Le rôle des bactéries intestinales dans le comportement alimentaire

Les chercheurs de l’Université de Rouen travaillent sur l’interaction intestin-cerveau, et notamment sur le rôle des bactéries intestinales pour influencer le comportement alimentaire dans nos sensations de faim, de satiété, et donc la régulation de l’appétit, la prise ou la perte de poids.

Le microbiote : la flore intestinale pour maigrir

 

100.000 milliards de bactéries composent notre flore intestinale, appelée aussi microbiote. Le “régime microbiote” privilégie une alimentation riche en fibres, donc en fruits et légumes, en céréales, en prébiotiques et probiotiques afin d’équilibrer la flore intestinale, pour permettre un meilleur transit intestinal, éviter les ballonnements, les gaz.

Mais on sait maintenant, depuis 2014, grâce aux recherches de l’unité Inserm de Rouen « Nutrition, inflammation et dysfonction de l’axe intestin-cerveau », que la flore intestinale est capable d’envoyer à notre cerveau des messages concernant les sensations alimentaires, notamment la sensation de satiété, pouvant ainsi réguler notre appétit… et notre poids.

 

Les bactéries intestinales et la prise de poids

 

Les bactéries intestinales pourraient jouer un rôle majeur dans la capacité de l’organisme à extraire de l’énergie des nourritures consommées (résidus alimentaires, assimilation des lipides), dans l’inflammation et la vascularisation de l’intestin grêle.

Mais aussi dans la synthèse de molécules pouvant interférer avec les neuromédiateurs jouant un rôle dans le contrôle du comportement alimentaire.

Une expérience a ainsi pu montrer que le transfert du microbiote de souris obèses pouvait induire une obésité chez des souris minces.

 

Les bactéries intestinales et la perte de poids

 

En poursuivant leurs recherches, les scientifiques de l’unité de l’Inserm, dirigés par Serguei Fetissov, ont particulièrement étudié la bactérie intestinale Escherichia coli, qui active la sensation de satiété en produisant une protéine (Clpb) 20 mn après le début d’un repas : exactement le temps qu’il faut en général à une personne pour se sentir rassasiée !

Une expérience également menée sur des souris a montré qu’exposées à la protéine bactérienne Cplb, les souris réduisent leur alimentation et perdent du poids.

Agir sur le microbiote, en modifiant sa composition bactérienne, pourrait être un moyen d’action. Mais, bien sûr, les recherches n’en sont qu’à leur début…

Ces expériences mettent aussi en évidence l’importance des sensations alimentaires de faim et de satiété, qui apparaissent comme essentielles pour la régulation du comportement alimentaire et la régulation du poids.

Sources : Unité « Nutrition, inflammation et dysfonction de l’axe intestin-cerveau » dirigée par Serguei Fetissov

  • Bacterial ClpB heat-shock protein, an antigen-mimetic of the anorexigenic peptide α-MSH, at the origin of eating disorders, Inserm, Université de Rouen, octobre 2014
  • Gut Commensal E. coli Proteins Activate Host Satiety Pathways following Nutrient-Induced Bacterial Growth. Cell Metabolism, novembre 2015
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