Le point sur l’échec des régimes

Le rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) publié en novembre 2010, dresse le constat des risques pour la santé liés aux régimes amaigrissants avec le constat d’un échec dans 80% à 95% des cas, à court et moyen terme.

Régimes pour perdre du poids : une inefficacité largement majoritaire

 

L’Anses a été chargée par le ministère de la santé d’évaluer les conséquences et risques pour la santé des régimes amaigrissants, dans le cadre du PNNS (Programme national nutrition santé). L’objectif était d’alerter et de mettre en place une prévention concernant les régimes alimentaires pratiqués sans le suivi de spécialistes en nutrition.

80% des personnes interrogées ont repris du poids un an après la fin de leur régime.

Le Dr Jean-Michel Lecerf, chef du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, président du groupe de travail des médecins de l’Anses, va même plus loin : pour lui, il y a reprise de poids dans 95% des cas, 3 à 5 ans après un régime amaigrissant.

 

Une reprise de poids qui augmente avec le nombre de régimes suivis

 

Un autre élément troublant : pour une personne donnée, chaque régime se révèle moins efficace que le précédent, et la reprise de poids est plus importante.

L’analyse des données scientifiques établit également que la pratique des régimes peut provoquer des modifications profondes du métabolisme énergétique de l’organisme. Ces dernières modifications sont souvent à l’origine du cercle vicieux d’une reprise de poids, éventuellement plus sévère, à plus ou moins long terme, précise le collectif de l’Anses dans son communiqué de presse.

C’est ce qu’on appelle aussi les “kilos yo-yo” : l’organisme, mis en état de disette, va stocker de plus en plus de réserves énergétiques, c’est-à-dire de graisses, quand on reprend une alimentation normale. La reprise de poids est inévitable, et plus importante que le poids perdu au départ.

Les experts pointent de plus une reprise pondérale renforcée si aucune activité physique n’est pratiquée.

Cette reprise de poids est effective quel que soit le régime suivi.

 

Les régimes amaigrissants sont dangereux pour la santé

 

En plus de leur échec pour une perte de poids durable, les régimes montrent des effets dangereux sur la santé physique et psychologique.

Le rapport scientifique liste les risques pour la santé des régimes amaigrissants pratiqués “pour l’esthétique”, sans le suivi d’un nutritionniste ou d’un diététicien :

  • Des effets néfastes sur le fonctionnement de l’organisme : notamment sur les systèmes osseux, cardiaque et rénal quand le régime est hyperprotéiné, ainsi que des risques de carences Une perte musculaire et osseuse inévitable même si le régime est hyperprotéiné
  • Un ralentissement du développement et de la croissance chez les enfants et les adolescents, et les fœtus des femmes enceintes
  • Des perturbations psychologiques, notamment des troubles du comportement alimentaire : la restriction cognitive, l’alimentation émotionnelle entraînent des phases d’hypophagie et d’hyperphagie, des compulsions, des “craquages”.
  • Modification de l’humeur, tendance à la dépression, perte de la confiance en soi et de l’estime de soi sont des conséquences fréquentes directement liées aux échecs à répétition des régimes amaigrissants.

 

Les recommandations du rapport concernant l'amaigrissement sans régime

 

L’enquête, après une étude exhaustive de tous les types de régimes amaigrissants, conclut qu’ils sont tous à éviter, “en dehors de la prise en charge de professionnels de santé”.

Il est plutôt recommandé une évolution des habitudes alimentaires pour ne pas dépasser les besoins, associée à la pratique régulière d’une activité physique.

 

Sources : ANSES, Rapport d’expertise collective, Groupe de Travail « Évaluation des risques liés à la pratique de régimes à visée amaigrissante », Comité d’experts spécialisés « Nutrition humaine », Novembre 2010 
//www.anses.fr/fr/system/files/NUT2009sa0099Ra.pdf

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