peut on considérer certains troubles alimentaires comme une addiction ? - 11022012

sillyconne.
Abonné

Bonjour,

Je me demande si les troubles, rapports "conflictuels" à la nourriture, compulsions ... peuvent être comparés à une addiction, dans le sens de relation de dépendance (sans parler de boulimie ou anorexie mentale) ?

En vous remerciant !

Commentaires

sagattine.
Abonné

Bonjour,

Il me semble avoir lu dans le blog des experts que notre rapport à la nourriture pouvait relever d'une addiction comportementale (comme le shopping compulsif, le sport compulsif,...) car ce comportement nous permettait d'éviter nos émotions. En revanche on ne peut pas considérer la nourriture comme addictive (hé oui même pas le chocolat!) car il n'y a pas de substance dans ce que nous mangeons qui rende accro, contrairement au tabac par exemple.

sillyconne.
Abonné

Par dépendance,  j'entends un mode de consommation compulsive avec des symptômes cognitifs, comportementaux et physiologiques

Reste à voir la phase de tolérance et de sevrage ?!

sillyconne.
Abonné

J'ai trouvé la réponse dans les "dossiers".....

G.Apfeldorfer
Votre coach

 

Bonjour sillyconne,

En voilà une question, qu’elle est bonne ! Vous avez raison, on peut considérer nombre de conduites alimentaires compulsives comme des addictions.

Le mécanisme profond de l’EME est l’évitement émotionnel. C’est pour éviter toute chose pénible que l’on mange sous forme de compulsion. Manger freine les pensées pénibles et calme les émotions, mais malheureusement suscite des émotions secondaires (culpabilité, angoisse de grossir) qui conduisent à perpétuer les conduites alimentaires compulsives.

On peut à partir de là développer une addiction comportementale : le comportement compulsif devient de plus en plus fréquent, et est déclenché par des événements de plus en plus faibles.

Il convient de distinguer les addictions comportementales des addictions à des produits. Les principales addictions comportementales sont le jeu pathologique, le travail compulsif, le  sport compulsif, la tendance aux achats compulsifs, la kleptomanie, la nymphomanie, la pyromanie ou la trichotillomanie. Et bien sûr, les conduites boulimiques et des compulsions alimentaires.

Les principaux produits addictifs sont l’alcool, le tabac, les différents produits illicites.

Aucune nourriture ne répond aux critères des produits addictifs. Selon l’OMS il n’existe pas d’addiction ou de dépendance alimentaire. La tendance addictive tient à la tentative d’évitement des émotions, et non pas à l’aliment lui-même.

Cette différence est importante, car elle entraîne des stratégies différentes. Si on croit que le sucre est une drogue, on doit alors le bannir. Si on croit que l’EME est due à l’évitement émotionnel, mieux vaut se réconcilier avec les produits sucrés, travailler à augmenter sa tolérance aux émotions, afin de pouvoir manger les produits sucrés pour le plaisir qu’ils apportent, sans excès.

Si manger sur un mode compulsif représente une addiction comportementale, faire des régimes en représente dans bien des cas une autre. Dans les deux cas, on cherche à tenir à distance des problèmes psychologiques et émotionnels, et on devient dépendant d’une conduite ! On oscille alors d'une dépendance à l'autre, on aleterne régimes et excès, et dans les deux cas, on tient ses pensées pénibles et émotions à distance.

Bravo sagattine ! Je vois que nous n’écrivons pas pour rien ici et là, sur les forums !

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