Les études scientifiques sur l’alimentation intuitive

L’article de synthèse de Van Dyke et Drinkwater paru dans la revue scientifique Public Health Nutrition en 2014 fait le point sur 26 études concernant l'alimentation intuitive.

L'alimentation intuitive : la solution pour retrouver son poids d'équilibre

Il ressort de ces études que l'alimentation intuitive est :

  • négativement corrélée avec l'indice de masse corporelle
  • positivement associée avec des indicateurs de bonne santé mentale, de bonne santé physique (tension artérielle, niveau de cholestérol) 
  • peut-être associée positivement avec une amélioration du respect des règles diététiques et des conduites alimentaires

Elle n'est cependant pas associée à une augmentation de l'activité physique. 

L'alimentation intuitive, selon les études cliniques, permet la stabilisation pondérale, mais il n'est pas certain qu'elle permette une diminution du poids conséquente.

Les bienfaits d'une alimentation intuitive

L’étude de Julie T. Schaefer et Amy B. Magnuson parue dans le Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics en 2014 compare les différentes approches de l'alimentation intuitive avec les régimes amaigrissants. 
Les approches de l’alimentation intuitive améliorent :

  • les habitudes alimentaires
  • l’image du corps
  • la satisfaction corporelle
  • l'activité physique 

Les participants abandonnent les régimes amaigrissants et autres méthodes de contrôle malsains. 
On note aussi une amélioration psychologique avec :

  • diminution de la dépression, de l'anxiété
  • amélioration de l'estime de soi et de la qualité de vie

Les améliorations semblent persister après un suivi de 2 ans. Le taux d'adhésion était particulièrement élevé : 92 %.

Manger intuitivement pour maigrir durablement

La vaste étude qui prouve le lien entre alimentation intuitive et minceur est une enquête de la cohorte NutriNet-Santé. L’équipe de chercheurs français dirigée par Sandrine Péneau et Géraldine Camilleri, épidémiologistes à l'université Paris XIII, un laboratoire fonctionnant en collaboration avec l’Inserm et l'INRA, a utilisé un questionnaire spécifique de l’alimentation intuitive : l’IES-2 (Intuitive Eating Scale-2), traduit en français. Il s’agissait de répondre aux questions tout en indiquant sa taille et son poids pour le calcul de l’indice de masse corporelle).


Les personnes au comportement alimentaire le plus proche de l’alimentation intuitive, qui ont obtenu le meilleur score au questionnaire IES-2, avaient un IMC de corpulence normale, avec le plus faible risque de surpoids ou d’obésité. 


Manger à sa faim aide donc à être mince et rester mince, et cela fonctionne pour chacun des principes de l’alimentation intuitive :

  • manger seulement quand on a faim
  • manger en écoutant sa satiété indépendamment de ses émotions
  • manger à sa faim sans restriction

L’absence de restriction et son impact sur le poids est donc prouvé, d’autant plus fort chez les femmes et particulièrement pour le risque d’obésité. 
Les responsables de l’étude concluent qu'il y aurait sans doute lieu de changer les messages de santé publique habituellement préconisés : il conviendrait de conseiller d'écouter sa faim, de manger attentivement et de faire confiance à ses signaux corporels. 

Comme le professeur Serge Hercberg, principal responsable du Programme National Nutrition Santé français est cosignataire de l'article, ces paroles ne resteront probablement pas sans suite et l'on peut s'attendre à ce que le prochain PNNS préconise, au moins en partie, une alimentation de type intuitif.


On voit fleurir depuis quelques années dans la littérature internationale des articles de plus en plus nombreux dans le même sens : Leong et Madden qui dirigent une équipe de chercheurs de l’Université d’Otago, en Nouvelle-Zélande, publient par exemple une série d’articles montrant que :

  • manger vite est corrélé avec un surcroît d'obésité
  • respecter ses signaux de faim et de satiété est corrélé avec un indice de masse corporel plus bas
  • manger sur un mode autonome est là aussi corrélé avec un indice de masse corporelle abaissé


Sources : 
- Van Dyke N, Drinkwater EJ., Relationships between intuitive eating and health indicators: literature review, Public Health Nutrition, Août 2014 
- Julie T. Schaefer, Amy B. Magnuson., A Review of Interventions that Promote Eating by Internal Cues, Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics, 17 Mars 2014
- Camilleri GM, Méjean C, Bellisle F, Andreeva VA, Kesse-Guyot E, Hercberg S, Péneau S., Intuitive eating is inversely associated with body weight status in the general population-based NutriNet-Santé study, Journal Obesity, 17 Mars 2016 - Unité 1153 Inserm/Inra/Cnam/Université Paris 13, Centre de recherche en épidémiologie et statistiques, équipe EREN, Bobigny (93)
- Leong SL, Madden C, Gray A, Waters D, Horwath C., Faster self-reported speed of eating is related to higher body mass index in a nationwide survey of middle-aged women,  Journal of American Dietetic Association, août 2011 
- Leong SL, Madden C, Gray A, Horwath C., Self-determined, autonomous regulation of eating behavior is related to lower body mass index in a nationwide survey of middle-aged women, Journal of the Academy of Nutrition and Dietetics, septembre 2012 
- Madden CE, Leong SL, Gray A, Horwath CC., Eating in response to hunger and satiety signals is related to BMI in a nationwide sample of 1601 mid-age New Zealand women, Public Health Nutrition, décembre 2012 

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