjour , je me sens plutôt relaxée, les paupiéres lourdes, c'est ma respiration qui devient plus ample qui m'engourdit  (je crois)

par contre, je suis beaucoup plus sereine ds la vie quotidienne et vis à vis de mon alimentation, la pratique du body scan vient rajouter encore de la sérénité

alors pleine conscience ou pas ?

That's the question!

zou29.
Abonné

Dr Z ou A, je n'arrive pas à faire la RPC, car en observant ma respiration elle s'accélère, ou je prends des respirations amples ou je transforme en cohérence cardiaque que j'ai déjà pratiquée.

je fais donc de le pleine conscience sans observer ma respiration, souvent ds la journée, bien sûr çà ne dure pas longtemps, c'est une espèce de recentrage que j'ai appris au yoga et j'y arrive très bien.

est ce que çà va faire l'effet de la RPC sur mon comportement alimentaire ? ou bien je dois  persévérer, continuer, car la RPC de 10mn est bien plus longue que des secondes de pleine conscience ds la journée...qu'en pensez vous ?

jpzermati
Votre coach

En fait, la relaxation et la pleine conscience ne sont pas pratiquées avec la même intention.

Dans la relaxation, l'intention est de sortir relaxé de l'exercice. On pourrait considérer que l'objectif n'est pas atteint si l'état de relaxation n'a pas été obtenu.

Dans la pleine conscience, l'intention est seulement d'avoir été conscient de ce qui s'est passé pendant la durée de l'exercice. Avoir perçu les sensations de la respiration, les pensées qui sont venues nous distraire, les émotions que nous avons ressenties ou toute autre chose qui aurait pu se produire. Agréable ou désagréable.

La respiration ou le scan corporel en PC et la relaxation ont l'air de se ressembler parce que, là, la PC porte sur des objets, la respiration et les sensations physiques, qui sont souvent apaisants. Mais ce n'est pas toujours le cas. Il peut être très stressant pour une personne fâchée avec son corps de laisser son attention se porter sur certaines parties de son corps. C'est à ce moment-là qu'on ouvre sa conscience à ce qui se passe, sans chercher à le juger ou le chasser. Il s'agit "seulement" d'en prendre conscience et d'acceuillir se qui se présente.

Ce n'est pas si évident et, au début, pas toujours si relaxant.

C'est ainsi que progressivement on en vient à pouvoir observer ses émotions et ne plus y réagir de façon réflexe par des prises alimentaires.

Comme vous le constaterez, le bénéfice procuré par la PC dépasse largement le champ alimentaire.

jpzermati
Votre coach

Bonjour zou,

En fait, il est probable qu'en faisant vos exercices de RPC vous tentiez de contrôler votre respiration. Pour le moment, en observant vos efforts de contrôle, vous êtes précisément dans la PC. En maintenant votre observation, votre respiration va progressivement retrouver son cours normal.

 

Il est tout à fait possible de pratiquer ce qu'on appelle des exercices informels de PC qui consistent, comme vous le faites, à observer une activité de routine. Mais le but de nos exercices est de vous amener à supporter vos émotions. La RPC n'est que le début de cet ambitieux projet.

Je vous suggère de méler votre pratique informelle avec vos exercices formels. Et d'avancer à votre rythme.

zou29.
Abonné

merci pour votre réponse concise. je vais tacher de m'appliquer à faire 2 rpc de 10mn par jour.

j'ai commencé à remplir mon carnet EME. je ne comprends pas la dernière question sur l'élément déclencheur, ni ce qu'il faut répondre... pourriez vous me l'expliquer ?

je suis un peu perturbée par ce carnet, je ne pensais pas avoir autant d'EME, du moins je ne m'en rendais pas compte, çà me chamboule!

jpzermati
Votre coach

Il arrive que le carnet des EME soit assez perturbant. Certaines personnes n'ont pas vraiment conscience de leur état émotionnel. Dans ce cas, ce sont leurs envies de manger qui jouent le rôle de révélateur et leur dévoilent la présence de leurs émotions. C'est ainsi qu'on peut se découvrir beaucoup d'émotions qui étaient masquées par la prise de nourriture. 

 

L'élément déclencheur est la situation qui a provoqué cette émotion.

Je reçois une mauvaise nouvelle. Ma gorge se serre, ma respiration s'accèlère, mon estomac se noue... Je suis angoissée. J'ai très envie de manger.

Le fait de manger va atténuer l'intensité des signaux physiques et détourner mes pensées de cette mauvaise nouvelle. Je mange pour me soustraire à cet inconfort émotionnel.

 

 

L'élément déclencheur est la mauvaise nouvelle.

Mais l'élément déclencheur peut survenir à distance de l'envie de manger. Il peut s'être produit le matin, la veille. Ou il peut ne pas s'être encore produit. J'appréhende la soirée que je dois aller passer chez ma mère ou la semaine de vacances au bord de la mer pleine de filles toutes minces.

Parfois, l'élément déclencheur est un simple ennui. Je suis désoeuvrée ou ce que je fais ne m'interesse pas. Dans ce cas, les signes physiques peuvent être très discrets : apathie, affaissement de la posture, lègère agitation interne...

Anick.
Abonné

M. Zermati,

J'ai révisé mes carnets, et certains de vos écrits et un certain déclic s'est fait. J'ai réalisé que ce qui m'emmène les émotions les plus sesceptibles de me pousser vers une EME sont le perfectionnisme et le contrôle. Je connais votre méthode depuis des années mais je l'ai toujours appliquée comme un régime, en m'interdisant de dépasser ma stricte satiété et en guettant comme une paranoïaque mes sensations, ce qui finit par mener à une certaine fatigue mentale, à un sentiment d'imperfection et de contrôle toujours insuffisant, donc à des compulsions, mais tout de même modérées et vraiment moindres que dans mes périodes de régime.

Depuis quelques jours, j'ai décidé de lever les restrictions tout en appliquant ce que j'ai appris de votre méthode, de manger sans stress, sans obligation, librement, quitte à manger plus et à attendre la faim ensuite, avec le seul but de déguster et d'être satisfaite. Étonnament, mes signaux corporels sont vraiment plus clairs et mes EME se sont évaporées! 

Je me sens si bien, mais je suis aussi terrorisée. Il y a se lâcher et se Lâcher! C'est tellement évident que je n'arrive pas à croire que je puisse maigrir de cette façon. Je suis terrorisée à l'idée de grossir, et même à l'idée de rester comme je suis (1m57, 80kg...) Ne faut-il pas se contrôler au moins un peu? Je n'ai peut-être plus de crises, mais je mange davantage le reste du temps, en attendant toutefois le retour de la faim pour remanger. J'ai l'impression qu'à trop me concentrer sur mes sensations et l'exercice parfait de la méthode, je perds vraiment la spontanéité et la légèreté de la chose, et viennent les crises. Mais tout de même, n'est ce pas risqué de prendre du poids en ne se restreignant pas du tout? En mangeant parfois et même régulièrement un chouilla trop? Est ce que je fais trop confiance à cette fameuse régulation? 

Est ce que j'ai bien compris le fonctionnement de votre méthode ou est ce que je me dirige dans un mur? Je me sens si libre que ça me terrorise! Pardonnez moi mes angoisses un peu débiles, mais je crois que je viens de comprendre de l'intérieur un peu plus votre méthode, et c'est tout un choc. J'ai l'impression de ne pas être claire, mais ce que j'essaie de dire, c'est que j'ai peur de passer à coté d'un truc important et de faire fausse route tant la route est belle et agréable! Est ce que je me lâche un peu trop? Devrais-je revenir à une façon de manger très agréable mais plus controlée?

Merci!

Anick

jpzermati
Votre coach

Bonjour Anick,

C'est formidable. Vous êtes parfaitement sur la bonne route. Elle est effectivement belle et agréable. Il n'est pas obligatoire de progresser dans la souffrance.

Paradoxalement, la pression que vous vous mettez à respecter les sensations alimentaires vous empêche même de les percevoir correctement et de les respecter. Vous en venez à faire un régime de sensations alimentaires. Et c'est le fait de ne pas respecter la faim ou la satiété qui entraîne alors les compulsions.

Il ne faut pas craindre de lâcher le contrôle de votre comportement alimentaire. C'est ainsi que vous pourrez laisser vos sensations prendre le contrôle du comportement alimentaire. Ce sont elles qui doivent travailler. Pas vous ! Voilà ce qui donne cette impression extraordinaire de liberté. Les sensations prennent le contrôle.

Ce qu'il faut savoir c'est que le comportement alimentaire est naturellement contrôlé par les sensations alimentaires. Les problèmes apparaissent quand vous essayez de prendre vous même le contrôle. Ou que les émotions prennent le contrôle. C'est comme si on mettait deux capitaines sur le même navire.

Il faut accepter de ne pas être le capitaine et de se comporter en simple matelot. Vous avez juste à faire confiance à votre capitaine et à respecter ses indications. Vous verrez comme c'est reposant. Le capitaine vous dit : il faut manger. Et vous n'avez plus qu'à vous demander ce qui vous ferait le plus plaisir.

Pour ce qui est de la satiété et du rassasiement, il y a encore du travail. Mais n'ayez pas d'inquiétude. Nous allons vous faire travailler ces sensations et bientôt vous retrouverez la même sérénité qu'un mangeur régulé.

 

Alors oui, il faut du contrôle dans le comportement alimentaire. Mais pas le votre. Faites travailler vos sensations.

Bravo, Anick.

zou29.
Abonné

décidemment JPZ, j'ai des difficultés avec mes émotions...je suis peut être en train d'ouvrir la boite de Pandore avec ce carnet ! non seulement je ne sais pas reconnaitre mes émotions quand j'en ai, mais en plus je ne sais même pas si j'en ai et impossible de retrouver l'élément déclencheur.

ben oui parce que je me sens zen, sans colère,  ma vie de retraitée est des plus agréable, je n'ai pas de soucis...enfin peut être que ce n'est qu'une croyance ?

voilà hier belle journée, après diner, je m'installe confortablement devant la retransmission d'un concert exceptionnel, et là je prends une glace au caramel : je n'aime pas les glaces, je n'aime pas le caramel, ni le sucre, c'était un petit pot de 100ml (80g), il a fallu que je le finisse comme une punition puisque je n'aime pas çà ! pourtant tout était parfait, soirée en amoureux avec mon mari après 30km de vélo dans la journée.

ma question est : est ce que le fait de manger une glace que je n'aime pas, sans faim, sans envie ? doit être considéré comme une EME ? et si oui quel est l'élément déclencheur : la télé ? car je ne mange les glaces (que je n'aime pas) toujours dans la même situation : uniquement devant la télé et le soir, peut être parce que en faisant autre chose en même temps, je ne sens pas le goût ?

je suis incapable de remplir mon carnet pour hier à savoir si je dois indiquer que j'ai eu une EME ou pas ??

je suis tellement chamboulée par ce que je découvre, que je me dis que je suis en train de mettre le doigt sur quelquechose de très important pour moi.

pouvez vous m'aider Docteur ? merci d'avance...

jpzermati
Votre coach

Il n'y a pas que les émotions négatives qui peuvent faire manger. On peut effectivement manger pour atténuer des émotions négatives mais aussi pour amplifier des émotions positives. Ce qui semble ici avoir été le cas. Vous mangez pour accentuer un état de détente et de bien-être. Il s'agit bien d'une EME.

Tout va bien, la soirée est super. La journéee a été merveilleuse. Je m'apprête à passer une soirée en amoureux avec mon mari, j'écoute un concert exceptionnel. Et là je me dis, c'est absolument parfait.... Mais est-ce que ce ne serait plus que parfait avec un petit quelque chose à grignoter ?

Et c'est là que tout bascule. Je mange une glace qui n'est pas vraiment bonne, je me rends compte que je la mange sans faim. Et là je ne peux pas m'arrêter parce qu'il n'y a pas de rassasiement. La magie n'opère pas. La glace ne procure pas le plaisir attendu, peut-être même que j'ai peur de grossir... et je fabrique des émotions négatives. Donc encore une EME. 

 

Donc la prochaine fois, mieux vaudra éviter les mauvaises glaces au caramel. Et choisir un aliment réellement réconfortant que vous apprécierez à sa juste valeur : le petit quelque chose en plus de cette formidable journée. A déguster sans peur et sans reproche !

 

Moi, devant un bon film, il me suffit d'un ou deux finger. Et je trouve que le film est encore mieux !

 

 

 

zou29.
Abonné

merci beaucoup Dr pour votre aide.

vous expliquez les choses vraiment clairement, je n'avais pas pensé au renforcement de l'émotion positive...mais alors c'est peut être ce que je fais souvent le soir, je me sens tellement bien, calée confortablement, qu'il me faut un ptit qqchose en plus ? je vais penser à m'acheter des friandises qui me font vraiment plaisir, que j'aime, et le plaisir sera maximum, donc le rassasiement plus rapide ! je crois que de découvrir çà,  va me faire changer de comportement du moins pour les glaces ! et tant mieux parce que en plus de ne pas l'aimer, elle me coupe la digestion (dixit ma naturopathe).

merci encore

Anick.
Abonné

"On peut effectivement manger pour atténuer des émotions négatives mais aussi pour amplifier des émotions positives. Ce qui semble ici avoir été le cas. Vous mangez pour accentuer un état de détente et de bien-être. Il s'agit bien d'une EME."

Merde, un autre truc qui me parle un peu trop... Saletés d'EME!

Giamilla.
Abonné

Topez là les filles ! au moins je vois que je ne suis pas la seule à manger dans ce cas. La fâcheuse tendance à amplifier toute situation agréable / positive avec de la (bonne et encore pas toujours, comme pour tes glaces) nourriture ne me lâche pas. 

Quand je fais ça, je culpabilise.... je me demande pourquoi je ressens ce besoin, telle la petite fille gâtée qui n'a pas à se plaindre mais veut toujours plus ? ne peut-on pas seulement se satisfaire du moment présent, à savoir un moment avec son conjoint devant un bon film ? ça me perturbe, ce besoin de rajouter un petit quelque chose au tableau et qu'apparemment nous sommes plusieurs à avoir.

Flowerbomb.
Abonné

je vais vous raconter mon expérience à ce sujet. il y a pas mal d'années j'ai fait une dépression. j'allais mal depuis des années mais j'étais toujours coquette, mincelette, sans trop d'efforts, la fille parfaite quoi.... dès que j'ai commené à aller mieux, paradoxalement, j'ai commencé à manger de plaisir tout me plaisait je découvrais le bonheur de manger, l'odeur des fleurs, la couleur du ciel et............j'ai pris 12 kilos en 6 mois.......... alors oui, on peut manger de bonheur.

Giamilla.
Abonné

Je te crois totalement. J'ai toujours pris du poids à des moments de ma vie où j'étais heureuse, que je me sentais bien. 

Le truc, c'est qu'en creusant un peu plus (et grâce à M. Zermati), j'ai compris une chose. Oui, il y a une part de moi qui savoure mieux un bon repas quand elle est heureuse : le stress, la peur et l'angoisse me coupent l'appétit en général (je ne peux avaler quoique ce soit avant une audition ou un examen à la fac). 

Mais j'ai aussi compris que j'ai des fois l'impression de ne pas mériter mon bonheur. Du coup, je lui trouve une raison autre que ce qu'il est simplement. L'amour de mon mari ou encore faire de bonnes études universitaires ? oui, ça me rend heureuse. Mais j'ai le sentiment, caché un peu au fond de moi, que c'est trop beau pour moi. Du coup, je mange. 1) ça me donne une raison tangible d'être heureuse, un truc vrai, comme si je ne croyais pas au reste 2) une part de moi un peu masochiste vient entacher ce bonheur avec de la compulsion. 

Joie... la route est encore longue !

Anick.
Abonné

J'aurais pu écrire la même chose, mot pour mot, Giamilla... La route est encore longue, mais au moins, on est sur la bonne route!

sikkim.
Abonné

Je comprends mieux pourquoi je grossis quand je commence une relation sentimentale :-(

zou29.
Abonné

Dr Zermatti, je viens de découvrir que ce sont les EME qui me font manger sans faim !!! parce qu'autrement je mange presque bien et avec bonheur !

mais alors comment arrêter cette spirale infernale ???est ce qu'on va travailler là dessus ? parce que dans ces cas là le soir devant la télé, j'ai l'impression que rien ne peut m'arrêter, je ne sais même pas quand çà arrive.

bon j'ai l'impression de bien avancer quand même mais maintenant que j'ai trouvé la source du problème, j'ai hâte d'avoir les solutions !

Flowerbomb.
Abonné

Giamilla,

oui, tu écris exactement ce qu'il en est c'est parce qu'on se sous-estime qu'on est dans cet engrenage. on se dit qu'on mérite pas tout ce bonheur qu'on est pas à la hauteur alors on doit fusiller tout ça avec des comportements masochistes. c'est plus facile d'être malheureux. il n'y a pas de remise en question.

les soucis ne me font pas manger non plus. ce matin même j'ai eu une grosse déception, comme si j'avais pris un coup de massue sur la tête, un baffe dans la figure, un coup de poignard dans le ventre........si j'étais pas assise je serai tombée.....eh bien, on avait notre petit déj. de bureau et ma gorge était bloquée rien ne passait....

mereleub.
Abonné

bonjour, j'aimerai savoir quand se débloque le carnet sur les EME?

Jade.
Abonné

Cher docteur, 

Par rapport aux EME, je n’ai pas encore compris ce que je dois faire quand elles se présentent: tenter de résister à l’EME en essayant de rester comme vous dites sous l’orage en « l’observant » ou dois je céder à mon envie de manger en dégustant l’aliment choisi ? Vous dites que manger doit être une option et non plus une réponse automatique, que puis je faire à la place de manger face à une EME? Attendre qu’elle passe ? Si oui comment le faire ? Je précise que je n’ai pas encore accès à la RPC

Par ailleurs une EME non satisfaite finit elle par passer vraiment ou se représentera-t-elle tôt ou tard ? Ces EME sont un peu mon gros problème… Merci d’avance pour votre réponse. J’aimerais tant retrouver un rapport serein avec la nourriture et ne plus en être obsédée…

zou29.
Abonné

à force de travailler sur  mes EME, je me suis mise à m'observer en situation d'inconfort voire d'anxiété ou d'angoisse !

et je me suis rendue compte que ces situations plus nombreuses que je ne l'aurai pensé, ne finissent pas toujours par une EME.

je n'ai pas encore trouvé pourquoi certaines fois elles finissent par des EME et d'autres fois non, sauf que mes EME sont pratiquement toujours le soir après manger !

et si la clé était de s'observer dans toutes ces situations afin de trouver un comportement qui ne soit pas toujours soit celui de la fuite, vite s'activer, se remplir, faire autre chose pour enlever la chose désagréable, soit  celui, qui nous concerne ici, de se remplir l'estomac !!!

qu'en pensez vous docteur ?

capuccino
Marraine

Bouh, les filles, je viens de lire la totalité des échanges de ce post et là, la panique vis à vis du carnet que je vais bientôt avoir à remplir moi aussi et des EME dont je n'ai pas conscience aujourd'hui. Du coup me voilà avec un grosse boule à la gorge et une envie de pleurer, et tout à coup une phrase lue ressurgit "mettre sa vie entre parenthèse en attendant d'être mince"...Et tout à coup une espèce de révélation douloureuse, cela ferait-il 46ans de ma vie que j'attends que ma mère vienne me chercher chez ma grand-mère chez qui elle nous avait laissé ma soeur et moi ?...D'ailleurs cette année-là, d'une petite fille maigre, je suis passée à une petit fille boulotte qui a pris 11 kgs en 1 an à peu près...J'ai cru que ma mère me laissait chez ma grand-mère parceque je ne mangeais pas assez à l'époque ...Depuis j'ai mangé, maigri, mangé, maigri...et je suis restée dans l'attente d'un jour meilleur...Je croyais cette histoire résolue, mais je suis bouffée par l'émotion. Allez un petit coup de PC s'avère très utile.

Merci d'avoir partagé votre vécu, vos sentations.

Jade.
Abonné

[quote=capuccino]

Bouh, les filles, je viens de lire la totalité des échanges de ce post et là, la panique vis à vis du carnet que je vais bientôt avoir à remplir moi aussi et des EME dont je n'ai pas conscience aujourd'hui. Du coup me voilà avec un grosse boule à la gorge et une envie de pleurer, et tout à coup une phrase lue ressurgit "mettre sa vie entre parenthèse en attendant d'être mince"...Et tout à coup une espèce de révélation douloureuse, cela ferait-il 46ans de ma vie que j'attends que ma mère vienne me chercher chez ma grand-mère chez qui elle nous avait laissé ma soeur et moi ?...D'ailleurs cette année-là, d'une petite fille maigre, je suis passée à une petit fille boulotte qui a pris 11 kgs en 1 an à peu près...J'ai cru que ma mère me laissait chez ma grand-mère parceque je ne mangeais pas assez à l'époque ...Depuis j'ai mangé, maigri, mangé, maigri...et je suis restée dans l'attente d'un jour meilleur...Je croyais cette histoire résolue, mais je suis bouffée par l'émotion. Allez un petit coup de PC s'avère très utile.

Merci d'avoir partagé votre vécu, vos sentations.

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@Cappucino un gros bisous, j'ai eu envie de te faire un gros bisous d'encouragement tellement ton message m’a ému et remué quelque chose en moi… Nous trainons toutes un peu des "valises" lourdes et pesantes de notre enfance mais on doit résolument aller de l'avant: je le dis d'abord pour moi ...Sur ce forum on se sert les coudes et ça n'a pas de prix. Merci à toutes !

Si vous saviez le nombre de fois que je voudrais me remplir juste pour me réconforter ? Non je ne peux plus continuer ainsi…. Merci à Zermati qui nous offre une méthode  qui nous contraint à « replonger » en nous même pour « renaitre » meilleure . Bisous à toutes et bon courage ! Moi, chaque fois que j’en ai besoin  je viens vous lire sur le forum… heart

mereleub.
Abonné

c'est dur la gestion des EME , je me rends compte que c'est en rentrant du travail ou en milieu d'apres-midi qu'elles sont le plus présentes,et c'est très difficile de resister...

mereleub.
Abonné

lorsque j'etais enfant les gateaux et bonbons etaient une récompense.. Et à la ferme il y a des oeufs d'ou desserts tous les jours. Pour moi les fruits etaient un post-dessert apres les gateaux et autres crèmes, d'ou pleins de difficultées avec le sucré...

jpzermati
Votre coach

et si la clé était de s'observer dans toutes ces situations afin de trouver un comportement qui ne soit pas toujours soit celui de la fuite, vite s'activer, se remplir, faire autre chose pour enlever la chose désagréable, soit  celui, qui nous concerne ici, de se remplir l'estomac !!!

qu'en pensez vous docteur ?

 

 

Bonjour à Toutes et à tous,

Le coeur des EME est l'impulsivité alimentaire : toute émotion peut déclencher une envie de manger. Si bien que tout le problème consiste à trouver des solutions qui ne génèrent pas de nouvelles émotions. Aussi l'attitude face aux EME est assez paradoxale. Il ne faut pas vouloir faire disparaitre ni l'émotion ni l'envie de manger sous peine de risquer introduire de nouvelles émotions dans le circuit alimentaire et augmenter l'envie de mannger.

Plutôt que de lutter contre son inconfort émotionnel, il s'agit donc d'apprendre à observer son émotion (pleine conscience de la respiration, des sensations physiques, des pensées...) sans chercher à vouloir la faire disparaitre. Au terme de cette observation, au cours de laquelle on se familiarise avec ses émotions, l'émotion peut avoir disparu ou pas, des solutions ont pu émerger ou pas et on peut décider que la meilleure solution est peut-être de céder à son envie de manger. Dans tous les cas, on n'est plus dans l'impulsivité. On vient de poser un choix et une décision. La façon de manger n'est plus la même. Elle est d'autant différente qu'on vient de choisir de manger pour se réconforter et qu'on va prendre le temps de déguster un aliment réconfortant afin de ne pas perdre une miette du réconfort attendu. Et là, on n'est plus dans la compulsion. Les quantiés ne sont plus les mêmes. Par la suite, on mangera ce que la faim nous commande de manger et on laissera la régulation faire son travail.

A court terme, on a correctement régulé son émotion et son poids. A long terme, on apprend à faire face à ses inconforts émotionnels.

 

Tout cela demande l'acquisition de nouvelles compétences (pleine conscience, dégustation, traitement de la restriction cognitive). Le traitement des EME est le véritable défi du mangeur émotionnel que nous sommes tous à des degrès différents.

C'est du boulot, mais on n'est pas manchot non plus.

Et nous sommes là pour vous aider.

 

Bon courage à toutes et à tous.

 

JPZ

mereleub.
Abonné

en ce qui concerne la gestion des EME ,je cède souvent mais ensuite je suis maintenant capable de sauter le repas suivant, ce qui est un grand progrès pour moi. Pas d'effet sur le poids par contre

Patience
Marraine

[quote=capuccino]

" (...) une phrase lue ressurgit "mettre sa vie entre parenthèse en attendant d'être mince"...Et tout à coup une espèce de révélation douloureuse, cela ferait-il 46ans de ma vie que j'attends que ma mère vienne me chercher chez ma grand-mère chez qui elle nous avait laissé ma soeur et moi ?...D'ailleurs cette année-là, d'une petite fille maigre, je suis passée à une petit fille boulotte qui a pris 11 kgs en 1 an à peu près...J'ai cru que ma mère me laissait chez ma grand-mère parceque je ne mangeais pas assez à l'époque ...Depuis j'ai mangé, maigri, mangé, maigri...et je suis restée dans l'attente d'un jour meilleur...Je croyais cette histoire résolue, mais je suis bouffée par l'émotion. (...)".

[/quote]

 

Capuccino, je suis moi aussi assez émue par ce souvenir que tu as bien voulu partager avec nous. C'est vrai qu'on imagine souvent que certains évènements sont du passé ; mais en fait ils laissent parfois une longue griffure dans la peau... Je pense qu'à travers LC nous tentons aussi de panser ces blessures ouvertes...

Moi aussi je me rends compte que j'attends d'être mince pour vivre pleinement ma vie... Pas drôle, mais au moins j'en ai pris conscience et je me dis que c'est déjà beaucoup.

Alors bon courage pour tout !

Patience
Marraine

[quote=jpzermati]

 

" (...) Plutôt que de lutter contre son inconfort émotionnel, il s'agit donc d'apprendre à observer son émotion (pleine conscience de la respiration, des sensations physiques, des pensées...) sans chercher à vouloir la faire disparaitre. Au terme de cette observation, au cours de laquelle on se familiarise avec ses émotions, l'émotion peut avoir disparu ou pas, des solutions ont pu émerger ou pas et on peut décider que la meilleure solution est peut-être de céder à son envie de manger. Dans tous les cas, on n'est plus dans l'impulsivité. On vient de poser un choix et une décision. La façon de manger n'est plus la même. Elle est d'autant différente qu'on vient de choisir de manger pour se réconforter et qu'on va prendre le temps de déguster un aliment réconfortant afin de ne pas perdre une miette du réconfort attendu. Et là, on n'est plus dans la compulsion. Les quantiés ne sont plus les mêmes. Par la suite, on mangera ce que la faim nous commande de manger et on laissera la régulation faire son travail.

C'est du boulot, mais on n'est pas manchot non plus. (...)

 

[/quote]

 

Bonjour M. Z,

Merci pour cette explication sur la bonne gestion des EME. Vous l'avez déjà décrite à maintes reprises, mais c'est toujours bon de lire et relire vos mots et ceux de M. A... Et merci pour la dernière phrase car vous avez raison : "on n'est pas manchot, non plus !" :-)

Bon courage à vous aussi pour tout le travail qui vous attend et... n'oubliez pas de dormir un peu (message posté à 1h12 du matin, pendant que beaucoup d'entre nous dormaient !!)

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