Une chirurgie spécialement dédiée à l'obésité

Par Françoise
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La chirurgie bariatrique est-elle la solution à l'obésité ? Parmi tous les types de chirurgies, il en existe une particulièrement adressée aux patients atteints d'obésité extrême. La chirurgie bariatrique est qualifiée de « seule réponse efficace face à l'obésité morbide ». Cependant, certains chirurgiens estiment que ce n'est pas la réponse idéale à l'obésité. Qu'en est-il ?

La chirurgie bariatrique pour perdre du poids, mais pas seulement

Vous êtes un adulte atteint d'obésité sévère ? Votre IMC (indice de masse corporelle) s'élève au moins à 40 ? En cas d'échec des autres traitements, des médecins de plus en plus nombreux vous conseilleront la chirurgie bariatrique. En effet, votre santé étant menacée, vous risquez de développer des maladies cardiovasculaires ou métaboliques, et il faut donc agir ! Cette chirurgie permet une importante perte de poids et apporte également de nombreux bénéfices. Tout d'abord, elle permet une régression du diabète non insulinodépendant chez les personnes qui en sont atteintes et est alors assimilée à une chirurgie métabolique. Elle peut aussi prévenir l'apparition de cette maladie.

En France, il existe 700000 personnes atteintes d'obésité morbide et 20000 optent pour cette chirurgie. Le but premier ? Réduire l'IMC sous 35 au moins, afin de s'éloigner de la zone de danger.

3 techniques d'opérations de chirurgie bariatrique

Il est important que les patients, qui ont choisi cette voie pour lutter contre leur obésité, prennent conscience des différents risques, bénéfices possibles et contraintes de l'opération.

Les trois techniques d'intervention sont les suivantes :

La gastroplastie, seule pratique réversible, qui consiste à la pose d'un anneau gastrique, qui réduit le volume de nourriture ingérable ; la personne ne peut alors consommer au-delà d’un certain volume de nourriture d’un coup sans déclencher des vomissements. Lorsque l’anneau est serré, même en mangeant fréquemment, l’apport calorique est réduit.

Le court-circuit gastrique ou bypass, opération irréversible, qui consiste à réduire la taille de l'estomac et créer un système de dérivation du tube digestif de telle sorte que celui-ci absorbe moins de nutriments. De la sorte, une partie des aliments consommés se retrouve dans les selles, non digérée.

La sleeve-gastrectomie, pratique nouvelle, mais elle aussi irréversible, cependant moins « agressive » que le bypass: elle peut en particulier être pratiquée par laparoscopie, sans ouvrir l’abdomen, et est praticable chez des personnes fragiles. On enlève la poche de l’estomac, qui devient alors un « tube gastrique ». Les aliments rejoignent alors plus vite l'intestin et la quantité de « l’hormone de la faim », la ghréline, normalement sécrétée par l’estomac lorsqu’il est vide, est réduite. On est cependant conduit à transformer la sleeve-gastrectomie et bypass souvent par la suite.

Y a-t-il une vie après l’opération ?

Un suivi médical ad vitam aeternam est obligatoire afin de prévenir d’éventuelles complications : on a parfois des occlusions intestinales, des ulcérations, des hernies, qui peuvent nécessiter une nouvelle intervention chirurgicale. Diarrhées et vomissements sont fréquents, sans respect de règles diététiques. Le « dumping syndrome » est un malaise survenant après un repas, occasionné par le bypass. Les carences dues à la malabsorption, avec en particulier manque de vitamines D et ostéoporose, manque de fer et anémie, troubles neurologiques (mémoire, vision, marche…) par manque de vitamines B, sont fréquents.

La chirurgie bariatrique ne supprime pas non plus magiquement les troubles du comportement alimentaire. Les personnes qui mangent en fonction de leurs émotions, soit poursuivent ces comportements, soit recherchent d’autres moyens tout aussi addictifs de calmer leurs émotions et leurs pensées pénibles. Ces troubles sont souvent mis entre parenthèses durant la période d’amaigrissement, mais réapparaissent souvent lorsqu’on entre dans la phase de stabilisation du poids, après donc un an ½ à deux ans. Il peut s’ensuivre une reprise du poids, ou l’apparition d’angoisse et de dépression.

Enfin, la personne amaigrie se trouve confrontée à de nouvelles difficultés : celle d’une nouvelle vie, celle de devoir mettre ses rêves en action. Sans un travail psychologique conjoint, les désillusions sont parfois rudes.

En somme, dans bien des cas, un travail sur le comportement alimentaire, sur les facteurs psychologiques, tel qu’il est proposé par Linecoaching, avant ou après l’opération, peut s’avérer un bon complément.

Pour nous résumer

La chirurgie bariatrique est réservée aux personnes ayant une obésité morbide. Elle leur apporte dans bien des cas un bénéfice pondéral, une meilleure santé, une augmentation de l’espérance de vie.Elle n'est pas sans risques, elle entraîne des contraintes.

Elle ne se décide qu'après au moins six mois de réflexion et concertation de nombreux médecins, nutritionnistes, psychiatres...

Ces techniques nécessitent un suivi à vie médical ainsi que psychologique. Dans ces conditions, le taux de succès de ces interventions peut atteindre 70 à 80 %.

Par Françoise
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