L'usage des médicaments pour perdre du poids

Les différents médicaments « pour maigrir » (coupe-faim et autres) ont montré très peu d’efficacité mais des effets secondaires graves pour la santé. Retirés de la vente en Europe, on arrive cependant à les trouver encore aujourd’hui sur certains sites Internet, malgré leur dangerosité.

Les anciens médicaments coupe-faim

Abandonnés avec l’arrivée des coupe-faims amphétaminiques, ces anciens médicaments réapparaissent dans les prescriptions magistrales de certains charlatans, disponibles sur Internet.


DINITROPHÉNOL : Produit chimique commercialisé en tant que produit amaigrissant dans les années 1930, puis interdit dans les années 1940. Il provoque des troubles graves en cas d’intoxication : éruptions cutanées, cataracte, fièvre intense, et peut être mortel.


ÉPHÉDRINE : Alcaloïde extrait de plantes (éphédras) qui poussent à l’état sauvage en Chine, au Tibet et au Pakistan, commercialisé sous le nom de « ma huang ». Aujourd’hui produit chimiquement par synthèse, il figure notamment dans la composition de médicaments antiasthmatiques ou anti-rhume pour ses propriétés  de vasoconstricteur de la muqueuse des voies respiratoires. Psychostimulant, stimulant cardio-vasculaire, c’est un produit considéré comme dopant.  La PHÉNYLPROPANOLAMINE a sensiblement les mêmes effets que l’éphédrine.


CLENBUTEROL : le remède de cheval contre l'obésité ! Bronchodilatateur destiné aux chevaux, aux effets anabolisants et coupe-faim, il est considéré comme un produit dopant. Et provoque céphalées, anxiété, insomnies, crampes, troubles cardiaques pouvant mettre la vie en danger. Le SALBUTAMOL est également un produit détourné du même acabit.


Les médicaments coupe-faim amphétaminiques 

L’amphétamine agit sur le cerveau en activant le centre de l’éveil, provoquant un état d’excitation physique et intellectuelle. Elle diminue également la prise de nourriture, essentiellement en retardant la survenue de la faim et en réduisant la taille des repas.

Les coupe-faim amphétaminiques (AMPHÉPRAMONE, FENFLURAMINE et DEXFLENFURAMINE) sont définitivement abandonnés, en tout cas en Europe, en raison de leurs effets secondaires : troubles psychiatriques, troubles cardiovasculaires et hypertension artérielle pulmonaire parfois mortelle. 
Les extraits thyroïdiens, qui étaient autrefois souvent prescrits en association, se sont révélés efficaces sur le court terme, mais entraînant eux aussi des troubles psychiatriques et parfois cardiaques particulièrement graves.
Ces complications expliquent que ces produits soient désormais interdits à la vente. Il n'y a pas grand-chose à regretter : les coupe-faim, les extraits thyroïdiens, les associations de diurétiques et de laxatifs n’avaient au mieux que des effets passagers avec une reprise du poids perdu dès l'arrêt du traitement.
Les derniers nés de la pharmacologie amaigrissante 
Ces nouveautés se sont révélées à leur tour très décevantes. 


L’ORLISTAT : un médicament qui inhibe les lipases pancréatiques, n'a pas d'effet véritablement dangereux, mais est d'une efficacité faible. Là encore, le poids est repris dès l'arrêt du traitement. 


La SIBUTRAMINE : une molécule dont on espérait au départ faire un antidépresseur, s'est avéré avoir une action intéressante : elle permettrait à la satiété d'apparaître plus rapidement. Malheureusement, elle s'est avérée avoir des effets délétères, qui ont conduit à la suspension de la commercialisation du produit, en 2010 pour la France.


Le RIMONABANT : était aussi une molécule semblant intéressante, d'abord proposée comme anti-tabagique qui éviterait de prendre du poids à l'arrêt du tabac. Sur le plan pharmacologique, le produit est antagoniste du récepteur cannabinoïde central CB1. Grâce à ce médicament, on aurait moins faim et le rassasiement surviendrait plus vite. 
Mais comme le médicament interfère avec les centres du plaisir, il s'est avéré dépressogène et a pu conduire à des suicides. Ce médicament est lui aussi retiré de la vente.


Vraie et fausse homéopathie

L’homéopathie préconise de soigner au moyen de substances à doses très faibles, infinitésimales, obtenues par dilutions successives. La substance choisie est celle qui, à dose plus élevée, provoquerait des symptômes semblables à ceux observés chez le malade. Ainsi, l’homéopathie vise à stimuler les défenses et l’organisme du malade, afin qu’il combatte lui-même sa maladie. 


Il n’existe pas de preuve scientifique de l’efficacité de l’homéopathie, mais son positionnement de « médecine naturelle » lui vaut un nombre croissant d’adeptes, tant dans les rangs des médecins que des patients.
La médecine homéopathique propose donc diverses granules censées faciliter l’amaigrissement. Mais le plus souvent, les médecins homéopathes, prudents, conseillent dans le même temps à leurs patients de suivre un régime. 
Attention surtout aux pseudo-homéopathes, qui camouflent hormones thyroïdiennes et diurétiques sous un fatras d’extraits de plantes ou de substances prétendument homéopathiques. Les ordonnances bourrées à craquer de noms latins compliqués, à confectionner chez un pharmacien bien spécifié, sont les plus susceptibles d’être faussement homéopathiques.


Plantes amaigrissantes

La plupart des produits amaigrissants à base de plantes sont proposés sans évaluation scientifique valable, et ont une efficacité toute relative.


THÉ ET CAFÉ : Les effets psychostimulants et coupe-faim de la caféine et de la théine sont connus depuis longtemps. 
Le thé contient aussi de la théophylline et de la théobromine aux vertus diurétiques, psychostimulantes, mais relaxantes des fibres musculaires lisses. Les tanins et les flavonoïdes du thé agiraient en mobilisant les graisses, en augmentant la thermogénèse et en diminuant la digestion des lipides et des glucides. Rien de tout cela ne suffit à faire sensiblement perdre du poids.


SÉNÉ : Plante aux vertus laxatives. En cas de prise importante de laxatifs, la diarrhée provoquée empêche à bon nombre de nutriments d’être absorbés. Mais la prise de laxatifs de façon importante et régulière aboutit à perte d’eau et déminéralisation, en particulier de potassium. On risque alors une déshydratation entraînant chutes de tension, fatigue, vertiges et syncopes, ainsi que des problèmes cardiaques, s’avérant parfois mortels. Les personnes boulimiques sont fréquemment sujettes à la frénésie laxative.
Des prises moindres de laxatifs n’ont aucun effet sur le poids, et rendent l’intestin paresseux.


ORTHOSIPHON, REINE DES PRÉS, RACINE DE SASSAFRAS, FEUILLE DE FRÊNE, FEUILLE DE CASSIS : Plantes diurétiques. La prise de diurétiques, favorisant l’élimination de l’eau, se traduit par une perte de poids de deux à trois kilos au maximum. Les diurétiques ne permettent pas de perdre de graisse ou de cellulite. Dès l’arrêt de la prise des produits, les kilos « perdus » artificiellement réapparaissent. Les prises répétées provoquent déshydratation, chute de la tension pouvant conduire à un état de fatigue permanente, vertiges et syncopes. La fuite de potassium dans les urines peut provoquer des troubles du rythme cardiaque, parfois mortels.


HOODIA GORDONII : Extrait d'un cactus, connu comme excitant par les Bushmen d’Afrique du Sud, aux effets coupe-faim, avec tous les inconvénients des coupe-faim.


CAPSIPLEX : association de piment, de caféine, de thé vert et de niacine. Effet coupe-faim avec tous les inconvénients des coupe-faim.
MA HUANG : Voir Ephédrine dans notre partie sur les anciens coupe-faim.


Sources : Gérard Apfeldorfer, Les médications amaigrissantes, site du GROS 
//www.gros.org/les-medications-amaigrissantes

 

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